A l'origine cette BD fut pour moi un vrai coup de coeur. Lorsque j'ai ouvert le premier album j'ai été fasciné dès les premières pages par les décors et les couleurs, ensuite je me suis laissé piéger par l'histoire fascinante : les mésaventures de Terriens qui colonisent la planète Aldébaran mais qui perdent tout contact avec la Terre et qui sont confrontés à un "animal" gigantesque et surprenant : la mantrisse. Cette mantrisse sera le pivot de l'histoire tout au long des 5 albums.
Léo parvient à créer un univers fantastique dans lequel la faune et la flore s'exposent sous nos yeux ébahis et chaque page nous réserve de nouvelles surprises. On découvre progressivement les différents protagonistes de cette histoire et on s'y attache rapidement, même si Marc m'agace un peu. C'est aussi l'occasion de découvrir le goût de Léo pour dessiner des femmes plantureuses qu’il effeuille à de nombreuses reprises.
L’intrigue autour de la mantrisse est très bien menée, des indices sont dévoilés petit à petit et maintiennent notre curiosité en éveil au final ; lorsque l’on achève le dernier tome on n’a qu’une hâte : aller acheter le deuxième cycle Bételgeuse.
Juste un petit bémol, je trouve que Léo ne parvient pas à bien restituer les sentiments sur les visages de ses personnages. Il est vrai qu’il prend le parti de faire des gros plans sur les visages et là les approximations ne pardonnent plus. Lorsque Kim feint la surprise on se demande si ce n’est pas de la peur qui apparaît sur son visage !
Sans ce reproche j’aurais mis un 5/5.
"Sur les terres d'Horus" est une BD qui vous plonge en Egypte à l'époque des pharaons. Un des fils du pharaon est en charge de mener des enquêtes pour résoudre des affaires mystérieuses liées aux Dieux égyptiens.
Le dessin : les paysages de l'Egypte ancienne sont vraiment très beaux. Isabelle Dethan a l'air de s'être beaucoup documentée et même sûrement d'être allée sur place (petite veinarde ;) ). J'aime un petit peu moins les visages des personnages mais pas de quoi fouetter un chat. La couleur est faite à l'aquarelle : ça change et je trouve que pour des paysages désertiques, cette technique est toute trouvée :) chapeau !
Le scénario est efficace. Sans se lancer dans une action à outrance mais avec une enquête qui avance pas à pas, l'auteur nous guide vers la fin de l'album sans qu'on s'en rende compte. J'aime beaucoup les idées de complots tendant à renverser le pharaon. A mon avis, ces histoires ne doivent pas être loin de ce qui devait se tramer à l'ombre du pouvoir.
6 tomes de cette BD sont disponibles. Vous pouvez y aller, vous passerez un bon moment !
Chevalier plein de fougue et de courage, Percevan parcourt un moyen-âge de légende en compagnie du troubadour maladroit et quelque peu enrobé Kervin.
Porté sur le beau sexe, il ne cesse de revenir vers Balkis, une sorcière aussi redoutable que ténébreuse. Menées tambour battant, ses aventures mélangent le fantastique et l'action avec une bonne dose d'humour sans aucune prétention. Elles l'entraînent vers de nombreux horizons où il croisera bien des périls.
Léturgie, associé sur certains tomes avec Fauche, sait créer un univers merveilleux d'où n'est pas exclue une violence certaine voire un certain pessimisme.
Mais surtout, la charpente de cette série, c'est le dessin de Luguy, au style semi-réaliste particulièrement original, qu'il maîtrise avec une virtuosité superbe. Il parvient à réussir des images à la fois claires, et d'une minutie remarquable, rehaussées de couleurs lumineuses. Il donne corps à cet univers en ne négligeant aucune recherche sur les paysages ou les costumes. Ses châteaux forts, par exemple, valent vraiment le détour. Le seul reproche que l'on puisse lui faire, c'est d'espacer ses parutions ces dernières années.
Bref, une série qui a toute les qualités pour être incontournable (tout de même, quel dessin !).
Chassez vos a priori ! Cette couverture, de prime abord peu avenante, dissimule une petite perle.
Dans une peinture sociale façon « document réalité », Pascal Rabaté scènarise le quotidien assez morose d’une modeste famille de provinciaux. Trois générations que composent, entre autre, une grand-mère grenouille de bénitier et un grand-père coco de la première heure, toujours prompts à se voler dans les plumes. Leur fille, mère au foyer dévouée, et son mari, chef de famille contenté, tolérant et discret, tous deux légèrement désabusés. Leurs enfants. Et, enfin, l’inévitable beau-frère, franchouillard avéré et lourdingue à souhait, et sa petite smala.
Spectateur des rituels de leur pauvre petite vie monotone, rythmée par les prises de bec des grands-parents, on se lasse, on critique, on se moque (et l’on se rassure). Pourtant, en faisant prendre de l’importance au futile, l’auteur nous rend leur routine un peu plus familière. On s’insinue alors doucement dans leur intimité et, malgré leurs défauts, ils nous deviennent progressivement plus attachants. On glisse de l’esquisse satirique au portrait de famille presque tendre.
Ces gens que l’on raillait, on les trouve finalement attendrissants, on aurait envie de les aimer.
Le trait de David Prudhomme est très simple, très épuré. Même si, en premier lieu, j’avoue l’avoir trouvé assez laid, on se rend vite compte qu’il est, en fait, d’une incroyable richesse.
Quelques lignes suffisent à rendre les visages et les corps très expressifs, et sublimer ainsi les attitudes les plus anodines. Ses couleurs, quant à elles, par instants « limite fades », adoucissent le côté caricatural du récit.
Un album vraiment très savoureux.
On attend impatiemment la suite, d’autant que le premier opus se clôt sur un coup de théâtre étonnant, laissant augurer bien du remue-ménage dans le clan…
Louée justement pour son unité de lieu, cette série met en scène Comanche, une jeune femme qui s'efforce de faire vivre son ranch, le triple-six. Elle est aidée par Red Dust, un cow-boy rapide de la gâchette, qui décide de lui apporter son soutien pour contrer une bande de tueurs décidée à chasser Comanche de la ville de Greenstone Falls.
Dust s'accapare la vedette, mais même dans les albums où Comanche ne joue que les seconds rôles, cesse-t-elle d'apparaître ? En effet, la jeune femme est résolument tournée vers l'avenir dans un ouest américain gagné par le modernisme.
Dust sans attaches cherche à tout prix à conserver son individualité et fuit la civilisation. Pourtant, paradoxalement, il ne cessera de revenir vers Comanche qui cristallise au final cette civilisation en marche.
Cette lutte des gens obsédés par le passé contre ceux acceptant l'avenir donne une touche nostalgique et crépusculaire qui est pour le moins originale dans le monde de la bande dessinée.
Le point d'orgue de la série est sans doute "Le ciel est rouge sur Laramie" où Dust se lance à la poursuite du meurtrier Dobbs. Cette chasse à l'homme devient rapidement une chasse à mort et donne une vision peu gratifiante de la violence, qui n'est que l'aboutissement d'une détérioration psychologique, Dust ayant été le témoin de trop d'atrocités pour épargner un tueur à sa merci.
Ceux qui souhaiteraient y voir une apologie de l'autodéfense oublieraient que Dust lui-même est tellement peu satisfait de son geste, qu'il est incapable de le reproduire dans le tome suivant.
Dust tente alors de se convaincre que la civilisation repousse la sauvagerie d'une terre sans lois et essaye de s'intégrer en devenant shérif adjoint, mais il ne pourra s'empêcher de fuir une dernière fois pour rechercher une certaine liberté, avant de retrouver le triple-six définitivement.
Greg réussit pleinement ses scénarios en créant des personnages plus vrais que nature sans jamais forcer le trait mais en soignant particulièrement l'aspect psychologique.
Hermann est à son affaire pour décrire un monde encore sauvage peu à peu gagné par la modernité, il le fait d'un trait puissant et très réaliste.
Michel Rouge lui succède avec un dessin proche de celui de Jean Giraud, mais très réussi. Malheureusement, Greg abandonne l'idée de la civilisation en marche pour rédiger des scénarios plus classiques, dont le ton est moins réussi que celui des albums d'Hermann.
Au final, une série indispensable dans l'univers du western.
Moi qui ne connaissais pas du tout ce que faisait Nicolas Witko, j'ai été agréablement surpris par cet ouvrage de science fiction mêlant habilement humour et suspense.
De plus, j'ai adoré le dessin et les couleurs très "nouvelle bd" ; On sent un vrai souci esthétique de la part de l'auteur, pour chaque page.
Cependant certains procédés de narration (ellipse, flash-back) parfois pas très clairs ont entraîné des confusions durant ma lecture.
Une série d'aventure classique mais réalisée par deux auteurs incontournables... Si classique que ça ?
De policier au départ, Bernard Prince choisit rapidement la marginalité pour louer ses services et ceux de son bateau "le Cormoran" à toutes sortes d'armateurs qui ne seront pas si clairs que ça. Accompagné du jeune orphelin Djinn qui lui a sauvé la mise au hasard d'une enquête, il ne tarde guère de s'adjoindre les services d'un vieil ivrogne, Barney Jordan, rencontré dans une Afrique encore coloniale.
Fameuse équipe, en vérité. Ces trois râleurs ne cessent de se fourrer dans les pires guêpiers aux quatre coins du monde, ce qui leur permet de croiser une brochette de vilains tout à fait charmante.
Classique alors ? Au modèle du gentil héros sans peur et sans reproche, avec éternelle fiancée et raie sur le côtés, sans oublier le triomphe modeste, Prince le marginal (et non pas le reporter, le super flic ou le mercenaire...) répond par une témérité confinant à la folie (consciente-cfr tome 7 : La fournaise des damnés), aventure amoureuse peu embarrassante sans lendemain (tome 10 : Le souffle de Moloch), crinière blanche ébouriffée (demandez à Hermann), voire scrupules à avoir sauvé un pauvre bougre rescapé d'un attentat qui se révèle n'être qu'un dictateur (tome 9 : Guérilla pour un fantôme).
Bref les apparences ne sont pas toujours ce que l'on croit. Toutefois, exotisme et bagarres sont au rendrez-vous.
Greg est très à l'aise pour écrire des scénarios intelligents, originaux et adultes, servis par son sens du dialogue irremplaçable.
Hermann se perfectionne sur cette série où son style impressionnant atteint sa maturité, faite de dynamisme et de puissance. On pourrait ajouter l'élégance du trait, c'était sa période pinceau précédent ses grandes séries campant des mondes plus glauques (Jeremiah, Les Tours de Bois-Maury).
La série a sans doute vieillie, difficile de croire en des aventuriers indépendants courant le monde dans une époque devenue bien raisonnable (?).
Reste que si l'esprit a changé, rien d'autre n'accuse son âge, et qu'il est difficile d'imaginer que l'on puisse être déçu par cette collection.
Ajoutons aussi une belle reprise signée Dany, période réaliste, très réussie.
Sévèrement jugée, une seconde relance signée Aidans ne démérite pourtant pas. Alors, demandez donc conseil à votre libraire, pour voir...
Je reviens du Mexique et je viens de relire cette bd.
Franchement c'est quand même énorme et la manière de mélanger les genres est fantastique, tout se tient.
Mais déjà, uniquement au niveau du scénario c'est génial : imaginez une coalition de mayas, aztèques, débarquant en Europe pour nous imposer leurs lois, car ils ont vu dans l'avenir que le jour où l'homme blanc débarquerait chez eux... leur fin serait proche.
Alors ils viennent et...
Cette B.D. a malheureusement pas aboutit dans une série et on se demande comment ce journaliste Miller aurait continué ses démarches. Je ne vois pas très bien le rapport avec les mouettes mortes mais Bucquoy avait déjà écrit quelque chose de pareil avec les rats morts dans Le bal du rat mort.
Ici, les mouettes font du décor avec le vieux avec son chapeau qui est une sorte de sage. Le nain a un rôle de méchant ce qui est un peu caricatural quand même, si non je trouve que les personnages se situent bien par rapport à l'histoire.
Vince est garde du corps des services de sécurité extérieure du Vatican. De retour d’une mission extrêmement périlleuse à Malte, il se voit alors proposer un poste au sein des services secrets de l’Eglise Romaine, celui des Janitors. Ce corps d’élite, composé de 12 personnes, a en charge de protéger l’Eglise contre les mauvaises tentations de certains de ses membres. La première mission de Vince est de se rendre au forum de Davos afin d’y surveiller deux cardinaux.
Le Vatican et son organisation ont toujours suscité fantasmes et interrogations. Quid du véritable rôle de l’Opus Dei ou des richesses supposées de l’Eglise ? Yves Sente imagine quant à lui un service de renseignements dont le rôle est de traquer les brebis galeuses. Beaucoup d’action dans ce premier tome, de nombreux lieux visités (Rome, Malte, ou encore la Syrie) ainsi qu’un personnage pour l’instant très énigmatique : Vince. Peut-être moins froid et plus humain qu’un Nicolas Eymerich, il incarne dans la douleur le rôle d’un inquisiteur moderne.
On retrouve avec plaisir dans cet opus le trait inimitable de François Boucq, dans un registre résolument moderne et réaliste. Les décors sont riches et travaillés, en particulier à Rome, magnifiés par les couleurs de Sébastien Gérard. Mais surtout, le regard bleu et impénétrable du nouveau Janitor vaut à lui seul le détour.
L’Ange de Malte est un très bon tome d’introduction à une série qui, n’en doutons pas, va très vite devenir un classique du genre.
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Aldébaran
A l'origine cette BD fut pour moi un vrai coup de coeur. Lorsque j'ai ouvert le premier album j'ai été fasciné dès les premières pages par les décors et les couleurs, ensuite je me suis laissé piéger par l'histoire fascinante : les mésaventures de Terriens qui colonisent la planète Aldébaran mais qui perdent tout contact avec la Terre et qui sont confrontés à un "animal" gigantesque et surprenant : la mantrisse. Cette mantrisse sera le pivot de l'histoire tout au long des 5 albums. Léo parvient à créer un univers fantastique dans lequel la faune et la flore s'exposent sous nos yeux ébahis et chaque page nous réserve de nouvelles surprises. On découvre progressivement les différents protagonistes de cette histoire et on s'y attache rapidement, même si Marc m'agace un peu. C'est aussi l'occasion de découvrir le goût de Léo pour dessiner des femmes plantureuses qu’il effeuille à de nombreuses reprises. L’intrigue autour de la mantrisse est très bien menée, des indices sont dévoilés petit à petit et maintiennent notre curiosité en éveil au final ; lorsque l’on achève le dernier tome on n’a qu’une hâte : aller acheter le deuxième cycle Bételgeuse. Juste un petit bémol, je trouve que Léo ne parvient pas à bien restituer les sentiments sur les visages de ses personnages. Il est vrai qu’il prend le parti de faire des gros plans sur les visages et là les approximations ne pardonnent plus. Lorsque Kim feint la surprise on se demande si ce n’est pas de la peur qui apparaît sur son visage ! Sans ce reproche j’aurais mis un 5/5.
Sur les Terres d'Horus
"Sur les terres d'Horus" est une BD qui vous plonge en Egypte à l'époque des pharaons. Un des fils du pharaon est en charge de mener des enquêtes pour résoudre des affaires mystérieuses liées aux Dieux égyptiens. Le dessin : les paysages de l'Egypte ancienne sont vraiment très beaux. Isabelle Dethan a l'air de s'être beaucoup documentée et même sûrement d'être allée sur place (petite veinarde ;) ). J'aime un petit peu moins les visages des personnages mais pas de quoi fouetter un chat. La couleur est faite à l'aquarelle : ça change et je trouve que pour des paysages désertiques, cette technique est toute trouvée :) chapeau ! Le scénario est efficace. Sans se lancer dans une action à outrance mais avec une enquête qui avance pas à pas, l'auteur nous guide vers la fin de l'album sans qu'on s'en rende compte. J'aime beaucoup les idées de complots tendant à renverser le pharaon. A mon avis, ces histoires ne doivent pas être loin de ce qui devait se tramer à l'ombre du pouvoir. 6 tomes de cette BD sont disponibles. Vous pouvez y aller, vous passerez un bon moment !
Percevan
Chevalier plein de fougue et de courage, Percevan parcourt un moyen-âge de légende en compagnie du troubadour maladroit et quelque peu enrobé Kervin. Porté sur le beau sexe, il ne cesse de revenir vers Balkis, une sorcière aussi redoutable que ténébreuse. Menées tambour battant, ses aventures mélangent le fantastique et l'action avec une bonne dose d'humour sans aucune prétention. Elles l'entraînent vers de nombreux horizons où il croisera bien des périls. Léturgie, associé sur certains tomes avec Fauche, sait créer un univers merveilleux d'où n'est pas exclue une violence certaine voire un certain pessimisme. Mais surtout, la charpente de cette série, c'est le dessin de Luguy, au style semi-réaliste particulièrement original, qu'il maîtrise avec une virtuosité superbe. Il parvient à réussir des images à la fois claires, et d'une minutie remarquable, rehaussées de couleurs lumineuses. Il donne corps à cet univers en ne négligeant aucune recherche sur les paysages ou les costumes. Ses châteaux forts, par exemple, valent vraiment le détour. Le seul reproche que l'on puisse lui faire, c'est d'espacer ses parutions ces dernières années. Bref, une série qui a toute les qualités pour être incontournable (tout de même, quel dessin !).
La Marie en plastique
Chassez vos a priori ! Cette couverture, de prime abord peu avenante, dissimule une petite perle. Dans une peinture sociale façon « document réalité », Pascal Rabaté scènarise le quotidien assez morose d’une modeste famille de provinciaux. Trois générations que composent, entre autre, une grand-mère grenouille de bénitier et un grand-père coco de la première heure, toujours prompts à se voler dans les plumes. Leur fille, mère au foyer dévouée, et son mari, chef de famille contenté, tolérant et discret, tous deux légèrement désabusés. Leurs enfants. Et, enfin, l’inévitable beau-frère, franchouillard avéré et lourdingue à souhait, et sa petite smala. Spectateur des rituels de leur pauvre petite vie monotone, rythmée par les prises de bec des grands-parents, on se lasse, on critique, on se moque (et l’on se rassure). Pourtant, en faisant prendre de l’importance au futile, l’auteur nous rend leur routine un peu plus familière. On s’insinue alors doucement dans leur intimité et, malgré leurs défauts, ils nous deviennent progressivement plus attachants. On glisse de l’esquisse satirique au portrait de famille presque tendre. Ces gens que l’on raillait, on les trouve finalement attendrissants, on aurait envie de les aimer. Le trait de David Prudhomme est très simple, très épuré. Même si, en premier lieu, j’avoue l’avoir trouvé assez laid, on se rend vite compte qu’il est, en fait, d’une incroyable richesse. Quelques lignes suffisent à rendre les visages et les corps très expressifs, et sublimer ainsi les attitudes les plus anodines. Ses couleurs, quant à elles, par instants « limite fades », adoucissent le côté caricatural du récit. Un album vraiment très savoureux. On attend impatiemment la suite, d’autant que le premier opus se clôt sur un coup de théâtre étonnant, laissant augurer bien du remue-ménage dans le clan…
Comanche
Louée justement pour son unité de lieu, cette série met en scène Comanche, une jeune femme qui s'efforce de faire vivre son ranch, le triple-six. Elle est aidée par Red Dust, un cow-boy rapide de la gâchette, qui décide de lui apporter son soutien pour contrer une bande de tueurs décidée à chasser Comanche de la ville de Greenstone Falls. Dust s'accapare la vedette, mais même dans les albums où Comanche ne joue que les seconds rôles, cesse-t-elle d'apparaître ? En effet, la jeune femme est résolument tournée vers l'avenir dans un ouest américain gagné par le modernisme. Dust sans attaches cherche à tout prix à conserver son individualité et fuit la civilisation. Pourtant, paradoxalement, il ne cessera de revenir vers Comanche qui cristallise au final cette civilisation en marche. Cette lutte des gens obsédés par le passé contre ceux acceptant l'avenir donne une touche nostalgique et crépusculaire qui est pour le moins originale dans le monde de la bande dessinée. Le point d'orgue de la série est sans doute "Le ciel est rouge sur Laramie" où Dust se lance à la poursuite du meurtrier Dobbs. Cette chasse à l'homme devient rapidement une chasse à mort et donne une vision peu gratifiante de la violence, qui n'est que l'aboutissement d'une détérioration psychologique, Dust ayant été le témoin de trop d'atrocités pour épargner un tueur à sa merci. Ceux qui souhaiteraient y voir une apologie de l'autodéfense oublieraient que Dust lui-même est tellement peu satisfait de son geste, qu'il est incapable de le reproduire dans le tome suivant. Dust tente alors de se convaincre que la civilisation repousse la sauvagerie d'une terre sans lois et essaye de s'intégrer en devenant shérif adjoint, mais il ne pourra s'empêcher de fuir une dernière fois pour rechercher une certaine liberté, avant de retrouver le triple-six définitivement. Greg réussit pleinement ses scénarios en créant des personnages plus vrais que nature sans jamais forcer le trait mais en soignant particulièrement l'aspect psychologique. Hermann est à son affaire pour décrire un monde encore sauvage peu à peu gagné par la modernité, il le fait d'un trait puissant et très réaliste. Michel Rouge lui succède avec un dessin proche de celui de Jean Giraud, mais très réussi. Malheureusement, Greg abandonne l'idée de la civilisation en marche pour rédiger des scénarios plus classiques, dont le ton est moins réussi que celui des albums d'Hermann. Au final, une série indispensable dans l'univers du western.
Kosmo
Moi qui ne connaissais pas du tout ce que faisait Nicolas Witko, j'ai été agréablement surpris par cet ouvrage de science fiction mêlant habilement humour et suspense. De plus, j'ai adoré le dessin et les couleurs très "nouvelle bd" ; On sent un vrai souci esthétique de la part de l'auteur, pour chaque page. Cependant certains procédés de narration (ellipse, flash-back) parfois pas très clairs ont entraîné des confusions durant ma lecture.
Bernard Prince
Une série d'aventure classique mais réalisée par deux auteurs incontournables... Si classique que ça ? De policier au départ, Bernard Prince choisit rapidement la marginalité pour louer ses services et ceux de son bateau "le Cormoran" à toutes sortes d'armateurs qui ne seront pas si clairs que ça. Accompagné du jeune orphelin Djinn qui lui a sauvé la mise au hasard d'une enquête, il ne tarde guère de s'adjoindre les services d'un vieil ivrogne, Barney Jordan, rencontré dans une Afrique encore coloniale. Fameuse équipe, en vérité. Ces trois râleurs ne cessent de se fourrer dans les pires guêpiers aux quatre coins du monde, ce qui leur permet de croiser une brochette de vilains tout à fait charmante. Classique alors ? Au modèle du gentil héros sans peur et sans reproche, avec éternelle fiancée et raie sur le côtés, sans oublier le triomphe modeste, Prince le marginal (et non pas le reporter, le super flic ou le mercenaire...) répond par une témérité confinant à la folie (consciente-cfr tome 7 : La fournaise des damnés), aventure amoureuse peu embarrassante sans lendemain (tome 10 : Le souffle de Moloch), crinière blanche ébouriffée (demandez à Hermann), voire scrupules à avoir sauvé un pauvre bougre rescapé d'un attentat qui se révèle n'être qu'un dictateur (tome 9 : Guérilla pour un fantôme). Bref les apparences ne sont pas toujours ce que l'on croit. Toutefois, exotisme et bagarres sont au rendrez-vous. Greg est très à l'aise pour écrire des scénarios intelligents, originaux et adultes, servis par son sens du dialogue irremplaçable. Hermann se perfectionne sur cette série où son style impressionnant atteint sa maturité, faite de dynamisme et de puissance. On pourrait ajouter l'élégance du trait, c'était sa période pinceau précédent ses grandes séries campant des mondes plus glauques (Jeremiah, Les Tours de Bois-Maury). La série a sans doute vieillie, difficile de croire en des aventuriers indépendants courant le monde dans une époque devenue bien raisonnable (?). Reste que si l'esprit a changé, rien d'autre n'accuse son âge, et qu'il est difficile d'imaginer que l'on puisse être déçu par cette collection. Ajoutons aussi une belle reprise signée Dany, période réaliste, très réussie. Sévèrement jugée, une seconde relance signée Aidans ne démérite pourtant pas. Alors, demandez donc conseil à votre libraire, pour voir...
Luxley
Je reviens du Mexique et je viens de relire cette bd. Franchement c'est quand même énorme et la manière de mélanger les genres est fantastique, tout se tient. Mais déjà, uniquement au niveau du scénario c'est génial : imaginez une coalition de mayas, aztèques, débarquant en Europe pour nous imposer leurs lois, car ils ont vu dans l'avenir que le jour où l'homme blanc débarquerait chez eux... leur fin serait proche. Alors ils viennent et...
Charles Miller
Cette B.D. a malheureusement pas aboutit dans une série et on se demande comment ce journaliste Miller aurait continué ses démarches. Je ne vois pas très bien le rapport avec les mouettes mortes mais Bucquoy avait déjà écrit quelque chose de pareil avec les rats morts dans Le bal du rat mort. Ici, les mouettes font du décor avec le vieux avec son chapeau qui est une sorte de sage. Le nain a un rôle de méchant ce qui est un peu caricatural quand même, si non je trouve que les personnages se situent bien par rapport à l'histoire.
Le Janitor
Vince est garde du corps des services de sécurité extérieure du Vatican. De retour d’une mission extrêmement périlleuse à Malte, il se voit alors proposer un poste au sein des services secrets de l’Eglise Romaine, celui des Janitors. Ce corps d’élite, composé de 12 personnes, a en charge de protéger l’Eglise contre les mauvaises tentations de certains de ses membres. La première mission de Vince est de se rendre au forum de Davos afin d’y surveiller deux cardinaux. Le Vatican et son organisation ont toujours suscité fantasmes et interrogations. Quid du véritable rôle de l’Opus Dei ou des richesses supposées de l’Eglise ? Yves Sente imagine quant à lui un service de renseignements dont le rôle est de traquer les brebis galeuses. Beaucoup d’action dans ce premier tome, de nombreux lieux visités (Rome, Malte, ou encore la Syrie) ainsi qu’un personnage pour l’instant très énigmatique : Vince. Peut-être moins froid et plus humain qu’un Nicolas Eymerich, il incarne dans la douleur le rôle d’un inquisiteur moderne. On retrouve avec plaisir dans cet opus le trait inimitable de François Boucq, dans un registre résolument moderne et réaliste. Les décors sont riches et travaillés, en particulier à Rome, magnifiés par les couleurs de Sébastien Gérard. Mais surtout, le regard bleu et impénétrable du nouveau Janitor vaut à lui seul le détour. L’Ange de Malte est un très bon tome d’introduction à une série qui, n’en doutons pas, va très vite devenir un classique du genre.