Les derniers avis (48964 avis)

Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Sông
Sông

Une jolie chronique d'une Vietnamienne pendant la guerre qui ravagea le pays. Et l'histoire de sa vie est finalement étonnant, bien loin des images qu'on aurait de ce conflit ! Il faut dire que l'histoire est centrée avant-tout sur une relation de deux femmes, mère et fille, avec en toile de fond les questions de leur jeunesse et le rapport avec sa famille. La mère a vécue la guerre, sa jeunesse s'est envolée dans la fureur des combats et les idéaux révolutionnaires, la famille a été une souffrance ou une déception, tandis que la fille se pose des questions sur ses origines, doit refaire du lien familiale et comprendre les actions passées. C'est une double histoire qui est racontée, donc, avec deux femmes très bien campées. Si vous espérez en apprendre sur la guerre du Vietnam, il faudrait mieux se tourner vers une autre lecture. La mère aura finalement assez peu pris part au conflit, se cantonnant aux camps dans la jungle. Cependant sa personnalité une fois adulte est surprenante, elle aussi. Et on comprend assez vite le choix de sa fille qui se demande comment renouer avec elle, tout en essayant de comprendre ce qui l'a fait devenir ainsi. En même temps, femme assez libre dans ses pensées, prise alors dans un état communiste avec lequel elle va parfois ne pas s'entendre, capable de repartir en France ... Non, c'est pas une personnalité ordinaire qui nous est présenté ! La BD a aussi des questionnements sur les deuxièmes générations, ces enfants d'immigrés qui se sentent parfois en décalage avec leur pays de naissance et celui qu'ils n'ont pas connus. L'autrice explique bien son parcours et je le trouve assez touchant. Reste juste le souci de prendre l'avion, si polluant ... Niveau dessin, c'est assez plat avec la colorisation qui n'arrive pas à vraiment donner du relief à l'ensemble, mais c'est joli. On pourrait reprocher à la BD d'être trop lisse ou jolie dans son dessin (pour un récit se passant entre-autre au Vietnam en guerre) mais c'est assez réussi pour que rien ne retienne mon attention durant le récit. C'est la première BD de la dessinatrice, et je trouve que pour une première c'est déjà bien réussi. Une jolie BD donc, avec plusieurs questionnements et une relation mère-fille que je ne trouve pas si souvent dans les récits. Que des femmes aux commandes, ça change et le regard apporté est assez neuf. J'ai bien aimé ma lecture, elle est agréable, peut-être pas impérissable mais recommandé quand même.

18/09/2024 (modifier)
Couverture de la série Druuna - Au commencement
Druuna - Au commencement

Alors que je suis loin d’être un inconditionnel de la série mère, j’ai poussé le vice avec ce préquel. Et bin j’ai trouvé ça pas trop mal. On perd en force graphique mais les différents dessinateurs s’en sortent honnêtement. C’est surtout au niveau de l’histoire que j’ai plus « accroché », la trilogie n’est pas encore finie mais le scénariste utilise l’univers sans trop de passages wtf ?! Comprenez par là que je n’ai pas été trop largué au niveau de l’intrigue ou d’évènements (principal reproche que je fais à Druuna où rapidement je ne comprends plus ce que je lis, les interactions entre personnages etc). Je ne sais pas trop comment le formuler, disons que ça me semble plus terre à terre ou cartésien mais sans l’être. Après je n’encourage pas la découverte de cette série, il faut aimer ce type d’univers glauque mâtiné de paires de fesses ou seins. Cependant la proposition/réalisation me paraît largement honnête pour les amateurs.

18/09/2024 (modifier)
Par Josq
Note: 3/5
Couverture de la série Sarah
Sarah

On ne compte plus le nombre d'oeuvres anecdotiques dans la carrière trop prolifique de Christophe Bec. On peut toutefois dire que Sarah tire tout juste son épingle du jeu. Sans être un chef-d'oeuvre, la trilogie surnage au-dessus de la moyenne grâce à quelques vrais atouts. Tout d'abord, Bec sait indéniablement créer une atmosphère. Ici, l'univers sombre à la Stephen King fonctionne assez bien, et on est relativement pris après avoir dépassé une narration confuse dont la raison d'être s'explique peu à peu. L'auteur parvient à nous offrir un récit efficace, plutôt bien mis en scène par Stefano Raffaele, qui ne fait pas dans la lisseté excessive que j'avais moins aimé dans le futur Angel - Le Sanctuaire des hérétiques. Il faut toutefois reconnaître une chose : si tous les éléments de l'intrigue de Bec fonctionnent (plus ou moins) entre eux, il n'y a rien de très original, et l'on pourrait légitimement s'impatienter devant cette histoire, qui, certes, mêle avec un certain talent des éléments plus ou moins influencés par des récits connus, mais ne réussit jamais à créer quelque chose de nouveau. Si j'étais méchant, je dirais que le scénario pourrait presque avoir été conçu par une IA que ça ne changerait pas grand-chose... mais ce serait un peu excessif. Quoiqu'il en soit, sans doute du fait de sa profusion excessive de nouvelles oeuvres, je trouve que Bec a souvent du mal à sortir pleinement des sentiers battus, et Sarah l'illustre une fois de plus. Rien de honteux, donc, mais dans quelques mois, j'aurais probablement oublié que je l'ai lu.

18/09/2024 (modifier)
Par Cleck
Note: 3/5
Couverture de la série Lucky Luke - Les Indomptés
Lucky Luke - Les Indomptés

Bien belle surprise que voici ! Blutch nous propose un Lucky Luke parodique tout à fait sympathique. L'essentiel réside dans les dialogues : la distance à l'égard du genre western, la bêtise des protagonistes, le second degré des personnages, chevaux compris. L'histoire est certes habilement construite, mais la dramaturgie de l'intrigue voit fatalement sa puissance se réduire, à mesure que la farce s'épanouit dans les dialogues. De même, si le style graphique de Blutch, notamment sa palette de couleurs, se présente tel un respectueux hommage au chaleureux trait de Morris, l'ensemble manque de liant, de rondeur. Une réussite admirable dans sa manière de rendre hommage tout en parodiant, de citer tout en renouvelant. Mais, les illustrations et, d'une certaine manière, l'excès de bons mots, finissent par nuire au projet global : l'humour a pris le pas sur l'aventure.

18/09/2024 (modifier)
Par pol
Note: 3/5
Couverture de la série Les Crieurs du crime
Les Crieurs du crime

Voilà un album original, sorte de documentaire, saupoudré d'une enquête policière et accompagné d'une chronique sociale historique. Ce petit mélange prend place au début du XXe siècle. Il traite d'un fait divers de l'époque, le meurtre sordide d'une fillette de 11 ans. Les faits sont rapportés au jour le jour par le point de vue de la presse. En effet, le personnage principal, Valentin, est reporter pour un journal parisien et son patron le charge de couvrir l'affaire. On va le suivre au fil de ses investigations, on va le voir aller à la pêche aux infos pour écrire son article du lendemain. Evidemment il est en quête du scoop, de l'info que seul son journal publiera. Mais il est loin d'être seul, et il va falloir composer avec les collègues et échanger quelques bouts d'infos pour en obtenir d'autres. Généralement c'est en taiilant le bout de gras au bistrot du coin avec ses confrères que les infos circulent le mieux. On ne suit pas tellement une enquête policière, mais on a droit à une plongée dans l'univers du journalisme il a 120 ans. C'est interessant et intelligemment raconté : on suit les évolutions de l'enquête avec intérêt, au fil des infos glanées par la presse. Les dialogues sont bien écrits et certaines formules sont très bien trouvées : il y a quelques bonnes répliques amusantes. La dimension policière se révèle surtout être un prétexte pour introduire le sujet principal qui est une chronique sociale, historique et politique de cette époque. Un temps où les journaux influençaient grandement l'opinion publique. Tout ça prend place dans un climat social pas simple, entre insécurité, grèves et débat sur l'abolition de la peine de mort. Interessant, car le thème est plutôt original. Mais il y a quelques petites longueurs dans la seconde partie et le coté amusant des investigations du début disparait alors.

18/09/2024 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Hippie Trail - Autobiographie prénatale
Hippie Trail - Autobiographie prénatale

Curieuse de découvrir les conditions de sa naissance en Grèce que sa mère lui a toujours cachées, l'autrice devenue adulte va finir par l'interroger, ainsi que son père séparée d'elle depuis longtemps, et un autre témoin de l'époque. À force de recoupes d'informations, elle va découvrir qu'au début des années 70 ses parents ont réalisé un de ces voyages vers l'Asie centrale à la mode chez nombre de jeunes hippies de l'époque. Partis de la région lyonnaise, ils ont traversé l'Europe en 4L, puis la Turquie et l'Iran jusqu'en Afghanistan où l'un de leurs amis leur a permis de visiter les lieux et de beaucoup fumer. Et c'est sur le chemin du retour que les choses se sont compliquées jusqu'à ce que finalement l'autrice naisse dans une prison grecque. Le récit prend la forme du rapport d'un témoignage, avec les quelques flous et invraisemblances que les mauvais souvenirs peuvent entrainer. Il en découle une narration assez fraiche, vivante et plutôt agréable. Il en est de même du dessin, un noir et blanc au trait souple rappelant le style de Craig Thompson (Blankets) agrémenté de quelques couleurs et quelques photos de famille par-ci par-là. Avec cet album, c'est l'occasion de découvrir l'état d'esprit des jeunes européens de l'époque, imbibés d'esprit hippie, de flower power et de pas mal de drogue. C'est avant tout leur insouciance qui ressort, comme on les voit traverser des pays devenus interdits ou dangereux depuis, et s'y balader comme des abeilles venus butiner dans un champ. Certes ils traversent pas mal de galères et quelques engueulades, et leurs conditions de voyage sont souvent roots vus par des yeux d'occidentaux, mais rien n'est plus beau pour eux que de découvrir le monde. Et c'est bien cette insouciance et un certain mépris des lois qui vont les amener à faire une connerie qu'ils auraient parfaitement pu éviter et qui va marquer à vie la mère de l'autrice. J'ai trouvé cette lecture intéressante sans être forcément très touchante. Elle donne l'impression de lire l'aventure intime des membres d'une famille, une aventure certes instructive pour le grand public mais avec un petit quelque chose de trop personnel pour ne pas sentir un léger côté voyeur. J'ai toutefois passé un bon moment et j'ai appris pas mal de choses sur l'esprit de ces jeunes européens un peu hippies de l'époque et sur leur voyage vers Katmandou (sans que ceux-ci n'aillent jusque là)... ainsi que sur les conditions de détention en Grèce dans les années 70.

18/09/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 3/5
Couverture de la série Fun Home - Une tragicomédie familiale
Fun Home - Une tragicomédie familiale

Une autobiographie centrée sur la relation complexe entre Alison Bechdel et son père, avec une narration qui revient sur leur vie commune, marquée par des secrets et des non-dits. À travers le prisme de la littérature et de leurs parcours respectifs, l’album montre comment ces deux personnages ont tenté de se comprendre malgré la distance qui les séparait. Le récit est en grande partie introspectif, avec un rythme assez constant et lent, et une ambiance plutôt froide. Le style graphique est sobre et figuratif, sans artifice. Les personnages sont souvent représentés avec une froideur qui renforce le malaise latent de l’histoire. Le ton général du récit est assez monotone, mais c’est maîtrisé de bout en bout. Les nombreuses références littéraires — moyen utilisé par les parents pour simuler un dialogue inexistant — sont omniprésentes et viennent accentuer la prise de conscience progressive d’Alison sur les anomalies de son enfance. Le récit introspectif, ponctué de réflexions personnelles, peut décourager certains. C'est riche mais j'avoue avoir trouvé cela assez monotone et parfois un peu long, on a l'impression de s'enliser avec eux. C'est une réflexion complexe sur la famille, l’identité, et les secrets qui façonnent une vie. Le résultat est un album introspectif, vraiment honnête mais que j'ai trouvé quand même un peu long personnellement.

18/09/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 3/5
Couverture de la série Les Fleurs de la guerilla
Les Fleurs de la guerilla

J'avoue que j'ai toujours été impressionné par le personnage de Pepe Mujica, qui a su garder une vie extrêment simple quand il était président de l'Uruguay. Cet album suit son parcours, du militant révolutionnaire à la présidence de l’Uruguay. On y découvre ses débuts modestes, son engagement armé avec les Tupamaros, et ses années de détention avant son passage à la politique. La structure narrative est inhabituelle, avec les auteurs qui se mettent en scène dans l’histoire, alternant entre leur enquête sur Mujica et des scènes de sa vie. L’idée de montrer les coulisses de la création de l’album pourrait être intéressante, pourquoi pas, mais cela rend parfois le récit difficile à suivre. Le mélange entre le passé et les réflexions des auteurs peut créer un effet morcelé, et l’intrigue perd en fluidité. Pourtant, certains passages sont bien menés, notamment ceux liés aux moments clés de la vie de Mujica et aux événements politiques en Uruguay. Le dessin est simple, presque cartoonesque, et les couleurs jouent un rôle important pour marquer les différentes périodes. Cela fonctionne bien visuellement, même si l’ensemble reste assez classique. Le fond de l’histoire est intéressant, mais la structure narrative, avec ses allers-retours constants, demande de l’attention pour ne pas se perdre. Une lecture qui vaut le détour pour découvrir un personnage unique, malgré quelques faiblesses dans la construction du récit.

18/09/2024 (modifier)
Couverture de la série Colder
Colder

Je vais être moins enthousiaste que Jetjet, malgré les qualités et la force visuelle de cet univers. Mes réserves sont essentiellement affaires de goût (je ne suis pas le cœur de cible de ce type de fantastique virant au récit d’horreur, même si Ito a su m’intéresser, dans un registre visuellement un peu différent), mais pas que. Le scénario de Tobin est assez original. Il traite globalement de la folie – furieuse en l’occurrence – en faisant se juxtaposer le monde réel et celui où la folie donnerait libre cours à ses excès, ici uniquement vus sous l’angle malfaisant. C’est une folie noire qui domine ce monde parallèle, dans une vision influencée par l’enfer médiéval, ou l’imagination des créateurs d’Alien. Tobin arrive plutôt bien à nous faire passer d’un univers à l’autre. Le dessin de Ferreyra et la différence de colorisation permettant de s’y retrouver facilement. Le dessin justement, je l’ai trouvé puissant, mais pas exempt de défauts. La couverture (celle de l’édition ordinaire – que je préfère à l’autre) est déjà scotchante. Beaucoup de scènes sont impressionnantes. Pour le reste, sur le dessin est dynamique et très lisible, j’ai trouvé que c’était inégal au niveau du rendu des personnages, en particulier des visages, pas toujours réussis. Ferreyra a aussi du mal lorsqu’il cherche à donner des angles de vue originaux, et il rate systématiquement les personnages montant un escalier. Pour revenir à l’histoire, le personnage hystérique et déjanté de Nimble Jack – qui se nourrit (dans tous les sens du terme) – de tous ceux qui sont à des degrés divers atteints de folie – et celui de Declan (le héros, qui lui peut « guérir de la folie, chaque effort faisant baisser sa température corporelle – d’où le titre) proposent un affrontement intéressant. Au fil des pages -et des cycles, puisque cet album regroupe en fait trois histoires qui se suivent – le personnage de Declan prend de l’ampleur, et un mystère quasi polar l’entoure. Au milieu de cette folie infernale, entre ces deux hommes, une oie blanche, Reece, une jeune femme qui a un temps recueilli Colder, puis en est tombée amoureuse : victime désignée de Nimble, princesse à protéger pour Declan, candide témoin d’une réalité parallèle atroce, Reece sert de révélateur et joue le rôle dévolu à pas mal de femmes dans les séries B. Et c’est je trouve vers ce « genre » que lorgne cette série ; une série B originale, qui ne cherche pas à être réaliste, mais qui use du scénario et des acteurs comme d’un jouet. Ce qui ne rend pas toujours très clair le déroulé de l’histoire. Sinon, parmi tous les déjantés que nous croisons, outre Nimble, sorte de clown machiavélique et pervers, j’ai été intéressé par le personnage aux faux airs de pasteur mormon qui découpe les doigts, en sème (dans le deuxième cycle, « Mauvaise graine ») : il y a là un humour très noir au cœur d’un défouloir horrifique qui peut être plaisant. Pas toujours clair, un dessin inégal malgré de réelles fulgurances, et un genre qui n’est pas de mes préférés, voilà pour mes réserves. Mais ça n’en reste pas moins une série qui trouvera sans problème son public, au vu de ses qualités et de son originalité.

18/09/2024 (modifier)
Couverture de la série Tepe - La Colline
Tepe - La Colline

L’auteur est Turc, et son récit se déroule justement dans cette région, l’une des premières où les hommes se sont sédentarisés, ont construit des embryons de villes. C’est à cette époque, il y a une douzaine de milliers d’années, que ce situe le récit. L’album est épais, mais se laisse lire rapidement – et globalement agréablement. Il faut dire que le dessin, simple au demeurant, nous montre de très belles cases, que ce soit pour la savane et ses habitants, ou pour les paysages célestes. Nous sommes au moment où les mythes se structurent, où les cosmogonies se précisent, où les hommes font encore corps avec la nature sauvage. Au moment aussi où la sédentarisation change les choses, crée une rupture - ici le personnage principal résiste à cette rupture, cohabite avec une gazelle face aux hommes. C’est de cette rupture que semble s’inspirer l’auteur, avec un récit qui tient autant du roman graphique préhistorique que du récit onirique, faisant souvent fi du réalisme, pour nous plonger dans une épopée pleine de poésie et de violence. Une chouette lecture. Note réelle 3,5/5.

18/09/2024 (modifier)