Tarawa, atoll sanglant

Note: 3.25/5
(3.25/5 pour 4 avis)

Episode dramatique de la guerre du Pacifique, adapté à partir du reportage d’un journaliste américain présent sur cet "atoll sanglant".


1939 - 1945 : La Seconde Guerre Mondiale Best of 1950-1959 Charlier L'Océan pacifique Les BDs à papa [Seconde Guerre mondiale] La Guerre du Pacifique et le conflit sino-japonais

En 1943, en pleine Guerre du Pacifique, des milliers de marines américains soutenus par une véritable armada sur terre et dans les airs vont attaquer le petit atoll de Tarawa tenu par les Japonais. Considéré comme la bataille la plus difficile de toute l'histoire des marines américains, cet épisode dramatique de la seconde guerre mondiale est adapté par Charlier et Hubinon à partir du reportage d’un journaliste américain présent sur cet "atoll sanglant". Nous suivrons trois correspondants de guerre, Sid Callahan, Rock J. Lange et Tim Barkley qui ont accompagné les soldats au coeur même du combat.

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Janvier 1951
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Tarawa, atoll sanglant
Les notes (4)
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02/01/2006 | Ro
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L'avatar du posteur Agecanonix

Cette histoire de guerre n'avait pas grand chose pour m'attirer, mais quand j'ai vu que c'était signé J.M. Charlier, en tant que fan, je ne pouvais pas la négliger. Cette épopée sanglante et dramatique sur ce petit archipel d'Océanie, reste comme l'une des plus grandes tragédies de la guerre du Pacifique. Elle est contée par Charlier sous la forme d'un reportage choc, et illustrée par Hubinon de son trait fin et précis, alors que tous deux venaient de créer Buck Danny. Adapté librement du récit d'un correspondant de guerre U.S., Charlier montre bien le combat désespéré des japonais prêts à se battre jusqu'à la mort, en n'évitant pas un côté manichéen parfois très appuyé ; le récit est publié dans le Moustique, journal belge surtout axé sur les programmes radiophoniques, entre 1948 et 49, soit 3 ans après la fin de la guerre, les souvenirs sont donc encore vivaces et douloureux. Initialement prévue pour être publiée dans le journal Spirou, la bande fut refusée par peur de s'exposer à la censure française, car la direction du journal l'avait trouvée trop violente. Effectivement, le réalisme est poussé par Charlier qui s'appuie sur une bonne documentation, et par Hubinon qui bénéficie de l'aide d'Albert Weinberg, celui-ci se chargeant surtout des avions, Hubinon s'occupant des personnages et des décors. Je me souviens avoir lu quelques extraits dans des numéros de Spirou vers 1974, la bande était alors reprise en couleurs dans une version remaniée où certaines images ont été agrandies ou redessinées par Hubinon, tandis que Charlier y joignait un dialogue dans un ton très didactique. D'ailleurs, lorsque j'ai lu l'édition intégrale de 1993, ce qui m'a un peu agacé, c'est que Charlier y fait du Charlier, c'est à dire qu'il charge trop ses cases en texte, c'est très verbeux, et là-dessus Hubinon adopte une mise en page à l'ancienne avec petites cases, ce qui ne m'attire plus des masses ; ce procédé ne me dérange pas sur certaines autres Bd, mais sur un sujet comme ici qui déjà n'est pas folichon, c'est pas aussi pénible que sur du Jacobs, mais presque. En résumé, la bande est fort instructive et très intéressante sur le plan historique pour connaître les tenants et aboutissants de cet épisode guerrier, à condition d'être passionné et de se replacer dans le contexte d'époque en n'étant pas trop rebuté par le style narratif et graphique.

20/04/2015 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Bande dessinée d’une autre époque, « Tarawa, atoll sanglant » remonte aux temps anciens où il était encore bien vu de détester ces salauds de japs, ces immondes faces de prune. Un temps où les rancunes nées de la seconde guerre mondiale étaient encore loin d’être apaisées. Lue aujourd’hui, elle choque donc par son aspect ouvertement raciste (au même titre que certains albums de « Tintin » d’ailleurs). On ne peut toutefois lui nier de fameuses qualités dans la reconstitution d’un des épisodes les plus sanglants de ce sombre conflit. Il est d’ailleurs rare qu’une évocation historique aussi rigoureuse m’ait autant intéressé (je dis bien intéressé et non passionné). Tout le mérite en revient à Charlier, qui parvient à associer aspect documentaire et souffle épique. Le dessin de Hubinon est de qualité mais fourmille de tant de détails que le format de l’objet nuit à sa lisibilité. Problème qui apparaît aussi sur les premiers « Buck Danny ». Heureusement, ce dessinateur est tellement précis que l’ensemble, quoique parfois surchargé, ne devient jamais confus. Quel talent ! Un album à réserver aux amateurs du genre, et qui risque de choquer la nouvelle génération par des propos empreints d’une rancœur fort palpable.

27/03/2009 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 4/5

Si un éditeur "sortait" cet album maintenant, il serait poursuivi en justice -ainsi que le ou les auteurs- pour racisme, xénophobie, etc... C'est vrai que les "non américains" y sont traités de ''jaunes'', "faces de citron" et autres "faces de prune"... N'empêche : quelle fantastique épopée -basée sur des faits réels- il m'a été donné de lire... "Tarawa" débute dans un hebdo belge qui traitait principalement -à l'époque- des chaînes et émissions de radio : "Le Moustique" (n° 1186 du 17 Octobre 1948.). L'histoire s'y termine dans le n° 1241 du 6 Novembre 1949. Pourquoi un tel hebdo ?... Car l'éditeur de Spirou, auquel la série a été soumise, a jugé cette dernière trop violente. Pourtant, quel sacré trio d'auteurs il tenait là !... Aux commandes de cette véritable épopée faite de sang, de cris, de combats et de peur : Hubinon (Buck Danny), Weinberg (Dan Cooper) et Jean Michel Charlier (au texte ET dessin). Que du beau monde !... Le graphisme ?... Charlier va s'occuper des avions et des bateaux (ensuite relayé par Weinberg) ; Victor Hubinon s'occupant des personnages et des décors. Tarawa ?... Cette saga graphique est basée sur un récit de guerre de l'américain Robert Sherrod qui conte les combats de la marine américaine contre l'armée japonaise. C'est très documenté, emballant, violent même. Mais les auteurs tempèrent ces récits faits de combats, d'attaques, d'assauts continus en y ajoutant de temps en temps des planches et textes didactiques, ainsi que des photographies d'époque. Ce qui m'a permis ainsi de connaître le détail de nombre d'avions de guerre utilisés pendant ces campagnes. Tarawa ?... Je l'ai relu plusieurs fois, et en tire toujours un vrai plaisir de lecture. C'est un assemblage -de la meilleure veine- d'épisodes sanglants, de combats spectaculaires -tant sur mer, sur terre que dans les airs- réalisé dans un souci de chronologie et d'authenticité qui m'a vraiment tenu en haleine au fil des pages. Un très bel ouvrage qui, pour moi, a une cote réelle de 4,5/5 (très rare de ma part). In fine : saviez-vous que ces trois auteurs s'y sont auto-dessinés sous les traits de journalistes américains ?... Vous les (re)trouverez sous les traits de Rock Lange, Tim Barkley et Sid Callahan. Une véritable "signature graphique".

23/11/2006 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ro

Tarawa, atoll sanglant est une fresque historique parue initialement dans le journal Moustique en 1948. Elle relate un épisode dramatique de la Guerre du Pacifique. Le dessin était initialement de Jean-Michel Charlier lui-même pour les avions et les bateaux et de Victor Hubinon pour les personnages. La version originale était en Noir et Blanc lui donnant un aspect proche des antiques comics militaires américains. La version actuelle a été remaniée et colorisée. Hubinon a repris une grande partie des dessins et des planches, reprenant au passage les dessins de Charlier lui-même. L'album initial de 60 pages sera ainsi transformé en 2 albums d'une quarantaine de pages en 1975 puis regroupé en une seule intégrale de 88 pages en 1993. Le dessin y est semblable aux premiers Buck Danny, réaliste, très réussi pour les avions et les véhicules, un peu moins pour les personages. Cet aspect sérieux et rétro du dessin oeuvre bien pour donner de l'authenticité à ce récit de guerre. Le scénario ensuite est un véritable récit journalistique. Les faits sont relatés tels quels, sans fiction ou presque. L'interêt historique est donc bien présent. En outre, sans savoir si cela tient au travail d'adaptation des auteurs de la BD, si cela tient au récit même du vrai journaliste de guerre Robert Sherrod, ou si cela tient au fait que cette bataille a vraiment été comblé au niveau des péripéties, l'histoire n'est en rien ennuyeuse malgré le fait qu'elle retranscrit la pure vérité des faits (en principe du moins). A lire cette BD, on découvre la somme incroyable de faits de bravoure, d'anecdotes héroïques et de dangers qui ont parsemés cette bataille. Pour un amateur d'Histoire comme moi, c'est un bonheur de pouvoir lire une BD à la fois sérieuse et relativement captivante. Il est à noter malgré tout que la narration et la BD ont quand même grandement vieilli. J'ai tiqué notamment sur certains termes franchement équivoques : le narrateur qui nous annonce que les gentils américains vont débarasser Tarawa de "la vermine jaune", les gentils héros qui balancent du "japs" et du "faces de prune" sans arrêt. Le récit datant de 1948, je comprends que les Japonais ne soient vraiment pas en odeur de sainteté à l'époque pour le lectorat Français. Je comprends aussi que cette haine puisse faire aussi partie de l'aspect historique du récit. Mais je déplore néanmoins l'aspect "gentils contre méchants" qui ne permet pas de voir le côté Japonais de cet épisode historique. Je note cependant que les auteurs ont tenu à garder un aspect fidèle à l'horreur de la guerre car ils ne craignent pas de montrer les américains user de lances-flammes pour carboniser les Japonais et autres atrocités. Je note cependant que la version originale du récit a été un peu censurée en 1975 car certains morts américains (un "blessé" qui a servi de bouclier humain à un des héros de l'histoire, un co-pilote qui se voit récompenser de son comportement héroïque en se faisant réduire en bouillie lors de l'aterrissage en catastrophe de son avion, ...) semblait risquer de choquer le jeune lecteur. C'est dommage car lors de ma lecture de la version censurée, je me suis vraiment demandé à ces deux moments cités ci-dessous ce qu'il était advenu de ce blessé que le héros portait sur ses épaules sur la case d'avant, et de ce co-pilote héroïque dont on ne parlait soudain plus du tout. Une BD historique dont l'aspect et la narration paraissent désuets de nos jours mais qui se révèle historiquement et épiquement intéressante.

02/01/2006 (modifier)