Les derniers avis (31951 avis)

Par Charly
Note: 4/5
Couverture de la série La Croisière des Oubliés
La Croisière des Oubliés

J'ai lu la bande dessinée "La Croisière des Oubliés" du duo Christin-Bilal. Mon avis est mitigé. D'un côté, j'ai apprécié l'originalité du propos fantastique et la poésie qui se dégage de l'histoire. D'un autre côté, le dessin de Bilal à ses débuts est peu attrayant, et le message politique est parfois trop appuyé. Malgré ces défauts, l'engagement des auteurs pour l'écologie et l'antimilitarisme reste pertinent.

28/06/2024 (modifier)
Par Charly
Note: 4/5
Couverture de la série Le Vaisseau de Pierre
Le Vaisseau de Pierre

En lisant cette BD, j'ai été transporté dans un petit village breton menacé par des promoteurs immobiliers. L'histoire fantastique mêle écologie, nostalgie et lutte contre l'avidité. Les personnages, bien que parfois stéréotypés, m'ont touché. Le dessin de Bilal, même s'il n'est pas encore au sommet de son art, crée une ambiance glauque et poétique. J'ai aimé cette fable sociale, même si elle peut sembler naïve. Une lecture engagée qui résonne encore aujourd'hui.

28/06/2024 (modifier)
Par Charly
Note: 4/5
Couverture de la série La Ville qui n'existait pas
La Ville qui n'existait pas

L'histoire nous plonge dans le Nord de la France des années 70, avec ses usines en crise et ses ouvriers en lutte. J'ai ressenti une nostalgie pour cette époque, même si je ne l'ai pas vécue. Le style de Bilal, bien que daté, m'a séduit. Les visages des personnages sont expressifs, et les décors industriels sont saisissants. Le récit pose des questions intéressantes sur la réalité, le bonheur et les rêves. Peut-on être heureux en ignorant la réalité ? Quels rêves nous restent-ils dans une société parfaite ? Malgré ces points forts, la fin m'a laissé sur ma faim. J'aurais aimé plus d'approfondissement sur la ville nouvelle créée par l'héritière. En somme, "La Ville qui n'existait pas" est une BD à lire pour son ambiance et sa réflexion, malgré quelques défauts.

28/06/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Lettres des animaux à ceux qui les prennent pour des bêtes
Lettres des animaux à ceux qui les prennent pour des bêtes

J'arrondis ma note au supérieur, mais en terme personnel je suis plus sur un 3*, principalement parce que la BD n'apprend pas grand chose à quelqu'un qui a déjà pu étudier le sujet ou s'est un peu investi dans la protection d'espèces animales. Mais la BD est bien faite et destinée aux plus jeunes, même si certaines séquences peuvent durablement les marquer. Chaque petite histoire de 2 à 5 pages fait parler un animal qui se termine par une lettre qu'il nous adresse dans laquelle il encourage clairement à une cohabitation plus pacifique. Ce n'est pas un manifeste pro-végan, mais franchement je comprends qu'on le devienne après avoir été mieux informé : élevage intensif, pollution, abattage injuste (renard, blaireau, loup ...) ... La liste est longue mais la BD présente bien chaque situation toujours aussi horrible à voir. Et il est bon de rappeler que certains pays interdisent de nombreuses pratiques encore autorisées en France, parfois avec de grosses surprises. Une BD bien faite, qui sensibilisera sans doute les jeunes à la question animale. Pour prendre conscience des enjeux qui les entourent, la BD est suffisante et permettra de creuser les sujets plus tard. Niveau dessin, c'est l'école italienne passée par l'académie Disney, on le sent dans les dessins animaliers, mais l'ensemble est franchement bien amené et le tout a une patte agréable à l’œil.

28/06/2024 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Les Reflets du Monde
Les Reflets du Monde

3.5 Décidément, Fabien Toulmé est un auteur à suivre. Cette série regroupe des reportages que Toulmé a faits à travers le monde sur des résistantes et des mouvements populaires qui ne sont pas trop connus en occident. En tout cas, en ce qui concerne le premier tome, j'avais vaguement entendu parler des manifestations au Liban et c'est tout. Toulmé vulgarise bien l’histoire et les enjeux des endroits qu'il visite. C'est vrai que ça peut être dense par moment, mais cela ne m'a pas empêché de trouver que c'était passionnant à lire. Évidemment, comme on touche à des sujets différents au fil de l'album, mon attention était surtout portée sur les sujets qui me touchent ou m'intéressent le plus. J'ai particulièrement aimé la partie au Bénin où l'auteur rencontre une militante féministe qui tient des propos bien intéressants, notamment sur son père qui avait quelques idées modernes pour un homme de sa génération, mais qui était tout de même prisonnier de plusieurs schémas traditionnels. Le dessin est simple et efficace.

27/06/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 4/5
Couverture de la série Hulk - Gris
Hulk - Gris

Hulk n'est qu'un monstre. - Le tandem Jeph Loeb + Tim Sale s'est rendu célèbre pour avoir réalisé de mémorables histoires de Batman (par exemple Un long Halloween). Après ces histoires chez DC, ils viennent mettre en œuvre leur magie chez Marvel. Cela donnera trois histoires : Daredevil jaune (en 2001), Spider-Man bleu (en 2002) et celle-ci de Hulk (en 2003). Une nuit plus dure que les autres, Bruce Banner demande à Leonard Samson de le recevoir dans son cabinet de consultation psychologique. Banner a besoin de parler, d'être écouté, d'être entendu et d'être gentiment contredit. Il revient sur la journée où il a été irradié par les rayons gamma et sa rencontre avec Rick Jones. Il raconte avec le recul du temps passé les 2 ou 3 premières journées à partir desquelles la personnalité de Hulk s'est manifestée. Il explore la naissance de Hulk en tant qu'individu, sa relation haineuse avec le général Ross, sa relation compliquée avec Betty Ross, et l'usage de sa force incommensurable. Jeph Loeb dévoile même que pendant ces trois jours Hulk a été confronté à un superhéros. Les 3 récits "couleur" (jaune, bleu et gris) de Loeb & Sale sont l'occasion pour les auteurs d'éclairer d'un jour différent la relation originelle entre le héros et sa dulcinée (réelle, future ou potentielle). Jeph Loeb a vraiment choisi de se concentrer sur les premières heures d'existence de Hulk, racontées rétrospectivement par Banner, plusieurs années après. Loeb enchevêtre la narration des tribulations de Hulk qui développent les situations décrites dans le premier épisode de la série paru en mai 1962, avec les réflexions de Banner qui analyse les événements pour leur trouver un sens ou une interprétation. Loeb évite de verser dans un jargon psychanalytique, même s'il évoque la culpabilité, les pulsions suicidaires, la peur de l'arbitraire, les cinq étapes du deuil d'Elizabeth Kubler-Ross, etc. Pour ce qui est des actions de Hulk, le lecteur familier avec le premier épisode de 1962 retrouvera les éléments les plus marquants tels que le sauvetage de Rick Jones, l'hostilité immédiate du général Thaddeus Ross envers Hulk, et la cellule providentielle dans laquelle Hulk passe une nuit. Loeb & Sale respectent bien sûrs la couleur originelle du monstre : gris. Loeb se permet également de rajouter une scène ou deux qui avaient été classées secret défense, dont un combat d'un superhéros contre Hulk. Mais à la lecture il s'avère que les 2 narrations (les premiers pas de Hulk en images et par les dialogues, et les réflexions de Banner et Samson) ont du mal à coexister, le lecteur devant faire l'effort délicat de passer de l'une à l'autre tout en conservant la continuité des 2 fils, ce qui demande une forte attention. Dans les notes en fin de volume, Tim Sale explique qu'il a défini l'apparence de Hulk à partir des premiers épisodes dessinés par Jack Kirby et d'une parodie dessinée par Marie Severin. Son Hulk dispose d'énormes sourcils broussailleux perchés sur de grosses arcades sourcilières proéminentes, avec une tête pratiquement enfoncée dans les épaules, sans cou. L'un des objectifs graphiques était de marier la monstruosité de Hulk, avec une exagération comique, pour placer le personnage à mi-chemin entre l'abomination contre nature et la vision d'artiste bénéficiant de la licence artistique. le ton dramatique du récit fait bien sûr pencher la balance du coté de l'horreur, l'aspect comique contrebalançant les passages les plus noirs. Cela donne des séquences inoubliables dans lesquelles le lecteur prend conscience que Hulk est vraiment comme un enfant qui vient de naître, il a à peine 24 heures d'existence (je pense en particulier à la scène où Hulk examine un lapin). Tim Sale reste un conteur graphique hors pair dans ces pages. Il utilise une mise en page aérée dans laquelle Hulk a bien du mal à tenir complètement dans les cases (le général Ross également). Sa maîtrise de l'encrage lui permet de rendre compte des épaisseurs et des volumes, mais aussi des ambiances, et de l'ambivalence du comportement de certains personnages (à commencer par le général Ross). le tête-à-tête entre Betty Ross et Hulk est une leçon de mise en scène, d'expressions complexes des visages et de langage corporel. le combat entre Hulk et le superhéros met en évidence la brutalité des coups, l'ineptie inhérente à cet affrontement, le manque d'expérience des 2 combattants, l'inanité du conflit. La présence physique de Hulk dégage une force inéluctable qui en impose au lecteur. L'acharnement déraisonné du général Ross s'affiche sur son visage grâce à un style qui rappelle Jack Kirby. Rick Jones ressemble vraiment à un grand adolescent rebelle qui évoque la fragilité de James Dean. Bien sûr, Tim Sale joue également avec les proportions pour amplifier les sensations. Il sait aussi réduire à sa plus simple expression quelques moments pour les rendre d'autant plus efficaces (l'œil de Hulk au judas de la porte d'entrée du foyer des Ross). De prime abord, ce récit semble diverger du cadre établi par Yellow et Blue, mais il s'agit bien de voir sous un nouvel éclairage la relation amoureuse naissante qui unissait Betty Ross à Bruce Banner. Jeph Loeb fait une fois de plus preuve d'une grande perspicacité pour mettre à jour ces sentiments et leur fondation. Tim Sale délivre des planches magnifiques de bout en bout, qui proposent une vision artistique spécifique au personnage de Hulk, tout en restant dans le style graphique habituel de cet artiste. Ce récit souffre malgré tout du trop grand décalage qui existe entre les commentaires à posteriori de Banner et l'histoire de Hulk.

27/06/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 4/5
Couverture de la série X-men - La Chute de l'Empire Shi'ar
X-men - La Chute de l'Empire Shi'ar

Dans l'espace et dans les souvenirs - Après avoir introduit le troisième frère Summers dans la minisérie X-Men Genèse mortelle, Ed Brubaker s'installe sur la série mensuelle Uncanny X-Men à partir du numéro 475. Ce recueil regroupe les épisodes 475 à 486 d'Uncanny X-Men. Juste après sa réapparition, Gabriel Summers s'élance dans l'espace pour aller assouvir sa vengeance contre D'Ken le meurtrier de sa mère. Il croise la route de Cal'syee Neramani (Deathbird, la sœur de Lilandra) et finit par ramener à la vie D'Ken et à l'aider à accéder au trône de l'empire des Shi'ar (une race extraterrestre). Suite à cette réapparition catastrophique, Charles Xavier (2 jambes valides, mais dépourvu de ses pouvoirs télépathiques) décide de se lancer à sa poursuite pour réparer les pots cassés. Il réussit à s'emparer d'un vaisseau interstellaire et se lance à son tour dans l'espace avec quelques X-Men : Alex Summers (Havok, frère de Gabriel), Lorna Dane (Polaris), Rachel Summers (Marvel Girl, fille d'un Scott Summers d'une autre réalité), James Proudstar (Thunderbird II ou Warpath) et Armando Muñoz (Darwin). Leur route va croiser celle de Lilandra, celle de Korvus (un Shi'ar qui manie une épée imprégnée l'énergie du Phoenix) et celle des Starjammers. Parmi ces derniers, se trouvent Corsair (Christopher Summers, le père de Vulcan), Ch'od, Hepzibah, Sikorsky, Raza Longknife… Ed Brubaker prend le pari de centrer son histoire sur un petit groupe de X-Men dans un contexte rappelant fortement l'odyssée du cristal de M'Kraan (épopée légendaire signée Claremont & Byrne) pour montrer que Gabriel Summers est là pour longtemps le résultat est assez convaincant. Les personnages sont fidèles à leur histoire et à leur profil psychologique. La prise de pouvoir par Vulcan n'est ni simpliste, ni facile. Ses traits de caractère les plus déconcertants sont approfondis et expliqué dans la perspective de son histoire personnelle. La culture des Shi'ar est également approfondie. L'aspect space-opera n'est pas négligé sans que l'on tombe pour autant dans un pâle ersatz de Star Wars. Il aurait fallu que Brubaker se concentre plus les interactions des X-Men pour atteindre un autre niveau. Il a beau évoquer les conséquences des actions de Cassandra Nova (personnage créé par Grant Morrison) et les personnages des années 70, cela ne suffit pas retrouver le souffle épique des meilleurs épisodes. Les dessins sont réalisés par Billy Tan. Il met beaucoup d'application à donner une véritable identité à chaque personnage et à chaque vaisseau. Les membres de la race des Shi'ar présentent une véritable identité graphique. Les décors sont assez fouillés pour que le lecteur se trouve transporté dans une galaxie fort lointaine. Il y a de ci, de là quelques petites erreurs anatomiques (les bras de Charles Xavier) déconcertantes. Les scènes d'action sont percutantes et mettent bien en valeur les pouvoirs de nos mutants favoris. 3 épisodes sont illustrés par Clayton Henry dans un style beaucoup plus fade et moins détaillé. Il s'agit des épisodes consacrés à Vulcan et cela permet à Billy Tan de prendre un peu d'avance sur ses propres épisodes. Après le ratage de Deadly Genesis, c'est un vrai plaisir que de suivre cette aventure interstellaire rapide et nerveuse, avec la remise en cause et le bouleversement du pouvoir au sein de l'empire des Shi'ar sur la base d'un schéma assez élaboré. Et puis j'ai toujours un gros faible pour Hepzibah qui revient au premier plan dans les épisodes d'après.

27/06/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Le Grizzli
Le Grizzli

Voila un hommage franchement bien réussi ! Matz ne se cache clairement pas de ses inspirations (notamment explicitée dans la postface) et les utilise à bon escient dans une histoire qui réussit à combiner ses éléments sans jamais déborder du cadre. Efficace et classique, donc ! Une banale histoire de gangster un peu rangé, ses acolytes des mauvais coups et une jeune pépé qu'il commence à apprécier, les ingrédients d'une bonne histoire d'action dans le Paris des années 60. Ca sent les recherches niveau décors, costumes, accessoires, c'est travaillé dans le langage qui sonne argot de la pègre version années 60 et bien sur, on va se retrouver dans une embrouille de petits malfrats. Si rien ne surprend et ne sort vraiment du lot, je trouve que l'exercice est maitrisé d'un bout à l'autre par Matz qui oscille sur la corde raide entre l'hommage et la reprise. Je n'ai jamais eu l'impression d'un plongée dans la citation à outrance ni dans le parodique, pas plus que je n'ai l'impression de voir retranscrit ce que j'ai déjà vu ailleurs. L'histoire est maitrisée, simple et efficace mais se glisse dans une enveloppe bien connue des amateurs de polars de cette époque. Je trouve la BD bien faite, un bon démarrage de série qui peut facilement avoir deux trois tomes de plus sans paraitre non plus une ode à la vieille France et à un temps d'avant qui serait mieux. J'ai bien envie de lire la suite, en tout cas pour l'instant je ne boude pas mon plaisir de lecture !

27/06/2024 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Bertille & Lassiter
Bertille & Lassiter

Alors que j'ai fait immédiatement le rapprochement avec Bertille & Bertille qui m'avait charmé à sa sortie, j'ai eu une première surprise en constatant que nous avions quitté les années 1920 pour être projetés 40 ans plus tard, retrouvant notre couple de héros devenus vieux mais toujours aussi amoureux. Et deuxième grosse surprise quand j'ai réalisé que ceux-ci se retrouvaient face au personnage d'un autre album du même auteur, 13h17 dans la vie de Jonathan Lassiter, qui n'avait pourtant rien à voir avec le premier, tant sur le plan géographique que temporel, ni même dans le ton, l'un étant bien plus américain que l'autre. C'est à une sorte de cross-over que nous sommes conviés, réalisant le cocktail assez savoureux entre deux univers imaginaires d'un même auteur, faisant se rencontrer l'esprit français d'enquêteurs fantasques avec celui bien plus sérieux des mafieux américains, et offrant au passage une suite à deux albums qui la méritaient largement. Graphiquement, c'est aussi réjouissant que Bertille & Bertille. Stalner joue toujours sur ses tons sépias ponctués de rouge ici et là. Ses planches sont soignées, ses personnages vivants et ses décors détaillés. Les scènes de la mer déchainée et du chateau sous la tempête sont superbes. Quant à l'histoire, tenant en un peu moins de 100 pages, elle est dense et intense. Les interactions entre personnages y sont truculentes, l'introduction bien menée, le rythme soutenu et l'action est claire quand elle se déchaine pour de bon. Et il y a toujours cette touche de fantastique encore une fois un peu fantasque avec cette boule rouge que nous avions découverte dans Bertille & Bertille, qui reste intrigante quoique nettement plus vivante et sympathique ici... presque trop d'ailleurs puisque j'ai trouvé que ses actions manquaient un peu de finesse et rompaient une part de son charme mystérieux. Quoiqu'il en soit, j'ai pris plaisir à lire cette suite en forme de fusion des mondes de deux one-shots précédents et cette rencontre entre des personnages attachants et drôles dans le cadre d'un polar musclé sur une île bretonne en pleine tempête de neige.

26/06/2024 (modifier)
Couverture de la série Ulysse & Cyrano
Ulysse & Cyrano

Non mais matez un peu la qualité du livre. On va parler du contenu mais avant tout est-ce qu’on peut s’attarder sur la qualité de l’objet ? Une superbe illustration très évocatrice qui fait tout le tour du bouquin, aux couleurs automnales et enchanteresses. Le toucher, c’est suffisamment rare pour le souligner mais la couv’ est en toile cirée, certains n’en n’ont rien à foutre mais quand on aime les beaux livres comme moi, ça fait son petit effet. Si on rajoute son format 24x32 et ses 176 pages, ça c’est ce que j’appelle du « roman graphique ». Bon après pour le reste… j’ai bien aimé, ouaip. Déjà je vois « Xavier Dorison », je suis un lecteur fidèle depuis plus de 25 ans, j’ai rarement été déçu, Dorison il y a les afficionados, il y a ceux qui font un rejet, je fais partie du premier camp. En plus je feuillette un peu, ça me plaît bien, le dessinateur c’est celui du Livre de Skell auquel j’avais accroché. Donc ça part très bien mais il faut transformer l’essai, est-ce que le bouquin vaut ses 35 boules (tout de même) ? Le dessin de Servain, je l’ai dit juste avant, j’apprécie ça fait le café, même si ce n’est pas la grosse explosion qui me met l’eau à la bouche. Les scènes de bouffe dans les films de Miyazaki par exemple, ça ça me donne la dalle. Lui ça passe plus par les couleurs j’ai l’impression, on traverse toutes les saisons, c’est étincelant et efficace en même temps. L’histoire est à l’image des recettes de cuisine qu’elle propose : rien de révolutionnaire ni d’esbroufe, mais c’est concocté avec beaucoup de soin et de plaisir. Comme le répète les personnages, « In Voluptate Veritas » dont ils font leur devise. Je me suis délecté de chaque case, chaque bulle, de cette ode à la bonne chair, un discours épicurien qui certes ne casse pas trois pattes à un canard, le Cyrano pourrait sortir d’une historie de San Antonio ; mais dont la truculence fait du bien. Après en sous main il y a du drama bien sûr, les deux compères ont un passif lourds et sans trop le savoir ils vont s’entraider et parvenir à aller de l’avant. Une belle histoire sur l’amitié, la transmission et la filiation… voilà ça brasse plein de petites sous lectures capables d’être capté par n’importe quel lecteur (le choix des prénoms n’est pas innocents, etc). Les récits les plus intelligibles sont souvent les meilleurs, Ulysse & Cyrano est de ce tonneau là.

26/06/2024 (modifier)