Si je ne devais conseiller qu'un seul Daredevil à un néophyte, ce serait celui-ci.
Déjà car la période Mazzuchelli est celle qui m'a le plus marqué, où le suspense était intense (identité de l'homme sans peur découverte par son pire ennemi et mise au grand jour, super vilains machiavéliques et puissants) sublimé par le trait viril mais élégant de celui-ci.
Cet épisode est particulièrement noir, précédant la période John Romita Junior qui lui aussi fait tomber bien bas mon super-héros Marvel préféré.
"Justice aveugle" fait donc morfler Matt Murdock comme jamais et c'est un vrai parcours du combattant qui l'attend. Karen Page, sa petite amie a révélé son identité secrète à Wilson Fisk, alias le Caïd, et son appartement est détruit, il perd son boulot, se retrouve à la rue et son ex petite copine replonge dans l'univers de la drogue. le Caïd met tout en œuvre pour détruire Matt Murdock et il réussit en partie, Daredevil est devenu comme fou, dangereux, impulsif et violent. Il devra affronter lors d'un combat final dantesque un vétéran psychopathe engagé par Fisk. Les vengeurs font également une apparition à la fin de l'album.
Indispensable pour tous fan de DD.
Note précise: 4,45/5
Gary Larson, j'avais découvert ça enfant, dans la bédéthèque de mon père; l'inconvénient, c'est que je ne comprenais que peu de choses; juste le dessin suffisait à me faire rire et l'auteur m'avait déjà conquis dès mon plus jeune âge sans en comprendre toutes les subtilités. Ce n'est que de nombreuses années après, lorsque j'eu l'occasion de pouvoir lire cette série en français que je pus profiter pleinement de toute la finesse et le génie dont fait preuve cet auteur.
Cette série est bien traduite, ce qui n'est pas évident car l'humour subtil, souvent grotesque de Larson est très basé sur les jeux de mots. Même s'il y a peu de texte, chaque mot est pesé, juste et fait mouche. Quant au dessin de Larson, il est très agréable à l'œil, fait de rondeurs et va à l'essentiel avec sa ligne claire.
Les thèmes abordés sont assez récurrents; bien souvent les animaux (mes gags préférés) mis en situation tels des humains ou encore ces gamins à lunettes insupportables qu'il représente si drôlement. Les cowboys idiots sont également de la partie ainsi que les chercheurs fous.
A lire absolument, à acheter absolument, à relire absolument, à faire lire à ses enfants, à ses parents, à ses amis, à son banquier absolument. Indispensable !
Une fois dépassé le cap du dessin qui possède un côté très enfantin, il faut en venir à l'essentiel, au fond de cette histoire de folie sur fond de dictature militaire. Fortement traumatisé par l'éducation de son père, "heureux tortionnaire ", qui ramène du travail à la maison, notre brave Elvio Guastavino en gardera des séquelles psychiques tout au long de sa vie d'adulte.
On se doute donc qu'à cet âge le brave Elvio a développé une psychose carabinée et le seul moyen qui dans un premier temps lui permet de survivre est de reporter un amour qui lui a manqué sur une poupée de porcelaine qui lui donne l'occasion de sublimer la petitesse de sa vie. Plus le temps passe, plus les gardes fous tombent et la folie se révèle.
Au delà de ce personnage c'est bien la description clinique d'une dictature, une allégorie qui nous est proposée et la force des auteurs est de nous montrer à travers ce récit glauque, noir, malsain, tous les méfaits, et le mot est faible, qu'un tel système politique organise.
Une lecture salutaire et presque obligatoire qui décrit un moment assez récent de l'histoire de l'Amérique du Sud. Sachons nous rappeler par qui était téléguidée cette dictature et d'autres aussi peu reluisantes par l'entremise de la sinistre opération Condor.
Guillaume Bouzard nous livre là un album de bonne facture (comme la majorité du temps).
J'ai beaucoup ri à la lecture de cet album. Le ton y est cynique et ce n'est pas pour me déplaire. Bouzard se raconte mais sans se prendre au sérieux, toujours avec cette légèreté et cette authenticité qui en font sa force de narration.
J'ai particulièrement aimé (j'ai même pleuré de rire) l'histoire où est relatée l'expérience LSD qui tourne mal.
Achat conseillé.
Avec son dernier album "Combats", Daniel Goossens ne déroge pas à la règle et nous livre encore un album de très bonne facture. Le grand format fait honneur à la qualité de son dessin, qui prend davantage vie grâce à la mise en couleurs.
Comme d'habitude c'est hilarant, varié dans les thèmes abordés et généreux dans la façon de les aborder. Les habitations des héros de BD, la France attaquée par le Groland, la consommation abusive de littérature,... tout y est prétexte à s'amuser du grotesque des situations et des personnages. Nous y retrouvons évidemment Georges et Louis pour notre plus grand bonheur.
Je conseille bien entendu l'achat, comme tout livre de Goossens.
Chris Donner, auteur de littérature jeunesse, s’associe ici avec Jérémie Moreau pour adapter son propre roman. On n’est jamais mieux servi que par soi-même ! Si je ne connaissais pas le travail de l’écrivain, je connaissais par contre celui de Jérémy Moreau avec l’excellent album « Le Singe de Hartlepool » qu’il avait réalisé avec Wilfrid Lupano. Si le propos n’a rien à voir, l’universalité du sujet traité reste par contre de mise.
Chris Donner nous plonge ici dans le quotidien d’un haras normand tenu par un couple de Français. Il est la propriété d’un riche Allemand suffisant, qui est peut-être le seul bémol que je trouve à cet album. Ce genre de personnage m’insupporte, mais là c’est plus le côté caricatural de son trait qui m’a par moment agacé. Sorti de ce détail, le reste de l’album est parfaitement maîtrisé, tant pour ce qui est de la narration ou du dessin.
Le plus marquant reste bien sûr le personnage de Jean-Philippe, notre jeune personnage principal. Si le dur quotidien dû à son handicap forge sa force de caractère, son destin à la fois tragique et magique en fait un récit proche du conte malgré une réalité et un quotidien très pesants. C’est ce qui rend d’ailleurs d’autant plus fortes les scènes où il s’évade sur le dos de son cheval Tonnerre, tout cela renforcé par une mise en couleur audacieuse et percutante de Jérémy Moreau.
Voilà donc une très bonne BD, tant par le sujet abordé que par la façon de le traiter, surtout pour un album destiné à la jeunesse. Ça fait plaisir de voir que nos têtes blondes ont aussi le droit à de très bons albums, où l’originalité graphique et les sujets abordés sont intelligents et bien traités.
En lisant cette Bd, je ne peux m'empêcher de me remémorer sans cesse le film de Sidney Lumet, la Colline des hommes perdus (The Hill) en 1965, où Sean Connery était un prisonnier se dressant contre l'absurdité militaire et carcérale, le racisme et le sadisme des gardiens : même ambiance de camp disciplinaire inhumaine et dure, même garde-chiourme peau de vache et même décor d'Afrique du Nord, sauf que c'était un camp de l'armée britannique pendant la Seconde guerre mondiale.
Ici, c'est l'armée française à la fin du XIXème siècle, mais le ton est sensiblement identique. Il y a aussi quelques scènes qui peuvent rappeler le film Papillon et le bouquin d'Henri Charrière dont il est tiré. J'aime ces ambiances de prison que ce soit au ciné ou en BD, c'est pourquoi avec cet album, je suis servi, les caractères sont très typés, et le récit reste classique parce que beaucoup vu au cinéma, en n'évitant pas les clichés propres à cette atmosphère virile et carcérale.
Mais l'ensemble est bien fait, jamais ennuyeux, d'autant plus qu'on a droit à une vraie évasion pénitentiaire, avec tous les éléments que peuvent comporter les histoires de prison à l'écran (L'évadé d'Alcatraz, Luke la main froide, la Grande évasion...), les autres récits de cette série concept n'étant pas tous situés dans ce contexte.
Le dessin est costaud et très agréable, même si les crânes rasés de tous ces taulards ne facilitent pas le lecteur pour les reconnaitre ; le côté lumineux du désert ajoute un plus.
Au final, un bon récit, carré, efficace, bien mené, brassant plusieurs thèmes, avec une fin attendue mais logique.
Moi qui ai longtemps trainé mes guêtres dans les divers méandres de la littérature arthurienne et même fait de belles balades du côté de Brocéliande, j'étais assez curieux de voir ce qu'allait donner cet (énième ?) album sur un thème très largement traité.
Mais notre duo d'auteurs Séverine Gauthier et Thomas Labourot s'en sort à merveille ! Loin de suivre des sentiers rebattus, ils ont su trouver un très bon équilibre entre respect des repères classiques et attendus, et libertés certaines, qui permet d'apporter un petit coup de fouet et de sang neuf au cycle arthurien.
Les idées de Séverine Gauthier sont plutôt bonnes, et ses personnages en sont le parfait exemple. Entre un Merlin scotché sur la mycologie qu'il tente tant bien que mal d'inculquer à sa fille Aliénor qui, elle, n'a pas encore franchement réussi à avouer à son père que, comment dire... les champipi c'est pas son truc... C'est d'ailleurs un des points forts de cette série qui se lance ; les relations entre les personnages sont vraiment intéressantes et pleines d'humour.
Le dessin de Thomas Labourot est pour sa part très réussi et donne à cette série un côté frais, pep's qui colle parfaitement à ce renouveau apporté à cette tripotée de personnages archiconnus, et devrait conquérir le public jeunesse par ce côté dessin animé du graphisme.
Bref, ce premier opus fonctionne très bien et ne demande qu'une suite rapide !
On va commencer directement par la motivation de cet achat étant donné que je n'ai jamais été un grand fan de mangas et encore moins des formats réduits imprimés sur papier chiotte mais l'intégrale grand format cartonnée est vraiment magnifique et de très belle facture.
Secundo, j'avais plutôt bien apprécié le film "Edge of Tomorrow" avec Tom Cruise et la sculpturale Emily Blunt rhaaaah mais je m'égare oups excusez-moi !
Tertio, j'ai toujours apprécié les séries courtes et le fait de savoir que l'histoire était complète en une intégrale ou deux tomes est un plus indéniable...
Mais un bon film ne fait pas nécessairement un bon manga même s'il en est inspiré. On se doute que les scénaristes ont du bien retravailler le scénario de base pour faire de Kenji, jeune militaire aspirant d'une vingtaine d'années le personnage de Tom Cruise qui affiche plus de 50 printemps malgré une apparence plus jeune que notre Spooky ! ;)
Partant sur le même postulat que le film "Un jour sans fin" dans un contexte militaire futuriste, Kenji est une bleusaille qui s'est engagée dans l'armée suite à une déception militaire et qui doit maintenant affronter des aliens hostiles dans une armure futuriste digne du jeu Halo.
Inexpérimenté face à un ennemi invulnérable, Kenji ne tarde pas à mourir dans d'atroces souffrances mais se réveille presque immédiatement après dans la journée précédant sa mort.
Tout d'abord complètement abasourdi, il ne tarde pas à réagir et profiter de cette astuce temporelle pour apprendre et jouer de sa mémoire comme d'un jeu vidéo.
Ludique mais répétitif (tout comme l'était le film), le récit prend une certaine ampleur en distillant ce qu'il faut d'informations et de scènes d'action dantesques lors des assauts et tient le lecteur éveillé.
L'approche du personnage de Rita, une mystérieuse guerrière américaine d'allure frêle mais sanguinaire pour l'ennemi va donner un nouveau sens à la guerre sans fin de Kenji.
Porté par des dessins magnifiques et malgré un découpage parfois incertain sur les scènes de batailles, "All you need is kill" est à prendre pour un divertissement de qualité et que je conseillerais volontiers également aux amateurs de comics.
Mon avis va rejoindre ce concert de louanges.
Ce nouvel album de Mathias Lehmann est vraiment un bel objet. Non pas parce qu'il est beau visuellement parlant, mais bel et bien par sa qualité d'écriture. Car en effet la maltraitance des enfants est un sujet casse-gueule, et il n'est vraiment pas évident d'en parler sans tomber dans le pathos, la complaisance ou même le malsain. Lehmann réussit à éviter tous ces écueils, et à nous livrer un album à la fois profond et presque passionnant, qui montre une montée en puissance loin d'être négligeable, avec une première révélation -que personnellement je n'ai pas senti venir- puis une suite d'explications qui permettent de "comprendre" l'histoire de cette petite Constance.
Son dessin, réalisé à la carte à gratter se montre d'une sobriété remarquable, presque en retrait par rapport au sujet.
Vraiment un très bon album.
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Daredevil - Renaissance (Justice aveugle)
Si je ne devais conseiller qu'un seul Daredevil à un néophyte, ce serait celui-ci. Déjà car la période Mazzuchelli est celle qui m'a le plus marqué, où le suspense était intense (identité de l'homme sans peur découverte par son pire ennemi et mise au grand jour, super vilains machiavéliques et puissants) sublimé par le trait viril mais élégant de celui-ci. Cet épisode est particulièrement noir, précédant la période John Romita Junior qui lui aussi fait tomber bien bas mon super-héros Marvel préféré. "Justice aveugle" fait donc morfler Matt Murdock comme jamais et c'est un vrai parcours du combattant qui l'attend. Karen Page, sa petite amie a révélé son identité secrète à Wilson Fisk, alias le Caïd, et son appartement est détruit, il perd son boulot, se retrouve à la rue et son ex petite copine replonge dans l'univers de la drogue. le Caïd met tout en œuvre pour détruire Matt Murdock et il réussit en partie, Daredevil est devenu comme fou, dangereux, impulsif et violent. Il devra affronter lors d'un combat final dantesque un vétéran psychopathe engagé par Fisk. Les vengeurs font également une apparition à la fin de l'album. Indispensable pour tous fan de DD. Note précise: 4,45/5
Gary Larson
Gary Larson, j'avais découvert ça enfant, dans la bédéthèque de mon père; l'inconvénient, c'est que je ne comprenais que peu de choses; juste le dessin suffisait à me faire rire et l'auteur m'avait déjà conquis dès mon plus jeune âge sans en comprendre toutes les subtilités. Ce n'est que de nombreuses années après, lorsque j'eu l'occasion de pouvoir lire cette série en français que je pus profiter pleinement de toute la finesse et le génie dont fait preuve cet auteur. Cette série est bien traduite, ce qui n'est pas évident car l'humour subtil, souvent grotesque de Larson est très basé sur les jeux de mots. Même s'il y a peu de texte, chaque mot est pesé, juste et fait mouche. Quant au dessin de Larson, il est très agréable à l'œil, fait de rondeurs et va à l'essentiel avec sa ligne claire. Les thèmes abordés sont assez récurrents; bien souvent les animaux (mes gags préférés) mis en situation tels des humains ou encore ces gamins à lunettes insupportables qu'il représente si drôlement. Les cowboys idiots sont également de la partie ainsi que les chercheurs fous. A lire absolument, à acheter absolument, à relire absolument, à faire lire à ses enfants, à ses parents, à ses amis, à son banquier absolument. Indispensable !
L'Héritage du Colonel
Une fois dépassé le cap du dessin qui possède un côté très enfantin, il faut en venir à l'essentiel, au fond de cette histoire de folie sur fond de dictature militaire. Fortement traumatisé par l'éducation de son père, "heureux tortionnaire ", qui ramène du travail à la maison, notre brave Elvio Guastavino en gardera des séquelles psychiques tout au long de sa vie d'adulte. On se doute donc qu'à cet âge le brave Elvio a développé une psychose carabinée et le seul moyen qui dans un premier temps lui permet de survivre est de reporter un amour qui lui a manqué sur une poupée de porcelaine qui lui donne l'occasion de sublimer la petitesse de sa vie. Plus le temps passe, plus les gardes fous tombent et la folie se révèle. Au delà de ce personnage c'est bien la description clinique d'une dictature, une allégorie qui nous est proposée et la force des auteurs est de nous montrer à travers ce récit glauque, noir, malsain, tous les méfaits, et le mot est faible, qu'un tel système politique organise. Une lecture salutaire et presque obligatoire qui décrit un moment assez récent de l'histoire de l'Amérique du Sud. Sachons nous rappeler par qui était téléguidée cette dictature et d'autres aussi peu reluisantes par l'entremise de la sinistre opération Condor.
Moi, BouzarD
Guillaume Bouzard nous livre là un album de bonne facture (comme la majorité du temps). J'ai beaucoup ri à la lecture de cet album. Le ton y est cynique et ce n'est pas pour me déplaire. Bouzard se raconte mais sans se prendre au sérieux, toujours avec cette légèreté et cette authenticité qui en font sa force de narration. J'ai particulièrement aimé (j'ai même pleuré de rire) l'histoire où est relatée l'expérience LSD qui tourne mal. Achat conseillé.
Combats
Avec son dernier album "Combats", Daniel Goossens ne déroge pas à la règle et nous livre encore un album de très bonne facture. Le grand format fait honneur à la qualité de son dessin, qui prend davantage vie grâce à la mise en couleurs. Comme d'habitude c'est hilarant, varié dans les thèmes abordés et généreux dans la façon de les aborder. Les habitations des héros de BD, la France attaquée par le Groland, la consommation abusive de littérature,... tout y est prétexte à s'amuser du grotesque des situations et des personnages. Nous y retrouvons évidemment Georges et Louis pour notre plus grand bonheur. Je conseille bien entendu l'achat, comme tout livre de Goossens.
Tempête au haras
Chris Donner, auteur de littérature jeunesse, s’associe ici avec Jérémie Moreau pour adapter son propre roman. On n’est jamais mieux servi que par soi-même ! Si je ne connaissais pas le travail de l’écrivain, je connaissais par contre celui de Jérémy Moreau avec l’excellent album « Le Singe de Hartlepool » qu’il avait réalisé avec Wilfrid Lupano. Si le propos n’a rien à voir, l’universalité du sujet traité reste par contre de mise. Chris Donner nous plonge ici dans le quotidien d’un haras normand tenu par un couple de Français. Il est la propriété d’un riche Allemand suffisant, qui est peut-être le seul bémol que je trouve à cet album. Ce genre de personnage m’insupporte, mais là c’est plus le côté caricatural de son trait qui m’a par moment agacé. Sorti de ce détail, le reste de l’album est parfaitement maîtrisé, tant pour ce qui est de la narration ou du dessin. Le plus marquant reste bien sûr le personnage de Jean-Philippe, notre jeune personnage principal. Si le dur quotidien dû à son handicap forge sa force de caractère, son destin à la fois tragique et magique en fait un récit proche du conte malgré une réalité et un quotidien très pesants. C’est ce qui rend d’ailleurs d’autant plus fortes les scènes où il s’évade sur le dos de son cheval Tonnerre, tout cela renforcé par une mise en couleur audacieuse et percutante de Jérémy Moreau. Voilà donc une très bonne BD, tant par le sujet abordé que par la façon de le traiter, surtout pour un album destiné à la jeunesse. Ça fait plaisir de voir que nos têtes blondes ont aussi le droit à de très bons albums, où l’originalité graphique et les sujets abordés sont intelligents et bien traités.
La Grande évasion - Biribi
En lisant cette Bd, je ne peux m'empêcher de me remémorer sans cesse le film de Sidney Lumet, la Colline des hommes perdus (The Hill) en 1965, où Sean Connery était un prisonnier se dressant contre l'absurdité militaire et carcérale, le racisme et le sadisme des gardiens : même ambiance de camp disciplinaire inhumaine et dure, même garde-chiourme peau de vache et même décor d'Afrique du Nord, sauf que c'était un camp de l'armée britannique pendant la Seconde guerre mondiale. Ici, c'est l'armée française à la fin du XIXème siècle, mais le ton est sensiblement identique. Il y a aussi quelques scènes qui peuvent rappeler le film Papillon et le bouquin d'Henri Charrière dont il est tiré. J'aime ces ambiances de prison que ce soit au ciné ou en BD, c'est pourquoi avec cet album, je suis servi, les caractères sont très typés, et le récit reste classique parce que beaucoup vu au cinéma, en n'évitant pas les clichés propres à cette atmosphère virile et carcérale. Mais l'ensemble est bien fait, jamais ennuyeux, d'autant plus qu'on a droit à une vraie évasion pénitentiaire, avec tous les éléments que peuvent comporter les histoires de prison à l'écran (L'évadé d'Alcatraz, Luke la main froide, la Grande évasion...), les autres récits de cette série concept n'étant pas tous situés dans ce contexte. Le dessin est costaud et très agréable, même si les crânes rasés de tous ces taulards ne facilitent pas le lecteur pour les reconnaitre ; le côté lumineux du désert ajoute un plus. Au final, un bon récit, carré, efficace, bien mené, brassant plusieurs thèmes, avec une fin attendue mais logique.
Aliénor Mandragore
Moi qui ai longtemps trainé mes guêtres dans les divers méandres de la littérature arthurienne et même fait de belles balades du côté de Brocéliande, j'étais assez curieux de voir ce qu'allait donner cet (énième ?) album sur un thème très largement traité. Mais notre duo d'auteurs Séverine Gauthier et Thomas Labourot s'en sort à merveille ! Loin de suivre des sentiers rebattus, ils ont su trouver un très bon équilibre entre respect des repères classiques et attendus, et libertés certaines, qui permet d'apporter un petit coup de fouet et de sang neuf au cycle arthurien. Les idées de Séverine Gauthier sont plutôt bonnes, et ses personnages en sont le parfait exemple. Entre un Merlin scotché sur la mycologie qu'il tente tant bien que mal d'inculquer à sa fille Aliénor qui, elle, n'a pas encore franchement réussi à avouer à son père que, comment dire... les champipi c'est pas son truc... C'est d'ailleurs un des points forts de cette série qui se lance ; les relations entre les personnages sont vraiment intéressantes et pleines d'humour. Le dessin de Thomas Labourot est pour sa part très réussi et donne à cette série un côté frais, pep's qui colle parfaitement à ce renouveau apporté à cette tripotée de personnages archiconnus, et devrait conquérir le public jeunesse par ce côté dessin animé du graphisme. Bref, ce premier opus fonctionne très bien et ne demande qu'une suite rapide !
All You Need is Kill
On va commencer directement par la motivation de cet achat étant donné que je n'ai jamais été un grand fan de mangas et encore moins des formats réduits imprimés sur papier chiotte mais l'intégrale grand format cartonnée est vraiment magnifique et de très belle facture. Secundo, j'avais plutôt bien apprécié le film "Edge of Tomorrow" avec Tom Cruise et la sculpturale Emily Blunt rhaaaah mais je m'égare oups excusez-moi ! Tertio, j'ai toujours apprécié les séries courtes et le fait de savoir que l'histoire était complète en une intégrale ou deux tomes est un plus indéniable... Mais un bon film ne fait pas nécessairement un bon manga même s'il en est inspiré. On se doute que les scénaristes ont du bien retravailler le scénario de base pour faire de Kenji, jeune militaire aspirant d'une vingtaine d'années le personnage de Tom Cruise qui affiche plus de 50 printemps malgré une apparence plus jeune que notre Spooky ! ;) Partant sur le même postulat que le film "Un jour sans fin" dans un contexte militaire futuriste, Kenji est une bleusaille qui s'est engagée dans l'armée suite à une déception militaire et qui doit maintenant affronter des aliens hostiles dans une armure futuriste digne du jeu Halo. Inexpérimenté face à un ennemi invulnérable, Kenji ne tarde pas à mourir dans d'atroces souffrances mais se réveille presque immédiatement après dans la journée précédant sa mort. Tout d'abord complètement abasourdi, il ne tarde pas à réagir et profiter de cette astuce temporelle pour apprendre et jouer de sa mémoire comme d'un jeu vidéo. Ludique mais répétitif (tout comme l'était le film), le récit prend une certaine ampleur en distillant ce qu'il faut d'informations et de scènes d'action dantesques lors des assauts et tient le lecteur éveillé. L'approche du personnage de Rita, une mystérieuse guerrière américaine d'allure frêle mais sanguinaire pour l'ennemi va donner un nouveau sens à la guerre sans fin de Kenji. Porté par des dessins magnifiques et malgré un découpage parfois incertain sur les scènes de batailles, "All you need is kill" est à prendre pour un divertissement de qualité et que je conseillerais volontiers également aux amateurs de comics.
La Favorite
Mon avis va rejoindre ce concert de louanges. Ce nouvel album de Mathias Lehmann est vraiment un bel objet. Non pas parce qu'il est beau visuellement parlant, mais bel et bien par sa qualité d'écriture. Car en effet la maltraitance des enfants est un sujet casse-gueule, et il n'est vraiment pas évident d'en parler sans tomber dans le pathos, la complaisance ou même le malsain. Lehmann réussit à éviter tous ces écueils, et à nous livrer un album à la fois profond et presque passionnant, qui montre une montée en puissance loin d'être négligeable, avec une première révélation -que personnellement je n'ai pas senti venir- puis une suite d'explications qui permettent de "comprendre" l'histoire de cette petite Constance. Son dessin, réalisé à la carte à gratter se montre d'une sobriété remarquable, presque en retrait par rapport au sujet. Vraiment un très bon album.