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Couverture de la série Aya de Yopougon
Aya de Yopougon

Etonnante histoire, là. Plusieurs personnages d’un même quartier et de différents milieux sociaux vont et viennent, se rencontrent, se fâchent, s’aiment, se déçoivent… L’ensemble paraît gai. Les couleurs sont vives, le style du dessin naïf, les dialogues truculents, de multiples rebondissements… l’ambiance de fête à l’africaine, quoi ! Mais ne nous trompons pas. Il y a derrière tout cela une profonde lutte, ou espérance selon les cas, de chaque personnage contre son destin imposé/supposé. Certains évènements sont même dramatiques. Et pourtant, la vie continue. On se résigne, en trichant un peu peut-être, à être heureux avec ce que l’on a. C’est là, je trouve, la grande réussite de cette BD. Une mention spéciale aussi à l’humour omniprésent. Un régal.

24/11/2006 (modifier)
Par iannick
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Petits Riens
Les Petits Riens

Ce sont peut-être des petits riens pour l’auteur mais pour moi, ce sont vraiment de vrais bonheurs de lecture. Trondheim a réalisé ces histoires en une planche à partir de ses observations, anecdotes qu’il a réunies dans un carnet et que l'on peut admirer sur son blog quotidiennement. Il faut un sacré coup d’œil pour raconter ses petites histoires ! A partir de pas grand-chose, Trondheim a réussi le coup de force de me faire arracher quelques fous rires et parfois quelques appréhensions devant la réalité du quotidien. J’avoue avoir été, par exemple, sensible et surpris par l’attachement de Trondheim sur les arcs-en-ciel. De même, son séjour à la Réunion et ses pitreries avec son compère Joann Sfar à Angoulême me sont apparus irrésistibles de drôlerie. « Les petits riens » est le premier album de Trondheim dans lequel il réalise lui-même la mise en couleurs. Le résultat m’est apparu franchement enthousiasmant. L’auteur a utilisé des tons à l’aquarelle parfaitement adaptés à l’ambiance de chacune de ses petites «aventures». Son trait est très mature à l’image de ses séances de dédicaces où il réalise très rapidement des « crobars » sans passer par l’étape du crayonné. Le format poche de ce livre est parfaitement adapté pour l’emmener facilement dans un sac à doc et le papier est d’excellente qualité. Cependant, je déplore que les couvertures ne soient pas mieux protégées contre les salissures, un film plastiqué comme ceux des mangas aurait été le bienvenu. « Les petits riens » m’est apparue finalement comme une BD autobiographique très distrayante basée principalement sur des anecdotes très sympathiques. L’album est actuellement mon livre de chevet. Au vu de son blog, Trondheim continue toujours à réaliser des planches basées sur son quotidien qu’on risque fort de les revoir dans un nouvel album des « petits riens » : chiche !!!!

24/11/2006 (modifier)
Couverture de la série Arq
Arq

Parmi toutes les qualités de cette série, ce qui m'a le plus bluffé c'est l'ingéniosité du scénario à mêler monde parallèle et monde réel. Et les énigmes autour des personnages et de ce monde parallèle sont du genre à pousser le lecteur à tout lire d'une traite. Donc plutôt positif. Mais comme trop souvent dans les cycles interminables, pour garder le lecteur en haleine, des personnages de plus en plus improbables sont injectés dans l'histoire au fur et à mesure des tomes. L’histoire perd alors en vraisemblance. Dommage, et du coup ma note réelle penche plus vers un 3,5/5.

24/11/2006 (modifier)
Par JAMES RED
Note: 4/5
Couverture de la série Un homme est mort
Un homme est mort

Un album de Davodeau est toujours quelque chose d’intéressant. Celui-ci ne déroge pas à la règle. Bon, ce n’est pas du 100 % Davodeau, puisque Kris a fait le scénario, mais comme toujours, on retrouve ses thèmes de prédilection : l’aspect journalistique, ainsi que son intérêt pour le combat social. On sent que les auteurs aiment les personnages militants qu’ils évoquent dans ce contexte des années 50, où la guerre froide rythme la vie sociale et politique. Cet album m’a intéressé pour la description de cette page d’histoire brestoise que je ne connaissais pas. Le dossier documentaire, à la fin de l’ouvrage, est d’ailleurs très bien fait. Les décors brestois sont reconstitués dans une parfaite exactitude. La ville avait été fortement touchée par les bombardements à la fin de la guerre. Le militantisme en BD est relativement rare pour être loué. Cependant, j’ai parfois trouvé que l’album manquait d’émotion. De plus, les auteurs ne nous montrent le conflit que d’un seul point de vue : celui des manifestants, il aurait été intéressant de nous expliquer un peu plus les motivations patronales. Ces petites critiques n’enlèvent rien à la qualité certaine de ce très bel ouvrage édité par Futuropolis.

24/11/2006 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 4/5
Couverture de la série Les Naufragés du temps
Les Naufragés du temps

Une série vraiment séduisante ! Les "naufragés" (re)démarrent leur existence dans l'hebdo "Chouchou" n° 1 du 12 Novembre 1964. (gloups !... plus de 40 ans déjà !...) Aux commandes ?... Forest (qui signe sous le pseudo de Jean-Claude Valherbe) et Paul Gillon au dessin. Un sacré duo !. C'est tout bon. Une des meilleures séries d'anticipation qui mêle habilement des scénarios imaginatifs et originaux à un graphisme réaliste et, qui plus est, élégant. Les "naufragés" est une véritable saga baroque qui m'a laissé l'esprit vagabonder "par-delà le temps et l'espace" alors que le postulat de départ est on ne peut plus simple : mis en hibernation, deux personnages se réveillent mille ans plus tard et se trouvent ainsi confrontés à une "nouvelle" civilisation... pas des plus enchanteresses. Mais à partir de cette idée en fulgurent de nombreuses autres qui mêlent habilement action et "merveilleux". Une vraiment belle série, une oeuvre -une vraie- réaliste aux images fortes même si, parfois, elles semblent un peu "froides". Excellent.

24/11/2006 (modifier)
Par Raoul³
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Mutafukaz
Mutafukaz

Mélangeant comics et bd européenne, Run nous livre ici un premier tome plein de promesses! J'ai trouvé cette BD passionnante à plus d'un titre, avec une bonne dose d'humour ! On nage dans le fantastique, de par la singularité des personnages (voir la tête de Vinz, clin d'oeil au Ghost rider), mais aussi de par l'orientation que prend l'histoire, tout cela baignant dans une atmosphère de mégapole, résultant du mélange des plus mauvais cotés de Los Angeles et Tijuana... J'attends impatiemment la suite...

24/11/2006 (modifier)
Par Sagera
Note: 4/5
Couverture de la série Pilules bleues
Pilules bleues

Bien sur, cette bd évoque des thèmes aussi profonds que ceux de la mort et de la maladie. Mais moi, j'ai surtout retenu la fraîcheur du propos et l'espoir qui se dégage de ces cases de noir et de blanc. Le sentiment d'amour et l'espoir en la vie émanent de chacun des personnages centraux et leur humanité qui transpire au travers de leur quête vers le bonheur et l'avenir, est bouleversante. En fait, en commençant la lecture je m'attendais à un truc assez lourd et assez didactique. Je pensais qu'il s'agissait là pour l'auteur de montrer combien le sida est une maladie terrible et dont il faut absolument se prémunir. J'étais loin du compte. Ce roman graphique est une oeuvre poignante où le propos s'attarde sur des personnes, sur leur humanité, sur la manière dont ils choisissent de vivre malgré la maladie et l'ombre de la mort. C'est une oeuvre éminemment optimiste et qui pour ne rien gâcher, démystifie le sida. J'ai vraiment appris des choses. Mais au final, l'essentiel est ailleurs. Il réside dans l'instinct de vie qui parcourt les êtres. Il réside dans la force de l'amour.

23/11/2006 (modifier)
Par Sagera
Note: 4/5
Couverture de la série Le Choucas
Le Choucas

Je me suis ré-ga-lé à la lecture de l'intégrale. L'objet tout d'abord. Il est d'un format parfaitement adapté à la lecture. La couverture est réussie, et le portrait du choucas traduit bien l'ironie et la roublardise du personnage. L'intérieur ensuite. Editées dans un noir et blanc qui met le travail graphique de Lax, largement en valeur, les aventures du choucas sont un concentré de situations plus ou moins vraisemblables, plus ou moins drôles, plus ou moins mouvementées, mais servies par des dialogues réellement éblouissants. Et c'est selon moi, là que réside la réussite de cette bd. Je ne saurais insister sur le talent de dialoguiste de Lax. Tout au long des différents tomes, il cisèle des dialogues comme j'en ai rarement lus en bd. C'est simple, j'ai parfois eu l'impression d'entendre les grandes répliques du cinéma d'Audiard. C'est dire... Je ne saurais donc vous conseiller cette série que j'ai eue du mal à lire jadis, tant les couvertures me laissaient de marbre, voire même m'insupportaient. Encore une occasion de dire, qu'il faut terriblement se méfier de ses premières impressions. En général, en n'appréhendant que la surface des choses, elles nous font passer à côté de belles rencontres. Grâce à l'intégrale, je l'ai faite cette rencontre et c'est très, très, très tant mieux.

23/11/2006 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 4/5
Couverture de la série Tarawa - Atoll sanglant
Tarawa - Atoll sanglant

Si un éditeur "sortait" cet album maintenant, il serait poursuivi en justice -ainsi que le ou les auteurs- pour racisme, xénophobie, etc... C'est vrai que les "non américains" y sont traités de ''jaunes'', "faces de citron" et autres "faces de prune"... N'empêche : quelle fantastique épopée -basée sur des faits réels- il m'a été donné de lire... "Tarawa" débute dans un hebdo belge qui traitait principalement -à l'époque- des chaînes et émissions de radio : "Le Moustique" (n° 1186 du 17 Octobre 1948.). L'histoire s'y termine dans le n° 1241 du 6 Novembre 1949. Pourquoi un tel hebdo ?... Car l'éditeur de Spirou, auquel la série a été soumise, a jugé cette dernière trop violente. Pourtant, quel sacré trio d'auteurs il tenait là !... Aux commandes de cette véritable épopée faite de sang, de cris, de combats et de peur : Hubinon (Buck Danny), Weinberg (Dan Cooper) et Jean Michel Charlier (au texte ET dessin). Que du beau monde !... Le graphisme ?... Charlier va s'occuper des avions et des bateaux (ensuite relayé par Weinberg) ; Victor Hubinon s'occupant des personnages et des décors. Tarawa ?... Cette saga graphique est basée sur un récit de guerre de l'américain Robert Sherrod qui conte les combats de la marine américaine contre l'armée japonaise. C'est très documenté, emballant, violent même. Mais les auteurs tempèrent ces récits faits de combats, d'attaques, d'assauts continus en y ajoutant de temps en temps des planches et textes didactiques, ainsi que des photographies d'époque. Ce qui m'a permis ainsi de connaître le détail de nombre d'avions de guerre utilisés pendant ces campagnes. Tarawa ?... Je l'ai relu plusieurs fois, et en tire toujours un vrai plaisir de lecture. C'est un assemblage -de la meilleure veine- d'épisodes sanglants, de combats spectaculaires -tant sur mer, sur terre que dans les airs- réalisé dans un souci de chronologie et d'authenticité qui m'a vraiment tenu en haleine au fil des pages. Un très bel ouvrage qui, pour moi, a une cote réelle de 4,5/5 (très rare de ma part). In fine : saviez-vous que ces trois auteurs s'y sont auto-dessinés sous les traits de journalistes américains ?... Vous les (re)trouverez sous les traits de Rock Lange, Tim Barkley et Sid Callahan. Une véritable "signature graphique".

23/11/2006 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 4/5
Couverture de la série Les Passagers du vent
Les Passagers du vent

Chic, une épopée maritime qui se passe à la fin du 18ème siècle... Chic, Bourgeon est aux commandes... Chic, une bien belle série aussi... Elle débute d'ailleurs dans "Circus" n° 18 de 1979 et s'y termine dans le n° 74 de Juin 1984. J'ai apprécié. Vraiment... Bourgeon est un conteur né, doublé d'un excellent dessinateur. J'ai surtout apprécié la minutie avec laquelle il a reconstitué l'atmosphère de cette époque, son postulat qui joue sur les ressorts de la franche et vraie littérature populaire. Qui plus est, pour une série "rude" de prime abord, Bourgeon dessine et met "ses" femmes à l'avant-plan de la scène ; des femmes qui ont des choses à dire et qui ne vont pas se gêner pour le faire savoir. Ces "passagers" sont aussi une épopée narrée sur un ton moderne. Isa, Marie et Hoel -le marin rebelle- lors de leurs (més)aventures, vont être confrontés à l'esclavage. Bourgeon va en profiter -au travers de ses personnages- pour dénoncer les exactions commises par des gens dits civilisés. Bien documentée, cette fresque -outre la grande aventure qu'elle décrit- se veut aussi une réflexion qui m'a emmené sur des sujets graves... et toujours d'actualité. Une véritable saga -en peu d'albums pourtant- qui mêle aventure, exotisme, personnages bien campés, dessin minutieux et... réflexion. Vraiment attachant. Et original.

23/11/2006 (modifier)