Les derniers avis (31962 avis)

Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Harisugawa au pays des miroirs
Harisugawa au pays des miroirs

3.5 Sur la première page de l'histoire on voit une petite culotte. Ça donne une idée de ce qu'on va retrouver dans cette histoire quoique ce ne soit pas seulement un manga ecchi avec des filles nues et des sous-vêtements. Un ado ordinaire est amoureux d'une fille et un jour la fille achète un miroir magique et le gars va se retrouver dans le miroir. Il n'y a qu'une personne qui doit savoir qu'il est dans un miroir (donc ça va être la fille) sinon il ne pourra plus sortir et de plus il peut sortir du miroir si la fille et lui se touchent, mais ça ne dure pas longtemps. On retrouve donc une histoire d'amour avec des quiproquos et aussi l'inévitable triangle amoureux qui va s'installer au fil des chapitres. Personnellement, je trouvais l'histoire sympathique sans plus et puis petit à petit je me suis mis à trouver l'histoire assez passionnante et les personnages sont attachants. Il y a quelques rebondissements qui m'ont vraiment donné envie de lire jusqu'à la fin s'en arrêter. En revanche, la fin me donne une impression mi-figue, mi-raisin. Déjà ce n'est pas trop la fin que je voulais, mais en plus il y a encore une fois avec cet auteur l'impression que l'oeuvre et un peu inachevée. Peut-être que la fin m'aurait moins dérangé si le dernier chapitre n'était pas que du fan service et à la fin l'auteur dit qu'il ne continuera pas l'histoire ! Pour cette raison je ne recommande pas un achat.

30/08/2016 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Mx Zero
Mx Zero

Un bon Shonen qui mérite d'être mieux connu. Un garçon ordinaire rate son entrée dans une école et plus tard il découvre qu'en fait c'est une école de magie et qu'il ne peut pas y rentrer parce qu'il n'y a pas de pouvoir. À la suite d'une pirouette scénaristique il est inscrit et les élèves et la plupart des professeurs imaginent qu'il est un surdoué en magie. Il faut donc qu'ils ne découvrent pas la vérité et il va essayer de s'améliorer. L'histoire m'a vite enthousiasmé. Les personnages sont attachants, l'humour m'a bien fait rire et le scénario est plus original qu'il n'y paraît au début. On retrouve les clichés habituels comme le pervers de service et des quiproquos, mais ils sont bien utilisés. Il y a très peu de nudité (en fait le seul personnage féminin constamment nu est une plante) ce qui semble rare dans les mangas pour garçons modernes. Les scènes d'action sont dynamiques. Le truc ennuyeux toutefois, c'est que ce manga n'a pas été très populaire et du coup les derniers chapitres du dernier volume arrêtent abruptement l'histoire alors que j'aurais bien aimé passer un peu plus de temps dans cet univers, mais bon j'imagine que c'est mieux qu'un manga qui devient nul en durant des dizaines de tomes.

29/08/2016 (modifier)
Par Jérem
Note: 4/5
Couverture de la série La Brigade Chimérique
La Brigade Chimérique

J’ai trouvé le concept de cette série extrêmement intéressant. Je ne lis que très peu de comics et encore moins de BD de super-héros mais la lecture de La Brigade Chimérique m’a enchanté. L’univers de la saga est incroyablement riche en références littéraires et historiques ; on sent que les auteurs se sont beaucoup documentés pour nourrir cette saga. On découvre nombre de feuilletons, romans et personnages réels ou fictionnels des années 30 ; un peu à la manière d’un Allan Moore avec la Ligue des Gentlemen Extraordinaires. Certes, la profusion d’allusions, de clins d’œil et de références peuvent parfois un peu déroutée ou interpellée le lecteur mais cela ne nuit pas à la compréhension du scénario mené d’une main de maitre par Lehman et Colin. L’idée d’une guerre entre les super-héros européens transposée dans le contexte historique de la fin des années trente est à la fois audacieux, atypique et passionnant. Cette relecture métaphorique de la montée des fascismes et de la faillite des démocraties propose un angle de vue des plus intéressants. D’autant que les auteurs ont privilégié le développement de l’histoire aux scènes d’action entre héros. Cependant, dans la pléthore de personnages présents, beaucoup font de la figuration et c’est bien dommage. La série aurait peut être gagnée à être un peu plus longue pour développer davantage ses (trop ?) nombreux éléments. Le dessin de Gess, que je trouve très proche du trait de Mignola, est agréable et donne un visuel proche du comics. L’ensemble, très lisible, est de belle facture et colle bien à l’atmosphère de la série. J’ai lu La Brigade Chimérique d’une traite et avec énormément de plaisir. Riche, dense et intelligent, ce récit est une très belle surprise.

29/08/2016 (modifier)
Couverture de la série Sept Missionnaires
Sept Missionnaires

Fidèle au ton humoristique qui est devenu sa marque dans Garulfo et De Cape et de Crocs, Alain Ayroles se livre à une parodie à mi-chemin des Douze salopards et des Sept mercenaires. Sept moines, relégués en un lieu perdu au nord de l'Europe, passent leur temps à se livrer aux péchés capitaux, ce qui les voue à l'enfer et énerve singulièrement l'évêque local. Il leur donne donc le choix entre le bûcher et une mission suicide d'évangélisation chez les vikings, lesquels ont la fâcheuse habitude de piller les monastères, ce qui agace encore plus les autorités ecclésiastiques. Et voilà nos sept pécheurs partis à la rencontre des rudes hommes du nord. Ces derniers, fidèles à leurs principes veulent d'abord les crucifier, mais ils commettent l'erreur de sursoir à l'exécution. Bien mal leur en prend, car le péché est diablement contagieux… Rien n'est sérieux dans ce récit. C'est une parabole sur les principes que les religions prétendent inculquer et sur la résilience de la nature humaine. C'est fort drôle, mais pas idiot… certains gagneraient à méditer sur la conclusion de cette histoire. Le seul petit reproche que je ferai à Ayroles est l'aspect précipité des péripéties, mais après tout, on lui avait imposé la forme du one-shot. J'aime le style graphique que Critone adopte pour cet album. Très réaliste, il lui arrive de devenir brusquement caricatural et outrancier pour traduire les expressions des sentiments des personnages, qui en prennent tous pour leur grade dans le registre du ridicule. L'aventure de ces Sept Missionnaires constitue donc l'un des meilleurs albums de la collection-concept “Sept” et l'un de ceux que je relis régulièrement avec le même plaisir.

29/08/2016 (modifier)
Par KanKr
Note: 4/5
Couverture de la série Bobby change de linge
Bobby change de linge

De la chronique à la critique sociale ! Gravir l'échelle sociale, échelon après échelon, tel est l'idéal prôné par la civilisation moderne. L'ambition, la recherche du bonheur par l'obtention de biens matériels et la volonté de prendre en main son existence, quitte à aller à l'encontre de la voie pour laquelle on est programmé, voilà les thèmes développés par Hughes Barthe dans Bobby change de linge. Bobby Pignolet n'est pas né au sein de la classe sociale qu'il aurait souhaitée. Issu d'un milieu populaire rural, il ne partage rien avec son entourage, mais lorgne sur la ville et la bourgeoisie. Depuis toujours, il porte en lui des choix et des valeurs familiales qui lui sont étrangers : du nom, imposé par ses parents en hommage à un personnage de Dallas, qu'il aurait préféré être celui d'un artiste, au quotidien de ses contemporains (abus de télévision, renfermement sur soi jusqu'au racisme, aversion pour les élites, alcool, tabac...). Rat de bibliothèque passant ses journées à dévorer des livres, il rêve de devenir écrivain ! Cette lubie lui apporte les moqueries de ses pairs, plus intéressés par la gent féminine que la littérature. Il est rejeté, insulté et battu et ne pense plus qu'à une chose : vivre de sa plume et quitter les lieux. C'est ce qu'il fait à l'âge de vingt ans. Tout en logeant dans un foyer pour jeunes travailleurs, il nourrit ses ambitions en trouvant une place dans une librairie. Le gérant remarque rapidement ses capacités et s'attache à lui au point de le faire entrer dans sa famille. Dès lors, le destin sourit à Bobby qui accomplit ses objectifs en épousant la fille de son patron. Cependant, bien qu'il atteigne enfin l'opulence et évolue dans la sphère intellectuelle sur laquelle il avait posé son dévolu, il s’aperçoit vite qu'il n'est pas si facile d'aller à l'encontre du déterminisme social... À travers la poursuite de la prospérité et les tourments de Bobby, l'auteur s'interroge sur le monde actuel et les normes fondant son développement, la quête du pouvoir, la haine de l'autre, la peur de l'inconnu, les déviances, la reproduction sociale, la difficulté de se débarrasser de ses habitus, le reniement de ses origines... Côté dessin, Hughes Barthe a opté pour une ligne héritée du roman graphique américain, peignant le tableau d'un jeune homme d'une sincérité déconcertante. Il propose au lecteur un album intelligent, qui nous pousse à réfléchir sur notre quotidien. L'histoire, au-delà d'être captivante, est parfaitement servie par un trait simple qui ne rend que plus attrayants ces personnages à la frontière entre l'attachement et l'aversion. KanKr

29/08/2016 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Nils
Nils

Un cocktail d'influences s'inspirant à la fois de la culture viking et des ouvres de Miyazaki : forcément, cela a tout pour être attirant même si on y retrouve une bonne dose de déjà-vus. Nils est un jeune adolescent qui quitte son village pour partir en expédition avec son père afin de découvrir pourquoi plus rien ne pousse dans la région. Parcourant un pays où la mythologie scandinave se mêle à une ambiance plus proche du manga, ils vont découvrir le conflit qui oppose les forces magiques de la nature et un royaume technologiquement évolué. Le graphisme d'Antoine Carrion est très joli. Il offre des décors en peinture informatique et des personnages semi-réalistes dans un style légèrement influencé par l'animation japonaise. Même s'il plane une sorte de brume sur la majorité des lieux, c'est un dessin très soigné et très esthétique. La narration graphique y est en outre impeccable pour une lecture fluide et plaisante. L'histoire quant à elle rappelle ses nombreuses inspirations. Il y a clairement du Mononoke Hime et du Nausicaa dans plusieurs passages et dans l'esprit même du récit. L'intrigue à la Miyazaki se fond cependant très bien avec le cadre plus scandinave. Et même si les passages stéréotypés sont assez nombreux et qu'il règne une légère impression d'avoir déjà vu ou déjà lu de nombreuses fois ce type de récit, c'est une lecture tout à fait agréable et on se laisse facilement séduire par sa beauté et son déroulement prenant. Espérons que la suite soit à la hauteur de ce premier tome.

29/08/2016 (modifier)
Par JAMES RED
Note: 4/5
Couverture de la série Le Trombone Illustré
Le Trombone Illustré

Le trombone illustré, c'est l'histoire d'une légende. En 1977 à une époque, où le journal Spirou est un peu en-dessous au point de vue qualité par rapport à la décennie précédente, Delporte et Franquin (avec l'accord de M. Dupuis, cependant) lancent ensemble un journal à l'intérieur du journal qui deviendra culte par la suite… Ce journal va servir de laboratoire d'expérimentation et d'innovation pour une bande dessinée en pleine mutation. La bd avait déjà amorcé sa mue dans Pilote, puis l'Echo, ou encore Fluide Glacial. Attention, par rapport à Fluide, on reste quand même bien plus sage, mais l'irrévérence, le ton libertaire sont pourtant de mise et constituent un vrai électrochoc pour le journal Spirou. Plusieurs auteurs de la nouvelle génération bd y trouvent une place : que ce soit Bretécher, Bilal, Janin qui débute ici sa série Germain et nous, associés à quelques auteurs de la maison mère : Franquin en tête, mais aussi Sirius ou Hausman qui viennent faire quelque chose de différent. Ce que je préfère dans le trombone c'est bien sûr les idées noires, où Franquin s'en donne à cœur joie dans l'humour noir et le cynisme, dessinant des planches de toute beauté. J'aime bien les chroniques de Delporte toujours sur le fil. J'aime un peu moins certaines séries, c'est pour cela que je me contenterai d'un 4. L'expérience durera 30 numéros, avant que Dupuis signe le clap de fin. Cela préfigure un peu ce que Yann et Conrad apporteront dans les années 80 dans le journal Spirou avec "les hauts de page", mais ceci est une autre histoire. On retrouve un très beau recueil chez Dupuis reprenant tous les numéros du trombone bien qu'un peu cher : 70 euros. A signaler que Delporte et Franquin ont remis le couvert dans "et pendant ce temps là à Landerneau" en 78-79 dans le journal A suivre, mais paradoxalement on ne gardera que peu de souvenirs de cette expérience. Peut-être, qu'A suivre était un journal plus ouvert aux nouvelles expérimentations que le journal Spirou qui lui gardait un côté très classique ; donc l'effet de surprise ne marchait plus…

28/08/2016 (modifier)
Par JAMES RED
Note: 4/5
Couverture de la série Fables
Fables

Voici une série vraiment originale qui pêche par un trop grand nombre de tomes : 25 et des intrigues qui ont oscillé entre l'excellent et le moins bon. Il est difficile de tenir sur une si longue distance. Pourtant le postulat de départ est séduisant : les personnages de conte à New York vivent au milieu des humains. Ils ont été obligés de fuir ce que l'on appelle "les royaumes" à cause du bien nommé "l'adversaire" et de vivre dans le monde des communs (c'est-à-dire le nôtre), où ils se font passer pour des humains quelconques. C'est l'occasion pour le scénariste Bill Willingham de montrer toute sa connaissance des divers contes et fables de la littérature mondiale et de bénéficier ainsi d'une source inépuisable de personnages. Il puise ses sources chez Grimm, Lewis Caroll, Kipling, mais aussi Orwell. On croise donc Blanche Neige, la ferme des animaux (où sont cantonnés les animaux qui ne peuvent pas se montrer aux humains), Barbe bleue, Blue Boy, Jack du haricot géant, Gépetto entre autres… D'autre part, grâce à des sortilèges relativement chers, les animaux des contes et fables peuvent se montrer sous une fausse apparence aux humains si ils le peuvent financièrement. Blanche Neige dirige Fableville avec l'aide de Bigby, le grand méchant loup avec qui elle a une portée de louveteaux. Ces personnages sont loin d'être tous valeureux et certains ont des défauts bien visibles : que ce soit la violence, la ruse ou la cupidité. Comme dans le monde des communs, l'argent est aussi le nerf de la guerre pour les "fables" qui cherchent à survivre dans une société totalement inégalitaire. Les histoires lorgnent aussi sur la politique en montrant certains affrontements avec des fables orientaux comme Sinbad qui ne sont pas sans rappeler la guerre d'Irak. Le dessin des couvertures est magnifique, quant à celui des histoires, c'est aléatoire, le meilleur restant de mon point de vue celui de Mark Buckingham. Je dois avouer que cette série m'a beaucoup plu, un temps ; puis, j'ai commencé à ne plus en voir la fin et je me suis lassé, je serai donc réservé sur l'achat, tant il y a de tomes, mais les 10-12 premiers sont vraiment très bons.

26/08/2016 (modifier)
Par ArzaK
Note: 4/5
Couverture de la série Fulù
Fulù

J'aime beaucoup Fulù, parce que j'aime ce mélange vénéneux d'aventure, d'exotisme, de sensualité et de magie. J'aime Fulù parce qu'elle existe sous le trait du regretté Eduardo Risso dont la maîtrise du noir et blanc en font un auteur immense. Et j'aime Fulù parce qu'il s'agit d'une ode à la liberté qui n'a rien de naïve. Dans un monde où, esclave, elle n'est rien et n'a même plus la possibilité de disposer elle-même de son corps, elle va se battre comme une lionne cruelle, obstinée et conquérante. Elle préservera sa virginité pour le grand amour à venir, fustigeant sans pitié la concupiscence masculine. Une ode à la féminité.

25/08/2016 (modifier)
Couverture de la série Chateaubriand, au nom de la prose
Chateaubriand, au nom de la prose

Chateaubriand est un personnage brillant, ambitieux, qui s’est trouvé au cœur des révolutions américaines et françaises, puis de l’Empire, et, avec les très belles « Mémoires d’outre-tombe » (qu’il faut vraiment lire !), entre autres, est devenu un immense écrivain, précurseur du romantisme français. C’est donc à cette « icône » que s’attaquent Nena et Witko. Je vous rassure, il n’est pas nécessaire de connaître la vie et l’œuvre de Chateaubriand (ainsi que l’Histoire qui la sous-tend) pour apprécier ce petit défouloir. Mais cette connaissance ajoute du piment, et permet de mieux comprendre – et donc d’être plus réceptif à certains gags. Les grands évènements de la vie de Chateaubriand, en France ou en Amérique, auxquels s’ajoute une grosse dose d’ajouts plus ou moins crédibles, servent de support à une longue série de gags (format à l’italienne, deux bandes de 1 à 4 cases avec chacune un gag à alimenter). Le grand homme est le plus souvent croqué en poseur, en poète maudit, parfois pathétique, dépassé par les événements : on nous aurait donc menti ? Les décalages entre les envies, la hauteur de Chateaubriand, et les banalités de la vie courante (c’est ici un grand enfant amateur de Nescouic couvé par sa mère), les anachronismes et clins d’œil aux travers de notre société, voilà une bonne réserve de gags ! Pas tous réussis, certes, mais c’est globalement drôle, avec un humour tendance con que j’apprécie. Le dessin de Witko est simple, avec des couleurs souvent pétantes qui elles-aussi contrastent avec l’image qu’on se fait de l’écrivain. Peut-être un prix un chouia élevé, mais cet album à l’italienne, avec couverture épaisse et un contenu vraiment réussi devrait attirer les amateurs d’humour – et ceux de Chateaubriand aussi !

25/08/2016 (modifier)