Sông

Note: 3.5/5
(3.5/5 pour 2 avis)

Hai-Anh demande à sa mère, cinéaste vietnamienne, de lui raconter sa jeunesse.


Indochine La BD au féminin Les Guerres d'Indochine et du Vietnam Nouveautés BD, comics et manga

Entre deux confinements dûs au Covid, Hai-Anh décide de rejoindre sa mère à Hô Chi Minh-ville. Elle souhaite lui deander de raconter sa jeunesse dans les maquis de la plaine des joncs. Elle à toujours senti chez sa mère une sorte de distance qu'elle ne s'explique pas.

Scénario
Dessin
Couleurs
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Janvier 2023
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série Sông © Ankama Editions 2023
Les notes
Note: 3.5/5
(3.5/5 pour 2 avis)
Cliquez pour afficher les avis.

15/01/2023 | Canarde
Modifier


Par sloane
Note: 4/5
L'avatar du posteur sloane

Ankama est décidément un éditeur que j'apprécie beaucoup de par la présentation de ses BD, mais aussi généralement par leurs contenus. Sông est le récit de rencontres avortées ou très reculées dans le temps, ici c'est la mère de la scénariste Hai Anh qui est le sujet principal cette mère Linh. En pleine guerre du Vietnam, elle quitte sa famille pour s'engager auprès de la résistance Viet Minh. Après un temps où elle est considérée comme trop bourgeoise, elle va se faire accepter pour devenir réalisatrice de films de propagande. A la fin de la guerre, elle partira pour l'Union Soviétique peaufiner sa technique avant de revenir dans son pays où elle va devenir une réalisatrice de premier plan. Au cours de toute cette période les circonstances feront qu'elle ne verra que peu sa famille, hormis son père. Sa fille Hai Han au scénario n'aura eu que des contacts épisodiques avec sa mère et je trouve que la BD ne force pas beaucoup le trait sur ce qui a dû être quelque chose de difficile à vivre. Pour tout dire je trouve que la BD est un peu édulcorée, les différentes scènes dans la jungle, et ce même si les évènements sont brutaux, paraissent "bucoliques" à mon sens. Attention je savais et n'avais pas envie de lire un énième Voyage au bout de l'enfer. Je pense que ce sentiment est lié au dessin de Pauline Guitton, très joli (le dessin), peut être même trop, tout en courbes avec une colorisation très douce il fait au final de ce récit quelque chose, comme le dit Canarde dans son avis, d'un brin esthétisant au détriment de l'impact. Mention spéciale toutefois au chapitre concernant le retour des prisonniers dans leur pays avec une très belle case page 93. A lire pour mieux comprendre par un biais plus apaisé un pan de l'histoire de ce pays.

07/02/2023 (modifier)
Par Canarde
Note: 3/5
L'avatar du posteur Canarde

Un parcours de femme suivant les deux guerres, d'Indochine puis du Vietnam. J'ai toujours trouvé que ce pays lointain, et peu familier des Français d'aujourd'hui, méritait d'être regardé à la loupe. Comment venir à bout d'une puissance coloniale puis de la première puissance militaire au monde avec simplement l'aplomb de la légitimité. Cela devrait nous inspirer en des moments où notre pouvoir politique ne semble pas aussi démocratiquement installé qu'il pouvait l'être dans les années 50, et où la volonté collective semble assez floue. Ici nous suivons le parcours de Linh, jeune femme déracinée par la guerre d'Indochine, d'abord éloignée de son père, puis de sa mère, qui passe 7 ans à faire la cuisine dans le maquis pour soutenir les résistants qui finiront par mettre les américains dehors, puis qui devient cinéaste, et parcours le monde... C'est aussi une leçon individuelle, où la douleur, la colère d'avoir été ballotée par l'Histoire se transforme en création artistique, dans une rage froide et solitaire. Bref j'ai été touchée par ce personnage, puissant dans son métier, et impuissant dans la communication avec sa fille, comme avec sa mère d'ailleurs... mais un peu laissée sur ma faim devant le dessin qui est un peu trop lisse, à mon goût. Les personnages se ressemblent beaucoup et ont tous une beauté de statue. Je ne sais pas si cet exotisme esthétisant n'efface pas indument la violence de l'histoire, plutôt que d'être un contraste fécond. Bref une pièce de plus dans le puzzle que chacun constitue pour comprendre le monde...

15/01/2023 (modifier)