Je rejoins l'avis de Cacal69, même si j'ajouterais que la BD est malheureusement un peu limitée sur certains points. Je vois ce qu'elle veut faire, mais c'est dommage qu'elle n'ait pas osé aller plus loin.
En terme de BD, on est franchement sur le minimalisme. Pas grand chose à voir avec la narration visuelle (ce qui coute la 4ème étoile, je trouve) mais une narration textuelle accompagnée de dessin. C'est pas super bien fait, et après avoir lu pas mal d'autres documentaires je trouve qu'ici on reste dans la facilité. C'est dommage, le contenu est pourtant très bon !
En effet, l'idée est ici de retracer l'origine de Poutine depuis ses années sous l'ère Soviétique, jusqu'à son ascension à la tête de l'état et sa répression progressive d'un peuple russe qui l'apprécie quand même. L'auteur prend le temps de dévoiler quelques points spécifiques, notamment les attentats terroristes qui justifieront la répression toujours plus dure envers tout ce que Poutine déteste. J'avais déjà entendu parler de certains d'entre eux (notamment la prise d'otage du théâtre de Moscou) et la façon dont Poutine l'a ensuite instrumentalisée pour asseoir son autorité et envahir les anciens pays satellite de Moscou.
Au fur et à mesure de l'histoire, on sent poindre le propos de Darryl Cunningham : Poutine est un mafieux, un de ces mafieux qui a su s'emparer de toute la fortune de la deuxième puissance mondiale du XXè siècle pour son compte, tuant, manipulant, torturant, assassinant ... Poutine, c'est la violence de la mafia, l'entre-soi des milliardaires russes qui décident de pourrir le reste du monde dans leur rêve de grandeur. Mais surtout, la BD fustige l'occident qui n'a rien vu venir, resta modéré et prudent vis-à-vis de celui qui s'installait progressivement comme un dictateur mondial. Cunningham appelle les pays occidentaux à clarifier leur position envers lui : ni dialogue ni compromis, juste l'opposition dure et franche.
Personnellement je regrette juste que la BD se limite à Poutine et ses opposants assassinés, sans dévoiler tout l'empire qu'il a bâti en terme de relations, de clientèle, de famille ainsi que toute la partie des oligarques et de leur expansion mondiale. Il l'évoque mais sans trop creuser. En même temps, il est vrai que le sujet a surtout ressurgi depuis la guerre en Ukraine ... Par contre, l'aspect terrifiant reste les liens avec Trump. Une confirmation de ce que ce type est comme genre d'individu ...
La Bd est instructive, assez limitée à mon goût quant à la portée de Poutine, mais elle permet de mettre en lumière le genre d'homme qu'il est, ainsi que ses moyens d'action. Et le constat est douloureux : Poutine doit être arrêté, par tous les moyens.
Un album sympathique. Le dessin, fluide, agréable, est parfait pour nous accompagner dans ce récit.
Fabien Grolleau s'est documenté. Mais, tout en bâtissant un récit que j'ai trouvé crédible, il a su combler habilement les énormes lacunes qui souvent nous empêchent d'envisager précisément cette période lointaine de la préhistoire (l'histoire se déroule il y a plus de 38000 ans).
Il a pris le parti de montrer un face optimiste, presque enjouée de la vie de l'époque, à rebours de la plupart des récits construits sur cette période. Même s'il n'oblitère pas la rudesse de la vie (la moindre blessure peut être mortelle, le danger est omniprésent), c'est avant tout des êtres épanouis que nous suivons.
La vision de l'imaginaire et du sacré - pour ne pas aller jusqu'au religieux - est elle aussi crédible. Grolleau nous amène tranquillement vers l'élaboration des sublimes décors de la grotte Chauvet (chefs-d'œuvre qui m'attirent, mais le manque d'occasions et le rejet de la foule m'ont pour le moment empêché de les découvrir).
Une lecture agréable.
Une lecture agréable mais pas marquante.
Le dessin et la narration sont légers. Peut-être trop, je ne sais pas. Il m'a manqué quelque chose pour entrer davantage dans ce récit.
Mais c'est aussi que l'auteur évite le pathos qui aurait pu plomber ce genre de projet. Car par petites bribes, c'est la douleur d'un homme qui nous est donnée à voir, lui qui vient de perdre sa compagne. Une douleur intime, un deuil difficile, traité ici de façon pudique.
L'équilibre est souvent difficile à trouver dans ce type de récit. Et le lecteur que je suis est peut-être injuste dans ses critiques, car Matthieu Parciboula a quand même réussi à proposer un récit qui tient le coup.
Une histoire ambivalente, qui m’a un temps trompé quant au fil rouge. Les premières pages et le retour rapide en flash-back m’avaient fait penser à une intrigue se déroulant durant la guerre d’Espagne, puis j’ai cru à un polar historique, avec ces meurtres rituels commis par un tueur en série. Enfin, même si ça reste en filigrane du début à la fin (l’histoire commence quasiment à l’arrivée de Franco au pouvoir dans les derniers mois de la guerre d’Espagne, et se finit par la mort du Caudillo en 1975), le régime franquiste n’est pas le cœur de l’histoire.
Non, ce qui en constitue le cœur, c’est la vie d’un homme, que nous suivons durant quarante ans. Un adolescent/homme lui aussi fluctuant, ambivalent. Ballotté par les malheurs au départ, il passe rapidement de victime à un personnage plus ambigu, pour devenir une sorte de parrain de la mafia barcelonaise.
L’évolution de sa personnalité, et de sa situation » est intéressante, mais, même si la pagination est relativement conséquente, les auteurs ont quand même usé de pas mal d’ellipses temporelles, certains sauts sont importants – surtout qu’entre chaque « trou » la situation du héros avait pas mal évolué. Quelques petites facilités aussi (sa capacité à multiplier les conquêtes, sans que cela ne soit connu ou ne gêne les trois femmes avec lesquelles il va être lié toute sa vie). Comme j’ai été surpris qu’il soit si bien informé de la fin proche de Franco sur la fin.
Notre héros retrouve quelque chose d’humain en « soldant les comptes » en fin d’histoire. Comme « Le Parrain » de Coppola n’était pas l’histoire de la mafia, cette histoire raconte l’histoire d’un homme et non celle d’un régime fasciste. Mais à chaque fois l’arrière-plan historique est important.
C’est en tout cas une histoire que j’ai appréciée. Malgré les remarques précédentes, la narration est agréable, mêle bien contexte et histoire locale, voire familiale. Et le dessin est lui aussi fluide et agréable. Une lecture plaisante donc.
Le hasard a voulu que je lise en peu de temps deux albums sur le même sujet, à savoir le massacre commis en juin 1944 par la division SS Das Reich contre plusieurs centaines d'habitants du village d'Oradour sur-Glane. Les deux albums doivent beaucoup au témoignage de Robert Hébras, dernier survivant qui a toujours voulu témoigner - mais qui est mort quelques mois avant la publication de ces albums.
Cet album est encore plus centré sur Robert Hébras, puisque tout le récit est mené par lui-même - qui nous sert de guide - et sa petite-fille.
Cet album complète très bien Oradour 1944 - L'innocence assassinée. En effet, il ne se contente pas de décrire par le menu les heures douloureuses du massacre lui-même. Dans un long préambule nous découvrons l'histoire récente du village, ses habitants futurs martyrs, et surtout nous suivons après la suite de la vie de Robert Hébras, du sort particulier du village martyr (sa visite il y a quelques années m'avait marqué), mais aussi les différents procès ayant eu lieu - parfois bien plus tard - avec les débats autour des Malgré Nous.
Petit point de détail, je suis surpris de la légende d'une photo dans le dossier final, qui indique Juin 1944 pour des soldats américains à Oradour...
Un album intéressant, assez riche et instructif.
Une histoire d’amour sympathique.
C'est simple, presque convenu (on devine la fin dès le début), ça ne cherche pas forcément à être une œuvre poétique ou philosophique, mais in fine ce n’est pas grave.
Je suis très friande de romantisme et une grande amatrice d’œuvres complexes, mais même moi je dois bien reconnaître que tout récit n’a pas à devoir révolutionner son genre. Comme disait ma mamie : une petite histoire d’amour simple mais bien réalisée vaut mieux qu’une œuvre ambitieuse qui se casse la gueule !
Et elle avait raison, ma mamie !
Après, dire que l’album est sans ambition, c’est peut-être aller un peu loin. Cela reste tout de même une création à quatre mains cherchant à jouer à quelques reprises sur la rencontre de deux styles graphiques.
La forme est pour moi la plus grande force de cet album.
Les deux styles de dessins se mélangent parfaitement. Chacun des deux représente bien les protagonistes et leurs univers, et leur rencontre (des dessins comme des personnages) marque et marche.
Je connaissais déjà Lou Lubie (dont j’apprécie le travail) mais c’est par cet album que j’ai découvert Manon Desveaux, et j’espère bien la revoir dans d’autres projets car j’ai plutôt apprécié son dessin.
Le jeune William, 10 ans, s'installe avec sa famille dans un village de pêcheurs d'Italie. Il va y faire la connaissance de Lisa, Nino et Paolo qui vont devenir ses amis. Ils ont la particularité d'être tous les 4 nés le même jour, le 20 octobre 1896. Cette particularité semble leur procurer un lien particulier….
20 ans ont passé et les 3 garçons répondent à l'appel de Lisa qui est au plus mal.
Du petit village d'Italie au Costa Rica plongez dans la découverte du mystère entourant le lien unissant nos 4 amis.
J'ai apprécié le dénouement de l'histoire, tout ce coté fantastique mais j'ai regretté qu'il soit aussi rapide. J'ai également trouvé dommage que les auteurs ne développent pas la vie de nos protagonistes. J'aurai aimé les voir à 20 ans. Oui c'est ça j'ai eu l'impression de passer du tome 1 au tome 3 en sautant le 2
J'avais une petite appréhension au niveau du dessin ( les personnages) j'ai finalement accroché surtout grâce aux couleurs qui, par ce temps grisâtre, réchauffent un peu.
Au final ça reste une belle découverte même si selon moi un triptyque aurait été encore meilleur
Mais ça demande tellement de temps !
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Ce tome contient un récit complet, indépendant de tout autre. Son édition originale date de 2023. Il a été réalisé par Gaëlle Sanchez, pour le scénario, les dessins et les couleurs. Il comprend cent-quatorze pages de bande dessinée. Il commence par une introduction d’une page de l’autrice qui explicite sa mission d’inspectrice de l’amour : donner une voix à celles et ceux qui, comme elle, ont navigué (et naviguent peut-être encore) dans les eaux tumultueuses du dating. Ses personnages vont vivre ces expériences embarrassantes et malgré tout amusantes, rappelant au passage que la quête de l’amour est parfois semée d’embûches. Ces histoires sont alors une invitation à rire de ces propres mésaventures romantiques, à trouver de la légèreté dans des situations insolites, à dédramatiser certaines pressions sociales liées au célibat, mais aussi à prévenir certains comportements… afin de transformer les pires rendez-vous en souvenirs mémorables.
Dans un appartement, Jade s’étonne que Nina ne soit pas là. Léo répond qu’elle se prépare car Madame a un date. Victoria relève la tête de son téléphone, trouvant ça intéressant, alors que Rafaël sourit en écoutant. Nina passe par la porte vêtue d’une belle robe rouge, en demandant à Léo s’il est jaloux. Ce dernier répond que pas du tout. Il ajoute qu’elle est la meilleure coloc du monde, avec son emploi du temps de ministre du dating. Rafaël lui lance une pique en lui faisant remarquer que pour Léo c’est très calme de ce côté-là. Victoria renchérit en ajoutant qu’il va leur dire qu’il prend du temps pour lui, qu’il redécouvre le célibat, bla, bla, bla. Très détendu, Léo répond que c’est exactement ça. Jade demande qui est le mec que Nina voit ce soir. Rafaël ajoute qu’ils peuvent en savoir plus puisqu’elle les abandonne. Elle répond : ils ont matché sur une application et ce soir, c’est la première fois qu’elle le rencontre, il s’appelle Marc.
Jade demande à Nina si ça marche vraiment, les applications de rencontre. Léo se moque : Oh que oui, il suffit de regarder la collection de mecs de Nina. Cette dernière explique que ça dépend : il faut faire le tri dans les profils. Elle pourra lui montrer si elle veut, et elles pourront créer un compte pour Jade. Léo estime que sa petite sœur n’a pas besoin d’être pervertie ainsi, et il enchaîne en demandant où Rafaël en est avec Matthieu. L’intéressé ne souhaite pas répondre et propose plutôt de passer à la vie sentimentale de Victoria. Léo la ramène pour dire qu’elle va se marier avec son job de toute façon. Elle lui demande s’il veut vraiment parler de mariage, lui le divorcé. Finalement Nina indique qu’il est temps qu’elle y aille. Elle arrive juste à temps, son rencard est en train d’attacher son vélo devant le café où ils ont rendez-vous. Ils entrent et s’installent pour boire un verre. Rapidement, il lui pose la question qui lui tient à cœur : quel est son légume préféré ? Elle trouve la question un peu étrange et lui dit. Il répond que c’est pour vérifier qu’elle en mange. Il explique qu’il trouve que ça se voit qu’elle mange bien à la cantine, et pour lui c’est super important d’avoir une hygiène de vie irréprochable : faire beaucoup de sport, manger des légumes…
Le texte de la quatrième de couverture établit clairement la nature de cet ouvrage : cinq amis célibataires débriefent avec humour leurs rencards entre virtuel et réalité, des anecdotes issues de vrais témoignages. L’ouvrage se décompose en trente-deux scénettes, relatant des rencontres souvent d’un soir puisqu’il s’agit de Very bad dates, avec quelques-unes consacrées aux discussions entre les cinq amis sur le principe d’une application de rencontres, sur le temps qui passe, l’éventuel engagement sérieux qui pourrait découler d’une de ces rencontres, l’absence de réponse à des messages après un premier rendez-vous et les raisons de ghoster, ainsi qu’une page consacrée au Service Après-Vente (SAV) du dating, et une autre sous forme de logigramme en cas de match dans une appli (envoi de messages, un rendez-vous chez lui ou chez elle ou un rendez-vous à l’extérieur, choisir un lieu qui ne craint pas, boire un coup ensemble, et plus si affinité). Le ton de la narration est dédramatisé, avec quelques touches d’humour, ou au moins de bonne humeur à chaque fois, sans moquerie ou méchanceté, tout en pointant du doigt certains comportements manquant de tact ou de politesse, ou vraiment étrange lors d’un premier contact. Cela va de cette question sur le légume préféré, à une proposition de passer à l’acte tout de suite en craignant d’être trop fatigué plus tard dans la soirée.
L’illustration de couverture fait jeune, ciblant un public d’une vingtaine d’années, encore que les personnages mis en scène ont entre vingt-six ans pour Jade, et trente-deux ans pour Victoria et Léo, Nina et Rafaël ayant trente-et-un ans. Les personnages sont conformes aux canons de la beauté, avec des silhouettes bien proportionnées, seul un jeune homme semble en léger surpoids et une femme présente des hanches assez larges. L’autrice a constitué une distribution de personnages offrant assez de diversité : trois blancs, une noire et un jeune homme vaguement typé maghrébin. Les dessins des personnages présentent des caractéristiques à la fois simplifiées et rendues plus douces au regard : des yeux un peu plus grands pour qu’ils soient plus expressifs, des corps sans beaucoup de particularités si ce n’est la chevelure, des expressions avenantes avec souvent un sourire aux lèvres reflétant leur bonne humeur. La dessinatrice fait usage régulièrement de mimiques très expressives pour indiquer l’état d’esprit des personnages, ou pour donner plus de vivacité à leurs réactions émotionnelles. Elle varie les tenues vestimentaires en fonction des personnages et des situations. Lorsque la rencontre se passe bien, à trois occasions différentes, les deux adultes peuvent se retrouver dans la chambre à coucher, sans nudité, l’autrice s’arrêtant au stade des sous-vêtements.
S’ils semblent un peu lisses en surface, les dessins comprennent de nombreuses informations visuelles. L’artiste représente très régulièrement les décors, ce qui évite d’avoir la sensation d’une enfilade de scènes entre acteurs sur un théâtre avec une toile de fond pour tout décor. Ainsi de séquence en séquence, il peut regarder l’ameublement de l’appartement en colocation avec ses meubles très fonctionnels, quelques rues à la représentation très géométrique et épurée mais avec des façades et des commerces différents, des bars et des terrasses de café variés, plusieurs cuisines aménagées, la queue et une salle de cinéma, deux ou trois chambres à coucher, une salle de bain, etc. Quel que soit l’environnement de la scène, le lecteur observe une propreté immaculée, au point de les rendre aseptisés. Il remarque également qu’à plusieurs reprises l’artiste sort du format de cases disposées en bande pour une page qui sort de l’ordinaire. Chacun des cinq amis bénéficie d’une présentation d’une page où il apparaît dessiné en pied, avec un facsimilé simplifié de son profil sur l’application de rencontre : son prénom, son âge et sa profession, un très court message de présentation en une vingtaine de mots, ses occupations préférées, ses émojis favoris, et sa musique du moment, ainsi qu’une photographie de mise en situation (position de yoga pour Nina, en cours de danse classique pour Jade, à la Gay Pride pour Rafaël, en salle de gym pour Victoria, en salle de boxe pour Léo). L’autrice s’est également amusée à faire une page de profil de six hommes (Charles 34 ans, Baptiste 30 ans, Pierre 24 ans, Max 27 ans, Noam 29 ans, Damien 31 ans), et une autre de cinq femmes (Laurie, 32 ans, Katia 30 ans, Olivia 25 ans, Juliette 30 ans, Cathy 53 ans), une mise en page colorée pour une douzaine de messages qualifiés de perles, une parodie de Gandalf refusant le passage, une page de conseil SAV du dating et un logigramme de rencontre.
Le lecteur se retrouve invité dans les échanges amicaux entre ces cinq personnes, évoquant ces rencontres, qualifiées de très mauvaises. Les mauvaises surprises en question sont de nature diverse, sans jamais verser dans l’agression pour le harcèlement. Les unes et les autres sont confrontées aux bizarreries ordinaires, du comportement sans gêne à la phobie légère, du gros lourd qui dit faire dire Camion comme prétexte pour toucher la poitrine de son interlocutrice, à l’individu qui indique après coup par message qu’il souffre de trichophobie et qu’il souhaite que sa potentielle amie se rase les poils des bras, sans oublier celui ou celle qui se montre dans le jugement dès les premières phrases, ou plus classique celui ou celle qui s’écoute parler. À trois reprises, les amis parlent entre eux de leurs rendez-vous passés, pour débriefer, et se soutenir après ces rendez-vous allant de la déception au désastre, d’une manœuvre de diversion et d’une excuse pitoyable pour mettre un terme le plus rapidement possible, à un constat d’incompatibilité. En passant, l’autrice évoque le fait que le célibat n’a rien de honteux, que les femmes peuvent se sentir pressées par leur horloge biologique alors que les années passent si elles souhaitent fonder une famille, que les attentes ne sont pas forcément les mêmes entre les deux êtres humains s’étant donné rendez-vous. Elle n’aborde pas d’autres facettes, comme la motivation du premier rendez-vous (plutôt faire connaissance ou plutôt chercher une relation sexuelle), ou la stratégie de séduction, les règles que peuvent se fixer les unes et les autres.
Une bande dessinée sympathique, avec une narration visuelle agréable à l’œil, sur le thème de la rencontre à partir d’une correspondance sur une application. Les cinq amis sont rapidement définis, surtout par leur âge, sans réelle personnalité, et ils rencontrent des individus, le temps d’un rendez-vous pouvant s’arrêter au bout de quelques minutes, comme se prolonger jusqu’à se retrouver dans la même chambre. Il n’est pas question de violence ou de contrainte, simplement de premier contact et de déceptions diverses et variées. Amusant.
Même si je ne le connais que via le dessin animé, j’aime beaucoup le personnage de Gueule d’Argile.
Un méchant que j’étais ravi de découvrir sur papier. Et je dois dire que son aventure One Bad Day est assez honnête, je le classe dans la moyenne haute de la collection (derrière ceux sur Le Sphinx et M. Freeze).
J’ai bien aimé la réalisation. Une partie graphique très agréable, des planches suffisamment détaillées et assez lumineuses niveaux teintes. Bref c’est comics mais appliqué.
L’éloignement de Gotham ne m’a pas choqué. Le récit ne vole pas bien haut mais se lit facilement et bien. Il y a juste quelques petits trucs/facilités qui peinent à convaincre totalement.
J’en suis sorti quand même satisfait à la vue du nombre de pages.
C'est une histoire sympathique et agréable à lire. D'abord grâce au dessin, fluide, simple, que j'ai bien aimé.
Ensuite parce que la narration est elle aussi fluide. Le principe même du long road trip en stop permet de renouveler personnages et paysages. Et on sent bien que c'est du vécu.
Je n'ai jamais fait ce genre de périple et ne suis pas non plus un campeur. Mais très régulièrement je fais du stop (disons une vingtaine de fois par an, parfois plus) pour aller à mon boulot, en cas de grève ou de problème dans les transports (je ne conduis pas). Et donc, même si c'est sur un temps et des distances plus courts, j'ai moi aussi été confronté à des échantillons très divers de conducteurs, c'est d'ailleurs intéressant.
Ici, j'ai bien aimé le récit, qui vire au feel good movie. Surtout que certaines contingences parfois désagréables sont évacuées (acheter et faire la bouffe, trouver un coin pour dormir au sec, les heures à attendre que quelqu'un nous prenne en stop, etc.). Des petits airs de "Nus et culottés" parfois, avec le passage chez des gens accueillants.
Une lecture plaisante en tout cas.
Note réelle 3,5/5.
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Poutine - L'ascension d'un dictateur
Je rejoins l'avis de Cacal69, même si j'ajouterais que la BD est malheureusement un peu limitée sur certains points. Je vois ce qu'elle veut faire, mais c'est dommage qu'elle n'ait pas osé aller plus loin. En terme de BD, on est franchement sur le minimalisme. Pas grand chose à voir avec la narration visuelle (ce qui coute la 4ème étoile, je trouve) mais une narration textuelle accompagnée de dessin. C'est pas super bien fait, et après avoir lu pas mal d'autres documentaires je trouve qu'ici on reste dans la facilité. C'est dommage, le contenu est pourtant très bon ! En effet, l'idée est ici de retracer l'origine de Poutine depuis ses années sous l'ère Soviétique, jusqu'à son ascension à la tête de l'état et sa répression progressive d'un peuple russe qui l'apprécie quand même. L'auteur prend le temps de dévoiler quelques points spécifiques, notamment les attentats terroristes qui justifieront la répression toujours plus dure envers tout ce que Poutine déteste. J'avais déjà entendu parler de certains d'entre eux (notamment la prise d'otage du théâtre de Moscou) et la façon dont Poutine l'a ensuite instrumentalisée pour asseoir son autorité et envahir les anciens pays satellite de Moscou. Au fur et à mesure de l'histoire, on sent poindre le propos de Darryl Cunningham : Poutine est un mafieux, un de ces mafieux qui a su s'emparer de toute la fortune de la deuxième puissance mondiale du XXè siècle pour son compte, tuant, manipulant, torturant, assassinant ... Poutine, c'est la violence de la mafia, l'entre-soi des milliardaires russes qui décident de pourrir le reste du monde dans leur rêve de grandeur. Mais surtout, la BD fustige l'occident qui n'a rien vu venir, resta modéré et prudent vis-à-vis de celui qui s'installait progressivement comme un dictateur mondial. Cunningham appelle les pays occidentaux à clarifier leur position envers lui : ni dialogue ni compromis, juste l'opposition dure et franche. Personnellement je regrette juste que la BD se limite à Poutine et ses opposants assassinés, sans dévoiler tout l'empire qu'il a bâti en terme de relations, de clientèle, de famille ainsi que toute la partie des oligarques et de leur expansion mondiale. Il l'évoque mais sans trop creuser. En même temps, il est vrai que le sujet a surtout ressurgi depuis la guerre en Ukraine ... Par contre, l'aspect terrifiant reste les liens avec Trump. Une confirmation de ce que ce type est comme genre d'individu ... La Bd est instructive, assez limitée à mon goût quant à la portée de Poutine, mais elle permet de mettre en lumière le genre d'homme qu'il est, ainsi que ses moyens d'action. Et le constat est douloureux : Poutine doit être arrêté, par tous les moyens.
Peindre avec les lions
Un album sympathique. Le dessin, fluide, agréable, est parfait pour nous accompagner dans ce récit. Fabien Grolleau s'est documenté. Mais, tout en bâtissant un récit que j'ai trouvé crédible, il a su combler habilement les énormes lacunes qui souvent nous empêchent d'envisager précisément cette période lointaine de la préhistoire (l'histoire se déroule il y a plus de 38000 ans). Il a pris le parti de montrer un face optimiste, presque enjouée de la vie de l'époque, à rebours de la plupart des récits construits sur cette période. Même s'il n'oblitère pas la rudesse de la vie (la moindre blessure peut être mortelle, le danger est omniprésent), c'est avant tout des êtres épanouis que nous suivons. La vision de l'imaginaire et du sacré - pour ne pas aller jusqu'au religieux - est elle aussi crédible. Grolleau nous amène tranquillement vers l'élaboration des sublimes décors de la grotte Chauvet (chefs-d'œuvre qui m'attirent, mais le manque d'occasions et le rejet de la foule m'ont pour le moment empêché de les découvrir). Une lecture agréable.
Silence d'amour
Une lecture agréable mais pas marquante. Le dessin et la narration sont légers. Peut-être trop, je ne sais pas. Il m'a manqué quelque chose pour entrer davantage dans ce récit. Mais c'est aussi que l'auteur évite le pathos qui aurait pu plomber ce genre de projet. Car par petites bribes, c'est la douleur d'un homme qui nous est donnée à voir, lui qui vient de perdre sa compagne. Une douleur intime, un deuil difficile, traité ici de façon pudique. L'équilibre est souvent difficile à trouver dans ce type de récit. Et le lecteur que je suis est peut-être injuste dans ses critiques, car Matthieu Parciboula a quand même réussi à proposer un récit qui tient le coup.
Barcelona, âme noire
Une histoire ambivalente, qui m’a un temps trompé quant au fil rouge. Les premières pages et le retour rapide en flash-back m’avaient fait penser à une intrigue se déroulant durant la guerre d’Espagne, puis j’ai cru à un polar historique, avec ces meurtres rituels commis par un tueur en série. Enfin, même si ça reste en filigrane du début à la fin (l’histoire commence quasiment à l’arrivée de Franco au pouvoir dans les derniers mois de la guerre d’Espagne, et se finit par la mort du Caudillo en 1975), le régime franquiste n’est pas le cœur de l’histoire. Non, ce qui en constitue le cœur, c’est la vie d’un homme, que nous suivons durant quarante ans. Un adolescent/homme lui aussi fluctuant, ambivalent. Ballotté par les malheurs au départ, il passe rapidement de victime à un personnage plus ambigu, pour devenir une sorte de parrain de la mafia barcelonaise. L’évolution de sa personnalité, et de sa situation » est intéressante, mais, même si la pagination est relativement conséquente, les auteurs ont quand même usé de pas mal d’ellipses temporelles, certains sauts sont importants – surtout qu’entre chaque « trou » la situation du héros avait pas mal évolué. Quelques petites facilités aussi (sa capacité à multiplier les conquêtes, sans que cela ne soit connu ou ne gêne les trois femmes avec lesquelles il va être lié toute sa vie). Comme j’ai été surpris qu’il soit si bien informé de la fin proche de Franco sur la fin. Notre héros retrouve quelque chose d’humain en « soldant les comptes » en fin d’histoire. Comme « Le Parrain » de Coppola n’était pas l’histoire de la mafia, cette histoire raconte l’histoire d’un homme et non celle d’un régime fasciste. Mais à chaque fois l’arrière-plan historique est important. C’est en tout cas une histoire que j’ai appréciée. Malgré les remarques précédentes, la narration est agréable, mêle bien contexte et histoire locale, voire familiale. Et le dessin est lui aussi fluide et agréable. Une lecture plaisante donc.
Le Dernier Témoin d'Oradour sur-Glane
Le hasard a voulu que je lise en peu de temps deux albums sur le même sujet, à savoir le massacre commis en juin 1944 par la division SS Das Reich contre plusieurs centaines d'habitants du village d'Oradour sur-Glane. Les deux albums doivent beaucoup au témoignage de Robert Hébras, dernier survivant qui a toujours voulu témoigner - mais qui est mort quelques mois avant la publication de ces albums. Cet album est encore plus centré sur Robert Hébras, puisque tout le récit est mené par lui-même - qui nous sert de guide - et sa petite-fille. Cet album complète très bien Oradour 1944 - L'innocence assassinée. En effet, il ne se contente pas de décrire par le menu les heures douloureuses du massacre lui-même. Dans un long préambule nous découvrons l'histoire récente du village, ses habitants futurs martyrs, et surtout nous suivons après la suite de la vie de Robert Hébras, du sort particulier du village martyr (sa visite il y a quelques années m'avait marqué), mais aussi les différents procès ayant eu lieu - parfois bien plus tard - avec les débats autour des Malgré Nous. Petit point de détail, je suis surpris de la légende d'une photo dans le dossier final, qui indique Juin 1944 pour des soldats américains à Oradour... Un album intéressant, assez riche et instructif.
La Fille dans l'écran
Une histoire d’amour sympathique. C'est simple, presque convenu (on devine la fin dès le début), ça ne cherche pas forcément à être une œuvre poétique ou philosophique, mais in fine ce n’est pas grave. Je suis très friande de romantisme et une grande amatrice d’œuvres complexes, mais même moi je dois bien reconnaître que tout récit n’a pas à devoir révolutionner son genre. Comme disait ma mamie : une petite histoire d’amour simple mais bien réalisée vaut mieux qu’une œuvre ambitieuse qui se casse la gueule ! Et elle avait raison, ma mamie ! Après, dire que l’album est sans ambition, c’est peut-être aller un peu loin. Cela reste tout de même une création à quatre mains cherchant à jouer à quelques reprises sur la rencontre de deux styles graphiques. La forme est pour moi la plus grande force de cet album. Les deux styles de dessins se mélangent parfaitement. Chacun des deux représente bien les protagonistes et leurs univers, et leur rencontre (des dessins comme des personnages) marque et marche. Je connaissais déjà Lou Lubie (dont j’apprécie le travail) mais c’est par cet album que j’ai découvert Manon Desveaux, et j’espère bien la revoir dans d’autres projets car j’ai plutôt apprécié son dessin.
Où le regard ne porte pas...
Le jeune William, 10 ans, s'installe avec sa famille dans un village de pêcheurs d'Italie. Il va y faire la connaissance de Lisa, Nino et Paolo qui vont devenir ses amis. Ils ont la particularité d'être tous les 4 nés le même jour, le 20 octobre 1896. Cette particularité semble leur procurer un lien particulier…. 20 ans ont passé et les 3 garçons répondent à l'appel de Lisa qui est au plus mal. Du petit village d'Italie au Costa Rica plongez dans la découverte du mystère entourant le lien unissant nos 4 amis. J'ai apprécié le dénouement de l'histoire, tout ce coté fantastique mais j'ai regretté qu'il soit aussi rapide. J'ai également trouvé dommage que les auteurs ne développent pas la vie de nos protagonistes. J'aurai aimé les voir à 20 ans. Oui c'est ça j'ai eu l'impression de passer du tome 1 au tome 3 en sautant le 2 J'avais une petite appréhension au niveau du dessin ( les personnages) j'ai finalement accroché surtout grâce aux couleurs qui, par ce temps grisâtre, réchauffent un peu. Au final ça reste une belle découverte même si selon moi un triptyque aurait été encore meilleur
Very bad dates
Mais ça demande tellement de temps ! - Ce tome contient un récit complet, indépendant de tout autre. Son édition originale date de 2023. Il a été réalisé par Gaëlle Sanchez, pour le scénario, les dessins et les couleurs. Il comprend cent-quatorze pages de bande dessinée. Il commence par une introduction d’une page de l’autrice qui explicite sa mission d’inspectrice de l’amour : donner une voix à celles et ceux qui, comme elle, ont navigué (et naviguent peut-être encore) dans les eaux tumultueuses du dating. Ses personnages vont vivre ces expériences embarrassantes et malgré tout amusantes, rappelant au passage que la quête de l’amour est parfois semée d’embûches. Ces histoires sont alors une invitation à rire de ces propres mésaventures romantiques, à trouver de la légèreté dans des situations insolites, à dédramatiser certaines pressions sociales liées au célibat, mais aussi à prévenir certains comportements… afin de transformer les pires rendez-vous en souvenirs mémorables. Dans un appartement, Jade s’étonne que Nina ne soit pas là. Léo répond qu’elle se prépare car Madame a un date. Victoria relève la tête de son téléphone, trouvant ça intéressant, alors que Rafaël sourit en écoutant. Nina passe par la porte vêtue d’une belle robe rouge, en demandant à Léo s’il est jaloux. Ce dernier répond que pas du tout. Il ajoute qu’elle est la meilleure coloc du monde, avec son emploi du temps de ministre du dating. Rafaël lui lance une pique en lui faisant remarquer que pour Léo c’est très calme de ce côté-là. Victoria renchérit en ajoutant qu’il va leur dire qu’il prend du temps pour lui, qu’il redécouvre le célibat, bla, bla, bla. Très détendu, Léo répond que c’est exactement ça. Jade demande qui est le mec que Nina voit ce soir. Rafaël ajoute qu’ils peuvent en savoir plus puisqu’elle les abandonne. Elle répond : ils ont matché sur une application et ce soir, c’est la première fois qu’elle le rencontre, il s’appelle Marc. Jade demande à Nina si ça marche vraiment, les applications de rencontre. Léo se moque : Oh que oui, il suffit de regarder la collection de mecs de Nina. Cette dernière explique que ça dépend : il faut faire le tri dans les profils. Elle pourra lui montrer si elle veut, et elles pourront créer un compte pour Jade. Léo estime que sa petite sœur n’a pas besoin d’être pervertie ainsi, et il enchaîne en demandant où Rafaël en est avec Matthieu. L’intéressé ne souhaite pas répondre et propose plutôt de passer à la vie sentimentale de Victoria. Léo la ramène pour dire qu’elle va se marier avec son job de toute façon. Elle lui demande s’il veut vraiment parler de mariage, lui le divorcé. Finalement Nina indique qu’il est temps qu’elle y aille. Elle arrive juste à temps, son rencard est en train d’attacher son vélo devant le café où ils ont rendez-vous. Ils entrent et s’installent pour boire un verre. Rapidement, il lui pose la question qui lui tient à cœur : quel est son légume préféré ? Elle trouve la question un peu étrange et lui dit. Il répond que c’est pour vérifier qu’elle en mange. Il explique qu’il trouve que ça se voit qu’elle mange bien à la cantine, et pour lui c’est super important d’avoir une hygiène de vie irréprochable : faire beaucoup de sport, manger des légumes… Le texte de la quatrième de couverture établit clairement la nature de cet ouvrage : cinq amis célibataires débriefent avec humour leurs rencards entre virtuel et réalité, des anecdotes issues de vrais témoignages. L’ouvrage se décompose en trente-deux scénettes, relatant des rencontres souvent d’un soir puisqu’il s’agit de Very bad dates, avec quelques-unes consacrées aux discussions entre les cinq amis sur le principe d’une application de rencontres, sur le temps qui passe, l’éventuel engagement sérieux qui pourrait découler d’une de ces rencontres, l’absence de réponse à des messages après un premier rendez-vous et les raisons de ghoster, ainsi qu’une page consacrée au Service Après-Vente (SAV) du dating, et une autre sous forme de logigramme en cas de match dans une appli (envoi de messages, un rendez-vous chez lui ou chez elle ou un rendez-vous à l’extérieur, choisir un lieu qui ne craint pas, boire un coup ensemble, et plus si affinité). Le ton de la narration est dédramatisé, avec quelques touches d’humour, ou au moins de bonne humeur à chaque fois, sans moquerie ou méchanceté, tout en pointant du doigt certains comportements manquant de tact ou de politesse, ou vraiment étrange lors d’un premier contact. Cela va de cette question sur le légume préféré, à une proposition de passer à l’acte tout de suite en craignant d’être trop fatigué plus tard dans la soirée. L’illustration de couverture fait jeune, ciblant un public d’une vingtaine d’années, encore que les personnages mis en scène ont entre vingt-six ans pour Jade, et trente-deux ans pour Victoria et Léo, Nina et Rafaël ayant trente-et-un ans. Les personnages sont conformes aux canons de la beauté, avec des silhouettes bien proportionnées, seul un jeune homme semble en léger surpoids et une femme présente des hanches assez larges. L’autrice a constitué une distribution de personnages offrant assez de diversité : trois blancs, une noire et un jeune homme vaguement typé maghrébin. Les dessins des personnages présentent des caractéristiques à la fois simplifiées et rendues plus douces au regard : des yeux un peu plus grands pour qu’ils soient plus expressifs, des corps sans beaucoup de particularités si ce n’est la chevelure, des expressions avenantes avec souvent un sourire aux lèvres reflétant leur bonne humeur. La dessinatrice fait usage régulièrement de mimiques très expressives pour indiquer l’état d’esprit des personnages, ou pour donner plus de vivacité à leurs réactions émotionnelles. Elle varie les tenues vestimentaires en fonction des personnages et des situations. Lorsque la rencontre se passe bien, à trois occasions différentes, les deux adultes peuvent se retrouver dans la chambre à coucher, sans nudité, l’autrice s’arrêtant au stade des sous-vêtements. S’ils semblent un peu lisses en surface, les dessins comprennent de nombreuses informations visuelles. L’artiste représente très régulièrement les décors, ce qui évite d’avoir la sensation d’une enfilade de scènes entre acteurs sur un théâtre avec une toile de fond pour tout décor. Ainsi de séquence en séquence, il peut regarder l’ameublement de l’appartement en colocation avec ses meubles très fonctionnels, quelques rues à la représentation très géométrique et épurée mais avec des façades et des commerces différents, des bars et des terrasses de café variés, plusieurs cuisines aménagées, la queue et une salle de cinéma, deux ou trois chambres à coucher, une salle de bain, etc. Quel que soit l’environnement de la scène, le lecteur observe une propreté immaculée, au point de les rendre aseptisés. Il remarque également qu’à plusieurs reprises l’artiste sort du format de cases disposées en bande pour une page qui sort de l’ordinaire. Chacun des cinq amis bénéficie d’une présentation d’une page où il apparaît dessiné en pied, avec un facsimilé simplifié de son profil sur l’application de rencontre : son prénom, son âge et sa profession, un très court message de présentation en une vingtaine de mots, ses occupations préférées, ses émojis favoris, et sa musique du moment, ainsi qu’une photographie de mise en situation (position de yoga pour Nina, en cours de danse classique pour Jade, à la Gay Pride pour Rafaël, en salle de gym pour Victoria, en salle de boxe pour Léo). L’autrice s’est également amusée à faire une page de profil de six hommes (Charles 34 ans, Baptiste 30 ans, Pierre 24 ans, Max 27 ans, Noam 29 ans, Damien 31 ans), et une autre de cinq femmes (Laurie, 32 ans, Katia 30 ans, Olivia 25 ans, Juliette 30 ans, Cathy 53 ans), une mise en page colorée pour une douzaine de messages qualifiés de perles, une parodie de Gandalf refusant le passage, une page de conseil SAV du dating et un logigramme de rencontre. Le lecteur se retrouve invité dans les échanges amicaux entre ces cinq personnes, évoquant ces rencontres, qualifiées de très mauvaises. Les mauvaises surprises en question sont de nature diverse, sans jamais verser dans l’agression pour le harcèlement. Les unes et les autres sont confrontées aux bizarreries ordinaires, du comportement sans gêne à la phobie légère, du gros lourd qui dit faire dire Camion comme prétexte pour toucher la poitrine de son interlocutrice, à l’individu qui indique après coup par message qu’il souffre de trichophobie et qu’il souhaite que sa potentielle amie se rase les poils des bras, sans oublier celui ou celle qui se montre dans le jugement dès les premières phrases, ou plus classique celui ou celle qui s’écoute parler. À trois reprises, les amis parlent entre eux de leurs rendez-vous passés, pour débriefer, et se soutenir après ces rendez-vous allant de la déception au désastre, d’une manœuvre de diversion et d’une excuse pitoyable pour mettre un terme le plus rapidement possible, à un constat d’incompatibilité. En passant, l’autrice évoque le fait que le célibat n’a rien de honteux, que les femmes peuvent se sentir pressées par leur horloge biologique alors que les années passent si elles souhaitent fonder une famille, que les attentes ne sont pas forcément les mêmes entre les deux êtres humains s’étant donné rendez-vous. Elle n’aborde pas d’autres facettes, comme la motivation du premier rendez-vous (plutôt faire connaissance ou plutôt chercher une relation sexuelle), ou la stratégie de séduction, les règles que peuvent se fixer les unes et les autres. Une bande dessinée sympathique, avec une narration visuelle agréable à l’œil, sur le thème de la rencontre à partir d’une correspondance sur une application. Les cinq amis sont rapidement définis, surtout par leur âge, sans réelle personnalité, et ils rencontrent des individus, le temps d’un rendez-vous pouvant s’arrêter au bout de quelques minutes, comme se prolonger jusqu’à se retrouver dans la même chambre. Il n’est pas question de violence ou de contrainte, simplement de premier contact et de déceptions diverses et variées. Amusant.
Batman - One Bad Day - Gueule d'Argile
Même si je ne le connais que via le dessin animé, j’aime beaucoup le personnage de Gueule d’Argile. Un méchant que j’étais ravi de découvrir sur papier. Et je dois dire que son aventure One Bad Day est assez honnête, je le classe dans la moyenne haute de la collection (derrière ceux sur Le Sphinx et M. Freeze). J’ai bien aimé la réalisation. Une partie graphique très agréable, des planches suffisamment détaillées et assez lumineuses niveaux teintes. Bref c’est comics mais appliqué. L’éloignement de Gotham ne m’a pas choqué. Le récit ne vole pas bien haut mais se lit facilement et bien. Il y a juste quelques petits trucs/facilités qui peinent à convaincre totalement. J’en suis sorti quand même satisfait à la vue du nombre de pages.
La France sur le pouce
C'est une histoire sympathique et agréable à lire. D'abord grâce au dessin, fluide, simple, que j'ai bien aimé. Ensuite parce que la narration est elle aussi fluide. Le principe même du long road trip en stop permet de renouveler personnages et paysages. Et on sent bien que c'est du vécu. Je n'ai jamais fait ce genre de périple et ne suis pas non plus un campeur. Mais très régulièrement je fais du stop (disons une vingtaine de fois par an, parfois plus) pour aller à mon boulot, en cas de grève ou de problème dans les transports (je ne conduis pas). Et donc, même si c'est sur un temps et des distances plus courts, j'ai moi aussi été confronté à des échantillons très divers de conducteurs, c'est d'ailleurs intéressant. Ici, j'ai bien aimé le récit, qui vire au feel good movie. Surtout que certaines contingences parfois désagréables sont évacuées (acheter et faire la bouffe, trouver un coin pour dormir au sec, les heures à attendre que quelqu'un nous prenne en stop, etc.). Des petits airs de "Nus et culottés" parfois, avec le passage chez des gens accueillants. Une lecture plaisante en tout cas. Note réelle 3,5/5.