BD intimiste au possible, sur la grave maladie du narrateur-auteur nécessitant de toute urgence une hospitalisation et une greffe de moelle osseuse.
Il s'agit d'un témoignage rigoureux, dur, glauque et impressionnant ici, positif là, sur les mois de traitement, la vie à l'hôpital, l'évolution du moral au gré des annonces plus ou moins heureuses des médecins, abordant également l'influence de la maladie sur son couple, sa vie de famille.
Les événements se déroulent entre 2020 et aujourd'hui, avec donc un regard original sur la crise du Covid impactant fortement le protocole sanitaire mis en place.
Ce roman graphique a le point faible de toutes ces BD "témoignages" : cela décrit une dure réalité qui laisse un peu son lecteur sur le côté à force d'égocentrisme ; mais il a pour lui une ambition graphique indéniable et une belle rigueur descriptive. On compatit et on apprécie le travail, mais l'on ne s'extasie regrettablement pas et l'on s'implique fort peu.
Dirty Rose, c'est un personnage : une femme marginale d'un âge certain qui vit dans sa caravane crados d'un petit village paumé du Wyoming. Marquée par la vie, elle a usé et abusé des hommes, de l'alcool, elle a fait tous les excès. Cette histoire semble inspirée par une personne ayant réellement existé.
Pour notre fiction, un jeune flic sera envoyé l'interroger à propos d'un conflit de voisinage. Sacré bizutage tellement il va être bien reçu. Cette introduction permet de faire les présentations et lance le récit. On comprend vite que personne dans le coin n'aime la vieille dame. Mais notre jeune bleu va refuser les stéréotypes et la vérité toute faite servie par les locaux qui ont tous une dent contre elle. Il va chercher à creuser pour connaitre le vrai du faux, et sa ligne de conduite restera exemplaire : vérité, justice et équités sont ses motivations.
Cela va permettre de dresser le portait de cette femme originale. Eprouvée par la vie qu'elle a menée, elle est forte et ne se laisse pas faire. Elle a également ses petits secrets qu'on va découvrir au fil de l'intrigue. Ca rythme le récit, mais peut être pas suffisamment, il y a quelques petites longueurs et au final il n'y aura pas de découvertes bien originales. L'ambiance de ce village de campagne du fond des USA est elle bien rendue. Le dessin est un peu inégal, autant les décors et les couleurs nous plonge dans le Wyoming, autant les personnages, leur proportions et les perspectives laissent parfois à désirer.
Tout ça donne une chronique sociale, teintée polar ascendant western, pas mal mais pas inoubliable.
J'étais tombé sous le charme de l'oeuvre de Joris Mertens avec Nettoyage à sec, et je le retrouve ici dans un domaine très similaire même si j'ai un petit peu moins apprécié cet album là.
Sa force : son superbe graphisme et son excellence à représenter la ville (très inspirée de Paris) des années 70-80. Je me plonge dans ses panoramas emplis de détails, de couleurs, de lumière et d'ambiance. Le récit est parfaitement muet mais cela me convient très bien tant j'ai plaisir à suivre l'héroïne dans ces rues bondées, dans une atmosphère d'un autre temps emplie de nostalgie et de beauté du quotidien urbain.
L'histoire quant à elle m'est parue moins prenante et originale que celle de Nettoyage à sec. Elle se résume relativement facilement, et joue la carte d'un fantastique un peu merveilleux qui ne se laisse pas complètement capter. Ce passage au merveilleux m'a moins convaincu d'une part parce que j'apprécie moins le graphisme à ce moment là (la couleur sublime bien davantage le dessin de Joris Mertens que le noir et blanc) et aussi parce que ça ressemble à un rêve un peu facile qui mène à une conclusion qui m'a laissé relativement froid. Je n'ai pas su être touché par ce passage là, alors que les simples déambulations urbaines du reste de l'album avaient su plus simplement m'emporter.
Un homme, divorcé et un peu paumé, reçoit des nouvelles de son fils adulte qui refusait de le voir depuis des années... et c'est pour apprendre qu'il a été tué dans une prison bolivienne au sein de laquelle il s'était fait emprisonner pour enquêter sur son fonctionnement interne. Bouleversé, le père plaque tout pour se rendre en Bolivie et tenter à son tour de se faire interner dans cette fameuse prison et essayer autant de venger son fils que de mieux le comprendre.
Cette BD commence fort avec un coup de poing au ventre d'un père. Face à une telle situation, on le voit se focaliser sur une idée folle et désespérée, sa vie n'ayant dès lors plus aucune autre raison d'être que d'essayer de suivre les traces de son fils disparu et de venger sa mort. C'est aussi l'occasion de découvrir une prison très surprenante qui existe vraiment, celle de San Pedro à La Paz. Sa particularité, c'est une petit quartier de ville à ciel ouvert où les prisonniers se gèrent eux-mêmes, élisant des chefs de section, et où les familles et même les touristes sont autorisés. Elle possède sa propre économie interne, ses propres relations de pouvoirs, et un mode de vie bien particulier.
C'est intéressant de découvrir ça tout en suivant le parcours obstiné et vengeur d'un type plutôt normal.
L'ennui, c'est que l'impact des premières pages s'étiole tandis que l'intrigue rencontre un gros ventre mou une fois le héros vraiment installé dans la prison. On finit par avoir du mal à suivre son cheminement de pensée, à bien comprendre ce que deviennent ses motivations et pourquoi il se comporte comme il le fait, en particulier avec celui qui devrait être sa cible. Les enjeux qu'on croyait assez clairs s'embrouillent et le scénario patauge. Même les ficelles de la société dans cette prison deviennent difficiles à comprendre, comme notamment comment un chef de section inconstant, violent et à moitié idiot, qui fait régner sa loi à coups de meurtres et de menaces, peut plaire autant aux électeurs qui le subissent, sans qu'ils aient envie de voter pour n'importe qui d'autre pour s'en débarrasser puisque visiblement il n'a pas moyen de les contraindre par la peur ou autre à voter pour lui.
De fait, je n'ai pas trop aimé le dernier tiers de l'album qui m'a paru un peu brouillon et moins convaincant et fort que le début.
Globalement, je suis comme ThePatrick, je suis passé à côté de la BD. La première histoire m'a intéressée, son aspect conte décalé m'a beaucoup plu. Et puis les autres histoires sont arrivées, avec des hauts et des bas. Il y a plusieurs fois où je n'ai authentiquement pas compris le propos développé par Moreau. Je voyais bien l'histoire et sa morale, mais je n'ai pas saisi ce que je devais en tirer.
La dernière histoire m'a plus intéressée, mais je dois dire que son final était visible de très loin, à mon gout. Je pense que je vois et comprend le message final, j'ai plus de mal à voir le lien avec le reste. La question de la singularité de chacun, à mettre en parallèle avec le comportement humain qui se coupe d'une nature ? J'ai l'impression que c'est ça, mais j'ai le sentiment vague d'extrapoler à outrance la BD parce que je n'ai pas compris rapidement son propos.
Une petite déception donc, le dessin est joli et agréable, l'objet très beau, mais l'ensemble m'a paru un peu vain à la lecture. Si j'ai bien compris la grille de lecture de l'ensemble, alors je trouve que la BD ne parvient pas à faire réellement ressentir le message. Mais il est bien plus possible que je sois passé à côté, n'ai pas réellement compris ce qu'il fallait en tirer et en ce cas, mon avis est simplement que c'est joli et que ça plaira à d'autres.
Un one-shot correct, mais sans plus.
On est dans du shonen très formaté avec des personnages et des situations qu'on a déjà vu. Il y a une touché écologique qui est très actuel et qui donne des moments sérieux, mais malgré tout cela reste très ciblé pour le public adolescent masculin alors on va surtout avoir droit à des combats.
Ça se laisse lire et je pense que les ados vont aimer, mais un lecteur adulte qui a déjà lu des centaines de mangas va être un peu blasé de toujours voir les mêmes clichés (ah le héros qui découvre qu'un perso est une fille en lui pelotant les seins par accident...). Le dessin est efficace et est clairement le point fort de cet one-shot.
Je serais moins enthousiaste que les autres posteurs.
C'est encore une histoire d'humains attaqué par un prédateur très intelligent qui est aussi très résistant vu ce que le tigre reçoit comme balles durant ses deux tomes. L'intrigue est efficace si on est fan de ce genre de récit, mais il souffre du défaut principal que je retrouve souvent dans ce type de récit où les personnages meurent les uns après les autres et tout le monde peut mourir.
En gros, je n'ai trouvé aucun personnage attachants et du coup ben je m'en fiche s'ils meurent ou non. Je n'ai donc ressenti aucun tension durant ma lecture et à la limite je pense que j'aurais bien aimé voir le tigre tuer tout le monde. Le dessin est certes beau, mais ça ne suffit pas pour rendre une série mémorable.
Je ne me suis pas ennuyé durant la lecture de ses deux tomes, mais ça ne m'a pas trop marqué.
Un album qui ne renouvelle pas le genre, mais qui se laisse lire.
Je me retrouve dans les avis de Mac Arthur et de bamiléké. Le scénario est un peu trop stéréotypé, en particulier le duo des Bertille composé d'un commissaire un peu bourru et d'une femme libérée aristocrate. J'ai eu l'impression d'avoir déjà vu les scènes où ils interagissent dans n'importe quelle œuvre de fiction mettant en vedette un duo improbable. Le scénario est efficace, alors ça se lit tout de même assez bien, mais l'accumulation de clichés fait en sorte que je n'ai pas trouvé cela captivant.
Le seul truc original et qui m'a passionné est tout ce qui tourne autour de cette mystérieuse boule rouge...mais comme cette intrigue se finit un peu en queue de poisson, cet aspect du scénario se révèle au final décevant.
Je ne connaissais pas ce récit de Poe. Je ne sais pas ce que Morvan a dû modifier/élaguer pour cette adaptation en BD. Et je dois dire que, si ça se laisse lire, ça ne m’a pas captivé plus que ça.
Le dessin est correct, mais les décors sont un peu sacrifiés, et les personnages sont un peu rigides, statiques. Il faut dire qu’on a droit à une enquête « immobile », de Dupin, qui raisonne et résout l’énigme d’un meurtre par un enchainement de déductions de chez lui, en épluchant la presse, le tout en commentant ce raisonnement à son ami (c’est d’ailleurs parfois très verbeux – en plus il faut se farcir quelques articles de presse).
On a donc là une sorte de Sherlock Holmes essayant de convaincre son Watson de la pertinence de ses idées, de la force de son esprit. Les amateurs d’Agatha Christie, et en particulier d’Hercule Poirot, y trouveront sans doute leur compte.
Mais j’ai suivi cette enquête sans réelle passion.
Note réelle 2,5/5.
Avant tout, je me dois de préciser que j'ai lu cet album dans la version limitée et grand format avec une couverture que je trouve très en deçà de la couverture de l'édition classique, une des plus belles couvertures qui m'ait été donné de voir sur cette série, sublime couverture heureusement reprise dans le cahier graphique de l'édition limitée.
Je connaissais Fred Duval notamment avec sa série Carmen Mc Callum mais aussi sa série assez méconnue et sous estimée Nico. Quant à Corentin Rouge, je l'avais découvert très récemment avec Sangoma - Les Damnés de Cape Town que j'avais lu aussi en grand format et noir et blanc, ce qui mettait en lumière son formidable dessin.
Avec cette nouvelle aventure,qui se situe tout de même , au niveau scénaristique, bien au delà de la série mère telle qu'elle est reprise actuellement, les auteurs signent un très bon album .Mais avec "Adieu Aaricia", Robin Recht avait placé la barre très haute avec cet album d'une qualité graphique et scénaristique incroyable. Je dois dire que cet album se situe tout de même un peu en deçà de Thorgal Saga - Adieu Aaricia, qui avec le temps va s'affirmer comme un summum de la série Thorgal.
Le dessin de Corentin Rouge ne souffre presque d'aucun reproche, sauf peut-être d'un manque de détails dans les arrières plans des cases (souvent vides) et le scénario repose sur les canons thorgaliens que nous connaissons depuis des années (une épreuve que Thorgal doit subir pour sauver un de ses proches, avec l'intervention de dieux ou déesse ), bref sur une intrigue un peu plus classique que celle développée par Robin Recht.
Au final, un album très réussi, qui se démarque de la reprise de la série mère, mais que j'ai trouvé plus faible que la version présentée par Robin Recht.
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Sang neuf
BD intimiste au possible, sur la grave maladie du narrateur-auteur nécessitant de toute urgence une hospitalisation et une greffe de moelle osseuse. Il s'agit d'un témoignage rigoureux, dur, glauque et impressionnant ici, positif là, sur les mois de traitement, la vie à l'hôpital, l'évolution du moral au gré des annonces plus ou moins heureuses des médecins, abordant également l'influence de la maladie sur son couple, sa vie de famille. Les événements se déroulent entre 2020 et aujourd'hui, avec donc un regard original sur la crise du Covid impactant fortement le protocole sanitaire mis en place. Ce roman graphique a le point faible de toutes ces BD "témoignages" : cela décrit une dure réalité qui laisse un peu son lecteur sur le côté à force d'égocentrisme ; mais il a pour lui une ambition graphique indéniable et une belle rigueur descriptive. On compatit et on apprécie le travail, mais l'on ne s'extasie regrettablement pas et l'on s'implique fort peu.
Dirty Rose
Dirty Rose, c'est un personnage : une femme marginale d'un âge certain qui vit dans sa caravane crados d'un petit village paumé du Wyoming. Marquée par la vie, elle a usé et abusé des hommes, de l'alcool, elle a fait tous les excès. Cette histoire semble inspirée par une personne ayant réellement existé. Pour notre fiction, un jeune flic sera envoyé l'interroger à propos d'un conflit de voisinage. Sacré bizutage tellement il va être bien reçu. Cette introduction permet de faire les présentations et lance le récit. On comprend vite que personne dans le coin n'aime la vieille dame. Mais notre jeune bleu va refuser les stéréotypes et la vérité toute faite servie par les locaux qui ont tous une dent contre elle. Il va chercher à creuser pour connaitre le vrai du faux, et sa ligne de conduite restera exemplaire : vérité, justice et équités sont ses motivations. Cela va permettre de dresser le portait de cette femme originale. Eprouvée par la vie qu'elle a menée, elle est forte et ne se laisse pas faire. Elle a également ses petits secrets qu'on va découvrir au fil de l'intrigue. Ca rythme le récit, mais peut être pas suffisamment, il y a quelques petites longueurs et au final il n'y aura pas de découvertes bien originales. L'ambiance de ce village de campagne du fond des USA est elle bien rendue. Le dessin est un peu inégal, autant les décors et les couleurs nous plonge dans le Wyoming, autant les personnages, leur proportions et les perspectives laissent parfois à désirer. Tout ça donne une chronique sociale, teintée polar ascendant western, pas mal mais pas inoubliable.
Béatrice (Mertens)
J'étais tombé sous le charme de l'oeuvre de Joris Mertens avec Nettoyage à sec, et je le retrouve ici dans un domaine très similaire même si j'ai un petit peu moins apprécié cet album là. Sa force : son superbe graphisme et son excellence à représenter la ville (très inspirée de Paris) des années 70-80. Je me plonge dans ses panoramas emplis de détails, de couleurs, de lumière et d'ambiance. Le récit est parfaitement muet mais cela me convient très bien tant j'ai plaisir à suivre l'héroïne dans ces rues bondées, dans une atmosphère d'un autre temps emplie de nostalgie et de beauté du quotidien urbain. L'histoire quant à elle m'est parue moins prenante et originale que celle de Nettoyage à sec. Elle se résume relativement facilement, et joue la carte d'un fantastique un peu merveilleux qui ne se laisse pas complètement capter. Ce passage au merveilleux m'a moins convaincu d'une part parce que j'apprécie moins le graphisme à ce moment là (la couleur sublime bien davantage le dessin de Joris Mertens que le noir et blanc) et aussi parce que ça ressemble à un rêve un peu facile qui mène à une conclusion qui m'a laissé relativement froid. Je n'ai pas su être touché par ce passage là, alors que les simples déambulations urbaines du reste de l'album avaient su plus simplement m'emporter.
Au nom du fils - Dans l'enfer de la prison de San Pedro
Un homme, divorcé et un peu paumé, reçoit des nouvelles de son fils adulte qui refusait de le voir depuis des années... et c'est pour apprendre qu'il a été tué dans une prison bolivienne au sein de laquelle il s'était fait emprisonner pour enquêter sur son fonctionnement interne. Bouleversé, le père plaque tout pour se rendre en Bolivie et tenter à son tour de se faire interner dans cette fameuse prison et essayer autant de venger son fils que de mieux le comprendre. Cette BD commence fort avec un coup de poing au ventre d'un père. Face à une telle situation, on le voit se focaliser sur une idée folle et désespérée, sa vie n'ayant dès lors plus aucune autre raison d'être que d'essayer de suivre les traces de son fils disparu et de venger sa mort. C'est aussi l'occasion de découvrir une prison très surprenante qui existe vraiment, celle de San Pedro à La Paz. Sa particularité, c'est une petit quartier de ville à ciel ouvert où les prisonniers se gèrent eux-mêmes, élisant des chefs de section, et où les familles et même les touristes sont autorisés. Elle possède sa propre économie interne, ses propres relations de pouvoirs, et un mode de vie bien particulier. C'est intéressant de découvrir ça tout en suivant le parcours obstiné et vengeur d'un type plutôt normal. L'ennui, c'est que l'impact des premières pages s'étiole tandis que l'intrigue rencontre un gros ventre mou une fois le héros vraiment installé dans la prison. On finit par avoir du mal à suivre son cheminement de pensée, à bien comprendre ce que deviennent ses motivations et pourquoi il se comporte comme il le fait, en particulier avec celui qui devrait être sa cible. Les enjeux qu'on croyait assez clairs s'embrouillent et le scénario patauge. Même les ficelles de la société dans cette prison deviennent difficiles à comprendre, comme notamment comment un chef de section inconstant, violent et à moitié idiot, qui fait régner sa loi à coups de meurtres et de menaces, peut plaire autant aux électeurs qui le subissent, sans qu'ils aient envie de voter pour n'importe qui d'autre pour s'en débarrasser puisque visiblement il n'a pas moyen de les contraindre par la peur ou autre à voter pour lui. De fait, je n'ai pas trop aimé le dernier tiers de l'album qui m'a paru un peu brouillon et moins convaincant et fort que le début.
Le Discours de la panthère
Globalement, je suis comme ThePatrick, je suis passé à côté de la BD. La première histoire m'a intéressée, son aspect conte décalé m'a beaucoup plu. Et puis les autres histoires sont arrivées, avec des hauts et des bas. Il y a plusieurs fois où je n'ai authentiquement pas compris le propos développé par Moreau. Je voyais bien l'histoire et sa morale, mais je n'ai pas saisi ce que je devais en tirer. La dernière histoire m'a plus intéressée, mais je dois dire que son final était visible de très loin, à mon gout. Je pense que je vois et comprend le message final, j'ai plus de mal à voir le lien avec le reste. La question de la singularité de chacun, à mettre en parallèle avec le comportement humain qui se coupe d'une nature ? J'ai l'impression que c'est ça, mais j'ai le sentiment vague d'extrapoler à outrance la BD parce que je n'ai pas compris rapidement son propos. Une petite déception donc, le dessin est joli et agréable, l'objet très beau, mais l'ensemble m'a paru un peu vain à la lecture. Si j'ai bien compris la grille de lecture de l'ensemble, alors je trouve que la BD ne parvient pas à faire réellement ressentir le message. Mais il est bien plus possible que je sois passé à côté, n'ai pas réellement compris ce qu'il fallait en tirer et en ce cas, mon avis est simplement que c'est joli et que ça plaira à d'autres.
Sahara - Le Samourai aux fleurs
Un one-shot correct, mais sans plus. On est dans du shonen très formaté avec des personnages et des situations qu'on a déjà vu. Il y a une touché écologique qui est très actuel et qui donne des moments sérieux, mais malgré tout cela reste très ciblé pour le public adolescent masculin alors on va surtout avoir droit à des combats. Ça se laisse lire et je pense que les ados vont aimer, mais un lecteur adulte qui a déjà lu des centaines de mangas va être un peu blasé de toujours voir les mêmes clichés (ah le héros qui découvre qu'un perso est une fille en lui pelotant les seins par accident...). Le dessin est efficace et est clairement le point fort de cet one-shot.
Féroce (Muro Harriet)
Je serais moins enthousiaste que les autres posteurs. C'est encore une histoire d'humains attaqué par un prédateur très intelligent qui est aussi très résistant vu ce que le tigre reçoit comme balles durant ses deux tomes. L'intrigue est efficace si on est fan de ce genre de récit, mais il souffre du défaut principal que je retrouve souvent dans ce type de récit où les personnages meurent les uns après les autres et tout le monde peut mourir. En gros, je n'ai trouvé aucun personnage attachants et du coup ben je m'en fiche s'ils meurent ou non. Je n'ai donc ressenti aucun tension durant ma lecture et à la limite je pense que j'aurais bien aimé voir le tigre tuer tout le monde. Le dessin est certes beau, mais ça ne suffit pas pour rendre une série mémorable. Je ne me suis pas ennuyé durant la lecture de ses deux tomes, mais ça ne m'a pas trop marqué.
Bertille & Bertille
Un album qui ne renouvelle pas le genre, mais qui se laisse lire. Je me retrouve dans les avis de Mac Arthur et de bamiléké. Le scénario est un peu trop stéréotypé, en particulier le duo des Bertille composé d'un commissaire un peu bourru et d'une femme libérée aristocrate. J'ai eu l'impression d'avoir déjà vu les scènes où ils interagissent dans n'importe quelle œuvre de fiction mettant en vedette un duo improbable. Le scénario est efficace, alors ça se lit tout de même assez bien, mais l'accumulation de clichés fait en sorte que je n'ai pas trouvé cela captivant. Le seul truc original et qui m'a passionné est tout ce qui tourne autour de cette mystérieuse boule rouge...mais comme cette intrigue se finit un peu en queue de poisson, cet aspect du scénario se révèle au final décevant.
Le Mystère de Marie Roget, d'Edgar Allan Poe
Je ne connaissais pas ce récit de Poe. Je ne sais pas ce que Morvan a dû modifier/élaguer pour cette adaptation en BD. Et je dois dire que, si ça se laisse lire, ça ne m’a pas captivé plus que ça. Le dessin est correct, mais les décors sont un peu sacrifiés, et les personnages sont un peu rigides, statiques. Il faut dire qu’on a droit à une enquête « immobile », de Dupin, qui raisonne et résout l’énigme d’un meurtre par un enchainement de déductions de chez lui, en épluchant la presse, le tout en commentant ce raisonnement à son ami (c’est d’ailleurs parfois très verbeux – en plus il faut se farcir quelques articles de presse). On a donc là une sorte de Sherlock Holmes essayant de convaincre son Watson de la pertinence de ses idées, de la force de son esprit. Les amateurs d’Agatha Christie, et en particulier d’Hercule Poirot, y trouveront sans doute leur compte. Mais j’ai suivi cette enquête sans réelle passion. Note réelle 2,5/5.
Thorgal Saga - Wendigo
Avant tout, je me dois de préciser que j'ai lu cet album dans la version limitée et grand format avec une couverture que je trouve très en deçà de la couverture de l'édition classique, une des plus belles couvertures qui m'ait été donné de voir sur cette série, sublime couverture heureusement reprise dans le cahier graphique de l'édition limitée. Je connaissais Fred Duval notamment avec sa série Carmen Mc Callum mais aussi sa série assez méconnue et sous estimée Nico. Quant à Corentin Rouge, je l'avais découvert très récemment avec Sangoma - Les Damnés de Cape Town que j'avais lu aussi en grand format et noir et blanc, ce qui mettait en lumière son formidable dessin. Avec cette nouvelle aventure,qui se situe tout de même , au niveau scénaristique, bien au delà de la série mère telle qu'elle est reprise actuellement, les auteurs signent un très bon album .Mais avec "Adieu Aaricia", Robin Recht avait placé la barre très haute avec cet album d'une qualité graphique et scénaristique incroyable. Je dois dire que cet album se situe tout de même un peu en deçà de Thorgal Saga - Adieu Aaricia, qui avec le temps va s'affirmer comme un summum de la série Thorgal. Le dessin de Corentin Rouge ne souffre presque d'aucun reproche, sauf peut-être d'un manque de détails dans les arrières plans des cases (souvent vides) et le scénario repose sur les canons thorgaliens que nous connaissons depuis des années (une épreuve que Thorgal doit subir pour sauver un de ses proches, avec l'intervention de dieux ou déesse ), bref sur une intrigue un peu plus classique que celle développée par Robin Recht. Au final, un album très réussi, qui se démarque de la reprise de la série mère, mais que j'ai trouvé plus faible que la version présentée par Robin Recht.