J ai acquis ce livre à petit prix dans une bourse aux livres de médiathèque municipale. Quelle bonne surprise !
Des dessins de merveilleuse qualité, un scénario qui nous tiens en haleine toute la lecture.
J’avais de nombreux aprioris sur ce livre de part son format, sa couverture, le sujet abordé mais j’ai eu tord.
Superbe récit plein d’espoir comme l’indique le titre de l’œuvre. Je ne peux que vous le conseillé.
Faire des biographies en BD sur des figures modernes controversées semble être à la mode. Ici, on a donc droit à la biographie de Recep Tayyip Erdogan qui dirige la Turquie depuis plus de deux décennies.
La biographie raconte sa vie jusqu'à son ascension au pouvoir. On ne voit donc pas son règne comme premier ministre puis président de la Turquie. Cela peut-être un peu décevant, mais au moins cela permet de mieux développer l'histoire de sa vie parce que les auteurs ont en long à dire sur plus de 300 pages très complet. J'espère juste qu'il va avoir une suite qui servirait de complément à ce très bon album. On suit donc Erdogan de sa jeunesse à son ascension au pouvoir ultime après avoir subit plusieurs revers politiques. J'ai trouvé que c'était intéressant parce qu'on voit que c'est un animal politique rusé qui sait comment rebondir chaque fois qu'il est au bord du gouffre et semble fini.
À travers lui, on voit aussi la complexité de la société turque qui est pris entre la laïcité et un islam plus traditionnel et qui est aussi sujet à des coups d'états par les militaires. J'ai adoré découvrir la politique de ce pays. L'histoire d'Erdogan est malheureusement commun si on connait l'histoire de l'Islam politique: soutient du pouvoir et de l'occident qui préfère les traditionnelles à la gauche révolutionnaire, double jeu de la part d'Erdogan qui se prétend plus moderne et ouvert d'esprit en mettant en avant des femmes, il a des premiers bons résultats parce que l'opposition est divisé, lorsqu'on se rends contre que les extrémistes ont trop de pouvoir c'est un peu trop tard et dès qu'il a du pouvoir il montre son vrai visage. Le plus triste est qu'il le montre lorsqu'il a été maire d'Istanbul, mais il y avait encore des naïfs pour croire ses mensonges. Cela rappel certains politiciens d'extrême-droite occidentaux qui peuvent dire tout ce qu'ils veulent, il y aura toujours des gens pour les défendre !
Les auteurs sont deux ressortissants qui sont contre le régime d'Erdogan, mais ils essaient d'être le plus neutre possible et il y a donc des moments où Erdogan peut paraitre sympathique et comme une victime. Le dessin est vraiment plaisant à regarder, c'est le style réaliste que j'aime retrouver dans un documentaire.
Comme pour son précédent opus, « Le Jardin- Paris », Gaëlle Geniller nous emmène une fois encore dans son univers si particulier, hors du temps, et cela est fort plaisant. Après le monde des cabarets aux velours froufroutants, elle nous invite dans un immense manoir victorien aux recoins sombres où des fantômes ont élu domicile.
A la façon des spectres du récit, qu’il s’agisse des trois corneilles, des portraits ou de cette ombre un peu inquiétante, le lecteur va observer Guerlain déambuler dans les vastes pièces de la demeure, en cherchant le sommeil comme les réponses aux questions qui l’assaillent. Notamment cette amnésie sur son enfance dans les lieux, amnésie qui a fait du jeune dandy trentenaire une sorte de zombie fragile, marqué par la fatigue avant l’âge. Présence rassurante, son fils Nisse semble avoir ce don de converser avec les esprits du lieu et sera peut-être celui qui l’aidera à recomposer le puzzle d’une vie où les souvenirs se sont émiettés. Constamment en éveil, c’est le gamin qui va trouver par hasard dans un tiroir un herbier oublié par son père. Il s’avère que celui-ci l’avait fabriqué durant son enfance, en imaginant que chaque fleur correspondait à une émotion…
Et pourtant, il ne manque pas d’amour, Guerlain. Choyé par son épouse depuis le premier coup de foudre il y a douze ans, qui doit le rejoindre dès qu’elle sera moins accaparée par son boulot, admiré par son fils dont l’affection est totalement réciproque, couvé par ses trois sœurs qui l’appellent sans relâche pour savoir s’il va bien, le jeune homme *
ne trouve pas le temps d’aller mal, même si au fond de son âme, il ressent comme un manque, avec cette sensation d’être prisonnier d’un labyrinthe aux parois de verre. C’est alors une quête irréelle qui va s’engager pour lui permettre de remonter le fil de son enfance égarée…
A l’instar du « Jardin – Paris », « Minuit passé » est un pur enchantement graphique, traversé par une poésie immersive aux senteurs florales, peut-être celles des pétales déposées délicatement sur le visage de Guerlain par les trois corneilles… On a vraiment l’impression d’y être dans cette demeure, où tout n’est que calme et volupté. Le trait tout en finesse est rehaussé d’une savante mise en couleur, qui rappelle le travail de Mayalen Goust avec son récent « D’or et d’oreillers », davantage dans le registre du conte noir. Ce qui distingue Gaëlle Geniller de sa consœur, c’est clairement l’influence manga pour la représentation des visages, mais néanmoins cette autrice creuse son propre sillon, loin des codes « industriels » de la BD nipponne. C’est avec générosité qu’elle nous offre ici un travail d’orfèvre pour ravir nos pupilles gourmettes.
Avec « Minuit passé » ce n’est pas tant la narration qui marquera le lecteur que la sensation éthérée qui s’en dégage, car il faut l’avouer, les plus impatients risquent de ne point y trouver leur compte. Le livre se déguste à la façon d’un scone qu’on prendrait à l’heure du thé dans un salon anglais, et sans risque de trouver de l’arsenic dans sa tasse. Ainsi se décrit l’univers de Gaëlle Geniller, un univers aimable et chatoyant, sorte de cocon étranger à la violence du monde. Certains esprits chagrins le déploreront peut-être, mais il sera difficile pour toute âme amoureuse du beau de résister au charme de ce que l’on pourrait qualifier d'oasis graphique. On notera pour terminer le travail éditorial, assez rare faut-il le préciser, sur les tranches de l’ouvrage agrémentées de jolis motifs floraux aux tonalités vertes. Un raffinement jusqu’au bout de l’objet, et un argument de plus en faveur du livre imprimé…
J'ai acheté ce livre dans une bourse aux livres de bibliothèque municipale et donc payé un tout petit prix. Je n’en attendais rien et la couverture ne m’a pas franchement attirée mais, je ne suis pas déçue de cet ouvrage, que je trouve très optimiste.
Il se dévore rapidement et je regrette simplement l’absence de couleur de l’album (nuances de noir et blanc). Une bande dessinée qui nous éclaire sur le sens de nos vies et la perception que l’on peut avoir de la réussite.
Je recommande !
3.5
Un bon documentaire qui montre les efforts que l'historienne Rebecca Hall a faits pour retrouver des informations sur la révolte d'esclaves faite par des femmes noires.
J'avais un peu peur au début parce que je n'aime pas trop le dessin qui est typé dans le style underground américain que je n'aime pas trop, mais j'ai fini par m'habituer parce que la quête de Hal est passionnante à lire. J'aime l'histoire et j'ai bien aimé voir comment est fait le travail de recherche d'une historienne. On voit notamment que c'est souvent difficile d'avoir accès à des archives, car certaines personnes haut placées n'ont pas trop envie qu'on rouvre le dossier sur l'esclavage transatlantique. Rebecca Hall met aussi les points sur les i sur certaines idées reçues sur l'esclavage. À travers les témoignages qu'elle réussit à retrouver, on sent la déshumanisation des noirs (les esclaves n'ont plus de noms ou de passés) et aussi le sexisme dans la société patriarcale.
Un one-shot pour ceux qui s'intéressent à des questions sociales qui sont encore d'actualité, et qui le seront malheureusement pendant encore longtemps.
Un petit avis rapide pour conforter la bonne côte de cet album. Mon ressenti serait plus proche du 3,5 mais je bonifie de bon cœur tant l’exercice m’a semblé réussi.
Je suis un grand amateur de whisky, Masataka Taketsuru ne m’était pas inconnu et je connaissais dans les grandes lignes son histoire … et malgré tout ça, j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir cette bd.
La partie graphique m’a d’emblée convenu, on y remarque bien quelques imperfections mais elle sied parfaitement au récit, lui ajoutant même une belle plus-value. On dévore facilement les plus de 100 pages. Sympa.
Mais la vrai surprise, vraiment agréable qui plus est, va vraiment pour la façon de raconter le parcours de notre rêveur japonais. L’histoire est belle mais elle est ici sublimée façon fresque romanesque (mais sans en faire trop). Malgré de nombreux bons temporels, ça reste fluide et les périodes explorées sont judicieuses et intéressantes (je minorais pas mal d’obstacles rencontrés). J’ai aimé connaître la rivalité entre les 2 grandes maisons du whisky japonais par ex. Non vraiment bien construit, on ressent même ce petit moment d’émotions à la toute fin lors de la reconnaissance.
Finalement, le seul gros défaut décelé est de donner envie de boire un de ces breuvages maltés de l’île du soleil levant … et si je leurs reconnais de grandes qualités, ils ont malheureusement été victimes de leurs immense succès, leurs prix sont maintenant tout simplement excessifs. Petit coup de gueule perso !! mais ça n’enlève en rien à la lecture ;)
La Cité des secrets, c'est une agréable série d'aventure jeunesse en deux tomes.
Le premier tome se déroule à Oskars, une gigantesque ville construite sur plusieurs étages et où chaque strate catégorise une tranche différente de la population, les plus fortuné-e-s se trouvant bien évidemment dans les étages supérieurs. On y suit Ever, un jeune orphelin protégeant un secret et fuyant d'étranges personnes souhaitant sa mort, ainsi que Hannah, une riche jeune fille du dernier étage dont la curiosité va faire croiser la route d'Ever. Ensemble, iels vont essayer de percer les mystères de cette étrange cité, en tentant tant bien que mal de survivre face aux affrontements d'une organisation secrète et d'un syndicat d'assassins.
Ce premier album part sur une base simple mais arrive à donner une fraîcheur et un charme très sympathique à son résultat. Cette gigantesque ville mécanique dans laquelle sont dissimulés de nombreux leviers et boutons secrets est fascinante et donne sincèrement envie d'être explorée. Le mystère est prenant, le tension marche, il y a un petit côté "Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire" avec ces organisations secrètes aux signes étranges tirant les ficelles dans l'ombre et se tirant des bâtons dans les roues, ... Mais cet album brille surtout à mes yeux pour son découpage de l'action et sa représentation des mouvements. La ville bouge sans cesse, par ses mécanismes activant et déplaçant des plateformes, à l'horizontale comme à la verticale, les personnages qui s'affrontent le font avec une aisance et une grâce qui me ferait presque penser à de la danse, … Bref, ça bouge beaucoup et surtout ça bouge bien. Pour être honnête, je pense même qu'il y a ici un bon matériau de base pour une adaptation en film ou série animé-e.
Malheureusement, le second tome m'a un peu moins emballée. Cette fois-ci plus classique, plus rapide sur sa conclusion aussi, il m'a moins plu. La qualité est toujours là, le dessin de Victoria Ying est toujours aussi beau, et cette nouvelle ville d'Alexios a son esthétique qui la différencie un peu d'Oskars, mais les éléments s'enchaînent un peu trop vite, on nous introduit certaines choses un peu trop sans explications. Par exemple, là ou le premier album tenait à nous préciser qu'il n'y avait pas de magie (même si une ambiance très fantastique avec ces vestiges mécaniques), cette fois-ci on nous explique qu'il en existe en fait une. Et elle est très importante apparemment, parce que tout l'acte final tourne autour. Nos protagonistes brillent un peu moins par leur perspicacité, semblent moins entreprenants, mais il faut dire aussi que cette fois-ci iels ne jouent plus à domicile, devant survivre dans une ville qui leur est inconnue (ou presque, Hannah la connait un peu). Mais la morale de fin de cette série semblant être la paix et l'harmonie, on peut comprendre qu'Ever et Hannah soient légèrement mis en retrait, afin d'aussi mettre en avant d'autres personnages avec qui il faudra bien sûr s'allier. Le message de fin sur l'harmonie est d'ailleurs un peu trop "sucré" sur la forme je pense, mais il reste louable.
La série reste bien, même si le deuxième tome ne m'a pas semblé à la hauteur du premier.
Bonne aventure jeunesse.
(Note réelle 3,5)
Il faut peut-être un peu de temps pour entrer dans le récit, mais le trait dynamique de N. Gobbi, et surtout l'humour du scénario de S. Laliberté font de ce roman graphique un voyage très intéressant dans la tête des archéologues. J'ai vraiment beaucoup aimé voir comment se faisait la construction du savoir et de la recherche dans cette discipline dont on entend souvent parler, mais dont on ne sait pas vraiment comment les archéologues travaillent ! Non, vraiment très sympa, et on découvre aussi à quoi servait les cerfs volants (franchement c'est étonnant et assez fascinant), et puis il y a les histoire de plans d'architecture à l'échelle les plus anciens, ça c'est assez fou quand même ! Voilà, une bédé que je recommande chaudement !
Allez, je fais remonter la moyenne de cet album. Comme je l’explique déjà dans mon avis sur Histoire de la Grande Chartreuse en BD, j’ai grandi au pied de la Chartreuse, et la liqueur verte au cœur de cette histoire occupe une place importante dans ma vie, et ce depuis mon enfance : « Mal au cœur ? Quelques gouttes de Chartreuse sur un sucre te feront du bien ». Ah, c’était une autre époque. Elle se trouve aussi dans certains chocolats produits localement, se rajoute dans le chocolat chaud pour se réchauffer les pieds après le ski… bref, elle est partout !
Le scenario de Laurent Bidot raconte parfaitement l’histoire compliquée et la longue gestation du fameux digestif, dont la recette a été perdue, retrouvée, et adaptée moultes fois au cours des siècles… passionnant pour le régional que je suis.
Par contre comme le dit canarde dans son avis, l’auteur a choisi de greffer à son récit une enquête moderne pas vraiment palpitante… j’aurais à titre personnel préféré que les pages soient utilisées pour développer l’aspect historique. Bon, rien de grave, ça n’a pas gâché ma lecture.
La mise en image est un peu académique, mais sert parfaitement le récit. La Grande-Chartreuse et ses alentours sont superbement représentés.
Une note un peu généreuse, mais qui représente vraiment mon engouement pour cette boisson, et les moines et montagnes qui lui sont associés.
Difficile d'être parfaitement objectif sur cette bande dessinée... L'histoire des carmélites de Compiègne est bien connue depuis que Bernanos en a tiré sa célèbre pièce de théâtre Le Dialogue des Carmélites, adapté à l'opéra (par Poulenc) et au cinéma. C'est surtout un des récits les plus poignants que je connaisse, et quel que soit le média par lequel je redécouvre cette histoire, j'en ressors toujours sous le coup d'une émotion difficilement contrôlable.
Il est donc évident que cette bande dessinée a pas mal de défauts. Le principal est pour moi à trouver au niveau de la narration. Non que les auteurs aient mal synthétisé cette histoire, ils s'en sortent plutôt honorablement (même si j'aurais parfois fait certains choix différents), mais on trouve régulièrement des phylactères qui chevauchent la case du dessus, comme s'il n'y avait pas assez de place dans cette bande dessinée pour y mettre tous les dialogues. Le problème est que parfois, on ne sait plus si on doit lire le phylactère au moment où on lit le strip du dessus ou du dessous. C'est un peu du détail, mais ça gêne régulièrement la fluidité de lecture.
L'autre petit reproche que je ferai sur la forme à cette bande dessinée, c'est qu'elle a tendance à multiplier inutilement les astérisques. C'est souvent intéressant, car cela apporte une information sur les sources historiques ou le contexte de l'époque, mais il y aurait souvent eu moyen de caser l'information délivrée dans une ligne supplémentaire de dialogue.
Sur le fond, à titre personnel, je n'aurais pas grand-chose à redire. Toutefois, il est probablement utile de préciser qu'on est face à une bande dessinée catholique adressée en priorité à un public catholique, les éditions Plein Vent semblant être spécialisées dans ce type de créneau qu'occupent également les Éditions du Triomphe (pas uniquement des oeuvres religieuses, donc, mais on perçoit bien leur ligne éditoriale). Rien de gravissime, ça ne signifie pas qu'un lecteur non catholique restera sur le carreau, mais il trouvera sans doute peu d'intérêt dans la plupart des dialogues, qui tournent essentiellement autour de la notion de sacrifice (d'holocauste, au sens religieux du terme, exactement), des persécutions de la Terreur envers l'Église, et de la fidélité à ses vœux religieux.
La portée du récit va toutefois bien au-delà de son aspect religieux, et ce qui me saisit le plus à chaque fois, personnellement, c'est le courage et la force incroyables de ces seize femmes résistant à l'oppression révolutionnaire. Je suis toujours fasciné par cet esprit de douceur et d'humilité qu'elles opposèrent à la brutalité de ces hommes qui voulaient leur enlever leur liberté au nom de... la liberté, justement. On comprend que la vocation religieuse et le fait d'aller s'enfermer dans un cloître loin du monde puisse étonner voire choquer la conscience d'hommes non religieux. Mais il est odieux de penser qu'on ait pu vouloir interdire à des femmes ayant fait ce choix librement et sans contrainte de continuer à vivre comme elles l'entendaient. Alors imaginer qu'on ait pu aller jusqu'au meurtre, et les exécuter en place publique uniquement pour cette raison est quelque chose qui dépasse mon entendement. Encore une de ces innombrables contradictions de cette Révolution française, dont les actes furent rarement accordés au discours...
Bref, on comprendra donc que mon attachement à cette bande dessinée porte probablement davantage au sujet dont elle traite qu'aux qualités intrinsèques de l'album. J'apprécie toutefois la rigueur historique dont font preuve les auteurs en plaçant le plus souvent possible dans la bouche de leurs personnages des dialogues qu'on sait authentiques et en citant leurs sources (l'épisode étant fort bien documenté, ce qui laisse peu de place au doute et à l'interprétation).
Malgré ses défauts de narration, j'ai tout de même été particulièrement séduit par le dessin de Fabrizio Russo, qui est vraiment magnifique. On est habitué au style réaliste toujours un peu maladroit de ces bandes dessinées biographiques typiques des éditions catholiques comme le Triomphe ou Plein Vent, mais ici, Russo sait lui insuffler une âme supplémentaire, qui change beaucoup de choses. C'est très vivant, souvent trop coloré, mais on s'y croit. Et certains passages de la narration visuelle confinent à l'excellence. Mention spéciale à cette mise en parallèle de deux cases : l'une où la religieuse est allongée les bras en croix par terre le jour de ses voeux religieux (symbole de sa mort au monde pour renaître à la vie religieuse) et l'autre où elle est allongée la tête sous la guillotine... Magnifique.
Voilà donc une lecture que je ne recommande pas à tout le monde, au vu de la portée religieuse de son sujet et de sa manière de le raconter, il est nécessaire d'avoir quelque appétence pour ce genre de récit. Pour ma part, j'ai tout de même ressenti la même émotion qu'à la lecture/vision de chacune des oeuvres traitant des carmélites de Compiègne, et je trouve toujours louable qu'on continue encore aujourd'hui à raconter l'histoire de ces femmes qui surent préserver leur foi et leur liberté jusque dans la mort. Les injustices terribles qu'elles ont subies leur méritent de ne pas sombrer dans l'oubli.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Lucy - L'Espoir
J ai acquis ce livre à petit prix dans une bourse aux livres de médiathèque municipale. Quelle bonne surprise ! Des dessins de merveilleuse qualité, un scénario qui nous tiens en haleine toute la lecture. J’avais de nombreux aprioris sur ce livre de part son format, sa couverture, le sujet abordé mais j’ai eu tord. Superbe récit plein d’espoir comme l’indique le titre de l’œuvre. Je ne peux que vous le conseillé.
Erdogan - Le nouveau sultan
Faire des biographies en BD sur des figures modernes controversées semble être à la mode. Ici, on a donc droit à la biographie de Recep Tayyip Erdogan qui dirige la Turquie depuis plus de deux décennies. La biographie raconte sa vie jusqu'à son ascension au pouvoir. On ne voit donc pas son règne comme premier ministre puis président de la Turquie. Cela peut-être un peu décevant, mais au moins cela permet de mieux développer l'histoire de sa vie parce que les auteurs ont en long à dire sur plus de 300 pages très complet. J'espère juste qu'il va avoir une suite qui servirait de complément à ce très bon album. On suit donc Erdogan de sa jeunesse à son ascension au pouvoir ultime après avoir subit plusieurs revers politiques. J'ai trouvé que c'était intéressant parce qu'on voit que c'est un animal politique rusé qui sait comment rebondir chaque fois qu'il est au bord du gouffre et semble fini. À travers lui, on voit aussi la complexité de la société turque qui est pris entre la laïcité et un islam plus traditionnel et qui est aussi sujet à des coups d'états par les militaires. J'ai adoré découvrir la politique de ce pays. L'histoire d'Erdogan est malheureusement commun si on connait l'histoire de l'Islam politique: soutient du pouvoir et de l'occident qui préfère les traditionnelles à la gauche révolutionnaire, double jeu de la part d'Erdogan qui se prétend plus moderne et ouvert d'esprit en mettant en avant des femmes, il a des premiers bons résultats parce que l'opposition est divisé, lorsqu'on se rends contre que les extrémistes ont trop de pouvoir c'est un peu trop tard et dès qu'il a du pouvoir il montre son vrai visage. Le plus triste est qu'il le montre lorsqu'il a été maire d'Istanbul, mais il y avait encore des naïfs pour croire ses mensonges. Cela rappel certains politiciens d'extrême-droite occidentaux qui peuvent dire tout ce qu'ils veulent, il y aura toujours des gens pour les défendre ! Les auteurs sont deux ressortissants qui sont contre le régime d'Erdogan, mais ils essaient d'être le plus neutre possible et il y a donc des moments où Erdogan peut paraitre sympathique et comme une victime. Le dessin est vraiment plaisant à regarder, c'est le style réaliste que j'aime retrouver dans un documentaire.
Minuit Passé
Comme pour son précédent opus, « Le Jardin- Paris », Gaëlle Geniller nous emmène une fois encore dans son univers si particulier, hors du temps, et cela est fort plaisant. Après le monde des cabarets aux velours froufroutants, elle nous invite dans un immense manoir victorien aux recoins sombres où des fantômes ont élu domicile. A la façon des spectres du récit, qu’il s’agisse des trois corneilles, des portraits ou de cette ombre un peu inquiétante, le lecteur va observer Guerlain déambuler dans les vastes pièces de la demeure, en cherchant le sommeil comme les réponses aux questions qui l’assaillent. Notamment cette amnésie sur son enfance dans les lieux, amnésie qui a fait du jeune dandy trentenaire une sorte de zombie fragile, marqué par la fatigue avant l’âge. Présence rassurante, son fils Nisse semble avoir ce don de converser avec les esprits du lieu et sera peut-être celui qui l’aidera à recomposer le puzzle d’une vie où les souvenirs se sont émiettés. Constamment en éveil, c’est le gamin qui va trouver par hasard dans un tiroir un herbier oublié par son père. Il s’avère que celui-ci l’avait fabriqué durant son enfance, en imaginant que chaque fleur correspondait à une émotion… Et pourtant, il ne manque pas d’amour, Guerlain. Choyé par son épouse depuis le premier coup de foudre il y a douze ans, qui doit le rejoindre dès qu’elle sera moins accaparée par son boulot, admiré par son fils dont l’affection est totalement réciproque, couvé par ses trois sœurs qui l’appellent sans relâche pour savoir s’il va bien, le jeune homme * ne trouve pas le temps d’aller mal, même si au fond de son âme, il ressent comme un manque, avec cette sensation d’être prisonnier d’un labyrinthe aux parois de verre. C’est alors une quête irréelle qui va s’engager pour lui permettre de remonter le fil de son enfance égarée… A l’instar du « Jardin – Paris », « Minuit passé » est un pur enchantement graphique, traversé par une poésie immersive aux senteurs florales, peut-être celles des pétales déposées délicatement sur le visage de Guerlain par les trois corneilles… On a vraiment l’impression d’y être dans cette demeure, où tout n’est que calme et volupté. Le trait tout en finesse est rehaussé d’une savante mise en couleur, qui rappelle le travail de Mayalen Goust avec son récent « D’or et d’oreillers », davantage dans le registre du conte noir. Ce qui distingue Gaëlle Geniller de sa consœur, c’est clairement l’influence manga pour la représentation des visages, mais néanmoins cette autrice creuse son propre sillon, loin des codes « industriels » de la BD nipponne. C’est avec générosité qu’elle nous offre ici un travail d’orfèvre pour ravir nos pupilles gourmettes. Avec « Minuit passé » ce n’est pas tant la narration qui marquera le lecteur que la sensation éthérée qui s’en dégage, car il faut l’avouer, les plus impatients risquent de ne point y trouver leur compte. Le livre se déguste à la façon d’un scone qu’on prendrait à l’heure du thé dans un salon anglais, et sans risque de trouver de l’arsenic dans sa tasse. Ainsi se décrit l’univers de Gaëlle Geniller, un univers aimable et chatoyant, sorte de cocon étranger à la violence du monde. Certains esprits chagrins le déploreront peut-être, mais il sera difficile pour toute âme amoureuse du beau de résister au charme de ce que l’on pourrait qualifier d'oasis graphique. On notera pour terminer le travail éditorial, assez rare faut-il le préciser, sur les tranches de l’ouvrage agrémentées de jolis motifs floraux aux tonalités vertes. Un raffinement jusqu’au bout de l’objet, et un argument de plus en faveur du livre imprimé…
L'Echangeur
J'ai acheté ce livre dans une bourse aux livres de bibliothèque municipale et donc payé un tout petit prix. Je n’en attendais rien et la couverture ne m’a pas franchement attirée mais, je ne suis pas déçue de cet ouvrage, que je trouve très optimiste. Il se dévore rapidement et je regrette simplement l’absence de couleur de l’album (nuances de noir et blanc). Une bande dessinée qui nous éclaire sur le sens de nos vies et la perception que l’on peut avoir de la réussite. Je recommande !
Wake - L'histoire cachée des femmes meneuses de révoltes d'esclaves
3.5 Un bon documentaire qui montre les efforts que l'historienne Rebecca Hall a faits pour retrouver des informations sur la révolte d'esclaves faite par des femmes noires. J'avais un peu peur au début parce que je n'aime pas trop le dessin qui est typé dans le style underground américain que je n'aime pas trop, mais j'ai fini par m'habituer parce que la quête de Hal est passionnante à lire. J'aime l'histoire et j'ai bien aimé voir comment est fait le travail de recherche d'une historienne. On voit notamment que c'est souvent difficile d'avoir accès à des archives, car certaines personnes haut placées n'ont pas trop envie qu'on rouvre le dossier sur l'esclavage transatlantique. Rebecca Hall met aussi les points sur les i sur certaines idées reçues sur l'esclavage. À travers les témoignages qu'elle réussit à retrouver, on sent la déshumanisation des noirs (les esclaves n'ont plus de noms ou de passés) et aussi le sexisme dans la société patriarcale. Un one-shot pour ceux qui s'intéressent à des questions sociales qui sont encore d'actualité, et qui le seront malheureusement pendant encore longtemps.
Whisky San
Un petit avis rapide pour conforter la bonne côte de cet album. Mon ressenti serait plus proche du 3,5 mais je bonifie de bon cœur tant l’exercice m’a semblé réussi. Je suis un grand amateur de whisky, Masataka Taketsuru ne m’était pas inconnu et je connaissais dans les grandes lignes son histoire … et malgré tout ça, j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir cette bd. La partie graphique m’a d’emblée convenu, on y remarque bien quelques imperfections mais elle sied parfaitement au récit, lui ajoutant même une belle plus-value. On dévore facilement les plus de 100 pages. Sympa. Mais la vrai surprise, vraiment agréable qui plus est, va vraiment pour la façon de raconter le parcours de notre rêveur japonais. L’histoire est belle mais elle est ici sublimée façon fresque romanesque (mais sans en faire trop). Malgré de nombreux bons temporels, ça reste fluide et les périodes explorées sont judicieuses et intéressantes (je minorais pas mal d’obstacles rencontrés). J’ai aimé connaître la rivalité entre les 2 grandes maisons du whisky japonais par ex. Non vraiment bien construit, on ressent même ce petit moment d’émotions à la toute fin lors de la reconnaissance. Finalement, le seul gros défaut décelé est de donner envie de boire un de ces breuvages maltés de l’île du soleil levant … et si je leurs reconnais de grandes qualités, ils ont malheureusement été victimes de leurs immense succès, leurs prix sont maintenant tout simplement excessifs. Petit coup de gueule perso !! mais ça n’enlève en rien à la lecture ;)
La Cité des secrets (Ying)
La Cité des secrets, c'est une agréable série d'aventure jeunesse en deux tomes. Le premier tome se déroule à Oskars, une gigantesque ville construite sur plusieurs étages et où chaque strate catégorise une tranche différente de la population, les plus fortuné-e-s se trouvant bien évidemment dans les étages supérieurs. On y suit Ever, un jeune orphelin protégeant un secret et fuyant d'étranges personnes souhaitant sa mort, ainsi que Hannah, une riche jeune fille du dernier étage dont la curiosité va faire croiser la route d'Ever. Ensemble, iels vont essayer de percer les mystères de cette étrange cité, en tentant tant bien que mal de survivre face aux affrontements d'une organisation secrète et d'un syndicat d'assassins. Ce premier album part sur une base simple mais arrive à donner une fraîcheur et un charme très sympathique à son résultat. Cette gigantesque ville mécanique dans laquelle sont dissimulés de nombreux leviers et boutons secrets est fascinante et donne sincèrement envie d'être explorée. Le mystère est prenant, le tension marche, il y a un petit côté "Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire" avec ces organisations secrètes aux signes étranges tirant les ficelles dans l'ombre et se tirant des bâtons dans les roues, ... Mais cet album brille surtout à mes yeux pour son découpage de l'action et sa représentation des mouvements. La ville bouge sans cesse, par ses mécanismes activant et déplaçant des plateformes, à l'horizontale comme à la verticale, les personnages qui s'affrontent le font avec une aisance et une grâce qui me ferait presque penser à de la danse, … Bref, ça bouge beaucoup et surtout ça bouge bien. Pour être honnête, je pense même qu'il y a ici un bon matériau de base pour une adaptation en film ou série animé-e. Malheureusement, le second tome m'a un peu moins emballée. Cette fois-ci plus classique, plus rapide sur sa conclusion aussi, il m'a moins plu. La qualité est toujours là, le dessin de Victoria Ying est toujours aussi beau, et cette nouvelle ville d'Alexios a son esthétique qui la différencie un peu d'Oskars, mais les éléments s'enchaînent un peu trop vite, on nous introduit certaines choses un peu trop sans explications. Par exemple, là ou le premier album tenait à nous préciser qu'il n'y avait pas de magie (même si une ambiance très fantastique avec ces vestiges mécaniques), cette fois-ci on nous explique qu'il en existe en fait une. Et elle est très importante apparemment, parce que tout l'acte final tourne autour. Nos protagonistes brillent un peu moins par leur perspicacité, semblent moins entreprenants, mais il faut dire aussi que cette fois-ci iels ne jouent plus à domicile, devant survivre dans une ville qui leur est inconnue (ou presque, Hannah la connait un peu). Mais la morale de fin de cette série semblant être la paix et l'harmonie, on peut comprendre qu'Ever et Hannah soient légèrement mis en retrait, afin d'aussi mettre en avant d'autres personnages avec qui il faudra bien sûr s'allier. Le message de fin sur l'harmonie est d'ailleurs un peu trop "sucré" sur la forme je pense, mais il reste louable. La série reste bien, même si le deuxième tome ne m'a pas semblé à la hauteur du premier. Bonne aventure jeunesse. (Note réelle 3,5)
Sur les traces des archéologues
Il faut peut-être un peu de temps pour entrer dans le récit, mais le trait dynamique de N. Gobbi, et surtout l'humour du scénario de S. Laliberté font de ce roman graphique un voyage très intéressant dans la tête des archéologues. J'ai vraiment beaucoup aimé voir comment se faisait la construction du savoir et de la recherche dans cette discipline dont on entend souvent parler, mais dont on ne sait pas vraiment comment les archéologues travaillent ! Non, vraiment très sympa, et on découvre aussi à quoi servait les cerfs volants (franchement c'est étonnant et assez fascinant), et puis il y a les histoire de plans d'architecture à l'échelle les plus anciens, ça c'est assez fou quand même ! Voilà, une bédé que je recommande chaudement !
Le Secret de la Chartreuse
Allez, je fais remonter la moyenne de cet album. Comme je l’explique déjà dans mon avis sur Histoire de la Grande Chartreuse en BD, j’ai grandi au pied de la Chartreuse, et la liqueur verte au cœur de cette histoire occupe une place importante dans ma vie, et ce depuis mon enfance : « Mal au cœur ? Quelques gouttes de Chartreuse sur un sucre te feront du bien ». Ah, c’était une autre époque. Elle se trouve aussi dans certains chocolats produits localement, se rajoute dans le chocolat chaud pour se réchauffer les pieds après le ski… bref, elle est partout ! Le scenario de Laurent Bidot raconte parfaitement l’histoire compliquée et la longue gestation du fameux digestif, dont la recette a été perdue, retrouvée, et adaptée moultes fois au cours des siècles… passionnant pour le régional que je suis. Par contre comme le dit canarde dans son avis, l’auteur a choisi de greffer à son récit une enquête moderne pas vraiment palpitante… j’aurais à titre personnel préféré que les pages soient utilisées pour développer l’aspect historique. Bon, rien de grave, ça n’a pas gâché ma lecture. La mise en image est un peu académique, mais sert parfaitement le récit. La Grande-Chartreuse et ses alentours sont superbement représentés. Une note un peu généreuse, mais qui représente vraiment mon engouement pour cette boisson, et les moines et montagnes qui lui sont associés.
Les Carmélites de Compiègne
Difficile d'être parfaitement objectif sur cette bande dessinée... L'histoire des carmélites de Compiègne est bien connue depuis que Bernanos en a tiré sa célèbre pièce de théâtre Le Dialogue des Carmélites, adapté à l'opéra (par Poulenc) et au cinéma. C'est surtout un des récits les plus poignants que je connaisse, et quel que soit le média par lequel je redécouvre cette histoire, j'en ressors toujours sous le coup d'une émotion difficilement contrôlable. Il est donc évident que cette bande dessinée a pas mal de défauts. Le principal est pour moi à trouver au niveau de la narration. Non que les auteurs aient mal synthétisé cette histoire, ils s'en sortent plutôt honorablement (même si j'aurais parfois fait certains choix différents), mais on trouve régulièrement des phylactères qui chevauchent la case du dessus, comme s'il n'y avait pas assez de place dans cette bande dessinée pour y mettre tous les dialogues. Le problème est que parfois, on ne sait plus si on doit lire le phylactère au moment où on lit le strip du dessus ou du dessous. C'est un peu du détail, mais ça gêne régulièrement la fluidité de lecture. L'autre petit reproche que je ferai sur la forme à cette bande dessinée, c'est qu'elle a tendance à multiplier inutilement les astérisques. C'est souvent intéressant, car cela apporte une information sur les sources historiques ou le contexte de l'époque, mais il y aurait souvent eu moyen de caser l'information délivrée dans une ligne supplémentaire de dialogue. Sur le fond, à titre personnel, je n'aurais pas grand-chose à redire. Toutefois, il est probablement utile de préciser qu'on est face à une bande dessinée catholique adressée en priorité à un public catholique, les éditions Plein Vent semblant être spécialisées dans ce type de créneau qu'occupent également les Éditions du Triomphe (pas uniquement des oeuvres religieuses, donc, mais on perçoit bien leur ligne éditoriale). Rien de gravissime, ça ne signifie pas qu'un lecteur non catholique restera sur le carreau, mais il trouvera sans doute peu d'intérêt dans la plupart des dialogues, qui tournent essentiellement autour de la notion de sacrifice (d'holocauste, au sens religieux du terme, exactement), des persécutions de la Terreur envers l'Église, et de la fidélité à ses vœux religieux. La portée du récit va toutefois bien au-delà de son aspect religieux, et ce qui me saisit le plus à chaque fois, personnellement, c'est le courage et la force incroyables de ces seize femmes résistant à l'oppression révolutionnaire. Je suis toujours fasciné par cet esprit de douceur et d'humilité qu'elles opposèrent à la brutalité de ces hommes qui voulaient leur enlever leur liberté au nom de... la liberté, justement. On comprend que la vocation religieuse et le fait d'aller s'enfermer dans un cloître loin du monde puisse étonner voire choquer la conscience d'hommes non religieux. Mais il est odieux de penser qu'on ait pu vouloir interdire à des femmes ayant fait ce choix librement et sans contrainte de continuer à vivre comme elles l'entendaient. Alors imaginer qu'on ait pu aller jusqu'au meurtre, et les exécuter en place publique uniquement pour cette raison est quelque chose qui dépasse mon entendement. Encore une de ces innombrables contradictions de cette Révolution française, dont les actes furent rarement accordés au discours... Bref, on comprendra donc que mon attachement à cette bande dessinée porte probablement davantage au sujet dont elle traite qu'aux qualités intrinsèques de l'album. J'apprécie toutefois la rigueur historique dont font preuve les auteurs en plaçant le plus souvent possible dans la bouche de leurs personnages des dialogues qu'on sait authentiques et en citant leurs sources (l'épisode étant fort bien documenté, ce qui laisse peu de place au doute et à l'interprétation). Malgré ses défauts de narration, j'ai tout de même été particulièrement séduit par le dessin de Fabrizio Russo, qui est vraiment magnifique. On est habitué au style réaliste toujours un peu maladroit de ces bandes dessinées biographiques typiques des éditions catholiques comme le Triomphe ou Plein Vent, mais ici, Russo sait lui insuffler une âme supplémentaire, qui change beaucoup de choses. C'est très vivant, souvent trop coloré, mais on s'y croit. Et certains passages de la narration visuelle confinent à l'excellence. Mention spéciale à cette mise en parallèle de deux cases : l'une où la religieuse est allongée les bras en croix par terre le jour de ses voeux religieux (symbole de sa mort au monde pour renaître à la vie religieuse) et l'autre où elle est allongée la tête sous la guillotine... Magnifique. Voilà donc une lecture que je ne recommande pas à tout le monde, au vu de la portée religieuse de son sujet et de sa manière de le raconter, il est nécessaire d'avoir quelque appétence pour ce genre de récit. Pour ma part, j'ai tout de même ressenti la même émotion qu'à la lecture/vision de chacune des oeuvres traitant des carmélites de Compiègne, et je trouve toujours louable qu'on continue encore aujourd'hui à raconter l'histoire de ces femmes qui surent préserver leur foi et leur liberté jusque dans la mort. Les injustices terribles qu'elles ont subies leur méritent de ne pas sombrer dans l'oubli.