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Couverture de la série Lucky Luke
Lucky Luke

"Ma Dalton", "La diligence", ou encore "Le chasseur de primes" sont encore aujourd'hui pour moi, lorsque je les relis, et alors que l'effet de surprise n'est plus là pour jouer son rôle, de véritables mines à gags. Cette capacité qu'a Goscinny à créer des archétypes, qui s'intègrent à la trame générale, à mélanger gags visuels et bons mots (même si pas de jeux de mots, Morris n'étant pas fan...), et surtout à le faire sur la longue durée, est plus qu'incroyable ! Alors, bien sûr, tous les albums ne méritent pas cette note. Mais c'est le cas de beaucoup d'entre eux, et certains valent plus ! S'ajoute à cela le caractère patrimonial de la série, dont je ne peux faire totalement abstraction. Même si on ne note pas une statue. Quant à Lucky Luke lui-même, "l'homme qui tire plus vite que son ombre", il n'est que la caricature impassible et infaillible de tous ces héros de l'ouest, sur papier ou sur écran, toujours plus rapides, plus précis et plus malins que leurs adversaires. Comme ici c'est pour rire, le sang ne coule pas... A noter qu'on a réussi à trouver un défaut à ce héros qu'on croyait parfait, puisqu'il n'a pu garder sa clope au bec et a du la remplacer par un brin d'herbe. Même un défenseur de la loi doit s'y soumettre, fut-elle absurde et hypocrite. Et puis, parmi tous les personnages plus ou moins récurrents qui gravitent autour du justicier sans peur et sans reproche, il y a quand même la plus belle palette de crétins à l'ouest du Pecos. Joe Dalton, le méchant abruti, et son grand frère Averell, l'imbécile heureux, mais aussi Rantanplan, la bête bête. Bref, beaucoup de personnages sont ici "à l'ouest", les quelques paroles prenant du recul et philosophant en off sont prononcées par le cheval Jolly Jumper - comme Milou le fait ailleurs... Pas de commentaire sur les Lucky Luke parus après la mort de Goscinny. Pas lus. Pas eu envie de le faire... Mais cela laisse une cinquantaine d'albums à lire (même si les premiers de Morris seul sont clairement moins bons), la main près du holster, prêt à dégainer un rire.

08/11/2012 (modifier)
Par Miranda
Note: 4/5
Couverture de la série Au fil de l'Art
Au fil de l'Art

Il est certain qu’on ne pouvait pas trouver mieux que Gradimir Smudja pour illustrer une B.D. sur l’art et notamment la peinture. Il retrace ici, avec sa fille comme complice au scénario, une histoire de la peinture, où il a choisi certains représentants de cet art. N’étant pas, voire même pas du tout, connaisseuse de la chose, je ne saurais dire s’il a pris les plus connus et parmi eux ceux qui lui étaient le plus cher, ou si d'un point de vue technique il a pris les plus marquants. Un fil rouge relie les histoires des différents peintres, ce fil est utilisé par une toute jeune fille et le non moins connu chat rouquin Vincent pour passer d’un artiste à un autre, mais il représente aussi d‘après le tableau de fin d‘ouvrage les différents courants artistiques, à vérifier car là je suis un peu perdue. Chaque peintre a un petit résumé de ce qui a marqué son œuvre et sa vie, c’est juste assez touffu pour ne pas être rébarbatif et en même temps suffisamment étoffé. Père et fille Smudja proposent une petite saynète avec chaque peintre, jouant avec leurs tableaux de diverses façons. En passant ils déposent ici et là des explications - de façon succincte - sur certaines techniques comme les fresques ou d’autres qui m’ont laissée perplexe, car je n’y entends goutte. Et pour finir un mot sur le graphisme, comme d’habitude de toute beauté avec cet auteur. Pour ceux qui connaissent sont travail il est ici de même qualité, comment faire mieux, n’est-il pas au top de son art ? Tout y est beau à mourir. Il y a deux ou trois planches qui sont dans les tons marrons avec une pointe de noir & blanc, ce qui me donne très envie de voir une B.D. toute en noir & blanc, car le résultat est superbe. Les férus d’art parleront certainement mieux que moi de cette jolie B.D. déclinée en deux tomes. P.S. : le prix peu paraître élevé mais il n'en est rien puisque l'album comporte 95 planches, soit le double qu'un album classique.

07/11/2012 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Un léger bruit dans le moteur
Un léger bruit dans le moteur

Nous voilà avec une nouvelle histoire d'enfant psychopathe, mais cette fois-ci issue de l'imaginaire d'un écrivain. Le point fort se remarque d'emblée : l'ambiance. Le dessin de Jonathan Muñoz, une véritable découverte, donne véritablement des frissons grâce au travail sur les couleurs en nuances de jaune, de rouge ou de bleu (mais rarement ensemble, ce qui confère à chaque séquence une identité propre). Le héros de l'histoire est donc un jeune garçon animé par la colère et la haine de ceux qui l'entourent, une petite communauté de rednecks plus vraie que vraie, aux moeurs gerbantes, bien sûr caricaturale, ce qui donne ce côté théâtral au récit. Pourtant nous sommes dans les pensées du garçon, complètement barrées, mais qui ont leur propre logique, froide, calculatrice, clinique pourrait-on dire. Il y aurait sans doute de quoi écrire une thèse en psychosociologie avec un tel personnage. La montée en puissance est inéluctable, et la fin incroyablement forte. Vraiment une claque.

07/11/2012 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 4/5
Couverture de la série Sparte
Sparte

Oups !… Chistophe Simon aux commandes graphiques d’une BD traitant de Sparte ?.. Je ne feuillette même pas, j’achète !… C’est ce que j’ai fait, et ne l’ai pas regretté. Déjà, j’aime ce dessinateur de par son style graphique, sa « patte », son sens inné de la mise en scène, de la mise en page, ses cadrages ; ainsi que sa disponibilité et son écoute alors que rencontré lors de divers festivals. Formé à « l’école Jacques Martin », lui et quelques comparses –dont Olivier Pâques- il a ici créé quelque chose « pur jus ». Même si son style s’est un peu détaché de celui des Alix sur lesquels il a travaillé, de Orion, et se rapproche plus de Vasco ; je n’ai jamais été déçu de par le travail fourni. Et « Sparte » dans tout çà ?.. j’ai lu, et vu, une sorte de tragédie grecque : un grand jeu de dupes où la politique se mêle d’actes criminels, de meurtres. Sur un scénario quand même bien léché de Weber, avec de nombreux retournements de situations, Simon offre ici une belle vision de l’Antiquité –même si parfois un peu trop académique- dont les reconstitutions font montre d’une très grosse documentation. Un album très bien réalisé où la barre est déjà placée très haut. J’attends la suite…

07/11/2012 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 4/5
Couverture de la série Mister No
Mister No

Une bien bonne série qui, au vu du graphisme et du potentiel de certaines histoires, pouvait prétendre à être éditée sous formes d’albums dits « normaux ». Je l’aimais bien, Mister No, ce Jérôme (dit Jerry) Drake. Il m’emmenait dans les années 50, où, ancien pilote de l’US Air Force pendant la seconde guerre mondiale, il n’avait pas su se réadapter à la démobilisation. Mister No ?.. un mec… un vrai baroudeur, viril, toujours prêt pour la bagarre… et les jolies filles. Jerry Drake, pourtant, n’a rien d’un bellâtre ; ce grand brun aux tempes déjà grisonnantes, toujours vêtu d’une chemise sombre m’a ainsi emmené dans son « refuge », à Manaus au Brésil. C’est là qu’il comptait vivre, sur le Rio Negro. Vivre… paisiblement ?… que nenni car il a pour habitude de se fourguer dans des histoires où il combat l’injustice. Et pour ça : il est armé ; autant de ses poings que de son revolver. Sans pour autant dédaigner un bon alcool. Je l’aimais bien car ses aventures étaient pétaradantes, bondissantes et –parfois- déjantées ; et ce en compagnie de son seul vrai ami : Otto Krüger, un allemand en exil… euh… un peu forcé. Mais ce qui m’a plu, c’est le dessin. Un beau graphisme réaliste, où le noir et blanc me permettait d’apprécier un trait nerveux mis au service tant des personnages que des décors et arrière-plans. La découpe, la mise en scène de certaines planches vous plonge dans ces régions amazoniennes ; le tout dans un très beau rendu malgré l’exiguïté du format. Créée et éditée en Italie dès 1975, on la trouvera en France dès Janvier 1976. Sous le nom de « Mister No », elle durera jusqu’en Avril 1990 pour un total de 171 épisodes. Pas mal, hein ?… C’est nerveux, rapide, attractif… et vraiment bien réalisé.

07/11/2012 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 4/5
Couverture de la série Bone
Bone

Aaaahhh… quelle chouette création… Pourtant, le fil conducteur en est assez simple : un petit bonhomme et deux de ses compères se perdent dans une grande forêt et, de plus, s’égarent l’un l’autre. Pour notre petit ami, ne reste plus qu’à retrouver ses copains et de rentrer chez lui. Simple, non ?… Oui mais voilà, il va rencontrer dragon, rats et autres personnages qui ne vont pas lui rendre sa quête facile. Vraiment simple, non ?… Un fort goût de déjà vu… oui… mais voilà : l’auteur associe des caractéristiques complètement « fêlées » à ces intervenants. On y découvre ainsi que le dragon est amateur de nicotine, que les rats mangent des quiches, etc… Bref, rien n’est la «normalité » d’histoires de même type souvent bien « tristes » par les redites. Ici, c’est frais, créatif, attirant. Certains auteurs utilisent 30/40 traits pour faire vivre un personnage. Ici, rien de tout cela ; en quelques lignes Smith a créé un « chti » gars sympa, aux nombreuses mimiques. Et cette alchimie entre ce petit bonhomme, les autres intervenants et l’histoire fonctionne. Et bien, même. Curieuse aussi, l’histoire de Fone Bone. En 1982, étudiant, il avait créé un personnage –Thom- fort proche de Bone. Présenté à plusieurs éditeurs, il essuie refus sur refus. Smith décide alors d’être son propre éditeur. Il crée ainsi Cartoon Books. Quelques numéros sortent dès 1991 mais le public n’accroche pas. En 1993, Bone est cité dans quelques catalogues spécialisés. Le bouche à oreille fonctionne et le lectorat de cette année-là accroche. D’à peine 1000 exemplaires, Bone passe à 60.000 quatre ans plus tard. Les premières histoires –en noir/blanc- sont rééditées. C’est en 1995 qu’il sera découvert en France. Qu’en dire ?… une sorte d’OVNI qui renouvelle fort agréablement le genre. C’est tonique, plein d’inventivité, rempli de non-sens et certaines situations valent leur pesant de zygomatiques. Une très bonne série d’un créateur indépendant.

07/11/2012 (modifier)
Par jevy
Note: 4/5
Couverture de la série Le Cycle de Cyann
Le Cycle de Cyann

Après lecture du Tome 5 (enfin !!) ; même si ce dernier tome m'a un peu déçu (on devient exigeant à trop attendre...), l'ensemble (que j'ai bien entendu relu) demeure de très bonne facture (pour toutes les raisons décrites dans les autres post). J'aime bien Bourgeon et ces "Isa" à répétition. Concernant Cyann, le manque d'expression et la dureté de son visage viennent peut-être du contexte. Héroine un peu à la Ripley (Alien) dans un monde déshumanisé, elle est froide voire glaciale (alors que dans Les Passagers du vent Isa était plus "humaine" et relisez les : quand il veut, Bourgeon sait faire passer de la compassion et de l'amour dans ses visages féminins). Non, là c'est plutôt "marche ou crève" pour une gamine un peu "pourrie" qui devient une aventurière plus adulte au fur et à mesure des tomes... quant au cul, j'imagine qu'on peut aimer ça tout en étant "féministe" (je comprends pas trop ce débat pour cette série tant c'est racoleur et hors sujet dans d'autres...). Pour en finir avec "les Couloirs de l'Entretemps", j'ai été perturbé par un nouveau changement d'éditeur (format encore + grand, couleurs et format bulles changeant, dessin un poil en dessous...). Le scénario rebondit à un rythme (trop?) soutenu... puis à la fin, je me suis dis "tout ça pour ça !!"... pas de grosse avancée dans l'intrigue (c'est à vrai dire un peu dur comme jugement mais c'est vraiment ce que j'ai pensé à tort ou à raison en refermant la BD) . Retour à Marcade (pour le dénouement cette fois ?)... encore 4 à 5 ans d'attente ??

07/11/2012 (modifier)
Couverture de la série Cadavre exquis
Cadavre exquis

Un scénario bien construit, des personnages bien typés, des rebondissements bien amenés, de l’humour et une certaine fraicheur de ton. Que demander de plus ? Le dessin, rond et dépouillé, n’est pas dénué de charme même si je ne suis pas grand fan de ce genre très basique. Je trouve cependant qu’il convient bien au ton employé. Bon, tout cela reste très tendance et je ne sais pas si l’album résistera aux passages de mode, mais à mes yeux il s’agit là d’un bien bel album. Des comme ça, j’en redemande ! Pour la cote, on oscille entre le 3/5 et le 4/5. Disons, pour faire simple, que c'est bien.

07/11/2012 (modifier)
Par ArzaK
Note: 4/5
Couverture de la série Le Jour des Magiciens
Le Jour des Magiciens

J’ai dévoré les deux premiers tomes de la série. Ce n’est pas de la très grande bd mais un très bon divertissement. Le scénario est au poil, féerique sans être guimauve ni trop manichéen (un peu quand même…), le dessin est plutôt bien foutu malgré une mise en scène un peu plate par moment. Mais cela se lit avec un réel bonheur. J’aime beaucoup le contraste entre le caractère contemporain du récit et sa part "fantasy". L’articulation entre les deux (passant par le monde du rêve) est plutôt subtile et originale. J'espère que la suite sera du même tonneau. Ajout après la lecture de l'intégralité de la série : L'aventure, malgré quelques errements scénaristiques dans les deux derniers tomes, tient ses promesses et reste intéressante jusqu'au bout. Un bon 7/10 pour une série qui, sans être un chef d'oeuvre indispensable possède son indéniable part d'originalité.

03/10/2004 (MAJ le 07/11/2012) (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5
Couverture de la série New York Trilogie (L'Immeuble) (Le Building)
New York Trilogie (L'Immeuble) (Le Building)

Ce deuxième tome est en quelque sorte une « étude archéologique » de New York, comme le dit lui-même Eisner. Dans la première partie, l’auteur s’intéresse à un vieil immeuble ressemblant étrangement au célèbre Flatiron Building, qui a été détruit pour laisser place à un building de verre sans âme, imaginant les gens qui ont pu laisser un peu ou beaucoup de leur histoire à ses pieds. Ainsi, l’auteur nous conte quatre petites fables, quatre histoires de fantômes urbains liés d’une façon ou d’une autre à cet immeuble, des inconnus aux destins aussi tragiques que différents. La deuxième partie est consacrée aux éléments indissociables de la vie d’une mégapole, principalement l’espace et le temps qui contribuent à transformer de manière inéluctable l’espèce urbaine. Plusieurs saynètes viennent illustrer ce phénomène, révélant tout l’humour et la finesse d’observation de son auteur. New Yorkais dans l’âme, Will Eisner a promené dans Big Apple son carnet de croquis pour nous faire partager, grâce à son talent d’observateur secondé par un coup de crayon vif et précis, des anecdotes sur la vie de ses habitants, sans cesse confrontés à la course effrénée du temps, aux contraintes de l’espace, et aux menaces de déchéance sociale, autant de facteurs beaucoup plus prégnants en milieu urbain. C’est drôle, souvent grinçant voire tragi-comique. L’auteur se moque gentiment de ces pauvres citadins empêtrés dans leur recherche illusoire d’une vie meilleure, et dénonce indirectement l’asservissement d’un système fondé sur les inégalités tels que celui qui domine à New York comme dans le reste des USA. Certaines scènes m’ont bien fait marrer, notamment celle avec ce provincial fraichement débarqué qui finira contre son gré par marcher comme tout le monde, d’un pas rapide et tête en avant, emporté par le flux incessant des citadins pressés. Le découpage est toujours très efficace, on a parfois l’impression de regarder un dessin animé, et la mise en page est vraiment étonnante, au point de rompre avec les codes de la bédé les plus courants. En cela, Eisner est un peu un maître du temps et de l’espace, et cela n’est sans doute pas par hasard s’il a aujourd’hui atteint ce niveau de reconnaissance avec un prix qui porte son nom. Un très léger bémol notamment grâce à une ou deux bizarreries, notamment à la fin de la première partie dans la scène où le laveur de vitres fait une chute, qui selon moi dure un peu trop longtemps par rapport à la hauteur qui le sépare du sol. Difficile pourtant d’en vouloir à son auteur, dont l’incontestable talent narratif et poétique fait oublier de telles approximations. Et après tout, c’est un peu pareil dans les dessins animés…

06/11/2012 (modifier)