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Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Pizza Roadtrip
Pizza Roadtrip

Une petite série noire prenant pour cadre un environnement urbain et orienté road movie, ça vous tente ? Voici un chouette one shot au scénario bien plus malin qu'il n'y parait au premier abord... Quelque part ça m'a rappelé le cultissime film "Pas de problème" de Georges Lautner où Miou-Miou tente de planquer un cadavre arrivé par hasard chez elle en le promenant dans une voiture. Ici, le corps à faire disparaitre est également tout aussi gênant et les 3 potes vont devoir ruser entre vieilles combines et désorganisation totale pour éviter la taule... Ce qui est fortement attractif est tout d'abord le dessin atypique de Cha : un trait précis, des trognes sans nez et une mise en scène hors pair. Afin d'étoffer le récit, quelques flashbacks s'intercalent en couleur alors que les situations présentes sont en noir et blanc avec quelques touches subtiles d'orange sur certains objets comme le véhicule. C'est à la fois malin et attrayant. Les dialogues sont également bien inspirés avec quelques touches d'humour noir et un rythme sans failles. La fin réserve son lot de révélations et quelques retournements de situation dont une fin à la fois ouverte et surtout ironique. Le seul problème de ce livre c'est qu'on souhaiterait bien un rab supplémentaire de cette pizza sanglante mais appétissante !

29/07/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 4/5
Couverture de la série Mon ami Dahmer
Mon ami Dahmer

J’ai trouvé que cette BD est à la fois captivante et dérangeante. Elle mélange habilement autobiographie et enquête journalistique. Backderf, qui a fréquenté Jeffrey Dahmer au lycée, nous livre un récit introspectif sur les dernières années de Dahmer avant qu’il ne sombre dans la folie meurtrière. En utilisant ses souvenirs personnels et les témoignages recueillis ultérieurement, Backderf reconstitue minutieusement la descente aux enfers de Dahmer, sans jamais tomber dans le sensationnalisme. Le scénario de cette BD est remarquablement bien construit. Backderf parvient à montrer la dégradation progressive du comportement de Dahmer à travers des détails subtils que personne n’a su ou voulu interpréter à l’époque. Il met en lumière les signaux d’alarme ignorés et la lente transformation de Dahmer en monstre. Les dessins de Backderf sont très particuliers, avec un style presque caricatural dans une veine de comics underground américains. Les personnages semblent parfois raides, ce qui ajoute une couche de malaise à l’histoire. Les plans en contre-plongée et les regards perturbants de Dahmer sont particulièrement efficaces pour créer une atmosphère de tension. L’absence de sensationnalisme est l’une des grandes forces de cette BD. Backderf ne cherche ni à excuser ni à condamner son ancien camarade de classe. Il présente les faits de manière brute, laissant le lecteur tirer ses propres conclusions. Cette approche objective rend le récit encore plus puissant de mon point de vue. Malgré la qualité indéniable de l’histoire et de la recherche documentaire, on peut trouver que le style graphique de Backderf met un peu de distance avec les personnages, ce qui rend l’attachement plus difficile. C’est aussi peut être juste un point de vue français peu habitué à ce style graphique. Au final, je trouve que cette BD offre une perspective intéressante sur les la complexité de la nature humaine et les effets de l’indifférence sociale.

29/07/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 4/5
Couverture de la série Ulysse & Cyrano
Ulysse & Cyrano

Note réelle 3,5 arrondie à 4 pour l’effort sur l'édition et la qualité graphique Antoine Cristau et Xavier Dorison nous offrent une histoire "feel good" où la passion pour la cuisine devient une aventure initiatique. Le jeune Ulysse, submergé par les attentes de sa famille, rencontre Cyrano, un chef cuisinier au passé tumultueux, et ensemble, ils explorent les délices et les défis de la gastronomie. Mais le plaisir des sens passe aussi par la qualité de l’édition, comme Le Grand A, j’ai beaucoup apprécié la beauté de l’objet qui rend vraiment service à la qualité de l'illustration. Un format 24x32, sur un beau papier et une couverture en toile cirée, quelle classe ! Ca ne va pas dans le sens de la réduction de budget, mais très beau boulot de Casterman ici. Le dessin de Servain est tout simplement splendide, avec des couleurs qui créent une atmosphère chaleureuse et accueillante. Chaque page est un festin pour les yeux, où les plats prennent vie de manière presque palpable. Les expressions des personnages ajoutent une profondeur émotionnelle qui rend l’histoire encore plus touchante. Si l’ensemble de la BD est agréable à lire, les dernières pages … m’ont laissé sur ma faim. J’ai trouvé la fin trop convenue, on dirait un film feel good à l’américaine et j’avoue avoir été déçu de ne pas vivre quelque chose de moins convenu… Malgré cette conclusion un peu creuse, j’ai passé un très bon moment de lecture. Je dois avouer que je suis très bon public dès qu’on parle de bonne bouffe et on en parle bien ici.

29/07/2024 (modifier)
Par Jeïrhk
Note: 4/5
Couverture de la série Le Mort amoureux
Le Mort amoureux

J'ai lu cette histoire dans la réédition "L'amour et la mort" sortie en 2023, qui, en passant, a une bien plus belle couverture que l'édition de 2013 et inclut un 5eme chapitre (un épilogue) d'environ 50 pages, concluant cette histoire en beauté. L'édition de 2013 ne contient que 4 chapitres. "L'amour et la mort" comprend également d'autres nouvelles ainsi qu'une préface de Stéphane du Mesnildot et une superbe analyse en fin d'ouvrage par Morolian, qui vaut vraiment la peine d'être lue. En bonus, on trouve une très courte nouvelle de quatre pages intitulée "Le souvenir de l'étron plus vrai que nature". Le titre en dit long et ce fut une belle surprise de terminer sur une petite touche d'humour. Donc, concernant cette première histoire : (pour respecter la fiche, d'autant plus que c'est la meilleure et la plus longue de toutes, mais les autres valent franchement le détour aussi). Le nom de l'auteur était pourtant écrit en gros sur la couverture, mais je n'y avais pas fait attention, tellement obnubilé par cette couverture très étrange, ce qui m'a poussé à une lecture instantanée. Il n'a fallu que quelques pages pour que je reconnaisse le style de Junji Ito ! Je m'étais juré de ne plus lire ses mangas tant ils me laissent des images désagréables gravées dans l'esprit. Paradoxalement, j'adore ses histoires ! Enfin bon, une fois commencé, je ne pouvais plus faire marche arrière. Dès le début, on est plongé dans une atmosphère inquiétante. L'histoire est originale : toutes les histoires de Junji Ito le sont ! C'est un génie dans le genre horreur/angoisse. Difficile de prévoir la suite de l'intrigue, même si les structures peuvent parfois se ressembler, il parvient toujours à nous surprendre. Le dessin est incroyable. Son trait inquiétant nous trouble, et même si certains ne ressentiront pas "l'horreur" en lisant ce manga, ils ne pourront pas rester indifférents aux personnages horrifiques, aux scènes angoissantes et à cette atmosphère brumeuse si bien retranscrite. Je suis tellement content d'avoir lu cette édition qui contient l'épilogue, car je trouve que ses histoires finissent souvent de manière brutale sur la forme, me laissant toujours avec une petite frustration de "raaaa mais on veut un peu plus d'explications !" Et c'est ce que j'aurais ressenti si je n'avais lu que les 4 chapitres de cette édition de 2013 . Ce 5eme chapitre m'a donc pleinement satisfait.

29/07/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 4/5
Couverture de la série Les Étiquettes
Les Étiquettes

Il ne faut pas réduire les gens à des étiquettes. - Ce tome constitue une anthologie de vingt-neuf histoires courtes, toutes réalisées par Clarke (Frédéric Seron) pour le scénario, les dessins et l'encrage. Elles sont toutes en noir & blanc, à l'exception d'une seule, celle intitulée Synesthésie. La première parution date de 2014. Au jardin, trois pages. Frédéric est assis en tailleur dans son jardin, tranquillement en train de s'en griller une. Son chat passe à côté de lui, il lui caresse le dos. Il se dit qu'il va falloir qu'il s'occupe du jardin. Par quoi commencer ? À peine, seul, et il est déjà la proie de questions existentielles. Il s'allonge sur le dos, et il continue à fumer tranquillement. Facebook, trois pages. Frédéric est à sa table de dessin : son téléphone sonne. Il décroche et la discussion commence.il explique à son interlocuteur qu'il est en train de travailler. Il l'informe que son épouse est partie, que les enfants sont restés avec lui. Frédéric ne sait plus trop où il en est : c'est une expérience éprouvante, il a l'impression d'être en mille morceaux. Il raccroche car sa grande fille vient de rentrer. Elle s'enquiert de son état : il ne sait plus trop ce qu'il est maintenant. Elle lui répond que c'est comme un profil facebook : il a le choix entre Marié, Célibataire, ou C'est compliqué. le dessinateur, 4 pages. Frédéric est installé à une terrasse de café, en train de dessiner et de fumer une cigarette. Il en tire une bouffée et la jette négligemment, sans faire attention. Il se rend compte que le mégot a atterri dans le verre de la jeune femme assise à la table d'à côté. Elle le regarde, lui sourit et lui demande s'il a du feu. Elle rallume la cigarette trempée et entame la conversation. Il lui confirme qu'il fait de la bande dessinée, mais pour l'instant il n'a pas grand-chose à raconter. Il se sent un peu comme une coquille vide, il n'arrive pas à ressentir d'urgence. Elle décrète qu'il aime les étiquettes. Les ballons, trois pages. Sur une plage ventée, Frédéric et son amie Bénédicte admirent les cerfs-volants dans le ciel. C'est magnifique : elle a bien fait de prendre son appareil photographique, une véritable exposition. En plus, ce n'était annoncé nulle part. Un homme passe et suggère à Bénédicte de dire à son copain de faire attention : les câbles des cerfs-volants bougent, et ce genre de truc peut couper un bras. le baudrier, trois pages. Frédéric pratique l'escalade avec deux amis et chacun a apporté son baudrier. le sien lui a été offert par ses enfants. Il ressent des douleurs car son baudrier est trop serré. L'avocat, trois pages. Un pigeon se tient sur le rebord de le fenêtre fermée, du bureau de la juge où se trouvent Frédéric, son ex-femme et l'avocat de celle-ci. Son esprit se met en état de fugue, et il n'entend que quelques mots épars de ce qui se dit. Au vu des qualificatifs employés, il se demande s'ils sont en train de parler du fils caché d'Hitler et de Torquemada. Il comprend qu'ils parlent de lui. Blind dates, trois pages. Frédéric est en train de prendre un verre avec deux copains qui lui demandent où il en est, et qui l'invitent à une bouffe la semaine suivante. Il y aura une de leurs copines, Laura, une célibataire craquante. Avec François Gilson, Clarke est le créateur de la série Mélusine, et son dessinateur. Il a collaboré avec Turk pour la série Docteur Bonheur, avec Midam pour la série Histoires à lunettes, et il a réalisé de nombreuses autres séries et histoires en un tome. Ici, il réalise une succession d'histoires courtes : six en deux pages, treize en trois pages, six en cinq pages et une en six pages. Chaque page est construite sur la base de trois bandes. La première page comprend les deux bandes inférieures, la première étant occupée par le titre écrit sur une étiquette occupant la place de ce qui aurait été la case de droite. Les autres bandes de cette page, ainsi que des suivantes sont calqués sur un découpage en trois cases, aménagé en fonction du la scène, deux ou trois cases pouvant être fusionnées entre elles. Les dessins sont réalisés dans un mode un peu lâche, des contours encrés présentant parfois des angles non arrondis, donnant une impression de dessin construit mais dont le rendu final n'a pas été peaufiné. Cela donne un aspect un peu brut, permettant au dessinateur de s'affranchir de rentrer trop dans les détails. le résultat raconte bien les histoires en montrant les personnages et les environnements, avec des traits de contours parfois pas jointifs, des visages dont les yeux peuvent être réduits à des petits ronds, le nez soit un peu arrondi, soit pointu, les cheveux représentés à la va-vite, la bouche pas forcément dessinée, certains détails laissés à l'imagination du lecteur, incitant à une lecture rapide. Au départ, le lecteur prend chaque histoire comme étant indépendante, s'attendant à une chute comique ou dramatique. Il se rend compte qu'elles mettent toutes en scène un homme quadragénaire, quarante-huit ans est-il précisé dans L'anniversaire, dont le prénom semble être Frédéric. Au travers de quelques scènes éparpillées, le lecteur se fait une idée de la situation de cet homme : un auteur de BD dont la femme l'a quitté récemment et qui a la garde de ses trois enfants. Une histoire invite même le lecteur à être présent lors d'une audience pour son divorce. D'un autre côté, la continuité peut s'avérer un peu lâche : il n'y a pas de précision de date, du temps qui passe, ni de suivi des enfants qui n'apparaissent que le temps de deux ou trois nouvelles. le lecteur finit par assimiler ce Frédéric à l'auteur lui-même puisqu'il s'agit de son vrai prénom. En outre, il est bédéiste, et il participe à des festivals où il croise d'autres auteurs dont certains avec lesquels Clarke a effectivement collaborés comme Denis Lapière, Bob de Groot, Philippe Xavier, Dany, Janry et Turk. le lecteur ne sait plus trop s'il convient de prendre ces tranches de vie comme étant autobiographiques, avec une dose de dérision, ou s'il s'agit d'une autofiction. Ce mode narratif apporte une forme de cachet d'authenticité aux situations personnelles, les rendant plus émouvantes, même si elles ne sont pas forcément vraies comme pourrait l'être une biographie réaliste et fidèle. La première histoire apporte un ton un peu mélancolique, le lecteur comprenant plus tard que le personnage essaye de déterminer quelle direction donner à sa vie après le départ de son épouse. Les dessins le montrent en train de rêvasser, puis de s'allonger dans l'herbe, avec un naturel convaincant, pendant que les petits cartouches de texte permettent de savoir à quoi il pense. Il n'y a pas de colère ou d'amertume, plutôt une forme de résignation à un état de fait qu'il n'a nullement souhaité, mais sur lequel il n'a pas de prise. À partir de la deuxième histoire, la narration comporte de dialogues, plutôt de que des cellules de pensée. Frédéric est présent dans plus de neuf cases sur dix, toujours calme, souvent en train de fumer, avec ses lunettes rondes, une petite barbiche, un air doux et un visage ouvert. Les autres personnages sont traités graphiquement de la même manière : comme croqués sur le vif, avec une forme de simplification dans les visages, des vêtements génériques tout en étant reconnaissables. L'artiste sait leur donner des postures parlantes, ainsi que des expressions de visage naturelles, même quand il n'y apparaît que des points pour les yeux et un trait pour la bouche. En page 82 & 83, le personnage principal assiste à une injection létale dans un hôpital : il n'y a aucun mot, aucun dialogue, pour autant la gravité du moment saisit le lecteur. Avec ces cases en apparence toutes simples, des dessins parfois réduits à des esquisses, l'artiste fait voyager le lecteur dans des lieux différents : la pelouse d'un jardin de pavillon, l'atelier de l'artiste avec sa table à dessin, la terrasse d'un café, une plage, un site d'escalade sur un massif montagneux, le bureau impersonnel d'un avocat, le bas-côté d'une route de campagne, un supermarché, un restaurant, le sous-sol d'un pavillon servant de local de répétition pour un groupe rock, une cuisine, des rues d'une petite ville, le bord d'une rivière, un hôpital, un vol en planeur, les rues de Londres… Dans un premier temps, au vu du format, le lecteur s'attend à des histoires courtes, des instantanés, avec une chute peut-être comique. La première historie s'inscrit dans un registre réaliste, avec une touche doucement humoristique dans la dernière case. La deuxième histoire appartient au même registre. La suivante relève d'une rencontre à la terrasse d'un café, avec une jeune femme donnant un conseil à Frédéric sous une forme inattendue, celle d'une étiquette collée sur front : possible, mais peu plausible. La suivante se termine dans une situation moins plausible, une exagération comique. Dans la dixième, il n'y a pas de chute à proprement parler, une conclusion mais pas avec une mécanique de révélation qui surprend ou qui choque, générant un effet comique ou une émotion intense. Avec les récits seize (Pistolero) et dix-sept (Le conducteur), l'auteur ajoute un léger décalage par rapport à la normalité de la réalité, un élément presque surnaturel pour la seconde. Un élément de même nature apparaît dans Synesthésie où il est rendu visible par l'utilisation de la couleur. En revanche dans la leçon de scooter, Frédéric suit en voiture sa fille pour sa première sortie en scooter, dans un récit naturaliste. L'auteur fait ainsi varier discrètement le dosage des ingrédients de chaque récit, que ce soit la situation de départ, sa localisation, les autres personnages, la forme du récit avec ou sans chute, la tonalité triste ou amusée, etc. Frédéric n'est pas présenté comme un héros surmontant le traumatisme de la séparation maritale, ni comme un père courage élevant seul ses enfants tout en continuant à travailler. le thème commun qui court tout du long de ces scénettes réside dans l'état d'esprit de Frédéric. Est-il dans la résignation ou est-il dans l'acceptation ? Il vit avec la modification de son statut affectif et par voie de conséquence social, sans trop savoir quelle direction donner à sa vie, si ce n'est que de continuer à réaliser les tâches du quotidien. Clarke sort des sentiers battus, de sa série Mélusine, ou de ses récits avec d'autres auteurs, pour une série de vingt-neuf histoires courtes comprenant entre deux à six pages. Elles présentent comme point commun de concerner Frédéric, un auteur de BD qui vient d'être quitté par son épouse et qui porte le même nom que l'auteur. le lecteur tombe vite sous le charme de cet homme calme en toute circonstance, avec une narration visuelle simple en surface, sachant bien transporter le lecteur dans des endroits différents, auprès d'êtres humains agréables et vivants. Au fil de ces situations douces-amères, le lecteur ressent de l'empathie pour cet homme gentil qui ne mérite pas de se retrouver dans cette situation, de la compassion pour cet être humain faisant le travail de deuil de sa relation, de manière inconsciente, oscillant entre résignation et acceptation. Visiblement séduit par ce format, Clarke a ensuite réalisé des histoires courtes en quatre pages dans un format de quatre cases par page, avec un noir & blanc tout en contraste, pour des récits très noirs Réalités obliques

28/07/2024 (modifier)
Couverture de la série In the land of leadale
In the land of leadale

Bien content d’avoir pu emprunter les 4ers tomes, j’aime bien le genre Isekai et l’avis de Ro m’avait assez intrigué pour découvrir la série. Ce style de récit n’est pas bien profond mais reste généralement distrayant. Je classerai même la présente série dans le haut du panier, je l’ai trouvé très agréable à suivre. Pourtant il ne s’y passe pas encore grand-chose, il n’y a pas de véritable fil rouge mais on y trouve de bonnes idées, c’est léger et feel good. Notre héroïne se voit réincarnée dans son personnage de jeux vidéos (une elfe au sommet de sa puissance) mais 200 ans après l’époque qu’elle connaissait. Ce monde de Fantasy a depuis évolué : les joueurs humains ne sont plus présents, le niveau magique a régressé, la politique et territoires modifiés … bref l’héroïne, qui ne craindra personne, est un peu perdue et nous découvrirons ce nouveau monde en même temps qu’elle. Du classique mais bien foutu, le dessin est bon, les péripéties sympatoches (le coup des enfants m’a bien fait marrer). On saupoudre d’un peu de mystère et d’humour pour un bon moment détente. 3,5

27/07/2024 (modifier)
Par Jeïrhk
Note: 4/5
Couverture de la série Pepper et Carrot
Pepper et Carrot

C'est original, drôle, mignon, superbement illustré et gratuit ! Que demander de plus ? Cette BD pleine de fraîcheur est une agréable découverte que vous pouvez lire gratuitement sur le site de l'auteur ou l'acheter en version papier. La lecture en ligne présente l'avantage d'offrir parfois de petites illustrations animées sur certaines cases, apportant un petit plus. Bien que très rares et non essentielles pour comprendre et apprécier l'épisode en question. Les épisodes sont courts, mais maintiennent une continuité dans les nouveaux éléments et respectent une chronologie, ce qui est vraiment sympa. Franchement j'ai été surpris par la qualité de l'écriture, simple mais efficace ! et surtout par le style numérique, riche en détails, avec des idées bien utilisées et une très belle colorisation. Une BD jeunesse qui ravira aussi bien les enfants que les adultes !

27/07/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 4/5
Couverture de la série La Forêt (Ott)
La Forêt (Ott)

Deuil enfantin - Ce tome contient une histoire complète, indépendante de toute autre. Sa première édition date de 2020. Il a été réalisé par Thomas Ott. Il s'agit d'une bande dessinée en noir & blanc, comportant vingt-cinq pages, entièrement dépourvue de dialogue. Il s'agit d'un format imposé dans cette collection des éditions Martin de Halleux, inspiré de l'ouvrage 25 images de la passion d'un homme (1918), réalisé par Frans Masereel (1889-1972). La forêt est le premier tome de cette collection. Il s'agit d'une histoire racontée en 25 gravures sur bois, chacune imprimée comme un dessin en pleine page, sans aucun dialogue non plus. L'auteur suisse respecte cette contrainte à la lettre, à raison d'une image par page. Un. Dans le salon d'une maison bourgeoise, un jeune garçon est assis sur le canapé, avec une place vide de chaque côté de lui. Il porte des culottes courtes noires et une chemisette blanche. Il est bien peigné. À une extrémité, une vieille femme pleure et essuie ses larmes dans un mouchoir. Derrière, sur le manteau de la cheminée se trouvent des gerbes de fleurs, l'une d'elle portant une banderole, ainsi qu'une enveloppe. Encore un peu derrière, à côté de l'escalier qui mène à l'étage, deux hommes en costume tiennent un verre à la main, la tête inclinée vers le bas, l'air grave, recueilli. Deux. le garçon a quitté le salon et il est sorti dans le jardin, une simple pelouse, par la porte de derrière. Il y a un tuyau d'arrosage et quelques piquets en bois, ainsi qu'une pelle posés contre le mur. le garçon jette un coup d'œil en arrière, tout en passant par-dessus la clôture en bois. Trois. le garçon marche sur un chemin d'un pas tranquille et assuré. Il longe une bordure herbue qui ceinture un champ au milieu duquel se trouve un épouvantail. Il passe devant un tas de piquets sur sa droite, en attente d'être utilisés pour une clôture. À quelques centaines de mètres devant lui, se trouve la lisière de la forêt. Quatre. le garçon se tient immobile à l'orée de la forêt. Il se trouve à la frontière entre la lumière des espaces ouverts derrière lui, et l'obscurité du chemin qui s'enfonce dans la forêt devant lui. Il marque une pause avant de s'y engager. Cinq. le garçon s'est remis à marcher, d'un pas plus lent. Il se tient légèrement courbé, comme s'il sentait la pesanteur de la pénombre, ou comme s'il appréhendait ce qui va se trouver sur sa route. Il apparaît bien petit par comparaison avec les hauts troncs des arbres formant la forêt et bordant le chemin. Quelques rares rayons de lumière transpercent les frondaisons et parviennent jusqu'au sol. Cinq. le garçon continue de marcher sur le sentier, peut-être d'un pas un peu plus rapide. Les racines des arbres courent juste sous la surface du sol ; elles traversent le chemin dans un entrelacs. Six. le chemin se fait plus difficile et la forêt plus sombre. le garçon doit enjamber un arbre mort, en se tenant avec les mains de chaque côté. Derrière un gros tronc d'arbre, semble se tenir une vague silhouette, ce qui s'apparente à oeil captant un reflet de lumière. Voilà un défi très contraint : raconter une histoire complète en vingt-cinq pages, sans avoir recours à aucun mot, uniquement par les images. Il s'agit donc d'une histoire qui se lit rapidement, très simple en termes d'intrigue, pouvant se dévorer en cinq minutes, même en prêtant un peu d'attention aux dessins, et en fournissant un petit effort pour formuler le lien logique permettant de passer d'une image à l'autre. S'il a lu 25 images de la passion d'un homme, le lecteur ne retrouve pas la même ambition narrative dans le présent récit. Sa temporalité est beaucoup plus courte : de l'ordre d'une heure vraisemblablement, deux grand maximum. Il n'y a pas d'enjeu social apparent, ni de reconstitution historique ou de témoignage sur une époque. Comme pour l'original, le lecteur peut se poser la question de la nature de la forme narrative : est-ce vraiment une bande dessinée ? Est-ce une suite de tableaux ou d'illustrations ? En l'absence d'une définition définitive de ce mode d'expression, il se dit que cette question s'avère un peu oiseuse : voilà un récit raconté sous la forme d'une succession d'images qui auraient très bien pu être disposées à raisons de deux ou quatre par page, ou plus, et la question ne se serait alors pas posée. L'auteur narre son récit sous une forme visuelle, avec des images descriptives. le lecteur observe également que le parti pris esthétique de l'artiste s'inscrit dans un mode descriptif, avec des dessins dans lesquels les textures prennent une forte importance, représentées avec des treillis de petites hachures. Ces illustrations formeraient des dessins un peu chargés dans une mise en page traditionnelle, c'est-à-dire des cases alignées en bande. Elles ne s'inscrivent pas non plus dans un courant pictural artistique marqué, comme c'était le cas pour les bois gravés de Frans Masereel. Le lecteur se focalise plus sur l'intrigue : un jeune garçon dont le grand-père est décédé et qui assiste à une réunion sociale qu'il subit, où les adultes se retrouvent pour accomplir un rituel de deuil, chacun prenant acte de la disparition de cet homme, perdu à tout jamais pour les vivants, sans possibilité de nouvelles interactions avec lui qui ne participe plus à la vie. L'absence de texte souligne le fait qu'aucun adulte ne vienne communiquer avec le garçon pour mettre en mots ce changement radical : avant cet être humain existait même s'il n'était pas en présence du garçon, après il n'y a plus de contact possible et cet être humain ne sera plus jamais présent avec une possibilité d'interagir. Dans ce contexte, le garçon doit lui-même faire son deuil avec son entendement de petit garçon. de fait, il ne participe pas vraiment à la société des adultes. L'image le montrant franchissant la petite clôture autour de la maison peut s'entendre comme une métaphore : il franchit la frontière séparant la société des adultes, et son paysage intérieur de petit garçon. Dans l'image suivante, il s'en éloigne progressivement, dans un paysage encore familier, mais avec cette forêt comme horizon, un lieu ne permettant pas de voir ce qu'il contient, un territoire mystérieux. Lorsqu'il s'arrête à la lisière de la forêt, il doit faire le choix conscient de s'aventurer par lui-même dans le questionnement sur la mort de son grand-père, sans rien pour le préparer à ce qu'il va trouver. Il apparaît donc assez rapidement que ce récit peut être considéré sous la forme d'un conte : à la suite du décès d'un proche, un petit garçon s'aventure dans une forêt pour… Pour quoi au fait ? Visiblement, il n'entretient pas de lien affectif particulier avec les adultes présents, ou bien ses parents sont occupés avec d'autres adultes, et il s'éloigne de cette atmosphère pesante pour se promener. Dans un conte, une forêt recèle forcément des surprises, et souvent des dangers, des créatures ou des individus auxquels le lecteur sait bien qu'il ne fait surtout pas faire confiance. Effectivement, le petit garçon se retrouve face à un ou deux monstres. Il fuit le premier, se cache du deuxième, regarde avec appréhension le troisième, pas très sûr de comment il doit les envisager autrement que comme des dangers évidents. le dessinateur n'essaye pas de leur donner une forme plausible ou merveilleuse. Il les représente avec la même approche descriptive, avec la même densité de textures. le premier est un géant sans bras entièrement recouvert de longs poils qui ne laisse pas voir son visage, et qui obligent à deviner la forme globale de sa silhouette, sans réelle certitude de son physique. le second est une femme nue flottant dans les airs, avec ses cheveux lui masquant le visage. L'apparence du troisième permet au lecteur de comprendre qu'il s'agit selon toute vraisemblance de la manière dont le petit garçon personnifie la mort. N'ayant pas les constructions mentales lui permettant d'en faire un concept, il l'imagine sous forme d'un monstre ou d'un autre, par association d'idées avec les mots qu'il a pu entendre dans la bouche des adultes. Au cœur de la forêt, il trouve non pas un trésor, mais une personne : toujours sans aucun mot, l'auteur sait mettre en scène un processus psychologique complexe permettant à l'enfant d'accepter cette mort. Le récit peut également être considéré comme une métaphore de ce processus psychologique. Sans un mot, uniquement avec des images formant un récit, l'auteur parvient à évoquer l'isolation de l'enfant dans un monde d'adultes, ne parvenant pas à donner un sens à l'adieu au défunt, hautement ritualisé, par des pratiques qui ne restent indéchiffrables pour l'enfant. L'esprit de celui-ci se met alors à vagabonder, laissant son imagination prendre le dessus. Ses pensées s'aventurent dans des territoires jusqu'alors inexplorés. Son imagination fait en sorte de conjurer des images de la mort à partir des contes qu'on lui a lus, des illustrations qu'il a déjà pu observer. Ce processus mental le ramène tout naturellement à l'objet qui préoccupe toutes les personnes rassemblées par l'occasion. L'enfant formule alors tout naturellement une stratégie lui permettant de concevoir avec ses moyens et son expérience de la vie, comment appréhender ce phénomène et comment vivre avec. Le titre de cette collection explicite qu'il s'agit d'un exercice de style : raconter une histoire en vingt-cinq images sans mot. Une première lecture laisse un sentiment de frustration : trop rapide, des dessins trop pragmatiques, pas de place pour l'interprétation ou pour l'imagination. Une seconde lecture permet d'apprécier comment l'auteur s'y est pris pour évoquer le processus de deuil chez un enfant, dans l'idée qu'il ne peut pas être identique à celui des adultes, que les rituels mis en place par eux ne font pas sens pour l'enfant. Vu sous cet angle, cette bande dessinée révèle alors son ambition et sa réussite apparaît.

27/07/2024 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Hong Kong - Révolutions de notre temps
Hong Kong - Révolutions de notre temps

Un bon album qui explique bien la situation à Hong Kong, cette ancienne colonie qui est revenu que tardivement dans le giron chinois et du coup a développé une histoire et un mode de pensé différent du reste de la Chine ce qui va finir par mener aux répressions qu'on connait. C'est du documentaire comme je l'aime. On explique bien la situation particulière de Hong Kong, son histoire et les événements qui ont mené aux affrontent entre une bonne partie de la population avec les forces de l'ordre chinoise. Tout est clair et précis et un lecteur qui n'a que de vagues connaissances sur le sujet ne va pas se perdre. J'ai eu du plaisir à apprendre des choses sur Hong Kong et le tout est servit par une narration bien dynamique et une mise en scène efficace. Le graphique participe au récit contrairement à d'autres documentaires en BD où tout est plat et on dirait presque que le dessin est facultatif et sert juste attirer des lecteurs jugés trop stupides pour lire un livre qui ne contient pas d'images.

27/07/2024 (modifier)
Par Jeïrhk
Note: 4/5
Couverture de la série Wanted - Portrait de sang
Wanted - Portrait de sang

Un régal ! Court mais efficace. J'adore ce genre de western, surtout avec ce style de dessin. J'ai pris d'autres BD de ce dessinateur et auteur, et ça va bien occuper ma soirée ! Le scénario a quelques facilités, mais on les oublie vite parce qu'on ne s'ennuie jamais. Il y a des touches originales qui apportent un peu de renouveau au genre. Comme ça a déjà été mentionné, il y a un bon équilibre dans ces éléments originaux, ce que j'ai particulièrement apprécié dans cette lecture. Bref, pas grand-chose à dire de plus. C'est le genre de BD qui nous offre de superbes planches sans être trop chargées, avec peu de dialogues, de la bonne action et des scènes sans retenue : ça se lit vite et on passe un bon moment !

26/07/2024 (modifier)