Les derniers avis (31897 avis)

Couverture de la série Les Sept Ours Nains
Les Sept Ours Nains

Je vais utiliser cet avis pour déclarer mon amour pour les créations d’Emile Bravo. Tout d'abord parce que je trouve son dessin magnifique, simple, propre et expressif, mais aussi parce que je trouve qu’il sait parfaitement manier les récits jeunesse, les rendre agréables et intéressants à tout âge, sans avoir recours aux doubles sens de lecture. Bref, je trouve ses récits frais et inventifs. Ici c’est même très inventif car monsieur Bravo nous propose de la réécriture de conte. Pas forcément une relecture afin d’étayer un propos. Non, non : du gros délire, tout simplement. Les aventures des sept ours nains, c’est un gros gloubi-boulga de contes de fées, un mic-mac de références et de jeux de mots, bref, comme dit précédemment, un gros délire. C’était jouissif à lire quand j’étais enfant, cela le reste tout autant aujourd’hui. A faire découvrir aux enfants comme aux adultes.

08/11/2024 (modifier)
Couverture de la série La Leçon de Pêche
La Leçon de Pêche

Une très belle illustration de l’ineptie du capitalisme à hauteur d’enfant. C’est simple, très court, mais cela sait amener sa morale avec justesse, par une simple remarque à la fin. Même si elle se voit venir quand on est adulte, l’ironie finale reste drôle. Idéal pour ouvrir la discussion avec des enfants. Le dessin d’Emile Bravo est, comme toujours, très beau.

08/11/2024 (modifier)
Couverture de la série L'Incroyable Mademoiselle Bang
L'Incroyable Mademoiselle Bang

C'est en écrivant mon avis que je viens de découvrir le prix gagné par l'autrice Yoon-sun Park à Angoulême. Cela me fait plaisir car j'ai aimé la lecture de ce conte coréen modernisé. Pourtant cela reste assez classique avec une JF,Bang élevée comme un garçon jusqu'à la mort de ses parents et qui préfère garder cette identité malgré les remontrances de sa fidèle servante, madame Ju. Evidemment Bang fera tout mieux que le hommes grâce à son éducation et son intelligence. La trame est donc très convenue mais l'autrice réussie à donner beaucoup de dynamisme à son récit. Les trouvailles pour faire durer la supercherie sont amusantes et le triangle Bang-Bing -Mme Ju bien équilibré dans un humour assez tonique . On trouve même une pointe de fantastique qui donne un peu de piment au récit. Le découpage se fait en petit chapitre se qui permet aux jeunes lecteurs de bien cloisonner leur lecture. Le graphisme est très intéressant avec un trait fin et dynamique qui donne beaucoup de mouvements au visuel. Il y a une abondance de couleurs qui permettent aux enfants de bien s'approprier la série. Concernant la conclusion je pense que l'on peut avoir plusieurs niveau de lecture avec ce coming out de Bang. Une lecture enfantine conduit probablement à accepter son identité profonde de fille vers un bonheur plus maternel alors qu'une lecture adulte me fait penser à une thématique plus moderne à travers une sorte de mariage Gay. La thématique est d'ailleurs en filigrane puisque mme Ju rouspète en disant que " … dans la nature, un bébé a une maman et un papa." On pourrait épiloguer longtemps sur cette vision mais comme le souligne Ro , l'abord du Genre n'est pas si visible pour les enfants. C'est le côté aventure qui domine. A noter qu'il n'y a pas de pages marquées ce qui peut rendre la lecture un peu difficile si l'on cherche des références. Cette série a aussi l'avantage d'ouvrir les enfants sur un univers coréen pas forcément dans leurs lectures habituelles. Je pousse un peu ma note mais la lecture reste plaisante. 3.5

08/11/2024 (modifier)
Couverture de la série L'Emouvantail
L'Emouvantail

Aussi peu d'avis pour cette série pleine de poésie et de douceur, cela me fait un peu mal au cœur. Je suis un grand fan de Renaud Dillies et de la production des éditions de la Gouttière. Une fois encore cette série est une grande réussite en direction d'un jeune lectorat mais aussi de leurs parents. Perso je ne me lasse pas de lire et relire cet auteur. Un épouvantail est fait pour terroriser comme beaucoup de choses qui nous entourent. Mais voilà la nécessité ou l'amour peuvent rapprocher ce qui semble inconciliable et créent un esprit de paix et de bonheur. C'est toute la poésie que transmet un texte à la fois simple et fluide sans aucune mièvrerie trop facile. L'excellent graphisme de l'auteur participe à cette ambiance de douceur poétique tournée vers ce bonheur. Une vraie belle lecture originale à partager dans un format idéal pour les enfants.

08/11/2024 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Pomme Mécanique
Pomme Mécanique

3.5 Second volume de la collection portant sur les récits courts très noirs de Tezuka. On retrouve principalement des récits fantastiques ou de science-fiction, mais aussi un à l'ambiance de polar et une autre qui est plus un récit d'aventure. C'est un vrai pot-pourri avec comme liens le fait que se sont des récits sombres et horribles destiné aux adultes. Enfin, il y a quand même le récit La montagne du démon qui m'a semblé s'adresser à un public plus jeune avec son jeune héros bien gentil comme Tezuka en fabriquait à la douzaine dans la presse jeunesse des années 40-60 et de plus cela finit sur une note très optimiste avec une morale bien gentille pour les enfants. C'est un des deux récits de l'album que j'ai trouvé faible avec le récit Immaculée Conception qui est prévisible du début jusqu'à la fin. Le reste de l'album est bon quoique j'aurais préféré que l'histoire se passant dans le taxi dure plus longtemps parce que j'aime bien l'ambiance de ce récit et aussi je trouve qu'il s'arrête un peu trop brutalement. C'est donc un recueil d'histoires courtes globalement solide dont les fins souvent surprenante rappelle les comics d'EC Comics (mention spécial pour celle du sauvetage dans l'espace qui semble cousu de fil blanc...jusqu'au retournement de situation bien horrible). On retrouve des thèmes chers à l'auteur comme la dénonciation de l'horreur de la guerre. C'est sur que pour aimer il faut ne pas avoir peur du manga rétro qui semblent désuet maintenant et ne pas être allergique à Tezuka, mais si vous être fan de l'auteur c'est à lire.

07/11/2024 (modifier)
Couverture de la série Rebis
Rebis

J’ai adoré cet album. Les dessins sont magnifiques, très colorés et tout en rondeurs. Les thèmes abordés, bien que simples dans leur traitement, me parlent énormément. Le personnage principal est très attachant. La lecture a été on ne peut plus agréable et c’est un gros coup de cœur pour moi. Bref, sur le papier, je mettrais 4 étoiles et un coup de cœur sans état d’âme et puis basta. Mais voilà, l’œuvre souffre tout de même d’un défaut : le rythme du récit est très lent. Un peu normal vu que nous suivons l’évolution d’un personnage, de sa perception de soi et du monde qui l’entoure, sur plusieurs années, mais là c’est quand-même un chouïa trop lent. Le récit reste une histoire feel good sur la découverte et l’épanouissement personnel d’individus en marge de la société, donc un rythme lent qui installe son récit est bienvenu, mais là on a parfois l’impression que le récit se met en pause par moment. Bref, un rythme parfois ballant. Mis à part ça, l’album reste une très bonne lecture. L’histoire qui nous est racontée est celle d’un enfant albinos rejeté par son village (et son propre père) qui va finir par croiser la route de Viviana, une « sorcière » vivant seule dans la forêt suite à la perte d’un être cher. Autour de cette base simple, les autrices traitent de l’exclusion, de l’acceptation de soi, du besoin d’être entouré et soutenu lorsque le plus grand nombre nous veut du mal, et également du genre. L’album tourne beaucoup autour de la question du genre. Du genre féminin, tout d’abord, puisque nous suivons des personnages évoluant pour la majorité dans une sororité de « sorcières ». La figure de la sorcière est ici utilisée, comme souvent, pour représenter les individues en marge de la société, les parias des bonnes gens et surtout la figure féminine sortant des carcans imposés par une société patriarcale. Ici, je précise, tous les hommes sont des gros cons. Certains regretteront sans doute le manque de nuance, je l’excuse facilement car le récit cherche davantage à s’adresser à la figure de la sorcière, des rejetées, plutôt qu’à celle du bourreau. Peut-être un manque de subtilité aux yeux de certaines personnes, personnellement cela ne m'a pas dérangé et j'ai aisément pu passer outre. Mais alors, si tous les hommes sont cruels et violents dans cette histoire, comment notre protagoniste, présenté comme un garçon, peut-il rejoindre cette sororité au cœur du récit ? Eh bien par un petit twist très simple : en se révélant ne pas être un garçon. En effet, Rebis n’est pas que le titre de l’album, c’est également le nom que prendra la jeune fille suite à sa renaissance. Renaissance d’ailleurs symbolisée par la petite larve d’insecte qu’elle a sauvée et protégée des années avant qu’elle ne finisse par éclore et s’envoler. Scène d’envol où elle apprend à sa sœur son changement (l’échange est sous-entendu mais on la verra bien la genrer au féminin par la suite). D’ailleurs, mis à part les brutes du village, tout le monde genre Rebis au féminin après ça. Je ne sais pas si je pourrais qualifier Rebis de femme transgenre, ne serait-ce que parce que rapporter des notions modernes à des personnages ayant vécu dans une société différente est casse-gueule, mais l’histoire ayant été écrite par des autrices contemporaines c’est comme ça que je l’ai interprétée. Après tout, si le personnage principal et l’œuvre portent tout deux le nom de Rebis (mot issu du lexique alchimique pour désigner un corps hermaphrodite) ce n’est sans doute pas pour rien. Bref, je déblatère, je déblatère… Rebis est une très bonne histoire traitant de sujets qui me parlent beaucoup, donc je vais essayer de remonter un peu sa note. (Note réelle : 3,5)

07/11/2024 (modifier)
Couverture de la série La Bande à Ed
La Bande à Ed

Cette série me semble injustement méconnue. Comme Spooky et PseudoRandom75, je suis tombé sous le charme de cette série. Formidable dit même Spooky et je suis bien d'accord. J'ai un faible pour les série qui traitent du Handicap avec justesse. Ici Jak et Geg y ajoutent un environnement de cité à la fois drôle, caustique et souvent touchant. J'ai beaucoup aimé que l'on montre cette cité du Val Fleuri sous un jour bien meilleur que les traditionnels reportages. Cette cité se trouve à Mantes la Jolie dans les Yvelines, elle a été sous le feu des projecteurs plusieurs fois et qu'une série humoristique la mette au centre de son récit me semble une bonne chose. Toutefois les auteurs ne versent pas dans un angélisme béat et si ils reprennent une vision Black Blanc Beur qui s'essoufflait c'est avec beaucoup d'humour soutenu par un texte d'une très bonne qualité avec des gags presque toujours drôles. C'est parfois caustique avec une belle galerie de portraits beaufs qui feraient pâlir d'envie les versions originales. Le graphisme est simple et correspond aux codes des récits humoristiques traditionnels. C'est dynamique à la fois au texte et au visuel. Un formidable esprit traverse cette série. Tient j'ai dit formidable.

07/11/2024 (modifier)
Couverture de la série La Leçon de Pêche
La Leçon de Pêche

Je suis raccord avec les précédents aviseurs pour apporter une louange de plus à cette brillante série pour enfants. Il y a beaucoup d'intelligence dans ce récit qui peut être lu comme un conte éthique. D'ailleurs le titre de la nouvelle d'Heinrich Böll (prix Nobel de littérature) dont Bernard Friot adapte la nouvelle parle d"Arbeitsmorale" que l'on traduit par l'éthique du travail. Friot actualise cette nouvelle de 1963 en mettant l'accent sur la bêtise d'un capitalisme sauvage, d'une course insensée au profit avec un sous-entendu fort sur l'impact écologique d'un tel comportement. En 1963 cette dernière vision était probablement peu sensible car la mer était alors considérée comme une ressource inépuisable. Le récit est donc d'une modernité qui nous accable. La trentaine de pages d'un récit qui nous capture de plus en plus à la manière d'une Pierrette avec son pot de lait ne présente aucun temps mort. C'est au niveau des jeunes lecteurs comme des adultes. L'excellence de cette série est amplifiée par le formidable graphisme d'Emile Bravo dont je suis un grand fan. L'auteur reprend un dessin qui rappelle beaucoup Les Sept Ours Nains avec un côté décalé voire caustique dans l'attitude d'un touriste à la Fantasio très envahissant face à un vieux loup de mer qui nous rappelle ce bon capitaine Haddock. Ma seule réserve tient à la couverture qui oublie le nom de Bernard Friot. Une excellente lecture pour initier les petits à la réflexion intelligente.

07/11/2024 (modifier)
Couverture de la série Peter Pan de Kensington
Peter Pan de Kensington

Peter Pan avant Peter Pan. Je ne connaissais pas trop les différentes ébauches/versions du personnages et de l’univers concoctées par Barrie (tout est bien présenté dans une introduction), mais cette histoire, sans avoir la profondeur du texte ultérieur plus connu (c’est plus court, ça se déroule sur un laps de temps plus restreint, et il n’y a pas la foule de personnage secondaires qui accompagneront ensuite Peter dans ses rêves – même si le capitaine Crochet apparait le temps d’une case), se révèle – en tout cas dans cette adaptation, très plaisante. Le dessin de Munuera – et sa colorisation aussi d’ailleurs ! – sont vraiment très bons et très beaux. C’est simple, mais il arrive parfaitement à retranscrire ce mélange d’onirisme, d’enfantillages et de questionnements philosophiques en images. Le rendu est très chouette. Sans doute moins âpre et noire que la version de Loisel, mais franchement agréable à regarder. L’histoire en elle-même est assez simple. Le temps d’une soirée et d’une nuit, nous suivons Peter et Maimie, gamine en peu perdue, dans un jardin londonien, celui de Kensington donc. On y croise des fées, une reine sosie miniature de Victoria, un corbeau qui parle. Et bien sûr Peter qui vole, qui règne dans cet univers poétique où l’imagination est au pouvoir. L’album se laisse lire agréablement, très rapidement, et complète la superbe série de Loisel en donnant à l’univers de Barrie une tonalité moins angoissante et noire.

07/11/2024 (modifier)
Par Hervé
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Tomcat
Tomcat

Cet album est un double hommage de l’auteur, rappelé dans une élégante préface, à sa mère, décédée aux commandes de son avion, et à Kara Hultgreen, première femme pilote de chasse. Mais l’objet principal de ce récit est bien sûr le F-14 « Tomcat », emblème de la guerre froide. J’avoue avoir été assez déstabilisé par l’incipit de cette aventure, je ne suis pas en effet fan des albums se conjuguant à la première personne lorsqu’il s’agit d’objet ou de machine (à l’instar de La Bombe d’Alcante, Bollée et Rodier). J’ai appris beaucoup à la lecture de ce one-shot, qui est en fait plus une bande dessinée documentaire qu’un récit d’aventure : ce qui a inspiré « Top Gun », mais surtout le destin extraordinaire de Kara Hultgreen. Comme certains je pense, j’ai fait des recherches sur internet pour en savoir plus sur cette pilote de chasse que je ne connaissais pas du tout. Mais ce qui fait la force de cet album réside dans le dessin de Romain Hugault qui s’est surpassé ici. Une véritable claque visuelle ! Les planches présentées viennent, il faut l’avouer, combler un scénario assez classique, même si le découpage choisi est assez surprenant (une partie sur le Tomcat et l’autre sur Kara Hultgreen). Je crois n’avoir raté aucun album de ce dessinateur depuis ses débuts mais je suis sûr de le relire plusieurs fois rien que pour la beauté des planches. Il faut dire que j’ai acheté la version grand format (déjà épuisée chez le distributeur) limitée à 3000 exemplaires et qui en met pleins la vue au lecteur. Une véritable réussite et Romain Hugault a fait le bon choix de s’associer avec une nouvelle scénariste pour se renouveler. En effet,le scénario du dernier album co-signé avec Yann (" Anything Goes" de la série Angel Wings), volait vraiment très bas ! Seul le dessin avait sauvé l’album, à mon avis. Je recommande vivement la lecture de récit, qui s’achève de manière émouvante.

07/11/2024 (modifier)