Magnifique série d'aventure signée par Jean-Michel Charlier et un auteur espagnol, Artur Aldoma Puig. Ce devait être au départ une reprise de Marc Dacier, abandonné par Eddy Paape, mais Brice Bolt fut finalement créé, même s'il officie dans le même journal, "L'éclair".
Grand dégingandé, Bolt est un baroudeur futé qui n'a malheureusement vécu qu'une seule aventure, déclinée en deux tomes : "L'archipel de l'épouvante" et "l'empire de Satan" (ah ! Les titres inimitables de Charlier). Accompagné de son alter ego Luc Deferre, et du personnage truculent Mac Dougall, il navigue en eaux troubles dans une histoire à l'ambiance fantastique.
Le travail du scénariste est tout de suite reconnaissable : plongée immédiate dans l'action, pas de temps morts, des rebondissements incessants. L'intelligence des dialogues et de l'intrigue n'a d'égale que l'ingéniosité des péripéties. A lui seul, le premier album donnerait suffisamment de matière à deux ou trois albums actuels, la mise en page serrée et la cadence de l'ensemble trahissent la publication dans la presse de ces histoires (en l'occurrence dans "Spirou") mais sans que jamais cela ne paraisse gratuit ou artificiel. Au contraire, la cadence d'enfer du récit est des plus jouissive, elle témoigne d'une grande imagination et ne relâche jamais la tension : le lecteur est happé dès les premières pages et ne lâche ce brave Brice Bolt que le second tome achevé (à condition de se procurer ces deux albums ensemble, ce qui est préférable).
La résolution de l'intrigue peut à un moment se deviner un peu, mais la démonstration de Charlier est si complète et ingénieuse qu'elle comble amplement le lecteur, d'autant que ce n'est pas la fin des ennuis de Bolt, qui ne s'en sortira pas sans casse.
Le Dessinateur Puig livre un travail énergique et maîtrisé. Le dessin est parfaitement construit et équilibré, en bonne intelligence avec une mise en page qui s'autorise de nombreuses audaces. Ce qui permet au style de cet auteur espagnol de rester très moderne, c'est un travail original sur l'encrage, qui donne beaucoup de dynamisme et de volume au trait, ainsi qu'une recherche sur les dégradés qui cerne à merveille les ambiances. Les couleurs sonnent très "70's", très chaudes avec des ruptures qui ajoutent à la lisibilité des planches et leur donnent beaucoup de caractère.
Bref, du très très beau travail, très maîtrisé, bien caractérisé, intelligent, drôle, fin... De la série d'aventure haut de gamme par un scénariste rompu au genre qui se démarque par sa virtuosité et par son sérieux d'une production de série. Dommage que certains personnages restent trop peu fouillés (les indigènes...) car on aurait frôlé le chef-d'oeuvre. Petite faiblesse face à de grandes qualités.
Et graphisme merveilleux de Puig, dont on ne peut que regretter que la carrière soit si brève (il abandonnera la bande dessinée après des collaborations avec la presse et quelques courtes séries, notamment avec Victor Mora ).
Une belle réussite à découvrir sans hésitation et qui compte parmi les meilleures réussites des auteurs.
Cette BD ne paie pas de mine et je crains qu'elle n'ait pas eu vraiment de succès. En effet, quand on la feuillette, il y a de quoi se dire que le dessin parait moche. Les personnages ont des allures de marionnettes de papier déglinguées, les bulles sont toutes en longueur et la police des textes pas évidente. C'est avec une légère appréhension que je l'aie lue, donc, m'attendant à ne pas apprécier du tout la narration et les dialogues du fait de cet aspect graphique.
Et pourtant... Et pourtant, ça a été une lecture très sympathique.
Le dessin a vraiment une allure étrange, mais je l'ai trouvé finalement très plaisant, fonctionnant très bien. Les visages et les postures bizarres des personnages ajoutent à l'humour et au contenu de certaines scènes. Bref, même si l'aspect m'avait rebuté au départ, je me suis mis à vraiment apprécier ce dessin à la lecture.
Quant au récit, il est assez déjanté mais ne manque pas d'humour. Il coule très bien, le découpage est très bon, et j'ai ri à beaucoup de moments. Et il raconte non pas une mais plusieurs vraies bonnes histoires qui, à mes yeux, plaisent autant aux adultes par leur aspect humoristique et original qu'aux enfants par leur simplicité et leur imagination.
Bref, j'aime bien. Et si vous avez des enfants, n'hésitez pas. Et si vous n'en avez pas, n'hésitez pas à le lire quand même.
00h24. Je viens de terminer l’intégrale de « L’hiver d’un monde ». Je sais, c’est un peu tard pour écrire un avis, mais il fallait absolument que je livre mes sensations intactes.
Je ne connaissais pas Mazan. Son œuvre m’a subjugué. Plus étonnant, c’est essentiellement par le graphisme qu’elle m’a ensorcelé. Pour moi, qui accorde généralement beaucoup plus d’importance au scénario, c’est un fait assez nouveau. Je ne m’étendrai donc pas trop sur l’histoire, pourtant de grande qualité et très captivante. On y découvre la « peinture » d’un monde, finalement pas très éloigné du nôtre. Son passé, ses villes, ses gens, ses mœurs s’y révèlent au gré des aventures de quelques personnages dont les destins se croisent et se heurtent au fil des trois tomes. Quelques sujets majeurs y sont évoqués. Liberté, futilité de la guerre, racisme… Cependant, à peine explorés, ils fournissent juste le relief nécessaire au récit en évitant des lourdeurs inutiles.
Mais revenons à la forme, car, excusez-moi si je me répète, c’est pour moi le facteur prépondérant. Je vais tenter un rapprochement très osé. Dans la série, le retour systématique à la plage de Charençons les pins en fin de tomes, m’a souvent ramené à celle de Combray dans A la recherche du temps perdu. Le rapport peut paraître nébuleux et je me demandais ce qui pouvait provoquer cette impression. En fait, j’ai retrouvé dans cet album, la même perception, le même « transport » que déclenchaient les longues phrases « mélodiques » de Proust. Ici, ce sont la narration et le dessin qui jouent ce rôle. Je passe sur le premier opus où l’excès d’ombres et le relatif manque de teintes donnaient un ensemble sensiblement terne (quoique plaisant). Mais alors la suite ! Un trait fouillé, « bavard », d’une très grande finesse. On admire la clarté dans laquelle baignent certaines cases malgré une savoureuse abondance de détails puis on se délecte de la quiétude angélique qui se dégage d’autres. Un tout magnifié de couleurs harmonieuses, très « ambiancées » et efficacement soutenu par un découpage fluide qui déclenche et cadence une agréable petite musique intérieure. Immergé dans un océan de multiples tonalités on se laisse dériver au gré des courants « visuels » du récit.
Il m’est vraiment difficile de bien retranscrire mon ressenti avec des mots. Disons simplement que c’était très enivrant. À lire sans retenue !
Un énorme « quatre étoiles » venu tout droit du cœur (et des yeux).
Splendide !!
Batman est mon super héros préféré depuis toujours et ce pour une raison simple : ce n'est qu'un homme, certes riche et intelligent, mais un homme tout de même. Il ne doit ses victoires qu'à sa propre force et son astuce. Ici pas de pouvoir comme Superman l'invincible ou Spiderman le collant ;)... Juste un homme qui utilise la symbolique de la chauve-souris pour marquer ses ennemis et les terroriser.
Le dessin est d'un niveau variable. Certaines planches sont moyennes, d'autres d'un bon niveau mais la cerise sur le gâteau ce sont vraiment les planches sur une page entière !! Elles sont sublimes tant dans leur conception que dans leur colorisation.
Sur l'ensemble, on a l'impression que le même soin n'a pas été apporté à toute les pages ce qui est regrettable.
Le scénario est excellent. Il pose les questions de la justice personnelle, du respect de la loi, des héros, de la réaction des médias face à l'actualité, l'attitude irresponsable des psychologues qui analysent les détenus (avis personnel basé sur la BD et sur des cas étudiés en cours - je ne vise ni ne critique personne).
Bruce Wayne est un cinquantenaire qui décide de reporter le costume de Batman lorsque Gotham City est au bord du gouffre. Mais les années ont passé et ses méthodes expéditives de vengeance personnelle ne font plus l'unanimité.
C'est donc un Batman plus torturé que jamais qui nous est ici livré. L'ambiance est sombre et lourde mais très proche de la description de Gotham City ce qui nous permet une meilleure immersion dans le récit.
Avec des thèmes principaux proches de Death Note, Batman Dark Night est un comics indispensable à tous les amateurs du genre et un incontournable pour ceux qui voudrait s'y lancer !
Alors voilà, comme Alix m’a scandaleusement plagiée par anticipation, que dire d’autre, que dire de plus, pour vous convaincre ?
Que Persepolis est une série qui pétille de malice, d’intelligence et d’impertinence. Qu’il n’y a pas de temps morts, que le personnage principal est terriblement attachant, et que je me suis sentie très proche d’elle.
Que le dessin, tantôt (faussement) naïf, tantôt très inventif, sert admirablement le propos de Marjane Satrapi. C’est vrai qu’il emprunte parfois aux motifs chers à David B. (quand j’vous l’dis, qu’il m’a copiée ! :! ) et d’ailleurs ce dernier a préfacé le tome 1. En fait, c’est même lui qui a présenté Marjane Satrapi aux autres membres de L’Association. Bref, si vous aimez les histoires autobiographiques, ou tout simplement les histoires bien racontées, avec en plus un arrière-plan historique qui confère à la série un intérêt documentaire précieux, allez-y !
Dernière petite chose : je fais partie de ceux qui ont aussi aimé le tome 3 qui raconte l’expérience autrichienne de l’auteur.
Courtney Crumrin, c’est d’abord un univers fantastique, fait de magie noire, de sorciers et de choses de la nuit, tout-à-fait de nature à combler les lecteurs de Harry Potter (dont je fais partie).
C’est aussi une héroïne sympathique et qui a du tempérament, Courtney, son oncle, Aloysius Crumrin, aussi charismatique que mystérieux, et d’autres personnages, hauts en couleurs (si je puis dire).
C’est encore des dialogues percutants, et des histoires dans lesquelles on se glisse avec gourmandise.
C’est enfin un très élégant dessin en noir et blanc, extrêmement expressif, qui n’a cessé tout au long de ma lecture, de m’évoquer quelque chose, mais quoi, parvenue à la fin du tome 3, je ne m’en souvenais toujours pas, malheureusement.
Courtney Crumrin ? Lue et approuvée par Jason et Trondheim :)
Et moi. :8
Naruto... Une série giga qui parle d'un jeune ninja qui veut devenir Hokage. Cette série m'a fait délirer pendant quelques mois pendant que Dragon Ball descendait aux enfers.
Mais à la longue, Naruto m'a fatigué. Il se lit trop vite et je me suis rendu compte que Dragon Ball n'était certainement pas fini pour moi.
Mais il faut le dire, Naruto est une série vachement super !! Même si je trouve que Dragon Ball est largement supérieur à lui. Achetez-le, vous verrez, vous n’allez pas être déçus !!
Une uchronie intéressante, très cynique, qui imagine un monde dominé par l’Angleterre, puissance majeure et imbattable dans la course à la conquête spatiale… mais à quel prix ? La narration alterne le présent (et l’épouvantable réalité sur le financement du ministère de l’espace) et le passé (montée en puissance de l’Angleterre et du ministère).
Comme le dit JJJ ci-dessous, la fin marque. J’adore quand la toute dernière case d’une BD chamboule tout et présente l’histoire que l’on vient de lire sous un angle complètement différent.
Bon, ne vous attendez pas à l’histoire SF du siècle, mais si le genre vous intéresse, je pense que ce comics vous fera passer un bon moment de lecture.
Ayant vu quelques pages de cet album, je me le suis alors procuré, car je dois dire que le dessin de Carré m'a particulièrement bien plu.
En effet, les décors sont de toute beauté, notamment les premières pages et lors du combat sur le toit. D'ailleurs je dois avouer qu'il m'arrive souvent de l'ouvrir juste pour y contempler la ville. Les personnages sont eux aussi réussi je trouve.
Coté scénario, c'est assez classique mais pas déplaisant. On a affaire à la reformation d'une ancienne bande de potes, chacun excellant dans son domaine, afin de dérober une momie dans un musée pour le compte d'un riche commanditaire. Un scénario un peu plus complexe aurait été parfait. Les amateurs d'Ocean 11 apprécieront beaucoup.
Une très agréable lecture que cet ouvrage dont j'attends le deuxième et dernier volet avec impatience.
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Brice Bolt
Magnifique série d'aventure signée par Jean-Michel Charlier et un auteur espagnol, Artur Aldoma Puig. Ce devait être au départ une reprise de Marc Dacier, abandonné par Eddy Paape, mais Brice Bolt fut finalement créé, même s'il officie dans le même journal, "L'éclair". Grand dégingandé, Bolt est un baroudeur futé qui n'a malheureusement vécu qu'une seule aventure, déclinée en deux tomes : "L'archipel de l'épouvante" et "l'empire de Satan" (ah ! Les titres inimitables de Charlier). Accompagné de son alter ego Luc Deferre, et du personnage truculent Mac Dougall, il navigue en eaux troubles dans une histoire à l'ambiance fantastique. Le travail du scénariste est tout de suite reconnaissable : plongée immédiate dans l'action, pas de temps morts, des rebondissements incessants. L'intelligence des dialogues et de l'intrigue n'a d'égale que l'ingéniosité des péripéties. A lui seul, le premier album donnerait suffisamment de matière à deux ou trois albums actuels, la mise en page serrée et la cadence de l'ensemble trahissent la publication dans la presse de ces histoires (en l'occurrence dans "Spirou") mais sans que jamais cela ne paraisse gratuit ou artificiel. Au contraire, la cadence d'enfer du récit est des plus jouissive, elle témoigne d'une grande imagination et ne relâche jamais la tension : le lecteur est happé dès les premières pages et ne lâche ce brave Brice Bolt que le second tome achevé (à condition de se procurer ces deux albums ensemble, ce qui est préférable). La résolution de l'intrigue peut à un moment se deviner un peu, mais la démonstration de Charlier est si complète et ingénieuse qu'elle comble amplement le lecteur, d'autant que ce n'est pas la fin des ennuis de Bolt, qui ne s'en sortira pas sans casse. Le Dessinateur Puig livre un travail énergique et maîtrisé. Le dessin est parfaitement construit et équilibré, en bonne intelligence avec une mise en page qui s'autorise de nombreuses audaces. Ce qui permet au style de cet auteur espagnol de rester très moderne, c'est un travail original sur l'encrage, qui donne beaucoup de dynamisme et de volume au trait, ainsi qu'une recherche sur les dégradés qui cerne à merveille les ambiances. Les couleurs sonnent très "70's", très chaudes avec des ruptures qui ajoutent à la lisibilité des planches et leur donnent beaucoup de caractère. Bref, du très très beau travail, très maîtrisé, bien caractérisé, intelligent, drôle, fin... De la série d'aventure haut de gamme par un scénariste rompu au genre qui se démarque par sa virtuosité et par son sérieux d'une production de série. Dommage que certains personnages restent trop peu fouillés (les indigènes...) car on aurait frôlé le chef-d'oeuvre. Petite faiblesse face à de grandes qualités. Et graphisme merveilleux de Puig, dont on ne peut que regretter que la carrière soit si brève (il abandonnera la bande dessinée après des collaborations avec la presse et quelques courtes séries, notamment avec Victor Mora ). Une belle réussite à découvrir sans hésitation et qui compte parmi les meilleures réussites des auteurs.
Vilebrequin
Je suis revenu ce matin avec sous le bras un exemplaire de « Vilebrequin ». Comme j’ai souvent douze trains de retard, j’ignorais que cet album défrayait la chronique du 9ème art (en plus, on en parlait sur Bdthèque !). En effet, une impression déplorable (on dirait que le graphisme a été passé au verre dépoli) et une erreur de mise en page de l’éditeur ont littéralement KSTRé cette œuvre (© Wartmag pour l’excellent jeu de mots). C’est vraiment un beau gâchis, car en picorant de-ci de-là quelques passages de ce one-shot on pressent en un clin d’œil, que l’on a une petite perle entre les mains. Je choisis donc de vous en parler. Mais pour pleinement profiter du talent des auteurs, il était primordial de retrouver le découpage originel. J’ai donc saisi mon courage (et mon scanner) à deux mains… … Ca en valait la peine ! Car si le fond se révèle excellent c’est le "séquençage" qui donne tout son éclat au récit. Une succession de doubles pages, prétexte à de superbes cases panoramiques ou de sympathiques constructions symétriques, et constituant autant de chapitres où l’on suit le quotidien et les états d’âme du narrateur. Prodige de la cambriole, défenseur du beau geste élevant la pratique au niveau de l’art, il nous expose son parcours, sa vie ainsi que les petits secrets de son « boulot ». Et au fil de ses interrogations, on découvre progressivement ce qui en fait sa raison de vivre. Une alternance de thèmes, de situations ou de réflexions qui s'enchaînent à un rythme soutenu, mais fluide. C’est tantôt burlesque, tantôt doucement dramatique et agrémenté de quelques "coups de griffes" bien sentis (de banquier à cambrioleur, il n’y a qu’une question de point de vue). Le plaisir est constamment au rendez-vous, de la première à la dernière case. Le dessin, lui, n’est pas en reste. Très en courbes et en ombres, il reflète une certaine poésie et ajoute une dimension au ravissement de la lecture. Toute la puissance de son noir & blanc devrait se dévoiler dans la seconde impression. Enfin, on l’espère… Alors retenez ce titre ! Et n’achetez pas la première édition ! Patientez jusqu’à la prochaine ;)
Fourmi ?
Cette BD ne paie pas de mine et je crains qu'elle n'ait pas eu vraiment de succès. En effet, quand on la feuillette, il y a de quoi se dire que le dessin parait moche. Les personnages ont des allures de marionnettes de papier déglinguées, les bulles sont toutes en longueur et la police des textes pas évidente. C'est avec une légère appréhension que je l'aie lue, donc, m'attendant à ne pas apprécier du tout la narration et les dialogues du fait de cet aspect graphique. Et pourtant... Et pourtant, ça a été une lecture très sympathique. Le dessin a vraiment une allure étrange, mais je l'ai trouvé finalement très plaisant, fonctionnant très bien. Les visages et les postures bizarres des personnages ajoutent à l'humour et au contenu de certaines scènes. Bref, même si l'aspect m'avait rebuté au départ, je me suis mis à vraiment apprécier ce dessin à la lecture. Quant au récit, il est assez déjanté mais ne manque pas d'humour. Il coule très bien, le découpage est très bon, et j'ai ri à beaucoup de moments. Et il raconte non pas une mais plusieurs vraies bonnes histoires qui, à mes yeux, plaisent autant aux adultes par leur aspect humoristique et original qu'aux enfants par leur simplicité et leur imagination. Bref, j'aime bien. Et si vous avez des enfants, n'hésitez pas. Et si vous n'en avez pas, n'hésitez pas à le lire quand même.
L'Hiver d'un monde
00h24. Je viens de terminer l’intégrale de « L’hiver d’un monde ». Je sais, c’est un peu tard pour écrire un avis, mais il fallait absolument que je livre mes sensations intactes. Je ne connaissais pas Mazan. Son œuvre m’a subjugué. Plus étonnant, c’est essentiellement par le graphisme qu’elle m’a ensorcelé. Pour moi, qui accorde généralement beaucoup plus d’importance au scénario, c’est un fait assez nouveau. Je ne m’étendrai donc pas trop sur l’histoire, pourtant de grande qualité et très captivante. On y découvre la « peinture » d’un monde, finalement pas très éloigné du nôtre. Son passé, ses villes, ses gens, ses mœurs s’y révèlent au gré des aventures de quelques personnages dont les destins se croisent et se heurtent au fil des trois tomes. Quelques sujets majeurs y sont évoqués. Liberté, futilité de la guerre, racisme… Cependant, à peine explorés, ils fournissent juste le relief nécessaire au récit en évitant des lourdeurs inutiles. Mais revenons à la forme, car, excusez-moi si je me répète, c’est pour moi le facteur prépondérant. Je vais tenter un rapprochement très osé. Dans la série, le retour systématique à la plage de Charençons les pins en fin de tomes, m’a souvent ramené à celle de Combray dans A la recherche du temps perdu. Le rapport peut paraître nébuleux et je me demandais ce qui pouvait provoquer cette impression. En fait, j’ai retrouvé dans cet album, la même perception, le même « transport » que déclenchaient les longues phrases « mélodiques » de Proust. Ici, ce sont la narration et le dessin qui jouent ce rôle. Je passe sur le premier opus où l’excès d’ombres et le relatif manque de teintes donnaient un ensemble sensiblement terne (quoique plaisant). Mais alors la suite ! Un trait fouillé, « bavard », d’une très grande finesse. On admire la clarté dans laquelle baignent certaines cases malgré une savoureuse abondance de détails puis on se délecte de la quiétude angélique qui se dégage d’autres. Un tout magnifié de couleurs harmonieuses, très « ambiancées » et efficacement soutenu par un découpage fluide qui déclenche et cadence une agréable petite musique intérieure. Immergé dans un océan de multiples tonalités on se laisse dériver au gré des courants « visuels » du récit. Il m’est vraiment difficile de bien retranscrire mon ressenti avec des mots. Disons simplement que c’était très enivrant. À lire sans retenue ! Un énorme « quatre étoiles » venu tout droit du cœur (et des yeux).
Batman - The Dark Knight returns
Splendide !! Batman est mon super héros préféré depuis toujours et ce pour une raison simple : ce n'est qu'un homme, certes riche et intelligent, mais un homme tout de même. Il ne doit ses victoires qu'à sa propre force et son astuce. Ici pas de pouvoir comme Superman l'invincible ou Spiderman le collant ;)... Juste un homme qui utilise la symbolique de la chauve-souris pour marquer ses ennemis et les terroriser. Le dessin est d'un niveau variable. Certaines planches sont moyennes, d'autres d'un bon niveau mais la cerise sur le gâteau ce sont vraiment les planches sur une page entière !! Elles sont sublimes tant dans leur conception que dans leur colorisation. Sur l'ensemble, on a l'impression que le même soin n'a pas été apporté à toute les pages ce qui est regrettable. Le scénario est excellent. Il pose les questions de la justice personnelle, du respect de la loi, des héros, de la réaction des médias face à l'actualité, l'attitude irresponsable des psychologues qui analysent les détenus (avis personnel basé sur la BD et sur des cas étudiés en cours - je ne vise ni ne critique personne). Bruce Wayne est un cinquantenaire qui décide de reporter le costume de Batman lorsque Gotham City est au bord du gouffre. Mais les années ont passé et ses méthodes expéditives de vengeance personnelle ne font plus l'unanimité. C'est donc un Batman plus torturé que jamais qui nous est ici livré. L'ambiance est sombre et lourde mais très proche de la description de Gotham City ce qui nous permet une meilleure immersion dans le récit. Avec des thèmes principaux proches de Death Note, Batman Dark Night est un comics indispensable à tous les amateurs du genre et un incontournable pour ceux qui voudrait s'y lancer !
Persepolis
Alors voilà, comme Alix m’a scandaleusement plagiée par anticipation, que dire d’autre, que dire de plus, pour vous convaincre ? Que Persepolis est une série qui pétille de malice, d’intelligence et d’impertinence. Qu’il n’y a pas de temps morts, que le personnage principal est terriblement attachant, et que je me suis sentie très proche d’elle. Que le dessin, tantôt (faussement) naïf, tantôt très inventif, sert admirablement le propos de Marjane Satrapi. C’est vrai qu’il emprunte parfois aux motifs chers à David B. (quand j’vous l’dis, qu’il m’a copiée ! :! ) et d’ailleurs ce dernier a préfacé le tome 1. En fait, c’est même lui qui a présenté Marjane Satrapi aux autres membres de L’Association. Bref, si vous aimez les histoires autobiographiques, ou tout simplement les histoires bien racontées, avec en plus un arrière-plan historique qui confère à la série un intérêt documentaire précieux, allez-y ! Dernière petite chose : je fais partie de ceux qui ont aussi aimé le tome 3 qui raconte l’expérience autrichienne de l’auteur.
Courtney Crumrin
Courtney Crumrin, c’est d’abord un univers fantastique, fait de magie noire, de sorciers et de choses de la nuit, tout-à-fait de nature à combler les lecteurs de Harry Potter (dont je fais partie). C’est aussi une héroïne sympathique et qui a du tempérament, Courtney, son oncle, Aloysius Crumrin, aussi charismatique que mystérieux, et d’autres personnages, hauts en couleurs (si je puis dire). C’est encore des dialogues percutants, et des histoires dans lesquelles on se glisse avec gourmandise. C’est enfin un très élégant dessin en noir et blanc, extrêmement expressif, qui n’a cessé tout au long de ma lecture, de m’évoquer quelque chose, mais quoi, parvenue à la fin du tome 3, je ne m’en souvenais toujours pas, malheureusement. Courtney Crumrin ? Lue et approuvée par Jason et Trondheim :) Et moi. :8
Naruto
Naruto... Une série giga qui parle d'un jeune ninja qui veut devenir Hokage. Cette série m'a fait délirer pendant quelques mois pendant que Dragon Ball descendait aux enfers. Mais à la longue, Naruto m'a fatigué. Il se lit trop vite et je me suis rendu compte que Dragon Ball n'était certainement pas fini pour moi. Mais il faut le dire, Naruto est une série vachement super !! Même si je trouve que Dragon Ball est largement supérieur à lui. Achetez-le, vous verrez, vous n’allez pas être déçus !!
Royal Space Force (Ministère de l'Espace)
Une uchronie intéressante, très cynique, qui imagine un monde dominé par l’Angleterre, puissance majeure et imbattable dans la course à la conquête spatiale… mais à quel prix ? La narration alterne le présent (et l’épouvantable réalité sur le financement du ministère de l’espace) et le passé (montée en puissance de l’Angleterre et du ministère). Comme le dit JJJ ci-dessous, la fin marque. J’adore quand la toute dernière case d’une BD chamboule tout et présente l’histoire que l’on vient de lire sous un angle complètement différent. Bon, ne vous attendez pas à l’histoire SF du siècle, mais si le genre vous intéresse, je pense que ce comics vous fera passer un bon moment de lecture.
Smoke City
Ayant vu quelques pages de cet album, je me le suis alors procuré, car je dois dire que le dessin de Carré m'a particulièrement bien plu. En effet, les décors sont de toute beauté, notamment les premières pages et lors du combat sur le toit. D'ailleurs je dois avouer qu'il m'arrive souvent de l'ouvrir juste pour y contempler la ville. Les personnages sont eux aussi réussi je trouve. Coté scénario, c'est assez classique mais pas déplaisant. On a affaire à la reformation d'une ancienne bande de potes, chacun excellant dans son domaine, afin de dérober une momie dans un musée pour le compte d'un riche commanditaire. Un scénario un peu plus complexe aurait été parfait. Les amateurs d'Ocean 11 apprécieront beaucoup. Une très agréable lecture que cet ouvrage dont j'attends le deuxième et dernier volet avec impatience.