Mon avis va rejoindre ce concert de louanges.
Ce nouvel album de Mathias Lehmann est vraiment un bel objet. Non pas parce qu'il est beau visuellement parlant, mais bel et bien par sa qualité d'écriture. Car en effet la maltraitance des enfants est un sujet casse-gueule, et il n'est vraiment pas évident d'en parler sans tomber dans le pathos, la complaisance ou même le malsain. Lehmann réussit à éviter tous ces écueils, et à nous livrer un album à la fois profond et presque passionnant, qui montre une montée en puissance loin d'être négligeable, avec une première révélation -que personnellement je n'ai pas senti venir- puis une suite d'explications qui permettent de "comprendre" l'histoire de cette petite Constance.
Son dessin, réalisé à la carte à gratter se montre d'une sobriété remarquable, presque en retrait par rapport au sujet.
Vraiment un très bon album.
Dans la plume de Céline !
Qui ne connaît pas Louis-Ferdinand Céline ? Si ce n'est par ses écrits, du moins par son impertinence et son parcours sulfureux d'auteur prolifique, condamné par contumace pour des pamphlets, rédigés sous l'Occupation, jugés antisémites ? Une infréquentabilité qui n'a rien à envier à son talent, au point que l'œuvre qu'il a produite est devenue consubstantielle à l'homme qu'il était.
Dans La cavale du Dr Destouches, Christophe Malavoy s'est intéressé à la période où Céline, menacé de mort, fuit la France alors que les alliés débarquent sur le territoire. Pour conter cet événement réel, il s'inspire de la trilogie allemande du médecin de Medon (D’un château l’autre, Nord et Rigodon). Féru de celui qui s’autoproclamait anarchiste, humaniste, défenseur des faibles et des opprimés, il nous en brosse un portrait élogieux, oubliant qu'il oscilla pourtant entre la personnalité du Docteur Destouches et celle de Mister Céline.
L'exode du thérapeute répudié, qui le verra parcourir l'Europe de juin 1944 à mars 1945, s'ouvre sur une planche où on le trouve au fond de son lit, l'allure négligée, renfermé sur lui-même et cloîtré volontairement dans la solitude. Le moral au plus bas, il maugrée en ressassant ces missives assassines qui s'entassent dans sa boîte à lettres. L'aigreur grandissante, il cogite sur la façon de redorer son image en faisant taire les calomnies à son encontre. Mais pour l'heure, les alliés passent les portes de Paris et il est urgent de penser à sa survie et celle de sa famille. Le temps d'attraper sa femme Lucette, son chat Bébert, et les voilà sur la route, accompagnés de l'acteur pétainiste Robert Le Vigan, en direction de Copenhague pour récupérer quelques lingots d'or cachés au début de la guerre. Le voyage ne s'avérera pas une sinécure... L'équipée devra, avant de mettre la main sur le précieux magot, faire halte à Baden Baden pour obtenir des faux papiers qui leur permettront d'entrer au Danemark, ou encore trouver gîte au château de Sigmaringen où se sont réfugiés le Maréchal Pétain et son gouvernement bafoué.
Cette épopée, truculente et haletante, nous entraîne pour dix mois d'errance, dans des conditions précaires, à travers une Allemagne nazie en pleine décadence, peuplée d'êtres corrompus, fourbes et sans scrupules.
Pour le dessin, Christophe Malavoy a fait appel à Paul et Gaëtan Brizzi, deux sommités du film d'animation français, dont le crayonné monochrome sert formidablement le récit. Le choix du noir et blanc, proche du story-board, retranscrit à la perfection une ambiance angoissante et oppressante que le lecteur ressent planche après planche, au rythme de l'exil des protagonistes. De plus, l'expression et les mouvements détaillés des différents personnages qu'ils côtoient révèlent leurs sombres desseins ou leur malaise face à la situation de chaos dans laquelle ils évoluent.
Voici une bonne adaptation de ce que l'histoire a reconnu comme la fuite de Céline, auteur maudit, empêtré dans des opinions extrêmes et contradictoires, boycotté par l'univers littéraire. Quant à la question : collabo ou opportuniste ? Sans doute trop célinien, Christophe Malavoy a botté en touche !
KanKr
Il est des jours où je suis ravi de découvrir qu'une bd sort enfin du lot d'une médiocrité ambiante motivée par l'aspect commercial. Roi Ours se présente comme un conte et je n'en n'attendais pas grand chose d'autant que l'auteur m'est totalement inconnu sous le pseudo de Mobidic.
Et puis, à la lecture, ce fut la révélation ! Tout y est, à commencer par le talent de cette nouvelle auteure dans le monde de la bande dessinée. Pour une première, c'est un sans faute aussi bien sur le plan scénaristique que graphiquement. Les planches sont tout bonnement superbes. Bravo pour ce résultat incroyable !
Cette histoire est d'ailleurs pleine de bonnes surprises. C'est un conte pour adultes qui nous transporte dans le monde des dieux animaux sur fond de mythologie indienne des totems. On se rendra compte qu'un amour improbable va naître entre la belle et la bête. Et puis, il y aura ce sentiment de vengeance quand un être aimé nous est soudainement enlevé par la folie meurtrière des hommes. Un cycle de violence sans fin et qui n'est pas digne des dieux.
A la fin, je n'ai eu qu'un regret à savoir une suite à ce récit qui pourrait aller plus loin sur la destinée de notre héroïne. Après le roi Lion, il faut lire le roi Ours.
Voila un ouvrage salutaire mais qui à le don de mettre dans un état d'esprit tel que l'on ne sait si on doit rire ou pleurer. Sans être didactique chiant, les saynètes qui nous sont proposées décortiquent avec humour, et les dieux savent s'il en faut, les rouages de l"économie et plus particulièrement ceux du libéralisme.
Bien sûr le propos est de parti pris et nous ne sommes pas loin des thèses altermondialistes ou de celles du collectif ATTAC et sa lutte contre la marchandisation du monde. J'avoue que dans ce monde de brutes de telles idées font du bien et sans être un adepte forcené de la décroissance, certaines choses sont sinon bonnes à prendre du moins à méditer.
Une lecture salutaire donc aidé en cela par un dessin qui n'oublie pas d'être très sympa. Quelques bonnes idées comme ces bonhommes Lego pour exprimer le formatage de notre société.
Ce western commence bien, avec une scène choc et pose une énigme en forme de polar. Le ton me plait d'emblée, l'ambiance installée, la progression du récit et les personnages sont bien établis et bien étudiés, et s'appuient sur un des plus vieux thèmes du western : la vengeance, qui nourrit au moins 70% des westerns hollywoodiens.
L'influence perçue ici n'est pas celle des films de Sergio Leone, mais bien plutôt hollywoodienne ; elle a trop servi et les auteurs s'en démarquent avec une sorte de mélange de western à l'ancienne et de western de style années 70, avec une violence plus conséquente et où les héros ne sont pas tout à fait bons ni tout à fait mauvais ; c'est une frontière ténue car ce n'est pas la tendance crépusculaire comme Coups de feu dans la sierra, mais plutôt la tendance Pendez-les haut et court, ou Sierra Torride, des westerns hollywoodiens qui avaient subi justement l'influence du western italien. C'est perceptible dans le rôle des méchants qui eux sont bien ciblés et correspondent aux stéréotypes des années 70. L'amateur de western saura peut-être déceler un clin d'oeil discret qui rappelle 2 films où Robert Mitchum incarnait un faux prédicateur dans Cinq cartes à abattre, et la Colère de Dieu.
Le dessin est très agréable, lumineux, un semi-réalisme de bonne tenue et bien maîtrisé qui restitue à merveille la mythologie classique de l'Ouest.
Le seul petit truc qui m'énervait à la lecture, c'est le nombre de fois où Angus se fait avoir par surprise en prenant des coups dans la tronche ; on dirait un bleu alors qu'il a l'air d'avoir roulé sa bosse et il sait tirer, il ne devrait donc pas se laisser surprendre autant.. mais d'un autre côté, ça renforce la dramatisation.
La fin est ouverte, ça pourrait redémarrer et faire l'objet d'une bonne série avec quelques albums de plus. Sinon, en l'état, c'est un diptyque qui me satisfait pleinement, ce n'est certes pas le western du siècle, mais depuis quelques années, j'ai pris l'habitude de me contenter de plaisirs simples instantanés, et de ne pas me refuser les bonnes choses même si tout n'est pas parfait, je n'ai pas envie de jouer au difficile que ce soit en terme de BD ou de films ; dans le cas présent, je ne regrette rien et j'en redemande..
Décidément 2015 est l’année des (très bons) westerns en bande-dessinée.
Alors oui, il y a forcément des images qui nous viennent en tête automatiquement sans qu’on n’y puisse rien quand on lit "Sykes" dont le personnage éponyme fait penser à Virgil Cole (Ed Harris) dans le film Appaloosa. Que ce soit dans sa droiture morale, un certain sens de l’honneur et des règles tout en pouvant se montrer impitoyable et sans merci, mais aussi de par son adjoint suppléant O’Malley qui là pour le coup s’éloigne d’Everett Hitch (Viggo Mortensen) cependant que leur tandem fonctionne de la même façon avec beaucoup de respect mutuel et une certaine dévotion pour leur boulot ingrat.
Et oui, on pensera également inévitablement au True Grit des frères Cohen avec le jeune orphelin Jim qui réclame vengeance pour sa famille massacrée et qui accompagne Sykes malgré les réticences de ce dernier dans la traque des meurtriers. Puis de la même façon qu’entre la déterminée Mattie et le vieux soulot Marshal Cogburn (Jeff Bridges), il y a une relation d’amitié et de filiation touchante qui se met progressivement en place entre Sykes, O’Malley et Jim.
Et c'est bien ça qu'on aime !
Mais ce que j’ai trouvé étrange par un moment c’est que j’ai réalisé que la traque n’est pas le véritable propos de "Sykes" alors que tout de même elle occupe un bon trois quart de l’histoire. J’ai cru que ça allait se résumer à ce genre d’histoire assez classique et qu’il faudrait se contenter des belles planches, mais une fois ce chapitre clos le récit se focalise presque complètement sur Sykes et j’ai réalisé que certes, Pierre Dubois nous conte la vie d’un Marshal implacable au passé torturé, mais à travers lui et son ami O’Malley c’est aussi une histoire de l’Amérique que nous raconte l’auteur. Celle de la spoliation des terres des colons par les banques par l’intimidation, le chantage, la menace et si ça ne suffit pas, l’assassinat. Les truands du premier axe de l’intrigue sont de grosses raclures mais les pires sont les notables de la bourgade de fin : le banquier bien propre sur lui, le président de l’association des commerçants, le pasteur et le shérif corrompus. Eux ont de vrais gueules d’assassins.
C’est le récit d’un homme fatigué, en lutte contre ses propres démons comme le capitaine Achab de Moby Dick dont il est un lecteur attentif, qui a passé sa vie à protéger les faibles et qui savait reconnaître les âmes bonnes des monstres mais qui à la fin, blasé par toute cette violence finit par ne plus s’apercevoir que le monde autour de lui à changer. L’ère de l’industrialisation à changer le paysage et les bandits qui ne braquent plus avec un masque et un revolver, mais armé d’un papier et d’un crayon.
Mais attention, on n’est pas du tout dans le genre du western spaghetti ici, c’est résolument tourné vers un réalisme violent, fataliste puis tragique.
Il est cependant dommage que la deuxième partie soit un peu précipité dans sa conclusion alors que jusque là les auteurs avaient pris leur temps pour mettre en place la première intrigue. Sûrement parce que le paysage mérite davantage que l’on s’attarde sur la première moitié que sur la fin.
Un petit mot sur le dessin de Dimitri Armand que j’ai trouvé tout à fait remarquable de réalisme. C’est beau, qu’est-ce que je peux dire de plus. Le personnage du barman au début, je n'arrive pas à me souvenir de qui il tient les traits, mais je suis sûr que c'est un acteur. Robert Davi ? Rhââ je n'arrive plus à me souvenir mais je l'ai déjà vu quelque part. Et ces couleurs incroyablement variées, c’est d’une grande richesse et impeccablement soigné.
Je trouve ça formidable qu’il y ait de plus en plus de grand récit one shot comme celui-là en bande-dessinée alors qu’on est bien souvent habitué à des séries longues qui font mal au portefeuille et qui ne savent pas toujours où elles vont. Là c’est dense, condensé en 81 planches brillamment exécutées, intelligent et rondement mené bien que l'on n'évite pas certaines scènes clichés comme la bagarre de saloon.
Que demander de plus ?
Difficile de passer après Blue Boy sur ce titre, tant il a su en tirer la substantifique moëlle et rendre compte fidèlement de son impression de lecture. Mais on va quand même essayer.
En effet Tom Tirabosco se livre longuement sur son enfance dans cet album, qui met en lumière toute la complexité d'une famille helvète dans les années 1970. Une famille avec trois enfants, tous différents et un avec en particulier un handicap lourd qui l'a obligé à se battre pour trouver une place et surmonter cette différence. C'est touchant mais Tirabosco ne joue pas sur la fibre empathique à l'envi, préférant se montrer réaliste et bienveillant par rapport à ces années pas toujours faciles. Des années qui l'ont aussi amené à développer sa fibre artistique, son imagination, la combativité de son frère l'inspirant un peu. de prime abord la couple formé par ses parents paraît déséquilibré, presque caricatural, mais petit à petit, par petites touches, l'auteur réussit à nuancer tout cela.
C'est très subtil, plutôt bien raconté, et le trait sensible de l'auteur permet au lecteur d'entrer sans honte dans ce récit intime.
Vraiment bien.
Je ne connaissais pas cette bande dessinée et je ne l'aurais sans doute jamais lue si je n'avais pas lu l'avis de Sloane.
Dès le départ j'ai trouvé l'idée excellente et originale : un personnage sort de son roman car il n'est pas content de son sort. Sauf qu'au lieu d'avoir trouvé son créateur, il a trouvé un type qui n'aime pas ses aventures et qui avait écrit une histoire pour se moquer. Tous les deux vont donc partir à la recherche du vrai créateur qui semble très mystérieux.
J'ai bien aimé lire cet album quoique si la fin est bonne, je la trouve un peu abrupte. Je trouve que le point fort du scénario est de bien retranscrire l'atmosphère des romans populaires. Les mystères en particulier sont très bien maîtrisés et j'avais très envie de connaitre les réponses. La narration est excellente.
Le dessin est vraiment agréable à l'oeil.
Voilà une BD et un auteur que je découvre et c'est une vraie bonne et agréable surprise.
Commençons par le dessin qui m'a plutôt emballé, je le trouve personnellement très élégant et il existe un adéquation presque parfaite entre les lieux, les personnages et bien sur l'architecture puisque la maison ou se déroule l'histoire en fait partie intégrante. Cette maison bien que pas dans mon style n'en n'est pas moins fascinante ; je dirais dessinée, construite au scalpel, objet par ailleurs utilisé par notre serial killer.
Toute cette histoire se passe sur le fil de ce scalpel, ambiance tendue, personnages aux formes acérées, hachées. Le scénario n'est pas en reste, d'une efficacité redoutable ou chacun joue sa partition comme il se doit.
Cette BD est assez méconnue et c'est à mon avis bien dommage. A lire.
Je n’en attendais rien, juste me replongeais dans cette histoire qui m’avait laissé un très bon souvenir enfant, j’ai finalement été complètement embarqué dans cette nouvelle interprétation de l’œuvre la plus connue peut-être d’un des meilleurs conteurs de notre temps.
Comme le disent si bien les auteurs, « Lorsque Pagnol écrit, il ne grave pas dans le marbre… il aura produit souvent plusieurs versions de chaque œuvre ». Scénaristes et dessinateur ont donc pu comme l’aurait souhaité Pagnol, livrer leur propre vision de l’œuvre de base. J’avais principalement gardé en tête le film d’Yves Robert, dont la BD n’a pas grand-chose à voir pour le préciser, j’ai dû lire le roman en classe de CM2 mais à cet âge-là je n’étais pas enthousiaste à l’idée d’aborder une histoire dont je connaissais déjà le contenu, et j’avais par conséquent survolé le roman.
Cette BD de Serge Scotto et Eric Stoffel est fidèle dans sa ligne directrice au roman autobiographique, les descendants de Pagnol y ont veillé, dans le sens où les événements sont respectés chronologiquement et dans la façon qu’elle a eue de me faire découvrir des aspects qui avaient été laissé de côté par le film. Avec le recul, ce dernier tire un peu trop sur la corde de la nostalgie je trouve. Bien que l’aspect bucolique et nostalgique ne soit jamais délaissé, la BD apporte quelque chose en plus : beaucoup d’humour de part l’opposition entre Joseph, républicain laïcard jusqu’au bout des ongles, et son beau-frère l’Oncle Jules un peu bigot et traditionaliste. Leurs échanges, leur rivalité, offrent des moments tantôt tendus, tantôt joviaux. C’est très intéressant et jamais ennuyeux car ils se fondent dans le contexte de l’époque où il n’y avait pas encore de séparation entre l’Église et l’État. Le portrait de Joseph dressé par Marcel se fait aussi plus critique, honnête et railleur, tandis que le film versait dans l’idolâtrie complète.
Au-delà de l’histoire que tout Français quasiment connaît, ce qui fait de cette BD un petit bijou c’est bien le dessin de Morgann Tanco (dont je recommande chaudement l’héroïque Siorn) et les couleurs de Sandrine Cordurié. C’est incroyable mais rarement une BD m’a fait autant d’effet dès la première planche. On ouvre à peine la BD que déjà on reste scotché les yeux grands ouverts devant ce dessin panoramique en pleine page représentant Garlaban, immense plateau rocheux théâtre des aventures d’été du jeune Marcel. Il y a en tout 85 pages de dessins et plusieurs fois on a droit à ce genre de vision large sur ce lieu désertique superbe. Le reste du dessin est égal, excellent, il me fait beaucoup penser à celui de Julien Telo (Mary Kingsley).
Ce graphisme déjà envoûtant franchit plusieurs paliers grâce aux couleurs réalisées par Sandrine Cordurié et qui m’ont vraiment charmé, j’avais le sentiment d’y être. Une réussite sur tous les plans comme la scène point d’orgue en contre-plongée où Marcel soulève victorieusement les bartavelles tuées, coloriée en mélange de rouge et de rose pour donner une impression de soleil couchant. Il existe bien une édition en noir et blanc qui propose bien des bonus, mais ce serait se passer des couleurs de Cordurié, indispensable.
Allez ! On prend 2 heures sur son temps libre et on replonge dans ce récit d'enfance enjôlé, La Gloire de mon Père, adaptation fraîche et moderne par un quatuor d’artistes talentueux.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
La Favorite
Mon avis va rejoindre ce concert de louanges. Ce nouvel album de Mathias Lehmann est vraiment un bel objet. Non pas parce qu'il est beau visuellement parlant, mais bel et bien par sa qualité d'écriture. Car en effet la maltraitance des enfants est un sujet casse-gueule, et il n'est vraiment pas évident d'en parler sans tomber dans le pathos, la complaisance ou même le malsain. Lehmann réussit à éviter tous ces écueils, et à nous livrer un album à la fois profond et presque passionnant, qui montre une montée en puissance loin d'être négligeable, avec une première révélation -que personnellement je n'ai pas senti venir- puis une suite d'explications qui permettent de "comprendre" l'histoire de cette petite Constance. Son dessin, réalisé à la carte à gratter se montre d'une sobriété remarquable, presque en retrait par rapport au sujet. Vraiment un très bon album.
La Cavale du Dr Destouches
Dans la plume de Céline ! Qui ne connaît pas Louis-Ferdinand Céline ? Si ce n'est par ses écrits, du moins par son impertinence et son parcours sulfureux d'auteur prolifique, condamné par contumace pour des pamphlets, rédigés sous l'Occupation, jugés antisémites ? Une infréquentabilité qui n'a rien à envier à son talent, au point que l'œuvre qu'il a produite est devenue consubstantielle à l'homme qu'il était. Dans La cavale du Dr Destouches, Christophe Malavoy s'est intéressé à la période où Céline, menacé de mort, fuit la France alors que les alliés débarquent sur le territoire. Pour conter cet événement réel, il s'inspire de la trilogie allemande du médecin de Medon (D’un château l’autre, Nord et Rigodon). Féru de celui qui s’autoproclamait anarchiste, humaniste, défenseur des faibles et des opprimés, il nous en brosse un portrait élogieux, oubliant qu'il oscilla pourtant entre la personnalité du Docteur Destouches et celle de Mister Céline. L'exode du thérapeute répudié, qui le verra parcourir l'Europe de juin 1944 à mars 1945, s'ouvre sur une planche où on le trouve au fond de son lit, l'allure négligée, renfermé sur lui-même et cloîtré volontairement dans la solitude. Le moral au plus bas, il maugrée en ressassant ces missives assassines qui s'entassent dans sa boîte à lettres. L'aigreur grandissante, il cogite sur la façon de redorer son image en faisant taire les calomnies à son encontre. Mais pour l'heure, les alliés passent les portes de Paris et il est urgent de penser à sa survie et celle de sa famille. Le temps d'attraper sa femme Lucette, son chat Bébert, et les voilà sur la route, accompagnés de l'acteur pétainiste Robert Le Vigan, en direction de Copenhague pour récupérer quelques lingots d'or cachés au début de la guerre. Le voyage ne s'avérera pas une sinécure... L'équipée devra, avant de mettre la main sur le précieux magot, faire halte à Baden Baden pour obtenir des faux papiers qui leur permettront d'entrer au Danemark, ou encore trouver gîte au château de Sigmaringen où se sont réfugiés le Maréchal Pétain et son gouvernement bafoué. Cette épopée, truculente et haletante, nous entraîne pour dix mois d'errance, dans des conditions précaires, à travers une Allemagne nazie en pleine décadence, peuplée d'êtres corrompus, fourbes et sans scrupules. Pour le dessin, Christophe Malavoy a fait appel à Paul et Gaëtan Brizzi, deux sommités du film d'animation français, dont le crayonné monochrome sert formidablement le récit. Le choix du noir et blanc, proche du story-board, retranscrit à la perfection une ambiance angoissante et oppressante que le lecteur ressent planche après planche, au rythme de l'exil des protagonistes. De plus, l'expression et les mouvements détaillés des différents personnages qu'ils côtoient révèlent leurs sombres desseins ou leur malaise face à la situation de chaos dans laquelle ils évoluent. Voici une bonne adaptation de ce que l'histoire a reconnu comme la fuite de Céline, auteur maudit, empêtré dans des opinions extrêmes et contradictoires, boycotté par l'univers littéraire. Quant à la question : collabo ou opportuniste ? Sans doute trop célinien, Christophe Malavoy a botté en touche ! KanKr
Roi Ours
Il est des jours où je suis ravi de découvrir qu'une bd sort enfin du lot d'une médiocrité ambiante motivée par l'aspect commercial. Roi Ours se présente comme un conte et je n'en n'attendais pas grand chose d'autant que l'auteur m'est totalement inconnu sous le pseudo de Mobidic. Et puis, à la lecture, ce fut la révélation ! Tout y est, à commencer par le talent de cette nouvelle auteure dans le monde de la bande dessinée. Pour une première, c'est un sans faute aussi bien sur le plan scénaristique que graphiquement. Les planches sont tout bonnement superbes. Bravo pour ce résultat incroyable ! Cette histoire est d'ailleurs pleine de bonnes surprises. C'est un conte pour adultes qui nous transporte dans le monde des dieux animaux sur fond de mythologie indienne des totems. On se rendra compte qu'un amour improbable va naître entre la belle et la bête. Et puis, il y aura ce sentiment de vengeance quand un être aimé nous est soudainement enlevé par la folie meurtrière des hommes. Un cycle de violence sans fin et qui n'est pas digne des dieux. A la fin, je n'ai eu qu'un regret à savoir une suite à ce récit qui pourrait aller plus loin sur la destinée de notre héroïne. Après le roi Lion, il faut lire le roi Ours.
La Survie de l'Espèce
Voila un ouvrage salutaire mais qui à le don de mettre dans un état d'esprit tel que l'on ne sait si on doit rire ou pleurer. Sans être didactique chiant, les saynètes qui nous sont proposées décortiquent avec humour, et les dieux savent s'il en faut, les rouages de l"économie et plus particulièrement ceux du libéralisme. Bien sûr le propos est de parti pris et nous ne sommes pas loin des thèses altermondialistes ou de celles du collectif ATTAC et sa lutte contre la marchandisation du monde. J'avoue que dans ce monde de brutes de telles idées font du bien et sans être un adepte forcené de la décroissance, certaines choses sont sinon bonnes à prendre du moins à méditer. Une lecture salutaire donc aidé en cela par un dessin qui n'oublie pas d'être très sympa. Quelques bonnes idées comme ces bonhommes Lego pour exprimer le formatage de notre société.
Le Révérend
Ce western commence bien, avec une scène choc et pose une énigme en forme de polar. Le ton me plait d'emblée, l'ambiance installée, la progression du récit et les personnages sont bien établis et bien étudiés, et s'appuient sur un des plus vieux thèmes du western : la vengeance, qui nourrit au moins 70% des westerns hollywoodiens. L'influence perçue ici n'est pas celle des films de Sergio Leone, mais bien plutôt hollywoodienne ; elle a trop servi et les auteurs s'en démarquent avec une sorte de mélange de western à l'ancienne et de western de style années 70, avec une violence plus conséquente et où les héros ne sont pas tout à fait bons ni tout à fait mauvais ; c'est une frontière ténue car ce n'est pas la tendance crépusculaire comme Coups de feu dans la sierra, mais plutôt la tendance Pendez-les haut et court, ou Sierra Torride, des westerns hollywoodiens qui avaient subi justement l'influence du western italien. C'est perceptible dans le rôle des méchants qui eux sont bien ciblés et correspondent aux stéréotypes des années 70. L'amateur de western saura peut-être déceler un clin d'oeil discret qui rappelle 2 films où Robert Mitchum incarnait un faux prédicateur dans Cinq cartes à abattre, et la Colère de Dieu. Le dessin est très agréable, lumineux, un semi-réalisme de bonne tenue et bien maîtrisé qui restitue à merveille la mythologie classique de l'Ouest. Le seul petit truc qui m'énervait à la lecture, c'est le nombre de fois où Angus se fait avoir par surprise en prenant des coups dans la tronche ; on dirait un bleu alors qu'il a l'air d'avoir roulé sa bosse et il sait tirer, il ne devrait donc pas se laisser surprendre autant.. mais d'un autre côté, ça renforce la dramatisation. La fin est ouverte, ça pourrait redémarrer et faire l'objet d'une bonne série avec quelques albums de plus. Sinon, en l'état, c'est un diptyque qui me satisfait pleinement, ce n'est certes pas le western du siècle, mais depuis quelques années, j'ai pris l'habitude de me contenter de plaisirs simples instantanés, et de ne pas me refuser les bonnes choses même si tout n'est pas parfait, je n'ai pas envie de jouer au difficile que ce soit en terme de BD ou de films ; dans le cas présent, je ne regrette rien et j'en redemande..
Sykes
Décidément 2015 est l’année des (très bons) westerns en bande-dessinée. Alors oui, il y a forcément des images qui nous viennent en tête automatiquement sans qu’on n’y puisse rien quand on lit "Sykes" dont le personnage éponyme fait penser à Virgil Cole (Ed Harris) dans le film Appaloosa. Que ce soit dans sa droiture morale, un certain sens de l’honneur et des règles tout en pouvant se montrer impitoyable et sans merci, mais aussi de par son adjoint suppléant O’Malley qui là pour le coup s’éloigne d’Everett Hitch (Viggo Mortensen) cependant que leur tandem fonctionne de la même façon avec beaucoup de respect mutuel et une certaine dévotion pour leur boulot ingrat. Et oui, on pensera également inévitablement au True Grit des frères Cohen avec le jeune orphelin Jim qui réclame vengeance pour sa famille massacrée et qui accompagne Sykes malgré les réticences de ce dernier dans la traque des meurtriers. Puis de la même façon qu’entre la déterminée Mattie et le vieux soulot Marshal Cogburn (Jeff Bridges), il y a une relation d’amitié et de filiation touchante qui se met progressivement en place entre Sykes, O’Malley et Jim. Et c'est bien ça qu'on aime ! Mais ce que j’ai trouvé étrange par un moment c’est que j’ai réalisé que la traque n’est pas le véritable propos de "Sykes" alors que tout de même elle occupe un bon trois quart de l’histoire. J’ai cru que ça allait se résumer à ce genre d’histoire assez classique et qu’il faudrait se contenter des belles planches, mais une fois ce chapitre clos le récit se focalise presque complètement sur Sykes et j’ai réalisé que certes, Pierre Dubois nous conte la vie d’un Marshal implacable au passé torturé, mais à travers lui et son ami O’Malley c’est aussi une histoire de l’Amérique que nous raconte l’auteur. Celle de la spoliation des terres des colons par les banques par l’intimidation, le chantage, la menace et si ça ne suffit pas, l’assassinat. Les truands du premier axe de l’intrigue sont de grosses raclures mais les pires sont les notables de la bourgade de fin : le banquier bien propre sur lui, le président de l’association des commerçants, le pasteur et le shérif corrompus. Eux ont de vrais gueules d’assassins. C’est le récit d’un homme fatigué, en lutte contre ses propres démons comme le capitaine Achab de Moby Dick dont il est un lecteur attentif, qui a passé sa vie à protéger les faibles et qui savait reconnaître les âmes bonnes des monstres mais qui à la fin, blasé par toute cette violence finit par ne plus s’apercevoir que le monde autour de lui à changer. L’ère de l’industrialisation à changer le paysage et les bandits qui ne braquent plus avec un masque et un revolver, mais armé d’un papier et d’un crayon. Mais attention, on n’est pas du tout dans le genre du western spaghetti ici, c’est résolument tourné vers un réalisme violent, fataliste puis tragique. Il est cependant dommage que la deuxième partie soit un peu précipité dans sa conclusion alors que jusque là les auteurs avaient pris leur temps pour mettre en place la première intrigue. Sûrement parce que le paysage mérite davantage que l’on s’attarde sur la première moitié que sur la fin. Un petit mot sur le dessin de Dimitri Armand que j’ai trouvé tout à fait remarquable de réalisme. C’est beau, qu’est-ce que je peux dire de plus. Le personnage du barman au début, je n'arrive pas à me souvenir de qui il tient les traits, mais je suis sûr que c'est un acteur. Robert Davi ? Rhââ je n'arrive plus à me souvenir mais je l'ai déjà vu quelque part. Et ces couleurs incroyablement variées, c’est d’une grande richesse et impeccablement soigné. Je trouve ça formidable qu’il y ait de plus en plus de grand récit one shot comme celui-là en bande-dessinée alors qu’on est bien souvent habitué à des séries longues qui font mal au portefeuille et qui ne savent pas toujours où elles vont. Là c’est dense, condensé en 81 planches brillamment exécutées, intelligent et rondement mené bien que l'on n'évite pas certaines scènes clichés comme la bagarre de saloon. Que demander de plus ?
Wonderland
Difficile de passer après Blue Boy sur ce titre, tant il a su en tirer la substantifique moëlle et rendre compte fidèlement de son impression de lecture. Mais on va quand même essayer. En effet Tom Tirabosco se livre longuement sur son enfance dans cet album, qui met en lumière toute la complexité d'une famille helvète dans les années 1970. Une famille avec trois enfants, tous différents et un avec en particulier un handicap lourd qui l'a obligé à se battre pour trouver une place et surmonter cette différence. C'est touchant mais Tirabosco ne joue pas sur la fibre empathique à l'envi, préférant se montrer réaliste et bienveillant par rapport à ces années pas toujours faciles. Des années qui l'ont aussi amené à développer sa fibre artistique, son imagination, la combativité de son frère l'inspirant un peu. de prime abord la couple formé par ses parents paraît déséquilibré, presque caricatural, mais petit à petit, par petites touches, l'auteur réussit à nuancer tout cela. C'est très subtil, plutôt bien raconté, et le trait sensible de l'auteur permet au lecteur d'entrer sans honte dans ce récit intime. Vraiment bien.
Le Mangeur d'Histoires
Je ne connaissais pas cette bande dessinée et je ne l'aurais sans doute jamais lue si je n'avais pas lu l'avis de Sloane. Dès le départ j'ai trouvé l'idée excellente et originale : un personnage sort de son roman car il n'est pas content de son sort. Sauf qu'au lieu d'avoir trouvé son créateur, il a trouvé un type qui n'aime pas ses aventures et qui avait écrit une histoire pour se moquer. Tous les deux vont donc partir à la recherche du vrai créateur qui semble très mystérieux. J'ai bien aimé lire cet album quoique si la fin est bonne, je la trouve un peu abrupte. Je trouve que le point fort du scénario est de bien retranscrire l'atmosphère des romans populaires. Les mystères en particulier sont très bien maîtrisés et j'avais très envie de connaitre les réponses. La narration est excellente. Le dessin est vraiment agréable à l'oeil.
Les Garde-Fous
Voilà une BD et un auteur que je découvre et c'est une vraie bonne et agréable surprise. Commençons par le dessin qui m'a plutôt emballé, je le trouve personnellement très élégant et il existe un adéquation presque parfaite entre les lieux, les personnages et bien sur l'architecture puisque la maison ou se déroule l'histoire en fait partie intégrante. Cette maison bien que pas dans mon style n'en n'est pas moins fascinante ; je dirais dessinée, construite au scalpel, objet par ailleurs utilisé par notre serial killer. Toute cette histoire se passe sur le fil de ce scalpel, ambiance tendue, personnages aux formes acérées, hachées. Le scénario n'est pas en reste, d'une efficacité redoutable ou chacun joue sa partition comme il se doit. Cette BD est assez méconnue et c'est à mon avis bien dommage. A lire.
La Gloire de mon Père
Je n’en attendais rien, juste me replongeais dans cette histoire qui m’avait laissé un très bon souvenir enfant, j’ai finalement été complètement embarqué dans cette nouvelle interprétation de l’œuvre la plus connue peut-être d’un des meilleurs conteurs de notre temps. Comme le disent si bien les auteurs, « Lorsque Pagnol écrit, il ne grave pas dans le marbre… il aura produit souvent plusieurs versions de chaque œuvre ». Scénaristes et dessinateur ont donc pu comme l’aurait souhaité Pagnol, livrer leur propre vision de l’œuvre de base. J’avais principalement gardé en tête le film d’Yves Robert, dont la BD n’a pas grand-chose à voir pour le préciser, j’ai dû lire le roman en classe de CM2 mais à cet âge-là je n’étais pas enthousiaste à l’idée d’aborder une histoire dont je connaissais déjà le contenu, et j’avais par conséquent survolé le roman. Cette BD de Serge Scotto et Eric Stoffel est fidèle dans sa ligne directrice au roman autobiographique, les descendants de Pagnol y ont veillé, dans le sens où les événements sont respectés chronologiquement et dans la façon qu’elle a eue de me faire découvrir des aspects qui avaient été laissé de côté par le film. Avec le recul, ce dernier tire un peu trop sur la corde de la nostalgie je trouve. Bien que l’aspect bucolique et nostalgique ne soit jamais délaissé, la BD apporte quelque chose en plus : beaucoup d’humour de part l’opposition entre Joseph, républicain laïcard jusqu’au bout des ongles, et son beau-frère l’Oncle Jules un peu bigot et traditionaliste. Leurs échanges, leur rivalité, offrent des moments tantôt tendus, tantôt joviaux. C’est très intéressant et jamais ennuyeux car ils se fondent dans le contexte de l’époque où il n’y avait pas encore de séparation entre l’Église et l’État. Le portrait de Joseph dressé par Marcel se fait aussi plus critique, honnête et railleur, tandis que le film versait dans l’idolâtrie complète. Au-delà de l’histoire que tout Français quasiment connaît, ce qui fait de cette BD un petit bijou c’est bien le dessin de Morgann Tanco (dont je recommande chaudement l’héroïque Siorn) et les couleurs de Sandrine Cordurié. C’est incroyable mais rarement une BD m’a fait autant d’effet dès la première planche. On ouvre à peine la BD que déjà on reste scotché les yeux grands ouverts devant ce dessin panoramique en pleine page représentant Garlaban, immense plateau rocheux théâtre des aventures d’été du jeune Marcel. Il y a en tout 85 pages de dessins et plusieurs fois on a droit à ce genre de vision large sur ce lieu désertique superbe. Le reste du dessin est égal, excellent, il me fait beaucoup penser à celui de Julien Telo (Mary Kingsley). Ce graphisme déjà envoûtant franchit plusieurs paliers grâce aux couleurs réalisées par Sandrine Cordurié et qui m’ont vraiment charmé, j’avais le sentiment d’y être. Une réussite sur tous les plans comme la scène point d’orgue en contre-plongée où Marcel soulève victorieusement les bartavelles tuées, coloriée en mélange de rouge et de rose pour donner une impression de soleil couchant. Il existe bien une édition en noir et blanc qui propose bien des bonus, mais ce serait se passer des couleurs de Cordurié, indispensable. Allez ! On prend 2 heures sur son temps libre et on replonge dans ce récit d'enfance enjôlé, La Gloire de mon Père, adaptation fraîche et moderne par un quatuor d’artistes talentueux.