Je ne suis pas franchement Manga mais je reconnais que cette adaptation du célèbre conte de Dickens est plutôt réussie.
Le scénario suit scrupuleusement le récit de Dickens avec un choix des textes très approprié pour les dialogues. Cela donne des personnages bien dans l'esprit du conte avec un Scrooge tout à fait crédible.
Les trois esprits sont bien imaginés et la tension-émotion du récit est bien restituée.
J'ai quelques réserves sur les choix graphiques. Si les personnages de Scrooge et des esprits sont très bien réalisés avec de belles expressions, les autres personnages sortent d'une banque de visages Manga que l'on voit dans toutes les séries.
Cela dévalorise beaucoup la série à mes yeux. Il en va de même pour les décors (sans neige !) parfois intéressants parfois inexistants. Cela réduit d'autant l'ambiance du récit. C'est dommage car le N&B restitue bien l'ambiance assez nocturne.
Une initiative intéressante pour les enfants européens addict de mangas afin qu'ils accèdent aux classiques ainsi que pour les petits japonais.
2.5
Décidément, j'ai un peu de difficulté avec Loyer. Ses albums parlent souvent de sujets qui m'intéressent, mais le traitement fait par l'auteur ne me captive pas.
J'avais trouvé le dessin de Loyer moyen sur un autre album Ici, c'est pas trop mal, sans doute parce que c'est en noir et blanc et qu'il y a pas de couleurs moches. Malheureusement, j'avoue que j'ai eu de la difficulté à différencier les personnages. Je pense d'ailleurs que c'est le principal défaut de cet album: les personnages. Lorsqu'on traite en fiction d'un drame, généralement cela me prends à la gorge lorsqu'on met en scène des personnages attachants. Dans cet album ,j'ai vu des dizaines et des dizaines de personnages et j'ai eu de la difficulté à retenir leur noms ou leurs personnalités (je pense d'ailleurs que la plupart ont très peu de trait de caractère qui les différencies des autres).
Bref, le contexte historique est intéressant et c'est bon de rappeler les dangers qu'il y avait à être mineur, mais la partie fiction et moyenne parce que c'est un peu dur pour moi de tirer une larme si je me fiche des personnages. Le dossier à la fin m'a plus attristé que la BD !
Un autre documentaire dont le sujet est intéressant, mais dont le traitement m'a semblé moyen.
Déjà, il faut dire que j'avais déjà vu les thèmes abordés dans d'autres documentaires: la grosse compagne qui ferme une usine en se foutant de mettre des gens à la rue juste parce qu'il faut être le plus rentable possible, les gens qui se sentent abandonnés, les effets de la pollution de l'usine qui sont cachés par la compagnie....Certes j'ai vu cela dans des documentaires qui sont parus après cet album, mais je pense que l'album accuse de son âge.
On est en 2006 et si je me trompe pas, on est encore au début des BD-reportages. Les auteurs se promènent dans une ville et dans une usine, parle à des gens et racontent un peu les problèmes liés à l'usine et puis c'est tout. Par la suite sont apparus des reportages qui approfondis plus leur sujet et de plus le dessin de Loyer est vraiment moyen.
Malgré tout, c'est un album à emprunter si on s'intéresse à ce qui se passe dans le nord de la France même si l'actualité traité dans cet album est daté. Ce qui est déprimant c'est qu'on sait que les choses ont empirés...Déjà on vote Front National juste pour faire chier un système politique qui a abandonné la classe ouvrière et Marine Le Pen pointe le bout de son nez....
Ma lecture de cet album partait assez mal, car largement entachée par une interview du dessinateur Floc'h, lue sur le site du Point, fort intéressante au demeurant, mais où Floc'h donne de lui une image psychorigide frôlant la prétention, en se permettant de juger de manière très sévère ses prédécesseurs et en n'hésitant pas à aller jusqu'à qualifier certains albums de "n'importe quoi".
Seulement, quand on s'autorise à juger les autres aussi durement, notre seule excuse est d'être irréprochable. Or, la plupart des défauts de ce nouveau tome hors-série de ce qui semble s'apparenter à une nouvelle collection, Un autre regard sur Blake et Mortimer (intitulée ainsi sur le site de Dargaud), proviennent du dessin de Floc'h. Celui-ci est un chaud partisan de la ligne claire, et revendique autant Hergé que Jacobs dans les influences qui l'ont poussées dans la conception de ce nouvel album. On est pourtant très loin de la fluidité de ces deux auteurs, le dessin ici se voyant constamment statique et tellement dépouillé qu'il en devient vide. A aucun moment, on a l'impression d'être dans le réel, les cases sont désespérément débarrassées de toute forme de mystère, de détails qui laissent courir l'imagination.
C'est d'autant plus regrettable que le scénario de Bocquet et Fromental, déjà à l'œuvre sur l'excellent Huit heures à Berlin de la saga officielle, fonctionne plutôt bien, ou tout au moins très correctement. Certes, il y a pas mal de raccourcis narratifs, certains dommageables, d'autres moins, mais c'est relativement inhérent au genre quand on cherche à pasticher la bande dessinée des années 60-70. Il n'y en a pas à l'excès, donc ça passe.
Sinon, malgré une simplification quelque peu outrancière des enjeux géopolitiques (tout se passe à l'ONU, mais tout ce qu'on en retient, c'est "nous sommes pour la paix sans distinction de race, de sexe, de religion, etc.", c'est original !), le récit se développe avec des détours plaisants, et des gimmick typiques de la saga qui font toujours plaisir.
Les personnages sont assez fidèles à ce qu'on en connaît et à ce qu'on aime (mais pas spécialement plus que dans les autres reprises, n'en déplaise à l'ego de Floc'h), l'enquête est assez bien menée et l'utilisation de Sun Tzu est tout-à-fait judicieuse. On pourra regretter une nouvelle fois la séquence verbeuse où Olrik se gargarise des réussites de son plan génial où il a parfaitement manipulé les héros, mais c'est vrai qu'on peut y voir une étape relativement incontournable de ce genre de pastiche (même si de mémoire, Jacobs n'en abusait pas trop).
Bref, c'est tout-à-fait agréable à lire, ou en tous cas, ça n'a rien de désagréable. Mais ces traits épais à l'extrême, ces positions rigides, et ces aplats de couleur qui détruisent toute perspective et toute vie dans les cases empêchent de créer le même lien qu'avec les albums de la saga mère.
Autant je prendrai un plaisir constant à relire chacun des albums de la saga officielle (sauf peut-être un ou deux tomes, et encore), autant je n'en trouverai aucun à rouvrir ce tome, certes amusant avec son pastiche à la fois jacobsien et hitchcockien, mais trop quelconque pour réussir à sortir du lot et à justifier son existence en tant que hors-série d'une de mes sagas les plus cultes.
Elivra et Otto s’aiment passionnément mais leur liaison n’est pas vue d’un très bon œil par les habitants de la savane. Pensez ! Une gazelle et un éléphant, que voilà un couple mal assorti. Par un heureux concours de circonstance, ils vont découvrir le monde des humains et fascinés par celui-ci se mettre en route dans l’idée de s’y installer.
Le premier tome de cette série jeunesse s’arrête là. On a donc le temps de découvrir les personnages principaux ainsi qu’une belle galerie de personnages secondaires. Le ton est naïf et joyeux mais il n’empêche pas de parler de nos problèmes de société (toujours sous un angle adapté à un jeune public). C’est sympathique à lire, frais et léger. Dessinée dans un style crayonné et expressif, l’histoire est parfaitement adaptée pour le public visé.
Œuvre de deux jeunes auteurs allemands, la série bénéficie également du travail de Claire Paq en sa qualité de coloriste. Celle-ci apporte beaucoup de lumière et un aspect artisanal vraiment bienvenus aux planches. Enfin, la traduction signée Anne Bideault est de qualité, là encore bien adaptée au public visé avec des dialogues modernes et vivants.
A voir comment la série va évoluer dans les prochains tomes (car tout l'enjeu est de découvrir le regard que vont porter les deux personnages principaux sur notre société) mais, jusqu’à présent, il s’agit d’une chouette petite découverte. Pas mal du tout !
Le Cobayes anonymes est un récit farfelu destiné aux jeunes lecteurs. On y suit les improbables aventures d’un groupe d’humains sur lesquels ont été testés des produits révolutionnaires –issus du monde animal et végétal- destinés à leur procurer des superpouvoirs. Ces superpouvoirs se révèlent plus handicapants qu’autre chose au quotidien et ils désireraient donc s’en débarrasser… mais l’antidote est hors de prix.
Sur base de ce synopsis assez basique, les auteurs construisent un récit très dynamique et enfantin. Le principe même d’inverser les rôles et de donner le rôle de victimes aux humains permet au jeune lecteur de réfléchir sur la pertinence des tests sur les animaux. L’origine des superpouvoirs est également source de connaissances puisqu’ils sont souvent issus de particularités bien spécifiques du genre animal ou végétal.
L’histoire en elle-même n’est pas spécialement hilarante. Je l’ai trouvée trop simpliste et la fin m’a semblé trop facile. Pour moi, on reste entre le bof et le pas mal, mais ça se lit facilement et les intentions des auteurices sont louables, d’où une note un peu généreuse.
J'adore Guy de Maupassant, auteur dont j'ai dévoré la plupart des ouvrages. Il est un peintre social parmi les meilleurs, selon moi, excellant dans cet art aussi bien dans ses livres que dans la pléthore de nouvelles qu'il a publiées dans sa vie. Il m'intéresse surtout parce que sa critique de son époque entre encore en résonnance aujourd'hui avec bien des aspects de la bonne société actuelle.
Pour ce recueil, plusieurs auteurs se succèdent, entrecoupés de dessins inspirés de peintre du XIXe (et d'avant aussi semble-t-il). Si les références sont parfois clairement indiquées, j'ai noté d'autres sources d'inspiration qui ne le sont pas (comme Gaugin et ses tableaux de vahinés). Les nouvelles adaptent à chaque fois Maupassant, parfois au littéral (avec du texte trop envahissant à mon gout) et parfois en faisant une véritable BD qui parle plus par le dessin. A cet égard, les dernières du recueil sont celles qui m'ont le plus plu. Notamment parce qu'elles m'étaient aussi inconnues.
Maupassant excelle dans sa peinture de mœurs, mais il est aussi surprenant pour son époque. Il n'est clairement pas féministe, qualificatif qu'il aurait rejeté sans frémir, mais sa vision de la femme est déjà bien libérée sur la question de la sexualité : il prône un droit au sexe pour les femmes et surtout une liberté de l'assumer. D'ailleurs les femmes sont loin d'être les dindons de la farce dans chaque nouvelle.
Comme tout recueil, il y a du bon et du moins bons. Certaines nouvelles sont inutilement chargées de texte selon moi et l'une d'entre elle m'a gavé par l'utilisation d'une police manuscrite trop peu lisible. Je l'ai laissé tomber. Mais plusieurs autres m'ont rappelé des lectures et j'ai même plusieurs fois rigolé devant le propos parfois osé de Maupassant : les hussards qui ne reculent jamais ou cette brioche qu'il faut couper sont autant amusants que peinture d'une société. Maupassant est toujours acerbe envers la sienne, bien qu'il baigne totalement dedans. C'est divertissant, léger et tout de même un bel hommage à l'auteur qu'il fut. La BD ne se réserve pas aux seuls adorateurs de l'auteur mais saura trouver un public plus large.
2.5
J'ai réussi à lire les deux premiers tomes et je n'ai pas envie de perdre mon temps à essayer de trouver la suite.
C'est une série heroic-fantasy qui ne se prend pas trop au sérieux avec un peu de cul. Sur le papier, cela aurait pu donner une série sympathique parce que j'aime bien le duo d'auteurs, mais ici j'ai trouvé que le résultat était moyen. Déjà, l'humour m'a souvent semblé lourd, notamment avec toutes les ghlomettes qui montrent leurs culs en permanence.
On retrouve la folie de ''Le Vagabond des Limbes'' que j'aime bien, sauf qu'ici cela marche moins bien. Dans les meilleurs albums du Vagabond, la folie avait tout de même une certaine logique et les scénarios des meilleurs albums étaient cohérents. Ici, j'ai eu l'impression qu'on passait du coq à l'âne trop souvent. On dirait plus une suite de sketchs, certaines scènes étant meilleures que d'autres. Mon principal problème est que le personnage principal est fade contrairement à Axel ou Musky.
Il reste quelques bonnes idées et un dessin que j'aime bien, mais c'est peu pour rendre la série mémorable à mes yeux.
Alors, que dire sur ce Trafalgar qui n'ait déjà été dit dans les précédents avis ?
Pas grand chose en toute honnêteté, car, pour l'essentiel, je rejoins en grande partie tout ce qui a pu être dit sur ce nouvel album de la collection 'Les grandes batailles navales'. La patte de JY Delitte y est immédiatement reconnaissable, c'est une garantie de sérieux historique, comme d'habitude. Cet album ne fait aucunement exception, le petit dossier historique sous forme d'addendum à la suite vient d'ailleurs (très) rapidement apporter quelques éléments de contexte, toujours utiles, surtout pour celles et ceux qui ne connaissent pas spécialement cet épisode de l'histoire de l'Empire.
L'ensemble est globalement sérieux, efficace, et bien ficelé, comme sur les quelques albums de cette collection que j'ai pu lire d'ailleurs.
On pourra en dire à peu près autant du dessin de Béchu, même si ce dernier, bien que précis et méticuleux sur le soin apporté aux détails techniques (les navires sont reproduits avec une grande fidélité, me semble-t-il, même si je ne prétend aucunement être expert en la matière), son dessin donc, n'a rien de révolutionnaire, ne possède aucune caractéristique véritablement susceptible de marquer les esprits.
La BD étant d'abord, on peut le penser, un art graphique, qui ne peut se limiter à une fonction purement pédagogique, ce dessin finalement assez neutre, probablement voulu comme tel, pourra être vu par certains comme le talon d'Achille de ce Trafalgar. On aurait pu espérer davantage de 'fougue'.
L'autre point qui peut susciter quelques débats concerne la façon dont l'histoire nous est contée.
Si le fait de faire une sorte de préambule qui ne pourra être véritablement compris qu'à la fin de la lecture est plutôt une bonne idée, on pourra cependant s'étonner des choix de narrateurs.
Nous entrons en effet pas à pas dans un contexte, dans un évènement, en suivant l'évolution d'un jeune gabier qui, à l'image du lecteur, découvre un peu ce monde des navires de guerre, et, parallèlement à cela, grâce aux conversations entre différents gradés français ( Montalembert, Deniéport, etc) qui s'agacent de l'inaction imposée par l'amiral Villeneuve.
(les auteurs ont choisi d'insister sur sa particule 'de' Villeneuve, ce qui peut surprendre, même s'il était effectivement noble, dans la mesure où la particule a souvent tendance à disparaître lorsque l'on donne un grade. Ici, l'amiral Villeneuve. Mais cela relève du détail...)
Ces deux choix, et surtout le second, s'ils sont pertinents pour nous aider à 'entrer' dans cette histoire, nous éloignent paradoxalement de la bataille elle-même. Celle-ci se limite d'ailleurs à une double page (et encore) dans l'album.
On ne nous dit rien de la brillante manoeuvre de Nelson qui se laissa volontairement 'barrer le T' (attaquer en colonne face à la ligne des bâtiments français), tactique hautement risquée, ni sur sa communication restée célèbre auprès de ses troupes (avec le message passé à tous ces hommes juste avant la bataille : 'England expects that every man will do his duty', célèbre aujourd'hui encore en Angleterre...), rien non plus sur les duels homériques entre le HMS Victory, face au Redoutable et au Bucentaure chez les français (cf les différents tableaux qui ont été faits sur ces affrontement, dont celui de Turner).
Tout cela est réglé en quelques coups de crayons, sans que l'on ne voit bien, ni ne comprenne l'importance de l'exploit : gagner avec un flotte très inférieure à la flotte française, au moins en nombre.
Au final, on a l'impression que l'on s'est beaucoup (trop ?) focalisé sur ce qui a précédé la bataille, sur certaines des raisons qui peuvent expliquer la déroute française, au détriment de ce qui pourtant devait constituer la 'pièce de résistance' de cet album, à savoir la bataille elle-même.
C'est pour moi LE principal défaut de cet album, qui, du coup, laisse comme un goût d'inachevé. Raison pour laquelle je ne monte pas au dessus de 3/5.
Bon, ben, finalement pour quelqu'un qui n'avait a priori pas grand chose à rajouter par rapport aux précédents commentaires....je me suis manifestement moi aussi laissé emporter par la houle.... ;-)
Après la claque magistrale que fut Le Loup des Mers j'ai été intéressé par les différentes BD de Riff Reb's, et "Hommes à la mer" restait dans le thème marin que j'affectionne beaucoup suite au récits de Jack London notamment.
J'ai été légèrement déçu de découvrir qu'il s'agissait de compilation de nouvelles illustrées, chacune d'une dizaines de pages seulement. Et lors de ma lecture, comme c'est souvent le cas dans des compilations BD, j'ai été plutôt déçu de la plupart d'entre elles. Il n'y en a guère que deux qui m'ont franchement plu dans leurs déroulés ou leur finalité, mais le reste m'a paru souvent très oubliable. C'est souvent ce qui m'embête dans des recueils de nouvelles en BD, qui sont assez rarement marquantes, contrairement à un recueil en livre. Peut-être parce que la BD s'inscrit plus dans une lecture sur de nombreuses pages, je ne sais pas trop.
Cela dit je reconnais le talent dans le dessin, qui est du même niveau de ce que j'ai déjà vu de l'auteur. Là-dessus, rien à redire. En plus il ajoute quelques passages illustrés de livres d'auteurs, tous traitant de la mer aussi. C'est ce qui m'a le plus intéressé, parce qu'il y a là plusieurs styles et tons qui m'ont plu. Je vais sans doute aller en découvrir quelques uns par la suite !
Donc voila, une BD pas mauvaise mais qui a ses limites de par sa forme. Je suis clairement resté sur ma faim même cette retenue ne m'empêche pas d'en voir les qualités. Pour ma part, ça ne me refroidit pas de lire d'autres ouvrages de Riff Reb's, mais je trouve celui-là un cran en-dessous.
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Un Chant de Noël (Kobayashi)
Je ne suis pas franchement Manga mais je reconnais que cette adaptation du célèbre conte de Dickens est plutôt réussie. Le scénario suit scrupuleusement le récit de Dickens avec un choix des textes très approprié pour les dialogues. Cela donne des personnages bien dans l'esprit du conte avec un Scrooge tout à fait crédible. Les trois esprits sont bien imaginés et la tension-émotion du récit est bien restituée. J'ai quelques réserves sur les choix graphiques. Si les personnages de Scrooge et des esprits sont très bien réalisés avec de belles expressions, les autres personnages sortent d'une banque de visages Manga que l'on voit dans toutes les séries. Cela dévalorise beaucoup la série à mes yeux. Il en va de même pour les décors (sans neige !) parfois intéressants parfois inexistants. Cela réduit d'autant l'ambiance du récit. C'est dommage car le N&B restitue bien l'ambiance assez nocturne. Une initiative intéressante pour les enfants européens addict de mangas afin qu'ils accèdent aux classiques ainsi que pour les petits japonais.
Sang noir - La catastrophe de Courrières
2.5 Décidément, j'ai un peu de difficulté avec Loyer. Ses albums parlent souvent de sujets qui m'intéressent, mais le traitement fait par l'auteur ne me captive pas. J'avais trouvé le dessin de Loyer moyen sur un autre album Ici, c'est pas trop mal, sans doute parce que c'est en noir et blanc et qu'il y a pas de couleurs moches. Malheureusement, j'avoue que j'ai eu de la difficulté à différencier les personnages. Je pense d'ailleurs que c'est le principal défaut de cet album: les personnages. Lorsqu'on traite en fiction d'un drame, généralement cela me prends à la gorge lorsqu'on met en scène des personnages attachants. Dans cet album ,j'ai vu des dizaines et des dizaines de personnages et j'ai eu de la difficulté à retenir leur noms ou leurs personnalités (je pense d'ailleurs que la plupart ont très peu de trait de caractère qui les différencies des autres). Bref, le contexte historique est intéressant et c'est bon de rappeler les dangers qu'il y avait à être mineur, mais la partie fiction et moyenne parce que c'est un peu dur pour moi de tirer une larme si je me fiche des personnages. Le dossier à la fin m'a plus attristé que la BD !
Noir Métal
Un autre documentaire dont le sujet est intéressant, mais dont le traitement m'a semblé moyen. Déjà, il faut dire que j'avais déjà vu les thèmes abordés dans d'autres documentaires: la grosse compagne qui ferme une usine en se foutant de mettre des gens à la rue juste parce qu'il faut être le plus rentable possible, les gens qui se sentent abandonnés, les effets de la pollution de l'usine qui sont cachés par la compagnie....Certes j'ai vu cela dans des documentaires qui sont parus après cet album, mais je pense que l'album accuse de son âge. On est en 2006 et si je me trompe pas, on est encore au début des BD-reportages. Les auteurs se promènent dans une ville et dans une usine, parle à des gens et racontent un peu les problèmes liés à l'usine et puis c'est tout. Par la suite sont apparus des reportages qui approfondis plus leur sujet et de plus le dessin de Loyer est vraiment moyen. Malgré tout, c'est un album à emprunter si on s'intéresse à ce qui se passe dans le nord de la France même si l'actualité traité dans cet album est daté. Ce qui est déprimant c'est qu'on sait que les choses ont empirés...Déjà on vote Front National juste pour faire chier un système politique qui a abandonné la classe ouvrière et Marine Le Pen pointe le bout de son nez....
Blake et Mortimer - L'Art de la guerre
Ma lecture de cet album partait assez mal, car largement entachée par une interview du dessinateur Floc'h, lue sur le site du Point, fort intéressante au demeurant, mais où Floc'h donne de lui une image psychorigide frôlant la prétention, en se permettant de juger de manière très sévère ses prédécesseurs et en n'hésitant pas à aller jusqu'à qualifier certains albums de "n'importe quoi". Seulement, quand on s'autorise à juger les autres aussi durement, notre seule excuse est d'être irréprochable. Or, la plupart des défauts de ce nouveau tome hors-série de ce qui semble s'apparenter à une nouvelle collection, Un autre regard sur Blake et Mortimer (intitulée ainsi sur le site de Dargaud), proviennent du dessin de Floc'h. Celui-ci est un chaud partisan de la ligne claire, et revendique autant Hergé que Jacobs dans les influences qui l'ont poussées dans la conception de ce nouvel album. On est pourtant très loin de la fluidité de ces deux auteurs, le dessin ici se voyant constamment statique et tellement dépouillé qu'il en devient vide. A aucun moment, on a l'impression d'être dans le réel, les cases sont désespérément débarrassées de toute forme de mystère, de détails qui laissent courir l'imagination. C'est d'autant plus regrettable que le scénario de Bocquet et Fromental, déjà à l'œuvre sur l'excellent Huit heures à Berlin de la saga officielle, fonctionne plutôt bien, ou tout au moins très correctement. Certes, il y a pas mal de raccourcis narratifs, certains dommageables, d'autres moins, mais c'est relativement inhérent au genre quand on cherche à pasticher la bande dessinée des années 60-70. Il n'y en a pas à l'excès, donc ça passe. Sinon, malgré une simplification quelque peu outrancière des enjeux géopolitiques (tout se passe à l'ONU, mais tout ce qu'on en retient, c'est "nous sommes pour la paix sans distinction de race, de sexe, de religion, etc.", c'est original !), le récit se développe avec des détours plaisants, et des gimmick typiques de la saga qui font toujours plaisir. Les personnages sont assez fidèles à ce qu'on en connaît et à ce qu'on aime (mais pas spécialement plus que dans les autres reprises, n'en déplaise à l'ego de Floc'h), l'enquête est assez bien menée et l'utilisation de Sun Tzu est tout-à-fait judicieuse. On pourra regretter une nouvelle fois la séquence verbeuse où Olrik se gargarise des réussites de son plan génial où il a parfaitement manipulé les héros, mais c'est vrai qu'on peut y voir une étape relativement incontournable de ce genre de pastiche (même si de mémoire, Jacobs n'en abusait pas trop). Bref, c'est tout-à-fait agréable à lire, ou en tous cas, ça n'a rien de désagréable. Mais ces traits épais à l'extrême, ces positions rigides, et ces aplats de couleur qui détruisent toute perspective et toute vie dans les cases empêchent de créer le même lien qu'avec les albums de la saga mère. Autant je prendrai un plaisir constant à relire chacun des albums de la saga officielle (sauf peut-être un ou deux tomes, et encore), autant je n'en trouverai aucun à rouvrir ce tome, certes amusant avec son pastiche à la fois jacobsien et hitchcockien, mais trop quelconque pour réussir à sortir du lot et à justifier son existence en tant que hors-série d'une de mes sagas les plus cultes.
Elvira & Otto
Elivra et Otto s’aiment passionnément mais leur liaison n’est pas vue d’un très bon œil par les habitants de la savane. Pensez ! Une gazelle et un éléphant, que voilà un couple mal assorti. Par un heureux concours de circonstance, ils vont découvrir le monde des humains et fascinés par celui-ci se mettre en route dans l’idée de s’y installer. Le premier tome de cette série jeunesse s’arrête là. On a donc le temps de découvrir les personnages principaux ainsi qu’une belle galerie de personnages secondaires. Le ton est naïf et joyeux mais il n’empêche pas de parler de nos problèmes de société (toujours sous un angle adapté à un jeune public). C’est sympathique à lire, frais et léger. Dessinée dans un style crayonné et expressif, l’histoire est parfaitement adaptée pour le public visé. Œuvre de deux jeunes auteurs allemands, la série bénéficie également du travail de Claire Paq en sa qualité de coloriste. Celle-ci apporte beaucoup de lumière et un aspect artisanal vraiment bienvenus aux planches. Enfin, la traduction signée Anne Bideault est de qualité, là encore bien adaptée au public visé avec des dialogues modernes et vivants. A voir comment la série va évoluer dans les prochains tomes (car tout l'enjeu est de découvrir le regard que vont porter les deux personnages principaux sur notre société) mais, jusqu’à présent, il s’agit d’une chouette petite découverte. Pas mal du tout !
Les Cobayes anonymes
Le Cobayes anonymes est un récit farfelu destiné aux jeunes lecteurs. On y suit les improbables aventures d’un groupe d’humains sur lesquels ont été testés des produits révolutionnaires –issus du monde animal et végétal- destinés à leur procurer des superpouvoirs. Ces superpouvoirs se révèlent plus handicapants qu’autre chose au quotidien et ils désireraient donc s’en débarrasser… mais l’antidote est hors de prix. Sur base de ce synopsis assez basique, les auteurs construisent un récit très dynamique et enfantin. Le principe même d’inverser les rôles et de donner le rôle de victimes aux humains permet au jeune lecteur de réfléchir sur la pertinence des tests sur les animaux. L’origine des superpouvoirs est également source de connaissances puisqu’ils sont souvent issus de particularités bien spécifiques du genre animal ou végétal. L’histoire en elle-même n’est pas spécialement hilarante. Je l’ai trouvée trop simpliste et la fin m’a semblé trop facile. Pour moi, on reste entre le bof et le pas mal, mais ça se lit facilement et les intentions des auteurices sont louables, d’où une note un peu généreuse.
Contes Grivois de Guy de Maupassant
J'adore Guy de Maupassant, auteur dont j'ai dévoré la plupart des ouvrages. Il est un peintre social parmi les meilleurs, selon moi, excellant dans cet art aussi bien dans ses livres que dans la pléthore de nouvelles qu'il a publiées dans sa vie. Il m'intéresse surtout parce que sa critique de son époque entre encore en résonnance aujourd'hui avec bien des aspects de la bonne société actuelle. Pour ce recueil, plusieurs auteurs se succèdent, entrecoupés de dessins inspirés de peintre du XIXe (et d'avant aussi semble-t-il). Si les références sont parfois clairement indiquées, j'ai noté d'autres sources d'inspiration qui ne le sont pas (comme Gaugin et ses tableaux de vahinés). Les nouvelles adaptent à chaque fois Maupassant, parfois au littéral (avec du texte trop envahissant à mon gout) et parfois en faisant une véritable BD qui parle plus par le dessin. A cet égard, les dernières du recueil sont celles qui m'ont le plus plu. Notamment parce qu'elles m'étaient aussi inconnues. Maupassant excelle dans sa peinture de mœurs, mais il est aussi surprenant pour son époque. Il n'est clairement pas féministe, qualificatif qu'il aurait rejeté sans frémir, mais sa vision de la femme est déjà bien libérée sur la question de la sexualité : il prône un droit au sexe pour les femmes et surtout une liberté de l'assumer. D'ailleurs les femmes sont loin d'être les dindons de la farce dans chaque nouvelle. Comme tout recueil, il y a du bon et du moins bons. Certaines nouvelles sont inutilement chargées de texte selon moi et l'une d'entre elle m'a gavé par l'utilisation d'une police manuscrite trop peu lisible. Je l'ai laissé tomber. Mais plusieurs autres m'ont rappelé des lectures et j'ai même plusieurs fois rigolé devant le propos parfois osé de Maupassant : les hussards qui ne reculent jamais ou cette brioche qu'il faut couper sont autant amusants que peinture d'une société. Maupassant est toujours acerbe envers la sienne, bien qu'il baigne totalement dedans. C'est divertissant, léger et tout de même un bel hommage à l'auteur qu'il fut. La BD ne se réserve pas aux seuls adorateurs de l'auteur mais saura trouver un public plus large.
Chroniques du temps de la vallée des Ghlomes
2.5 J'ai réussi à lire les deux premiers tomes et je n'ai pas envie de perdre mon temps à essayer de trouver la suite. C'est une série heroic-fantasy qui ne se prend pas trop au sérieux avec un peu de cul. Sur le papier, cela aurait pu donner une série sympathique parce que j'aime bien le duo d'auteurs, mais ici j'ai trouvé que le résultat était moyen. Déjà, l'humour m'a souvent semblé lourd, notamment avec toutes les ghlomettes qui montrent leurs culs en permanence. On retrouve la folie de ''Le Vagabond des Limbes'' que j'aime bien, sauf qu'ici cela marche moins bien. Dans les meilleurs albums du Vagabond, la folie avait tout de même une certaine logique et les scénarios des meilleurs albums étaient cohérents. Ici, j'ai eu l'impression qu'on passait du coq à l'âne trop souvent. On dirait plus une suite de sketchs, certaines scènes étant meilleures que d'autres. Mon principal problème est que le personnage principal est fade contrairement à Axel ou Musky. Il reste quelques bonnes idées et un dessin que j'aime bien, mais c'est peu pour rendre la série mémorable à mes yeux.
Trafalgar
Alors, que dire sur ce Trafalgar qui n'ait déjà été dit dans les précédents avis ? Pas grand chose en toute honnêteté, car, pour l'essentiel, je rejoins en grande partie tout ce qui a pu être dit sur ce nouvel album de la collection 'Les grandes batailles navales'. La patte de JY Delitte y est immédiatement reconnaissable, c'est une garantie de sérieux historique, comme d'habitude. Cet album ne fait aucunement exception, le petit dossier historique sous forme d'addendum à la suite vient d'ailleurs (très) rapidement apporter quelques éléments de contexte, toujours utiles, surtout pour celles et ceux qui ne connaissent pas spécialement cet épisode de l'histoire de l'Empire. L'ensemble est globalement sérieux, efficace, et bien ficelé, comme sur les quelques albums de cette collection que j'ai pu lire d'ailleurs. On pourra en dire à peu près autant du dessin de Béchu, même si ce dernier, bien que précis et méticuleux sur le soin apporté aux détails techniques (les navires sont reproduits avec une grande fidélité, me semble-t-il, même si je ne prétend aucunement être expert en la matière), son dessin donc, n'a rien de révolutionnaire, ne possède aucune caractéristique véritablement susceptible de marquer les esprits. La BD étant d'abord, on peut le penser, un art graphique, qui ne peut se limiter à une fonction purement pédagogique, ce dessin finalement assez neutre, probablement voulu comme tel, pourra être vu par certains comme le talon d'Achille de ce Trafalgar. On aurait pu espérer davantage de 'fougue'. L'autre point qui peut susciter quelques débats concerne la façon dont l'histoire nous est contée. Si le fait de faire une sorte de préambule qui ne pourra être véritablement compris qu'à la fin de la lecture est plutôt une bonne idée, on pourra cependant s'étonner des choix de narrateurs. Nous entrons en effet pas à pas dans un contexte, dans un évènement, en suivant l'évolution d'un jeune gabier qui, à l'image du lecteur, découvre un peu ce monde des navires de guerre, et, parallèlement à cela, grâce aux conversations entre différents gradés français ( Montalembert, Deniéport, etc) qui s'agacent de l'inaction imposée par l'amiral Villeneuve. (les auteurs ont choisi d'insister sur sa particule 'de' Villeneuve, ce qui peut surprendre, même s'il était effectivement noble, dans la mesure où la particule a souvent tendance à disparaître lorsque l'on donne un grade. Ici, l'amiral Villeneuve. Mais cela relève du détail...) Ces deux choix, et surtout le second, s'ils sont pertinents pour nous aider à 'entrer' dans cette histoire, nous éloignent paradoxalement de la bataille elle-même. Celle-ci se limite d'ailleurs à une double page (et encore) dans l'album. On ne nous dit rien de la brillante manoeuvre de Nelson qui se laissa volontairement 'barrer le T' (attaquer en colonne face à la ligne des bâtiments français), tactique hautement risquée, ni sur sa communication restée célèbre auprès de ses troupes (avec le message passé à tous ces hommes juste avant la bataille : 'England expects that every man will do his duty', célèbre aujourd'hui encore en Angleterre...), rien non plus sur les duels homériques entre le HMS Victory, face au Redoutable et au Bucentaure chez les français (cf les différents tableaux qui ont été faits sur ces affrontement, dont celui de Turner). Tout cela est réglé en quelques coups de crayons, sans que l'on ne voit bien, ni ne comprenne l'importance de l'exploit : gagner avec un flotte très inférieure à la flotte française, au moins en nombre. Au final, on a l'impression que l'on s'est beaucoup (trop ?) focalisé sur ce qui a précédé la bataille, sur certaines des raisons qui peuvent expliquer la déroute française, au détriment de ce qui pourtant devait constituer la 'pièce de résistance' de cet album, à savoir la bataille elle-même. C'est pour moi LE principal défaut de cet album, qui, du coup, laisse comme un goût d'inachevé. Raison pour laquelle je ne monte pas au dessus de 3/5. Bon, ben, finalement pour quelqu'un qui n'avait a priori pas grand chose à rajouter par rapport aux précédents commentaires....je me suis manifestement moi aussi laissé emporter par la houle.... ;-)
Hommes à la mer
Après la claque magistrale que fut Le Loup des Mers j'ai été intéressé par les différentes BD de Riff Reb's, et "Hommes à la mer" restait dans le thème marin que j'affectionne beaucoup suite au récits de Jack London notamment. J'ai été légèrement déçu de découvrir qu'il s'agissait de compilation de nouvelles illustrées, chacune d'une dizaines de pages seulement. Et lors de ma lecture, comme c'est souvent le cas dans des compilations BD, j'ai été plutôt déçu de la plupart d'entre elles. Il n'y en a guère que deux qui m'ont franchement plu dans leurs déroulés ou leur finalité, mais le reste m'a paru souvent très oubliable. C'est souvent ce qui m'embête dans des recueils de nouvelles en BD, qui sont assez rarement marquantes, contrairement à un recueil en livre. Peut-être parce que la BD s'inscrit plus dans une lecture sur de nombreuses pages, je ne sais pas trop. Cela dit je reconnais le talent dans le dessin, qui est du même niveau de ce que j'ai déjà vu de l'auteur. Là-dessus, rien à redire. En plus il ajoute quelques passages illustrés de livres d'auteurs, tous traitant de la mer aussi. C'est ce qui m'a le plus intéressé, parce qu'il y a là plusieurs styles et tons qui m'ont plu. Je vais sans doute aller en découvrir quelques uns par la suite ! Donc voila, une BD pas mauvaise mais qui a ses limites de par sa forme. Je suis clairement resté sur ma faim même cette retenue ne m'empêche pas d'en voir les qualités. Pour ma part, ça ne me refroidit pas de lire d'autres ouvrages de Riff Reb's, mais je trouve celui-là un cran en-dessous.