Une série d'un Van Hamme en grande forme, il faut le dire. La construction scénaristique est imparable. Tellement imparable que parfois certaines de ses créations sont totalement artificielles, mais ici, les personnages se révèlent plutôt attachants et ne tirent pas la couverture à eux, et l'auteur connaît bien les codes du genre espionnage pour livrer un récit distrayant.
La position d'espionne malgré elle de Lady S. est en outre une très bonne idée, et sa façon d'être impliquée dans des affaires politiques sur ces quatre premiers albums est à chaque fois bien pensée, d'autant que le scénariste, comme à son habitude, use d'une documentation sans faille et joue à merveille avec la situation mondiale actuelle. Il offre ainsi une véritable partie instructive non négligeable à sa série. D'ailleurs, il faut la juger sur sa totalité, car elle s'enrichit de tome en tome (en qualité, et non seulement en quantité, bien sûr).
Coté dessin, Aymond livre un travail très appliqué, très beau, sans réelle faille... mais un peu sage, c'est vrai, un peu plus de nerf ne ferait pas de mal à un graphisme qui reste très classique. Mais bon, c'est soigné, alors...
Vraiment intéressante, cette Lady S., l'action et la maîtrise des auteurs en font au minimum un bon divertissement, alors il est impossible que les amateurs du genre n'y trouvent pas leur compte.
Après avoir lu les 2 autres histoires de cette collection, j’avais un peu peur que l’auteur aie du mal à se renouveler, 2 fois de suite il a utilisé la mort du père comme déclencheur de la quête de vérité de l’orphelin. Mais cette fois c’est totalement différent et bien plus excitant, son personnage sort des sentiers battus et pour son histoire, plus sordide, il utilise une narration plus déroutante. La résolution du mystère se fait agréablement attendre et la multiplicité des personnages permet de se perdre un peu plus.
Le graphisme qui peut paraître bateau est très bien mis en valeur par une sombre colorisation. C’est assez déroutant au début mais plus on avance dans l’histoire plus on se rend compte que ces 2 éléments sont pour beaucoup dans la qualité de l’ensemble. Les sombres décors parisiens sont fascinants et tout ceci colle parfaitement à l’histoire et au style de ce peintre torturé. Au delà du « secret de famille », l’histoire attendrissante de cet handicapé privé de parole est illustrée avec brio.
Pour l’instant, c’est ma série préférée dans cette collection. Si Giroud continue à se renouveler ainsi, il tient là un filon inépuisable.
Une série prometteuse qui n'a pas eu le succes qu'elle aurait du avoir. La première version qui date 1951 est très loufoque et rappelle un peu le magazine Mad. La deuxième, qui connu une plus grande vie, se rapproche d'Astérix que créons les deux auteurs un peu plus tard.
Le dessin d'Uderzo est un mélange de comique et de réaliste et les couleurs vont se marie bien avec. C'est même mieux dessiné que les premiers Astérix. Tant qu'au scénario, c'est un prequel de ce que l'on verra dans les autres oeuvres de Goscinny: Jeu de mots et situation loufoque. Les trois premières histoires ont un scénario un peu léger qui aurait pu etre ennuyeux sans l'humour de Goscinny. Heureusement, les deux autres histoires sont très bien, particulièrement le quatrième qui est un bon récit policier.
Un très bon début que ce premier album, c'est vrai. Bon, l'histoire est assez connue, mais comme cela a été dit, répété, voire crié, la mise en image est é-pous-tou-flan-te !
Limiter tout de même l'album à ça, ce serait injuste pour Alex Alice, car il fait preuve d'une belle maîtrise dans sa narration, très agréable à suivre grâce à des dialogues bien sentis et non dénués d'humour, et il présente des personnages très attachants (quoique Siegfried lui-même reste un peu classique).
Mais bon, le dessin emporte tout, des mises en pages... pff... un trait d'une souplesse... wouaah... un univers d'une beauté... ah la la...
On peut dire qu'un vrai souffle, un vrai lyrisme domine l'oeuvre et qu'il ne faiblit jamais au cours d'une histoire riche en émotions. Fort belle mise en couleur, également...
Bref, vivement la suite, car on peut ajouter que la longueur de l'album ne se fait jamais sentir tant on est emporté dans la lecture par la puissance du style d'Alice. Alors pourvu qu'il tienne ses promesses...
Un excellent album d'aventure. Svend, c'est une histoire d'hommes, de vrais, de baroudeurs, qui apprennent bien à leur dépend que les femmes n'ont rien à leur envier, pour ce qui est de tirer leur épingle du jeu dans des affaires (plutôt) troubles.
Un magot, une révolution, des paysages tropicaux... tout cela est bien connu, mais Pratt sait bâtir un récit, fait preuve d'une grande intelligence dans ses dialogues qui définissent une belle brochette de personnages et ajoute la touche d'humour qui rend l'ensemble ironique et sans prétention.
Coté graphisme, c'est un Pratt en grande forme, un trait détaillé et puissant, tout en souplesse et atmosphère, l'exotisme réussit à l'auteur. La mise en couleur est plus décorative qu'autre chose, le dessin de l'auteur est tellement vivant qu'il ne prend sa vraie valeur que dans la version noir et blanc.
Bref, action et humour, servi avec talent et esprit, pourquoi s'en priver ?
Vraiment pas mal !
Pourtant, je ne suis pas fan de Trondheim à l’origine. Mais le récit qu’il propose ici est piquant dans le verbe et assez marrant par moment. La terrible loi de manger ou être mangé est mise en images à travers la destinée d’un petit fennec qui doit user de mille subterfuges pour garder la vie sauve. Bien que cruel et sarcastique, le traitement humoristique de l’histoire donne un décalage bienvenu pour apprécier pleinement cette bd. Les planches de Yoann tout en aquarelles donnent de la fraîcheur aux propos de Lewis.
Bref, une bd piquante et délicieuse pour toute la famille!
Nicolas Jarry est un jeune scénariste qui commence à multiplier les succès, et cette série est une des premières qu’il ait écrite.
Je suis un adepte de tous les récits qui s’applique à donner des mondes futuristes réalistes, mais quand tout ceci tourne à une ambiance cyberpunk, j’ai beaucoup plus de mal à accrocher. Au vu du sujet traité, j’avais donc quelques craintes. Ce récit nous plonge dans une immense cité, Magon, au cœur d’une période post-apocalyptique glaciaire. Cette ville abrite une intelligence biocybernétique qui prolifère et qui s’étend afin de prendre le contrôle de toute la ville. Nous allons suivre 2 agents chargés d’endiguer ce phénomène, Giss qui va découvrir que son destin est directement lié à l’IBC et Asmo une sorte d’enfant martyre de ce monde sans pitié.
La prolifération des termes « cyber » dans ce genre de récit a pour habitude de me donner la nausée, mais dans cette série je dois dire que j’ai été accroché et que tout ceci confère à une atmosphère vraiment prenante. On est rapidement plongé dans ce monde qui essaye simplement de survivre alors qu’il est plongé dans un froid polaire et que le soleil n’a plus traversé les nuages depuis des centaines d’années. Les évènements s’enchaînent à grande vitesse et on suit l’évolution de Giss avec beaucoup de plaisir et même si ce personnage est très classique, une sorte d’élu à la Néo, il est très attachant. Le second personnage, Asmo, est beaucoup plus profond (un enfant dont le destin a été brisé par des êtres sans scrupules) et apporte un plus incontestable à la lecture. L’intrigue quant à elle est très vivante, très agréable à suivre car il n’y a pas beaucoup de temps mort. Elle fait intervenir des personnages et des castes différentes qui ont chacun leur propres objectifs. Jarry sait également soutenir les mystères afin de donner du piment et l’envie au lecteur de poursuivre l’aventure.
Le dessin et particulièrement les couleurs sont pour beaucoup dans l’atmosphère apocalyptique très réussie. Les ambiances extérieures toutes en dégradés de rouges pâles, donne un mélange chaud et froid qui correspond parfaitement au scénario. Le style graphique emprunte un peu du manga et confère des expressions réussies aux personnages mais également des attitudes vivantes. Les décors font dans le gothique ce qui convient parfaitement et ajoute à l’atmosphère globale de cette série.
Il ne reste plus qu’un tome (le 6ème) pour avoir le dénouement de cette série qui est indispensable pour ceux qui apprécient les ambiances apocalyptiques / gothiques, et qui peut également ravir les autres.
Ma note réelle serait plutôt 3,5/5.
Pour ce qui est du dessin des 3 tomes, je ne trouve pas ça impeccable mais ça reste correct. Certains visages ne sont pas terribles, certains arrière-plans manquent de décor, bien que pour certaines scènes, l'arrière plan, plus sobre, colle très bien avec l'histoire. Mais ce n'est pas là que ça me gène le plus, c'est les couleurs, oulala, pas terribles du tout. Je n'aime pas du tout le rendu, enfin c'est mon opinion, les goûts et les couleurs, hein...
Sinon pour ce qui est de l'histoire, là je trouve ça très sympa et très intéressant, bien qu'il est vrai comme dit dans les autres commentaires, ça manque d'originalité cette histoire de mondes parallèles (un pour le bien, un pour le mal, un pour les hommes, un pour les combats bien/mal,...), ça fait penser à d'autres histoires (Hellblazer/John Constantine entre autres, avec la ressemblance du mortel qui est là pour essayer de maintenir une paix entre le bien et le mal et qui a été choisi malgré lui). Mais franchement même si l'histoire manque d'originalité, le scénario est impeccablement bien tourné. Il tient bien en haleine le lecteur ce qui fait de lui un bon thriller. Le coté anges du bien, anges déchus, dieu, et compagnie, fait de cette BD un bon mélange Fantastique/Esotérisme.
Donc pour les fans du genre, ou pour ceux qui ne connaissent pas ce genre de récit, je recommande vivement cette BD.
Ovni subversif, nouvelle vague de la Bande dessinée moderne, troisième âge d’or, autant de qualificatifs élogieux dénichés ça et là sur la toile, et qui, loin d’être galvaudés, témoignent de l’immense engouement qui croit autour de Mutafukaz. C’est amplement mérité. Avec cette œuvre, Run nous offre un univers personnel totalement fou et unique qui confirme l’évidence de son talent.
Un melting pot extraordinaire. Alternance de styles graphiques, multiplicité inventive des formes narratives, brassage d’influences et de références diverses, audacieux mélange des genres (voir l’excellent avis de Ro pour le détail), une succession de chocs, de claques dans la gueule, aussi bien esthétiques qu’émotionnels. Des personnages originaux, un humour pimenté et décalé pour un scénario explosif, paranoïaque et déjanté qui ne fait pas dans l’économie. On est happé par l’incroyable densité et le tempo échevelé d’un récit démesuré qui va à 2000 à l’heure, vous choppe par le colbac dès la première page et ne vous relâche qu’à la dernière, complètement essoufflée, épuisé, mais ravi. Moi qui suis plutôt réfractaire aux étalages de bastons et aux surenchères gratuites de vannes et d’hémoglobine, là j’avoue, je suis bluffé. Coup de cœur pour un probable futur incontournable.
2x100 pages de pur bonheur.
Se déroulant à l'aube de la Grande Dépression de 1929, Bluesman nous entraîne dans le Sud profond des Etats-Unis et porte un regard acerbe sur la culture de l'oppression. C'est l'impression générale qui se dégage de ce diptyque. Car le propos, même s'il est un peu orienté de la part des auteurs, rend parfaitement compte de cette ambiance. Les deux bluesmen sont deux gars qui vont d'un bar à un "juke-joint", en espérant que le suivant sera mieux payé. Et alors qu'ils pensent toucher du doigt la chance de sortir de leur misérable condition, le sort se déchaîne contre eux...
C'est noir, très noir, sans mauvais jeu de mots, cette histoire en noir et blanc... La carte à gratter magnifie le visage plein de terreur des protagonistes, l'amour de la musique des auteurs, et l'ambiance à la fois glauque et misérable de ces années que l'on disait folles...
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Lady S.
Une série d'un Van Hamme en grande forme, il faut le dire. La construction scénaristique est imparable. Tellement imparable que parfois certaines de ses créations sont totalement artificielles, mais ici, les personnages se révèlent plutôt attachants et ne tirent pas la couverture à eux, et l'auteur connaît bien les codes du genre espionnage pour livrer un récit distrayant. La position d'espionne malgré elle de Lady S. est en outre une très bonne idée, et sa façon d'être impliquée dans des affaires politiques sur ces quatre premiers albums est à chaque fois bien pensée, d'autant que le scénariste, comme à son habitude, use d'une documentation sans faille et joue à merveille avec la situation mondiale actuelle. Il offre ainsi une véritable partie instructive non négligeable à sa série. D'ailleurs, il faut la juger sur sa totalité, car elle s'enrichit de tome en tome (en qualité, et non seulement en quantité, bien sûr). Coté dessin, Aymond livre un travail très appliqué, très beau, sans réelle faille... mais un peu sage, c'est vrai, un peu plus de nerf ne ferait pas de mal à un graphisme qui reste très classique. Mais bon, c'est soigné, alors... Vraiment intéressante, cette Lady S., l'action et la maîtrise des auteurs en font au minimum un bon divertissement, alors il est impossible que les amateurs du genre n'y trouvent pas leur compte.
Secrets - L'écorché
Après avoir lu les 2 autres histoires de cette collection, j’avais un peu peur que l’auteur aie du mal à se renouveler, 2 fois de suite il a utilisé la mort du père comme déclencheur de la quête de vérité de l’orphelin. Mais cette fois c’est totalement différent et bien plus excitant, son personnage sort des sentiers battus et pour son histoire, plus sordide, il utilise une narration plus déroutante. La résolution du mystère se fait agréablement attendre et la multiplicité des personnages permet de se perdre un peu plus. Le graphisme qui peut paraître bateau est très bien mis en valeur par une sombre colorisation. C’est assez déroutant au début mais plus on avance dans l’histoire plus on se rend compte que ces 2 éléments sont pour beaucoup dans la qualité de l’ensemble. Les sombres décors parisiens sont fascinants et tout ceci colle parfaitement à l’histoire et au style de ce peintre torturé. Au delà du « secret de famille », l’histoire attendrissante de cet handicapé privé de parole est illustrée avec brio. Pour l’instant, c’est ma série préférée dans cette collection. Si Giroud continue à se renouveler ainsi, il tient là un filon inépuisable.
Oumpah-Pah
Une série prometteuse qui n'a pas eu le succes qu'elle aurait du avoir. La première version qui date 1951 est très loufoque et rappelle un peu le magazine Mad. La deuxième, qui connu une plus grande vie, se rapproche d'Astérix que créons les deux auteurs un peu plus tard. Le dessin d'Uderzo est un mélange de comique et de réaliste et les couleurs vont se marie bien avec. C'est même mieux dessiné que les premiers Astérix. Tant qu'au scénario, c'est un prequel de ce que l'on verra dans les autres oeuvres de Goscinny: Jeu de mots et situation loufoque. Les trois premières histoires ont un scénario un peu léger qui aurait pu etre ennuyeux sans l'humour de Goscinny. Heureusement, les deux autres histoires sont très bien, particulièrement le quatrième qui est un bon récit policier.
Siegfried
Un très bon début que ce premier album, c'est vrai. Bon, l'histoire est assez connue, mais comme cela a été dit, répété, voire crié, la mise en image est é-pous-tou-flan-te ! Limiter tout de même l'album à ça, ce serait injuste pour Alex Alice, car il fait preuve d'une belle maîtrise dans sa narration, très agréable à suivre grâce à des dialogues bien sentis et non dénués d'humour, et il présente des personnages très attachants (quoique Siegfried lui-même reste un peu classique). Mais bon, le dessin emporte tout, des mises en pages... pff... un trait d'une souplesse... wouaah... un univers d'une beauté... ah la la... On peut dire qu'un vrai souffle, un vrai lyrisme domine l'oeuvre et qu'il ne faiblit jamais au cours d'une histoire riche en émotions. Fort belle mise en couleur, également... Bref, vivement la suite, car on peut ajouter que la longueur de l'album ne se fait jamais sentir tant on est emporté dans la lecture par la puissance du style d'Alice. Alors pourvu qu'il tienne ses promesses...
L'Homme des Caraibes (Sven)
Un excellent album d'aventure. Svend, c'est une histoire d'hommes, de vrais, de baroudeurs, qui apprennent bien à leur dépend que les femmes n'ont rien à leur envier, pour ce qui est de tirer leur épingle du jeu dans des affaires (plutôt) troubles. Un magot, une révolution, des paysages tropicaux... tout cela est bien connu, mais Pratt sait bâtir un récit, fait preuve d'une grande intelligence dans ses dialogues qui définissent une belle brochette de personnages et ajoute la touche d'humour qui rend l'ensemble ironique et sans prétention. Coté graphisme, c'est un Pratt en grande forme, un trait détaillé et puissant, tout en souplesse et atmosphère, l'exotisme réussit à l'auteur. La mise en couleur est plus décorative qu'autre chose, le dessin de l'auteur est tellement vivant qu'il ne prend sa vraie valeur que dans la version noir et blanc. Bref, action et humour, servi avec talent et esprit, pourquoi s'en priver ?
Fennec
Vraiment pas mal ! Pourtant, je ne suis pas fan de Trondheim à l’origine. Mais le récit qu’il propose ici est piquant dans le verbe et assez marrant par moment. La terrible loi de manger ou être mangé est mise en images à travers la destinée d’un petit fennec qui doit user de mille subterfuges pour garder la vie sauve. Bien que cruel et sarcastique, le traitement humoristique de l’histoire donne un décalage bienvenu pour apprécier pleinement cette bd. Les planches de Yoann tout en aquarelles donnent de la fraîcheur aux propos de Lewis. Bref, une bd piquante et délicieuse pour toute la famille!
Les Chroniques de Magon
Nicolas Jarry est un jeune scénariste qui commence à multiplier les succès, et cette série est une des premières qu’il ait écrite. Je suis un adepte de tous les récits qui s’applique à donner des mondes futuristes réalistes, mais quand tout ceci tourne à une ambiance cyberpunk, j’ai beaucoup plus de mal à accrocher. Au vu du sujet traité, j’avais donc quelques craintes. Ce récit nous plonge dans une immense cité, Magon, au cœur d’une période post-apocalyptique glaciaire. Cette ville abrite une intelligence biocybernétique qui prolifère et qui s’étend afin de prendre le contrôle de toute la ville. Nous allons suivre 2 agents chargés d’endiguer ce phénomène, Giss qui va découvrir que son destin est directement lié à l’IBC et Asmo une sorte d’enfant martyre de ce monde sans pitié. La prolifération des termes « cyber » dans ce genre de récit a pour habitude de me donner la nausée, mais dans cette série je dois dire que j’ai été accroché et que tout ceci confère à une atmosphère vraiment prenante. On est rapidement plongé dans ce monde qui essaye simplement de survivre alors qu’il est plongé dans un froid polaire et que le soleil n’a plus traversé les nuages depuis des centaines d’années. Les évènements s’enchaînent à grande vitesse et on suit l’évolution de Giss avec beaucoup de plaisir et même si ce personnage est très classique, une sorte d’élu à la Néo, il est très attachant. Le second personnage, Asmo, est beaucoup plus profond (un enfant dont le destin a été brisé par des êtres sans scrupules) et apporte un plus incontestable à la lecture. L’intrigue quant à elle est très vivante, très agréable à suivre car il n’y a pas beaucoup de temps mort. Elle fait intervenir des personnages et des castes différentes qui ont chacun leur propres objectifs. Jarry sait également soutenir les mystères afin de donner du piment et l’envie au lecteur de poursuivre l’aventure. Le dessin et particulièrement les couleurs sont pour beaucoup dans l’atmosphère apocalyptique très réussie. Les ambiances extérieures toutes en dégradés de rouges pâles, donne un mélange chaud et froid qui correspond parfaitement au scénario. Le style graphique emprunte un peu du manga et confère des expressions réussies aux personnages mais également des attitudes vivantes. Les décors font dans le gothique ce qui convient parfaitement et ajoute à l’atmosphère globale de cette série. Il ne reste plus qu’un tome (le 6ème) pour avoir le dénouement de cette série qui est indispensable pour ceux qui apprécient les ambiances apocalyptiques / gothiques, et qui peut également ravir les autres.
L'Armée des Anges (Dominion)
Ma note réelle serait plutôt 3,5/5. Pour ce qui est du dessin des 3 tomes, je ne trouve pas ça impeccable mais ça reste correct. Certains visages ne sont pas terribles, certains arrière-plans manquent de décor, bien que pour certaines scènes, l'arrière plan, plus sobre, colle très bien avec l'histoire. Mais ce n'est pas là que ça me gène le plus, c'est les couleurs, oulala, pas terribles du tout. Je n'aime pas du tout le rendu, enfin c'est mon opinion, les goûts et les couleurs, hein... Sinon pour ce qui est de l'histoire, là je trouve ça très sympa et très intéressant, bien qu'il est vrai comme dit dans les autres commentaires, ça manque d'originalité cette histoire de mondes parallèles (un pour le bien, un pour le mal, un pour les hommes, un pour les combats bien/mal,...), ça fait penser à d'autres histoires (Hellblazer/John Constantine entre autres, avec la ressemblance du mortel qui est là pour essayer de maintenir une paix entre le bien et le mal et qui a été choisi malgré lui). Mais franchement même si l'histoire manque d'originalité, le scénario est impeccablement bien tourné. Il tient bien en haleine le lecteur ce qui fait de lui un bon thriller. Le coté anges du bien, anges déchus, dieu, et compagnie, fait de cette BD un bon mélange Fantastique/Esotérisme. Donc pour les fans du genre, ou pour ceux qui ne connaissent pas ce genre de récit, je recommande vivement cette BD.
Mutafukaz
Ovni subversif, nouvelle vague de la Bande dessinée moderne, troisième âge d’or, autant de qualificatifs élogieux dénichés ça et là sur la toile, et qui, loin d’être galvaudés, témoignent de l’immense engouement qui croit autour de Mutafukaz. C’est amplement mérité. Avec cette œuvre, Run nous offre un univers personnel totalement fou et unique qui confirme l’évidence de son talent. Un melting pot extraordinaire. Alternance de styles graphiques, multiplicité inventive des formes narratives, brassage d’influences et de références diverses, audacieux mélange des genres (voir l’excellent avis de Ro pour le détail), une succession de chocs, de claques dans la gueule, aussi bien esthétiques qu’émotionnels. Des personnages originaux, un humour pimenté et décalé pour un scénario explosif, paranoïaque et déjanté qui ne fait pas dans l’économie. On est happé par l’incroyable densité et le tempo échevelé d’un récit démesuré qui va à 2000 à l’heure, vous choppe par le colbac dès la première page et ne vous relâche qu’à la dernière, complètement essoufflée, épuisé, mais ravi. Moi qui suis plutôt réfractaire aux étalages de bastons et aux surenchères gratuites de vannes et d’hémoglobine, là j’avoue, je suis bluffé. Coup de cœur pour un probable futur incontournable. 2x100 pages de pur bonheur.
Bluesman
Se déroulant à l'aube de la Grande Dépression de 1929, Bluesman nous entraîne dans le Sud profond des Etats-Unis et porte un regard acerbe sur la culture de l'oppression. C'est l'impression générale qui se dégage de ce diptyque. Car le propos, même s'il est un peu orienté de la part des auteurs, rend parfaitement compte de cette ambiance. Les deux bluesmen sont deux gars qui vont d'un bar à un "juke-joint", en espérant que le suivant sera mieux payé. Et alors qu'ils pensent toucher du doigt la chance de sortir de leur misérable condition, le sort se déchaîne contre eux... C'est noir, très noir, sans mauvais jeu de mots, cette histoire en noir et blanc... La carte à gratter magnifie le visage plein de terreur des protagonistes, l'amour de la musique des auteurs, et l'ambiance à la fois glauque et misérable de ces années que l'on disait folles...