Chouette bd qui permet de retrouver un peu l’atmosphère qui a fait le succès du dessin animé. On suit les aventures de Tom l’espiègle au bord du Mississipi. La narration d’Istin est fluide et dynamique avec des enchaînements entres les séquences bien opérés. Le récit est riche en péripéties sans tomber dans l’exagération.
Les dessins n’ont rien d’exceptionnel à mes yeux mais le rendu des planches est plaisant grâce au choix de la palette de couleurs qui donne dans les tons chaleureux. C’est gai, attractif . . . l’essentiel est donc assuré. A noter que le tome deux vient de paraître et qu’il clôture l’histoire (ou du moins un cycle ?).
Bref, cette série est très prenante et permet de passer un bon moment de détente.
Il s’agit de ma première lecture d’une œuvre de Cosey, et j’en avais tellement entendu de bien que j’étais relativement déçu du 1er tome, mais finalement, ce diptyque a tenu en grande partie ses promesses.
On va suivre un écrivain qui vient de connaître un grand succès et qui cherche à s’évader quelque peu pour pouvoir préparer son prochain ouvrage. Il va donc se retrancher dans un village perdu des Alpes mais le choix de cet endroit ne s’est pas fait par hasard : son frère aîné qui est décédé depuis, y a vécu une bonne partie de sa vie. Il va donc découvrir le vrai passé de son frère mais il va rencontrer également des personnes auxquelles il va beaucoup s’attacher.
Le début de cette histoire est un peu mou, et même si Cosey nous offre un vrai voyage au cœur des Alpes, on s’ennuie un peu. Puis, l’intrigue se met peu à peu en place pour prendre un bon rythme tout au long du deuxième tome. Les personnages s’avèrent attachants, l’atmosphère est très bien rendue. Ici, ce n’est pas l’action qui prévaut mais plus une recherche sur soi-même, une sorte de quête initiatique.
Graphiquement, il a fallu que je passe au-delà de la couleur que j’ai vraiment trouvée « moche » pour pouvoir apprécier les superbes dessins de Cosey. Il dessine parfaitement toutes ces montagnes et tous ces décors enneigés. Les personnages ne sont pas en reste avec une représentation de la féminité vraiment magnifique. Il arrive également à faire passer énormément d’émotion dans des cases silencieuses bien maîtrisées.
Malgré un départ un peu long et quelques passages un peu ennuyeux, la globalité du diptyque donne la pleine mesure de ce récit.
J'avoue que comme d'habitude pour moi, le dessin m'a rebuté au départ, c'est vrai que Ben Templesmith livre ici un exercice graphique extrêmement spécial, mais finalement, je trouve que ce style convient particulièrement bien à ce style d'histoire glauque à souhait qui est décrit ici.
Et c'est bien ça qui vaut le détour ici, bien plus que ce style graphique particulier, c'est cette histoire très prenante, un petit chef d'oeuvre, des histoires mettant certes mal à l'aise, terribles de désespoir, mais captivantes, un héros qui ne se dévoile que par petite touche, excellent.
C’est vraiment une histoire à découvrir pour qui aime le genre policier.
Bon, je suis pas spécialement amateur de ce genre d’œuvre autobiographique. Mais comme toute règle, il y a une exception : la voici.
On y découvre le quotidien de Lewis partagé entre son potager, ses enfants, ses animaux, ses voyages, son boulot . . . Le récit n’est donc pas structuré avec un milieu, un début et une fin. Ses états d’âme (ou d’humeur) rendent les saynètes de sa vie de tous les jours assez cocasses voire savoureuses, je l’avoue. Le principal ressort narratif réside dans la véritable paranoïa de Lewis . . . susurrez à son oreille le mot Chikungunya et je suis sûr qu’il va se taper le mollet. C’est clair qu’il y a une certaine redondance dans le comique employé mais la variété des situations fait qu’on ne s’en lasse pas. Côté dessin, c’est du Trondheim . . . trait rudimentaire mais adapté à ses propos. Ce n’est pas tant le style graphique qui prime avec ce genre de récit. Je dirais même qu’un trait plus abouti ne serait pas approprié.
Une chose est sûre, Lewis est un dérangé du ciboulot.
Une Bd sombre et qui pour une fois fait réfléchir en inversant une histoire pour enfants que beaucoup connaissent à travers le métrage de Disney.
Un achat conseillé mais pas pour les âmes trop sensibles, en effet l'histoire est assez triste et nous conte le parcours d'un incompris. Le dessin est sublime et possède un certain caractère, à la fois glauque et naïf.
Bah moi, je trouve ça vraiment sympa, on retrouve Gotlib au sommet de son art, les dessins sont d’aussi bonne qualité que dans les Rhâââ ; complètements délirants, chaque chute où pépère jubile est jubilatoire justement.
Maintenant les gags sont assez inégaux mais je pense qu’il faut les remettre dans leur contexte, une petite blague parue chaque mois dans le fluide. Il est d’ailleurs assez intéressant de voir l’évolution de cette bd ; au début, des gags de 3 images, puis d’une page toujours sans textes, puis plusieurs et enfin quelques gags dignes des RAB avec Pervers pépère de Nazareth.
C’est pas le meilleur Gotlib mais ça fait partie de son univers et on se fend quand même bien la gueule.
Ah, il en aura fallu des épreuves et des rebondissements pour réussir à lire cette histoire dans de bonnes conditions !
Heureusement ça y est, le livre disponible actuellement est paginé correctement, et les noirs sont de très bonne qualité. Ouf ! Car vu la qualité de l'oeuvre, c'eut été dommage de se contenter d'une édition massacrée !
"Vilebrequin", c'est avant tout un choc graphique. Obion, qui est un des meilleurs dessinateurs du moment, trouve dans cet opus un prétexte génial pour s'en donner à coeur joie. Son trait est vivant et spontané, son dosage du noir et blanc toujours parfaitement équilibré, et sa mise en cases, en page, visiblement extrêmement réfléchie, fait de ce livre un objet graphique assez exceptionnel, qui justifie à lui seul l'achat.
Et je suis personnellement assez admirative du choix d'Obion de quitter le dessin réaliste "classique" qu'il avait dans Le Déserteur, pour libérer complètement son trait et accéder à un style personnel et virtuose, mais nettement moins vendeur. C'est je trouve le signe d'une grande intégrité artistique, rare, que je salue.
Et le scénario me direz-vous ?
Eh bien, il n'est pas en reste ! C'est un plaisir de lire ce texte original, fluide et bien écrit, qui lui aussi donne un ton très personnel à l'ouvrage. L'intrigue est bien menée, donne sans cesse au lecteur l'envie de connaitre la solution des petits mystères disséminés ça et là.
La solution... c'est justement là, qu'à mon avis le bât blesse (un petit peu) : sur les trois "mystères" de l'intrigue, seul un trouve à mon goût un dénouement à la hauteur des attentes : la relation entre Vilebrequin et son cambriolé préféré. Les deux autres (l'auteur de l'enlèvement, le mystère de l'éponge) se finissent d'une façon moins enlevée et un petit peu plus facile, un peu décevante.
Mais bon, c'est vraiment un bémol minime. C'est juste que ça me donne l'impression qu'on n'est pas passé loin de l'oeuvre parfaite, d'où ma (légère) déception sur la fin.
La couverture annonce en sous-titre : "le premier chevalier astro-régulé". Keskeusaikesa ? est-on en droit de se demander.
A première vue, on dirait une énième BD d'héroic-fantasy comme il n'en existe que trop sous un certain Soleil. On pourrait même la croire destinée aux enfants. Ne pas se fier aux apparences.
Alzéor Mondraggo est un jeune homme qui a toujours été poursuivi par une poisse qui dépasse allègrement le minimum syndical. Pour ne rien arranger, ses parents sont décédés, le laissant propriétaire d'un château à moitié en ruines et un avenir plutôt compromis.
A cette époque de guerre entre Franssois et Anglois où les deux seules options semblent être le pouvoir ou la servitude, le jeune Alzéor voit sa vie d'orphelin commencer sous les pires auspices.
Mais par un décret des puissances suprêmes, habituellement peu coutumière de magnanimité, un bon génie est envoyé à Alzéor pour l'aider. Ou plutôt, un astro-régulateur (nous y voilà…), créature invisible pleine de bonne volonté qui a pour mission de rétablir l'équilibre cosmique yin/yang de notre gentil homme d'infortune en exauçant ses voeux. Mais tout à un prix en ce bas monde et notre astro-régulateur fait payer ses interventions, non pas en monnaie sonnante et trébuchante, mais en petites pénitences auxquelles Alzéor devra se soumettre. Telle est la règle du jeu.
A partir de cette idée de départ original et riche de possibilités cocasses, les auteurs nous entraîne dans une histoire qui ne se prend jamais au sérieux, pétrie d'un humour parodique que n'aurait pas renié les Monty Python et leur Sacré Graal (voir par exemple l'épisode où les Anglois emportent par erreur les clés de toutes les ceintures de chasteté de la cité franssoise assiégée, ce qui a pour conséquence une dure période d'abstinence pour nos fougueux franssois !)
Le dessin, quant à lui, s'il ne rivalise pas avec celui d'un Loisel par exemple, reste agréable, net et (très) coloré, bref en parfaite harmonie avec le ton de la série.
De plus, last but not least, la série ne compte que trois tomes, ce qui ravira ceux qui n'apprécie pas d'être les otages de séries qui s'éternisent, comme ceux dont le budget BD n'est pas élasssstique !
Ah, le voilà, l'un des gros coups de coeur du moment !
"Viktor" est une réussite quasi-totale. Dès les premières pages le lecteur se fait happer par l'ambiance, par les mots hypnotisants de Tommy Redolfi. On se retrouve dans l'atmosphère oppressante de la forêt, grâce à sa technique graphique proprement incroyable. Alors bien sûr, quelqu'un qui feuilletterait rapidement l'album trouverait le style moche, imprécis, avec un sens des proportions aléatoire. Mais celui qui prend le pari de lire depuis le début intègrera ces torsions et ce style particulier au charme de l'oeuvre elle-même, qui est un tout indivisible. La grande poésie de la plupart des passages en fait sans doute un futur classique.
Je pense que n'importe quel éditeur aimerait éditer "Viktor". Bravo et merci à la Boîte à Bulles de l'avoir fait.
Un premier album vraiment passionnant qui prend aux tripes dès les premières pages. L'atmosphère sombre et étrange qui règne ne se dément pas tout au long de la lecture. Et le thème de la maladie est ici représenté de façon fantastique, un crabe se loge là où le corps est atteint.
Pour l'histoire, nous passons d'une "banale" réunion entre copains de chambrée à un monde parallèle peuplé de monstres en tout genre : loup-garou, vampire, succube,... Ces monstres pourchassent les enfants pour s'en nourrir.
Et puis, l'album est vraiment rendu plaisant par le dessin, qui rend l'histoire attractive et qui donne même une dimension supplémentaire. En effet, l'ambiance sombre et mystérieuse se traduit par une illustration maîtrisée des ombres et très peu de couleurs vives.
Malgré tout, un petit (mais vraiment tout petit) bémol quand à l'histoire elle-même, où les auteurs nous emmènent-ils ? Beaucoup de questions restent en suspens, espérons que le 2ème tome y répondra !
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Les Aventures de Tom Sawyer
Chouette bd qui permet de retrouver un peu l’atmosphère qui a fait le succès du dessin animé. On suit les aventures de Tom l’espiègle au bord du Mississipi. La narration d’Istin est fluide et dynamique avec des enchaînements entres les séquences bien opérés. Le récit est riche en péripéties sans tomber dans l’exagération. Les dessins n’ont rien d’exceptionnel à mes yeux mais le rendu des planches est plaisant grâce au choix de la palette de couleurs qui donne dans les tons chaleureux. C’est gai, attractif . . . l’essentiel est donc assuré. A noter que le tome deux vient de paraître et qu’il clôture l’histoire (ou du moins un cycle ?). Bref, cette série est très prenante et permet de passer un bon moment de détente.
A la recherche de Peter Pan
Il s’agit de ma première lecture d’une œuvre de Cosey, et j’en avais tellement entendu de bien que j’étais relativement déçu du 1er tome, mais finalement, ce diptyque a tenu en grande partie ses promesses. On va suivre un écrivain qui vient de connaître un grand succès et qui cherche à s’évader quelque peu pour pouvoir préparer son prochain ouvrage. Il va donc se retrancher dans un village perdu des Alpes mais le choix de cet endroit ne s’est pas fait par hasard : son frère aîné qui est décédé depuis, y a vécu une bonne partie de sa vie. Il va donc découvrir le vrai passé de son frère mais il va rencontrer également des personnes auxquelles il va beaucoup s’attacher. Le début de cette histoire est un peu mou, et même si Cosey nous offre un vrai voyage au cœur des Alpes, on s’ennuie un peu. Puis, l’intrigue se met peu à peu en place pour prendre un bon rythme tout au long du deuxième tome. Les personnages s’avèrent attachants, l’atmosphère est très bien rendue. Ici, ce n’est pas l’action qui prévaut mais plus une recherche sur soi-même, une sorte de quête initiatique. Graphiquement, il a fallu que je passe au-delà de la couleur que j’ai vraiment trouvée « moche » pour pouvoir apprécier les superbes dessins de Cosey. Il dessine parfaitement toutes ces montagnes et tous ces décors enneigés. Les personnages ne sont pas en reste avec une représentation de la féminité vraiment magnifique. Il arrive également à faire passer énormément d’émotion dans des cases silencieuses bien maîtrisées. Malgré un départ un peu long et quelques passages un peu ennuyeux, la globalité du diptyque donne la pleine mesure de ce récit.
Fell
J'avoue que comme d'habitude pour moi, le dessin m'a rebuté au départ, c'est vrai que Ben Templesmith livre ici un exercice graphique extrêmement spécial, mais finalement, je trouve que ce style convient particulièrement bien à ce style d'histoire glauque à souhait qui est décrit ici. Et c'est bien ça qui vaut le détour ici, bien plus que ce style graphique particulier, c'est cette histoire très prenante, un petit chef d'oeuvre, des histoires mettant certes mal à l'aise, terribles de désespoir, mais captivantes, un héros qui ne se dévoile que par petite touche, excellent. C’est vraiment une histoire à découvrir pour qui aime le genre policier.
Les Petits Riens
Bon, je suis pas spécialement amateur de ce genre d’œuvre autobiographique. Mais comme toute règle, il y a une exception : la voici. On y découvre le quotidien de Lewis partagé entre son potager, ses enfants, ses animaux, ses voyages, son boulot . . . Le récit n’est donc pas structuré avec un milieu, un début et une fin. Ses états d’âme (ou d’humeur) rendent les saynètes de sa vie de tous les jours assez cocasses voire savoureuses, je l’avoue. Le principal ressort narratif réside dans la véritable paranoïa de Lewis . . . susurrez à son oreille le mot Chikungunya et je suis sûr qu’il va se taper le mollet. C’est clair qu’il y a une certaine redondance dans le comique employé mais la variété des situations fait qu’on ne s’en lasse pas. Côté dessin, c’est du Trondheim . . . trait rudimentaire mais adapté à ses propos. Ce n’est pas tant le style graphique qui prime avec ce genre de récit. Je dirais même qu’un trait plus abouti ne serait pas approprié. Une chose est sûre, Lewis est un dérangé du ciboulot.
Pinocchio - Histoire d'un enfant
Une Bd sombre et qui pour une fois fait réfléchir en inversant une histoire pour enfants que beaucoup connaissent à travers le métrage de Disney. Un achat conseillé mais pas pour les âmes trop sensibles, en effet l'histoire est assez triste et nous conte le parcours d'un incompris. Le dessin est sublime et possède un certain caractère, à la fois glauque et naïf.
Pervers Pépère
Bah moi, je trouve ça vraiment sympa, on retrouve Gotlib au sommet de son art, les dessins sont d’aussi bonne qualité que dans les Rhâââ ; complètements délirants, chaque chute où pépère jubile est jubilatoire justement. Maintenant les gags sont assez inégaux mais je pense qu’il faut les remettre dans leur contexte, une petite blague parue chaque mois dans le fluide. Il est d’ailleurs assez intéressant de voir l’évolution de cette bd ; au début, des gags de 3 images, puis d’une page toujours sans textes, puis plusieurs et enfin quelques gags dignes des RAB avec Pervers pépère de Nazareth. C’est pas le meilleur Gotlib mais ça fait partie de son univers et on se fend quand même bien la gueule.
Vilebrequin
Ah, il en aura fallu des épreuves et des rebondissements pour réussir à lire cette histoire dans de bonnes conditions ! Heureusement ça y est, le livre disponible actuellement est paginé correctement, et les noirs sont de très bonne qualité. Ouf ! Car vu la qualité de l'oeuvre, c'eut été dommage de se contenter d'une édition massacrée ! "Vilebrequin", c'est avant tout un choc graphique. Obion, qui est un des meilleurs dessinateurs du moment, trouve dans cet opus un prétexte génial pour s'en donner à coeur joie. Son trait est vivant et spontané, son dosage du noir et blanc toujours parfaitement équilibré, et sa mise en cases, en page, visiblement extrêmement réfléchie, fait de ce livre un objet graphique assez exceptionnel, qui justifie à lui seul l'achat. Et je suis personnellement assez admirative du choix d'Obion de quitter le dessin réaliste "classique" qu'il avait dans Le Déserteur, pour libérer complètement son trait et accéder à un style personnel et virtuose, mais nettement moins vendeur. C'est je trouve le signe d'une grande intégrité artistique, rare, que je salue. Et le scénario me direz-vous ? Eh bien, il n'est pas en reste ! C'est un plaisir de lire ce texte original, fluide et bien écrit, qui lui aussi donne un ton très personnel à l'ouvrage. L'intrigue est bien menée, donne sans cesse au lecteur l'envie de connaitre la solution des petits mystères disséminés ça et là. La solution... c'est justement là, qu'à mon avis le bât blesse (un petit peu) : sur les trois "mystères" de l'intrigue, seul un trouve à mon goût un dénouement à la hauteur des attentes : la relation entre Vilebrequin et son cambriolé préféré. Les deux autres (l'auteur de l'enlèvement, le mystère de l'éponge) se finissent d'une façon moins enlevée et un petit peu plus facile, un peu décevante. Mais bon, c'est vraiment un bémol minime. C'est juste que ça me donne l'impression qu'on n'est pas passé loin de l'oeuvre parfaite, d'où ma (légère) déception sur la fin.
Alzeor Mondraggo
La couverture annonce en sous-titre : "le premier chevalier astro-régulé". Keskeusaikesa ? est-on en droit de se demander. A première vue, on dirait une énième BD d'héroic-fantasy comme il n'en existe que trop sous un certain Soleil. On pourrait même la croire destinée aux enfants. Ne pas se fier aux apparences. Alzéor Mondraggo est un jeune homme qui a toujours été poursuivi par une poisse qui dépasse allègrement le minimum syndical. Pour ne rien arranger, ses parents sont décédés, le laissant propriétaire d'un château à moitié en ruines et un avenir plutôt compromis. A cette époque de guerre entre Franssois et Anglois où les deux seules options semblent être le pouvoir ou la servitude, le jeune Alzéor voit sa vie d'orphelin commencer sous les pires auspices. Mais par un décret des puissances suprêmes, habituellement peu coutumière de magnanimité, un bon génie est envoyé à Alzéor pour l'aider. Ou plutôt, un astro-régulateur (nous y voilà…), créature invisible pleine de bonne volonté qui a pour mission de rétablir l'équilibre cosmique yin/yang de notre gentil homme d'infortune en exauçant ses voeux. Mais tout à un prix en ce bas monde et notre astro-régulateur fait payer ses interventions, non pas en monnaie sonnante et trébuchante, mais en petites pénitences auxquelles Alzéor devra se soumettre. Telle est la règle du jeu. A partir de cette idée de départ original et riche de possibilités cocasses, les auteurs nous entraîne dans une histoire qui ne se prend jamais au sérieux, pétrie d'un humour parodique que n'aurait pas renié les Monty Python et leur Sacré Graal (voir par exemple l'épisode où les Anglois emportent par erreur les clés de toutes les ceintures de chasteté de la cité franssoise assiégée, ce qui a pour conséquence une dure période d'abstinence pour nos fougueux franssois !) Le dessin, quant à lui, s'il ne rivalise pas avec celui d'un Loisel par exemple, reste agréable, net et (très) coloré, bref en parfaite harmonie avec le ton de la série. De plus, last but not least, la série ne compte que trois tomes, ce qui ravira ceux qui n'apprécie pas d'être les otages de séries qui s'éternisent, comme ceux dont le budget BD n'est pas élasssstique !
Viktor
Ah, le voilà, l'un des gros coups de coeur du moment ! "Viktor" est une réussite quasi-totale. Dès les premières pages le lecteur se fait happer par l'ambiance, par les mots hypnotisants de Tommy Redolfi. On se retrouve dans l'atmosphère oppressante de la forêt, grâce à sa technique graphique proprement incroyable. Alors bien sûr, quelqu'un qui feuilletterait rapidement l'album trouverait le style moche, imprécis, avec un sens des proportions aléatoire. Mais celui qui prend le pari de lire depuis le début intègrera ces torsions et ce style particulier au charme de l'oeuvre elle-même, qui est un tout indivisible. La grande poésie de la plupart des passages en fait sans doute un futur classique. Je pense que n'importe quel éditeur aimerait éditer "Viktor". Bravo et merci à la Boîte à Bulles de l'avoir fait.
La Confrérie du crabe
Un premier album vraiment passionnant qui prend aux tripes dès les premières pages. L'atmosphère sombre et étrange qui règne ne se dément pas tout au long de la lecture. Et le thème de la maladie est ici représenté de façon fantastique, un crabe se loge là où le corps est atteint. Pour l'histoire, nous passons d'une "banale" réunion entre copains de chambrée à un monde parallèle peuplé de monstres en tout genre : loup-garou, vampire, succube,... Ces monstres pourchassent les enfants pour s'en nourrir. Et puis, l'album est vraiment rendu plaisant par le dessin, qui rend l'histoire attractive et qui donne même une dimension supplémentaire. En effet, l'ambiance sombre et mystérieuse se traduit par une illustration maîtrisée des ombres et très peu de couleurs vives. Malgré tout, un petit (mais vraiment tout petit) bémol quand à l'histoire elle-même, où les auteurs nous emmènent-ils ? Beaucoup de questions restent en suspens, espérons que le 2ème tome y répondra !