J'ai tellement aimé la saison 1 qu'il m'était impossible de faire l'impasse sur cette seconde saison. Les événements se passent 3 ans plus tard, et cette suite nous montre comment le monde a évolué avec la découverte des Alter Ego.
Le principe de lecture dans n'importe quel ordre est à nouveau appliqué. Cela fonctionne encore mais c'est bien moins puissant que dans la série originale. On ne peut pas atteindre la perfection à tous les coups. On nous proposait 6 portes d'entrées qui permettaient de lire 6 histoires différentes qui allaient plus ou moins se croiser et s'imbriquer à différents niveaux. Selon l'ordre de lecture on avait une vision différente de l'histoire.
Ici, on n'a plus que 3 histoires parallèles, 3 visions de l'évolution du monde suite aux événements de la saison 1. Un coté fanatique, un coté des opposants et un coté scientifique. Les recoupements sont moins spontanés, il y a peu de liens entre les histoires de Teehu et de Gail par exemple. Du coup, j'ai trouvé que ça fonctionnait encore, mais ça m'a paru moins énorme que la saison 1.
Cela dit je ne boude pas mon plaisir d'avoir lu 3 nouvelles histoires dans cet univers. Le dessin est toujours élégant, on ne se rend pas compte que plusieurs dessinateurs se sont partagé le boulot. Coté scénario, on a ici une véritable suite et la plupart des idées développées sont bonnes. En premier lieu, l'exploitation du filon alter ego et surtout les nouvelles dérives qui vont avec, c'est bien vu. Ce n'est pas tout, mais je n'en dirai pas plus pour laisser quelques surprises.
Là où la conclusion paraissait anecdotique dans la saison 1, elle parait ici indispensable pour clôturer ce second chapitre, car après 3 tomes il manque beaucoup de réponses.
Du tout bon pour cette saison 2. "Que 4 étoiles", par rapport à l'excellence de la saison 1, mais toutes les suites sont très loin d'atteindre ce niveau de qualité.
C’est l’histoire d’un jeune couple qui essaie de construire sa vie, Rob un dessinateur « pornographique » (ça donne le ton), Sylvia une standardiste et coiffeuse. C’est leur premier emménagement ensemble, d’où un style de vie différent avec les inévitables mises aux points qui en découlent.
Bien sûr, autour de ce sympathique petit couple attachant, gravite une galerie de personnages truculents et aux bobines vraiment sympa !
On se prend au jeu de savoir s’ils arriveront à s’en sortir au milieu de tous ces tracas et des casse-pieds de services, un vrai régal ! Une petite galerie sociale quasi authentique, cela sent presque le vécu !
Le graphisme est anatomiquement très bien fait et les courbes très rondes (hem-hem ! …), mais avec des « gueules » des personnages vraiment savoureuses !
Une lecture prenante que j’aurais aimé trouver encore plus longue, un bon moment, j’ai adoré !
Seul bémol, le papier sur lequel est imprimé cet opus est un papier glacé… pour du noir et blanc cela ne rend pas terrible. Mais bon…
Quand j'ai vu cet album, j'en ai été ravi, d'abord parce que la légende de Gilgamesh est fascinante et qu'elle méritait une version BD, surtout qu'elle n'a jamais attiré Hollywood, même dans les années 60 où ils faisaient beaucoup de fresques bibliques. Les autres raisons de mon ravissement, c'est mon intérêt pour les anciens peuples mésopotamiens dont on sait si peu de choses malgré l'archéologie moderne, c'est si loin avant J.C... Enfin, l'intérêt principal, c'est bien-sûr le traitement graphique qui est tout simplement somptueux ; ce rendu visuel que je peux qualifier de gouache informatisée, est une vraie splendeur aussi bien dans l'aspect farouche de certaines séquences, que dans les visages de femmes et les détails d'architecture, le tout aidé par une belle colorisation.
De plus, ce visuel colle parfaitement à la légende de Gilgamesh qui est bien respectée par le scénariste, mais on n'en voit hélas qu'une petite partie, la série étant une fois de plus jetée aux orties par Soleil ; car Gilgamesh connaît bien des épreuves qui ne seront donc pas montrées dans cet album qui n'aura pas de suite, et que j'ai vu dans plusieurs vide-greniers vendu à un prix sacrifié.
D'un autre côté, je m'explique un peu pourquoi ce récit a été abandonné : il est très ambitieux, et le sujet biblique n'est plus très à la mode de nos jours. C'est quand même lamentable de voir un tel manque de respect envers des lecteurs.
J'ai mis l'option d'achat, parce que c'est tellement beau que si vous avez la chance de choper l'album en vide-grenier comme moi, à 3 euros, ça vaut le coup...
Eh bien c'est vrai qu'en le feuilletant comme ça, ça semble un peu rébarbatif: des grandes pages muettes , une petite voiture dans un grand beau paysage, bof. Mais si tu acceptes de lire les 10 premières pages, tu ne peux plus le lâcher.
Il y a un coté "Rocco et ses frères", l'Italie des années soixante, le souvenir de Mussolini, les femmes qui étendent les draps sur des grands fils, la boxe, la frime, les garagistes qui sont de vrais mécanos, le jeu des mille francs à la radio quand on est encore en France. Bref une peu de nostalgie.
Puis il y a un coté psychologique pas original, mais drôlement bien cuisiné, du frère qui est parti, et qui n 'a plus jamais osé revenir, lequel est le plus courageux, celui qui et parti ou celui qui est resté, les discussions où on a l'impression qu'ils vont se mettre sur la gueule ou même plus que ça, etc...
Il y a tout ce qu'on ne comprends pas au début, et qui se découvre petit à petit au détour des petites aventures du voyage, les rencontres, les embuches, les plaisirs.
Un dessin un peu aride au début, surtout les parties muettes, mais qui sert finalement bien l'histoire. C'est sec, mais c'est ce qui donne les meilleurs oranges...
Vraiment une belle histoire.
1. Des personnages bien campés qui reflètent bien notre époque : deux solitudes prises dans des relations inconfortables, qui en viennent à se retrouver autour d'un enfant. Je comprends que les motivations des méchants puissent paraître farfelues, mais je pense que c'est cette pointe de folie esthète qui donne un peu de poésie rigolote à cet album. Comme souvent ce sont les méchants qui donnent la mesure de l'histoire : ils sont pathétiques ; une jeune brute épaisse au service (dans tous les sens du terme) d'un vieux collectionneur.
2. Un rythme très agréable avec des enchaînements inattendus qui tiennent en haleine alors que ça paraissait commencer comme une histoire de divorce sans surprise.
3. Des dialogues biens sentis où on se reconnait.
4. Des dessins inexplicablement séduisants : une ambiance délavée, pluvieuse où l'action s'accélère dans le flou où le cœur palpite, puis semble ralentir quand le dessin se fait net. Les traits peuvent être gras ou fin suivant les besoins, dans une sorte de sensualité mouillée. les deux personnages principaux avec leur visage au grand menton, presque sans lèvre où seules les dents apparaissent (c'est un dessinateur de mâchoire) sont très attirants, tout couverts qu'ils sont de taches d'aquarelle qui semblent jetées au hasard.
5. Des pages très bien composées, et en particulier la première, avec ces méchants dont on ne voit pas la tête, ce contraste entre les longues lignes obliques, et les petites courbes qui forment la fille et l'enfant, entre le grand froid du lac gelé et les touches chaudes des deux personnages.
Bref c'est chouette.
Encore une excellente idée de mon scénariste fétiche Alcante. Il s'agit de décortiquer certains événements historiques et de voir ce qui se cache derrière. Faut-il voir des complots partout et sombrer dans une espèce de paranoïa collective ? Certes pas, mais il ne faut pas croire ce que disent les journalistes qui influent la pensée de masse jusqu'aux historiens qui peuvent aisément réécrire l'histoire.
Oui, je fais sans doute partie de ceux qui ont crû qu'il y avait des armes de destruction massive en Irak. La prospérité est-elle au bout de la rue comme l'annonçait fièrement le président Hoover alors que le krach de 1929 allait précipiter des millions de personnes dans la misère ? Tout va bien, restez dans vos cabines, on gère la situation disait récemment ce commandant sud-coréen à de jeunes passagers promis à une mort certaine pendant qu'il fuyait avec son équipage. Non, il ne faut pas se contenter de ce qu'on nous dit...
Voilà qu'on me propose une thèse inédite sur le krach de 1929 provoqué par les nazis. A la lecture, c'est franchement crédible et plutôt astucieux. Après, c'est peut-être faux surtout lorsque l'on sait que ce parti n'avait fait que 2% des voix en 1928. C'est facile de désigner le gros méchant. Mais bon, l'exercice est de démontrer qu'il y a sans doute plusieurs causes possibles. On sait que c'est ce krach qui a précipité l'ascension d'Hitler au pouvoir en 1933. Il en a été le principal bénéficiaire.
Le divertissement est assuré grâce au talent de Gihef qui maîtrise à la perfection les découpages pour rendre la lecture agréable. Bref, c'est à lire pour avoir droit à une autre perspective de ce qu'on pourrait nous cacher.
Après lecture des 3 premiers tomes :
Le scénario nous fait suivre l'histoire de différents personnages autour de l'épée Excalibur. Malgré un grand nombre de personnages principaux, on arrive bien à s'y retrouver. Les thèmes abordés dans cette série sont principalement des conspirations, des guerres et des conflits entre la nouvelle et l'ancienne religion.
Par contre je suis étonné que cette série soit indiquée comme terminée sur ce site : il est clair qu'il va y avoir une suite, ou alors la fin est très mauvaise car elle laisserait beaucoup d'histoires inachevées...
Coté dessin c'est correct, mais je ne suis pas un grand fan de ce style qui manque de traits nets.
Cette série est géniale, que ce soit pour le plaisir ressenti par le lecteur adulte ou bien pour l'enfant la bouquinant (même les petits récalcitrants à la lecture pourront s'amuser des dessins fantastiques de drôlerie de Sieur Libon).
La bd a effectivement le mérite d'avoir plusieurs sens de lecture ce qui lui permet de pouvoir toucher un large public.
Jacques le petit lézard géant est très attachant de par son innocence et sa gentillesse infantile; si bien que je me sens comme une petite fillette qui s' égosillerait à chaque fois qu'elle le voit "Moi aussi, j' en veuuux uuuun ouiiiin hiiin hiiiin...!"
Excellent personnage que cet olibrius de Hector.
Le trait de Libon est naturellement marrant, mais étoffé d' une galerie de personnages finement ciselés pour le burlesque, de situations extravagantes et de dialogues réalistes et bien sentis, ça en devient franchement hilarant.
J' adore tout simplement.
Cette Bd prend le parti de construire un univers bien structuré où tous les personnages sont des Orcs ; ce choix constitue une singulière originalité empêchant du même coup le désintérêt, parce que encore une fois, la série utilise le thème archi rebattu de la quête ; sinon, il n'y a pas d'astuce de scénario, et la Bd contient les figures imposées de la fantasy : un vieux sage qui reforme un groupe, des mercenaires revenus de tout, dont un gros dur costaud et rusé, un novice un peu naïf mais utile par sa jeunesse, une guerrière redoutable (et belle pour une Orc), des gobelins farceurs qui servent de faire-valoirs comiques, des forces maléfiques, des combats saignants...
Le tome 1 est consacré au recrutement de la meute, c'est un peu long, mais ça le vaut bien, les personnages étant bien travaillés. Le décor de Japon féodal ne m'attire pas toujours dans certaines séries, je n'aime pas trop les excès de cette période, mais ici ça passe, car cet assemblage d'Orcs japonisés si on peut dire et de philosophie orientalo-fantasy est très réussi. Les décors incroyables et le dessin très beau, puissant et raffiné dans les détails, complété par une belle colorisation et un beau dialogue, achèvent de rendre cette Bd très intéressante.
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Alter Ego - Saison 2
J'ai tellement aimé la saison 1 qu'il m'était impossible de faire l'impasse sur cette seconde saison. Les événements se passent 3 ans plus tard, et cette suite nous montre comment le monde a évolué avec la découverte des Alter Ego. Le principe de lecture dans n'importe quel ordre est à nouveau appliqué. Cela fonctionne encore mais c'est bien moins puissant que dans la série originale. On ne peut pas atteindre la perfection à tous les coups. On nous proposait 6 portes d'entrées qui permettaient de lire 6 histoires différentes qui allaient plus ou moins se croiser et s'imbriquer à différents niveaux. Selon l'ordre de lecture on avait une vision différente de l'histoire. Ici, on n'a plus que 3 histoires parallèles, 3 visions de l'évolution du monde suite aux événements de la saison 1. Un coté fanatique, un coté des opposants et un coté scientifique. Les recoupements sont moins spontanés, il y a peu de liens entre les histoires de Teehu et de Gail par exemple. Du coup, j'ai trouvé que ça fonctionnait encore, mais ça m'a paru moins énorme que la saison 1. Cela dit je ne boude pas mon plaisir d'avoir lu 3 nouvelles histoires dans cet univers. Le dessin est toujours élégant, on ne se rend pas compte que plusieurs dessinateurs se sont partagé le boulot. Coté scénario, on a ici une véritable suite et la plupart des idées développées sont bonnes. En premier lieu, l'exploitation du filon alter ego et surtout les nouvelles dérives qui vont avec, c'est bien vu. Ce n'est pas tout, mais je n'en dirai pas plus pour laisser quelques surprises. Là où la conclusion paraissait anecdotique dans la saison 1, elle parait ici indispensable pour clôturer ce second chapitre, car après 3 tomes il manque beaucoup de réponses. Du tout bon pour cette saison 2. "Que 4 étoiles", par rapport à l'excellence de la saison 1, mais toutes les suites sont très loin d'atteindre ce niveau de qualité.
Minimum Wage
C’est l’histoire d’un jeune couple qui essaie de construire sa vie, Rob un dessinateur « pornographique » (ça donne le ton), Sylvia une standardiste et coiffeuse. C’est leur premier emménagement ensemble, d’où un style de vie différent avec les inévitables mises aux points qui en découlent. Bien sûr, autour de ce sympathique petit couple attachant, gravite une galerie de personnages truculents et aux bobines vraiment sympa ! On se prend au jeu de savoir s’ils arriveront à s’en sortir au milieu de tous ces tracas et des casse-pieds de services, un vrai régal ! Une petite galerie sociale quasi authentique, cela sent presque le vécu ! Le graphisme est anatomiquement très bien fait et les courbes très rondes (hem-hem ! …), mais avec des « gueules » des personnages vraiment savoureuses ! Une lecture prenante que j’aurais aimé trouver encore plus longue, un bon moment, j’ai adoré ! Seul bémol, le papier sur lequel est imprimé cet opus est un papier glacé… pour du noir et blanc cela ne rend pas terrible. Mais bon…
L'Epopée de Gilgamesh
Quand j'ai vu cet album, j'en ai été ravi, d'abord parce que la légende de Gilgamesh est fascinante et qu'elle méritait une version BD, surtout qu'elle n'a jamais attiré Hollywood, même dans les années 60 où ils faisaient beaucoup de fresques bibliques. Les autres raisons de mon ravissement, c'est mon intérêt pour les anciens peuples mésopotamiens dont on sait si peu de choses malgré l'archéologie moderne, c'est si loin avant J.C... Enfin, l'intérêt principal, c'est bien-sûr le traitement graphique qui est tout simplement somptueux ; ce rendu visuel que je peux qualifier de gouache informatisée, est une vraie splendeur aussi bien dans l'aspect farouche de certaines séquences, que dans les visages de femmes et les détails d'architecture, le tout aidé par une belle colorisation. De plus, ce visuel colle parfaitement à la légende de Gilgamesh qui est bien respectée par le scénariste, mais on n'en voit hélas qu'une petite partie, la série étant une fois de plus jetée aux orties par Soleil ; car Gilgamesh connaît bien des épreuves qui ne seront donc pas montrées dans cet album qui n'aura pas de suite, et que j'ai vu dans plusieurs vide-greniers vendu à un prix sacrifié. D'un autre côté, je m'explique un peu pourquoi ce récit a été abandonné : il est très ambitieux, et le sujet biblique n'est plus très à la mode de nos jours. C'est quand même lamentable de voir un tel manque de respect envers des lecteurs. J'ai mis l'option d'achat, parce que c'est tellement beau que si vous avez la chance de choper l'album en vide-grenier comme moi, à 3 euros, ça vaut le coup...
Come Prima
Eh bien c'est vrai qu'en le feuilletant comme ça, ça semble un peu rébarbatif: des grandes pages muettes , une petite voiture dans un grand beau paysage, bof. Mais si tu acceptes de lire les 10 premières pages, tu ne peux plus le lâcher. Il y a un coté "Rocco et ses frères", l'Italie des années soixante, le souvenir de Mussolini, les femmes qui étendent les draps sur des grands fils, la boxe, la frime, les garagistes qui sont de vrais mécanos, le jeu des mille francs à la radio quand on est encore en France. Bref une peu de nostalgie. Puis il y a un coté psychologique pas original, mais drôlement bien cuisiné, du frère qui est parti, et qui n 'a plus jamais osé revenir, lequel est le plus courageux, celui qui et parti ou celui qui est resté, les discussions où on a l'impression qu'ils vont se mettre sur la gueule ou même plus que ça, etc... Il y a tout ce qu'on ne comprends pas au début, et qui se découvre petit à petit au détour des petites aventures du voyage, les rencontres, les embuches, les plaisirs. Un dessin un peu aride au début, surtout les parties muettes, mais qui sert finalement bien l'histoire. C'est sec, mais c'est ce qui donne les meilleurs oranges...
Le Sourire de Rose
Vraiment une belle histoire. 1. Des personnages bien campés qui reflètent bien notre époque : deux solitudes prises dans des relations inconfortables, qui en viennent à se retrouver autour d'un enfant. Je comprends que les motivations des méchants puissent paraître farfelues, mais je pense que c'est cette pointe de folie esthète qui donne un peu de poésie rigolote à cet album. Comme souvent ce sont les méchants qui donnent la mesure de l'histoire : ils sont pathétiques ; une jeune brute épaisse au service (dans tous les sens du terme) d'un vieux collectionneur. 2. Un rythme très agréable avec des enchaînements inattendus qui tiennent en haleine alors que ça paraissait commencer comme une histoire de divorce sans surprise. 3. Des dialogues biens sentis où on se reconnait. 4. Des dessins inexplicablement séduisants : une ambiance délavée, pluvieuse où l'action s'accélère dans le flou où le cœur palpite, puis semble ralentir quand le dessin se fait net. Les traits peuvent être gras ou fin suivant les besoins, dans une sorte de sensualité mouillée. les deux personnages principaux avec leur visage au grand menton, presque sans lèvre où seules les dents apparaissent (c'est un dessinateur de mâchoire) sont très attirants, tout couverts qu'ils sont de taches d'aquarelle qui semblent jetées au hasard. 5. Des pages très bien composées, et en particulier la première, avec ces méchants dont on ne voit pas la tête, ce contraste entre les longues lignes obliques, et les petites courbes qui forment la fille et l'enfant, entre le grand froid du lac gelé et les touches chaudes des deux personnages. Bref c'est chouette.
Complot
Encore une excellente idée de mon scénariste fétiche Alcante. Il s'agit de décortiquer certains événements historiques et de voir ce qui se cache derrière. Faut-il voir des complots partout et sombrer dans une espèce de paranoïa collective ? Certes pas, mais il ne faut pas croire ce que disent les journalistes qui influent la pensée de masse jusqu'aux historiens qui peuvent aisément réécrire l'histoire. Oui, je fais sans doute partie de ceux qui ont crû qu'il y avait des armes de destruction massive en Irak. La prospérité est-elle au bout de la rue comme l'annonçait fièrement le président Hoover alors que le krach de 1929 allait précipiter des millions de personnes dans la misère ? Tout va bien, restez dans vos cabines, on gère la situation disait récemment ce commandant sud-coréen à de jeunes passagers promis à une mort certaine pendant qu'il fuyait avec son équipage. Non, il ne faut pas se contenter de ce qu'on nous dit... Voilà qu'on me propose une thèse inédite sur le krach de 1929 provoqué par les nazis. A la lecture, c'est franchement crédible et plutôt astucieux. Après, c'est peut-être faux surtout lorsque l'on sait que ce parti n'avait fait que 2% des voix en 1928. C'est facile de désigner le gros méchant. Mais bon, l'exercice est de démontrer qu'il y a sans doute plusieurs causes possibles. On sait que c'est ce krach qui a précipité l'ascension d'Hitler au pouvoir en 1933. Il en a été le principal bénéficiaire. Le divertissement est assuré grâce au talent de Gihef qui maîtrise à la perfection les découpages pour rendre la lecture agréable. Bref, c'est à lire pour avoir droit à une autre perspective de ce qu'on pourrait nous cacher.
Excalibur - Chroniques
Après lecture des 3 premiers tomes : Le scénario nous fait suivre l'histoire de différents personnages autour de l'épée Excalibur. Malgré un grand nombre de personnages principaux, on arrive bien à s'y retrouver. Les thèmes abordés dans cette série sont principalement des conspirations, des guerres et des conflits entre la nouvelle et l'ancienne religion. Par contre je suis étonné que cette série soit indiquée comme terminée sur ce site : il est clair qu'il va y avoir une suite, ou alors la fin est très mauvaise car elle laisserait beaucoup d'histoires inachevées... Coté dessin c'est correct, mais je ne suis pas un grand fan de ce style qui manque de traits nets.
Jacques le petit lézard géant
Cette série est géniale, que ce soit pour le plaisir ressenti par le lecteur adulte ou bien pour l'enfant la bouquinant (même les petits récalcitrants à la lecture pourront s'amuser des dessins fantastiques de drôlerie de Sieur Libon). La bd a effectivement le mérite d'avoir plusieurs sens de lecture ce qui lui permet de pouvoir toucher un large public. Jacques le petit lézard géant est très attachant de par son innocence et sa gentillesse infantile; si bien que je me sens comme une petite fillette qui s' égosillerait à chaque fois qu'elle le voit "Moi aussi, j' en veuuux uuuun ouiiiin hiiin hiiiin...!"
Hector Kanon
Excellent personnage que cet olibrius de Hector. Le trait de Libon est naturellement marrant, mais étoffé d' une galerie de personnages finement ciselés pour le burlesque, de situations extravagantes et de dialogues réalistes et bien sentis, ça en devient franchement hilarant. J' adore tout simplement.
Mercenaires
Cette Bd prend le parti de construire un univers bien structuré où tous les personnages sont des Orcs ; ce choix constitue une singulière originalité empêchant du même coup le désintérêt, parce que encore une fois, la série utilise le thème archi rebattu de la quête ; sinon, il n'y a pas d'astuce de scénario, et la Bd contient les figures imposées de la fantasy : un vieux sage qui reforme un groupe, des mercenaires revenus de tout, dont un gros dur costaud et rusé, un novice un peu naïf mais utile par sa jeunesse, une guerrière redoutable (et belle pour une Orc), des gobelins farceurs qui servent de faire-valoirs comiques, des forces maléfiques, des combats saignants... Le tome 1 est consacré au recrutement de la meute, c'est un peu long, mais ça le vaut bien, les personnages étant bien travaillés. Le décor de Japon féodal ne m'attire pas toujours dans certaines séries, je n'aime pas trop les excès de cette période, mais ici ça passe, car cet assemblage d'Orcs japonisés si on peut dire et de philosophie orientalo-fantasy est très réussi. Les décors incroyables et le dessin très beau, puissant et raffiné dans les détails, complété par une belle colorisation et un beau dialogue, achèvent de rendre cette Bd très intéressante.