Ca, c'est du tout bon !... Ah que oui !...
Le postulat est tout simple, mais ces errances nocturnes du "petit Noël" sont pour moi une oeuvre quasi magistrale de Franquin. Je possède toujours cette histoire, dans un hebdo Spirou "spécial Noël" d'il y a ... très longtemps. Et ce fabuleux souvenir d'enfance m'est revenu ; moi aussi je m'étais parfois imaginé jouer avec ces petites voitures, ces petits trains, ces personnages qui ornent encore de nos jours les panneaux de circulation.
Grâce à son art, Franquin parvient ici à transformer une triste nuit en un univers vraiment féerique. Un véritable moment de pur bonheur ; simple, mais diablement efficace.
J'ai aussi retrouvé cette seconde histoire où le petit Noël, "mis de côté" par d'autres gosses de son âge, sera rattrapé par la magie de la fête de Pâques.
Deux histoires somptueuses dans leur graphisme et narration.
Un vrai souvenir d'enfance qui n'a pas pris une ride.
Deux formidables contes réalisés par un des plus grands.
Ma cote perso : 4,5/5.
Une jeune femme, effondrée à la lecture d’une lettre, voit ses souvenirs remonter à la surface. Elle nous fait partager son quotidien, ses virées entre copines et surtout sa relation avec Théo, son petit ami, ou du moins « Ce qu’il en reste ».
Le récit tourne autour de trois personnages : Théo, la jeune femme (dont on ne connaît pas le nom) et leur couple. Ce dernier périclite lentement malgré quelques soubresauts erratiques. Les silences de Théo sont assourdissants et sa démission révoltante. « Elle » tente de redonner vie à leur relation mais on sent bien que sa démarche est vouée à l’échec.
L’érosion du couple est un sujet somme toute banal mais il est traité ici d’une façon très particulière. Le récit est chargé d’une atmosphère lourde et pesante mais ponctué ça et là de scènes très légères comme si l’auteur souhaitait que l’on reprenne de temps en temps notre souffle.
Le dessin en noir et blanc de Jérôme d’Aviau colle parfaitement au sujet. L’utilisation de grandes cases permet la mise en valeur des personnages et plus particulièrement de l’expression de leurs visages.
La toute jeune maison d’éditions « Les enfants rouges » nous livre ici une histoire juste et poignante dont nous attendons la suite avec impatience. « Ce qu’il en reste » est le premier volet du récit « Théo » dont la suite est prévue pour 2008.
Un sujet franchement rare tant dans le domaine de la BD que dans tous les domaines culturelles à ma connaissance : la vieillesse, les maisons de retraite et la maladie d'Alzheimer. Présentée ainsi, la thématique de cette BD a l'air sombre et déprimante. Pourtant Rides réussit à aborder ces thèmes difficiles et souvent douloureux tout en gardant une vraie lumière, presque un certain humour ou optimisme, alors que finalement... tout finit par s'oublier...
J'ai trouvé le récit souvent vraiment fort, réussissant avec la simplicité des grands récits à nous faire ressentir ce que c'est que de devenir vieux et de voir son monde et son esprit s'étioler.
Et à côté de cela, l'auteur s'autorise quelques touches d'humour (où l'on rit plutôt jaune pourtant), notamment avec les délires ou résurgences mémorielles des vieux qui vivent dans leur monde imaginaire.
Le récit est suffisamment varié pour que le lecteur ne s'ennuie pas alors que l'action se passe finalement tout en lenteur au milieu d'une maison de retraite. Plutôt lent donc mais assez prenant pour qu'on ne s'arrête pas jusqu'à la fin de l'album.
Bref, un bel album, fort et doux à la fois, triste et drôle à la fois, portant sur les sujets trop rarement abordés que sont vieillesse, maisons de retraite et Alzheimer.
Ce western d'apparence classique est une belle réussite qui gagne à être connue.
Nous faisant découvrir le Canada et ses différentes communautés, le premier tome nous présente Jackson, jeune homme blond, trappeur, un "Bois-Brulé", descendant de métis de français et d'indiens, qui se laisse entraîner dans une sombre histoire qui lui vaudra d'être pourchassé par les siens.
Dans l'aventure, il rencontrera Noémie, une jeune femme qui deviendra sa compagne.
Dès lors, le trappeur n'aura de cesse de trouver un moyen de satisfaire sa soif de grands espaces et de solitude dans les décors sauvages des Rocheuses, au grand dam de Noémie qui rêve de s'installer en communauté et redoute la vie que lui offre son compagnon.
Cette étude du couple est l'une des facettes originales de cette série aux intrigues superbement orchestrées par Frank Giroud, qui place les rapports humains au centre de ses histoires. Gare aux apparences, elles peuvent se révéler trompeuses ! Les surprises sont effectivement nombreuses pour les lecteurs mais elles ne sont jamais superficielles tant elles nous sont réservées par des personnages superbement réussis qui nous font entrer sans mal dans un univers aux décors grandioses et souvent glacés.
Le scénariste présente des intrigues variées, il parvient même à renouveler le thème pourtant usé de la cité perdue grâce à une documentation sans faille et un excellent sens de l'aventure.
Le tout est brillamment illustré par le trait si personnel de Marc-Rénier, qui rend aussi bien des paysages superbes et sauvages que le grouillement des foules cherchant désespérant de l'or dans les rivières qui les parcourent. Et son sens de l'espace rejoint celui de son scénariste pour l'aventure, ce qui nous vaut une belle réussite.
Il est dommage que cette série soit méconnue. Il faut noter que le quatrième tome n'a été édité que chez de petits éditeurs. Hélas, les trois autres ont disparu du catalogue du Lombard dont ils ne semblent pas avoir fait la fortune. C'est une grande injustice car c'est une série qui mérite tout à fait le détour et qu'il faudra réhabiliter.
Tout pareil que les deux aviseurs précédents ! Je ne connais pas le roman dont cette bd est adaptée, mais la qualité du résultat amène à penser qu'il s'agit d'une bonne adaptation.
Le récit est plein d'esprit, prenant et mélancolique à la fois. Le dessin très pictural de De Metter met en scène les personnages de manière très vivante. Attention, ce n'est pas non plus d'une beauté graphique abyssale, il faut accepter le caractère "expressionniste" du dessin de De Metter.
Cet album m'est tombé dans les mains au hasard, et je ne savais même pas de quoi il parlait avant de l'ouvrir. Une belle surprise donc, parce que j'ai réussi à lire presque 300 pages d'un trait, sans jamais m'ennuyer, ce qui est très rare pour une bd d'autant de pages.
Pour les dessins, c'est du Trondheim, pas génial mais pas mauvais non plus, le noir et blanc colle peut-être mieux ici, mais l'inconvénient est que ses traits assez simplistes ne permettent pas toujours de distinguer bien les scènes et de différencier les personnages.
Le scénario est très prenant, avec pas mal de personnages et leurs destins croisés. Toutes les évocations et les sortes de légende font comme monter le suspense, et du coup c'est un album très agréable à lire. Ensuite, pour tous ceux qui aiment les bds d'aventure, c'est plaisant également. A lire !
Cette adaptation du roman de Fabrice Caro est vraiment une belle réussite.
Le personnage principal ressemble à monsieur tout le monde avec ce petit côté looser dont il voudrait bien se débarrasser et essaie de trouver une raison d’exister dans cette société ou beaucoup semblent avoir trouvé leur place.
Pour ne pas décevoir son entourage, il fait appel à une société de figuration dont l’existence lui a été révélée par hasard. Grâce à elle, il se construit une vie sur mesure… L’idée de départ est vraiment originale et le scénario très cohérent.
Au niveau graphique, vous ne serez pas déçus avec ces superbes dessins réalisés en couleurs directes et ces faciès aux expressions vraiment très réussies. Les émotions sont palpables.
Une Bd à se procurer sans hésitation.
J'écoute France Info depuis près de 20 ans (cela m'aidait à m'endormir plus vite quand j'étais lycéen et je me réveille encore toujours aujourd'hui avec). Ma passion pour la BD a fait que je l'ai acquise dès son annonce sur les ondes.
Si je trouve certaines des histoires totalement anecdotiques et sans grand intérêt, la plupart restent quand même très bien racontées et permettent de se replonger dans une époque qui nous paraît parfois bien lointaine (oui, le temps passe vite...). La vision très personnelle des auteurs et l'intensité avec laquelle ils racontent ces événements marquants sont tantôt touchantes, parfois juste amères, ou tout simplement belles.
Je ne suis pas un fan de tous les dessinateurs présents (loin de là), mais le côté touchant de l'ensemble m'a vraiment plu. Par contre, je dois reconnaître que si je n'avais pas été un assidu de la radio concernée, je n'aurais sans doute pas jeté le moindre coup d'oeil à ce livre.
Ce n'est pas vraiment un coup de coeur en ce qui me concerne, juste une oeuvre qui m'a replongé quelques temps dans le passé, via une de mes plus fortes passions, la BD.
Giroud a ici travaillé en étroite collaboration avec "sa" dessinatrice, Marianne Duvivier.
Il lui a ainsi écrit une histoire de femme de beauté réelle où l'émotion et la souffrance se partagent.
J'ai donc suivi les traces de Hélène et Annette, deux soeurs, deux provinciales exilées à Paris pour leurs études ; deux soeurs dont le suicide inexpliqué de leur père -en Mai 68- va titiller la curiosité.
Et cette sorte de "quête", vraiment, chargée en émotions fortes, est brillamment menée par ces auteurs. Des scènes sont dures, oui ; mais elles sont "dirigées" avec une vraie pudeur, un vrai tact, et n'en sont que plus fortes.
Cette sorte de binôme d'auteurs donne une réelle et vraie intensité à l'histoire. Ils m'ont tenu en haleine pendant les deux tomes ; ce sans avoir éventuellement cédé à une certaine "facilité" de l'action. J'ai ainsi lu une histoire dont je suis ressorti un peu différent à la fin de la dernière page. Assez rare pour que je le mentionne.
A noter : la colorisation de Denoulet, qui complémentarise de bien belle façon le graphisme de Duvivier.
Deux biens beaux et bons tomes.
Christophe Bec, scénariste très prolixe depuis sa "retraite" de dessinateur, ne cesse de nous offrir une palette d'histoires, ma foi, fort bien agencées : après un Carême bien éloigné de son univers graphique (mais au demeurant très réussi), Le Temps des loups (fort énigmatique) et un étonnant et angoissant Pandemonium, voici que Christophe Bec replonge dans un univers familier, celui des grandes profondeurs, thème développé avec Sanctuaire (mais avec cette fois-ci Xavier Dorison au scénario).
On peut, en exagérant un peu, situer cette nouvelle aventure entre Les dents de la mer et Sanctuaire effectivement.
Pourtant, le rythme est nettement plus soutenu que dans cette dernière série et, malgré le nombre de flashes back de cet album, j'ai été littéralement happé par le récit.
Une histoire, certes bavarde, mais que je trouve pour ma part plausible, et qui je pense va nous réserver de nombreuses surprises dans le prochain volume.
On nage (sans jeu de mot gratuit) entièrement entre aventures (scientifique et individuelle), intérêts financiers, légendes et mystère familial.
Bref, Christophe Bec a frappé un grand coup, et le dessin d'Eric Henninot est vraiment à la hauteur du récit.
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Les Noëls de Franquin
Ca, c'est du tout bon !... Ah que oui !... Le postulat est tout simple, mais ces errances nocturnes du "petit Noël" sont pour moi une oeuvre quasi magistrale de Franquin. Je possède toujours cette histoire, dans un hebdo Spirou "spécial Noël" d'il y a ... très longtemps. Et ce fabuleux souvenir d'enfance m'est revenu ; moi aussi je m'étais parfois imaginé jouer avec ces petites voitures, ces petits trains, ces personnages qui ornent encore de nos jours les panneaux de circulation. Grâce à son art, Franquin parvient ici à transformer une triste nuit en un univers vraiment féerique. Un véritable moment de pur bonheur ; simple, mais diablement efficace. J'ai aussi retrouvé cette seconde histoire où le petit Noël, "mis de côté" par d'autres gosses de son âge, sera rattrapé par la magie de la fête de Pâques. Deux histoires somptueuses dans leur graphisme et narration. Un vrai souvenir d'enfance qui n'a pas pris une ride. Deux formidables contes réalisés par un des plus grands. Ma cote perso : 4,5/5.
Ce qu'il en reste
Une jeune femme, effondrée à la lecture d’une lettre, voit ses souvenirs remonter à la surface. Elle nous fait partager son quotidien, ses virées entre copines et surtout sa relation avec Théo, son petit ami, ou du moins « Ce qu’il en reste ». Le récit tourne autour de trois personnages : Théo, la jeune femme (dont on ne connaît pas le nom) et leur couple. Ce dernier périclite lentement malgré quelques soubresauts erratiques. Les silences de Théo sont assourdissants et sa démission révoltante. « Elle » tente de redonner vie à leur relation mais on sent bien que sa démarche est vouée à l’échec. L’érosion du couple est un sujet somme toute banal mais il est traité ici d’une façon très particulière. Le récit est chargé d’une atmosphère lourde et pesante mais ponctué ça et là de scènes très légères comme si l’auteur souhaitait que l’on reprenne de temps en temps notre souffle. Le dessin en noir et blanc de Jérôme d’Aviau colle parfaitement au sujet. L’utilisation de grandes cases permet la mise en valeur des personnages et plus particulièrement de l’expression de leurs visages. La toute jeune maison d’éditions « Les enfants rouges » nous livre ici une histoire juste et poignante dont nous attendons la suite avec impatience. « Ce qu’il en reste » est le premier volet du récit « Théo » dont la suite est prévue pour 2008.
La Tête en l'air (Rides)
Un sujet franchement rare tant dans le domaine de la BD que dans tous les domaines culturelles à ma connaissance : la vieillesse, les maisons de retraite et la maladie d'Alzheimer. Présentée ainsi, la thématique de cette BD a l'air sombre et déprimante. Pourtant Rides réussit à aborder ces thèmes difficiles et souvent douloureux tout en gardant une vraie lumière, presque un certain humour ou optimisme, alors que finalement... tout finit par s'oublier... J'ai trouvé le récit souvent vraiment fort, réussissant avec la simplicité des grands récits à nous faire ressentir ce que c'est que de devenir vieux et de voir son monde et son esprit s'étioler. Et à côté de cela, l'auteur s'autorise quelques touches d'humour (où l'on rit plutôt jaune pourtant), notamment avec les délires ou résurgences mémorielles des vieux qui vivent dans leur monde imaginaire. Le récit est suffisamment varié pour que le lecteur ne s'ennuie pas alors que l'action se passe finalement tout en lenteur au milieu d'une maison de retraite. Plutôt lent donc mais assez prenant pour qu'on ne s'arrête pas jusqu'à la fin de l'album. Bref, un bel album, fort et doux à la fois, triste et drôle à la fois, portant sur les sujets trop rarement abordés que sont vieillesse, maisons de retraite et Alzheimer.
Jackson
Ce western d'apparence classique est une belle réussite qui gagne à être connue. Nous faisant découvrir le Canada et ses différentes communautés, le premier tome nous présente Jackson, jeune homme blond, trappeur, un "Bois-Brulé", descendant de métis de français et d'indiens, qui se laisse entraîner dans une sombre histoire qui lui vaudra d'être pourchassé par les siens. Dans l'aventure, il rencontrera Noémie, une jeune femme qui deviendra sa compagne. Dès lors, le trappeur n'aura de cesse de trouver un moyen de satisfaire sa soif de grands espaces et de solitude dans les décors sauvages des Rocheuses, au grand dam de Noémie qui rêve de s'installer en communauté et redoute la vie que lui offre son compagnon. Cette étude du couple est l'une des facettes originales de cette série aux intrigues superbement orchestrées par Frank Giroud, qui place les rapports humains au centre de ses histoires. Gare aux apparences, elles peuvent se révéler trompeuses ! Les surprises sont effectivement nombreuses pour les lecteurs mais elles ne sont jamais superficielles tant elles nous sont réservées par des personnages superbement réussis qui nous font entrer sans mal dans un univers aux décors grandioses et souvent glacés. Le scénariste présente des intrigues variées, il parvient même à renouveler le thème pourtant usé de la cité perdue grâce à une documentation sans faille et un excellent sens de l'aventure. Le tout est brillamment illustré par le trait si personnel de Marc-Rénier, qui rend aussi bien des paysages superbes et sauvages que le grouillement des foules cherchant désespérant de l'or dans les rivières qui les parcourent. Et son sens de l'espace rejoint celui de son scénariste pour l'aventure, ce qui nous vaut une belle réussite. Il est dommage que cette série soit méconnue. Il faut noter que le quatrième tome n'a été édité que chez de petits éditeurs. Hélas, les trois autres ont disparu du catalogue du Lombard dont ils ne semblent pas avoir fait la fortune. C'est une grande injustice car c'est une série qui mérite tout à fait le détour et qu'il faudra réhabiliter.
Figurec
Tout pareil que les deux aviseurs précédents ! Je ne connais pas le roman dont cette bd est adaptée, mais la qualité du résultat amène à penser qu'il s'agit d'une bonne adaptation. Le récit est plein d'esprit, prenant et mélancolique à la fois. Le dessin très pictural de De Metter met en scène les personnages de manière très vivante. Attention, ce n'est pas non plus d'une beauté graphique abyssale, il faut accepter le caractère "expressionniste" du dessin de De Metter.
Ile Bourbon 1730
Cet album m'est tombé dans les mains au hasard, et je ne savais même pas de quoi il parlait avant de l'ouvrir. Une belle surprise donc, parce que j'ai réussi à lire presque 300 pages d'un trait, sans jamais m'ennuyer, ce qui est très rare pour une bd d'autant de pages. Pour les dessins, c'est du Trondheim, pas génial mais pas mauvais non plus, le noir et blanc colle peut-être mieux ici, mais l'inconvénient est que ses traits assez simplistes ne permettent pas toujours de distinguer bien les scènes et de différencier les personnages. Le scénario est très prenant, avec pas mal de personnages et leurs destins croisés. Toutes les évocations et les sortes de légende font comme monter le suspense, et du coup c'est un album très agréable à lire. Ensuite, pour tous ceux qui aiment les bds d'aventure, c'est plaisant également. A lire !
Figurec
Cette adaptation du roman de Fabrice Caro est vraiment une belle réussite. Le personnage principal ressemble à monsieur tout le monde avec ce petit côté looser dont il voudrait bien se débarrasser et essaie de trouver une raison d’exister dans cette société ou beaucoup semblent avoir trouvé leur place. Pour ne pas décevoir son entourage, il fait appel à une société de figuration dont l’existence lui a été révélée par hasard. Grâce à elle, il se construit une vie sur mesure… L’idée de départ est vraiment originale et le scénario très cohérent. Au niveau graphique, vous ne serez pas déçus avec ces superbes dessins réalisés en couleurs directes et ces faciès aux expressions vraiment très réussies. Les émotions sont palpables. Une Bd à se procurer sans hésitation.
France Info, 30 ans d'actualité (Le jour où...)
J'écoute France Info depuis près de 20 ans (cela m'aidait à m'endormir plus vite quand j'étais lycéen et je me réveille encore toujours aujourd'hui avec). Ma passion pour la BD a fait que je l'ai acquise dès son annonce sur les ondes. Si je trouve certaines des histoires totalement anecdotiques et sans grand intérêt, la plupart restent quand même très bien racontées et permettent de se replonger dans une époque qui nous paraît parfois bien lointaine (oui, le temps passe vite...). La vision très personnelle des auteurs et l'intensité avec laquelle ils racontent ces événements marquants sont tantôt touchantes, parfois juste amères, ou tout simplement belles. Je ne suis pas un fan de tous les dessinateurs présents (loin de là), mais le côté touchant de l'ensemble m'a vraiment plu. Par contre, je dois reconnaître que si je n'avais pas été un assidu de la radio concernée, je n'aurais sans doute pas jeté le moindre coup d'oeil à ce livre. Ce n'est pas vraiment un coup de coeur en ce qui me concerne, juste une oeuvre qui m'a replongé quelques temps dans le passé, via une de mes plus fortes passions, la BD.
Secrets - L'écharde
Giroud a ici travaillé en étroite collaboration avec "sa" dessinatrice, Marianne Duvivier. Il lui a ainsi écrit une histoire de femme de beauté réelle où l'émotion et la souffrance se partagent. J'ai donc suivi les traces de Hélène et Annette, deux soeurs, deux provinciales exilées à Paris pour leurs études ; deux soeurs dont le suicide inexpliqué de leur père -en Mai 68- va titiller la curiosité. Et cette sorte de "quête", vraiment, chargée en émotions fortes, est brillamment menée par ces auteurs. Des scènes sont dures, oui ; mais elles sont "dirigées" avec une vraie pudeur, un vrai tact, et n'en sont que plus fortes. Cette sorte de binôme d'auteurs donne une réelle et vraie intensité à l'histoire. Ils m'ont tenu en haleine pendant les deux tomes ; ce sans avoir éventuellement cédé à une certaine "facilité" de l'action. J'ai ainsi lu une histoire dont je suis ressorti un peu différent à la fin de la dernière page. Assez rare pour que je le mentionne. A noter : la colorisation de Denoulet, qui complémentarise de bien belle façon le graphisme de Duvivier. Deux biens beaux et bons tomes.
Carthago
Christophe Bec, scénariste très prolixe depuis sa "retraite" de dessinateur, ne cesse de nous offrir une palette d'histoires, ma foi, fort bien agencées : après un Carême bien éloigné de son univers graphique (mais au demeurant très réussi), Le Temps des loups (fort énigmatique) et un étonnant et angoissant Pandemonium, voici que Christophe Bec replonge dans un univers familier, celui des grandes profondeurs, thème développé avec Sanctuaire (mais avec cette fois-ci Xavier Dorison au scénario). On peut, en exagérant un peu, situer cette nouvelle aventure entre Les dents de la mer et Sanctuaire effectivement. Pourtant, le rythme est nettement plus soutenu que dans cette dernière série et, malgré le nombre de flashes back de cet album, j'ai été littéralement happé par le récit. Une histoire, certes bavarde, mais que je trouve pour ma part plausible, et qui je pense va nous réserver de nombreuses surprises dans le prochain volume. On nage (sans jeu de mot gratuit) entièrement entre aventures (scientifique et individuelle), intérêts financiers, légendes et mystère familial. Bref, Christophe Bec a frappé un grand coup, et le dessin d'Eric Henninot est vraiment à la hauteur du récit.