S'attaquer sérieusement à Nicolas Sarkozy est devenu risqué : entre un livre qui était imprimé et prêt à sortir, et que son éditeur a finalement dû pilonner suite aux menaces de Monsieur le Ministre, et un autre dont les auteurs n'ont pu faire aucune promo dans les médias parce que ce même ministre a prévenu toutes les radios et télés que ceux qui les recevraient pour les laisser faire de la pub à leur bouquin anti-Sarko auraient des sérieux comptes à rendre, il n'y a plus guère que Charlie Hebdo qui peut se permettre d'imprimer de méchantes choses sur ce petit homme. Il faut dire que Charlie, c'est des rigolos, et le peuple n'aime pas qu'on embête ses rigolos, alors que faire taire des journalistes, ça peut se faire discrètement et sans vagues.
Du coup, brillante idée qu'a eu Philippe Cohen : plutôt qu'un livre sérieux qui aurait été censuré ou passé sous silence, il a fait publier les fruits de son enquête sur le phénomène Sarko sous forme de BD d'anticipation (puisque ça se passe en 2098 ) comico-satirique illustrée par un dessinateur de Charlie. Voir qu'on en est arrivé là, c'est un peu triste quand même pour qui est attaché à la liberté d'expression, mais ça fait néanmoins plaisir de voir que, grâce à cette petite ruse, le bouquin est en vente libre jusque dans les maisons de la presse qui doivent le prendre pour un aimable recueil de petits dessins d'humour à la Plantu, et non une violente charge, très sérieusement documentée, contre le Napoléon de Neuilly. Et puis il faut bien le reconnaître : pour un gros branleur irresponsable comme moi, qui en temps normal ne suit l'actualité politique que d'assez loin et ne se donnera jamais la peine de lire un vrai livre sérieux sur le sujet, le média BD est idéal.
Son enfance, sa scolarité, ses échecs, ses coups de poignard dans le dos, tout est passé au crible (parfois un peu rapidement c'est vrai), et si l'album contient une bonne dose d'humour, ce n'est pas de la caricature ou de l'invention : c'est un documentaire, qui relate des faits authentiques, cite des propos véridiques, analyse le "phénomène" sans en rajouter.
Alors évidemment, c'est quand même clairement anti-sarko, et donc pas toujours impartial. Il y a beaucoup de faits, et peu d'extrapolation, mais il y a parfois une façon un peu limite de présenter certains faits. Ainsi par exemple certains hommes politiques condamnés pour fraudes diverses et variées semblent presque absous de leurs méfaits par Cohen, Malka et Riss, sous prétexte que c'est Sarko qui les a dénoncés pour se débarrasser d'eux en tant que rivaux. Faut pas déconner : ce n'est pas parce que celui qui les a dénoncés a agi par intérêt personnel plutôt que par souci de justice qu'ils n'étaient pas, à la base, coupables de toutes façons ! Et c'est un exemple, mais c'est avec ce genre de choses que le livre risque de ne prêcher qu'à des convertis. Je serai bien le dernier à défendre le personnage, mais le présenter comme un nain d'intelligence médiocre, mais tout à fait diabolique et doté d'aussi peu de scrupules que de convictions réelles, et dont toutes les réussites sont basées sur des coups fourrés, peut apparaître un peu "facile". Du coup, il est à craindre que ceux qui s'apprêtent à voter pour lui, loin de se dire "Ah oui quand même il est dangereux à ce point, ce type, finalement je vais réfléchir avant de le prendre comme président", voient le bouquin comme de la grosse déconnade ou de la vulgaire diffamation.
Cela étant dit, personnellement, ça m'a passionné, et pourtant à la base je suis pas super porté sur les documentaires et surtout pas en BD. C'est souvent drôle, parfois effrayant, toujours instructif. On a beau se douter que la politique est un monde de chacals, le parcours et le personnage présentés par cet album laissent pantois.
Une lecture fortement conseillée avant d'aller mettre votre bulletin dans l'urne.
MISE A JOUR du 29/07/07 : la suite, Sarko 1er, sent en revanche le bouquin bâclé à la va-vite pour surfer sur la vague du succès du 1er livre (et l'actualité). Sans être mauvais, le livre est très court et n'apprend rien de vraiment nouveau à qui aura un peu suivi la campagne présidentielle. Je ne baisse pas la note générale mais l'achat du tome 2 est assez superflu à mes yeux.
J'ai préféré cette BD à Shenzhen du même auteur.
Peut être parce que la Corée du Nord est plus méconnue.
Et dire que la Chine fait "club med" à côté....
J'apprécie l'initiative de relater son séjour de 2 mois dans ce pays et du coup de nous apporter une vision objective, même si elle est bridée.
La lecture s'avère fluide, la narration étant le point fort de cette BD, le dessin étant simpliste.
Sans BDT je n'aurai jamais lu cette BD qui pourtant mérite amplement le détour pour son aspect documentaire. Le style est direct et l'auteur ne cherche pas à prendre position, il préfère développer ses observations afin d'être le plus proche de ce qu'il a pu voir.
C'est le genre de BD qui permet d'apprendre et surtout de relativiser sur notre quotidien.
Très belle initiative et très bon résultat.
Histoire sympa, dessins excellents, très bonne coloration, je n'ai pas grand chose à dire de négatif sur cette série... si ce n'est que j'aimerais bien qu'elle continue !!
En fait je poste ce mot en forme de "coup de gueule", en effet souvent certaines séries s'arrêtent parce qu'elles ont peu de succès, je ne sais pas si c'est le cas pour celle-ci, mais depuis le 1er tome en 2003, ce ne serait pas mal qu'il y ait un tome 3 ?! non ?... si quelqu'un m'entend...
Allez, amitiés bédèsques. oliv.
La BD destinée à la jeunesse semble avoir retrouvé un vrai souffle... Qui ne se souvient pas du dessin animé tiré de l'oeuvre de Malot que nous, trentenaires, avions l'occasion de voir dans Récré A2 ? Cela m'a rappelé de bons souvenirs. Cette histoire sur fond de misère sociale est plutôt triste car elle nous fait vivre les dures épreuves d'un jeune orphelin recueilli par un vieux saltimbanque accompagné d'animaux de compagnie. :((
Je suis encore agréablement surpris par le dessin qui nous fait plonger véritablement dans cette atmosphère si particulière de la France du XIXème siècle où les paysans avaient des sabots. Par ailleurs, on ressent assez vite les émotions des différents personnages. Peu de bd arrivent à ce résultat aussi rapidement. L'auteur a vraiment un don pour rendre les personnages expressifs et par conséquent d'accentuer la note dramatique du récit.
Je trouve que l'adaptation en bande dessinée de cette oeuvre est plutôt satisfaisante. Je conseille vivement la lecture d'autant que les personnages sont attachants et que le dessin laisse vraiment transpirer l'oeuvre dans un tourbillon d'émotion. Au final, une beauté du récit qui ne laissera pas indifférent...
Je dirais que ces révélations sonnent un petit peu creux au final. Ce qui m'a le plus heurté, c'est le dessin des différents personnages. On dirait qu'ils sortent d'un jeu vidéo genre "Super Mario" alors que le sujet traité ainsi que le ton de l'histoire est plutôt grave ce qui crée un parfait décalage.
Nous sommes en effet plongés en plein polar dans la cité du Vatican autour d'un meurtre d'un cardinal. L'histoire empruntant aux poncifs du genre n'a rien d'original mais cela reste très efficace. On a l'impression qu'il s'agit plutôt ici d'un subtil jeu de chat et de souris dans les arcanes du pouvoir du Vatican à la veille de la mort du Pape.
Pourtant, je dois dire que le découpage des scènes ainsi que la progression du scénario est plutôt efficace. Par ailleurs, nous avons un héros qui a perdu la foi et qui tient tête merveilleusement malgré des évènnements qui se précipitent en cascade au second tome. Malgré les défauts subtantiels de ce récit, j'ai quand même très bien apprécié car cet objet est unique en son genre grâce à de savoureux dialogues et d'une certaine ambiance.
Je viens de terminer le premier diptyque de cette série située dans le Londres victorien de la fin du XIXème siècle. Véritablement estomaqué, je suis ! D’abord par un étrange graphisme qui restitue toute la beauté et l’ambiance particulière de cette énigme policière.
Puis et surtout, par la richesse de cette histoire au scénario machiavélique à souhait. Je me rends compte que j’ai totalement « marché » et que la fin m’a surpris à plus d’un titre. C’est véritablement fabuleux d’autant que cette fois-ci, les crimes et les motifs paraissent tout à fait plausibles. Des jalons et des indices sont d’ailleurs posés tout le long du récit pour s’imbriquer de manière magistrale à la fin du second tome. Bref, une réalisation très efficace. Bravo aux auteurs ! ::
On fait la connaissance avec des personnages qui ont une vraie consistance et une âme et qui peuvent soudainement disparaître de manière tragique quelques pages plus loin. C’est un peu bizarre mais j’ai pas tout de suite accroché avec les deux personnages récurrents de la série tant ils apparaissent faussement secondaires au début.
Avec un rythme soutenu et des dialogues de grande qualité, je ne pouvais que succomber au charme mystérieux de Fog. Une telle série mérite d’être « culte » mais les tomes qui ont suivi, même s’ils ont beaucoup de qualité et donc d’intérêts, ne sont pas à la hauteur des deux premiers. Il n’en demeure pas moins que Fog devrait être mieux connu du grand public.
J'avais entendu parler du fameux blog d'une grosse, encore un phénomène internet.
J'étais allé voir, et j'avais bien aimé le ton décalé, sans concession, mais aussi rempli d'humour de Gally.
Et puis les éditions Diantre !, chez qui elle a publié récemment Sale morveuse !, ont emporté le morceau pour la publier. Pour notre plus grand plaisir.
Pourquoi parler de plaisir si on est devant un album disponible gratuitement sur internet ? Parce que ce n'est justement pas le cas ! plus de la moitié des planches sont inédites, et l'on a droit en bonus à 3 pages réalisées par le compagnon de Gally, Obion (qui travaille sur "Donjon" après avoir réalisé Le Déserteur, par exemple). L'ensemble des planches est réalisé en trois couleurs : noir, blanc, et rose. mais ce n'est pas un rose sirupeux, qui eût pu donner des envies de vomir au lectorat. Non, c'est un rose assez atténué, très agréable.
Gally nous raconte donc ses soucis de poids, et c'est souvent assez drôle, mais aussi plutôt attendrissant par moments. Surtout ses anecdotes ont le goût du vécu (comme par exemple la peur viscérale du regard des autres), même si à mon avis elle extrapole certaines situations. C'est fin, intelligent, et on ne s'ennuie pas du tout à la lecture, puisque l'auteur a un style très sûr, clair, et fortement lisible.
A déguster à toute heure.
J’ai découvert "Du plomb dans la tête" un peu par hasard... Les petites intégrales Casterman me font de l’œil. Je feuillette celle-ci. Je ne suis pas plus emballé que ça par le graphisme, mais le titre finalement assez anodin, attire tout de même mon attention. Et je ne sais pas pourquoi, chose que je fais rarement en librairie, je lis assidument les dix premières pages. Le ton est tout de suite donné : deux tueurs professionnels discutent pompes à deux milles dollars et merde de chien, le dialogue est décalé, les répliques sont cinglantes et assez jouissives. On dirait du Tarantino, et moi, le -tarantinesque- j’adore ça, bref j’achète...
... Et je ne regrette pas car le scénario de Matz est excellent, tout à fait dans le ton de ma première impression et vraiment bien ficelé. Au-delà de cette ambiance Pulp fiction, on a droit à un bon polar noir rondement mené, et des personnages stéréotypés mais c’est le genre qui veut ça. Flingueurs philosophes de bas étages, flics plus ou moins intègres, politiciens véreux, et journalistes ambitieux, voilà la brochette de personnages qui peuplent cette histoire qui ne donne pas dans le politiquement correct.
J’ai eu un peu peur au milieu du tome 2, aux vues de la tournure des évènements. Fausse alerte, la série négocie un virage avec l’association contre-nature de circonstance de deux personnages, mais finalement l’intrigue y gagne en intérêt.
Côté illustration, comme je l’ai déjà évoqué au début, je ne suis pas spécialement séduit par le dessin réaliste de Wilson. Je trouve son encrage trop épais. En revanche, son découpage est vraiment efficace, très énergique avec une lisibilité très agréable.
Mais finalement, ce que j’aime le moins, ce sont les couleurs numériques de Blythe : trop brillantes et lisses, pas assez rugueuses à mon goût. Ce n’est pas moche mais très quelconque, ça manque de caractère pour un tel récit.
Je n’ai pas lu l’œuvre original, mais je trouve cette BD particulièrement réussie, quand on connaît la difficulté que représente une adaptation. Les dialogues sont particulièrement fluides et l’action bien dosée.
A recommander pour tous les fans de SF, de Star Wars et autres du genre.
Un élu, Une Belle, Un empire, Une Religion, Des rebelles etc… les ingrédients sont connus, et le résultat en est délicieux !
Après la lecture du tome 1, j’avais été un peu déçu et mis seulement 3/5. La narration et ses différents Flashes-back m’avait un peu gêné. J’avais conclu mon avis par : Une première impression mitigée mais qui évoluera sans aucun doute (en mieux ou en pire) avec la suite, que j’attends quand même avec impatience.
Avec la sortie du tome 2, j’en ai profité pour relire le tome 1 et le moins qu’on puisse dire c’est que j’ai un avis bien plus enthousiaste ! J’ai vraiment accroché. Plus de gêne avec les flashes-back, j’ai mieux compris l’histoire, j’ai bien cerné tous les personnages et l’intrigue se révèle super prenante. Il y a effectivement un coté Tarantino dans cette série.
Le dessin et la colorisation frappent par leur originalité, bref que du bon. Il ne faut parfois pas s’arrêter à une première impression.
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La Face karchée de Sarkozy
S'attaquer sérieusement à Nicolas Sarkozy est devenu risqué : entre un livre qui était imprimé et prêt à sortir, et que son éditeur a finalement dû pilonner suite aux menaces de Monsieur le Ministre, et un autre dont les auteurs n'ont pu faire aucune promo dans les médias parce que ce même ministre a prévenu toutes les radios et télés que ceux qui les recevraient pour les laisser faire de la pub à leur bouquin anti-Sarko auraient des sérieux comptes à rendre, il n'y a plus guère que Charlie Hebdo qui peut se permettre d'imprimer de méchantes choses sur ce petit homme. Il faut dire que Charlie, c'est des rigolos, et le peuple n'aime pas qu'on embête ses rigolos, alors que faire taire des journalistes, ça peut se faire discrètement et sans vagues. Du coup, brillante idée qu'a eu Philippe Cohen : plutôt qu'un livre sérieux qui aurait été censuré ou passé sous silence, il a fait publier les fruits de son enquête sur le phénomène Sarko sous forme de BD d'anticipation (puisque ça se passe en 2098 ) comico-satirique illustrée par un dessinateur de Charlie. Voir qu'on en est arrivé là, c'est un peu triste quand même pour qui est attaché à la liberté d'expression, mais ça fait néanmoins plaisir de voir que, grâce à cette petite ruse, le bouquin est en vente libre jusque dans les maisons de la presse qui doivent le prendre pour un aimable recueil de petits dessins d'humour à la Plantu, et non une violente charge, très sérieusement documentée, contre le Napoléon de Neuilly. Et puis il faut bien le reconnaître : pour un gros branleur irresponsable comme moi, qui en temps normal ne suit l'actualité politique que d'assez loin et ne se donnera jamais la peine de lire un vrai livre sérieux sur le sujet, le média BD est idéal. Son enfance, sa scolarité, ses échecs, ses coups de poignard dans le dos, tout est passé au crible (parfois un peu rapidement c'est vrai), et si l'album contient une bonne dose d'humour, ce n'est pas de la caricature ou de l'invention : c'est un documentaire, qui relate des faits authentiques, cite des propos véridiques, analyse le "phénomène" sans en rajouter. Alors évidemment, c'est quand même clairement anti-sarko, et donc pas toujours impartial. Il y a beaucoup de faits, et peu d'extrapolation, mais il y a parfois une façon un peu limite de présenter certains faits. Ainsi par exemple certains hommes politiques condamnés pour fraudes diverses et variées semblent presque absous de leurs méfaits par Cohen, Malka et Riss, sous prétexte que c'est Sarko qui les a dénoncés pour se débarrasser d'eux en tant que rivaux. Faut pas déconner : ce n'est pas parce que celui qui les a dénoncés a agi par intérêt personnel plutôt que par souci de justice qu'ils n'étaient pas, à la base, coupables de toutes façons ! Et c'est un exemple, mais c'est avec ce genre de choses que le livre risque de ne prêcher qu'à des convertis. Je serai bien le dernier à défendre le personnage, mais le présenter comme un nain d'intelligence médiocre, mais tout à fait diabolique et doté d'aussi peu de scrupules que de convictions réelles, et dont toutes les réussites sont basées sur des coups fourrés, peut apparaître un peu "facile". Du coup, il est à craindre que ceux qui s'apprêtent à voter pour lui, loin de se dire "Ah oui quand même il est dangereux à ce point, ce type, finalement je vais réfléchir avant de le prendre comme président", voient le bouquin comme de la grosse déconnade ou de la vulgaire diffamation. Cela étant dit, personnellement, ça m'a passionné, et pourtant à la base je suis pas super porté sur les documentaires et surtout pas en BD. C'est souvent drôle, parfois effrayant, toujours instructif. On a beau se douter que la politique est un monde de chacals, le parcours et le personnage présentés par cet album laissent pantois. Une lecture fortement conseillée avant d'aller mettre votre bulletin dans l'urne. MISE A JOUR du 29/07/07 : la suite, Sarko 1er, sent en revanche le bouquin bâclé à la va-vite pour surfer sur la vague du succès du 1er livre (et l'actualité). Sans être mauvais, le livre est très court et n'apprend rien de vraiment nouveau à qui aura un peu suivi la campagne présidentielle. Je ne baisse pas la note générale mais l'achat du tome 2 est assez superflu à mes yeux.
Pyongyang
J'ai préféré cette BD à Shenzhen du même auteur. Peut être parce que la Corée du Nord est plus méconnue. Et dire que la Chine fait "club med" à côté.... J'apprécie l'initiative de relater son séjour de 2 mois dans ce pays et du coup de nous apporter une vision objective, même si elle est bridée. La lecture s'avère fluide, la narration étant le point fort de cette BD, le dessin étant simpliste. Sans BDT je n'aurai jamais lu cette BD qui pourtant mérite amplement le détour pour son aspect documentaire. Le style est direct et l'auteur ne cherche pas à prendre position, il préfère développer ses observations afin d'être le plus proche de ce qu'il a pu voir. C'est le genre de BD qui permet d'apprendre et surtout de relativiser sur notre quotidien. Très belle initiative et très bon résultat.
L'Enfant de l'Orage
Histoire sympa, dessins excellents, très bonne coloration, je n'ai pas grand chose à dire de négatif sur cette série... si ce n'est que j'aimerais bien qu'elle continue !! En fait je poste ce mot en forme de "coup de gueule", en effet souvent certaines séries s'arrêtent parce qu'elles ont peu de succès, je ne sais pas si c'est le cas pour celle-ci, mais depuis le 1er tome en 2003, ce ne serait pas mal qu'il y ait un tome 3 ?! non ?... si quelqu'un m'entend... Allez, amitiés bédèsques. oliv.
Sans Famille
La BD destinée à la jeunesse semble avoir retrouvé un vrai souffle... Qui ne se souvient pas du dessin animé tiré de l'oeuvre de Malot que nous, trentenaires, avions l'occasion de voir dans Récré A2 ? Cela m'a rappelé de bons souvenirs. Cette histoire sur fond de misère sociale est plutôt triste car elle nous fait vivre les dures épreuves d'un jeune orphelin recueilli par un vieux saltimbanque accompagné d'animaux de compagnie. :(( Je suis encore agréablement surpris par le dessin qui nous fait plonger véritablement dans cette atmosphère si particulière de la France du XIXème siècle où les paysans avaient des sabots. Par ailleurs, on ressent assez vite les émotions des différents personnages. Peu de bd arrivent à ce résultat aussi rapidement. L'auteur a vraiment un don pour rendre les personnages expressifs et par conséquent d'accentuer la note dramatique du récit. Je trouve que l'adaptation en bande dessinée de cette oeuvre est plutôt satisfaisante. Je conseille vivement la lecture d'autant que les personnages sont attachants et que le dessin laisse vraiment transpirer l'oeuvre dans un tourbillon d'émotion. Au final, une beauté du récit qui ne laissera pas indifférent...
Révélations
Je dirais que ces révélations sonnent un petit peu creux au final. Ce qui m'a le plus heurté, c'est le dessin des différents personnages. On dirait qu'ils sortent d'un jeu vidéo genre "Super Mario" alors que le sujet traité ainsi que le ton de l'histoire est plutôt grave ce qui crée un parfait décalage. Nous sommes en effet plongés en plein polar dans la cité du Vatican autour d'un meurtre d'un cardinal. L'histoire empruntant aux poncifs du genre n'a rien d'original mais cela reste très efficace. On a l'impression qu'il s'agit plutôt ici d'un subtil jeu de chat et de souris dans les arcanes du pouvoir du Vatican à la veille de la mort du Pape. Pourtant, je dois dire que le découpage des scènes ainsi que la progression du scénario est plutôt efficace. Par ailleurs, nous avons un héros qui a perdu la foi et qui tient tête merveilleusement malgré des évènnements qui se précipitent en cascade au second tome. Malgré les défauts subtantiels de ce récit, j'ai quand même très bien apprécié car cet objet est unique en son genre grâce à de savoureux dialogues et d'une certaine ambiance.
Fog
Je viens de terminer le premier diptyque de cette série située dans le Londres victorien de la fin du XIXème siècle. Véritablement estomaqué, je suis ! D’abord par un étrange graphisme qui restitue toute la beauté et l’ambiance particulière de cette énigme policière. Puis et surtout, par la richesse de cette histoire au scénario machiavélique à souhait. Je me rends compte que j’ai totalement « marché » et que la fin m’a surpris à plus d’un titre. C’est véritablement fabuleux d’autant que cette fois-ci, les crimes et les motifs paraissent tout à fait plausibles. Des jalons et des indices sont d’ailleurs posés tout le long du récit pour s’imbriquer de manière magistrale à la fin du second tome. Bref, une réalisation très efficace. Bravo aux auteurs ! :: On fait la connaissance avec des personnages qui ont une vraie consistance et une âme et qui peuvent soudainement disparaître de manière tragique quelques pages plus loin. C’est un peu bizarre mais j’ai pas tout de suite accroché avec les deux personnages récurrents de la série tant ils apparaissent faussement secondaires au début. Avec un rythme soutenu et des dialogues de grande qualité, je ne pouvais que succomber au charme mystérieux de Fog. Une telle série mérite d’être « culte » mais les tomes qui ont suivi, même s’ils ont beaucoup de qualité et donc d’intérêts, ne sont pas à la hauteur des deux premiers. Il n’en demeure pas moins que Fog devrait être mieux connu du grand public.
Mon Gras et moi
J'avais entendu parler du fameux blog d'une grosse, encore un phénomène internet. J'étais allé voir, et j'avais bien aimé le ton décalé, sans concession, mais aussi rempli d'humour de Gally. Et puis les éditions Diantre !, chez qui elle a publié récemment Sale morveuse !, ont emporté le morceau pour la publier. Pour notre plus grand plaisir. Pourquoi parler de plaisir si on est devant un album disponible gratuitement sur internet ? Parce que ce n'est justement pas le cas ! plus de la moitié des planches sont inédites, et l'on a droit en bonus à 3 pages réalisées par le compagnon de Gally, Obion (qui travaille sur "Donjon" après avoir réalisé Le Déserteur, par exemple). L'ensemble des planches est réalisé en trois couleurs : noir, blanc, et rose. mais ce n'est pas un rose sirupeux, qui eût pu donner des envies de vomir au lectorat. Non, c'est un rose assez atténué, très agréable. Gally nous raconte donc ses soucis de poids, et c'est souvent assez drôle, mais aussi plutôt attendrissant par moments. Surtout ses anecdotes ont le goût du vécu (comme par exemple la peur viscérale du regard des autres), même si à mon avis elle extrapole certaines situations. C'est fin, intelligent, et on ne s'ennuie pas du tout à la lecture, puisque l'auteur a un style très sûr, clair, et fortement lisible. A déguster à toute heure.
Du plomb dans la tête
J’ai découvert "Du plomb dans la tête" un peu par hasard... Les petites intégrales Casterman me font de l’œil. Je feuillette celle-ci. Je ne suis pas plus emballé que ça par le graphisme, mais le titre finalement assez anodin, attire tout de même mon attention. Et je ne sais pas pourquoi, chose que je fais rarement en librairie, je lis assidument les dix premières pages. Le ton est tout de suite donné : deux tueurs professionnels discutent pompes à deux milles dollars et merde de chien, le dialogue est décalé, les répliques sont cinglantes et assez jouissives. On dirait du Tarantino, et moi, le -tarantinesque- j’adore ça, bref j’achète... ... Et je ne regrette pas car le scénario de Matz est excellent, tout à fait dans le ton de ma première impression et vraiment bien ficelé. Au-delà de cette ambiance Pulp fiction, on a droit à un bon polar noir rondement mené, et des personnages stéréotypés mais c’est le genre qui veut ça. Flingueurs philosophes de bas étages, flics plus ou moins intègres, politiciens véreux, et journalistes ambitieux, voilà la brochette de personnages qui peuplent cette histoire qui ne donne pas dans le politiquement correct. J’ai eu un peu peur au milieu du tome 2, aux vues de la tournure des évènements. Fausse alerte, la série négocie un virage avec l’association contre-nature de circonstance de deux personnages, mais finalement l’intrigue y gagne en intérêt. Côté illustration, comme je l’ai déjà évoqué au début, je ne suis pas spécialement séduit par le dessin réaliste de Wilson. Je trouve son encrage trop épais. En revanche, son découpage est vraiment efficace, très énergique avec une lisibilité très agréable. Mais finalement, ce que j’aime le moins, ce sont les couleurs numériques de Blythe : trop brillantes et lisses, pas assez rugueuses à mon goût. Ce n’est pas moche mais très quelconque, ça manque de caractère pour un tel récit.
Les Guerriers du Silence
Je n’ai pas lu l’œuvre original, mais je trouve cette BD particulièrement réussie, quand on connaît la difficulté que représente une adaptation. Les dialogues sont particulièrement fluides et l’action bien dosée. A recommander pour tous les fans de SF, de Star Wars et autres du genre. Un élu, Une Belle, Un empire, Une Religion, Des rebelles etc… les ingrédients sont connus, et le résultat en est délicieux !
Jazz Maynard
Après la lecture du tome 1, j’avais été un peu déçu et mis seulement 3/5. La narration et ses différents Flashes-back m’avait un peu gêné. J’avais conclu mon avis par : Une première impression mitigée mais qui évoluera sans aucun doute (en mieux ou en pire) avec la suite, que j’attends quand même avec impatience. Avec la sortie du tome 2, j’en ai profité pour relire le tome 1 et le moins qu’on puisse dire c’est que j’ai un avis bien plus enthousiaste ! J’ai vraiment accroché. Plus de gêne avec les flashes-back, j’ai mieux compris l’histoire, j’ai bien cerné tous les personnages et l’intrigue se révèle super prenante. Il y a effectivement un coté Tarantino dans cette série. Le dessin et la colorisation frappent par leur originalité, bref que du bon. Il ne faut parfois pas s’arrêter à une première impression.