Les derniers avis (32234 avis)

Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Sibylline - Chroniques d'une escort girl
Sibylline - Chroniques d'une escort girl

A 3 ans d'intervalle (à un jour à dire), après Bagarre érotique - Récits d'une travailleuse du sexe, voici une nouvelle BD sur la prostitution. Et c'est encore une autrice qui prend ce sujet tabou à bras le corps. Sixtine Dano est diplômée d'un master en cinéma d'animation à Gobelins, l'école de l'image et une autrice engagée. Pour réaliser cet album, Sixtine Dano s'est basée sur les témoignages de six jeunes femmes et d'un jeune homme, de leurs expériences de sexe tarifé durant leurs études. Raphaëlle est une jeune femme de 19 ans, elle débarque à Paris pour suivre ses études d'architecte. Elle vient d'une famille modeste, et pour arrondir ses fins de mois elle bosse le soir dans un bar. Elle va découvrir, par hasard, un site de rencontres très particulier où des étudiantes vendent leurs charmes, les Sugar Babys. Elle va franchir le pas et se trouver un nom de scène, Sibylline : "finalement, être escort... c'est comme jouer dans une pièce de théâtre. Revêtir un costume, devenir quelqu'un d'autre". On va suivre le quotidien de Raphaëlle, ses études, ses amitiés, ses difficultés financières, sa vie amoureuse et enfin ses escapades tarifées en tant que Sibylline. Un récit sans voyeurisme dont j'ai aimé la sincérité, la douceur et la pudeur du ton employé, il permet d'être au plus près de l'état d'esprit de Raphaëlle. J'ai été touché par cette jeune fille qui se bat dans un monde où le patriarcat est toujours bien présent. Elle finira par trouver sa place, mais ce genre d'expérience laisse des séquelles. Une réflexion sur notre société et un sujet d'actualité passé sous silence. La couverture est superbe, elle en dit déjà beaucoup. Un dessin à l'encre et au fusain, un noir et blanc très expressif avec une touche de sensualité. De nombreuses planches sans texte, elles se suffisent à elles-mêmes pour faire passer les émotions. Une mise en page aérée. Très beau. Une lecture conseillée. Et mon premier coup de cœur de l'année.

29/01/2025 (MAJ le 29/01/2025) (modifier)
Par grogro
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Nirvana est ici
Le Nirvana est ici

Avec Le Nirvana est ici, je pénètre enfin chez Mikael Ross, auteur allemand qui me fait de l’œil depuis longtemps. J’entends parler en bien de Ludwig et Beethoven ainsi que d’Apprendre à tomber. Sur qu’après cette lecture, je vais éplucher sa bibliographie ! J’aime son dessin. C’est ce qui m’attire en tout premier lieu. C’est de la BD après tout, hein ? Tout est bon, que ce soit les expressions des personnages et leurs attitudes, le travail sur les ombres, les scènes nocturnes, les décors en arrière-plan… Cette BD ne déroge pas à la règle, avec toutefois une petite différence : Le nirvana est en noir et blanc. Loin d’être une critique, c’est au contraire un gage de qualité pour moi. En s’affranchissant des contraintes de la colorisation, Mikael Ross donne la pleine et entière expressivité à toute cette histoire. Et l’histoire n’est pas à la traine : l’auteur parvient à tenir en haleine le lecteur tout au long des 352 pages que constituent cet épais volume. J’étais à fond dans le récit qui commence de manière complètement anodine pour grossir au fur et à mesure et devenir une enquête, à moins que ce ne soit une cavale, on ne sait plus vraiment tant ça bouge fort et vite (un peu le principe du chasseur chassé, en gros). Les personnages sont très travaillés et bénéficient d’un background solide, ça se sent. En outre, une place centrale est accordée aux personnages féminins, toutes générations confondues. Toutes les filles/femmes présentes dans cette histoire sont belles (au sens humain du terme), fortes, intelligentes... S’il y a bien de nombreuses coïncidences, dont l’une un poil capillotractée (Boris se révèle être le père d’Alex ? Comme de par hasard !?), le scénario est parfaitement mené et resserré, et très en prise avec les préoccupations de l'époque. Du bel ouvrage, comme on dit. Et puis – ATTENTION SPOIL POSSIBLE - j’adore que l’histoire se termine sans vraiment être résolue. Le lecteur se retrouve tout à fait dans la tête des personnages. Il est comme eux, il est eux, ce qui, après avoir vécu cette semaine chargée à leurs côtés (le récit, on l'aura compris, se déroule sur une semaine, ou à peu près), est tout à fait raccord avec l’esprit de cette aventure chapeauderouesque dont les adolescents sont les personnages centraux. J’ajoute qu’il y a d’excellents dialogues ne souffrant d’aucune critique, que l’ensemble n’est dénué ni de tragique, ni de mélancolie, pas plus que d’humour (mention spéciale au personnage de Dennis et à sa liaison avec Marina, franchement très drôle). Pour la peine, je lui colle un coup de cœur, et ce n’est pas volé !

29/01/2025 (modifier)
Couverture de la série Ulysse (Tabou)
Ulysse (Tabou)

Cosimo Ferri livre là une nouvelle série embrassant le cœur de la mythologie grecque. Comme sa précédente série mythologique sur Achille, elle va s’étaler sur 3 tomes. Ferri est avant tout connu pour ses productions « pour adultes », mais il ne faut pas le prendre ici de haut, on sent qu’il aime vraiment son sujet, et qu’il ne fait pas n’importe quoi avec ce matériau historico-mythologique : il a fait le choix du classicisme. D’abord en ne s’écartant pas trop (quelques rares libertés ou inventions narratives) de ce que nous savons du texte du vieil aède : de nombreuses citations en grec ancien parsèment d’ailleurs l’album. Tout au plus construit-il son histoire un peu différemment, puisque nous commençons quasiment par la fin (Ulysse quitte Calypso), et c’est par bribes et flash-backs que nous apprenons quelques détails de la fin du siège de Troie et de quelques mésaventures d’Ulysse (le tout entrecoupé de passage à Ithaque, avec Pénélope luttant contre les menaces de prétendants opportunistes et Télémaque cherchant désespérément des nouvelles de son père) . En fait l’essentiel nous sera narré dans les deux derniers albums. Ce qui promet une certaine densité, vu ce qu’il y a à raconter ! Du classique aussi au niveau du dessin, qui est très bon. Ferri a clairement choisi de s’inspirer – il le revendique – des maîtres anciens. Les personnages, masculins surtout, sont ainsi proches des peintures de Rubens (pour les corps musculeux) ou de Le Brun. Bon, ses femmes sont elles davantage bombasses et là le seul classicisme que l’on pourrait invoquer aurait trait au porno. Comme pour « Achille », Ferri a sorti en même temps deux versions, une pornographique chez Tabou, une purement aventure chez Graph Zeppelin. Je suis juste surpris du changement de titre (pour différencier les versions j’imagine), alors que l’histoire en elle-même est exactement la même. Dans le version Tabou, les scènes de sexe sont plutôt bien amenées, variées, et souvent courtes (puisqu’elles sont censées disparaitre dans la version Graph Zeppelin). Dans le domaine érotique, Ferri est un vieux routier, et dessine très bien ce genre de chose. La lecture est globalement agréable (visuellement et au niveau de la narration). A noter que j’ai d’abord lu la version Graph Zeppelin, expurgée de toutes les scènes de sexe (et donc d’une quinzaine de pages). En plus de la lecture proprement dite, je m’amusais à imaginer là où ces scènes allaient s’insérer dans la version Tabou (c’était facile à deviner), et comment elles allaient pouvoir passer sans alourdir ou casser la narration. En tout cas cette version expurgée et raccourcie passe très bien, il n’y a pas de sautes dans la narration, la lecture est agréable. ********************** le deuxième tome confirme les qualités du précédent. Ferri est toujours fidèle aux texte grec d'origine, qu'il cite abondamment, et le long voyage de retour d'Ulysse se poursuit, les aventures se succédant (la rencontre avec Polyphème et les cyclopes, les Lestrygons, et bien sûr la magicienne Circée. le dessin de Ferri est toujours aussi bon. J'ai un temps cru que la version Tabou se rapprochait de celle de Graph zeppelin, tant les scènes de sexe étaient réduites à une portions très congrue durant les deux premiers tiers de l'album. Mais le passage sur l'île de Circée est l'occasion de rétablir un équilibre, car là Ferri se lâche! Et l'apparition dans la dernière page de Pénélope nous confirme qu'elle attend avec beaucoup d'impatience son royal conjoint, cela promet des retrouvailles torrides ! Toujours est-il qu'on a là une très bonne série de cul, qui ne galvaude pas l'intrigue, et qui est respectueuse d'un texte patrimonial. une belle réussite, que devrait confirmer le troisième et dernier tome. Pour le coup, j'arrondis ma note aux quatre étoiles. ************************************** Un dernier tome qui conclut très bien la série, et confirme les qualités des précédents. Ferri continue à rester le plus fidèle possible au texte original (parfois cité directement). Les amateurs de l'épopée ne seront donc pas surpris, aucun "passage obligé" ne manque. Mais ils ne seront pas non plus déçus ! En effet, c'est vraiment du bel ouvrage. Peut-être parfois trop classique et respectueux du texte original, je ne sais pas. C'est en tout cas une des rares réserves que l'on peut faire à cette adaptation: un chouia "coincée" dans un genre théâtral un peu statique. Cette version hard complète très bien la version plus soft de chez Graph Zeppelin, les scènes torrides donnant plus de corps (dans tous les sens du terme) au récit, ne satisfaisant pas uniquement les amateurs d'Histoire antique, de mythes et d'aventure. Quant au dessin, il reste efficace et agréable (avec des hommes musculeux et des femmes aux formes opulentes). Note réelle 3,5/5.

10/05/2022 (MAJ le 29/01/2025) (modifier)
Couverture de la série Gisèle Halimi - Une jeunesse tunisienne
Gisèle Halimi - Une jeunesse tunisienne

Comme le nom de cet album l'indique, ici nous allons parlé de la jeunesse de Gisèle Halimi, grande avocate et défenseuse des droits des femmes (et des droits humains en général). Plutôt que les faits d'arme les plus connus de Gisèle, ici on nous parle des origines, de ce qui l'a poussé à prendre tant à cœur les luttes qu'elle aura mené par la suite. Comme nous le rappelle le dossier nous résumant la suite de sa vie à la fin de l'album, sa mère est entre autre la raison pour laquelle elle s'est tant battu pour les droits des femmes, nous présenter la relation très compliquée entre les deux est donc très intéressant. Nous assistons avec elle au climat politique houleux en Tunisie à l'époque (ségrégation, relations tendues entre juifs, arabes et français, montée du fascisme en Europe, ...). On comprend via la mise en scène comment sa volonté de se battre contre les injustices, toutes les injustices, est née. Le seul défaut que je reconnaîtrais à cette œuvre, c'est que, ne connaissant malheureusement que les actes et la vie de Gisèle Halimi une fois sa carrière d'avocate lancée, je ne sais pas vraiment en lisant cet album quelles sont les informations véridiques et quelles sont les informations extrapolées (d'autant que je n'ai pas vu, à moins d'une erreur de ma part, de mention bibliographique et de source). L'album reste néanmoins intéressant et permet de (re)mettre en lumière une femme très importante, et dans le cas présent une partie de sa vie mine de rien peu mise en avant. (Note réelle 3,5)

29/01/2025 (modifier)
Par Josq
Note: 4/5
Couverture de la série Shubeik Lubeik
Shubeik Lubeik

Au vu de l'avis de la semaine, il m'a semblé que je pouvais difficilement passer à côté de cette bande dessinée. Et bien m'en a pris, car même si je suis un peu moins enthousiaste que les deux avis précédents, je confirme la réussite de l'œuvre ! Deena Mohamed signe ici une œuvre assez fascinante, tout d'abord par son ampleur, elle dure quand même 500 pages ! Dans ces 500 pages, l'autrice met en place 3 intrigues successives, qui se recroiseront un peu, mais qui sont presque complètement indépendantes les unes des autres. Dans ces trois récits différents, on trouve en outre des personnages qui, parfois, racontent leur histoire, ce qui crée des récits dans le récit, reprenant une structure assez typique des contes, notamment orientaux. Comme souvent lorsqu'on compile plusieurs récits différents, la comparaison entre eux s'impose, et il faut bien reconnaître que les 3 arcs narratifs principaux ne présentent pas la même force. Comme Spooky, je pense que c'est la deuxième histoire qui est la plus faible. Non qu'elle soit mauvaise, mais j'ai trouvé qu'elle tournait un peu en rond, et passait énormément de temps à dire des choses qui pouvaient être dites en beaucoup moins de temps. En revanche, le 1er arc narratif est franchement efficace, même si j'ai trouvé sa résolution un peu trop rapide. Je n'étais pas loin de me dire "tout ça pour ça ?", mais le regard qu'il porte sur les problématiques abordées et la société dans laquelle vit l'autrice est très intéressant. Mais Deena Mohamed a eu l'élégance salvatrice de garder le meilleur arc narratif pour la fin, et c'est sans grande surprise le 3e récit qui emporte pleinement l'adhésion. On y découvre le passé du personnage principal des deux arcs précédents, et d'un autre qui restait jusque-là spectateur. A partir de là, la bande dessinée s'envole vraiment vers les cimes, et même si je trouve la conclusion de l'album très légèrement frustrante, on est tout de même passé par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel avant, en termes d'émotion. Malgré son trait épais, le dessin de Deena Mohamed nous plonge dans un univers d'une finesse bien réelle, où les personnages sont incroyablement crédibles. Chaque ligne de dialogue est pleine de sens et de réalisme, et nous promène ainsi dans un monde auquel on croit dur comme fer. Les rapports entre les personnages sont délicatement esquissés, et nous ouvrent peu à peu leur âme. J'avoue que j'aurais quand même voulu être davantage ému, dans l'ensemble, mais encore une fois, j'ai été à peu près comblé par le 3e arc narratif, d'une efficacité assez redoutable. Ainsi, si Shubeik Lubeik ne figure pas au rang des plus grands chefs-d'œuvre que j'ai lus, il se montre tout de même à la hauteur de ce que je pouvais en espérer. Deena Mohamed nous offre un récit plein de vie, qui nous donne quelques belles leçons sans aucun moralisme. Peut-être un ton légèrement trop tire-larmes par moments, mais vu comme on s'est attaché à ses personnages, on ne lui en veut pas.

29/01/2025 (modifier)
Couverture de la série La Cuisine des ogres
La Cuisine des ogres

J'aime beaucoup les contes. Leurs formes, leurs péripéties, leurs personnages évoluent au gré du temps et des cultures, muant et se transformant souvent de manière surprenante pour adapter et illustrer les morales et coutumes d'époques et lieux varié-e-s, mais leur fonction de vecteur d'informations perdure. Ils sont toujours des bases culturelles communes servant à illustrer des leçons, imbriquant subtilement des codes et des mises-en-gardes (par la peur d'un croque-mitaine, la bonté et/ou la sagesse illustrée d'un être bon ou encore la mise en situation d'actes à reproduire ou ne pas reproduire). Cet album est sans nul doute un conte. Peut-être même l'auteur s'est il inspiré ou a adapté/transformé un conte ou une légende déjà existant-e. Qui sait ? En tout cas j'ai beaucoup ressenti cet effroi, cette déformation monstrueuse des peurs, cette singularité presque hors-norme de la protagoniste qui devient vectrice malgré elle d'une leçon à tirer. La forme de la morale est plus ou moins ouverte, laissant libre cours à l'imagination des lecteur-ice-s, mais cherchant indéniablement à parler et à transmettre quelque chose. L'album brille incontestablement par son dessin. Je ne connaissais pas Jean-Baptiste Andreae, mais c'est à coup sûr un nom que je retiendrais à partir de maintenant. Son dessin est beau, à mi-chemin entre l'adorable et le grandiose. Quoique cette impression de grandiose du dessin me vient peut-être du travail sur les tailles dans cet album précis. Tout comme Trois-fois-morte, on se sent écrasé-e-s par ces décors et ces personnages gigantesques et monstrueux. Ce gigantisme et cette transformation horrifique de décors et milieux connus et courants (des cuisines notamment) marque et m'a vraiment charmée. Ce gigantisme et cette horrification de la cuisine et de la faim m'a également rappelé le jeu vidéo Little Nightmares (premier du nom pour le coup, le second a quant à lui une ambiance horrifique toute autre). Je le recommande chaudement d'ailleurs, un petit coup de cœur esthétique personnel.

29/01/2025 (modifier)
Par Mashiro
Note: 4/5
Couverture de la série Moi, Fadi - Le Frère volé
Moi, Fadi - Le Frère volé

La série L’Arabe du futur avait réellement propulsé Riad Sattouf comme génie français de la BD jusqu’à recevoir le grand prix de la ville d’Angoulême en 2023, j’avais moi-même adoré cette série et j’étais donc naturellement heureux de savoir que Sattouf revenait sur le devant de la scène avec un spin-off de sa série emblématique. Dans Moi, Fadi, le père volé, on suit l’histoire cette fois-ci du point de vue de Fadi (le plus jeune frère) qui se fait enlever par son père et passe du jour au lendemain des environs de Rennes aux environs de Homs en Syrie. Avec un charme similaire à la série originale, j’ai beaucoup aimé redécouvrir cette Syrie des années 80 du point de vue d’un enfant (l’école, les autres enfants, la nourriture). L’histoire est évidemment tragique et fluctue entre les détails de la découverte de la vie en Syrie et du traumatisme de perdre sa mère et ses frères. J’ai bien aimé également le côté autobiographique mais réalisé par quelqu’un d’autre (par exemple, voir Riad non plus comme le personnage principal mais cette fois-ci secondaire). Quant aux dessins il est assez similaire à ce que l’auteur a proposé au cours des dernières années, des personnages simples et emblématiques, parfois mystiques avec les grand-mères aux visages fatigués et voilés des campagnes syriennes. J’ai hâte à la suite de l’histoire !

29/01/2025 (modifier)
Par Mashiro
Note: 4/5
Couverture de la série Notes pour une histoire de guerre
Notes pour une histoire de guerre

Génie de la BD italienne, cela faisait longtemps que je n’avais pas lu d’œuvres de Gipi ! Notes pour une histoire de guerre suit trois adolescents dans un contexte de guerre sans que l’on sache vraiment où ni quand, les trois héros semblent avoir fugué et finissent par rencontrer un groupe de mafieux qui leur confient des missions avant la grande mission finale qui les amènera vers la guerre… Cette œuvre est géniale pour plusieurs raisons, tout d’abord l’histoire tient vraiment en haleine du début à la fin et j’ai beaucoup aimé les différentes techniques de narration utilisées au fil de l’œuvre (le découpage des trois parties principales ainsi que l’alternance entre rêves et réalités ou bien angle filmé et angle non-filmé qui se traduit par une alternance du style dessin). Aussi le thème de la guerre est vraiment traité subtilement, la violence guerrière n’est jamais montré, les désastres de la guerre sont seulement évoqués comme quelque chose du passé, je n’ai pas toutes les clés de compréhension mais j’ai hâte de trouver une fiche de lecture qui analyserait tout cela; enfin et ce n’est pas des moindres, Gipi maitrise parfaitement son aquarelle et j’aime bien le côté faussement approximatif de son dessin. À lire !

29/01/2025 (modifier)
Par Mashiro
Note: 4/5
Couverture de la série Caricature
Caricature

Daniel Clowes est souvent considéré comme un des grands auteurs de la bd américaine alternative, avec une production incroyable de courtes histoires dans son magazine Eightball dans les années 90 puis ensuite des romans graphiques plus longs et tout autant adulés depuis les années 2000; Caricature est une compilation de neuf petites histoires de Eightball que j’ai dévoré et adoré (mes préférées sont Comme une brindille Joe, et Caricature); ce recueil couvre un bel ensemble des thématiques qui Clowes couvre souvent (la solitude, l’amour perturbé, une vision pessimiste du monde) et les personnages évoluent dans des histoires toujours plus absurdes (c’est du Lynch sur papier) et c’est vraiment bien écrit (voire traduit dans le cas présent); d’un point de vue graphique l’auteur est assez fidèle à son style, jouant beaucoup avec les contrastes et des personnages aux têtes charismatiques, j’ai un peu de mal avec sa coloration (couleurs trop kitschs, mal balancées, pas très plaisantes) mais son noir et blanc transmet parfaitement l’univers qu’il veut imposer; Caricature est soit une belle introduction pour découvrir Clowes ou un complément judicieux si vous en explorer plus sa bibliographie !

29/01/2025 (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Azur Asphalte
Azur Asphalte

Je suis sortie époustouflée de cet album. Et j'ai encore du mal à me l'expliquer ! C'est une histoire du quotidien : deux sœurs qui galèrent dans la vie de tous les jours... Deux personnages que l'on a déjà croisés, leurs conversations, leurs raisonnements sur la vie, leur humour... L'une mère solo et l'autre qui n'a pas encore trouvé sa place. Zigzagant entre parking de supermarché et plage, leur vie ensoleillée et engluée dans les difficultés économiques nous touche profondément. Deux raisons à cela : 1. Les dialogues : tout proche du documentaire, mais sans jamais un mot de trop : une gestion des silences qui a quelque chose de cinématographique, on est dedans, c'est un miroir de nos vies ! Le flot des paroles se prolonge dans le flux de leurs pensées. Et le fait que l'auteur se soit inspiré de ses propres sœurs joue surement un rôle dans cet effet de véracité , il reconstitue les justifications qu'elles donnent à leurs choix à partir de ses souvenirs. 2. L'image : une aquarelle de banlieue qui frappe par sa couleur très bien observée et un contraste inattendu entre le flou général et la précision hyper-emouvante des visages. Jamais vu ça ! Si vous avez vu Journal Intime de Nani Moretti, où on suit une Vespa dans les rues de Rome, vous avez une idée de l'impression : tout Rome qui défile sans qu'on puisse faire la mise au point et la nuque du personnage qui reste nette. En film , ça fait mal à la tête, en BD ça nous jette dans un mouvement fictif. Bref, je vous conseille vraiment cette expérience de lecture, tout-à-fait inédite pour ma part, qui ouvre le cœur et laisse une nostalgie étrange. Bordesoules...Je retiendrai ce nom.

29/01/2025 (modifier)