Andi Watson nous présente un jeune couple tout ce qu'il y a de plus classique : Rob et Louise vivent ensemble et travaillent au même endroit. Rob aime le foot et sortir boire des bières avec ses copains, Louise a envie de mariage et de bébé. Au-delà de cette constatation de base, toutes les situations qui vont être mises en scène au cours de la petite double centaine de pages que comporte cet album ne s'écartent jamais de ce classicisme : licenciement des deux, effondrement des volontés individuelles qui conduit à l'effondrement du couple, etc… On pourrait penser que ce serait pénible, pas intéressant et en deux mots "pas enivrant". Mais voilà, lorsqu'ils s'attaquent à une comédie dramatique, quand ils font dans l'étude des mœurs de leurs contemporains, les auteurs anglais ont ce petit supplément d'âme qui font de simples récits de jolies histoires.
Avec un dessin minimaliste à souhait et qui rappellera nombre d'auteurs plus connus du grand public, Watson ne s'attache aux détails que dans son récit. Il n'y a pas la place pour le deuxième plan qui change tout, le petit détail graphique qui a son importance. Non, ici ce sont les scènes elles-mêmes qui sont importantes, avec leur dimension de "petit rien qui change tout" qui parleront à tout lecteur à propos de la vie quotidienne d'un couple. Du reste pour appuyer ses transitions graphiques, Watson utilise des grandes planches très symboliques qui lui permettent de résumer un sentiment, une situation ou parfois même un moment.
A la fin du deuxième tiers de l'album, le rythme change soudainement et devient un brin chaotique, à l'image de la vie de Rob et Louise à ce moment là. C'est plutôt bien fichu, et même si on se doute franchement de là où veut nous emmener Watson, cela reste agréable à lire. Au final, une bonne BD, pas foncièrement révolutionnaire dans son propos ni dans son traitement mais où dessin et scénario s'accordent plutôt bien, avec des personnages humains et du quotidien qui évoqueront des échos en chaque lecteur.
Décidément, cette dictature Argentine aura fait beaucoup d'encre... et de sang...
Les auteurs comme les dessinateurs de BD argentins ont été "excessivement marqués" par cette période (Oesterheld, Breccia, Sasturain, Trillo, Mandrafina, Samapyo ou encore Munoz). Cette "influence regrettable" a été magnifiée par des oeuvres remarquables comme Perramus, l'Eternaute ou Buscavidas (dans une moindre mesure).
Aujourd'hui, elle conduit et propulse sur le devant de la scène une nouvelle génération d'auteurs comme Goldestein (première BD) ou de dessinateurs tel Feliciano Garcia (découvert par Munoz).
La tragédie et la poésie de ce roman véhiculent l'espoir d'une nouvelle génération d'argentins qui souhaitent tourner la page de cette dictature.
Paradoxalement, j'ai trouvé cette BD particulièrement mature pour une première collaboration entre deux "jeunes artistes".
Le dessin rebutera certain d'entre vous, mais je vous recommande de dépasser cela pour vous plonger dans ce poème tragique.
Toujours plus fort, toujours plus puissant, toujours plus vite... Le scénario des Méta-Barons tourne à l'éxagération de plus en plus. Autant les premiers tomes étaient très beaux, originaux, et munis d'un scénario agréable, autant à partir du tome 4 ou 5 , cela se dégrade pour devenir répétitif et sans cesse plus exagéré : à chaque nouveau tome, on est assuré que le méta-baron sera encore plus démesuré en puissance que son précédent, et ça en devient lassant, d'autant que l'histoire en elle-même n'apporte plus grand chose à la longue... Même le dessin de Gimenez, excellent au départ, se tarrit et devient un peu bâclé sur la fin...
Après lecture du dernier tome :
En ouvrant enfin ce dernier tome de la série, je me suis dit tout d'abord : "Ah ! tiens ? Pour une fois, voilà un tome qui se différencie des précédents au niveau de la trame de l'histoire."
En effet, la jeunesse et l'apprentissage de Sans-Nom y est décrite en 2 pages à peine, et puis ensuite on passe à une histoire enfin un peu originale. Mais très vite revient le côté ridiculement grandiloquent et presque comique de Jodorowsky. Exemple : l'ennemi (déjà je ne vous dis pas ce que c'est, mais j'étais plié de rire en apprenant ce qu'il était et son nom) est déjà gigantesque au départ, et puis boum, rendons-le plus méchant : hop, il devient aussi gros qu'une galaxie, et boum tout explose, etc etc... Bref, c'en est tellement exagéré que le scénario n'a plus aucune substance pour moi : on n'y croit plus, le méta-baron n'a aucune saveur car il se bat contre des choses auxquelles on ne croit pas et puis de toutes façons on s'en fiche...
Même la toute fin est sans grand interêt, d'autant que pour quelqu'un qui connait l'Incal, ou Les Technopères, la fin de la Caste des Méta-Barons semble incohérente avec ces autres histoires, de même qu'avec les tomes précédents de cette même série (l'Empire humain avec l'impéroratrice, les technos-technos, etc., a-t-il disparu lors des tomes précédents des Méta-Barons ou pas ? Je n'y comprend plus rien)
Bref, j'hésite entre mettre une note globale de 2/5 ou de 3/5 pour l'ensemble de la série. Mais je reste sur 3/5 car le dessin de Gimenez dans les premiers tomes est exceptionnel (contrairement à son dessin dans les derniers tomes que je trouve presque moche).
Effectivement, la référence aux Monthy Python n'est pas usurpée... du moins en ce qui concerne les intentions (caricature décalée, non-sens, chronologie historique déphasée... mais Larcenet manque de classe/finesse dans la chute).
Les premiers chapitres sont euphorisants (épisode Lord Greystoke et Pape Tuk) mais le gag s'essouffle au fur et à mesure de l'histoire pour devenir lassant.
Bref une lecture agréable mais sans plus...
Une gentille série d'humour Dupuis sans rien de particulier, scénarisée par l'un des papa du petit Spirou, et dessinée sans grande originalité par un Stuf soigneux et plutôt talentueux dans son genre.
Les histoires sont sympas, les chutes sont souvent drôles, l'idée de base est assez morbide...
Bref, une jolie série, qui passe parfaitement bien dans le journal Spirou mais encore une fois, sans grande surprise. Marrant...
En bouquins (marabout junior), "Bob Morane" a fait réver ma jeunesse. Les B.D. sans doute moins. L'abominable Mr. Ming et ses pouvoirs qui, au fil du temps, sont devenus surnaturels, revient régulièrement. Série inégale, mais qui ne se prend pas au sérieux, et dont les personnages, très typés, sont ausi manichéens... Sauf peut-être la nièce de l'ombre jaune, qui aide en secret B.M. Tous les albums ne sont pas à lire, mais certains font preuve d'une réelle invention.
Albert Weinberg, de l'école belge, est de la génération des Jacobs, Hubinon et Charlier. Le style des aventures est similaire. Série avec de grosses inégalités dans les scénarii, allant du simple pilote d'essai à la science-fiction la plus totale. ( "le maitre du soleil"). Se laisse lire sans être culte. Rien à voir avec le style des B.D. modernes. Un peu de nostalgie...Toutefois, il faut se rendre compte que les histoires sont parfois abracadabrantes, et en voulant se renouveler, A. Weinberg se perd parfois en frôlant l'irréaliste. Mais A. Weinberg est un des derniers "monstres" de le B.D., et en plus quelqu'un de très attachant.Même si tout n'est pas à conserver dans son oeuvre, Dan Cooper ne peut être passé sous silence.
Malgré le graphisme que je trouve parfois imprécis dans les personnages : visages, silhouettes et mouvements, j'ai bien accroché aux dessins, notamment grâce à la mise en couleurs style aquarelle, avec de très beaux rendus. Nous y suivons un professeur dans une Roumanie encore sous l'emprise du régime, lorsqu'il sort de 10 années d'emprisonnement pour un viol qu'il n'a pas commis, sur une étudiante dont il était fort épris. Il veut la retrouver, savoir pourquoi elle l'a piégé.
Politique et sentiments se mêlent, pour un récit tout en subtilité.
Pas un chef d'oeuvre, mais à lire.
Déjà, comme les autres livres de la collection, l'album en lui-même me fascine : grand format, couverture souple et noire avec une superbe illusutration, dessins noirs et blancs avec un superbe rendu.
Mais, contrairement aux autres Chabouté que je connais, celui-ci se révèle aussi passionant par son contenu. Autant l'avouer, sur tout ce que j'ai lu ce mois-ci, c'est là que j'ai le plus pris mon panard.
Le personnage principal est immonde, un fonctionnaire plus que caricatural du raciste, mysogine, et enfoiré de la pire espèce. C'est bien simple, on a envie de le tuer dès la deuxième page. Et là où ce "Pleine Lune" devient un délice, c'est qu'il contient les pires crasses que l'on puisse imaginer, et cela lui arrive, tout en s'enchaînant. Et c'est vraiment jubilatoire.
J'aime beaucoup les traits qui travaillent beaucoup avec les ombres, et la narration jouissive, on sent que l'auteur s'est éclaté en réalisant cet album.
Cependant, petit bémol,je resterai peut-être réservé sur l'achat tout de même, car pour le prix de 18 euros, cela se lit assez vite, et aussi bon que soit le moment qu'il nous fait passer, il ne reste pas impérissable.
A lire en tous les cas.
Un très bon album qui se permet, cerise sur le gateau, une petite révélation finale surprenante.
Avec cette mimolette (N.d. Modo : Ciboulette, banane !), Duffour semble hésiter entre l'absurde et la physique quantique ou entre le délirant et la critique humaine : il y a beaucoup à dire… Avec son dessin simple mais qui fait mouche, Duffour entraîne son lecteur dans un récit dont le tempo va crescendo : parti calmement et de façon conventionnelle, il va peu à peu atteindre des sommets d'agitation et de frénésie rythmique. Au delà de cette vertigineuse ascension qui s'accompagne de personnages et de situations de plus en plus inattendus, on se demande quand même si cela était vraiment nécessaire et surtout : où va t-on ? Car le lecteur s'enfonce de plus en plus profondément dans la lecture des 7 vies du dévoreur d'ombres et ignore jusqu'où cela va le mener. Aussi quand la dernière planche intervient, il se retrouve un peu perplexe, peut-être même déçu ? Ce fut mon cas, et cela m'a laissé une impression mitigée sur cet album.
Car il y a d'évidentes qualités qui rendent la lecture de cette BD vraiment divertissante, joyeuse et même parfois succulente. Le dessin tout d'abord : il s'agit d'un noir et blanc fin, sans fioritures mais très efficace. Les personnages ensuite : tous plein de défauts, de véritables hommes avec leurs travers ou des figures symboliques. Bêtes, dieux, démons, humains et animaux (mythologiques ou non) cohabitent joyeusement dans ce feu d'artifice de non-sens et de théories quantiques que n'aurait certainement pas renié un Marc-Antoine Mathieu. Certaines planches de Duffour sont en effet vraiment réussies, autant par leur dynamisme graphique que par leur interprétation (mythologique, culturelle, religieuse…). La construction sous forme de 7 sous-histoires se suivant et mettant en scène des univers différents (mais complémentaires) qui reprennent les mêmes personnages participent à ce sentiment de rythme effréné. La fin abrupte n'en est que plus étrange…
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Breakfast after noon
Andi Watson nous présente un jeune couple tout ce qu'il y a de plus classique : Rob et Louise vivent ensemble et travaillent au même endroit. Rob aime le foot et sortir boire des bières avec ses copains, Louise a envie de mariage et de bébé. Au-delà de cette constatation de base, toutes les situations qui vont être mises en scène au cours de la petite double centaine de pages que comporte cet album ne s'écartent jamais de ce classicisme : licenciement des deux, effondrement des volontés individuelles qui conduit à l'effondrement du couple, etc… On pourrait penser que ce serait pénible, pas intéressant et en deux mots "pas enivrant". Mais voilà, lorsqu'ils s'attaquent à une comédie dramatique, quand ils font dans l'étude des mœurs de leurs contemporains, les auteurs anglais ont ce petit supplément d'âme qui font de simples récits de jolies histoires. Avec un dessin minimaliste à souhait et qui rappellera nombre d'auteurs plus connus du grand public, Watson ne s'attache aux détails que dans son récit. Il n'y a pas la place pour le deuxième plan qui change tout, le petit détail graphique qui a son importance. Non, ici ce sont les scènes elles-mêmes qui sont importantes, avec leur dimension de "petit rien qui change tout" qui parleront à tout lecteur à propos de la vie quotidienne d'un couple. Du reste pour appuyer ses transitions graphiques, Watson utilise des grandes planches très symboliques qui lui permettent de résumer un sentiment, une situation ou parfois même un moment. A la fin du deuxième tiers de l'album, le rythme change soudainement et devient un brin chaotique, à l'image de la vie de Rob et Louise à ce moment là. C'est plutôt bien fichu, et même si on se doute franchement de là où veut nous emmener Watson, cela reste agréable à lire. Au final, une bonne BD, pas foncièrement révolutionnaire dans son propos ni dans son traitement mais où dessin et scénario s'accordent plutôt bien, avec des personnages humains et du quotidien qui évoqueront des échos en chaque lecteur.
Taca Tac
Décidément, cette dictature Argentine aura fait beaucoup d'encre... et de sang... Les auteurs comme les dessinateurs de BD argentins ont été "excessivement marqués" par cette période (Oesterheld, Breccia, Sasturain, Trillo, Mandrafina, Samapyo ou encore Munoz). Cette "influence regrettable" a été magnifiée par des oeuvres remarquables comme Perramus, l'Eternaute ou Buscavidas (dans une moindre mesure). Aujourd'hui, elle conduit et propulse sur le devant de la scène une nouvelle génération d'auteurs comme Goldestein (première BD) ou de dessinateurs tel Feliciano Garcia (découvert par Munoz). La tragédie et la poésie de ce roman véhiculent l'espoir d'une nouvelle génération d'argentins qui souhaitent tourner la page de cette dictature. Paradoxalement, j'ai trouvé cette BD particulièrement mature pour une première collaboration entre deux "jeunes artistes". Le dessin rebutera certain d'entre vous, mais je vous recommande de dépasser cela pour vous plonger dans ce poème tragique.
La Caste des Méta-barons
Toujours plus fort, toujours plus puissant, toujours plus vite... Le scénario des Méta-Barons tourne à l'éxagération de plus en plus. Autant les premiers tomes étaient très beaux, originaux, et munis d'un scénario agréable, autant à partir du tome 4 ou 5 , cela se dégrade pour devenir répétitif et sans cesse plus exagéré : à chaque nouveau tome, on est assuré que le méta-baron sera encore plus démesuré en puissance que son précédent, et ça en devient lassant, d'autant que l'histoire en elle-même n'apporte plus grand chose à la longue... Même le dessin de Gimenez, excellent au départ, se tarrit et devient un peu bâclé sur la fin... Après lecture du dernier tome : En ouvrant enfin ce dernier tome de la série, je me suis dit tout d'abord : "Ah ! tiens ? Pour une fois, voilà un tome qui se différencie des précédents au niveau de la trame de l'histoire." En effet, la jeunesse et l'apprentissage de Sans-Nom y est décrite en 2 pages à peine, et puis ensuite on passe à une histoire enfin un peu originale. Mais très vite revient le côté ridiculement grandiloquent et presque comique de Jodorowsky. Exemple : l'ennemi (déjà je ne vous dis pas ce que c'est, mais j'étais plié de rire en apprenant ce qu'il était et son nom) est déjà gigantesque au départ, et puis boum, rendons-le plus méchant : hop, il devient aussi gros qu'une galaxie, et boum tout explose, etc etc... Bref, c'en est tellement exagéré que le scénario n'a plus aucune substance pour moi : on n'y croit plus, le méta-baron n'a aucune saveur car il se bat contre des choses auxquelles on ne croit pas et puis de toutes façons on s'en fiche... Même la toute fin est sans grand interêt, d'autant que pour quelqu'un qui connait l'Incal, ou Les Technopères, la fin de la Caste des Méta-Barons semble incohérente avec ces autres histoires, de même qu'avec les tomes précédents de cette même série (l'Empire humain avec l'impéroratrice, les technos-technos, etc., a-t-il disparu lors des tomes précédents des Méta-Barons ou pas ? Je n'y comprend plus rien) Bref, j'hésite entre mettre une note globale de 2/5 ou de 3/5 pour l'ensemble de la série. Mais je reste sur 3/5 car le dessin de Gimenez dans les premiers tomes est exceptionnel (contrairement à son dessin dans les derniers tomes que je trouve presque moche).
La Légende de Robin des Bois
Effectivement, la référence aux Monthy Python n'est pas usurpée... du moins en ce qui concerne les intentions (caricature décalée, non-sens, chronologie historique déphasée... mais Larcenet manque de classe/finesse dans la chute). Les premiers chapitres sont euphorisants (épisode Lord Greystoke et Pape Tuk) mais le gag s'essouffle au fur et à mesure de l'histoire pour devenir lassant. Bref une lecture agréable mais sans plus...
Passe-moi l'ciel
Une gentille série d'humour Dupuis sans rien de particulier, scénarisée par l'un des papa du petit Spirou, et dessinée sans grande originalité par un Stuf soigneux et plutôt talentueux dans son genre. Les histoires sont sympas, les chutes sont souvent drôles, l'idée de base est assez morbide... Bref, une jolie série, qui passe parfaitement bien dans le journal Spirou mais encore une fois, sans grande surprise. Marrant...
Bob Morane
En bouquins (marabout junior), "Bob Morane" a fait réver ma jeunesse. Les B.D. sans doute moins. L'abominable Mr. Ming et ses pouvoirs qui, au fil du temps, sont devenus surnaturels, revient régulièrement. Série inégale, mais qui ne se prend pas au sérieux, et dont les personnages, très typés, sont ausi manichéens... Sauf peut-être la nièce de l'ombre jaune, qui aide en secret B.M. Tous les albums ne sont pas à lire, mais certains font preuve d'une réelle invention.
Dan Cooper
Albert Weinberg, de l'école belge, est de la génération des Jacobs, Hubinon et Charlier. Le style des aventures est similaire. Série avec de grosses inégalités dans les scénarii, allant du simple pilote d'essai à la science-fiction la plus totale. ( "le maitre du soleil"). Se laisse lire sans être culte. Rien à voir avec le style des B.D. modernes. Un peu de nostalgie...Toutefois, il faut se rendre compte que les histoires sont parfois abracadabrantes, et en voulant se renouveler, A. Weinberg se perd parfois en frôlant l'irréaliste. Mais A. Weinberg est un des derniers "monstres" de le B.D., et en plus quelqu'un de très attachant.Même si tout n'est pas à conserver dans son oeuvre, Dan Cooper ne peut être passé sous silence.
La Fille aux Ibis
Malgré le graphisme que je trouve parfois imprécis dans les personnages : visages, silhouettes et mouvements, j'ai bien accroché aux dessins, notamment grâce à la mise en couleurs style aquarelle, avec de très beaux rendus. Nous y suivons un professeur dans une Roumanie encore sous l'emprise du régime, lorsqu'il sort de 10 années d'emprisonnement pour un viol qu'il n'a pas commis, sur une étudiante dont il était fort épris. Il veut la retrouver, savoir pourquoi elle l'a piégé. Politique et sentiments se mêlent, pour un récit tout en subtilité. Pas un chef d'oeuvre, mais à lire.
Pleine lune
Déjà, comme les autres livres de la collection, l'album en lui-même me fascine : grand format, couverture souple et noire avec une superbe illusutration, dessins noirs et blancs avec un superbe rendu. Mais, contrairement aux autres Chabouté que je connais, celui-ci se révèle aussi passionant par son contenu. Autant l'avouer, sur tout ce que j'ai lu ce mois-ci, c'est là que j'ai le plus pris mon panard. Le personnage principal est immonde, un fonctionnaire plus que caricatural du raciste, mysogine, et enfoiré de la pire espèce. C'est bien simple, on a envie de le tuer dès la deuxième page. Et là où ce "Pleine Lune" devient un délice, c'est qu'il contient les pires crasses que l'on puisse imaginer, et cela lui arrive, tout en s'enchaînant. Et c'est vraiment jubilatoire. J'aime beaucoup les traits qui travaillent beaucoup avec les ombres, et la narration jouissive, on sent que l'auteur s'est éclaté en réalisant cet album. Cependant, petit bémol,je resterai peut-être réservé sur l'achat tout de même, car pour le prix de 18 euros, cela se lit assez vite, et aussi bon que soit le moment qu'il nous fait passer, il ne reste pas impérissable. A lire en tous les cas. Un très bon album qui se permet, cerise sur le gateau, une petite révélation finale surprenante.
Les 7 vies du dévoreur d'ombres
Avec cette mimolette (N.d. Modo : Ciboulette, banane !), Duffour semble hésiter entre l'absurde et la physique quantique ou entre le délirant et la critique humaine : il y a beaucoup à dire… Avec son dessin simple mais qui fait mouche, Duffour entraîne son lecteur dans un récit dont le tempo va crescendo : parti calmement et de façon conventionnelle, il va peu à peu atteindre des sommets d'agitation et de frénésie rythmique. Au delà de cette vertigineuse ascension qui s'accompagne de personnages et de situations de plus en plus inattendus, on se demande quand même si cela était vraiment nécessaire et surtout : où va t-on ? Car le lecteur s'enfonce de plus en plus profondément dans la lecture des 7 vies du dévoreur d'ombres et ignore jusqu'où cela va le mener. Aussi quand la dernière planche intervient, il se retrouve un peu perplexe, peut-être même déçu ? Ce fut mon cas, et cela m'a laissé une impression mitigée sur cet album. Car il y a d'évidentes qualités qui rendent la lecture de cette BD vraiment divertissante, joyeuse et même parfois succulente. Le dessin tout d'abord : il s'agit d'un noir et blanc fin, sans fioritures mais très efficace. Les personnages ensuite : tous plein de défauts, de véritables hommes avec leurs travers ou des figures symboliques. Bêtes, dieux, démons, humains et animaux (mythologiques ou non) cohabitent joyeusement dans ce feu d'artifice de non-sens et de théories quantiques que n'aurait certainement pas renié un Marc-Antoine Mathieu. Certaines planches de Duffour sont en effet vraiment réussies, autant par leur dynamisme graphique que par leur interprétation (mythologique, culturelle, religieuse…). La construction sous forme de 7 sous-histoires se suivant et mettant en scène des univers différents (mais complémentaires) qui reprennent les mêmes personnages participent à ce sentiment de rythme effréné. La fin abrupte n'en est que plus étrange…