Premier tome : A priori, je n’adore pas les histoires genre Nathalie, Cédric, ..., qui forcent souvent trop le trait, que ce soit pour faire rire le lecteur ou pour jouer sur la nostalgie de l’enfance.
Mais cet album aux couleurs acidulées a attiré mon regard, et je ne l’ai pas regretté. J’ai l’impression (difficile à exprimer) qu’il cherche moins à être réaliste que ceux que j’ai cités plus haut, et que du coup il l’est plus. La vie de tous les jours de Lou semble plutôt invraisemblable (les robes qu’elle coud en un tour de main, ou le fait qu’elle ait pu survivre suffisamment pour arriver à l’âge où l’on va à l’école avec une mère comme ça ;) ), mais le charme marche, plutôt bien même. Le personnage de Lou y est pour quelque chose, à la fois très typé et pas trop cliché. Et les dessins sont vraiment sympas, le chat par exemple avec ses yeux immenses :)
Le résultat, un album sans prétention, joyeux et intelligent, tendre et rigolo, que je vous conseille de lire et d’offrir !
Série jusqu'au tome 6 : J'ai eu l'occasion de me replonger dans cette série, avec ma fille de 8 ans.
Premier constat, elle accroche énormément ! C'est donc une bonne BD aussi pour les enfants (je m'en doutais ^^ ).
Deuxième constat, la BD se poursuit bien, d'abord sur le même ton, puis avec la vie qui évolue, Lou qui grandit, les questionnements et le ton qui changent pour aborder l'adolescence, toujours avec ce même savoureux mélange d’anecdotes totalement improbables et de sentiments très réalistes. Par contre la qualité des dessins en prend un coup, et ce qui semblait être un choix stylistique pour les premiers tomes devient une apparence de vite fait pour les suivants. Et d'un coup, au tome 6, l'univers et le ton change complètement. J'ai l'impression de me retrouver dans un album onirique inspiré de Moebius ou Jodorewski sans l'avoir voulu, tout est décalé, il y a une grande ellipse dans l'histoire, Lou est adulte et vit dans un monde de science-fiction, ce qui se passe est décousu... Très très étrange, déroutant et décevant si l'on s'attend à la suite des tomes précédents. Je serai curieuse de savoir ce que l'auteur a voulu faire, quelle était son idée en changeant si radicalement de style.
Face à une BD, je regarde le dessin. Et le titre.
Là, les deux m'ont attirée.
Le titre est intriguant et poétique.
Le dessin aussi est poétique. C'est un crayonné simple et riche à la fois, expressif, doux. Les instants positifs sont l'occasion d'irruption de couleurs, tendres ou vives, de foisonnement de formes et de feuillages, puis la grisaille du crayon reprend le dessus, avec juste ce qu'il faut de détails pour souligner à quel point le récit est réel.
J'avais peur quand même, car c'est vraiment dur ce que peut vivre cette jeune fille, qui ne trouve pas sa place, qui perd ses repères d'enfance, et n'en trouve de nouveau que dans un livre auquel elle s'accroche désespérément. Mais pour le lecteur qui connait la fin du roman, lui, il y a peu d'espoir, et il y a eu des moments où j'ai eu envie de laisser tomber, de refermer l'album et de le reposer.
Mais Hélène, elle, ne peut pas refermer sa vie, elle se retient à ce qu'elle peut, un instant de complicité avec sa mère, un détour dans un parc, et elle continue d'affronter le regard et les rires des autres sans trop savoir comment elle peut y survivre.
Alors je ne peux pas la laisser, et je continue ma lecture, avec l'espoir que les cases vont s'illuminer de couleurs, que l'adolescence n'est pas toujours la fin de l'enfance, que je pourrai dire à d'autres "tu vas voir, ça finit bien".
Cet album me laisse une très étrange impression.
Le trait de Laurel est doux et rond, les couleurs sont vives comme dans un album pour enfants, et à première vue, l'histoire semble douce aussi, sans cri, sans à coup ou presque, le personnage semble traverser sa vie au rythme paisible et détaché annoncé par le titre.
Et pourtant, les quelques jours traversés au cours de cette BD sont loin d'être paisibles ou détachés, il y a des événements bouleversants, et même les plus simples rapports quotidiens s'avèrent tranchants.
C'est vraiment intéressant, la façon dont cette apparente tranquillité accentue par contraste les questionnements sans solution du début de l'âge adulte.
À noter que le style est très différent des autres albums de Laurel que j'ai lus (ou plutôt que je me suis contentée de parcourir, tellement le scénar ne m'intéressait pas). Plus adulte, plus abouti, et probablement aussi plus autobiographique, je ne serai pas étonnée que les auteurs aient mis un bon morceau d'eux-mêmes dedans, bien au delà du nom du chat ou du physique des personages.
Je l'ai lu en entier, dévoré avec passion. Certes ces histoires qui s'enchevêtrent sont un peu délicates à suivre, certes la galerie des personnages est fournie, mais rarement ai-je eu l'occasion de de découvrir tant de portraits charismatiques en si peu de pages. Et un index très bien fait permet de s'y retrouver à tout instant ; même s'il est vrai qu'il faut souvent faire des allers-retour pour bien saisir le rôle de chaque protagoniste, le jeu en vaut la chandelle. Cette densité est rafraîchissante à une époque où souvent les récits sont délayés pour des raisons mercantiles ; cela reste cependant lisible et digeste grâce au dynamisme des dessins et de la narration. La complexité des jeux d'alliance, l'humanité et la morale très variées et changeantes des personnages rendent une impression de justesse et de vraisemblance de ce que peuvent représenter les évènements relatés, tant pour l'Histoire d'une grande nation que pour une variété importante d'individualités.
Corbeyran poursuit son exploration des séries sur le vin. Il prend l'adaptation d'un roman à succès qui est également devenu un feuilleton télévisé avec Pierre Arditi dans le rôle principal. C'est un récit policier dans la plus pure tradition avec le vin en toile de fond. Il met en scène un oenologue de renom dans la région bordelaise.
Une intrigue bien ficelée pour un premier tome qui est plutôt efficace. Si le vin est une énigme, la solution se trouve au fond du verre. La série sera composée d'histoires one-shot avec une nouvelle enquête à chaque fois. On passe un bon moment de lecture. Cela fera le bonheur des amateurs de vins mais pas que. Petit joueur, passez votre chemin !
Je découvre ce diptyque et c'est ma foi une excellente surprise. A la lecture je me suis retrouvé dans l'univers de Maurice Leblanc, Rouletabille et consorts. L'auteur ne fait d'ailleurs pas mystère de ses influences et son "hommage" est un véritable régal.
Une intrigue bien construite, pas de temps morts, un zeste d'humour (le papy et l'inspecteur superstitieux), tout est en place pour procurer un agréable moment de lecture. Il faut ajouter également un dessin, qui s'il n'est pas vraiment mon style, s'adapte ici parfaitement à l'histoire. La couleur tirant vers le sépia nous installe dans le temps de ces aventures bien ancrées dans leur époque.
Au final une petite enquête plaisante et agréable.
Vous aimez James Bond et ses gadgets ? Vous aimez le côté vintage d'Austin Powers ? Ou encore l'humour d'OSS 117 ? Alors cette BD est faite pour vous !
Faites un joyeux mixes de tout cela, digérez-en les codes principaux et servez chaud ! A cela près, que le rôle principal est cette fois-ci dévolu à une jeune femme... Et la miss Paloma a du répondant !
Employée par le Global Italian Service, Paloma est espionne à temps complet et ne vit que pour ses missions qui la font voyager à travers le monde. Istambul, Venise, la Suisse, l'Inde... Comme pour la Légion, s'engager c'est aussi pour voir du pays ! On suit donc ses aventures sur un ton léger et débridé, le tout avec humour. Mais on est loin du côté potache d'un Austin Powers ou de la bêtise d'un Jean Dujardin ; Paloma est jolie, certes, mais intelligente et pleine d'imagination.
Voilà pour le cadre. Après ce que j'ai le plus apprécié dans cette nouvelle série c'est le graphisme soigné et pensé de bout en bout de l'album. Couverture, pages intérieures, pleines pages inter chapitres ou encore le petit dossier supplément de fin d'album : on nous sort le grand jeu !
Après, passé la découverte du style très marqué cartoon de Mojo, surtout au niveau des visages des personnages, j'ai vraiment apprécié le soin apporté aux détails, que ce soit dans les décors ou les paysages. Tout est finement pensé et stylisé pour qu'on soit immergé dans ces années 70'. Tout cela est en plus très bien mis en valeur par des couleurs et une attention portée aux éclairages et à la lumières ! On est presque dans une gestion cinématographique de tous ces éléments. D'ailleurs, la recherche des cadrages m'a totalement conforté dans cette impression.
Vous l'aurez compris, derrière cet aspect visuel apparemment simple se cache un travail graphique fouillé qui donne à l'ensemble une base solide pour constituer une bonne petite série que je vais suivre avec attention.
Attendons voir ce que nous réserve la suite...
J’ai lu il y a quelques temps la biographie de celui qui avait été qualifié de 5ème Beatle : non pas Stuart Sutcliffe, ni Pete Best mais le producteur Brian Epstein (Le cinquième Beatles (l'histoire de Brian Epstein)). Oui, un bon nombre de personnes pouvaient réclamer ce titre. Mais qui se souvient de celui qui a découvert le Groupe avant son succès mondial ? Il s’agit d’Allan Williams, leur premier manager. C’est toute son histoire qui est fort méconnue. Après lecture, j’avoue avoir un autre regard sur ce groupe mythique.
On découvre que c’est ce gars qui possédait des clubs à Liverpool qui va se décarcasser pour promouvoir ce groupe. On découvre également des débuts calamiteux avec un Stuart plus passionné par la peinture que par la basse. Fort heureusement, le groupe va progresser. Il y a aura toujours ce problème de batteur qui fait défaut et où cela se succède à ce poste. C’est également cet agent du groupe qui les fera jouer à Hambourg (en Allemagne) dans des établissements plutôt situés dans les quartiers chauds.
Malheureusement, après avoir tout supporté (et notamment un John Lennon insupportable), voilà que le groupe l’abandonne aux prémices de la gloire. On connait la suite avec Brian Epstein qui prendra le relais. On se dit que ce pauvre homme avait du flair et a contribué à construire le groupe mais qu’il n’a pas récolté les bénéfices. La manière dont s’est passée son éviction ne m’a pas trop plu. Il faut dire que par la suite Peter Best, le membre le plus populaire du groupe, subira le même sort. C’est la dure loi du show business.
Aujourd’hui, plus personne ne fait mention de son nom en sa qualité de premier manager des Beatles. Ils l’ont rayé de leur biographie. En effet, le rôle d’Allan Williams s’est, au cours de cette courte période, surtout limité à celui d’un intermédiaire ou d’un simple agent chargé d’engager occasionnellement les Beatles pour quelques concerts, à commencer pour son propre établissement, le Jacaranda. Et même s’il prélevait une commission sur les opérations qu’il réalisait, il n’a jamais été pour les Beatles un véritable manager au sens où Brian Epstein le fut par la suite.
On sent de la rancoeur et on peut le comprendre même si cela reste sa vision des choses. Cette bd lui rend un hommage et nous montre les véritable dessous de ce groupe mythique. Les Beatles restent encore à ce jour le groupe ayant vendu le plus d’album dans le monde.
Un bon polar assez classique sur le fond mais la manière dont il est traité est originale.
On suit les traces de Lesley, jeune truand en quête d'argent qui va se retrouver dans une sale histoire de braquage d'un camion où a lieu des combats de chiens et paris illégaux organisés par un sénateur véreux. Rien ne va se passer comme prévu et il faudra attendre les dernières pages pour savoir vraiment ce qu'il en est étant donné que Chauvel a décidé de fragmenter son récit en plusieurs parties et de jouer avec des fausses pistes. Un peu déroutant mais bien fait.
Le dessin en noir et blanc est spécial, un peu "sec" mais fonctionne correctement avec l'ambiance noire du scénario.
La parabole des toutes premières et dernières planches reste pour moi, un mystère... Peut-être que c'est une représentation de l'usure morale et physique de Lesley en bout de course traînant un poids mort, son poids?...
Bref, chacun se fera son idée ou pas.
Lue, relue et j'apprécie toujours autant cette BD.
L'horreur, la nausée, le dégoût encore une fois face au spectacle des camps d'extermination nazis, du ghetto de Varsovie...
Marco Rizzo a choisi de nous conter tout cela du point de vue de Jan Kozielewski, jeune Polonais de Varsovie, qui va jouer les espions pour le compte des Alliés au coeur de la barbarie du centre de l'Europe. Une mission pour laquelle il n'était pas forcément fait, mais qui le serait ? Le jeune homme aura presque tout vécu, entre les arrestations, la torture, l'exil, il est passé dans le ghetto de Varsovie et un camp d'extermination (on ne sait pas lequel, mais peu importe, finalement). le personnage n'est pas idéalisé, il s'agit simplement d'un jeune homme intelligent, courageux, sensible et déterminé, qui a traversé la tourmente et l'Europe pour faire connaître au monde l'horreur.
Comme il l'indique lui-même en postface, Marco Rizzo a pris quelques libertés avec la réalité historique, et en particulier celle de Karski lui-même, puisqu'il a raconté son histoire dans un ouvrage. Sélection de certains passages, compressions de moments-clés, expansion d'autres, petits arrangements géographiques ou biographiques (notamment sur certains personnages secondaires). Mais qu'importe finalement, l'essentiel est là, faire connaître ce héros méconnu.
Le choix de confier le dessin à Lelio Bonaccorso était risqué, car son style élégant, un peu épuré à la manière de Tony Sandoval, semblait trop décalé par rapport aux horreurs traversées par Karski. mais il sait s'adapter, et ses planches du ghetto de Varsovie, plus que celles d'Auschwitz (ou quel que soit le camp que visite l'espion polonais) sont glaçantes dans leur crudité, leur dénuement et leur chaos.
Sans jouer la carte de l'apitoiement ni celle de l'idéalisation, il s'agit d'un one-shot tétanisant et inoubliable. Un vrai devoir de mémoire.
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Lou !
Premier tome : A priori, je n’adore pas les histoires genre Nathalie, Cédric, ..., qui forcent souvent trop le trait, que ce soit pour faire rire le lecteur ou pour jouer sur la nostalgie de l’enfance. Mais cet album aux couleurs acidulées a attiré mon regard, et je ne l’ai pas regretté. J’ai l’impression (difficile à exprimer) qu’il cherche moins à être réaliste que ceux que j’ai cités plus haut, et que du coup il l’est plus. La vie de tous les jours de Lou semble plutôt invraisemblable (les robes qu’elle coud en un tour de main, ou le fait qu’elle ait pu survivre suffisamment pour arriver à l’âge où l’on va à l’école avec une mère comme ça ;) ), mais le charme marche, plutôt bien même. Le personnage de Lou y est pour quelque chose, à la fois très typé et pas trop cliché. Et les dessins sont vraiment sympas, le chat par exemple avec ses yeux immenses :) Le résultat, un album sans prétention, joyeux et intelligent, tendre et rigolo, que je vous conseille de lire et d’offrir ! Série jusqu'au tome 6 : J'ai eu l'occasion de me replonger dans cette série, avec ma fille de 8 ans. Premier constat, elle accroche énormément ! C'est donc une bonne BD aussi pour les enfants (je m'en doutais ^^ ). Deuxième constat, la BD se poursuit bien, d'abord sur le même ton, puis avec la vie qui évolue, Lou qui grandit, les questionnements et le ton qui changent pour aborder l'adolescence, toujours avec ce même savoureux mélange d’anecdotes totalement improbables et de sentiments très réalistes. Par contre la qualité des dessins en prend un coup, et ce qui semblait être un choix stylistique pour les premiers tomes devient une apparence de vite fait pour les suivants. Et d'un coup, au tome 6, l'univers et le ton change complètement. J'ai l'impression de me retrouver dans un album onirique inspiré de Moebius ou Jodorewski sans l'avoir voulu, tout est décalé, il y a une grande ellipse dans l'histoire, Lou est adulte et vit dans un monde de science-fiction, ce qui se passe est décousu... Très très étrange, déroutant et décevant si l'on s'attend à la suite des tomes précédents. Je serai curieuse de savoir ce que l'auteur a voulu faire, quelle était son idée en changeant si radicalement de style.
Jane, le renard & moi
Face à une BD, je regarde le dessin. Et le titre. Là, les deux m'ont attirée. Le titre est intriguant et poétique. Le dessin aussi est poétique. C'est un crayonné simple et riche à la fois, expressif, doux. Les instants positifs sont l'occasion d'irruption de couleurs, tendres ou vives, de foisonnement de formes et de feuillages, puis la grisaille du crayon reprend le dessus, avec juste ce qu'il faut de détails pour souligner à quel point le récit est réel. J'avais peur quand même, car c'est vraiment dur ce que peut vivre cette jeune fille, qui ne trouve pas sa place, qui perd ses repères d'enfance, et n'en trouve de nouveau que dans un livre auquel elle s'accroche désespérément. Mais pour le lecteur qui connait la fin du roman, lui, il y a peu d'espoir, et il y a eu des moments où j'ai eu envie de laisser tomber, de refermer l'album et de le reposer. Mais Hélène, elle, ne peut pas refermer sa vie, elle se retient à ce qu'elle peut, un instant de complicité avec sa mère, un détour dans un parc, et elle continue d'affronter le regard et les rires des autres sans trop savoir comment elle peut y survivre. Alors je ne peux pas la laisser, et je continue ma lecture, avec l'espoir que les cases vont s'illuminer de couleurs, que l'adolescence n'est pas toujours la fin de l'enfance, que je pourrai dire à d'autres "tu vas voir, ça finit bien".
Marche ou rêve
Cet album me laisse une très étrange impression. Le trait de Laurel est doux et rond, les couleurs sont vives comme dans un album pour enfants, et à première vue, l'histoire semble douce aussi, sans cri, sans à coup ou presque, le personnage semble traverser sa vie au rythme paisible et détaché annoncé par le titre. Et pourtant, les quelques jours traversés au cours de cette BD sont loin d'être paisibles ou détachés, il y a des événements bouleversants, et même les plus simples rapports quotidiens s'avèrent tranchants. C'est vraiment intéressant, la façon dont cette apparente tranquillité accentue par contraste les questionnements sans solution du début de l'âge adulte. À noter que le style est très différent des autres albums de Laurel que j'ai lus (ou plutôt que je me suis contentée de parcourir, tellement le scénar ne m'intéressait pas). Plus adulte, plus abouti, et probablement aussi plus autobiographique, je ne serai pas étonnée que les auteurs aient mis un bon morceau d'eux-mêmes dedans, bien au delà du nom du chat ou du physique des personages.
Monogatari
Je l'ai lu en entier, dévoré avec passion. Certes ces histoires qui s'enchevêtrent sont un peu délicates à suivre, certes la galerie des personnages est fournie, mais rarement ai-je eu l'occasion de de découvrir tant de portraits charismatiques en si peu de pages. Et un index très bien fait permet de s'y retrouver à tout instant ; même s'il est vrai qu'il faut souvent faire des allers-retour pour bien saisir le rôle de chaque protagoniste, le jeu en vaut la chandelle. Cette densité est rafraîchissante à une époque où souvent les récits sont délayés pour des raisons mercantiles ; cela reste cependant lisible et digeste grâce au dynamisme des dessins et de la narration. La complexité des jeux d'alliance, l'humanité et la morale très variées et changeantes des personnages rendent une impression de justesse et de vraisemblance de ce que peuvent représenter les évènements relatés, tant pour l'Histoire d'une grande nation que pour une variété importante d'individualités.
Le Sang de la vigne
Corbeyran poursuit son exploration des séries sur le vin. Il prend l'adaptation d'un roman à succès qui est également devenu un feuilleton télévisé avec Pierre Arditi dans le rôle principal. C'est un récit policier dans la plus pure tradition avec le vin en toile de fond. Il met en scène un oenologue de renom dans la région bordelaise. Une intrigue bien ficelée pour un premier tome qui est plutôt efficace. Si le vin est une énigme, la solution se trouve au fond du verre. La série sera composée d'histoires one-shot avec une nouvelle enquête à chaque fois. On passe un bon moment de lecture. Cela fera le bonheur des amateurs de vins mais pas que. Petit joueur, passez votre chemin !
Chambre Obscure
Je découvre ce diptyque et c'est ma foi une excellente surprise. A la lecture je me suis retrouvé dans l'univers de Maurice Leblanc, Rouletabille et consorts. L'auteur ne fait d'ailleurs pas mystère de ses influences et son "hommage" est un véritable régal. Une intrigue bien construite, pas de temps morts, un zeste d'humour (le papy et l'inspecteur superstitieux), tout est en place pour procurer un agréable moment de lecture. Il faut ajouter également un dessin, qui s'il n'est pas vraiment mon style, s'adapte ici parfaitement à l'histoire. La couleur tirant vers le sépia nous installe dans le temps de ces aventures bien ancrées dans leur époque. Au final une petite enquête plaisante et agréable.
Paloma
Vous aimez James Bond et ses gadgets ? Vous aimez le côté vintage d'Austin Powers ? Ou encore l'humour d'OSS 117 ? Alors cette BD est faite pour vous ! Faites un joyeux mixes de tout cela, digérez-en les codes principaux et servez chaud ! A cela près, que le rôle principal est cette fois-ci dévolu à une jeune femme... Et la miss Paloma a du répondant ! Employée par le Global Italian Service, Paloma est espionne à temps complet et ne vit que pour ses missions qui la font voyager à travers le monde. Istambul, Venise, la Suisse, l'Inde... Comme pour la Légion, s'engager c'est aussi pour voir du pays ! On suit donc ses aventures sur un ton léger et débridé, le tout avec humour. Mais on est loin du côté potache d'un Austin Powers ou de la bêtise d'un Jean Dujardin ; Paloma est jolie, certes, mais intelligente et pleine d'imagination. Voilà pour le cadre. Après ce que j'ai le plus apprécié dans cette nouvelle série c'est le graphisme soigné et pensé de bout en bout de l'album. Couverture, pages intérieures, pleines pages inter chapitres ou encore le petit dossier supplément de fin d'album : on nous sort le grand jeu ! Après, passé la découverte du style très marqué cartoon de Mojo, surtout au niveau des visages des personnages, j'ai vraiment apprécié le soin apporté aux détails, que ce soit dans les décors ou les paysages. Tout est finement pensé et stylisé pour qu'on soit immergé dans ces années 70'. Tout cela est en plus très bien mis en valeur par des couleurs et une attention portée aux éclairages et à la lumières ! On est presque dans une gestion cinématographique de tous ces éléments. D'ailleurs, la recherche des cadrages m'a totalement conforté dans cette impression. Vous l'aurez compris, derrière cet aspect visuel apparemment simple se cache un travail graphique fouillé qui donne à l'ensemble une base solide pour constituer une bonne petite série que je vais suivre avec attention. Attendons voir ce que nous réserve la suite...
Liverfool
J’ai lu il y a quelques temps la biographie de celui qui avait été qualifié de 5ème Beatle : non pas Stuart Sutcliffe, ni Pete Best mais le producteur Brian Epstein (Le cinquième Beatles (l'histoire de Brian Epstein)). Oui, un bon nombre de personnes pouvaient réclamer ce titre. Mais qui se souvient de celui qui a découvert le Groupe avant son succès mondial ? Il s’agit d’Allan Williams, leur premier manager. C’est toute son histoire qui est fort méconnue. Après lecture, j’avoue avoir un autre regard sur ce groupe mythique. On découvre que c’est ce gars qui possédait des clubs à Liverpool qui va se décarcasser pour promouvoir ce groupe. On découvre également des débuts calamiteux avec un Stuart plus passionné par la peinture que par la basse. Fort heureusement, le groupe va progresser. Il y a aura toujours ce problème de batteur qui fait défaut et où cela se succède à ce poste. C’est également cet agent du groupe qui les fera jouer à Hambourg (en Allemagne) dans des établissements plutôt situés dans les quartiers chauds. Malheureusement, après avoir tout supporté (et notamment un John Lennon insupportable), voilà que le groupe l’abandonne aux prémices de la gloire. On connait la suite avec Brian Epstein qui prendra le relais. On se dit que ce pauvre homme avait du flair et a contribué à construire le groupe mais qu’il n’a pas récolté les bénéfices. La manière dont s’est passée son éviction ne m’a pas trop plu. Il faut dire que par la suite Peter Best, le membre le plus populaire du groupe, subira le même sort. C’est la dure loi du show business. Aujourd’hui, plus personne ne fait mention de son nom en sa qualité de premier manager des Beatles. Ils l’ont rayé de leur biographie. En effet, le rôle d’Allan Williams s’est, au cours de cette courte période, surtout limité à celui d’un intermédiaire ou d’un simple agent chargé d’engager occasionnellement les Beatles pour quelques concerts, à commencer pour son propre établissement, le Jacaranda. Et même s’il prélevait une commission sur les opérations qu’il réalisait, il n’a jamais été pour les Beatles un véritable manager au sens où Brian Epstein le fut par la suite. On sent de la rancoeur et on peut le comprendre même si cela reste sa vision des choses. Cette bd lui rend un hommage et nous montre les véritable dessous de ce groupe mythique. Les Beatles restent encore à ce jour le groupe ayant vendu le plus d’album dans le monde.
Station Debout
Un bon polar assez classique sur le fond mais la manière dont il est traité est originale. On suit les traces de Lesley, jeune truand en quête d'argent qui va se retrouver dans une sale histoire de braquage d'un camion où a lieu des combats de chiens et paris illégaux organisés par un sénateur véreux. Rien ne va se passer comme prévu et il faudra attendre les dernières pages pour savoir vraiment ce qu'il en est étant donné que Chauvel a décidé de fragmenter son récit en plusieurs parties et de jouer avec des fausses pistes. Un peu déroutant mais bien fait. Le dessin en noir et blanc est spécial, un peu "sec" mais fonctionne correctement avec l'ambiance noire du scénario. La parabole des toutes premières et dernières planches reste pour moi, un mystère... Peut-être que c'est une représentation de l'usure morale et physique de Lesley en bout de course traînant un poids mort, son poids?... Bref, chacun se fera son idée ou pas. Lue, relue et j'apprécie toujours autant cette BD.
Jan Karski - L'homme qui a découvert l'Holocauste
L'horreur, la nausée, le dégoût encore une fois face au spectacle des camps d'extermination nazis, du ghetto de Varsovie... Marco Rizzo a choisi de nous conter tout cela du point de vue de Jan Kozielewski, jeune Polonais de Varsovie, qui va jouer les espions pour le compte des Alliés au coeur de la barbarie du centre de l'Europe. Une mission pour laquelle il n'était pas forcément fait, mais qui le serait ? Le jeune homme aura presque tout vécu, entre les arrestations, la torture, l'exil, il est passé dans le ghetto de Varsovie et un camp d'extermination (on ne sait pas lequel, mais peu importe, finalement). le personnage n'est pas idéalisé, il s'agit simplement d'un jeune homme intelligent, courageux, sensible et déterminé, qui a traversé la tourmente et l'Europe pour faire connaître au monde l'horreur. Comme il l'indique lui-même en postface, Marco Rizzo a pris quelques libertés avec la réalité historique, et en particulier celle de Karski lui-même, puisqu'il a raconté son histoire dans un ouvrage. Sélection de certains passages, compressions de moments-clés, expansion d'autres, petits arrangements géographiques ou biographiques (notamment sur certains personnages secondaires). Mais qu'importe finalement, l'essentiel est là, faire connaître ce héros méconnu. Le choix de confier le dessin à Lelio Bonaccorso était risqué, car son style élégant, un peu épuré à la manière de Tony Sandoval, semblait trop décalé par rapport aux horreurs traversées par Karski. mais il sait s'adapter, et ses planches du ghetto de Varsovie, plus que celles d'Auschwitz (ou quel que soit le camp que visite l'espion polonais) sont glaçantes dans leur crudité, leur dénuement et leur chaos. Sans jouer la carte de l'apitoiement ni celle de l'idéalisation, il s'agit d'un one-shot tétanisant et inoubliable. Un vrai devoir de mémoire.