C'est l'un de mes grands héros de jeunesse, découvert dans le journal Tintin avec l'épisode L'Ombre de Caméléon, j'avais 7 ou 8 ans (héros crée en 1955 par Tibet et Duchâteau mais lancé dans un vrai récit long en 1961). C'est dire la longévité de ce personnage, héros vedette du journal, plusieurs fois classé en tête des référendums organisés auprès des lecteurs, il deviendra avec le temps un grand classique de la BD policière.
Duchâteau, grand spécialiste dans le genre, brode avec une habileté diabolique chaque enquête de Ric, parfois pimentée d'une touche de fantastique; certes, les histoires sont bien ficelées, le cocktail action, suspense, humour fonctionne, mais on note après près de 80 aventures, une sérieuse baisse de régime, les scénarios n'ont plus la même fraîcheur et deviennent de plus en plus approximatifs, ce constat me désole un peu car ce héros a enchanté mes lectures de gamin et d'ado, et le voir s'enfoncer ainsi dans la médiocrité pour tenter de retrouver une gloire perdue, est assez pathétique. Je reste donc sur mes récits préférés, qui sont surtout les premiers, car ils ont des trames purement policières : Traquenard au Havre, Mystère à Porquerolles, Défi à Ric Hochet, Rapt sur le France, Piège pour Ric Hochet..... de même que des épisodes comme Les Spectres de la nuit, le Monstre de Noireville ou Enquête dans le passé ont des trames policières mêlées de fantastique. Alias Ric Hochet est aussi excellent parce qu'on y découvre Richard, le père de Ric, qui fera des apparitions dans d'autres épisodes. Pour moi, le meilleur épisode reste L'Ombre de Caméléon, peut-être parce que c'est avec celui-ci que je découvre la série, mais surtout par son ton carcéral bien rendu, digne des meilleurs films sur le sujet.
Le vrai talent de Duchâteau, c'est la façon très rationnelle de collecter des indices et de mener les enquêtes, ainsi que le goût pour les coups de théâtre jusqu'à la solution finale, souvent inattendue. De son côté, Tibet change son graphisme, plutôt hergéen dans la série Chick Bill, pour adopter un réalisme typique de l'école belge de Bruxelles, cette aisance graphique convient à merveille à ce type de bande, même si le dessin est parfois un peu statique. Il s'amuse aussi à croquer des célébrités, des têtes d'acteurs connus deviennent ainsi des truands savoureux. Il rend un hommage à Hergé en le représentant sous l'aspect d'un prêtre, l'abbé Rémy dans Le Monstre de Noireville.
Le rythme effréné de la série impose à Tibet de se faire aider pour les décors par Mitteï, Christian Denayer ou Didier Desmit. Ce que les auteurs ont su préserver, c'est également les caractères: Ric le journaliste un peu trop formaté (un cliché très années 60, on n'y peut rien), le commissaire Bourdon ,flic vieux-jeu mais bien attachant, dont la nièce Nadine, a un penchant évident pour Ric en qui elle voit un mari potentiel; mais Ric est aussi beau gosse, ce qui ne gâte rien. Ce trio est rejoint épisodiquement par d'intéressants personnages secondaires : l'adjoint Ledru à la PJ, le Pr Hermelin, savant bougon qui se dispute tout le temps avec Bourdon, et surtout Richard, père de Ric, ancien bandit amendé dont la ressemblance avec son fils est frappante. Certains détails font sourire : le manque d'évolution dans la garde-robe de Ric (toujours le même veston pied-de-poule) ainsi que la même Porsche jaune qui traverse le temps... seule la coiffure suit les modes.
Bref, cette série qui excelle aussi dans ses couvertures d'albums très accrocheuses, est en dépit de ses défauts, une valeur sûre et figure parmi celles qui comptent le plus grand nombre d'albums. Je connais un inconditionnel qui possède la collection complète (glanée au fil des années) mais qui n'est pas objectif et qui ne reconnaît pas les faiblesses des derniers épisodes; aussi, pour l'achat, je recommande les 30 premiers (surtout les titres que j'ai cités plus haut).
Je note ici ce qui se rapproche le plus de ce que j'ai connu étant gosse et ce qui m'a bercé. J'ai assez peu connu la période du créateur Arnal, je suis arrivé sur Pif à la période Roger Mas qui pour moi reste cent fois meilleure que toutes celles qui ont suivi. Je m'explique:
Au début, Pif est très chien, il se déplace souvent à 4 pattes et se tient rarement debout comme il le fera plus tard ; dans cette époque d'après-guerre (création en 1948 ), ses préoccupations sont d'ordre quotidien, à savoir se nourrir et se loger. Le graphisme est réduit à l'essentiel, le personnage a une tête ronde avec une grosse truffe noire au bout du museau, et 3 poils sur le crâne. Le décor simplifié, limité au strict minimum, sert à mettre en valeur les personnages et l'action qui se déroule dans de petites cases carrées, jusqu'au gag. Le tout est farfelu, joyeux et dynamique dans un esprit bon enfant. Cette efficacité et ce dépouillement graphique amèneront la sympathie d'un public populaire et un succès immédiat pour ce chien débrouillard et futé qui évolue au sein d'une maison campagnarde où habitent ceux qu'on peut considérer comme sa "famille" ; on y trouve Tonton César, la Tante Agathe et leur fils Doudou, c'est une sorte de couple archétypique de Français moyen débonnaire de la société des années 50 (mais la bande lancée dans L'Humanité et soutenue par le parti communiste, n'a jamais eu de contenu politique).
Après 1958, Arnal débordé par le succès, cède ses personnages à Roger Mas qui en sera le meilleur continuateur ; son graphisme proche de celui d'Arnal, ses idées inventives se marient fort bien au Pif des années 60 qu'il modernise un peu et adapte à cette nouvelle décennie ; c'est cette période que j'ai connue et que beaucoup de gosses de ma génération ont aimé, car toute une génération a grandi avec Pif et son succès, surtout quand le journal Vaillant est devenu Pif-Gadget en 1969. Le traitement différent de Mas fut d'insuffler un côté plus loufoque et plus insouciant, surtout à l'époque des petits pockets : ces petits magazines de forme carrée se déclinaient en 100 gags courts sur une page à 4 cases, un exercice dont Mas s'est acquitté avec talent, car trouver une chute en 4 cases, c'est pas évident. Tous les autres héros du journal avaient droit à leur pocket, il y avait Pifou-Poche, Placid et Muzo-Poche, Arthur le Fantôme-Poche etc.. aujourd'hui ces pockets sont très recherchés et valent assez cher en bourses.
Mas accentue aussi la rivalité de Pif avec le chat Hercule, mais ensuite le chien et le chat s'associent pour les besoins d'un gag ; cette prépondérance fera disparaître longtemps Tonton, Tata et Doudou, et d'ailleurs Hercule aura sa propre bande à partir de 1976. Grâce à son trait vif, Mas gardera longtemps la fraîcheur de Pif, puis en 1967, c'est Louis Cance qui prend le relais où la bande connaît encore quelques beaux jours, avant une trop longue liste de dessinateurs où le personnage, exploité sous de multiples formes et supports, s'affadie et n'est plus que l'ombre de lui-même. Un Studio Pif est même crée par Michel Motti pour faire du Pif à la chaîne, aussi, le manque d'unité, la prolifération de planches inégales finiront par tuer ce petit personnage attachant que j'avais tant aimé. La relance du nouveau Pif-Gadget n'est qu'une manoeuvre commerciale qui n'a jamais retrouvé le charme des années 60 et début 70.
Comme beaucoup, j’ai été attiré par la qualité des dessins de cette série. On sent un vrai travail de recherche graphique sur les environnements et les décors, ainsi que sur les nombreux primordiaux. Du bel ouvrage !
L’intrigue mélange médecine, Renaissance, complot et créatures fantastiques. J’ai trouvé le scénario vraiment intéressant bien que parfois un peu confus. En tout cas, j’ai lu les 4 volumes d’une traite et avec beaucoup de plaisir.
Néanmoins, plusieurs choses m’ont un peu gêné. J’ai trouvé la plupart des personnages principaux assez peu charismatiques. Les nombreuses courses poursuites ne sont pas toutes passionnantes ni indispensables.
La Licorne est une bonne série (entre pas mal et franchement bien) qui mérite largement le détour.
Très sympa cette nouvelle série... Elle repose sur une situation dont la variation débouche sur une aventure différente à chaque fois. Ça me fait penser à la série animée Martin Matin, dans laquelle un garçonnet se réveille chaque matin dans un costume différent, et un problème à régler dans la journée... Mais trêve de comparaison, concentrons-nous sur ces Cadeaux d'Axel...
La BD est l'oeuvre de Thomas Priou, qui a un style en ligne claire très lisible, avec des cadrages simples, ce qui le rend accessible aux tout-petits. Des tout-petits qui auront besoin de l'apport de leurs parents pour leur lire les bulles de dialogue et les bruitages. La mise en couleurs -de Cookie Lie- est simple, mais de qualité, on identifie très vite les différents plans et éléments du décor. Quant à l'histoire, elle est bien menée, alternant période de calme et action, avec un animal et des personnages enfantins. Idéalement je pense que cela convient parfaitement aux primo-lecteurs.
Allez hop, dans la section enfants de ma bdtheque ;)
Lorsque je me suis attaqué à cette adaptation, en tant que « fan » de L’Étranger, j’avais quelques appréhensions. En effet comment rendre par le dessin toutes ces séquences fortes que sont : sa veillée devant le cercueil de sa mère, la marche funèbre sous le soleil accablant, le meurtre sur la plage ou encore le déroulement du procès pour ne citer que ça.
Mais Ferrandez s’en tire haut la main et nous présente un petit chef-d’œuvre de dessins et d’aquarelles, tout au long de ces 136 pages qui nous happent dès le départ pour ne nous lâcher qu’à la dernière case !
Il nous livre un dessin qui peut parfois sembler approximatif mais qui colle parfaitement à la personnalité de Meursault telle qu’elle est perçue dans le livre : un homme qu’on a du mal à cerner. Mais ce trait va évoluer de manière discrète tout au long du livre, accompagnant ainsi le héros jusqu’à la fin, jusqu’à sa fin... De superbes aquarelles, très souvent en double-page, ponctuent le scénario et contribuent fortement à l’ambiance. Des aquarelles sur lesquelles on a envie de s’attarder comme sur celles d’un peintre.
Par cette adaptation, Ferrandez régale les lecteurs de Camus et le met à la portée des ados (ma fille de 12 ans a commencé à le lire et n’a plus décroché) !
Un seul bémol : la phase du procès, plus pointue littérairement et philosophiquement, dans laquelle le texte de Camus est largement repris et qui risque d’être quelque peu rébarbative pour les plus jeunes.
Pour les autres : un bijou !
Dès que j'ai découvert cette série en bibliothèque, j'ai tout fait pour acheter les albums; c'est mon bouquiniste bordelais habituel qui m'a trouvé les 2 premiers édités par Kesselring, et j'ai pu avoir ensuite toute la série parue chez Soleil. J'ai aimé parce que c'est pas de la SF space opera ou métaphysique, mais bien plutôt de la SF post-atomique, sous-genre que je préfère car c'est toujours intéressant de voir comment un auteur voit notre monde passé une fois déglingué.
Ici, la civilisation est réduite à une nouvelle race de créatures humaines sans foi ni loi, où erre Hombre, un solitaire qui tente de survivre dans ce bourbier infect où ont lieu maladies, meurtres, pillages, folie et cannibalisme. Hombre croise des êtres dégénérés, des épaves humaines ou des bandes de pillards impitoyables, mais aussi de très belles femmes, parfois peu vêtues, perles de beauté dans cet univers fracassé; il fait un bout de chemin avec quelques compagnes et compagnons, mais la plupart finissent par être tués, et il se retrouve seul ,désespéré, en défendant chèrement sa peau. Sa compagne la plus durable est une splendide sauvageonne du nom d'Attila.
Segura décrit une humanité presque revenue à l'état primitif, un monde cruel, bestial et implacable où survivent des humains barbares à l'allure de pouilleux pathétiques, et quelques êtres décidés à rester en dehors du chaos, comme le héros. Cet univers est sublimé par le dessin superbe et vigoureux de José Ortiz qui pousse sa technique du n/b au plus haut point (la couleur viendra après et sera également saisissante); il atteint ici des sommets dans le réalisme des décors et des visages, sans oublier des filles somptueuses, dans des cases larges, souvent d'une grande violence. Il faut savoir que la série née en 1981 en Espagne, dans le mensuel Cimoc, accuse son ton très espagnol, donc tout est très typé, très macho, très dur, c'était comme ça à l'époque, et on retrouve ce style chez tous les dessinateurs espagnols comme Ortiz qui sont venus travailler en France à cette période.
On aime ou on déteste, mais ça reste une série forte.
Je n'ai jamais été très fan du personnage de Mickey, un peu trop "machine à laver de l'Amérique" pour moi, et de ce fait, je n'ai été que lecteur occasionnel du Journal de Mickey ou même de Mickey Parade quand il m'en tombait un sous la main (d'ailleurs Mickey Parade était centré sur toute la famille Disney, comme Donald et ses neveux ou Picsou, mais pas Mickey lui-même). Cependant, on m'achetait des albums de la série Mickey à travers les siècles, édités par Hachette, compilations des récits publiés dans le journal, et j'en garde un souvenir attendri.
En relisant certains albums il y a peu, je me suis aperçu que c'était vraiment bien fait. Le fait de projeter dans le passé le souriceau malicieux de tonton Walt était déja assez drôle, mais surtout c'est que la série fut réalisée entièrement par des Français, sous signature Disney, mais des Français quand même qui ont bossé dessus pendant 27 ans, de 1952 à 1978. Sous le crayon de Pierre Nicolas et sur des textes de Pierre Fallot, Mickey sautille donc d'un chapitre à l'autre de la grande et la petite Histoire, enjambant les siècles, et se retrouvant nez à nez avec les plus grands personnages, coiffé d'un chapeau de mousquetaire ou d'un casque gaulois, drapé dans une toge romaine ou sanglé dans un uniforme napoléonien.
Mickey revisite l'Histoire en vivant ses grandes heures et en devisant avec Henri IV, Guillaume Tell, Clovis, Napoléon, Néron, Vidocq, Hercule et bien d'autres. Il ne s'est toutefois pas limité aux frontières de l'hexagone, élargissant son champ d'action jusqu'aux horizons du globe : on le retrouve en pleine Préhistoire, au Far West, au coeur des guerres de Religion, au temps des chevaliers de la Table Ronde, pendant le siège de Calais, durant la guerre d'Indépendance américaine, à Babylone, dans l'Egypte pharaonique, durant les croisades, découvrant l'Amérique auprès de Christophe Colomb, ou encore dans la Mythologie grecque. Le tout sous le couvert de l'humour et de la fantaisie propre à la maison Disney. A une époque, c'était la seule série française au sein de la machine U.S.
Même si l'aspect incongru de cette souris américaine qui explore notre Histoire de France peut étonner, il faut reconnaître que les 171 épisodes de cette bande ont enchanté des générations de petits Français, lecteurs du journal de Mickey, qui ont peut-être pris goût au passé d'une façon ludique, et précisé quelques connaissances, préfigurant ainsi l'immense intérêt porté aux BD historiques et à l'Histoire en général. De plus, les scénarios étaient relativement bien documentés pour une série enfantine, et les dessins parvenaient à reproduire avantageusement le physique des célébrités rencontrées par la souris futée, tout en faisant du Disney.
A noter que Hachette a édité à partir de 1980 de gros albums cartonnés regroupant 28 à 30 récits complets, sous le titre "Mickey explore le temps"; j'en possède un , mais ils sont rares à dégoter.
Tiens, je n'avais pas noté cette série. Ayant évolué au fil des lectures, j'ai voulu reprendre mon commentaire... et vlan, je n'en avais en fait jamais laissé ! :)
D'abord, j'ai lu tout d'un trait, les 4 tomes. Elles forment un cycle complet, je ne sais pas s'il y aura une suite, mais tout se tient plutôt bien.
Bref, lors de ma première lecture, j'avais trouvé le personnage principal plutôt lisse. Maintenant, je le trouve très juste, bien en adéquation avec ce qu'il représente. D'ailleurs, l'ensemble des personnages sont bien campés.
Le scénario se tient, un peu fantastique (mais pas trop), sans doute bien documenté et historique.
Le dessin est excellent, nous plonge vraiment dans cet univers rude qu'était le moyen âge. La colorisation n'est pas en reste.
Bref, si vous aimez (un peu) l'histoire, les intrigues... vous avez une excellent série. Elle me rappelle Murena, même si l'époque est différente, et l'histoire mâtinée de fantastique, j'ai pris un plaisir à m'approprier cette partie de notre histoire.
Les éditions Delirium poursuivent leur exhumation des œuvres de Jim Warren qui bravant les codes de censure des comics américains des années 60/70 ne trouve rien de mieux pour concurrencer son titre culte Creepy que de publier lui-même son clone avec la même bande de dessinateurs et scénaristes, le bien nommé Eerie.
Riche de quelques années d’expérience avec sa série mère, Eerie a beau être moins connu et réputé que son ainé, la qualité passe dès ce premier recueil à la vitesse supérieure avec des histoires similaires sur fond de bestiaire fantastique et d’humour noir dont la fin est souvent tragique et surprenante.
Exit l’oncle Creepy et bonjour au cousin Eerie tout aussi laid et cynique, la formule reste inchangée et se calque sur les récits de Tales of The Crypt par sa présentation tout comme.
Que dire des dessins noir et blanc particulièrement bien mis en valeur dans une édition d’une qualité rare et dont les grandes pages mettent particulièrement en valeur les contrastes ?
Il n’y a guère à rajouter de plus sur cette collection d’anthologie de titres recherchés depuis des lustres par les nostalgiques et entièrement dédiés pour eux.
Sans que ce soit particulièrement indispensable ou mémorable, Eerie n’aura aucun mal à rejoindre les bibliothèques pour les amateurs nostalgiques de séries fantastiques et iconoclastes sans problème… Les autres passeront leur chemin…
Alors je fais partie des lecteurs qui ont, ou qui vont découvrir cette BD grâce à la palme d'or obtenue à Cannes pour l'adaptation ciné, "La vie d'Adèle" et franchement je suis content car j'ai découvert une superbe BD !
Je m'arrête d'abord sur le dessin que j'ai trouvé magnifique, il y a un coté très Yslaire, très Sambre et vraiment j'adore, sauf qu'ici c'est le bleu qui est mis en avant, pas le rouge. Cette couleur est d’ailleurs très bien utilisé, du bon boulot et une belle maturité graphique pour cette jeune auteur !
Mais concernant l'histoire de Clémentine, j'ai vraiment été touché par la justesse et la sensibilité de cet album. Alors certes l'utilisation du journal intime à titre posthume, ça rend les choses tout de suite plus sérieuses, mais c'est bien fichu et pas larmoyant.
Le déroulement de l'histoire est aussi bien maîtrisé, on suit l'évolution d'une Clémentine, adolescente qui se cherche, qui évolue petit à petit au fil de l'album qui finalement s'accepte et accepte son homosexualité, et c'est cette évolution qui m'a plu, car étant très bien racontée, elle est vraiment crédible, et je me pose vraiment la question s'il n'y a pas un peu (beaucoup ?) de vécu dans cet album... (mais en fait, peu importe !)
Une histoire pleine de sensibilité, que je conseillerai volontiers !
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Ric Hochet
C'est l'un de mes grands héros de jeunesse, découvert dans le journal Tintin avec l'épisode L'Ombre de Caméléon, j'avais 7 ou 8 ans (héros crée en 1955 par Tibet et Duchâteau mais lancé dans un vrai récit long en 1961). C'est dire la longévité de ce personnage, héros vedette du journal, plusieurs fois classé en tête des référendums organisés auprès des lecteurs, il deviendra avec le temps un grand classique de la BD policière. Duchâteau, grand spécialiste dans le genre, brode avec une habileté diabolique chaque enquête de Ric, parfois pimentée d'une touche de fantastique; certes, les histoires sont bien ficelées, le cocktail action, suspense, humour fonctionne, mais on note après près de 80 aventures, une sérieuse baisse de régime, les scénarios n'ont plus la même fraîcheur et deviennent de plus en plus approximatifs, ce constat me désole un peu car ce héros a enchanté mes lectures de gamin et d'ado, et le voir s'enfoncer ainsi dans la médiocrité pour tenter de retrouver une gloire perdue, est assez pathétique. Je reste donc sur mes récits préférés, qui sont surtout les premiers, car ils ont des trames purement policières : Traquenard au Havre, Mystère à Porquerolles, Défi à Ric Hochet, Rapt sur le France, Piège pour Ric Hochet..... de même que des épisodes comme Les Spectres de la nuit, le Monstre de Noireville ou Enquête dans le passé ont des trames policières mêlées de fantastique. Alias Ric Hochet est aussi excellent parce qu'on y découvre Richard, le père de Ric, qui fera des apparitions dans d'autres épisodes. Pour moi, le meilleur épisode reste L'Ombre de Caméléon, peut-être parce que c'est avec celui-ci que je découvre la série, mais surtout par son ton carcéral bien rendu, digne des meilleurs films sur le sujet. Le vrai talent de Duchâteau, c'est la façon très rationnelle de collecter des indices et de mener les enquêtes, ainsi que le goût pour les coups de théâtre jusqu'à la solution finale, souvent inattendue. De son côté, Tibet change son graphisme, plutôt hergéen dans la série Chick Bill, pour adopter un réalisme typique de l'école belge de Bruxelles, cette aisance graphique convient à merveille à ce type de bande, même si le dessin est parfois un peu statique. Il s'amuse aussi à croquer des célébrités, des têtes d'acteurs connus deviennent ainsi des truands savoureux. Il rend un hommage à Hergé en le représentant sous l'aspect d'un prêtre, l'abbé Rémy dans Le Monstre de Noireville. Le rythme effréné de la série impose à Tibet de se faire aider pour les décors par Mitteï, Christian Denayer ou Didier Desmit. Ce que les auteurs ont su préserver, c'est également les caractères: Ric le journaliste un peu trop formaté (un cliché très années 60, on n'y peut rien), le commissaire Bourdon ,flic vieux-jeu mais bien attachant, dont la nièce Nadine, a un penchant évident pour Ric en qui elle voit un mari potentiel; mais Ric est aussi beau gosse, ce qui ne gâte rien. Ce trio est rejoint épisodiquement par d'intéressants personnages secondaires : l'adjoint Ledru à la PJ, le Pr Hermelin, savant bougon qui se dispute tout le temps avec Bourdon, et surtout Richard, père de Ric, ancien bandit amendé dont la ressemblance avec son fils est frappante. Certains détails font sourire : le manque d'évolution dans la garde-robe de Ric (toujours le même veston pied-de-poule) ainsi que la même Porsche jaune qui traverse le temps... seule la coiffure suit les modes. Bref, cette série qui excelle aussi dans ses couvertures d'albums très accrocheuses, est en dépit de ses défauts, une valeur sûre et figure parmi celles qui comptent le plus grand nombre d'albums. Je connais un inconditionnel qui possède la collection complète (glanée au fil des années) mais qui n'est pas objectif et qui ne reconnaît pas les faiblesses des derniers épisodes; aussi, pour l'achat, je recommande les 30 premiers (surtout les titres que j'ai cités plus haut).
Pif le chien
Je note ici ce qui se rapproche le plus de ce que j'ai connu étant gosse et ce qui m'a bercé. J'ai assez peu connu la période du créateur Arnal, je suis arrivé sur Pif à la période Roger Mas qui pour moi reste cent fois meilleure que toutes celles qui ont suivi. Je m'explique: Au début, Pif est très chien, il se déplace souvent à 4 pattes et se tient rarement debout comme il le fera plus tard ; dans cette époque d'après-guerre (création en 1948 ), ses préoccupations sont d'ordre quotidien, à savoir se nourrir et se loger. Le graphisme est réduit à l'essentiel, le personnage a une tête ronde avec une grosse truffe noire au bout du museau, et 3 poils sur le crâne. Le décor simplifié, limité au strict minimum, sert à mettre en valeur les personnages et l'action qui se déroule dans de petites cases carrées, jusqu'au gag. Le tout est farfelu, joyeux et dynamique dans un esprit bon enfant. Cette efficacité et ce dépouillement graphique amèneront la sympathie d'un public populaire et un succès immédiat pour ce chien débrouillard et futé qui évolue au sein d'une maison campagnarde où habitent ceux qu'on peut considérer comme sa "famille" ; on y trouve Tonton César, la Tante Agathe et leur fils Doudou, c'est une sorte de couple archétypique de Français moyen débonnaire de la société des années 50 (mais la bande lancée dans L'Humanité et soutenue par le parti communiste, n'a jamais eu de contenu politique). Après 1958, Arnal débordé par le succès, cède ses personnages à Roger Mas qui en sera le meilleur continuateur ; son graphisme proche de celui d'Arnal, ses idées inventives se marient fort bien au Pif des années 60 qu'il modernise un peu et adapte à cette nouvelle décennie ; c'est cette période que j'ai connue et que beaucoup de gosses de ma génération ont aimé, car toute une génération a grandi avec Pif et son succès, surtout quand le journal Vaillant est devenu Pif-Gadget en 1969. Le traitement différent de Mas fut d'insuffler un côté plus loufoque et plus insouciant, surtout à l'époque des petits pockets : ces petits magazines de forme carrée se déclinaient en 100 gags courts sur une page à 4 cases, un exercice dont Mas s'est acquitté avec talent, car trouver une chute en 4 cases, c'est pas évident. Tous les autres héros du journal avaient droit à leur pocket, il y avait Pifou-Poche, Placid et Muzo-Poche, Arthur le Fantôme-Poche etc.. aujourd'hui ces pockets sont très recherchés et valent assez cher en bourses. Mas accentue aussi la rivalité de Pif avec le chat Hercule, mais ensuite le chien et le chat s'associent pour les besoins d'un gag ; cette prépondérance fera disparaître longtemps Tonton, Tata et Doudou, et d'ailleurs Hercule aura sa propre bande à partir de 1976. Grâce à son trait vif, Mas gardera longtemps la fraîcheur de Pif, puis en 1967, c'est Louis Cance qui prend le relais où la bande connaît encore quelques beaux jours, avant une trop longue liste de dessinateurs où le personnage, exploité sous de multiples formes et supports, s'affadie et n'est plus que l'ombre de lui-même. Un Studio Pif est même crée par Michel Motti pour faire du Pif à la chaîne, aussi, le manque d'unité, la prolifération de planches inégales finiront par tuer ce petit personnage attachant que j'avais tant aimé. La relance du nouveau Pif-Gadget n'est qu'une manoeuvre commerciale qui n'a jamais retrouvé le charme des années 60 et début 70.
La Licorne
Comme beaucoup, j’ai été attiré par la qualité des dessins de cette série. On sent un vrai travail de recherche graphique sur les environnements et les décors, ainsi que sur les nombreux primordiaux. Du bel ouvrage ! L’intrigue mélange médecine, Renaissance, complot et créatures fantastiques. J’ai trouvé le scénario vraiment intéressant bien que parfois un peu confus. En tout cas, j’ai lu les 4 volumes d’une traite et avec beaucoup de plaisir. Néanmoins, plusieurs choses m’ont un peu gêné. J’ai trouvé la plupart des personnages principaux assez peu charismatiques. Les nombreuses courses poursuites ne sont pas toutes passionnantes ni indispensables. La Licorne est une bonne série (entre pas mal et franchement bien) qui mérite largement le détour.
Les Cadeaux d'Axel
Très sympa cette nouvelle série... Elle repose sur une situation dont la variation débouche sur une aventure différente à chaque fois. Ça me fait penser à la série animée Martin Matin, dans laquelle un garçonnet se réveille chaque matin dans un costume différent, et un problème à régler dans la journée... Mais trêve de comparaison, concentrons-nous sur ces Cadeaux d'Axel... La BD est l'oeuvre de Thomas Priou, qui a un style en ligne claire très lisible, avec des cadrages simples, ce qui le rend accessible aux tout-petits. Des tout-petits qui auront besoin de l'apport de leurs parents pour leur lire les bulles de dialogue et les bruitages. La mise en couleurs -de Cookie Lie- est simple, mais de qualité, on identifie très vite les différents plans et éléments du décor. Quant à l'histoire, elle est bien menée, alternant période de calme et action, avec un animal et des personnages enfantins. Idéalement je pense que cela convient parfaitement aux primo-lecteurs. Allez hop, dans la section enfants de ma bdtheque ;)
L'Etranger
Lorsque je me suis attaqué à cette adaptation, en tant que « fan » de L’Étranger, j’avais quelques appréhensions. En effet comment rendre par le dessin toutes ces séquences fortes que sont : sa veillée devant le cercueil de sa mère, la marche funèbre sous le soleil accablant, le meurtre sur la plage ou encore le déroulement du procès pour ne citer que ça. Mais Ferrandez s’en tire haut la main et nous présente un petit chef-d’œuvre de dessins et d’aquarelles, tout au long de ces 136 pages qui nous happent dès le départ pour ne nous lâcher qu’à la dernière case ! Il nous livre un dessin qui peut parfois sembler approximatif mais qui colle parfaitement à la personnalité de Meursault telle qu’elle est perçue dans le livre : un homme qu’on a du mal à cerner. Mais ce trait va évoluer de manière discrète tout au long du livre, accompagnant ainsi le héros jusqu’à la fin, jusqu’à sa fin... De superbes aquarelles, très souvent en double-page, ponctuent le scénario et contribuent fortement à l’ambiance. Des aquarelles sur lesquelles on a envie de s’attarder comme sur celles d’un peintre. Par cette adaptation, Ferrandez régale les lecteurs de Camus et le met à la portée des ados (ma fille de 12 ans a commencé à le lire et n’a plus décroché) ! Un seul bémol : la phase du procès, plus pointue littérairement et philosophiquement, dans laquelle le texte de Camus est largement repris et qui risque d’être quelque peu rébarbative pour les plus jeunes. Pour les autres : un bijou !
Hombre
Dès que j'ai découvert cette série en bibliothèque, j'ai tout fait pour acheter les albums; c'est mon bouquiniste bordelais habituel qui m'a trouvé les 2 premiers édités par Kesselring, et j'ai pu avoir ensuite toute la série parue chez Soleil. J'ai aimé parce que c'est pas de la SF space opera ou métaphysique, mais bien plutôt de la SF post-atomique, sous-genre que je préfère car c'est toujours intéressant de voir comment un auteur voit notre monde passé une fois déglingué. Ici, la civilisation est réduite à une nouvelle race de créatures humaines sans foi ni loi, où erre Hombre, un solitaire qui tente de survivre dans ce bourbier infect où ont lieu maladies, meurtres, pillages, folie et cannibalisme. Hombre croise des êtres dégénérés, des épaves humaines ou des bandes de pillards impitoyables, mais aussi de très belles femmes, parfois peu vêtues, perles de beauté dans cet univers fracassé; il fait un bout de chemin avec quelques compagnes et compagnons, mais la plupart finissent par être tués, et il se retrouve seul ,désespéré, en défendant chèrement sa peau. Sa compagne la plus durable est une splendide sauvageonne du nom d'Attila. Segura décrit une humanité presque revenue à l'état primitif, un monde cruel, bestial et implacable où survivent des humains barbares à l'allure de pouilleux pathétiques, et quelques êtres décidés à rester en dehors du chaos, comme le héros. Cet univers est sublimé par le dessin superbe et vigoureux de José Ortiz qui pousse sa technique du n/b au plus haut point (la couleur viendra après et sera également saisissante); il atteint ici des sommets dans le réalisme des décors et des visages, sans oublier des filles somptueuses, dans des cases larges, souvent d'une grande violence. Il faut savoir que la série née en 1981 en Espagne, dans le mensuel Cimoc, accuse son ton très espagnol, donc tout est très typé, très macho, très dur, c'était comme ça à l'époque, et on retrouve ce style chez tous les dessinateurs espagnols comme Ortiz qui sont venus travailler en France à cette période. On aime ou on déteste, mais ça reste une série forte.
Mickey à travers les siècles
Je n'ai jamais été très fan du personnage de Mickey, un peu trop "machine à laver de l'Amérique" pour moi, et de ce fait, je n'ai été que lecteur occasionnel du Journal de Mickey ou même de Mickey Parade quand il m'en tombait un sous la main (d'ailleurs Mickey Parade était centré sur toute la famille Disney, comme Donald et ses neveux ou Picsou, mais pas Mickey lui-même). Cependant, on m'achetait des albums de la série Mickey à travers les siècles, édités par Hachette, compilations des récits publiés dans le journal, et j'en garde un souvenir attendri. En relisant certains albums il y a peu, je me suis aperçu que c'était vraiment bien fait. Le fait de projeter dans le passé le souriceau malicieux de tonton Walt était déja assez drôle, mais surtout c'est que la série fut réalisée entièrement par des Français, sous signature Disney, mais des Français quand même qui ont bossé dessus pendant 27 ans, de 1952 à 1978. Sous le crayon de Pierre Nicolas et sur des textes de Pierre Fallot, Mickey sautille donc d'un chapitre à l'autre de la grande et la petite Histoire, enjambant les siècles, et se retrouvant nez à nez avec les plus grands personnages, coiffé d'un chapeau de mousquetaire ou d'un casque gaulois, drapé dans une toge romaine ou sanglé dans un uniforme napoléonien. Mickey revisite l'Histoire en vivant ses grandes heures et en devisant avec Henri IV, Guillaume Tell, Clovis, Napoléon, Néron, Vidocq, Hercule et bien d'autres. Il ne s'est toutefois pas limité aux frontières de l'hexagone, élargissant son champ d'action jusqu'aux horizons du globe : on le retrouve en pleine Préhistoire, au Far West, au coeur des guerres de Religion, au temps des chevaliers de la Table Ronde, pendant le siège de Calais, durant la guerre d'Indépendance américaine, à Babylone, dans l'Egypte pharaonique, durant les croisades, découvrant l'Amérique auprès de Christophe Colomb, ou encore dans la Mythologie grecque. Le tout sous le couvert de l'humour et de la fantaisie propre à la maison Disney. A une époque, c'était la seule série française au sein de la machine U.S. Même si l'aspect incongru de cette souris américaine qui explore notre Histoire de France peut étonner, il faut reconnaître que les 171 épisodes de cette bande ont enchanté des générations de petits Français, lecteurs du journal de Mickey, qui ont peut-être pris goût au passé d'une façon ludique, et précisé quelques connaissances, préfigurant ainsi l'immense intérêt porté aux BD historiques et à l'Histoire en général. De plus, les scénarios étaient relativement bien documentés pour une série enfantine, et les dessins parvenaient à reproduire avantageusement le physique des célébrités rencontrées par la souris futée, tout en faisant du Disney. A noter que Hachette a édité à partir de 1980 de gros albums cartonnés regroupant 28 à 30 récits complets, sous le titre "Mickey explore le temps"; j'en possède un , mais ils sont rares à dégoter.
Je suis Cathare
Tiens, je n'avais pas noté cette série. Ayant évolué au fil des lectures, j'ai voulu reprendre mon commentaire... et vlan, je n'en avais en fait jamais laissé ! :) D'abord, j'ai lu tout d'un trait, les 4 tomes. Elles forment un cycle complet, je ne sais pas s'il y aura une suite, mais tout se tient plutôt bien. Bref, lors de ma première lecture, j'avais trouvé le personnage principal plutôt lisse. Maintenant, je le trouve très juste, bien en adéquation avec ce qu'il représente. D'ailleurs, l'ensemble des personnages sont bien campés. Le scénario se tient, un peu fantastique (mais pas trop), sans doute bien documenté et historique. Le dessin est excellent, nous plonge vraiment dans cet univers rude qu'était le moyen âge. La colorisation n'est pas en reste. Bref, si vous aimez (un peu) l'histoire, les intrigues... vous avez une excellent série. Elle me rappelle Murena, même si l'époque est différente, et l'histoire mâtinée de fantastique, j'ai pris un plaisir à m'approprier cette partie de notre histoire.
Eerie
Les éditions Delirium poursuivent leur exhumation des œuvres de Jim Warren qui bravant les codes de censure des comics américains des années 60/70 ne trouve rien de mieux pour concurrencer son titre culte Creepy que de publier lui-même son clone avec la même bande de dessinateurs et scénaristes, le bien nommé Eerie. Riche de quelques années d’expérience avec sa série mère, Eerie a beau être moins connu et réputé que son ainé, la qualité passe dès ce premier recueil à la vitesse supérieure avec des histoires similaires sur fond de bestiaire fantastique et d’humour noir dont la fin est souvent tragique et surprenante. Exit l’oncle Creepy et bonjour au cousin Eerie tout aussi laid et cynique, la formule reste inchangée et se calque sur les récits de Tales of The Crypt par sa présentation tout comme. Que dire des dessins noir et blanc particulièrement bien mis en valeur dans une édition d’une qualité rare et dont les grandes pages mettent particulièrement en valeur les contrastes ? Il n’y a guère à rajouter de plus sur cette collection d’anthologie de titres recherchés depuis des lustres par les nostalgiques et entièrement dédiés pour eux. Sans que ce soit particulièrement indispensable ou mémorable, Eerie n’aura aucun mal à rejoindre les bibliothèques pour les amateurs nostalgiques de séries fantastiques et iconoclastes sans problème… Les autres passeront leur chemin…
Le Bleu est une couleur chaude
Alors je fais partie des lecteurs qui ont, ou qui vont découvrir cette BD grâce à la palme d'or obtenue à Cannes pour l'adaptation ciné, "La vie d'Adèle" et franchement je suis content car j'ai découvert une superbe BD ! Je m'arrête d'abord sur le dessin que j'ai trouvé magnifique, il y a un coté très Yslaire, très Sambre et vraiment j'adore, sauf qu'ici c'est le bleu qui est mis en avant, pas le rouge. Cette couleur est d’ailleurs très bien utilisé, du bon boulot et une belle maturité graphique pour cette jeune auteur ! Mais concernant l'histoire de Clémentine, j'ai vraiment été touché par la justesse et la sensibilité de cet album. Alors certes l'utilisation du journal intime à titre posthume, ça rend les choses tout de suite plus sérieuses, mais c'est bien fichu et pas larmoyant. Le déroulement de l'histoire est aussi bien maîtrisé, on suit l'évolution d'une Clémentine, adolescente qui se cherche, qui évolue petit à petit au fil de l'album qui finalement s'accepte et accepte son homosexualité, et c'est cette évolution qui m'a plu, car étant très bien racontée, elle est vraiment crédible, et je me pose vraiment la question s'il n'y a pas un peu (beaucoup ?) de vécu dans cet album... (mais en fait, peu importe !) Une histoire pleine de sensibilité, que je conseillerai volontiers !