Les autrices parlent d'un sujet peu abordé en BD: l'accouchement ! C'est très cru (la dessinatrice n'a pas peur de dessiner des gros plans sur des vagins) et ça fait du bien de parler d'un sujet aussi important que la naissance d'un enfant sans aucun tabou.
Les témoignages sont divisés entre les femmes qui ont accouché (avec à la fin une partie spéciale pour les papas) et les professionnels qui donnent leur avis sur la situation actuelle en matière d'accouchement. J'avoue que j'ai surtout aimé les témoignages des parents, notamment les problèmes qu'ont pu vivre des femmes durant leurs grossesses et leurs accouchements. Les informations plus techniques des professionnels m'ont moins passionné. Ce que j'ai surtout retenu est que le professionnel hospitalier peut sembler froid et inhumain par moment, mais je n'ai pas envie de leur jeter la pierre vu l'état des hôpitaux en occident et tous les problèmes qu'ils doivent rencontrer tous les jours.
J'ai bien aimé apprendre qu'il y avait différentes techniques pour accoucher, mais globalement je n'ai pas été trop passionné par le sujet. Je pense que ça va surtout parler aux parents ou à ceux qui veulent le devenir.
Je n'ai toujours pas lu de BD de Guy Delisle, j'ai seulement feuilleté quelques uns de ses albums que j'ai toujours envie de lire actuellement. "S'enfuir" est donc ma première approche de son style de documentaire.
Le récit est long et franchement lent. Il y a une véritable volonté, bien marquée, de faire ressentir le passage du temps extrêmement lent tout au long des mois d'attente, enchainé à un radiateur dans une pièce sans rien. Je salue le courage de ce type et la volonté dont il a su faire preuve, puisqu'il a réussi à ne jamais craquer et ne jamais sombrer dans le désespoir ou la folie. Maintenant, cette force de caractère qu'il arrive à retransmettre tout au long du récit ne suffit pas à m'intéresser à la BD, ce qui est plus problématique. Je regrette d'ailleurs le choix de rester purement interne au récit et ne jamais sortir de ce que le personnage vit. J'ai notamment remarqué qu'à la fin, il n'y a aucune explication ni sur les motivations, les autres enlèvements, les questions sur les Tchétchènes ou la suite dans les années 2000 (où ce fut encore plus violent de ce côté du monde). Je comprends l'intention mais je la trouve regrettable. Elle aurait gagné à s'inscrire dans un contexte plus large, ne serait-ce qu'à la fin.
C'est donc une BD en demi-teinte pour moi : le documentaire est formaliste à l’extrême, refusant toute sortie du pur récit de Christophe. Le dessin aide à s'immerger dans cette longue attente avec l'absence de décors ou la simplicité des images. Mais en même temps je sors de ce récit sans véritable ouverture vers autre chose. Que penser de tout ceci, qu'en tirer ? Je ne sais pas vraiment. Et c'est ce qui me fait douter d'une relecture de la BD. J'ai eu un moment d'agacement à la lecture, me demandant sur combien de pages encore il ne se passerait rien, et maintenant que c'est terminé je pense que je zapperai une partie de la lecture si je m'aventurais à le relire. Donc mitigé sur mon avis. C'est pas mauvais, mais je n'ai pas trouvé ça bon non plus.
Après une première approche des BD de Axel, je voulais continuer à creuser dans les titres qu'il a déjà publiés. Et cet album me semblait un bon début, au vu des avis précédents.
Et je rejoins totalement l'avis de Noirdésir. Axel parvient, notamment par son dessin aux contours charbonneux qui donnent un aspect vieilli aux peaux et aux corps, à proposer des histoires innovantes avec des personnages assez peu vus dans ce genre de récits. Déjà l'âge, plus avancé que sur une bonne partie des collections BD X. Les personnages sont plus vieux (ici vers la quarantaine, fin quarantaine), ont des enfants et déjà eu une vie, notamment sexuelle. Et surtout, le récit comporte plusieurs idées intéressantes : la question de la sexualité dans le couple lorsque l'un des deux est incapable, le fait de revivre lorsqu'on est lié à une personne dont on doit s'occuper, etc ... C'est bien traité, bien amené et j'ai trouvé qu'Axel s'autorisait quelques petites scènes de sexe assez réalistes entre ces scènes importantes pour le scénario. L'équilibre est bon, le récit est franchement plaisant.
Le seul hic que je vois, c'est que la fin parait abrupte et ne me satisfait pas franchement. Ce qui est soulevé n'est pas vraiment conclu et je trouve que la dernière planche ne suffit pas. J'aurais voulu plus, ce qui est finalement la marque d'un récit qui m'a plu. Donc bonne lecture, plaisante mais trop courte. Sans doute que la contrainte des pages aura nécessité d'être plus concis. Donnez-nous-en plus !
Janvier 1920, dans les rues froides et humides de Paris, Eugène Varlot détective de son état a été chargé d’une drôle d’affaire. Croyant avoir accepté une banale affaire d’adultère chez le colonel Fantin de Larsaudière, héros de guerre, il se retrouve au cœur une histoire de chantage aux ramifications pas très glorieuses pour notre colonel ! Sans surprise les thèmes chers à Tardi que sont la Première Guerre mondiale et ses effets dévastateurs sur les hommes, et le polar noir s’entrecroisent dans cet album. La saison fait que j’avais envie de le relire mais j’en avais gardé un meilleur souvenir. ça s’étire un peu en longueur et une forte impression de déjà vu et revu dans Nestor Burma m’a un peu gâché le plaisir. Néanmoins, pour qui aime Tardi, cet album, surtout intéressant parce qu’il situe l’intrigue dans l’immédiat après-guerre, vaut le coup.
De Sapphô je ne connais que quelques bribes, je ne l’ai jamais lue, et je ne fais que la relier au « saphisme » et autres thématiques lesbiennes.
Si cet album de l’auteure italienne Arianna Melone ne livre pas tous les secrets de cette femme – après tout, les témoignages historiques sont assez tenus la concernant – on arrive quand même à davantage la cerner.
Se dégage de cet album une forte mélancolie – accentuée par le dessin, à l’aquarelle semble-t-il, une colorisation très douce, et par le rythme plutôt lent. C’est ce qui fait la force et la faiblesse de cet album d’ailleurs, l’impression de lenteur, d’engourdissement – quand bien même certaines tensions existent.
Sapphô semble avoir été une femme forte et « libérée » – même si ce terme est ici anachronique. Elle joue ici un rôle important pour sa famille, mais aussi pour les jeunes filles qui ont rejoint sa communauté féminine (ou thiase), qui avait semble-t-il pour but de les préparer au mariage (c’est dans ce but que « l’activité sexuelle, y compris entre femmes, avait sa place), tout en les initiant à des activités culturelles, elle les guidait vers la vie adulte et à la vie de couple.
Une personnalité intrigante et intéressante, au cœur d’un système de pensée différent du simple libertinage auquel Sapphô a été associée (cet aspect est à la fois réducteur et erroné).
Un album intéressant donc, même si la lecture m’a moins captivé que je ne l’espérais de prime abord.
Idem pour le dessin, original et beau, mais pas exempt de défauts : il est inégal, et je n’aime pas lorsque les traits des visages sont effacés, parfois.
Note réelle 2,5/5.
Un petit "pas mal" pour cette série jeunesse qui met en scène un chat détective qui se la pète un peu mais peut compter sur d'efficaces compagnons d'aventure. Les deux premiers tomes (et seuls parus à l'heure où j'écris cet avis) nous proposent des enquêtes teintées de fantastique dans lesquelles les animaux et leurs spécificités sont bien exploités.
Il ne faut pas s'attendre à une grande originalité dans les intrigues et c'est bien pour cela que cette série est à conseiller prioritairement aux jeunes lecteurs, qui n'auront pas lu de récits analogues par ailleurs.
La narration et la mise en page sont très libres, donnant à ces albums de faux airs de livres illustrés alors que l'art séquentiel propre à la bande dessinée y est bel et bien privilégié. Reliquat des origines de la série (les premières aventures de Winston se présentaient sous la forme de romans), la voix "off" est très présente et rythme la narration. L'écriture joue sur l'humour et la désinvolture du héros. Les histoires abordent des sujets divers (importance du chat dans l'Egypte ancienne et entraide entre personnes que tout oppose dans le premier récit, égalité des sexes et caractère voleur des ratons laveurs dans la deuxième histoire) mais privilégie toujours le mystère et l'aventure. Le résultat est parfaitement adapté pour le public visé.
A mes yeux, Winston manque de charisme et ses enquêtes sont peu originales mais si je me réfère au public visé cette série dispose d'assez d'atouts pour satisfaire les jeunes lecteurs. Donc pourquoi pas ?
Le western ayant le vent en poupe depuis quelque temps, Soleil a missionné Istin, dirigeant de séries/collections/concepts en tous genres – même si le western ne fait pas partie de ses préférés semble-t-il vu sa bibliographie. Il s’agit pour Soleil de ne laisser passer aucun filon…
Le principal problème avec cette série, c’est que ça n’en est pas du tout une ! Chaque album s’intéresse à un personnage différent, avec des scénaristes et dessinateurs différents à chaque fois, on a bien là une collection dans laquelle prennent place des one-shot (Istin est d’ailleurs crédité comme directeur de collection) ! Collection qui lorgne vers la collection « La véritable histoire du far west » développée par le concurrent Glénat. Et donc avoir une évaluation d’ensemble comme pour une série est un brin difficile, voire inutile.
Cela dit, je suis globalement déçu par cette série, inégale (voir mes remarques plus haut) et pas toujours captivante (note réelle globale 2,5/5).
Tome 1 : « Wyatt Earp’s Last Hunt » 2 étoiles (note réelle 2,5)
L’album inaugure la collection, et il m’a laissé sur ma faim. Car il ne s’intéresse qu’à un événement très tardif de la biographie d’Earp, qui se déroule sur la côte ouest, en pleine ville : on est loin du western, et de la légende du bonhomme (quelques événements antérieurs sont bien évoqués, mais parcimonieusement).
L’album n’est en fait qu’une enquête policière, autour d’un tueur en série (on est parfois proche de Jack l’éventreur), une intrigue qui aurait tout aussi bien pu se dérouler dans un autre cadre, avec un autre protagoniste comme héros. Je reste frustré de ne pas avoir vu là développé ce qui a rendu célèbre ce bonhomme.
Le dessin est dynamique et intéressant (je n’aime juste pas trop l’accentuation de certaines ombres, et une colorisation qui lisse trop le rendu).
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Tome 2 : « Billy the Kid – The Lincoln County War » 2 étoiles
Là aussi je sors déçu de ma lecture. Encore une fois parce que n’est développé qu’un court épisode de la vie du héros. L’histoire est une sorte de huis-clos, l’essentiel de l’album traitant des quelques jours durant lesquels le Kid et quelques autres cow-boys ont subi un siège, durant la guerre de Lincoln, qui a opposé plusieurs clans et leurs hommes pour le contrôle du comté.
Du coup l’intrigue est assez pauvre, et on n’en apprend pas tant que ça sur le Kid, présenté ici comme quelqu’un d’instable et violent. J’aurais aimé en savoir plus sur sa vie, son passé.
Le dessin est lisible, mais inégal (quelques erreurs de perspectives, des chevaux pas toujours réussis). Mais rien de véritablement gênant.
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Tome 3 : « Sitting Bull – Home of the braves » 3 étoiles
Seul album de la collection à avoir pour héros un Indien, il m’intéressait a priori. Surtout que le personnage de Sitting Bull est charismatique, et cet homme a eu une vie des plus riches et emblématiques de la destinée des Indiens des plaines, de ses premiers combats jusqu’à sa reconnaissance comme grand medecin-man mais aussi chef de guerre Lakota (il est l’un des grands artisans de la victoire des Lakotas et des Cheyennes sur Custer à la Little Big Horn). Mais aussi sa « fin » pleine d’ironie et d’un peu de résignation lorsqu’il quitte son exil canadien pour rejoindre le Wild West Show de Buffalo Bill, ou lorsqu’il meurt assassiné, juste avant le dernier massacre de Wounded Knee en 1890.
Mais cette collection ne se concentre que sur un moment de la vie du héros choisi dans chaque album, et développe une aventure – ici totalement imaginaire. Sitting Bull, au côté d’un Blanc qui s’est rangé à son bon droit, traque des chercheurs d’or dans les Black Hills, pour éviter que ce métal n’attire d’autres Blancs et ne précipite la fin de son peuple (nous savons bien entendu que c’est justement ce qui va se passer).
Cette aventure est imaginaire, mais elle se laisse lire, c’est assez rythmé. Ça ressemble à une chasse dans les sous-bois, un peu à la façon du « Dernier des Mohicans ». Quelques facilités quand même, Sitting Bull étant franchement invincible et se démultipliant au-delà d’une certaine crédibilité, même si on se laisse embarquer par le récit.
Par contre, en plus de l’aventure en elle-même, fictive donc, je trouve que Peru ne nous apprend pas grand-chose sur Sitting Bull (que je n’ai pas trouvé trop ressemblant au personnage réel – même si les photos que nous connaissons de lui sont généralement un peu plus tardives). Sur ce point je reste sur ma faim, j’attendais, j’espérais quelque chose de plus consistant pour mettre en avant une grande figure de cette époque, mais sa trajectoire personnelle est effleurée seulement ici.
A part le petit défaut pointé ci-dessus, j’ai quand même globalement apprécié le dessin de Merli.
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Tome 4 : « Buffalo Bill – Yellowstone » 3 étoiles (2,5)
Bon, ben je crois qu’il faut se faire une raison, ça n’est pas une série/collection qui développe la biographie de héros de l’ouest sauvage, mais plutôt des one-shots utilisant certains de ces héros pour dynamiser une aventure, un moment (plutôt court) de leur vie.
Nous suivons ici Buffalo Bill, qui semble se payer une petite virée entre amis, un moment de vacances, avant d’embarquer avec son Wild West Show pour l’Angleterre. Mais cette virée va mal tourner, et se transformer en chasse à l’homme.
Le récit est dynamique, on ne s’ennuie pas, le rythme et les fusillades compensent le manque de profondeur des personnages. Mais j’avoue n’avoir pas trop compris pourquoi des types en voulaient à ce point à Buffalo Bill.
Quant au dessin, il fait le boulot, mais manque lui aussi de détails.
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Tome 5 : « Wild Bill Hickok – Forty Bastards » 3 étoiles (3,5)
Une nouvelle fois centrée sur un épisode restreint de la vie du héros, cette aventure se révèle dynamique et globalement agréable à suivre. Sans doute celle que j’ai préférée parmi les 5 traitant des cow-boys légendaires.
Comme pour l’album précédent consacré à Buffalo Bill, il s’agit d’une traque, mais ici à grande échelle, Hickok cherchant avec quelques rescapés d’un accident de train à échapper à une quarantaine de rascals déterminés à lui faire la peau – même si leur chef a un motif plus précis (dévoilé en fin d’album – et un peu tiré par les cheveux…).
Le groupe autour d’Hickok est hétéroclite, mais permet à l’intrigue d’être plus et mieux développée que dans les one-shots précédents. Et le combat final ressemble à un petit Alamo dans les montagnes enneigées.
A part les chevaux à plusieurs reprises, et une colorisation trop lisse parfois, j’ai aussi bien aimé le dessin.
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Tome 6 : « Butch Cassidy & The Wild Bunch » 3 étoiles
Dernier opus en date de cette série/collection, cet album consacré à Butch Cassidy est lui aussi centré sur un épisode restreint dans le temps. Comme les deux précédents albums consacrés à Buffalo Bill et à Hickok, on a là une chasse à l’homme (ici des chasseurs de prime et une dizaine de sheriffs traquent Cassidy et son « Bunch » après qu’ils aient attaqué et pillé un train).
C’est assez rythmé (au détriment de la psychologie des personnages – et de l’histoire de Cassidy, dont on n’apprend que quelques bribes au détour de conversations), d’autant plus que l’intrigue se complexifie dans la seconde moitié de l’album, lorsque le Bunch trouve refuge auprès d’une sorte de secte d’illuminés.
Bec prend ici pas mal de libertés avec l’Histoire, la vie de Cassidy, mais aussi avec un certain réalisme qui dominait auparavant. Et il tombe un peu vers la fin, dans certaines scènes, dans l’un de ses travers, avec des combats pas toujours très faciles à déchiffrer, et l’intervention de personnages ressemblant à des zombies (même s’ils n’en sont pas). Je trouve cette partie décevante. C’est dommage, il n’avait pas besoin de ça et aurait pu s’en passer sans ralentir l’action.
Dessin et colorisation sont moyens, mais lisibles en tout cas.
Une petite déception concernant ce triptyque dont j'attendais beaucoup plus au vu des nombreux avis élogieux sur bdtheque.
Déception tout d'abord concernant l'histoire mâtinée de fantastique. Le cadre de la Bretagne du XIXème siècle était pourtant alléchant mais les nombreuses zones d'ombre (origine des sortes de korrigans notamment), l'architecture du scénario vue et revue avec le récit d'un homme auprès d'un écrivain en mal d'inspiration dans un lieux clos et la chute finale que l'on sent arriver, ne m'ont pas totalement convaincu. Enfin, la chute finale qui doit normalement interpeler et semer le doute dans la tête du lecteur m'a d'autant plus interrogé : [DÉBUT DU SPOILER] Comment le père d'Iréna n'a pas découvert le cadavre de sa fille morte de chagrin sur la tombe de sa mère avant qu'elle ne revienne de manière inexpliquée ? Au vu de son immense chagrin, il devait se recueillir régulièrement sur la tombe de sa mère. Cela ne tient pas debout. Ou alors quelque chose m'a échappé ? [FIN DU SPOILER]
Au niveau du dessin, chaque case est une véritable aquarelle et ça vaut vraiment le coup d’œil. Dommage que l'ouvrage que j'ai eu entre les mains est l'intégrale petit format aux éditions France Loisirs qui ne m'a pas permis de profiter pleinement de la beauté du graphisme.
Au final, un bel ouvrage qui se lit tout de même bien (on a envie de savoir la suite) mais dont les zones d'ombre et les incohérences de certains passages m'ont un peu déçu.
Un petit 3,5 ramené à 3.
Originalité : 3/5 - Histoire : 3/5
Dessin : 4/5 - Mise en couleurs : 4/5
NOTE GLOBALE : 14/20
Je n'ai pas suivi de près les péripéties de l'affaire du Mediator. Cette série a le mérite de remettre en place dans un synthèse très documentée les principaux éléments du dossier.
Irène Frachon est la cheville ouvrière des révélations sur le Mediator et elle s'adresse ici à un large public pour éclairer les nombreuses anomalies qui ont fait que cette affaire existe.
La tâche n'est pas simple puisqu'il faut présenter à la fois le côté scientifique de la molécule dans un historique logique, ainsi que les rouages d'un système d'alerte administrative et pharmaceutique puis d'un système judiciaire lourds à déplacer.
La narration évite de trop s'éparpiller et permet à un lecteur lambda de ne pas trop se perdre. Comme souvent dans ce type d'affaires il y a télescopage entre le côté aride du droit, des protocoles de surveillance ou des enjeux financiers face à des drames humains porteurs d'émotions tragiques.
Que Servier puisse se défendre et utilise les possibilités du droit, cela peut paraître écoeurant mais c'est la garantie de vivre dans un état de droit. Iréne Frachon a bien fait son travail dans cette affaire, certains journalistes aussi il faut laisser la justice faire le sien sereinement.
Au delà de cette affaire le récit révèle une utilisation parfois abusive des médicaments. Il est probablement possible de perdre quelques kilos sans prendre de pilules, c'est l'un des messages du récit auquel j'adhère pleinement.
Le graphisme de François Duprat propose un visuel documentaire et journalistique. Les décors sont rares, l'accent est mis sur les personnages et la mise en scène qui permet de suivre aisément un récit complexe dans sa thématique et dans le temps. Il n'y a pas de dramatisation excessive des scènes tragiques. Enfin j'aime bien son trait très expressif quelquefois proche de la caricature.
On sent que les auteurs ont voulu rester dans un énoncé factuel. C'est une des qualités du livre.
Une lecture instructive mais qui demande une forte attention. Un bel ouvrage. Un bon 3
Les amours contrariées de deux auteurs majeurs du 20ème siècle nous sont donc contées dans cet album écrit par Ingrid Chabbert, scénariste aux multiples facettes. C'est une histoire d'amour passionnée, enflammée, basée sur le sexe mais aussi une certaine émulsion artistique. Ces différents aspects sont présents dans l'album, même si la partie charnelle a été un peu plus mise en avant dans quelques scènes presque explicites. A titre de comparaison, la relation parallèle entre Beauvoir et Sartre n'est représentée que sur le registre intellectuel. Les différentes tranches de vie, les rencontres parfois furtives, sont bien identifiées grâce à des repères temporels. Elles ne sont d'ailleurs pas tout à fait dans l'ordre chronologique, mais cela n'est pas une gêne à la lecture.
La partie graphique est assurée par Anne-Perrine Couët, jeune autrice très talentueuse qui prête sa ligne claire à ce récit tout en nuances. Il y a de très elles cases, notamment en pleine page, mais on sent qu'elle n'a pas encore tout à fait atteint sa maturité graphique. Certaines cases m'ont semblé manquer de décors, alors que d'autres sont plus denses. Alessandra Alexakis se charge des couleurs, dans une palette très lumineuse, adaptée à cette histoire assez intéressante.
Plutôt pas mal.
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Les autrices parlent d'un sujet peu abordé en BD: l'accouchement ! C'est très cru (la dessinatrice n'a pas peur de dessiner des gros plans sur des vagins) et ça fait du bien de parler d'un sujet aussi important que la naissance d'un enfant sans aucun tabou. Les témoignages sont divisés entre les femmes qui ont accouché (avec à la fin une partie spéciale pour les papas) et les professionnels qui donnent leur avis sur la situation actuelle en matière d'accouchement. J'avoue que j'ai surtout aimé les témoignages des parents, notamment les problèmes qu'ont pu vivre des femmes durant leurs grossesses et leurs accouchements. Les informations plus techniques des professionnels m'ont moins passionné. Ce que j'ai surtout retenu est que le professionnel hospitalier peut sembler froid et inhumain par moment, mais je n'ai pas envie de leur jeter la pierre vu l'état des hôpitaux en occident et tous les problèmes qu'ils doivent rencontrer tous les jours. J'ai bien aimé apprendre qu'il y avait différentes techniques pour accoucher, mais globalement je n'ai pas été trop passionné par le sujet. Je pense que ça va surtout parler aux parents ou à ceux qui veulent le devenir.
S'enfuir
Je n'ai toujours pas lu de BD de Guy Delisle, j'ai seulement feuilleté quelques uns de ses albums que j'ai toujours envie de lire actuellement. "S'enfuir" est donc ma première approche de son style de documentaire. Le récit est long et franchement lent. Il y a une véritable volonté, bien marquée, de faire ressentir le passage du temps extrêmement lent tout au long des mois d'attente, enchainé à un radiateur dans une pièce sans rien. Je salue le courage de ce type et la volonté dont il a su faire preuve, puisqu'il a réussi à ne jamais craquer et ne jamais sombrer dans le désespoir ou la folie. Maintenant, cette force de caractère qu'il arrive à retransmettre tout au long du récit ne suffit pas à m'intéresser à la BD, ce qui est plus problématique. Je regrette d'ailleurs le choix de rester purement interne au récit et ne jamais sortir de ce que le personnage vit. J'ai notamment remarqué qu'à la fin, il n'y a aucune explication ni sur les motivations, les autres enlèvements, les questions sur les Tchétchènes ou la suite dans les années 2000 (où ce fut encore plus violent de ce côté du monde). Je comprends l'intention mais je la trouve regrettable. Elle aurait gagné à s'inscrire dans un contexte plus large, ne serait-ce qu'à la fin. C'est donc une BD en demi-teinte pour moi : le documentaire est formaliste à l’extrême, refusant toute sortie du pur récit de Christophe. Le dessin aide à s'immerger dans cette longue attente avec l'absence de décors ou la simplicité des images. Mais en même temps je sors de ce récit sans véritable ouverture vers autre chose. Que penser de tout ceci, qu'en tirer ? Je ne sais pas vraiment. Et c'est ce qui me fait douter d'une relecture de la BD. J'ai eu un moment d'agacement à la lecture, me demandant sur combien de pages encore il ne se passerait rien, et maintenant que c'est terminé je pense que je zapperai une partie de la lecture si je m'aventurais à le relire. Donc mitigé sur mon avis. C'est pas mauvais, mais je n'ai pas trouvé ça bon non plus.
Une femme fidèle
Après une première approche des BD de Axel, je voulais continuer à creuser dans les titres qu'il a déjà publiés. Et cet album me semblait un bon début, au vu des avis précédents. Et je rejoins totalement l'avis de Noirdésir. Axel parvient, notamment par son dessin aux contours charbonneux qui donnent un aspect vieilli aux peaux et aux corps, à proposer des histoires innovantes avec des personnages assez peu vus dans ce genre de récits. Déjà l'âge, plus avancé que sur une bonne partie des collections BD X. Les personnages sont plus vieux (ici vers la quarantaine, fin quarantaine), ont des enfants et déjà eu une vie, notamment sexuelle. Et surtout, le récit comporte plusieurs idées intéressantes : la question de la sexualité dans le couple lorsque l'un des deux est incapable, le fait de revivre lorsqu'on est lié à une personne dont on doit s'occuper, etc ... C'est bien traité, bien amené et j'ai trouvé qu'Axel s'autorisait quelques petites scènes de sexe assez réalistes entre ces scènes importantes pour le scénario. L'équilibre est bon, le récit est franchement plaisant. Le seul hic que je vois, c'est que la fin parait abrupte et ne me satisfait pas franchement. Ce qui est soulevé n'est pas vraiment conclu et je trouve que la dernière planche ne suffit pas. J'aurais voulu plus, ce qui est finalement la marque d'un récit qui m'a plu. Donc bonne lecture, plaisante mais trop courte. Sans doute que la contrainte des pages aura nécessité d'être plus concis. Donnez-nous-en plus !
Le Der des ders
Janvier 1920, dans les rues froides et humides de Paris, Eugène Varlot détective de son état a été chargé d’une drôle d’affaire. Croyant avoir accepté une banale affaire d’adultère chez le colonel Fantin de Larsaudière, héros de guerre, il se retrouve au cœur une histoire de chantage aux ramifications pas très glorieuses pour notre colonel ! Sans surprise les thèmes chers à Tardi que sont la Première Guerre mondiale et ses effets dévastateurs sur les hommes, et le polar noir s’entrecroisent dans cet album. La saison fait que j’avais envie de le relire mais j’en avais gardé un meilleur souvenir. ça s’étire un peu en longueur et une forte impression de déjà vu et revu dans Nestor Burma m’a un peu gâché le plaisir. Néanmoins, pour qui aime Tardi, cet album, surtout intéressant parce qu’il situe l’intrigue dans l’immédiat après-guerre, vaut le coup.
Les Filles de Sapphô
De Sapphô je ne connais que quelques bribes, je ne l’ai jamais lue, et je ne fais que la relier au « saphisme » et autres thématiques lesbiennes. Si cet album de l’auteure italienne Arianna Melone ne livre pas tous les secrets de cette femme – après tout, les témoignages historiques sont assez tenus la concernant – on arrive quand même à davantage la cerner. Se dégage de cet album une forte mélancolie – accentuée par le dessin, à l’aquarelle semble-t-il, une colorisation très douce, et par le rythme plutôt lent. C’est ce qui fait la force et la faiblesse de cet album d’ailleurs, l’impression de lenteur, d’engourdissement – quand bien même certaines tensions existent. Sapphô semble avoir été une femme forte et « libérée » – même si ce terme est ici anachronique. Elle joue ici un rôle important pour sa famille, mais aussi pour les jeunes filles qui ont rejoint sa communauté féminine (ou thiase), qui avait semble-t-il pour but de les préparer au mariage (c’est dans ce but que « l’activité sexuelle, y compris entre femmes, avait sa place), tout en les initiant à des activités culturelles, elle les guidait vers la vie adulte et à la vie de couple. Une personnalité intrigante et intéressante, au cœur d’un système de pensée différent du simple libertinage auquel Sapphô a été associée (cet aspect est à la fois réducteur et erroné). Un album intéressant donc, même si la lecture m’a moins captivé que je ne l’espérais de prime abord. Idem pour le dessin, original et beau, mais pas exempt de défauts : il est inégal, et je n’aime pas lorsque les traits des visages sont effacés, parfois. Note réelle 2,5/5.
Winston - Un chat mène l'enquête
Un petit "pas mal" pour cette série jeunesse qui met en scène un chat détective qui se la pète un peu mais peut compter sur d'efficaces compagnons d'aventure. Les deux premiers tomes (et seuls parus à l'heure où j'écris cet avis) nous proposent des enquêtes teintées de fantastique dans lesquelles les animaux et leurs spécificités sont bien exploités. Il ne faut pas s'attendre à une grande originalité dans les intrigues et c'est bien pour cela que cette série est à conseiller prioritairement aux jeunes lecteurs, qui n'auront pas lu de récits analogues par ailleurs. La narration et la mise en page sont très libres, donnant à ces albums de faux airs de livres illustrés alors que l'art séquentiel propre à la bande dessinée y est bel et bien privilégié. Reliquat des origines de la série (les premières aventures de Winston se présentaient sous la forme de romans), la voix "off" est très présente et rythme la narration. L'écriture joue sur l'humour et la désinvolture du héros. Les histoires abordent des sujets divers (importance du chat dans l'Egypte ancienne et entraide entre personnes que tout oppose dans le premier récit, égalité des sexes et caractère voleur des ratons laveurs dans la deuxième histoire) mais privilégie toujours le mystère et l'aventure. Le résultat est parfaitement adapté pour le public visé. A mes yeux, Winston manque de charisme et ses enquêtes sont peu originales mais si je me réfère au public visé cette série dispose d'assez d'atouts pour satisfaire les jeunes lecteurs. Donc pourquoi pas ?
West Legends
Le western ayant le vent en poupe depuis quelque temps, Soleil a missionné Istin, dirigeant de séries/collections/concepts en tous genres – même si le western ne fait pas partie de ses préférés semble-t-il vu sa bibliographie. Il s’agit pour Soleil de ne laisser passer aucun filon… Le principal problème avec cette série, c’est que ça n’en est pas du tout une ! Chaque album s’intéresse à un personnage différent, avec des scénaristes et dessinateurs différents à chaque fois, on a bien là une collection dans laquelle prennent place des one-shot (Istin est d’ailleurs crédité comme directeur de collection) ! Collection qui lorgne vers la collection « La véritable histoire du far west » développée par le concurrent Glénat. Et donc avoir une évaluation d’ensemble comme pour une série est un brin difficile, voire inutile. Cela dit, je suis globalement déçu par cette série, inégale (voir mes remarques plus haut) et pas toujours captivante (note réelle globale 2,5/5). Tome 1 : « Wyatt Earp’s Last Hunt » 2 étoiles (note réelle 2,5) L’album inaugure la collection, et il m’a laissé sur ma faim. Car il ne s’intéresse qu’à un événement très tardif de la biographie d’Earp, qui se déroule sur la côte ouest, en pleine ville : on est loin du western, et de la légende du bonhomme (quelques événements antérieurs sont bien évoqués, mais parcimonieusement). L’album n’est en fait qu’une enquête policière, autour d’un tueur en série (on est parfois proche de Jack l’éventreur), une intrigue qui aurait tout aussi bien pu se dérouler dans un autre cadre, avec un autre protagoniste comme héros. Je reste frustré de ne pas avoir vu là développé ce qui a rendu célèbre ce bonhomme. Le dessin est dynamique et intéressant (je n’aime juste pas trop l’accentuation de certaines ombres, et une colorisation qui lisse trop le rendu). ************************** Tome 2 : « Billy the Kid – The Lincoln County War » 2 étoiles Là aussi je sors déçu de ma lecture. Encore une fois parce que n’est développé qu’un court épisode de la vie du héros. L’histoire est une sorte de huis-clos, l’essentiel de l’album traitant des quelques jours durant lesquels le Kid et quelques autres cow-boys ont subi un siège, durant la guerre de Lincoln, qui a opposé plusieurs clans et leurs hommes pour le contrôle du comté. Du coup l’intrigue est assez pauvre, et on n’en apprend pas tant que ça sur le Kid, présenté ici comme quelqu’un d’instable et violent. J’aurais aimé en savoir plus sur sa vie, son passé. Le dessin est lisible, mais inégal (quelques erreurs de perspectives, des chevaux pas toujours réussis). Mais rien de véritablement gênant. ******************* Tome 3 : « Sitting Bull – Home of the braves » 3 étoiles Seul album de la collection à avoir pour héros un Indien, il m’intéressait a priori. Surtout que le personnage de Sitting Bull est charismatique, et cet homme a eu une vie des plus riches et emblématiques de la destinée des Indiens des plaines, de ses premiers combats jusqu’à sa reconnaissance comme grand medecin-man mais aussi chef de guerre Lakota (il est l’un des grands artisans de la victoire des Lakotas et des Cheyennes sur Custer à la Little Big Horn). Mais aussi sa « fin » pleine d’ironie et d’un peu de résignation lorsqu’il quitte son exil canadien pour rejoindre le Wild West Show de Buffalo Bill, ou lorsqu’il meurt assassiné, juste avant le dernier massacre de Wounded Knee en 1890. Mais cette collection ne se concentre que sur un moment de la vie du héros choisi dans chaque album, et développe une aventure – ici totalement imaginaire. Sitting Bull, au côté d’un Blanc qui s’est rangé à son bon droit, traque des chercheurs d’or dans les Black Hills, pour éviter que ce métal n’attire d’autres Blancs et ne précipite la fin de son peuple (nous savons bien entendu que c’est justement ce qui va se passer). Cette aventure est imaginaire, mais elle se laisse lire, c’est assez rythmé. Ça ressemble à une chasse dans les sous-bois, un peu à la façon du « Dernier des Mohicans ». Quelques facilités quand même, Sitting Bull étant franchement invincible et se démultipliant au-delà d’une certaine crédibilité, même si on se laisse embarquer par le récit. Par contre, en plus de l’aventure en elle-même, fictive donc, je trouve que Peru ne nous apprend pas grand-chose sur Sitting Bull (que je n’ai pas trouvé trop ressemblant au personnage réel – même si les photos que nous connaissons de lui sont généralement un peu plus tardives). Sur ce point je reste sur ma faim, j’attendais, j’espérais quelque chose de plus consistant pour mettre en avant une grande figure de cette époque, mais sa trajectoire personnelle est effleurée seulement ici. A part le petit défaut pointé ci-dessus, j’ai quand même globalement apprécié le dessin de Merli. ************************** Tome 4 : « Buffalo Bill – Yellowstone » 3 étoiles (2,5) Bon, ben je crois qu’il faut se faire une raison, ça n’est pas une série/collection qui développe la biographie de héros de l’ouest sauvage, mais plutôt des one-shots utilisant certains de ces héros pour dynamiser une aventure, un moment (plutôt court) de leur vie. Nous suivons ici Buffalo Bill, qui semble se payer une petite virée entre amis, un moment de vacances, avant d’embarquer avec son Wild West Show pour l’Angleterre. Mais cette virée va mal tourner, et se transformer en chasse à l’homme. Le récit est dynamique, on ne s’ennuie pas, le rythme et les fusillades compensent le manque de profondeur des personnages. Mais j’avoue n’avoir pas trop compris pourquoi des types en voulaient à ce point à Buffalo Bill. Quant au dessin, il fait le boulot, mais manque lui aussi de détails. *************************** Tome 5 : « Wild Bill Hickok – Forty Bastards » 3 étoiles (3,5) Une nouvelle fois centrée sur un épisode restreint de la vie du héros, cette aventure se révèle dynamique et globalement agréable à suivre. Sans doute celle que j’ai préférée parmi les 5 traitant des cow-boys légendaires. Comme pour l’album précédent consacré à Buffalo Bill, il s’agit d’une traque, mais ici à grande échelle, Hickok cherchant avec quelques rescapés d’un accident de train à échapper à une quarantaine de rascals déterminés à lui faire la peau – même si leur chef a un motif plus précis (dévoilé en fin d’album – et un peu tiré par les cheveux…). Le groupe autour d’Hickok est hétéroclite, mais permet à l’intrigue d’être plus et mieux développée que dans les one-shots précédents. Et le combat final ressemble à un petit Alamo dans les montagnes enneigées. A part les chevaux à plusieurs reprises, et une colorisation trop lisse parfois, j’ai aussi bien aimé le dessin. *************************** Tome 6 : « Butch Cassidy & The Wild Bunch » 3 étoiles Dernier opus en date de cette série/collection, cet album consacré à Butch Cassidy est lui aussi centré sur un épisode restreint dans le temps. Comme les deux précédents albums consacrés à Buffalo Bill et à Hickok, on a là une chasse à l’homme (ici des chasseurs de prime et une dizaine de sheriffs traquent Cassidy et son « Bunch » après qu’ils aient attaqué et pillé un train). C’est assez rythmé (au détriment de la psychologie des personnages – et de l’histoire de Cassidy, dont on n’apprend que quelques bribes au détour de conversations), d’autant plus que l’intrigue se complexifie dans la seconde moitié de l’album, lorsque le Bunch trouve refuge auprès d’une sorte de secte d’illuminés. Bec prend ici pas mal de libertés avec l’Histoire, la vie de Cassidy, mais aussi avec un certain réalisme qui dominait auparavant. Et il tombe un peu vers la fin, dans certaines scènes, dans l’un de ses travers, avec des combats pas toujours très faciles à déchiffrer, et l’intervention de personnages ressemblant à des zombies (même s’ils n’en sont pas). Je trouve cette partie décevante. C’est dommage, il n’avait pas besoin de ça et aurait pu s’en passer sans ralentir l’action. Dessin et colorisation sont moyens, mais lisibles en tout cas.
L'Auberge du Bout du Monde
Une petite déception concernant ce triptyque dont j'attendais beaucoup plus au vu des nombreux avis élogieux sur bdtheque. Déception tout d'abord concernant l'histoire mâtinée de fantastique. Le cadre de la Bretagne du XIXème siècle était pourtant alléchant mais les nombreuses zones d'ombre (origine des sortes de korrigans notamment), l'architecture du scénario vue et revue avec le récit d'un homme auprès d'un écrivain en mal d'inspiration dans un lieux clos et la chute finale que l'on sent arriver, ne m'ont pas totalement convaincu. Enfin, la chute finale qui doit normalement interpeler et semer le doute dans la tête du lecteur m'a d'autant plus interrogé : [DÉBUT DU SPOILER] Comment le père d'Iréna n'a pas découvert le cadavre de sa fille morte de chagrin sur la tombe de sa mère avant qu'elle ne revienne de manière inexpliquée ? Au vu de son immense chagrin, il devait se recueillir régulièrement sur la tombe de sa mère. Cela ne tient pas debout. Ou alors quelque chose m'a échappé ? [FIN DU SPOILER] Au niveau du dessin, chaque case est une véritable aquarelle et ça vaut vraiment le coup d’œil. Dommage que l'ouvrage que j'ai eu entre les mains est l'intégrale petit format aux éditions France Loisirs qui ne m'a pas permis de profiter pleinement de la beauté du graphisme. Au final, un bel ouvrage qui se lit tout de même bien (on a envie de savoir la suite) mais dont les zones d'ombre et les incohérences de certains passages m'ont un peu déçu. Un petit 3,5 ramené à 3. Originalité : 3/5 - Histoire : 3/5 Dessin : 4/5 - Mise en couleurs : 4/5 NOTE GLOBALE : 14/20
Mediator - Un crime chimiquement pur
Je n'ai pas suivi de près les péripéties de l'affaire du Mediator. Cette série a le mérite de remettre en place dans un synthèse très documentée les principaux éléments du dossier. Irène Frachon est la cheville ouvrière des révélations sur le Mediator et elle s'adresse ici à un large public pour éclairer les nombreuses anomalies qui ont fait que cette affaire existe. La tâche n'est pas simple puisqu'il faut présenter à la fois le côté scientifique de la molécule dans un historique logique, ainsi que les rouages d'un système d'alerte administrative et pharmaceutique puis d'un système judiciaire lourds à déplacer. La narration évite de trop s'éparpiller et permet à un lecteur lambda de ne pas trop se perdre. Comme souvent dans ce type d'affaires il y a télescopage entre le côté aride du droit, des protocoles de surveillance ou des enjeux financiers face à des drames humains porteurs d'émotions tragiques. Que Servier puisse se défendre et utilise les possibilités du droit, cela peut paraître écoeurant mais c'est la garantie de vivre dans un état de droit. Iréne Frachon a bien fait son travail dans cette affaire, certains journalistes aussi il faut laisser la justice faire le sien sereinement. Au delà de cette affaire le récit révèle une utilisation parfois abusive des médicaments. Il est probablement possible de perdre quelques kilos sans prendre de pilules, c'est l'un des messages du récit auquel j'adhère pleinement. Le graphisme de François Duprat propose un visuel documentaire et journalistique. Les décors sont rares, l'accent est mis sur les personnages et la mise en scène qui permet de suivre aisément un récit complexe dans sa thématique et dans le temps. Il n'y a pas de dramatisation excessive des scènes tragiques. Enfin j'aime bien son trait très expressif quelquefois proche de la caricature. On sent que les auteurs ont voulu rester dans un énoncé factuel. C'est une des qualités du livre. Une lecture instructive mais qui demande une forte attention. Un bel ouvrage. Un bon 3
Les Matins doux
Les amours contrariées de deux auteurs majeurs du 20ème siècle nous sont donc contées dans cet album écrit par Ingrid Chabbert, scénariste aux multiples facettes. C'est une histoire d'amour passionnée, enflammée, basée sur le sexe mais aussi une certaine émulsion artistique. Ces différents aspects sont présents dans l'album, même si la partie charnelle a été un peu plus mise en avant dans quelques scènes presque explicites. A titre de comparaison, la relation parallèle entre Beauvoir et Sartre n'est représentée que sur le registre intellectuel. Les différentes tranches de vie, les rencontres parfois furtives, sont bien identifiées grâce à des repères temporels. Elles ne sont d'ailleurs pas tout à fait dans l'ordre chronologique, mais cela n'est pas une gêne à la lecture. La partie graphique est assurée par Anne-Perrine Couët, jeune autrice très talentueuse qui prête sa ligne claire à ce récit tout en nuances. Il y a de très elles cases, notamment en pleine page, mais on sent qu'elle n'a pas encore tout à fait atteint sa maturité graphique. Certaines cases m'ont semblé manquer de décors, alors que d'autres sont plus denses. Alessandra Alexakis se charge des couleurs, dans une palette très lumineuse, adaptée à cette histoire assez intéressante. Plutôt pas mal.