Les derniers avis (31988 avis)

Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Galkiddek
Galkiddek

Que voilà une bonne et belle découverte que cette trilogie médiévale fantastique de Franck Giroud dont les talents de scénariste ne sont plus à prouver. L'homme sait mener sa barque et ne doutons point qu'avec cette histoire il saura nous concocter un final égal aux débuts très prometteurs de cette série. Ici tous les éléments sont en place pour nous offrir dans un monde à mi chemin entre un moyen âge plausible comprenant des éléments fantastiques mais sans en faire trop, avec des références évidentes à des récits d'aspects plus sombres. Le tout est parfaitement maîtrisé, la mécanique de narration tourne sans fausse note, c'est divertissant, l'on a envie de connaitre la suite, quoi demander de plus au final lorsque l'on lit ce genre d'histoire. Nous devons le dessin à quelqu'un que je découvre aussi, Paolo Grella, qui dans le genre fait beaucoup mieux que certains de ses petits camarades qui se sont frottés à ce genre avec plus ou moins de bonheur. Les décors sont parfois grandioses et proches de l'iconographie du genre avec ces châteaux aux tours démesurées, la soldatesque peut être sanguinaire à souhait, en fait je n'ai que des louanges pour le dessin. Voilà une série dont j'attends la conclusion avec impatience et il n'est pas dit que je n'en ferai pas l'achat à l'occasion.

15/11/2015 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5
Couverture de la série Le Voyage de Phoenix
Le Voyage de Phoenix

Pour son second roman graphique, le dessinateur d’origine sud-coréenne Jung nous raconte de petites histoires humaines affectées par la grande Histoire : celle d’une guerre froide bloquant quasiment tout échange entre la Corée du Sud et sa voisine du nord « communiste », dirigée d’une main de fer par un régime militaire impitoyable. Kim vient de trouver la mort dans un accident de voiture. Jennifer, à la fois narratrice et personnage principal, est sous le choc. C’est elle qui avait géré le dossier d’adoption du garçonnet lorsqu’elle travaillait en Corée du Sud. Cet événement tragique va raviver le souvenir douloureux de ce père qu’elle n’a pas connu et qui y était allé pour assurer la sécurité face à la menace du voisin communiste. Le thème dominant de ces récits croisés est la résilience face la douleur résultant d’un drame en apparence insurmontable. Celle de Jennifer d’abord, qui pleure ce père inconnu mort dans des circonstances tragiques. Celle des parents de Kim ensuite, qui vivront un cauchemar dans les mois suivant le décès du jeune garçon. Celle de son mari San-Ho enfin, qui a fui la Corée du Nord après avoir supporté l’enfer des camps de rééducation. Et quoi de mieux que le phœnix, cet oiseau légendaire qui a le pouvoir de renaître de ses cendres, pour donner corps à cette notion et servir de fil rouge au récit. Si la narration peut avoir tendance à se diluer dans la kyrielle de personnages, bien campés au demeurant, elle est parfaitement servie par le dessin raffiné et sensible de Jung. Avec ses lavis insufflant sans lourdeur ce qu’il faut de tension ou d’anxiété à l’histoire, le noir et blanc convient bien au propos. Par l’entremise de ces tragédies dénuées de pathos, « Le Voyage de Phoenix » peut être vu comme un don de l’auteur, un hommage à la vie malgré son âpreté, tout simplement. A l’image de San-Ho, « ce grand enfant » au sourire lumineux découvrant la vie après avoir survécu aux pires épreuves dans son propre pays.

14/11/2015 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Ignominia
Ignominia

Voilà une BD qui sort du lot chez Tabou ! Du sexe, oui, mais un univers SF bien travaillé pour enrober tout ça, ce qui est fort agréable ! Surtout que le dessin tout de noir dévêtu de Juan Jose Ryp est plutôt bien léché et donne vraiment une identité à cet album. Les hommes ayant été rayés de la surface de la terre suite à une guerre chimique qui a tué tout porteur du chromosome Y, une nouvelle société a donc vu le jour dans les 2 dernières mégalopoles qui ont survécu à ce drame. La gente masculine décimée, l'espèce humaine survit à travers le genre féminin qui se perpétue grâce à la fécondation in vitro et la manipulation génétique. Juan Jose Ryp nous dépeint un monde bien sombre, sale, et plus ou moins décadent où les inégalités sociales n'ont fait que s'accentuer et le vice se perpétuer tout en s'adaptant à cette nouvelle donne. Ignominia est le nom donné à tout acte sexuel "contre nature" et est même jugé pire que le vol ou le meurtre. Une police morale spéciale est chargée de le combattre : les Fox Trackers. C'est une de ces flics de choc que nous allons suivre tout au long de cet album : Deborah Lick. C'est sur elle que va tomber une affaire un peu plus lourde que les autres qui va la faire remonter jusqu'aux plus hauts sommets de cette société. Si l'enquête en elle même reste assez convenue, c'est son cadre et cette société féminine qui font l'originalité de ce récit. Ce côté un peu cyberpunk dans ce registre est plutôt inédit pour moi et loin de me déplaire. Surtout que le dessin de Juan Jose Ryp est très réussi et qu'il maîtrise parfaitement son anatomie, ce qu'apprécieront sûrement les amateurs du corps féminin. Mais c'est surtout le soin apporté aux détails de chaque case, avec des décors très fouillés qui fait la richesse de l'univers qu'il nous propose et le rend vivant. Il sait parfaitement jouer des cadrages et de sa mise en page pour nous proposer un album très réussi. A découvrir donc pour les amateurs du genre !

14/11/2015 (modifier)
Par Mana
Note: 4/5
Couverture de la série L'Histoire Secrète
L'Histoire Secrète

Je raconte un coup ma vie : j'avais commencé l'Histoire Secrète par le tome 9 qui avait été offert à un ami un peu par hasard. J'avais survolé l'ouvrage et avait souri sur quelques dialogues. Puis la série était tombée dans les limbes de mon esprit jusqu'à ce que je tombe sur le tome 1 chez un autre ami. J'avais assez vite dévoré les tomes existants à l'époque (il me semble jusqu'au 18 ) avant de commencer à attendre fébrilement les parutions (jusqu'au tome 22) avant que mon intérêt s'étiole, l'histoire devenait trop complexe et attendre des mois pour lire la suite faisait que j'avais du mal à raccrocher les morceaux. J'ai donc préféré attendre que sortent tous les tomes avant de les relire d'une traite. C'est donc l'avis d'une (re)lecture des quasi deux tiers du cycle que je livre : Alors, c'est vrai que la série comporte des défauts et que les tomes sont assez inégaux. Les dessins sont parfois un peu paresseux (surtout sur la fin avec peu de détails et une sorte de dessin par dessus des photos pour les décors extérieurs, on aime ou pas, j'ai pas aimé) mais dans l'ensemble ça se tient. C'est pas du grand art, on est loin d'égaler des maîtres du genre mais le scénario compense trèèès largement. Et malgré le trait basique et des couleurs pas toujours inspirées, quand la série réutilise des vignettes du tome 1 pour dire au lecteur pressé "tout était là depuis le début et malgré le trait simple, tu n'as rien vu venir", on est tous pris en défaut. J'avoue aussi que la série a besoin de temps pour poser son univers et qu'elle démarre vraiment au tome 3 (Choix hasardeux ? Oui et non, la série s'appuie sur le succès d'Arcanes et Arcane Majeur, elle sait qu'elle peut se permettre de prendre son temps pour poser les bases). D'autres reproches en vrac : c'est long et ça a tendance à en faire trop, la série perd son souffle grosso modo entre le tome 22 et le tome 29 (peut-être est-ce moi qui suis moins amateur d'histoire américaine), certaines choses sont expédiées sans qu'on puisse comprendre le pourquoi du comment et (mais ça arrive peu, juste une fois de mémoire), il y a des renvois vers les autres séries de l'univers (pour la mort d'un personnage assez "central"), c'est assez dommage Alors oui, ça parait assez négatif mais ! - J'ai adoré le concept de base : des immortels puissants qui ont bénéficié d'une éducation incomplète et doivent apprendre à gérer un pouvoir colossal au fil des siècles. - Certains personnages sont juste cultes et parfaitement iconisés (ce qui devient rare), si bien sûr, la série offre un traitement de faveur à ses 4 personnages centraux, elle glisse assez souvent vers leurs agents talentueux (Curtis et Itzak sont mes préférées et ont des purs moments de légendes). - L'évolution de l'histoire et des tensions est gérée quasi parfaitement et on ne reste jamais longtemps dans la même dynamique (les archontes détiennent un pouvoir immense, le pouvoir s'amenuise à mesure qu'il se répand, conflits entre les archontes, apparition d'autres puissances égales, compréhension des enjeux de la guerre qui les enveloppe et choix finaux). Bref, la psychologie du scénario est bien pensée et elle ne s'enfonce pas dans la facilité de toujours raconter la même chose. - Le final est couillu et j'ai mis un moment à le comprendre et à l'apprécier mais fallait oser ! Je dirai que si on n'a pas peur de lire (les dialogues sont assez épais et les 32 tomes font qu'on arrive à presque 2000 pages), qu'on a les moyens (l'intégrale coûte un bras) et qu'on a pas peur de subir quelques turbulences en lisant une BD sans concession, foncez.

14/11/2015 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Harley Quinn
Harley Quinn

Cela faisait longtemps que je n'avais pas autant aimé un comic moderne ! En effet, je trouve que de nos jours les comics de super-héros prenent un peu trop au sérieux et qu'on a droit à des trucs sombres. Ce n'est pas le cas ici avec Harley Quinn qui fait une grande place à l'humour et qui ne se prend jamais au sérieux. J'adore le personnage d'Harley Quinn et j'avais bien hate de la voir évoluer en solo. Le Joker n'est pas très présent dans ce premier tome et on voit surtout Poison Ivy ainsi que des nouveaux personnages. Il faut dire qu'elle ne vit plus à Gotham, mais à New York. D'ailleurs le seul reproche que je puisse faire à cette série c'est que j'aurais bien aimé la voir interagir avec des personnages que je connais comme Batman ou des supervilains comme Double Face ou le Pingouin. Mais bon j'aime tellement sa relation avec Poison Ivy que ce détail ne me dérange pas trop. J'aime bien aussi comme Harley Quinn ne joue pas les super-villaines dans ses aventures et essaye surtout de faire le bien même si sa manière de faire le bien est un peu différente de la norme. L'humour m'a bien fait rire et franchement c'est à lire si on aime le personnage. Pour ce qui est du dessin, je commence à m'habituer au style moderne des comics et donc ce ne m'a pas trop derangé. Je le trouve bien dynamique. Il est à note que dans la première histoire plusieurs dessinateurs ont illustré une page chacun (dont Bruce Timm) et le résultat est intéressant.

13/11/2015 (modifier)
Couverture de la série Ulysse 1781
Ulysse 1781

Les mythes comme L’Odyssée d’Homère sont des récits intemporels et universels. D’autres auteurs se sont déjà essayés à une réécriture actualisée de la mythologie grecque, dramaturges comme romanciers. On pense à Dan Simmons et ses cycles SF Ilium et Olympos, et même en BD par exemple comme Valérie Mangin et sa série SF Le dernier Troyen. Alors, capter l’essence de cette épopée et la retranscrire dans le contexte historique de la fin de la guerre d’indépendance des Etats-Unis, why not ? Ulysse 1781 mêle en résumé Fantasy historique et Fantasy mythologique. Cependant, bien que les chants composant L’Odyssée servent évidemment de référence de base au récit concocté par Xavier Dorison, il est important de mentionner l’autre source d’inspiration qu'est Ulysse 31. Ulysse 31 c’était cette série animée franco-japonaise pour enfants qui adaptait L’Odyssée dans un formidable décorum space-fantasy et où Ulysse, son fils Télémaque et Nono le robot vivaient toutes sortes d’aventures. Je pense qu’il est toujours plus facile de retranscrire les mythes dans des récits futuristes où il n’y a quasiment aucune contrainte, tandis que la principale difficulté d’Ulysse 1781 est qu’il s’inscrit dans un cadre historique bien connu et que par conséquent Dorison a dû aussi veiller à ce que son histoire paraisse crédible aux yeux des puristes. Au final, que conserve Xavier Dorison du voyage d’Ulysse ? Le nom des personnages, l’action, l’aventure, toute la tragédie et les exploits héroïques, bref tout ce qu’un lecteur d’aujourd’hui a envie de lire en uchronie fantasy. Le bestiaire et les divinités grecques sont adaptés au contexte américain et deviennent des esprits chamaniques indiens, le navire d’Ulysse ne navigue plus en Méditerranée mais sur les terres Appalaches, son nom l’Achéron est une référence sympa au fleuve sur lequel Charon navigue sa barque. Que veut-on ? De l’aventure ? Ulysse entame à peine son voyage sur le territoire indien Wishita là d’où nul homme blanc n’est jamais revenu, et si on connaît un peu L’Odyssée, on peut penser que le rythme va progressivement grimper en flèche. De l’action ? Une intro qui s’ouvre sur un pugilat entre le stratège Ulysse et le colosse Achilles, des iroquois hostiles, un duel « David contre Goliath ». Du drame, des trucs un peu plus profonds ? Penn seule à New Itakee contre une garnison d’anglais revanchards, la relation compliquée père-fils entre Ulysse et Mack, entre reproches, rancœur, amertume, devoir. De belles gonzesses ? Comme de coutume maintenant chez Dorison il y a dans ses histoires des personnages féminins au caractère bien trempé et au physique ravageur. Du fantastique ? L’Achéron serait inspiré du navire des terres et des mers du cycle d’Elric de Michael Moorcock que cela ne m’étonnerai pas (ou bien est-ce inspiré de l'Odyssée Verth de Philip José Farmer ?), qu’il ne soit pas crédible on s’en moque, le géant indien zombifié « cyclope ». Et patience, cela ne constitue que la première partie de la première histoire. Sans nul doute Ulysse se mettra à dos des divinités plus coriace. Je soupçonne la grand-mère vu dans les premières pages d’être l’équivalente de Poséidon vu que c’est elle qui donne au vie au cyclope. Quant au dessin d’Eric Herenquel, je l’apprécie beaucoup. Son trait est détaillé, minutieux, perfectionniste, les zones de flous au troisième plan ne me dérangent pas et j’aime bien le fait de donner à ses personnages des gueules un peu de travers. 64 pages pour un premier tome, c’est beaucoup d’heures de boulot pour un dessinateur dont on sait pas des plus rapide, il mérite davantage de succès. Il n’y a que sur la couleur de Sébastien Lamirand que je pourrai trouver matière à critiquer mais techniquement il n’y a rien à reprocher, du bon boulot encore une fois. Seulement je ne suis pas un amateur du travail avec Photoshop, les teintes manquent de naturel et j’ai l’impression que ça gâche le dessin, cela l’étouffe. Je sais qu’il existe une version en noir et blanc mais le prix affiché pour l’obtenir est assez dissuasif. Franchement je trouve que l’on juge ici bien sévèrement cet album qui n’est que la première moitié d'un premier diptyque d’une longue série à venir, je trouve plus de motifs à l’encourager que l’inverse. Peut être que certains s’attendaient à lire du James Joyce, mais non, dans l’idée on veut faire un Ulysse 31, et c'est réussi.

13/11/2015 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Imadoki
Imadoki

3.5 Un Shojo qui commence de manière clichée. Une jeune fille se retrouve dans une école pour riche. Elle va croiser un gars très riche qui a l'air antipathique, mais qui au fond cache une sensibilité et il est triste de devoir supporter le poids d'être l'héritier. Elle va tout faire pour être son ami et je pense que je n'ai pas besoin d'en écrire plus pour vous faire deviner la suite... Malgré ce manque d'originalité dans le scénario de ce Shojo, j'ai vraiment pris du plaisir à le lire. Cela vient en partie à un bon mélange d'humour et de moments plus sérieux (quoique je préfère lorsque c'est moins sérieux) et aux personnages que je trouve attachants et particulièrement Tsukiko qui m'a bien fait rire. Donc ce n'est pas la série du siècle, mais pour un Shojo je trouve que c'est bien fait.

12/11/2015 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Ruines
Ruines

« Ruines » est un roman graphique à multiple facettes, qui nous raconte une histoire relationnelle assez traditionnelle, mais dans un contexte politique intéressant. George et Samantha décident de passer une année sabbatique à Oaxaca (Mexique) pour se ressourcer, se retrouver émotionnellement et affectueusement. Cet aspect de l’histoire est bien vu, et raconté subtilement. La fin m’a beaucoup plu, elle est relativement inattendue, juste, et finalement assez positive. Je n’en dirai pas plus. Mais « Ruines », c’est aussi un voyage dépaysant nous faisant découvrir ce pays magnifique, et un mini-documentaire sur l’instabilité politique locale. Le mélange est adroit et digeste, et la lecture fluide et agréable malgré le nombre conséquent de pages (330 !) Le voyage d’un papillon migrateur se greffe sur la trame principale, même si j’ai trouvé cet aspect de l’histoire finalement assez anecdotique. La narration est aux petits oignons, et la mise en image est superbe. Les planches recèlent de détails, le découpage ingénieux participe grandement à la fluidité de l’histoire, et la mise en couleur est magistrale. L’ensemble est vraiment esthétique et on prend beaucoup de plaisir à admirer les paysages ruraux, les scènes urbaines, les bâtiments historiques… admirez donc les quelques planches de la galerie ! Un album recommandable pour les amateurs du genre.

12/11/2015 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série L'Oiseau Bleu
L'Oiseau Bleu

J'ai beaucoup aimé ce manga. Comme l'indique Pasukare, c'est un récit qui prend de l'ampleur au fil des nouvelles qui le composent. Après le moment extrêmement émouvant, voire déchirant, on se plonge ensuite dans un récit où l'auteur titille notre fibre humaniste par petites piques, le tout formant un patchwork aux couleurs très différentes, qui nous touchent en plein coeur. Et tout cela se termine sur une note d'espoir... Le dessin de Murakami n'est pas des plus classiques en manga, on pourrait même le qualifier d'"hésitant", mais c'est cette fragilité, qui, ajoutée à celle des protagonistes, achève d'embarquer le lecteur. Magnifique.

12/11/2015 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Les Nuits de Saturne
Les Nuits de Saturne

Effectivement c'est un excellent album. Je ne m'arrête pas à la couverture, que je trouve ma foi pas si mal, excepté l'encart de titre. Pour moi elle résume bien ce qui est en creux : une histoire d'amour aux accents de faux-semblants, et un aperçu de l'ambiance intérieure. Car Pierre-Henry Gomont piège d'abord ses lecteurs grâce à ces ambiances différenciées et soutenues : verdâtre la nuit (eh oui, ce n'est pas toujours bleuté), rougeâtre en boîte de nuit... Je n'ai pu m'empêcher de me perdre dans ces ambiances, qui participent souvent grandement à l'appréciation des polars. Celui-ci, si on ne peut pas le qualifier de poisseux, bénéficie d'une ambiance lourde. Lourde comme certaines appréhensions, certains mensonges, qui peuvent gâcher une vie, ou plusieurs. Nous suivons en parallèle, durant une partie de l'album, deux intrigues dont Clovis est le point commun, deux cavales avec des enjeux différents, séparées par un gap temporel qui est son séjour en prison, la première étant la source de ce séjour, la seconde sa conséquence. Deux quêtes qui se déroulent la nuit essentiellement (là encore, l'occasion d'admirer la merveilleuse technique de couleurs du dessinateur). Une intrigue relativement linéaire, mais avec un peu de sous-texte avec cette histoire d'amour pas comme les autres, mais d'une simplicité extrême, la souffrance intime de Césaria étant expliquée en deux phrases et un prologue aux accents de rêve. J'aime et je recommande.

12/11/2015 (modifier)