Les derniers avis (32251 avis)

Par Pierig
Note: 4/5
Couverture de la série Le Retour de Dieu
Le Retour de Dieu

Voici une bd qui étonne. Le sujet traité n’a pourtant rien de révolutionnaire mais bien l’approche qui en est faite, à la fois novatrice et insolite. Dieu a déjà été mis à toutes les sauces en bd : d’une reproduction la plus fidèle aux écrits à des pastiches plus ou moins drôles. Ici, c’est ni l’une ni l’autre. A travers cinq récits, cet album s’attache à imaginer un retour hypothétique de Dieu parmi nous (après tout, il l’a fait une fois il y a bien longtemps). Une belle brochette d’auteurs sont réunis pour l’occasion : David B., Ayroles, JC Menu, Mattotti et MAM. Bref, une diversité graphique au service de récits variés mais partageant une qualité identique. A découvrir !

30/11/2006 (modifier)
Par Malval
Note: 4/5
Couverture de la série Les Chemins de la Gloire
Les Chemins de la Gloire

On ne sait pas toujours si les méandres du récit sont prémédités ou nés au fil des jours... Les deux sont sans doute vrais. Il n'en résulte pas moins un grand récit dans lequel on s'immerge avec plaisir (avec bonheur eût été inapproprié...). Il n'était pas si facile de rendre ce sentiment de nostalgie du présent ; c'est pourtant chose faite de belle manière. La candeur de certaines allégories fait parfois prendre quelques distances. Un péché vite oublié dès la page suivante. Certains lecteurs sont en droit de ne pas apprécier le dessin et l'encrage de ces chemins sinueux de la gloire. D'autres, dont je fais partie, apprécieront la justesse de l'utilisation des palettes proches de la monochromie. L'aquarelle sait s'estomper devant le trait et envahir une vignette pour lui conférer son atmosphère. Le cinquième tome ne viendra sans doute jamais... Une ultime allégorie pour ces chemins de la gloire ? Dommage.

30/11/2006 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 4/5
Couverture de la série Gil Jourdan
Gil Jourdan

Fraîchement promu détective privé, Gil Jourdan fait son entrée dans l'hebdo Spirou n° 962 du 20 Septembre 1956. Entrée remarquée d'ailleurs ; Gil n'est pas sans rappeler son "grand frère Félix", du même auteur. Gil Jourdan ?... Une série qui a ma haute estime. Surtout qu'autour de lui, Tillieux va créer une magnifique galerie de personnages : André Libellule -un ancien repris de justice-, Croûton -un fonctionnaire de police sérieux et un peu "vieille France"-, sans oublier Queue-de-Cerise -une secrétaire fidèle... et aussi courageuse-. Succès rapide ; lequel tient en partie au fait que ces personnages sont tous issus de milieux modestes. Et ça, le lecteur aime. Jourdan m'a entraîné -avec un réel plaisir- en France et à l'étranger, où machinations, enquêtes difficiles et mouvementées, poursuites spectaculaires, énigmes gordiennes et règlements de comptes font la part belle de chaque épisode. Tillieux a ainsi créé un univers réaliste, mais aussi nanti d'une certaine poésie. A la relecture occasionnelle d'albums premiers, j'ai l'impression de replonger avec délices dans un de ces bons vieux films policiers -façon Gabin-Audiard- des années 50. Beaucoup d'humour aussi, sans démagogie réelle. Le dessin ?... C'est du Tillieux. Un trait rapide, nerveux, bien lisible, dans la grande tradition franco-belge. Les scénarios ?... Ambiance(s) et action garanties !... Ca "déménage" souvent, dans une mise en page parfois explosive, bien que traditionnelle dans son découpage. Gil Jourdan, malheureusement, s'arrêtera à la mort de Tillieux -en 1978- lequel, pourtant, avait déjà cédé le dessin à Gos (les Petits Hommes) et à ... Walthéry (Natacha). Gil Jourdan ?... De très bonnes enquêtes policières, aux scénarios "en béton", pleines d'énergie et de franc humour. Le saviez-vous ?... Les deux premiers albums ("Libellule s'évade" et "Popaïne et vieux tableaux", parus en 1959), ont été INTERDITS en France jusqu'en 1971. Motif : "irrespect envers la police" (!). Fou, non ?!?...

30/11/2006 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série L'Ascension du Haut Mal
L'Ascension du Haut Mal

Je vais commencer par ce qui ne m’a pas plu dans cette BD. C’est long… et certains passages ne m’ont vraiment pas passionné. Je pense notamment aux très longs passages décrivant les différentes techniques/sciences/supercheries que les parents de l’auteur ont testées pour essayer de soigner leur fils. Déjà je ne sais pas si cette obstination et cette confiance aveugle m’inspirent de la sympathie et du respect, ou du mépris. Je me doute bien qu’en tant que parent, on serait prêt a tout pour aider sa progéniture, mais de la à essayer de communiquer avec les morts ou utiliser les flux magnétiques de la terre pour le soigner, il y a un pas que je ne me vois pas franchir, même en tant que parent désespéré. Reste que quoi que l’on pense de ces méthodes, était-il vraiment nécessaire de les décrire aussi minutieusement ? De parler de leur histoire, de leurs créateurs, de leur fonctionnement précis ? Même remarque pour les longs passages racontant la vie des ancêtres de l’auteur… Ce n’est pas toujours très passionnant, et surtout je ne vois pas trop le lien avec la trame principale. Un passage montre d’ailleurs la mère de l’auteur lui demander pourquoi avoir inclus ces anecdotes, insignifiantes selon elle. Ce dernier rétorque que si, en savoir plus sur sa famille aide le lecteur à comprendre sa souffrance… Bon, soit, c’est le choix de l’auteur, il fait ce qu’il veut, c’est sa BD après tout… reste que ça ne m’a pas vraiment intéressé. Mais trêve de médisance, je voudrais maintenant parler de ce qui m’a plu dans "L'Ascension du Haut Mal"… L’histoire elle-même, et surtout le dessin. La trame principale de l’histoire est quand même bigrement intéressante, touchante, et écrite avec beaucoup de talent et d’ingéniosité. J’ai mis un peu de temps à m’habituer au ton mi-enfant mi-adulte du récit, et la fin m’a un peu déçu, mais globalement je me suis vraiment régalé. Et comment ne pas conclure sur le dessin… il est merveilleux, ingénieux, créatif au possible, et en parfaite adéquation avec le texte. Jamais je n’ai vu un auteur représenter une idée, un doute, une émotion ou un rêve d’enfant avec autant d’originalité et de talent… Ca ne s’explique pas, il faut le voir pour le croire… Pour moi David B. rejoint Alan Moore, Marc-Antoine Mathieu et Étienne Lécroart dans le club très fermé des auteurs utilisant le support BD à son maximum, en offrant des œuvres qui ne sont pas vraiment transposables en roman ou en film. Alors finalement, j’ai aimé ? Oui, beaucoup, à part certains passages qui m’ont un peu ennuyé… Et à l’occasion je lirai d’autres BD de David B. pour admirer son superbe dessin.

30/11/2006 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 4/5
Couverture de la série Mandrake le magicien
Mandrake le magicien

Mandrake est né de l'imagination fertile de Lee Falk, en 1924. Mais ce n'est que dix ans plus tard qu'il décide d'en confier l'illustration à un dessinateur professionnel : Phil Davis. La série est proposée au King Features Syndicate. Accord est fait. Publié sous forme de strips, Mandrake fait son apparition dans divers quotidiens US dès le 11 Juin 1934. Enorme succès, quasi immédiat, qui pousse l'éditeur à adjoindre une planche dominicale dès Février 1935. Mandrake ?... On croirait voir un artiste qui sort d'une pièce de théâtre ! La chevelure gominée, de fines moustaches, coiffé d'un haut-de-forme, vêtu comme à la Belle Epoque, il a de quoi surprendre. Et c'est ce que j'aime dans ce personnage : un complet décalage avec les héros "standardisés" de l'époque. Mandrake ?... Un vrai hypnotiseur doué de pouvoirs mystérieux. Mais il ne "travaille" pas seul : il sera bientôt rejoint par Lothar -un géant noir-, et par la belle Narda, son éternelle "fiancée". Ce trio ainsi formé va alors lutter contre le crime organisé, affronter gangsters et trafiquants de tous genres avec une volonté farouche. Je l'ai découvert -et aimé- en paginant mes vieux périodiques d'avant-guerre, appréciant de savoir dans quel guêpier leur ennemi commun -Cobra, le chef d'une secte secrète- allait encore les attirer. Combat entre le Bien et le Mal, Mandrake est une excellente série qui m'a permis d'apprécier les solides scénarios bâtis sur des idées -parfois complètement folles- de Lee Falk. Par moments, on approche quasi le style "underground" ; une sorte de psychédélisme graphique avant la lettre ainsi proposé avec 30 ans d'avance sur l'explosion graphique de ce genre dans les années 60. Davis meurt en 1964. Fred Fredericks reprend alors, et de bien belle manière, la suite des aventures de ce magicien dont le nom est encore un des plus connus dans le monde. Une très bonne série, vraiment novatrice, créative, au graphisme qui peut paraître désuet, "kitch" même, mais c'est cela qui fait son grand charme et sa force. Vraiment très bien.

30/11/2006 (modifier)
Par klechko
Note: 4/5
Couverture de la série Murena
Murena

Après lecture des 5 premiers tomes: Une superbe saga sur la Rome antique de Néron très bien documentée et mis en image. Les dessins sont superbes et le scénario n'est pas en reste non plus avec beaucoup d'intrigues. La série se lit sans aucune sensation de longueur ou d'ennui et la sortie d'un nouveau tome est toujours pour moi très attendue. Même si la série n'est pas terminée, Murena est déjà une valeur sure.

29/11/2006 (modifier)
Par PatrikGC
Note: 4/5
Couverture de la série Ai suru hito
Ai suru hito

J'ai d'abord découvert cette série sur Internet sur un site anglais de scantrad (traduction de manga). J'avais aimé mais je n'avais pas pu lire la fin. J'ai acheté tous les volumes d'un coup quand j'ai découvert que cette série était parue dans notre belle langue. Il est vrai que ce n'est pas franchement intellectuel mais dans la catégorie "pétage de plomb", ce n'est pas mal du tout. Ce manga n'est pas politiquement correct, les idées qu'il professe sont assez tordues mais tout est à prendre à la rigolade et passe fort bien. Certaines situations sont dantesques, je me demande où la mangaka va chercher tout ça ! Les personnages ne sont pas très crédibles mais fonctionnent bien. Finalement, le plus sympa (et on a presque de la peine pour lui) reste le petit frère. Les dessins ne sont pas mal du tout, un peu trop de SD (super-déformé) parfois à mon goût, un peu comme dans les séries tv et les rires en arrière plan. C'est gentiment érotique, je ne dis pas qu'il faut laisser traîner ça sur la table du salon, mais c'est presque tout public grand ado et adulte. Bref, moi, j'aime bien et j'assume ! Pour ceux qui aiment se lâcher un peu, sans tomber dans les bas-fonds.

29/11/2006 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 4/5
Couverture de la série Les Années Spoutnik
Les Années Spoutnik

Les années 50... une bande de gamins de quartier. Mêmes rivalités enfantines sur fond d'esprit de clocher ; même initiation au monde des comportements adultes. Univers imaginé par l'auteur ?... BEN NON !... c'était tout moi, ça... J'habitais une petite commune et faisais partie d'une bande de gamins de quartier. De l'autre côté d'un terril : l'autre commune, avec aussi sa petite bande de quartier. Souvent -quand il faisait bon- chaque groupe grimpait sur "son" terril et, face à face (mais pas de trop près !) on se canardait de mottes de terre et de cailloux. La raison ?... Personne n'en savait rien. C'était comme ça !... Que de souvenirs dans cette série ; mes 8-10 ans qui me reviennent d'un coup. Mais par-delà le sympathique dessin rondouillard de Baru, c'est aussi une description de la face grise des années 50 qui pointe ici (en France) : la guerre d'Algérie, les grèves annonciatrices du Nord de la France. J'aime vraiment bien ces chroniques, une tendre et habile mixeuse de sentiments. Mes 8-10 ans... une sorte de paradis perdu de rêves trop vite abandonnés ?... Je constate et m'interroge...

29/11/2006 (modifier)
Par ArzaK
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Une enfance éternelle
Une enfance éternelle

Je suis tombé par hasard sur ce préquel de la série Le Vagabond des Limbes, spin-off dont j’ignorais totalement l’existence (et totalement méconnu). Cet album est centré sur la jeunesse Musky, le compagnon androgyne d’Axle. Déjà au départ, dans la série originelle, ce personnage avait quelque chose de génial… Mais ici, la thématique de l’être qui refuse de grandir, du temps qui passe et du passage à l’âge adulte est traitée avec beaucoup de doigté… et quand, dans la deuxième partie de l’album, la petite Murky rencontre ces indigènes qui vivent avec un enfant dans le ventre (celui qu’ils ont été), on approche de la métaphore géniale. C’est un début de série parallèle qui atteint le même niveau que les meilleurs tomes de la série originelle, avec ceci un plus que le dessin de Gimenez est magnifique et qu’on peut même le trouver plus réussi que celui de Ribera. A la fin de ce premier tome, qui est une histoire complète, un deuxième était annoncé, qui n’a jamais vu le jour, les éditions Vaisseau d’argent ayant fermés leurs portes. Pour rappel, cette petite maison d’édition créée en 1988 par Ribera et Godard s’est plantée en 1991… Dargaud a repris la série du Vagabond des limbes mais pas cet album, pourtant magnifique. Si vous le trouvez, sautez dessus, il est parfaitement recommandable même si vous ne connaissez pas Le vagabond des limbes (hautement recommandable également, et lui, toujours disponible). Il est à souhaiter que cet album fasse au jour partie de l'intégrale du Vagabond des limbes toujours en cours de parution chez Dargaud. Ce serait vraiment chouette et cela permettrait à beaucoup de pouvoir lire ce petit bijou quasi introuvable.

29/11/2006 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Terry et les pirates
Terry et les pirates

Terry ?... Une solide et grande série. Une vraie !... Sa "vie" débute sous la forme de strips quotidiens, dans le Chicago Tribune et le New-York News Syndicate du 22 Octobre 1934. Il y termine sa carrière le 25 Février 1973. Quasi 40 ans au service d'un patriotisme "grand comme ça" ; un peu exacerbant -parfois- pour le lecteur européen dont je suis. N'empêche ! J'ai vraiment apprécié -au travers de mes collections d'hebdos d'avant-guerre- cette véritable fresque qui rend hommage à l'héroïsme, l'esprit d'aventure, le courage et la sagacité de cet "enfant de l'oncle Sam". Les scénarios ?... Riches en rebondissement, aux intrigues solides, mais qui mettent également l'accent sur la psychologie des personnages (hé oui, ces "guerriers" se posent aussi des questions existentielles !). Le graphisme ?... Rhââââ... lovely !... Un excellent mélange d'aplats en noir et blanc que Caniff fait "jouer" dans des mises en pages éclatantes, spectaculaires souvent. Chaque planche pourrait faire partie d'un story-board de film, avec ses cadrages, ses "éclairages", son style de découpage... En France ?... La série va paraître dans divers hebdos dont "L'As", "L'Aventureux", "Donald", etc... Les albums ?... Curieusement, ils seront édités fort tardivement en langue française. 12 au total : Chez Slatkine : 4 cartonnés, de 1980 à 1982, relatifs aux années 1934 à 1937 ; mais dans le désordre (!). Chez Futuropolis (Copyright) : 6 cartonnés, de 1985 à 1989, pour des histoires parues entre 1936 et 1938 (numérotés 1 à 6). Chez Zenda : 2 volumes qui forment une sorte d'intégrale des années 1934 à 1936. In fine : Terry et les pirates ?... Une très bonne série, menée tambour battant par un tout grand auteur américain ; lequel, d'ailleurs, inspirera directement Hugo Pratt et Victor Hubinon (Buck Danny). Un vrai coup de coeur (et je n'en mets pas beaucoup). A (re)découvrir. Vite !...

29/11/2006 (modifier)