Il est très rare qu’une adaptation parvienne à égaler l’œuvre originale dans mon appréciation personnelle. Et c’est encore plus vrai lorsque l’œuvre originale m’a marqué. Et La neige en deuil figure parmi ces romans dont la lecture m’avait été imposée durant mes années d’étude mais dont le souvenir me reste tout de même gravé de manière positive. Oui, j’avais beaucoup aimé cette étude de deux caractères opposés et cette description de la montagne et de ses dangers. La fin, sombre à souhait, est de celles que l’on n’oublie pas !
Dominique Monféry nous en livre donc sa version. Si les grandes lignes du récit sont respectées, si toutes les étapes essentielles sont bien présentes, j’ai tout de même trouvé que tout allait trop vite dans cet album. Je n’ai pas eu le temps de comprendre les personnages, de m’attacher au juste et simple Isaïe ou d’en vouloir profondément à Marcellin pour sa paresse malgré son désir d’émancipation. Là où je gardais le souvenir de personnages plus complexes qu’ils n’y paraissait de prime abord, j’ai trouvé dans cette bande dessinée que les deux étaient très manichéens.
Au niveau du dessin, Dominique Monféry nous propose des planches soignées, très travaillées mais auxquelles je reproche régulièrement un manque de précision au niveau des personnages et de leurs expressions. Attention ! C’est du beau travail et l’artiste a une patte personnelle… mais ce n’est pas le genre de dessin qui m’emporte à 100% dans l’histoire. Je dois parfois décoder ce dessin et ça m’énerve ! Que ressent le personnage dessiné ? Est-il indifférent ou furieux ? C'est parfois difficile à évaluer. Par contre, les décors sont régulièrement très beaux et certaines planches d’ambiance valent vraiment le coup d’œil.
Bon voilà, un peu déçu pour le coup même si l’auteur s’est vraiment appliqué. Si vous ne connaissez pas l’histoire, c’est peut-être une bonne occasion de la découvrir mais pour moi cette adaptation n’arrive pas au niveau de l’original.
Ce diptyque se lit facilement et rapidement. Il revient sur la trajectoire de deux jeunes Français qui, par stupidité, par orgueil bien plus que par conviction religieuse, vont s’engager aux côtés des combattants d’Al-Qaïda. L’auteur s’appuie directement sur les propos des deux acteurs principaux, qu’il rencontre à diverses occasions, ainsi que sur les témoignages d’un membre du renseignement américain.
Le récit est édifiant, tant en ce qui concerne les motivations profondes de Nizar Sassi et Mourad Benchelalli (et auxquelles je continue à ne pas comprendre grand-chose) que concernant les diverses épreuves qu’ils vont traverser.
J’ai ainsi eu l’impression qu’ils partaient en Afghanistan la fleur au fusil avec le sentiment qu’ils allaient surtout s’amuser et sont tombés des nues lorsqu’ils ont réalisé qu’ils arrivaient dans un camp d’entrainement pour djihadistes, en compagnie d’idéalistes prêts aux pires extrémités, quitte à mener des attentats suicides.
Idem lorsqu’ils sont arrêtés et surpris d’être traités comme des terroristes.
Par ailleurs, la description des conditions d’incarcération (principalement durant la période Guantanamo) fait froid dans le dos. La critique est virulente, tant au niveau du respect de la dignité humaine qu’au niveau de l’efficacité des méthodes employées.
Le témoignage s’avère donc très instructif et c’est son principal intérêt. La forme, de longs entretiens illustrés, est efficace car très facile à lire mais le dessin demeure simple et dépouillé. Ce n’est clairement pas le genre de bande dessinée qu’on lit pour la beauté de ses planches.
Je ne regrette pas d’avoir lu cette série mais il ne m’a pas apporté grand-chose de plus que ce que j’avais lu par ailleurs (notamment dans « Guantánamo Kid »). J’ai surtout une impression d’un fameux gâchis mais aussi que la menace terroriste demeurera toujours d’actualité tant que l’éducation ne sera pas une priorité à l'échelle mondiale (tant au niveau des décideurs politiques qu’au sein des cellules familiales).
Dans cet album, Mathieu Sapin illustre les nombreux entretiens qu’il a eus avec son beau-père dans le but de retracer la vie de celui-ci. Portugais, marxiste, Edgar truffe sa biographie d’anecdotes à peines croyables telles qu’il est difficile de différencier l’affabulation de la réalité.
A titre personnel, j’ai du mal avec ce genre de personnage. Grande gueule, convaincu par sa vision politique et doté d’une vision de l’Histoire qui lui est propre, cet Edgard, en vérité, m’ennuie plus qu’il ne m’intrigue. Mais Mathieu Sapin a l’art de raconter sa vie, de telle sorte que finir cette bande dessinée n’a vraiment pas été une souffrance. Maintenant, je ne sais vraiment pas ce qu’il faut prendre pour argent comptant et ce qui n’est que pure invention. Par conséquent, je ne sais si Edgar est un personnage extraordinaire ou juste un fameux vantard. Sans doute un peu des deux… mais rien que ça, ça le discrédite à mes yeux.
Du point de vue technique, comme je le disais, Mathieu Sapin maitrise la narration graphique. Les dialogues sont très vivants, le découpage est assez brut, les décors sont immersifs même si très schématiques. Les descriptions se limitent souvent à deux trois mots surmontés d’une flèche pour mettre en évidence tel détail du décors ou pour identifier tel ou tel personnage. En clair, Mathieu Sapin ne s’encombre pas de fioritures et va à l’essentiel.
Parce que techniquement maitrisée, j’ai trouvé cette bande dessinée plutôt pas mal dans son genre, mais je ne me suis pas assez attaché au personnage d’Edgard pour aller au-delà d’un simple 3/5. Par contre, c’est un fait qu’au travers de sa trajectoire, j’en ai appris un peu plus sur l’histoire du Portugal (principalement sur la période Salazar).
Je ne suis pas franchement Manga mais je reconnais que cette adaptation du célèbre conte de Dickens est plutôt réussie.
Le scénario suit scrupuleusement le récit de Dickens avec un choix des textes très approprié pour les dialogues. Cela donne des personnages bien dans l'esprit du conte avec un Scrooge tout à fait crédible.
Les trois esprits sont bien imaginés et la tension-émotion du récit est bien restituée.
J'ai quelques réserves sur les choix graphiques. Si les personnages de Scrooge et des esprits sont très bien réalisés avec de belles expressions, les autres personnages sortent d'une banque de visages Manga que l'on voit dans toutes les séries.
Cela dévalorise beaucoup la série à mes yeux. Il en va de même pour les décors (sans neige !) parfois intéressants parfois inexistants. Cela réduit d'autant l'ambiance du récit. C'est dommage car le N&B restitue bien l'ambiance assez nocturne.
Une initiative intéressante pour les enfants européens addict de mangas afin qu'ils accèdent aux classiques ainsi que pour les petits japonais.
2.5
Décidément, j'ai un peu de difficulté avec Loyer. Ses albums parlent souvent de sujets qui m'intéressent, mais le traitement fait par l'auteur ne me captive pas.
J'avais trouvé le dessin de Loyer moyen sur un autre album Ici, c'est pas trop mal, sans doute parce que c'est en noir et blanc et qu'il y a pas de couleurs moches. Malheureusement, j'avoue que j'ai eu de la difficulté à différencier les personnages. Je pense d'ailleurs que c'est le principal défaut de cet album: les personnages. Lorsqu'on traite en fiction d'un drame, généralement cela me prends à la gorge lorsqu'on met en scène des personnages attachants. Dans cet album ,j'ai vu des dizaines et des dizaines de personnages et j'ai eu de la difficulté à retenir leur noms ou leurs personnalités (je pense d'ailleurs que la plupart ont très peu de trait de caractère qui les différencies des autres).
Bref, le contexte historique est intéressant et c'est bon de rappeler les dangers qu'il y avait à être mineur, mais la partie fiction et moyenne parce que c'est un peu dur pour moi de tirer une larme si je me fiche des personnages. Le dossier à la fin m'a plus attristé que la BD !
Un autre documentaire dont le sujet est intéressant, mais dont le traitement m'a semblé moyen.
Déjà, il faut dire que j'avais déjà vu les thèmes abordés dans d'autres documentaires: la grosse compagne qui ferme une usine en se foutant de mettre des gens à la rue juste parce qu'il faut être le plus rentable possible, les gens qui se sentent abandonnés, les effets de la pollution de l'usine qui sont cachés par la compagnie....Certes j'ai vu cela dans des documentaires qui sont parus après cet album, mais je pense que l'album accuse de son âge.
On est en 2006 et si je me trompe pas, on est encore au début des BD-reportages. Les auteurs se promènent dans une ville et dans une usine, parle à des gens et racontent un peu les problèmes liés à l'usine et puis c'est tout. Par la suite sont apparus des reportages qui approfondis plus leur sujet et de plus le dessin de Loyer est vraiment moyen.
Malgré tout, c'est un album à emprunter si on s'intéresse à ce qui se passe dans le nord de la France même si l'actualité traité dans cet album est daté. Ce qui est déprimant c'est qu'on sait que les choses ont empirés...Déjà on vote Front National juste pour faire chier un système politique qui a abandonné la classe ouvrière et Marine Le Pen pointe le bout de son nez....
Ma lecture de cet album partait assez mal, car largement entachée par une interview du dessinateur Floc'h, lue sur le site du Point, fort intéressante au demeurant, mais où Floc'h donne de lui une image psychorigide frôlant la prétention, en se permettant de juger de manière très sévère ses prédécesseurs et en n'hésitant pas à aller jusqu'à qualifier certains albums de "n'importe quoi".
Seulement, quand on s'autorise à juger les autres aussi durement, notre seule excuse est d'être irréprochable. Or, la plupart des défauts de ce nouveau tome hors-série de ce qui semble s'apparenter à une nouvelle collection, Un autre regard sur Blake et Mortimer (intitulée ainsi sur le site de Dargaud), proviennent du dessin de Floc'h. Celui-ci est un chaud partisan de la ligne claire, et revendique autant Hergé que Jacobs dans les influences qui l'ont poussées dans la conception de ce nouvel album. On est pourtant très loin de la fluidité de ces deux auteurs, le dessin ici se voyant constamment statique et tellement dépouillé qu'il en devient vide. A aucun moment, on a l'impression d'être dans le réel, les cases sont désespérément débarrassées de toute forme de mystère, de détails qui laissent courir l'imagination.
C'est d'autant plus regrettable que le scénario de Bocquet et Fromental, déjà à l'œuvre sur l'excellent Huit heures à Berlin de la saga officielle, fonctionne plutôt bien, ou tout au moins très correctement. Certes, il y a pas mal de raccourcis narratifs, certains dommageables, d'autres moins, mais c'est relativement inhérent au genre quand on cherche à pasticher la bande dessinée des années 60-70. Il n'y en a pas à l'excès, donc ça passe.
Sinon, malgré une simplification quelque peu outrancière des enjeux géopolitiques (tout se passe à l'ONU, mais tout ce qu'on en retient, c'est "nous sommes pour la paix sans distinction de race, de sexe, de religion, etc.", c'est original !), le récit se développe avec des détours plaisants, et des gimmick typiques de la saga qui font toujours plaisir.
Les personnages sont assez fidèles à ce qu'on en connaît et à ce qu'on aime (mais pas spécialement plus que dans les autres reprises, n'en déplaise à l'ego de Floc'h), l'enquête est assez bien menée et l'utilisation de Sun Tzu est tout-à-fait judicieuse. On pourra regretter une nouvelle fois la séquence verbeuse où Olrik se gargarise des réussites de son plan génial où il a parfaitement manipulé les héros, mais c'est vrai qu'on peut y voir une étape relativement incontournable de ce genre de pastiche (même si de mémoire, Jacobs n'en abusait pas trop).
Bref, c'est tout-à-fait agréable à lire, ou en tous cas, ça n'a rien de désagréable. Mais ces traits épais à l'extrême, ces positions rigides, et ces aplats de couleur qui détruisent toute perspective et toute vie dans les cases empêchent de créer le même lien qu'avec les albums de la saga mère.
Autant je prendrai un plaisir constant à relire chacun des albums de la saga officielle (sauf peut-être un ou deux tomes, et encore), autant je n'en trouverai aucun à rouvrir ce tome, certes amusant avec son pastiche à la fois jacobsien et hitchcockien, mais trop quelconque pour réussir à sortir du lot et à justifier son existence en tant que hors-série d'une de mes sagas les plus cultes.
Elivra et Otto s’aiment passionnément mais leur liaison n’est pas vue d’un très bon œil par les habitants de la savane. Pensez ! Une gazelle et un éléphant, que voilà un couple mal assorti. Par un heureux concours de circonstance, ils vont découvrir le monde des humains et fascinés par celui-ci se mettre en route dans l’idée de s’y installer.
Le premier tome de cette série jeunesse s’arrête là. On a donc le temps de découvrir les personnages principaux ainsi qu’une belle galerie de personnages secondaires. Le ton est naïf et joyeux mais il n’empêche pas de parler de nos problèmes de société (toujours sous un angle adapté à un jeune public). C’est sympathique à lire, frais et léger. Dessinée dans un style crayonné et expressif, l’histoire est parfaitement adaptée pour le public visé.
Œuvre de deux jeunes auteurs allemands, la série bénéficie également du travail de Claire Paq en sa qualité de coloriste. Celle-ci apporte beaucoup de lumière et un aspect artisanal vraiment bienvenus aux planches. Enfin, la traduction signée Anne Bideault est de qualité, là encore bien adaptée au public visé avec des dialogues modernes et vivants.
A voir comment la série va évoluer dans les prochains tomes (car tout l'enjeu est de découvrir le regard que vont porter les deux personnages principaux sur notre société) mais, jusqu’à présent, il s’agit d’une chouette petite découverte. Pas mal du tout !
Le Cobayes anonymes est un récit farfelu destiné aux jeunes lecteurs. On y suit les improbables aventures d’un groupe d’humains sur lesquels ont été testés des produits révolutionnaires –issus du monde animal et végétal- destinés à leur procurer des superpouvoirs. Ces superpouvoirs se révèlent plus handicapants qu’autre chose au quotidien et ils désireraient donc s’en débarrasser… mais l’antidote est hors de prix.
Sur base de ce synopsis assez basique, les auteurs construisent un récit très dynamique et enfantin. Le principe même d’inverser les rôles et de donner le rôle de victimes aux humains permet au jeune lecteur de réfléchir sur la pertinence des tests sur les animaux. L’origine des superpouvoirs est également source de connaissances puisqu’ils sont souvent issus de particularités bien spécifiques du genre animal ou végétal.
L’histoire en elle-même n’est pas spécialement hilarante. Je l’ai trouvée trop simpliste et la fin m’a semblé trop facile. Pour moi, on reste entre le bof et le pas mal, mais ça se lit facilement et les intentions des auteurices sont louables, d’où une note un peu généreuse.
J'adore Guy de Maupassant, auteur dont j'ai dévoré la plupart des ouvrages. Il est un peintre social parmi les meilleurs, selon moi, excellant dans cet art aussi bien dans ses livres que dans la pléthore de nouvelles qu'il a publiées dans sa vie. Il m'intéresse surtout parce que sa critique de son époque entre encore en résonnance aujourd'hui avec bien des aspects de la bonne société actuelle.
Pour ce recueil, plusieurs auteurs se succèdent, entrecoupés de dessins inspirés de peintre du XIXe (et d'avant aussi semble-t-il). Si les références sont parfois clairement indiquées, j'ai noté d'autres sources d'inspiration qui ne le sont pas (comme Gaugin et ses tableaux de vahinés). Les nouvelles adaptent à chaque fois Maupassant, parfois au littéral (avec du texte trop envahissant à mon gout) et parfois en faisant une véritable BD qui parle plus par le dessin. A cet égard, les dernières du recueil sont celles qui m'ont le plus plu. Notamment parce qu'elles m'étaient aussi inconnues.
Maupassant excelle dans sa peinture de mœurs, mais il est aussi surprenant pour son époque. Il n'est clairement pas féministe, qualificatif qu'il aurait rejeté sans frémir, mais sa vision de la femme est déjà bien libérée sur la question de la sexualité : il prône un droit au sexe pour les femmes et surtout une liberté de l'assumer. D'ailleurs les femmes sont loin d'être les dindons de la farce dans chaque nouvelle.
Comme tout recueil, il y a du bon et du moins bons. Certaines nouvelles sont inutilement chargées de texte selon moi et l'une d'entre elle m'a gavé par l'utilisation d'une police manuscrite trop peu lisible. Je l'ai laissé tomber. Mais plusieurs autres m'ont rappelé des lectures et j'ai même plusieurs fois rigolé devant le propos parfois osé de Maupassant : les hussards qui ne reculent jamais ou cette brioche qu'il faut couper sont autant amusants que peinture d'une société. Maupassant est toujours acerbe envers la sienne, bien qu'il baigne totalement dedans. C'est divertissant, léger et tout de même un bel hommage à l'auteur qu'il fut. La BD ne se réserve pas aux seuls adorateurs de l'auteur mais saura trouver un public plus large.
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La Neige en deuil
Il est très rare qu’une adaptation parvienne à égaler l’œuvre originale dans mon appréciation personnelle. Et c’est encore plus vrai lorsque l’œuvre originale m’a marqué. Et La neige en deuil figure parmi ces romans dont la lecture m’avait été imposée durant mes années d’étude mais dont le souvenir me reste tout de même gravé de manière positive. Oui, j’avais beaucoup aimé cette étude de deux caractères opposés et cette description de la montagne et de ses dangers. La fin, sombre à souhait, est de celles que l’on n’oublie pas ! Dominique Monféry nous en livre donc sa version. Si les grandes lignes du récit sont respectées, si toutes les étapes essentielles sont bien présentes, j’ai tout de même trouvé que tout allait trop vite dans cet album. Je n’ai pas eu le temps de comprendre les personnages, de m’attacher au juste et simple Isaïe ou d’en vouloir profondément à Marcellin pour sa paresse malgré son désir d’émancipation. Là où je gardais le souvenir de personnages plus complexes qu’ils n’y paraissait de prime abord, j’ai trouvé dans cette bande dessinée que les deux étaient très manichéens. Au niveau du dessin, Dominique Monféry nous propose des planches soignées, très travaillées mais auxquelles je reproche régulièrement un manque de précision au niveau des personnages et de leurs expressions. Attention ! C’est du beau travail et l’artiste a une patte personnelle… mais ce n’est pas le genre de dessin qui m’emporte à 100% dans l’histoire. Je dois parfois décoder ce dessin et ça m’énerve ! Que ressent le personnage dessiné ? Est-il indifférent ou furieux ? C'est parfois difficile à évaluer. Par contre, les décors sont régulièrement très beaux et certaines planches d’ambiance valent vraiment le coup d’œil. Bon voilà, un peu déçu pour le coup même si l’auteur s’est vraiment appliqué. Si vous ne connaissez pas l’histoire, c’est peut-être une bonne occasion de la découvrir mais pour moi cette adaptation n’arrive pas au niveau de l’original.
Le Jour où j'ai rencontré Ben Laden
Ce diptyque se lit facilement et rapidement. Il revient sur la trajectoire de deux jeunes Français qui, par stupidité, par orgueil bien plus que par conviction religieuse, vont s’engager aux côtés des combattants d’Al-Qaïda. L’auteur s’appuie directement sur les propos des deux acteurs principaux, qu’il rencontre à diverses occasions, ainsi que sur les témoignages d’un membre du renseignement américain. Le récit est édifiant, tant en ce qui concerne les motivations profondes de Nizar Sassi et Mourad Benchelalli (et auxquelles je continue à ne pas comprendre grand-chose) que concernant les diverses épreuves qu’ils vont traverser. J’ai ainsi eu l’impression qu’ils partaient en Afghanistan la fleur au fusil avec le sentiment qu’ils allaient surtout s’amuser et sont tombés des nues lorsqu’ils ont réalisé qu’ils arrivaient dans un camp d’entrainement pour djihadistes, en compagnie d’idéalistes prêts aux pires extrémités, quitte à mener des attentats suicides. Idem lorsqu’ils sont arrêtés et surpris d’être traités comme des terroristes. Par ailleurs, la description des conditions d’incarcération (principalement durant la période Guantanamo) fait froid dans le dos. La critique est virulente, tant au niveau du respect de la dignité humaine qu’au niveau de l’efficacité des méthodes employées. Le témoignage s’avère donc très instructif et c’est son principal intérêt. La forme, de longs entretiens illustrés, est efficace car très facile à lire mais le dessin demeure simple et dépouillé. Ce n’est clairement pas le genre de bande dessinée qu’on lit pour la beauté de ses planches. Je ne regrette pas d’avoir lu cette série mais il ne m’a pas apporté grand-chose de plus que ce que j’avais lu par ailleurs (notamment dans « Guantánamo Kid »). J’ai surtout une impression d’un fameux gâchis mais aussi que la menace terroriste demeurera toujours d’actualité tant que l’éducation ne sera pas une priorité à l'échelle mondiale (tant au niveau des décideurs politiques qu’au sein des cellules familiales).
Edgar
Dans cet album, Mathieu Sapin illustre les nombreux entretiens qu’il a eus avec son beau-père dans le but de retracer la vie de celui-ci. Portugais, marxiste, Edgar truffe sa biographie d’anecdotes à peines croyables telles qu’il est difficile de différencier l’affabulation de la réalité. A titre personnel, j’ai du mal avec ce genre de personnage. Grande gueule, convaincu par sa vision politique et doté d’une vision de l’Histoire qui lui est propre, cet Edgard, en vérité, m’ennuie plus qu’il ne m’intrigue. Mais Mathieu Sapin a l’art de raconter sa vie, de telle sorte que finir cette bande dessinée n’a vraiment pas été une souffrance. Maintenant, je ne sais vraiment pas ce qu’il faut prendre pour argent comptant et ce qui n’est que pure invention. Par conséquent, je ne sais si Edgar est un personnage extraordinaire ou juste un fameux vantard. Sans doute un peu des deux… mais rien que ça, ça le discrédite à mes yeux. Du point de vue technique, comme je le disais, Mathieu Sapin maitrise la narration graphique. Les dialogues sont très vivants, le découpage est assez brut, les décors sont immersifs même si très schématiques. Les descriptions se limitent souvent à deux trois mots surmontés d’une flèche pour mettre en évidence tel détail du décors ou pour identifier tel ou tel personnage. En clair, Mathieu Sapin ne s’encombre pas de fioritures et va à l’essentiel. Parce que techniquement maitrisée, j’ai trouvé cette bande dessinée plutôt pas mal dans son genre, mais je ne me suis pas assez attaché au personnage d’Edgard pour aller au-delà d’un simple 3/5. Par contre, c’est un fait qu’au travers de sa trajectoire, j’en ai appris un peu plus sur l’histoire du Portugal (principalement sur la période Salazar).
Un Chant de Noël (Kobayashi)
Je ne suis pas franchement Manga mais je reconnais que cette adaptation du célèbre conte de Dickens est plutôt réussie. Le scénario suit scrupuleusement le récit de Dickens avec un choix des textes très approprié pour les dialogues. Cela donne des personnages bien dans l'esprit du conte avec un Scrooge tout à fait crédible. Les trois esprits sont bien imaginés et la tension-émotion du récit est bien restituée. J'ai quelques réserves sur les choix graphiques. Si les personnages de Scrooge et des esprits sont très bien réalisés avec de belles expressions, les autres personnages sortent d'une banque de visages Manga que l'on voit dans toutes les séries. Cela dévalorise beaucoup la série à mes yeux. Il en va de même pour les décors (sans neige !) parfois intéressants parfois inexistants. Cela réduit d'autant l'ambiance du récit. C'est dommage car le N&B restitue bien l'ambiance assez nocturne. Une initiative intéressante pour les enfants européens addict de mangas afin qu'ils accèdent aux classiques ainsi que pour les petits japonais.
Sang noir - La catastrophe de Courrières
2.5 Décidément, j'ai un peu de difficulté avec Loyer. Ses albums parlent souvent de sujets qui m'intéressent, mais le traitement fait par l'auteur ne me captive pas. J'avais trouvé le dessin de Loyer moyen sur un autre album Ici, c'est pas trop mal, sans doute parce que c'est en noir et blanc et qu'il y a pas de couleurs moches. Malheureusement, j'avoue que j'ai eu de la difficulté à différencier les personnages. Je pense d'ailleurs que c'est le principal défaut de cet album: les personnages. Lorsqu'on traite en fiction d'un drame, généralement cela me prends à la gorge lorsqu'on met en scène des personnages attachants. Dans cet album ,j'ai vu des dizaines et des dizaines de personnages et j'ai eu de la difficulté à retenir leur noms ou leurs personnalités (je pense d'ailleurs que la plupart ont très peu de trait de caractère qui les différencies des autres). Bref, le contexte historique est intéressant et c'est bon de rappeler les dangers qu'il y avait à être mineur, mais la partie fiction et moyenne parce que c'est un peu dur pour moi de tirer une larme si je me fiche des personnages. Le dossier à la fin m'a plus attristé que la BD !
Noir Métal
Un autre documentaire dont le sujet est intéressant, mais dont le traitement m'a semblé moyen. Déjà, il faut dire que j'avais déjà vu les thèmes abordés dans d'autres documentaires: la grosse compagne qui ferme une usine en se foutant de mettre des gens à la rue juste parce qu'il faut être le plus rentable possible, les gens qui se sentent abandonnés, les effets de la pollution de l'usine qui sont cachés par la compagnie....Certes j'ai vu cela dans des documentaires qui sont parus après cet album, mais je pense que l'album accuse de son âge. On est en 2006 et si je me trompe pas, on est encore au début des BD-reportages. Les auteurs se promènent dans une ville et dans une usine, parle à des gens et racontent un peu les problèmes liés à l'usine et puis c'est tout. Par la suite sont apparus des reportages qui approfondis plus leur sujet et de plus le dessin de Loyer est vraiment moyen. Malgré tout, c'est un album à emprunter si on s'intéresse à ce qui se passe dans le nord de la France même si l'actualité traité dans cet album est daté. Ce qui est déprimant c'est qu'on sait que les choses ont empirés...Déjà on vote Front National juste pour faire chier un système politique qui a abandonné la classe ouvrière et Marine Le Pen pointe le bout de son nez....
Blake et Mortimer - L'Art de la guerre
Ma lecture de cet album partait assez mal, car largement entachée par une interview du dessinateur Floc'h, lue sur le site du Point, fort intéressante au demeurant, mais où Floc'h donne de lui une image psychorigide frôlant la prétention, en se permettant de juger de manière très sévère ses prédécesseurs et en n'hésitant pas à aller jusqu'à qualifier certains albums de "n'importe quoi". Seulement, quand on s'autorise à juger les autres aussi durement, notre seule excuse est d'être irréprochable. Or, la plupart des défauts de ce nouveau tome hors-série de ce qui semble s'apparenter à une nouvelle collection, Un autre regard sur Blake et Mortimer (intitulée ainsi sur le site de Dargaud), proviennent du dessin de Floc'h. Celui-ci est un chaud partisan de la ligne claire, et revendique autant Hergé que Jacobs dans les influences qui l'ont poussées dans la conception de ce nouvel album. On est pourtant très loin de la fluidité de ces deux auteurs, le dessin ici se voyant constamment statique et tellement dépouillé qu'il en devient vide. A aucun moment, on a l'impression d'être dans le réel, les cases sont désespérément débarrassées de toute forme de mystère, de détails qui laissent courir l'imagination. C'est d'autant plus regrettable que le scénario de Bocquet et Fromental, déjà à l'œuvre sur l'excellent Huit heures à Berlin de la saga officielle, fonctionne plutôt bien, ou tout au moins très correctement. Certes, il y a pas mal de raccourcis narratifs, certains dommageables, d'autres moins, mais c'est relativement inhérent au genre quand on cherche à pasticher la bande dessinée des années 60-70. Il n'y en a pas à l'excès, donc ça passe. Sinon, malgré une simplification quelque peu outrancière des enjeux géopolitiques (tout se passe à l'ONU, mais tout ce qu'on en retient, c'est "nous sommes pour la paix sans distinction de race, de sexe, de religion, etc.", c'est original !), le récit se développe avec des détours plaisants, et des gimmick typiques de la saga qui font toujours plaisir. Les personnages sont assez fidèles à ce qu'on en connaît et à ce qu'on aime (mais pas spécialement plus que dans les autres reprises, n'en déplaise à l'ego de Floc'h), l'enquête est assez bien menée et l'utilisation de Sun Tzu est tout-à-fait judicieuse. On pourra regretter une nouvelle fois la séquence verbeuse où Olrik se gargarise des réussites de son plan génial où il a parfaitement manipulé les héros, mais c'est vrai qu'on peut y voir une étape relativement incontournable de ce genre de pastiche (même si de mémoire, Jacobs n'en abusait pas trop). Bref, c'est tout-à-fait agréable à lire, ou en tous cas, ça n'a rien de désagréable. Mais ces traits épais à l'extrême, ces positions rigides, et ces aplats de couleur qui détruisent toute perspective et toute vie dans les cases empêchent de créer le même lien qu'avec les albums de la saga mère. Autant je prendrai un plaisir constant à relire chacun des albums de la saga officielle (sauf peut-être un ou deux tomes, et encore), autant je n'en trouverai aucun à rouvrir ce tome, certes amusant avec son pastiche à la fois jacobsien et hitchcockien, mais trop quelconque pour réussir à sortir du lot et à justifier son existence en tant que hors-série d'une de mes sagas les plus cultes.
Elvira & Otto
Elivra et Otto s’aiment passionnément mais leur liaison n’est pas vue d’un très bon œil par les habitants de la savane. Pensez ! Une gazelle et un éléphant, que voilà un couple mal assorti. Par un heureux concours de circonstance, ils vont découvrir le monde des humains et fascinés par celui-ci se mettre en route dans l’idée de s’y installer. Le premier tome de cette série jeunesse s’arrête là. On a donc le temps de découvrir les personnages principaux ainsi qu’une belle galerie de personnages secondaires. Le ton est naïf et joyeux mais il n’empêche pas de parler de nos problèmes de société (toujours sous un angle adapté à un jeune public). C’est sympathique à lire, frais et léger. Dessinée dans un style crayonné et expressif, l’histoire est parfaitement adaptée pour le public visé. Œuvre de deux jeunes auteurs allemands, la série bénéficie également du travail de Claire Paq en sa qualité de coloriste. Celle-ci apporte beaucoup de lumière et un aspect artisanal vraiment bienvenus aux planches. Enfin, la traduction signée Anne Bideault est de qualité, là encore bien adaptée au public visé avec des dialogues modernes et vivants. A voir comment la série va évoluer dans les prochains tomes (car tout l'enjeu est de découvrir le regard que vont porter les deux personnages principaux sur notre société) mais, jusqu’à présent, il s’agit d’une chouette petite découverte. Pas mal du tout !
Les Cobayes anonymes
Le Cobayes anonymes est un récit farfelu destiné aux jeunes lecteurs. On y suit les improbables aventures d’un groupe d’humains sur lesquels ont été testés des produits révolutionnaires –issus du monde animal et végétal- destinés à leur procurer des superpouvoirs. Ces superpouvoirs se révèlent plus handicapants qu’autre chose au quotidien et ils désireraient donc s’en débarrasser… mais l’antidote est hors de prix. Sur base de ce synopsis assez basique, les auteurs construisent un récit très dynamique et enfantin. Le principe même d’inverser les rôles et de donner le rôle de victimes aux humains permet au jeune lecteur de réfléchir sur la pertinence des tests sur les animaux. L’origine des superpouvoirs est également source de connaissances puisqu’ils sont souvent issus de particularités bien spécifiques du genre animal ou végétal. L’histoire en elle-même n’est pas spécialement hilarante. Je l’ai trouvée trop simpliste et la fin m’a semblé trop facile. Pour moi, on reste entre le bof et le pas mal, mais ça se lit facilement et les intentions des auteurices sont louables, d’où une note un peu généreuse.
Contes Grivois de Guy de Maupassant
J'adore Guy de Maupassant, auteur dont j'ai dévoré la plupart des ouvrages. Il est un peintre social parmi les meilleurs, selon moi, excellant dans cet art aussi bien dans ses livres que dans la pléthore de nouvelles qu'il a publiées dans sa vie. Il m'intéresse surtout parce que sa critique de son époque entre encore en résonnance aujourd'hui avec bien des aspects de la bonne société actuelle. Pour ce recueil, plusieurs auteurs se succèdent, entrecoupés de dessins inspirés de peintre du XIXe (et d'avant aussi semble-t-il). Si les références sont parfois clairement indiquées, j'ai noté d'autres sources d'inspiration qui ne le sont pas (comme Gaugin et ses tableaux de vahinés). Les nouvelles adaptent à chaque fois Maupassant, parfois au littéral (avec du texte trop envahissant à mon gout) et parfois en faisant une véritable BD qui parle plus par le dessin. A cet égard, les dernières du recueil sont celles qui m'ont le plus plu. Notamment parce qu'elles m'étaient aussi inconnues. Maupassant excelle dans sa peinture de mœurs, mais il est aussi surprenant pour son époque. Il n'est clairement pas féministe, qualificatif qu'il aurait rejeté sans frémir, mais sa vision de la femme est déjà bien libérée sur la question de la sexualité : il prône un droit au sexe pour les femmes et surtout une liberté de l'assumer. D'ailleurs les femmes sont loin d'être les dindons de la farce dans chaque nouvelle. Comme tout recueil, il y a du bon et du moins bons. Certaines nouvelles sont inutilement chargées de texte selon moi et l'une d'entre elle m'a gavé par l'utilisation d'une police manuscrite trop peu lisible. Je l'ai laissé tomber. Mais plusieurs autres m'ont rappelé des lectures et j'ai même plusieurs fois rigolé devant le propos parfois osé de Maupassant : les hussards qui ne reculent jamais ou cette brioche qu'il faut couper sont autant amusants que peinture d'une société. Maupassant est toujours acerbe envers la sienne, bien qu'il baigne totalement dedans. C'est divertissant, léger et tout de même un bel hommage à l'auteur qu'il fut. La BD ne se réserve pas aux seuls adorateurs de l'auteur mais saura trouver un public plus large.