Les derniers avis (31997 avis)

Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Histoires du quartier
Histoires du quartier

Palma de Majorque, dans les années 1980. Chaque recoin du quartier où vit Gabi a une histoire à raconter. Adolescent, il traîne avec ses copains dans les rues de son petit monde en essayant de comprendre ce qui s'y passe et se forge une expérience de vie inoubliable. Entre la drogue, les prostituées et les menus larcins, Gabi se réfugie dans la littérature, le dessin... et découvre que les différences sociales représentent parfois des frontières infranchissables. Je mets 4 étoiles alors que c'est seulement la première bande dessinée de l'auteur Gabi Beltran. C'est son histoire personnelle dans les quartiers de Palma de Majorque qui nous est contée et cela ne sera pas triste ! J'ai beaucoup aimé ces tranches d'histoires qui le mettent en scène alors qu'il n'a que 14-15 ans c'est à dire l'adolescence. Il signe ici un récit d'une sensibilité rare tout en nuances. Ces enfants de ce quartier sont des adultes précoces car leurs mères sont des prostituées et les pères sont violents et alcooliques. Chaque chapitre est une tranche de vie indépendante qui met l'accent sur un aspect. Bref, c'est le portrait d'une certaine jeunesse loin des quartiers riches. Forcément, il y a de la délinquance. Cependant, avant de juger, il faut lire cette oeuvre pour se faire une idée et avoir alors une certaine compréhension.

22/05/2015 (MAJ le 23/05/2015) (modifier)
Par Jérem
Note: 4/5
Couverture de la série Les Cinq Conteurs de Bagdad
Les Cinq Conteurs de Bagdad

Encore un superbe album de Fabien Vehlmann ! Décidément, c’est un auteur que j’apprécie de plus en plus. Dans cet album, il joue la carte de la mise en abyme en imaginant un conte dans lequel des conteurs de Bagdad parcourent le monde à la recherche des meilleurs contes pour inventer… un conte et ainsi gagner un concours organisé par le calife. Loin d’être uniquement un effet narratif, elle permet de mettre en parallèle Vehlmann lui-même et ses propres personnages de fiction dans la recherche et la construction du récit. Plutôt habile ! L’histoire en elle-même se révèle passionnante. C’est fin, drôle, inventif et envoutant, le tout superbement illustré par un Franz Duchazeau des grands jours. Les cinq conteurs de Bagdad est une magnifique BD que je recommande très vivement.

22/05/2015 (modifier)
Couverture de la série 3 Secondes (3'')
3 Secondes (3'')

Délirant ! C’est le premier mot qui me vient à l’esprit pour qualifier cette production de Marc Antoine Mathieu. En effet, cet habitué des projets oubapiens, de l’utilisation complexifiée du médium Bande Dessinée, a réalisé là quelque chose d’assez surprenant. On y retrouve son dessin impeccable, très classique, avec une belle utilisation d’un Noir et Blanc épuré et très froid. Par contre, si j’ai été bluffé par le côté technique de l’album – que l’on peut prolonger en visionnant sur le net une version « filmée », à la vitesse de défilement adaptable à nos désirs, j’ai quand même été moins accroché que je l’ai été par d’autres de ses productions, comme les Julius par exemple. En effet, l’exercice de style joue ici un peu trop la performance pure, et se met moins au service de l’histoire. Cela donne un résultat plus froid, et une lecture un peu plus difficile (j’ai dû plusieurs fois faire des retours en arrière pour suivre le déroulé de l’action). Bluffant donc, impressionnant certes, mais un chouia trop technique. Un album à découvrir toutefois, et qui nécessite clairement plus de 3 secondes pour être assimilé (album muet, mais nombreuses relectures nécessaires). Note réelle 3,5/5.

22/05/2015 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Six-Gun Gorilla
Six-Gun Gorilla

Poupouyouuuuuuu ! Y’en a qui vont encore croire que je me suis passé la moquette en intraveineuse quand je vais commencer à leur faire le topo du bousin ! Genre, c’est l’histoire d’un mec, bleubite depressivo-suicidaire, ex-bibliothécaire de son état, qui après s’être fait larguer par sa meuf’ décide d’en finir avec la life en s’engageant comme chair à canon dans un conflit sanglant dans lequel est engagé la Terre, sur un monde étrange que l’espèce humaine a colonisé. Ah oui, on est accessoirement au XXIIe siècle, et la dernière bibliothèque vient de fermer ses portes… Mais forcément, pas moyen de crever les tripes à l’air tranquille dans ce bled. Notre gus qui pensait en terminer fissa se voit sauver la mise par un gorille armé de deux six coup qui ne font pas semblant de faire mouche. Genre, le bestiau efficace et improbable, issu d’un croisement génétique entre un Clint Sergioléoné (cigare inclus dans la formule de base) et un Neo matrixien au mieux de sa forme, regard noir et poil luisant, le tout dans une enveloppe de 250kg environ, apte à vous décocher une mornifle qui vous fera regretter de ne pas avoir compté vos ratiches avant le « hajime !» que vous attendez toujours… Vous suivez encore ? Parce que ça c’était juste la mise en bouche – avec les quelques molaires qu’il doit vous rester – Meunonmeunonmeunon ! Pô de panique ! Tout se tient, même si on va voyager grave et que les annonceurs vont en avoir pour leur pognon. Ah oui, je ne vous ai pas dit non plus, on est aussi en plein jeu téléréalité… Tous les terriens connectés voient à travers le regard de notre pauvre Bleu… Bon, j’arrête de vous décourager d’avance d’un album complètement déjanté, truffé de bonnes idées, de références et de délires assumés, le tout servi sur un oneshot - 2x6coups- qui tient malgré tout cela complètement la route et vous embarque sans escale ni vous laisser le temps d’aller pisser un bol. C’est de l’excellent western coupé SF (ou vice versa ?), tiré façon roquette qu’on nous tire pleine poire et qu’il n’est pas la peine d’essayer d’esquiver. On ouvre grand la gueule (sans les dents ça passe tout seul) et on digère comme on peut. Un peu d’appétit pour ce genre d’OVNI, un brin de curiosité chemisé kevlar et une grosse envie de prendre cher facilitent le transit. En tout cas, pas le temps de s’ennuyer entre ce récit dynamité et le dessin de Jeff Strokely qui nous distillent une narration survitaminée qui malgré la richesse de l’histoire et les méandres de cet univers complexe nous accroche du début à la fin. Cela tient aussi énormément à la force des personnages que les auteurs nous proposent. Bref, vous l’aurez compris, gros coup de cœur pour cet album qui envoie du lourd ! J’fais tourner ?

22/05/2015 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Saga
Saga

Sur une idée au final peu originale (un couple dont l'amour est interdit car ils viennent de races ennemies, se font poursuivre après la naissance de leur enfant), les auteurs réussissent à créer une œuvre originale. En effet, une des qualités de cette série est de reprendre des idées déjà vues et de les mettre dans un univers assez original où je ne savais jamais ce qu'il pouvait se passer. De plus, il y a plusieurs rebondissements dans le scénario sans que cela aille trop vite à mon gout. Les personnages sont attachants et j'ai bien envie de lire la suite. La seule ombre au tableau est le dessin. Je ne le trouve pas moche, mais il ne m'excite pas non plus. Il y a des dessins qui me donnent immédiatement envie de lire une bande dessinée alors qu'ici le style m'a laissé indifférent. Je ne pense pas que j'aurais lu cette série si je n'avais pas vu qu'elle avait des avis favorables ici.

21/05/2015 (modifier)
Couverture de la série Nic Oumouk
Nic Oumouk

Ce n’est peut-être pas la meilleure série du prolifique Larcenet, mais ces deux albums se laissent lire très facilement. Le premier album, dans lequel Nic essaye de survivre dans la jungle de la cité de banlieue où il vit est amusant, mais j’ai trouvé le deuxième plus original et intéressant. En effet, Nic y est « transplanté » dans la cambrousse, et a du mal à s’adapter à cet univers très différent du béton de sa banlieue : cela est source de gags jouant sur ce décalage. Puis une sorte de fantastique plus ou moins délirant arrive en fin d’album, avec un succès mitigé je trouve. A noter les quelques pages caricaturant – à peine ! les reportages alarmistes et jouant sur le pathos et le sensationnalisme dès que les banlieues « s’agitent ». J’ai bien aimé ces passages dénonçant par l’ironie le travail des rédactions « parisiennes ». Critique hélas toujours d’actualité… Deux albums rafraîchissants, dont la lecture est recommandée.

21/05/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Notre histoire
Notre histoire

Notre histoire est celle de la famille d’un célèbre joueur de football à savoir Lilian Thuram. Je n’aime pas trop le football et son star system. Je n’aime pas les rémunérations faramineuses de ces nouveaux gladiateurs des temps modernes. Je n’ai pas aimé le coup de tête de Zidane lors de la finale de la coupe du monde en 2006, ni l’attitude déplorable de l’équipe de France en Afrique du Sud en 2010. Pour autant, s’il y a un sportif que j’aime bien pour l’exemplarité de son comportement, c’est bien Lilian Thuram. Visiblement, et je ne le savais pas, cet ancien footballeur est très engagé car il prend publiquement des positions sur l’égalité, l’immigration et le racisme. Il avait notamment indiqué qu’avant de parler d’insécurité, il faut parler de justice sociale ce qui me semble une analyse correcte de la situation. Cela ne plaît pas à certaines personnes qui considèrent qu’il est temps de passer à autre chose que de discuter sans cesse de l’esclavage pratiqué par la France dans les Antilles. En outre, Lilian Thuram soutient la lutte contre l’homophobie, tant au niveau institutionnel que dans le sport. Il soutient le mariage gay, comparant les opposants à celui-ci aux racistes s'opposant à l'égalité entre les Noirs et les Blancs. J’ai beaucoup aimé cette bd qui traite de l’installation en France de la mère de Lilian avec ses cinq enfants dans les années 80 où elle a quitté la Guadeloupe pour devenir une femme de ménage. Dans ce premier tome, Lilian a moins de 10 ans. Il découvre les réalités de la Métropole où il subit les blagues racistes. C’est traité avec honnêteté. Par ailleurs, dans une seconde partie, on va revenir sur l’histoire de la Guadeloupe et notamment d’un épisode sanglant. En 1794, l’esclavage est aboli. Cependant, Napoléon souhaite la rétablir uniquement sur les îles en 1801. Il envoie l’armée qui procèdera à une énorme répression. C’est un épisode que j’avais jamais entendu parler car sans doute, on ne voulait pas écorner l’image de cet illustre personnage. J’ai désormais une autre vision. L’esclavage va perdurer jusqu’en 1848. Je pense qu’il n’y a rien de pire que de sortir de l’esclavage, de vivre libre pendant 8 ans puis d’y retourner. Je comprends mieux désormais la souffrance de ce peuple. Pour la forme, je dirai que cette partie historique s’insère assez mal par rapport au reste. C’est trop artificiel comme montage. Mais bon. Cette BD est incontournable pour approfondir les notions de discrimination avec les enfants. Pour finir, voilà ce qu’il déclare et avec lequel je suis en parfait accord : « Je crois que l'Histoire n'appartient pas à une couleur de peau, et heureusement ! Il n'y a pas de communauté noire, de communauté blanche, il n'y a pas d'Histoire noire, pas d'Histoire blanche. Il y a l'Histoire des hommes et des femmes. Il est temps de le comprendre... ».

21/05/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Au Pays des Ombres (Vincent mon frère mort-vivant)
Au Pays des Ombres (Vincent mon frère mort-vivant)

Malgré son thème voilà une BD que je qualifierais de rafraichissante, pleine de poésie qui aborde les peurs de l'enfance de manière fort intelligente. Le dessin et la colorisation sont parfaitement en adéquation avec le thème et les ambiances pleines d'onirisme sont très prenantes. Nous avons là une histoire très plaisante et qui ne fait pas l'impasse sur les dangers parfois effrayants que rencontre le jeune Antoine. Le récit ne connait pas de temps "mort" et s'il cible a priori un jeune public il pourra combler les plus grands. Une curiosité à découvrir.

20/05/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Pierre qui roule
Pierre qui roule

Mais quelle jolie bande de bras cassés! Affreux, plus bêtes que méchants voilà une bande de Pieds Nickelés plus vrais que nature. Qu'il est réjouissant de suivre cette bande de malfrats que rien n'arrête excepté le mauvais sort qui s'acharne sur eux. Engagés sur un coup qui ne semble pas trop dur pour dérober une pierre précieuse, les voilà qui se démènent, en pure perte, pour finaliser la petite opération. Las, rien ne se passe comme prévu et la suite n'est qu'un long calvaire pour aboutir à leurs fin. Scénario haletant, on attends avec impatience la prochaine bourde de nos joyeux drilles, on se dit que non c'est pas possible, ils ne peuvent pas tomber plus bas dans la bêtise, mais si. Et cela fonctionne, ce n'est pas trop, le dosage est juste parfait. Lax a parfaitement mis en images cette histoire bien ancrée dans les années 70 et c'est un plaisir de voir ses cases qui replongent dans l'ambiance de l'époque. Ironique, souvent drôle, jamais lourd, voilà un polar qui ravira les inconditionnels du genre et qui pourrait susciter des vocations chez ceux qui voudraient découvrir le genre.

20/05/2015 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Île des Justes
L'Île des Justes

Je suis ressorti presque bouleversé de ma lecture... Il est vrai que le rôle du peuple corse pendant l'Occupation est peu traité dans les journaux, les films, etc. Et cet album est l'un des plus beaux hommages que j'aie pu lire, en plus de saluer la mémoire des grands-parents du scénariste. Enfin, surtout sa grand-mère, séparée de son mari à la suite d'une rafle à Marseille. L'album commence assez "mollement", le récit du passage en Corse est bon, mais sans plus. Mais dès que Suzanne et Sacha mettent les pieds sur l'Île de Beauté, on passe deux crans au-dessus. L'ambiance est tellement particulière en Corse, qu'elle se ressent dès la première page de la séquence. Le récit devient tétanisant, avec cette peur permanente d'une nouvelle rafle, ou du fait que le commissaire Rossi arrive à ses fins... Les personnages sont admirablement campés, même ceux qui cachent leur vrai visage, et très vite on est embarqué dans ce jeu du chat et de la souris à l'issue incertaine. L'âme corse est admirablement reconstitué, sans verser dans les clichés ni en faire des tonnes. Une âme dont est empreint le préfet Balandier, qui lui n'est pas corse, mais Juste. Le travail graphique d'Espé, qui a déjà une quinzaine d'albums à son actif, suit cette trajectoire : il se cherche un peu sur les premières planches, monte en puissance lors de la traversée entre Marseille et Bastia, et se montre subtil et solide dès la planche 12 (sur 86 au final). Le travail sur les couleurs, réalisé par Irène Häfliger, est lui aussi remarquable : c'est chaud, c'est lumineux, c'est accueillant. C'est la Corse. Un bel album, salutaire comme l'indique l'éditeur.

20/05/2015 (modifier)