Je trouve cet album plus réussi que Un Automne à Hànôi, du même auteur.
Il faut dire qu'il a plus d'épaisseur, plus de profondeur, et qu'il est mieux maîtrisé graphiquement, aussi.
Clément Baloup a donc gagné pas mal de maturité dans son oeuvre, et il nous livre là un bien bel album. On capte plus aisément les saveurs du Vietnam, à l'occasion dur écit de ces trois protagonistes qui ont vécu l'ancien régime. le plus prenant ? Le récit de M. Nguyen, au milieu, qui a vécu l'enfer des camps de rééducation. On est vraiment là, à ses côtés, à souffrir le martyre pour débiter des inepties communistes sans fin.
Le dessin et les couleurs de Clément Baloup sont très agréables, même si pas révolutionnaires, et nous permettent de passer un très bon moment de lecture.
Ca, c'est vraiment vieux !... et pourtant dans beaucoup de mémoires encore...
Qu'en ai-je lu, des "Pim Pam Poum", ainsi que des "Pim Pam Poum Pipo" étant gamin !... Et j'en possède encore pas mal, de ces petits formats parus dans les années 60 et qui -à l'époque- coûtaient l'équivalent de 10 Eurocents actuels !
Ce n'est que plus tard, bien plus tard, que je me suis intéressé à cette série.
Ben les amis, elle aura bientôt 110 ans !...
Elle débute en effet -aux USA, et sous le nom de "Katzenjammer Kids"- dans un supplément du New York Journal daté du 12 Décembre 1897.
Ces KidS ?... deux enfants terribles (Pam et Poum en français) qui n'ont qu'un but dans la vie : refuser toute contrainte que l'on pourrait même tenter de leur imposer. Mais ils ne sont pas seuls : l'auteur -Rudolph Diks- les met en scène avec Mama (tante Pim), laquelle va se trouver -plus qu'à son tour- confrontée aux frasques de ces gamins.
Une belle galerie de personnages apparaîtra au fur et à mesure des épisodes, dont "Le Capitaine" -lancé le 31 Août 1902- et "L'Astronome" (en réalité un inspecteur scolaire) -lancé lui le 15 Janvier 1905.
En 1938 arriveront Miss Ross et son élève Adolphe qui deviendront vite les nouveaux souffre-douleurs des jumeaux infernaux.
Curieusement, en 1912, suite à des démêlés juridiques et financiers, Dirks doit changer le titre de sa série. Celle-ci deviendra "Captain and the kids" (en français : Le Capitaine et les Garnements).
En 1958, après 60 années passées sur sa planche à dessin, Dirks arrête de dessiner et passe le relais à son propre fils : John Dirks.
Et en France ?...
La série apparaît pour la première fois en 1911 dans "Nos Loisirs".
Mais elle "explosera", dès 1935, dans "Le Journal de Mickey". S'ensuivront moult parutions dans d'autres périodiques dont Donald, L'Intrépide, Bravo, Junior... l'Echo des Savanes même.
Qu'en dire réellement ?...
C'est à la relecture de mes vieux hebdos "Mickey" que j'ai apprécié toute la drôlerie de la série. Des gags bienvenus, iconoclastes même, "hénaurmes" parfois, qui me tirent encore bien des sourires.
Cette véritable saga humoristique -pour laquelle on pourrait remplir des pages et des pages- est un véritable classique parmi les plus célèbres dans le monde.
Des albums -dans le sens où nous concevons le terme "album"- il n'y en a pourtant pas des masses.
Cette série se déguste surtout dans les vieux périodiques, petits formats et récits complets des années 30 à 60. Et ça, j'aime !...
Curieuse vie, que celle de Conan...
Imaginé par Robert E. Howard, il paraît aux Etats-Unis dans un magazine consacré aux histoires fantastiques : "Weird Tales", ce en 1932.
Et ce n'est qu'après le décès de son céateur, en 1936, qu'il connaîtra la notoriété.
Des "Weird Tales" ?.. j'en possède. Des fascicules d'une trentaine de pages, format quasi A4, qui éditaient des nouvelles d'auteurs divers. Curieux d'ailleurs de constater que le Conan imaginé à l'époque ne correspond en rien au plus que musculeux guerrier que l'on découvrira plus tard dans les "Marvel". Ici (dans quelques images pleine page qui accompagnent le texte) Conan est plutôt une sorte de chevalier style "Prince Valliant", vêtu d'une longue cotte de mailles, et à la chevelure coupée "au carré".
Conan ?... C'est un Barbare originaire de Cimmérie. Il parcourt un monde sauvage, cruel et sans pitié aucune, à une époque indéterminée. Sa vie se passe surtout à affronter sorciers, mages, monstres maléfiques, dragons, voleurs et autres immondes crapules de l'époque. Et il y en a !...
Mais Conan est puissant, courageux, féroce et -aussi- intelligent ; et il se tirera toujours d'affaire des sombres traquenards dans lesquels il va se trouver mêlé.
Ce n'est pourtant qu'en 1970 que le groupe Marvel va en acquérir les droits. Roy Thomas va adapter les textes originaux. Barry Smith -un britannique- va s'occuper du graphisme. Le "nouveau" Conan débute alors dans le n° 4 du magazine "Chamber of Darkness" d'Avril 1970.
Gros succès immédiat. Rapidement, Conan va avoir son propre fascicule, paraître dans d'autres, fera l'objet d'adaptations cinématographiques.
Au point de vue graphisme, ce musculeux guerrier va bénéficier -dès 1973 (Smith a délaissé la série)- de la patte d'autres excellents illustrateurs tels Gil Kane, John Buscema, Neal Adams et autres "pointures".
Conan ?... Je l'aime vraiment bien, surtout lorsque les planches sont en noir et blanc. Je l'ai découvert dans des albums brochés de chez LUG dès 1976, puis des Artima, des Marvel...
Je n'ai jamais été déçu par la qualité des scénarios, sauf parfois par l'un ou l'autre style graphique de quelques-uns des derniers auteurs.
Nonobstant ce fait, c'est pour moi une excellente série ; celle d'un "super-héros" des temps anciens (ou futurs ?) qui ne doit sa (sur)vie que grâce à sa force, sa lucidité et son courage.
Parti de rien, il deviendra roi... mais retournera vite à ce qu'il préfère le plus : les emmerdes !...
Voici une BD que je n'ai achetée que pour sa magnifique couverture (j'adore les félins).
Une histoire simple : le monde et la cruauté des hommes vus à travers les yeux d'animaux retrouvant par hasard leur liberté. Une histoire tragique magnifiquement racontée et dessinée. Tout simplement magnifique.
Le plus bel album cartonné à mes yeux de l'année 2006.
Oui, cette bd est vraiment pas mal. Mais je reste un poil déçu quand même par rapport à l’idée que je m’en faisais suite aux avis très favorables postés ci-avant. Ce genre de déception est aussi quasi-inévitable car on n’a plus le plaisir de la "découverte" ou la primeur de lecture.
La trame des récits est conventionnelle, voire banale. Ce qui l’est moins, c’est le traitement très soigné de la mise en scène et de la narration en "voies off". Le dessin, de très grande qualité, est en parfaite osmose avec la narration qui joue sur plusieurs tableaux pour mieux tromper le lecteur. Dès la première histoire, le ton est donné. Toutefois, Nicolas Pothier use parfois d’un même ressort narratif, ce qui amoindrit l’effet de surprise.
Alors, plutôt un 3,5 mais qui mérite l’arrondi à 4 pour l’initiative et le traitement réussi de l’ensemble.
Marc Antoine Mathieu est un génie, et je crois que son talent s’exprime pleinement à travers Julius Corentin Acquefacques. Cette série est incroyablement originale et son univers est vraiment unique. Je suis complètement fan du monde dans lequel se passe les aventures de Julius.
Un monde victime de surpopulation extrême, avec ses embouteillages humains, ses appartements minuscules, le coup de l’ascenseur, le contrôle d’unité d’espace vitale… enfin tellement de détails irrésistibles et géniaux. J’aime aussi beaucoup les touches d’humour et les jeux de mots présents dans l’histoire.
Et enfin que dire des « trouvailles » qui font le génie de MAM ? Ces inventions qu’on ne peut voir nulle part d’autre que dans une de ses BDs. L’anticase ? J’adore. Le processus ? Un truc de fou.
Je vais aussi nuancer un peu cet enthousiasme car je trouve que dans les tomes 4 et 5 l’histoire n’est plus qu’un prétexte aux délires de l’auteur. Et ces tomes ne nous surprennent plus que par une invention de l’auteur, et non par leur humour ou leur scénario un peu léger malheureusement.
Si le dessin un peu spécial vous rebute à vous lancer dans la lecture de cette série, n’hésitez plus, foncez !
Très bon titre de Gipi, meilleur à mon sens que Notes pour une histoire de guerre, primé à Angoulême 2006. L'auteur parle ici de son père et d'une partie de son enfance, à travers le personnage de S. On n'apprend qui se cache derrière ce S qu'en lisant la page de remerciements en fin d'ouvrage et on comprend également le côté autobiographique de l'oeuvre.
S. raconte des histoires aux enfants, toute l'histoire est empreinte des images de la guerre et de différentes anecdotes qui ne sont pas toujours contées de la même façon selon les personnes. Parfois on a l'impression que l'auteur se répète, et la chronologie du récit peut dérouter mais c'est pour amener quelque chose en plus et en tout cas cela me semble très bien construit comme narration. Très touchant.
Toujours ce dessin, pas mal du tout, couleurs très pastel assez pâlichonnes. Si vous avez aimé les précédents titres parus de l'auteur, celui-ci ne vous surprendra pas.
Bon, c'est la seule série Donjon à laquelle je ne mettrais pas 5/5. Ici, on ne s'oriente que vers l'humour, du coup je trouve que la série perd un peu de sa qualité. Autre défaut, on reste dans une époque bien précise de Donjon alors que dans les autres séries, on essaye de faire des rapports entre les différents personnages, de reconstituer une histoire cohérente, c'est ce qui fait leur grande originalité.
Hormis ceci, les albums sont très divertissants, sans aucune prise de tête, l'humour fait mouche à chaque fois: de ce point de vue là, c'est très réussi. Les dessins de Larcenet sont pas mal, mais bon, il faut aimer ce style...
A signaler que les albums ne font que 30 pages, donc ça se lit en un quart d'heure.
J'ai eu la grande chance de trouver le tome 1 (édition 1999) de Bill Cosmos. Ne sachant pas de quoi il s'agissait vraiment mais me basant sur l'excellente impression que m'avait fait Harry sauve la planète du même auteur, j'ai sauté sur la trop rare occasion. Et j'ai savouré mon bonheur car cette BD est vraiment excellente également.
Bill Cosmos, c'est un soldat charismatique dont on devine les prouesses lors de la guerre même si l'on en voit que de jolis discours et quelques beaux ratés. Accompagné de son petit acolyte et faire-valoir, ils se retrouvent sans le sou à la fin de la guerre et doivent se débrouiller comme ils peuvent, se faisant lamentablement passer pour des pilotes d'essai ou fouillant les poubelles en quête de trouvailles, trouvailles qui vont les mener à devenir d'étonnants aventuriers de l'espace. Un mélange original de récit d'aventure rétro, de Les Pieds Nickelés, de Les Innommables, le tout largement saupoudré d'un véritable humour qui m'a vraiment fait rire à plusieurs reprises.
Très agréable à lire, drôle, un peu délirant et original.
Quant au dessin... L'achat de l'album pourrait se faire sur sa seule beauté. En quelques traits, Al Severin prouve qu'il a un talent digne des plus grands, Jijé, Franquin, Giraud, tous ceux dont on a l'impression qu'il suffit qu'ils prennent un stylo en main, trace quelques courbes et fassent soudainement apparaître une scène étonnante de vie et de maîtrise.
Chaque planche de Bill Cosmos est superbe, jouant en outre sur son aspect "issu d'un comics imaginaire".
Un excellent album : si vous avez la chance de le trouver, bondissez dessus immédiatement.
The Mood, nouvel album de la maison d'édition "des ronds dans l'O", ne peut pas passer inaperçu. Tout d'abord, le dessin de Lem (c'est son premier album) est formidable et m'a fait songer un petit peu à l'univers graphique de Christian Leger dans "Labienus " (édition théloma), qui malheureusement n'a pas eu beaucoup de retentissement.
J'ai eu la chance, lors d'un festival de la bande dessinée à la Conciergerie à Paris, de voir les planches originales de Mood ( avec l'amabilité de François Boudet) et j'avoue que tout de suite, Lem nous fait entrer ou plutôt plonger, par son talent, dans l'atmosphère noire de cette bande dessinée.
Ensuite le scénario d'Yves Leclercq, auteur de l'étonnant et controversé (enfin sur BDparadisio) Hurlevent (Casterman) paru en octobre dernier.
Car le récit n'est pas un récit simple et linéaire mais un véritable puzzle, avec des flashes back et une enquête en cours menée par deux flics assez réussis, que le lecteur rassemble dans un Hollywood des années 50. Une sorte de roman à clefs où les noms et les situations renvoient à l'Age d'Or du cinéma américain (dont je suis en outre un grand fan). Car évidemment, on y croise sous d'autres noms Marylin Monroe mais aussi Lana Turner et sa fille Cheryl Crane (toutes deux impliquées dans le scandale du meurtre de Stompanato). J'ai même cru déceler à travers le sénateur Connely, un certain Kennedy, qui a fait carrière par la suite.
Mais l'histoire illustre beaucoup plus le côté glauque et sordide d'Hollywood que celui des paillettes et de la comédie. A ce titre la scène entre Virginia Race et Joe Sylvano (alias Stompanoto) est particulièrement sordide voire insoutenable.
Un regard froid et sombre sur Hollywood, ses frasques, ses moeurs, ses crimes et ses combines.
Un polar noir, très noir, qui mérite certes une lecture soutenue ( voire une relecture) pour connaître les tenants et aboutissants de cette intrigue prévue en deux volumes.
Une réussite, mon coup de coeur du moment.
Note : 4,5/5
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Mémoires de Viet kieu (Quitter Saïgon)
Je trouve cet album plus réussi que Un Automne à Hànôi, du même auteur. Il faut dire qu'il a plus d'épaisseur, plus de profondeur, et qu'il est mieux maîtrisé graphiquement, aussi. Clément Baloup a donc gagné pas mal de maturité dans son oeuvre, et il nous livre là un bien bel album. On capte plus aisément les saveurs du Vietnam, à l'occasion dur écit de ces trois protagonistes qui ont vécu l'ancien régime. le plus prenant ? Le récit de M. Nguyen, au milieu, qui a vécu l'enfer des camps de rééducation. On est vraiment là, à ses côtés, à souffrir le martyre pour débiter des inepties communistes sans fin. Le dessin et les couleurs de Clément Baloup sont très agréables, même si pas révolutionnaires, et nous permettent de passer un très bon moment de lecture.
Pim Pam Poum
Ca, c'est vraiment vieux !... et pourtant dans beaucoup de mémoires encore... Qu'en ai-je lu, des "Pim Pam Poum", ainsi que des "Pim Pam Poum Pipo" étant gamin !... Et j'en possède encore pas mal, de ces petits formats parus dans les années 60 et qui -à l'époque- coûtaient l'équivalent de 10 Eurocents actuels ! Ce n'est que plus tard, bien plus tard, que je me suis intéressé à cette série. Ben les amis, elle aura bientôt 110 ans !... Elle débute en effet -aux USA, et sous le nom de "Katzenjammer Kids"- dans un supplément du New York Journal daté du 12 Décembre 1897. Ces KidS ?... deux enfants terribles (Pam et Poum en français) qui n'ont qu'un but dans la vie : refuser toute contrainte que l'on pourrait même tenter de leur imposer. Mais ils ne sont pas seuls : l'auteur -Rudolph Diks- les met en scène avec Mama (tante Pim), laquelle va se trouver -plus qu'à son tour- confrontée aux frasques de ces gamins. Une belle galerie de personnages apparaîtra au fur et à mesure des épisodes, dont "Le Capitaine" -lancé le 31 Août 1902- et "L'Astronome" (en réalité un inspecteur scolaire) -lancé lui le 15 Janvier 1905. En 1938 arriveront Miss Ross et son élève Adolphe qui deviendront vite les nouveaux souffre-douleurs des jumeaux infernaux. Curieusement, en 1912, suite à des démêlés juridiques et financiers, Dirks doit changer le titre de sa série. Celle-ci deviendra "Captain and the kids" (en français : Le Capitaine et les Garnements). En 1958, après 60 années passées sur sa planche à dessin, Dirks arrête de dessiner et passe le relais à son propre fils : John Dirks. Et en France ?... La série apparaît pour la première fois en 1911 dans "Nos Loisirs". Mais elle "explosera", dès 1935, dans "Le Journal de Mickey". S'ensuivront moult parutions dans d'autres périodiques dont Donald, L'Intrépide, Bravo, Junior... l'Echo des Savanes même. Qu'en dire réellement ?... C'est à la relecture de mes vieux hebdos "Mickey" que j'ai apprécié toute la drôlerie de la série. Des gags bienvenus, iconoclastes même, "hénaurmes" parfois, qui me tirent encore bien des sourires. Cette véritable saga humoristique -pour laquelle on pourrait remplir des pages et des pages- est un véritable classique parmi les plus célèbres dans le monde. Des albums -dans le sens où nous concevons le terme "album"- il n'y en a pourtant pas des masses. Cette série se déguste surtout dans les vieux périodiques, petits formats et récits complets des années 30 à 60. Et ça, j'aime !...
Conan le Barbare - Les Clous rouges
Curieuse vie, que celle de Conan... Imaginé par Robert E. Howard, il paraît aux Etats-Unis dans un magazine consacré aux histoires fantastiques : "Weird Tales", ce en 1932. Et ce n'est qu'après le décès de son céateur, en 1936, qu'il connaîtra la notoriété. Des "Weird Tales" ?.. j'en possède. Des fascicules d'une trentaine de pages, format quasi A4, qui éditaient des nouvelles d'auteurs divers. Curieux d'ailleurs de constater que le Conan imaginé à l'époque ne correspond en rien au plus que musculeux guerrier que l'on découvrira plus tard dans les "Marvel". Ici (dans quelques images pleine page qui accompagnent le texte) Conan est plutôt une sorte de chevalier style "Prince Valliant", vêtu d'une longue cotte de mailles, et à la chevelure coupée "au carré". Conan ?... C'est un Barbare originaire de Cimmérie. Il parcourt un monde sauvage, cruel et sans pitié aucune, à une époque indéterminée. Sa vie se passe surtout à affronter sorciers, mages, monstres maléfiques, dragons, voleurs et autres immondes crapules de l'époque. Et il y en a !... Mais Conan est puissant, courageux, féroce et -aussi- intelligent ; et il se tirera toujours d'affaire des sombres traquenards dans lesquels il va se trouver mêlé. Ce n'est pourtant qu'en 1970 que le groupe Marvel va en acquérir les droits. Roy Thomas va adapter les textes originaux. Barry Smith -un britannique- va s'occuper du graphisme. Le "nouveau" Conan débute alors dans le n° 4 du magazine "Chamber of Darkness" d'Avril 1970. Gros succès immédiat. Rapidement, Conan va avoir son propre fascicule, paraître dans d'autres, fera l'objet d'adaptations cinématographiques. Au point de vue graphisme, ce musculeux guerrier va bénéficier -dès 1973 (Smith a délaissé la série)- de la patte d'autres excellents illustrateurs tels Gil Kane, John Buscema, Neal Adams et autres "pointures". Conan ?... Je l'aime vraiment bien, surtout lorsque les planches sont en noir et blanc. Je l'ai découvert dans des albums brochés de chez LUG dès 1976, puis des Artima, des Marvel... Je n'ai jamais été déçu par la qualité des scénarios, sauf parfois par l'un ou l'autre style graphique de quelques-uns des derniers auteurs. Nonobstant ce fait, c'est pour moi une excellente série ; celle d'un "super-héros" des temps anciens (ou futurs ?) qui ne doit sa (sur)vie que grâce à sa force, sa lucidité et son courage. Parti de rien, il deviendra roi... mais retournera vite à ce qu'il préfère le plus : les emmerdes !...
Les Seigneurs de Bagdad (Pride of Baghdad)
Voici une BD que je n'ai achetée que pour sa magnifique couverture (j'adore les félins). Une histoire simple : le monde et la cruauté des hommes vus à travers les yeux d'animaux retrouvant par hasard leur liberté. Une histoire tragique magnifiquement racontée et dessinée. Tout simplement magnifique. Le plus bel album cartonné à mes yeux de l'année 2006.
Voies off
Oui, cette bd est vraiment pas mal. Mais je reste un poil déçu quand même par rapport à l’idée que je m’en faisais suite aux avis très favorables postés ci-avant. Ce genre de déception est aussi quasi-inévitable car on n’a plus le plaisir de la "découverte" ou la primeur de lecture. La trame des récits est conventionnelle, voire banale. Ce qui l’est moins, c’est le traitement très soigné de la mise en scène et de la narration en "voies off". Le dessin, de très grande qualité, est en parfaite osmose avec la narration qui joue sur plusieurs tableaux pour mieux tromper le lecteur. Dès la première histoire, le ton est donné. Toutefois, Nicolas Pothier use parfois d’un même ressort narratif, ce qui amoindrit l’effet de surprise. Alors, plutôt un 3,5 mais qui mérite l’arrondi à 4 pour l’initiative et le traitement réussi de l’ensemble.
Julius Corentin Acquefacques
Marc Antoine Mathieu est un génie, et je crois que son talent s’exprime pleinement à travers Julius Corentin Acquefacques. Cette série est incroyablement originale et son univers est vraiment unique. Je suis complètement fan du monde dans lequel se passe les aventures de Julius. Un monde victime de surpopulation extrême, avec ses embouteillages humains, ses appartements minuscules, le coup de l’ascenseur, le contrôle d’unité d’espace vitale… enfin tellement de détails irrésistibles et géniaux. J’aime aussi beaucoup les touches d’humour et les jeux de mots présents dans l’histoire. Et enfin que dire des « trouvailles » qui font le génie de MAM ? Ces inventions qu’on ne peut voir nulle part d’autre que dans une de ses BDs. L’anticase ? J’adore. Le processus ? Un truc de fou. Je vais aussi nuancer un peu cet enthousiasme car je trouve que dans les tomes 4 et 5 l’histoire n’est plus qu’un prétexte aux délires de l’auteur. Et ces tomes ne nous surprennent plus que par une invention de l’auteur, et non par leur humour ou leur scénario un peu léger malheureusement. Si le dessin un peu spécial vous rebute à vous lancer dans la lecture de cette série, n’hésitez plus, foncez !
S.
Très bon titre de Gipi, meilleur à mon sens que Notes pour une histoire de guerre, primé à Angoulême 2006. L'auteur parle ici de son père et d'une partie de son enfance, à travers le personnage de S. On n'apprend qui se cache derrière ce S qu'en lisant la page de remerciements en fin d'ouvrage et on comprend également le côté autobiographique de l'oeuvre. S. raconte des histoires aux enfants, toute l'histoire est empreinte des images de la guerre et de différentes anecdotes qui ne sont pas toujours contées de la même façon selon les personnes. Parfois on a l'impression que l'auteur se répète, et la chronologie du récit peut dérouter mais c'est pour amener quelque chose en plus et en tout cas cela me semble très bien construit comme narration. Très touchant. Toujours ce dessin, pas mal du tout, couleurs très pastel assez pâlichonnes. Si vous avez aimé les précédents titres parus de l'auteur, celui-ci ne vous surprendra pas.
Donjon Parade
Bon, c'est la seule série Donjon à laquelle je ne mettrais pas 5/5. Ici, on ne s'oriente que vers l'humour, du coup je trouve que la série perd un peu de sa qualité. Autre défaut, on reste dans une époque bien précise de Donjon alors que dans les autres séries, on essaye de faire des rapports entre les différents personnages, de reconstituer une histoire cohérente, c'est ce qui fait leur grande originalité. Hormis ceci, les albums sont très divertissants, sans aucune prise de tête, l'humour fait mouche à chaque fois: de ce point de vue là, c'est très réussi. Les dessins de Larcenet sont pas mal, mais bon, il faut aimer ce style... A signaler que les albums ne font que 30 pages, donc ça se lit en un quart d'heure.
Bill Cosmos
J'ai eu la grande chance de trouver le tome 1 (édition 1999) de Bill Cosmos. Ne sachant pas de quoi il s'agissait vraiment mais me basant sur l'excellente impression que m'avait fait Harry sauve la planète du même auteur, j'ai sauté sur la trop rare occasion. Et j'ai savouré mon bonheur car cette BD est vraiment excellente également. Bill Cosmos, c'est un soldat charismatique dont on devine les prouesses lors de la guerre même si l'on en voit que de jolis discours et quelques beaux ratés. Accompagné de son petit acolyte et faire-valoir, ils se retrouvent sans le sou à la fin de la guerre et doivent se débrouiller comme ils peuvent, se faisant lamentablement passer pour des pilotes d'essai ou fouillant les poubelles en quête de trouvailles, trouvailles qui vont les mener à devenir d'étonnants aventuriers de l'espace. Un mélange original de récit d'aventure rétro, de Les Pieds Nickelés, de Les Innommables, le tout largement saupoudré d'un véritable humour qui m'a vraiment fait rire à plusieurs reprises. Très agréable à lire, drôle, un peu délirant et original. Quant au dessin... L'achat de l'album pourrait se faire sur sa seule beauté. En quelques traits, Al Severin prouve qu'il a un talent digne des plus grands, Jijé, Franquin, Giraud, tous ceux dont on a l'impression qu'il suffit qu'ils prennent un stylo en main, trace quelques courbes et fassent soudainement apparaître une scène étonnante de vie et de maîtrise. Chaque planche de Bill Cosmos est superbe, jouant en outre sur son aspect "issu d'un comics imaginaire". Un excellent album : si vous avez la chance de le trouver, bondissez dessus immédiatement.
The Mood
The Mood, nouvel album de la maison d'édition "des ronds dans l'O", ne peut pas passer inaperçu. Tout d'abord, le dessin de Lem (c'est son premier album) est formidable et m'a fait songer un petit peu à l'univers graphique de Christian Leger dans "Labienus " (édition théloma), qui malheureusement n'a pas eu beaucoup de retentissement. J'ai eu la chance, lors d'un festival de la bande dessinée à la Conciergerie à Paris, de voir les planches originales de Mood ( avec l'amabilité de François Boudet) et j'avoue que tout de suite, Lem nous fait entrer ou plutôt plonger, par son talent, dans l'atmosphère noire de cette bande dessinée. Ensuite le scénario d'Yves Leclercq, auteur de l'étonnant et controversé (enfin sur BDparadisio) Hurlevent (Casterman) paru en octobre dernier. Car le récit n'est pas un récit simple et linéaire mais un véritable puzzle, avec des flashes back et une enquête en cours menée par deux flics assez réussis, que le lecteur rassemble dans un Hollywood des années 50. Une sorte de roman à clefs où les noms et les situations renvoient à l'Age d'Or du cinéma américain (dont je suis en outre un grand fan). Car évidemment, on y croise sous d'autres noms Marylin Monroe mais aussi Lana Turner et sa fille Cheryl Crane (toutes deux impliquées dans le scandale du meurtre de Stompanato). J'ai même cru déceler à travers le sénateur Connely, un certain Kennedy, qui a fait carrière par la suite. Mais l'histoire illustre beaucoup plus le côté glauque et sordide d'Hollywood que celui des paillettes et de la comédie. A ce titre la scène entre Virginia Race et Joe Sylvano (alias Stompanoto) est particulièrement sordide voire insoutenable. Un regard froid et sombre sur Hollywood, ses frasques, ses moeurs, ses crimes et ses combines. Un polar noir, très noir, qui mérite certes une lecture soutenue ( voire une relecture) pour connaître les tenants et aboutissants de cette intrigue prévue en deux volumes. Une réussite, mon coup de coeur du moment. Note : 4,5/5