Voici un Yaoi (boy's love) plutôt original.
Une épidémie mondiale a réduit nos sociétés à l'état de souvenir et la misère règne. Tak est un jeune homme plutôt sensible qui a réussi à intégrer une école un peu spéciale où l'on étudie et développe les talents particuliers de ceux qui possèdent le Noyau. Ce pouvoir octroie à ses détenteurs des pouvoirs plus ou moins puissants et intéressants ; celui de Tak semble ridicule, je vous laisserai le découvrir :P
Mais une nouvelle épidémie mortelle et contagieuse fait son apparition et vient frapper jusqu'au sein de son école. Sur les conseils d'un vieil ami, il décide de partir à la recherche de son "Appelant", un partenaire inconnu qui lui permettrait de décupler ses pouvoirs. Voici donc notre jeune novice largué en pleine nature pour retrouver cet Appelant... Et le choc des contraires va bien sûr avoir lieu.
Si la rencontre de ces deux personnages que tout oppose n'est pas des plus originales, c'est plus le background et cet univers oscillant entre SF et post-apo qui contraste avec le caractère de notre protagoniste. Je ne partais pas spécialement conquis, mais je me suis laissé prendre par le fil du récit. La narration est bonne, le dessin efficace, même s'il pêche un peu côté décors (c'est souvent vide) ; on finit par se surprendre à attendre la suite, ce qui est plutôt bon signe.
La météo n’est pas clémente en ce moment ! ben c’est l’hiver, c’est un peu normal. Pour vous réchauffer je vous propose de plonger dans cet album de saison ! Quelque chose de froid de Philippe Pelaez et Hugues Labiano est une bande dessinée bien gluante qui va vous vous entrainer dans une noirceur palpable et envoûtante.
L’ambiance est sombre. L’atmosphère est oppressante rappelant les vieux films noirs américains du siècle dernier en noir et blanc. Les illustrations de Hugues Labiano utilisent des tons sombres et des jeux d’ombre pour créer cette ambiance étouffante et mystérieuse. Une réussite.
L’histoire n’est pas très originale. Le protagoniste principal, Ethan Hedgeway, est un ancien mafieux hanté par ses erreurs passées.
Ethan est un homme brisé, qui cherche à se racheter dans un monde impitoyable. La femme fatale, Victoria, ajoute une couche supplémentaire de mystère et de danger.
Ce cocktail, femme fatale, hôtels miteux, pègre et violence fonctionne plutôt bien.
Dans cet album, nous retrouvons les thèmes tels que la trahison, la vengeance et la rédemption. Je me suis régalé.
C’est violent bien évidemment. Les balles fusent dans un décor urbain décrépit … la ville de Cleveland en 1936 ! Ca claque graphiquement !
Pas mal cette ambiance sombre et immersive. Je recommande pour ceux / celles qui souhaitent des histoires noires et intenses. A lire cependant bien calé dans un canapé, dans la pénombre avec en arrière fond un peu de jazz
J'avoue avoir été surprise, car au début de ma lecture je pensais qu'il s'agissait simplement d'une série de petites histoires sans réel lien, si ce n'est la prémisse filée de la quête de nos deux héroïnes. En effet, à part dans la toute première petite histoire (installant nos protagonistes et nous expliquant leur objectif), chaque histoire se soldait systématiquement de la même façon : Cendre et Hazel échouaient dans leur quête et devaient continuer leur route.
Quelle quête ? Eh bien, Cendre, jeune sorcière en herbe (et légèrement impétueuse sur les bords), a un jour décidé de faire ses preuves auprès de ses pairs mais a malheureusement lancé un sort extrêmement puissant qui a transformé tout son village en chèvres. Cendre a donc décidé de partir à la recherche d'un moyen de réparer son erreur, accompagnée de sa grande sœur Hazel elle aussi transformée en chèvre.
Comme dit précédemment, donc, au début cela se contente juste de très courtes histoires (6 à 8 pages en moyenne) visant juste à raconter les déboires et péripéties que vivent les deux sœurs.
Et puis, progressivement, l'intrigue pointe de nouveau le bout de son nez. Des personnages deviennent récurrents, certaines histoires se suivent plus clairement, nos héroïnes reviennent quelques fois à leur village, on apprend des choses sur leur famille (notamment leur mère), il y a des histoires de malédictions, le statu quo évolue à plusieurs reprises, ... Bah j'avoue que j'ai été assez surprise à ma lecture. En bien, hein. Je ne m'attendais pas à ce que cette série en apparence purement gagesque essaye de créer un scénario plus poussé que le minimum syndical. Bon, même avec le scénario, le but premier reste tout de même le gags et les histoires continuent pour la plupart d'être des petites anecdotes de route, mais tout de même, j'ai été surprise. Pas que je pense qu'il soit nécessaire d'avoir une intrigue filée pour être bon, mais j'avoue que je ne m'y attendais pas dans le cas présent.
Forcément, d'un regard adulte la série ne parait sans doute pas très divertissante, mais elle reste très mignonne (et je peux attester que les jeunes enfants de ma bibliothèque l'empruntent souvent).
C’est le troisième album d’Alfred que je lis se déroulant dans une Italie ensoleillée. Je viens juste de lire Senso, et je dois dire que ce « Maltempo » m’a un peu moins captivé. Même si au final j’ai trouvé cette lecture agréable.
Le dessin en moins, l’histoire m’a fait songer à du Gipi (Le Local par exemple, où là aussi de jeunes italiens cherchent à monter un groupe de rock). Alfred parvient à développer une intrigue sur quelques petits riens, développant quelques personnalités par pointillisme.
Sur les deux premiers tiers, j’ai trouvé l’ensemble un peu trop léger. Même si quelques touches poétiques (le vieux traversant les rues avec son cheval de gamin en chantant je ne sais quoi) ou les interventions du gamin plein de vie à la coiffure afro, pimentaient le récit.
Mais finalement je ressors avec un bon ressenti. Sans esbroufe et avec une économie de moyen, Alfred réussit quand même à nous proposer une histoire fluide, sympathique. Tous les personnages et toutes les péripéties sont crédibles. On accepte même aisément le relatif happy-end final, alors qu’au milieu des écroulements le vent semble tourner à l’avantage du jeune personnage principal.
2.5
Dur de mettre une note à cette série jeunesse qui est peut-être fait pour durer comme la série Lost dont elle s'est bien inspirée.
Les personnages sont très clichés mais d'autres devraient apparaître, voyons s'ils prendront de l'épaisseur comme l'a su faire Seuls qui semble être une grosse influence. Mais si les personnages sont croqués de la même manière, les décors sont beaucoup moins convaincants, bourrés d'incohérences de proportion par exemple. A moins que ce soit voulu pour donner une impression de fantastique de déformation de la réalité. A voir... attention à ne pas surinterpréter pour l'instant.
Donc un généreux 3 pour l'instant qui sera réévalué au prochain tome.
Un grand 4 pour le tome 1 et la moitié du tome 2, puis 2 pour le reste. Pour l'ensemble je ne saurai jamais vraiment car le dernier tome ne sera apparemment pas édité en français.
Pourtant j'aime ce croisement entre Toy Story, le magicien d'Oz et quelques films fantastique tendance Clive Barker ou Burton m'ayant hypnotisé ado. Et le tout dans des tons sépia, c'était osé et donc forcément alléchant.
Pourtant l'imagination explosive du début laisse place à une routine et des personnages qui évoluent finalement peu. Percy le cochon est détestable, le peu de réaction du reste du groupe est incompréhensible. Certains personnages sont profonds tels le maire de Marelle alors que les trouffions sont fades au possible.
Donc un pitch accrocheur, un graphisme courageux et maîtrisé (même si parfois un peu plus croqué que finalisé) pour un résultat qui m'a laissé sur ma faim, dommage.
On passe là à côté d'une grande oeuvre: un graphisme de haute volée qui ose des angles et colorisations risquées, un personnage principal charimatique en diable à la Corto Maltese et une ambiance mystique immersive qui fleure bon le XIXème siècle.
Mais lorsque le mystique prend définitvement le pas sur l'aventure et que l'on se rend compte du manque d'épaisseur des personnages secondaire, le ryhtme est complètement cassé et le soufflé retombe et du côté j'ai refermé l'album frustré.
Même si cette série scénarisée par le grand Goscinny ne crée pas un enthousiasme général, il faut lui reconnaître sa renommée.
Surtout pour le fameux Iznogoud avec sa tête de fouine et ruminant sans cesse le même crédo.
C'est là le gros point fort, un personnage qui en fait des caisses et échoue sans cesse tel Coyote rêvant de bouffer Bip-Bip. Et puis, ce dessin si cartoonesque et coloré fait de Bagdad un personnage à part entière, je pense souvent à la Rome dépeinte dans Astérix avec ses hordes de touristes et ses petites échoppes. Et enfin ces tonnes de calembours parfois bien foireux que Goscinny s'amuse à mitrailler.
En revanche, la redondance des gags gâche la lecture sur le long terme alors que chacun offre au moins un détail rigolo. Et l'ambiance est particulière, je trouvais enfant un paquet de personnages vraiment antipathiques et le calife trop à la ramasse. Adulte, je pouffe à certains jeux de mot pas piqués des hannetons, il y a du Bobby Lapointe dans l'air. Un peu comme Léonard en fait (à part que là tous les personnages sont sympas).
Bref, une série sur le long cours mais incontournable à découvrir.
Lors d'une résidence d'auteur, Laurent Lolmède s'est retrouvé à Périgueux, avec comme mission de dessiner les bâtiments du Toulon, un quartier autrefois populaire dans l'ouest de la ville, le Toulon. L'auteur se balade donc dans ce quartier qui a connu ses grandes heures des années 1860 à 1950, alors que plusieurs fabriques ponctuaient le secteur : des ateliers SNCF, une filature, sans oublier une source qui alimente deux rivières et hydrate toute la ville. A une époque de nombreux bars et commerces faisaient battre le cœur de ce secteur, un peu plus isolé à présent.
Lolmède interroge de nombreuses personnes habitant encore là, qui témoignent de cette effervescence passée, et de leurs vies, ordinaires mais touchantes. C'est sympa, pas voyeuriste, on sent que l'auteur a approché le quartier et ses habitants avec un grand respect. Son style est basé sur des croquis, il est donc à la fois sensible et fragile, sans aller dans la voie du photoréalisme. Les couleurs d'Isabelle Merlet donne beaucoup de vie à ce dessin.
L'album a bénéficié d'un grand soin quant à sa présentation, superbe boulot des Editions Ouïe/Dire. A réserver à celles et ceux qui aiment bien ces quartiers à l'ambiance un peu désuète, mais aussi aux habitants de Périgueux et sa périphérie.
Beau thriller, rondement mené, souvent via des planches à la limite du muet.
Certes, le scénario de ce huis clos est prévisible et l'on aurait aimé davantage de nuances dans l'évolution des personnages au gré de la situation. On regrette qu'un crescendo jouant de cette évolution n'ait pas été instauré, que le thriller et l'angoisse ne naissent de procédés différents : d'abord par les non-dits et les infernales circonvolutions de la pensée, que maladresse et humour noir s'invitent ensuite pour envisager et exprimer les résolutions possibles, que le pire ne soit pas ironiquement provoqué par les personnages eux-mêmes, que l'horreur psychologique du pragmatisme soit à l'origine d'une perversité meurtrière plus ignoble encore, avant que du grand-guignolesque ne s'immisce pour clore factuellement la dernière partie.
Tout ne se développe pas ainsi, la maestria est absente, mais l'habileté est de son côté bien au rendez-vous : c'est limpide, clair, rythmé et tendu ; jusque dans sa mise en place et dans sa conclusion, qui savent aller rapidement à l'essentiel.
Une lecture agréable, si l'on ose l'exprimer ainsi.
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Voici un Yaoi (boy's love) plutôt original. Une épidémie mondiale a réduit nos sociétés à l'état de souvenir et la misère règne. Tak est un jeune homme plutôt sensible qui a réussi à intégrer une école un peu spéciale où l'on étudie et développe les talents particuliers de ceux qui possèdent le Noyau. Ce pouvoir octroie à ses détenteurs des pouvoirs plus ou moins puissants et intéressants ; celui de Tak semble ridicule, je vous laisserai le découvrir :P Mais une nouvelle épidémie mortelle et contagieuse fait son apparition et vient frapper jusqu'au sein de son école. Sur les conseils d'un vieil ami, il décide de partir à la recherche de son "Appelant", un partenaire inconnu qui lui permettrait de décupler ses pouvoirs. Voici donc notre jeune novice largué en pleine nature pour retrouver cet Appelant... Et le choc des contraires va bien sûr avoir lieu. Si la rencontre de ces deux personnages que tout oppose n'est pas des plus originales, c'est plus le background et cet univers oscillant entre SF et post-apo qui contraste avec le caractère de notre protagoniste. Je ne partais pas spécialement conquis, mais je me suis laissé prendre par le fil du récit. La narration est bonne, le dessin efficace, même s'il pêche un peu côté décors (c'est souvent vide) ; on finit par se surprendre à attendre la suite, ce qui est plutôt bon signe.
Quelque chose de froid
La météo n’est pas clémente en ce moment ! ben c’est l’hiver, c’est un peu normal. Pour vous réchauffer je vous propose de plonger dans cet album de saison ! Quelque chose de froid de Philippe Pelaez et Hugues Labiano est une bande dessinée bien gluante qui va vous vous entrainer dans une noirceur palpable et envoûtante. L’ambiance est sombre. L’atmosphère est oppressante rappelant les vieux films noirs américains du siècle dernier en noir et blanc. Les illustrations de Hugues Labiano utilisent des tons sombres et des jeux d’ombre pour créer cette ambiance étouffante et mystérieuse. Une réussite. L’histoire n’est pas très originale. Le protagoniste principal, Ethan Hedgeway, est un ancien mafieux hanté par ses erreurs passées. Ethan est un homme brisé, qui cherche à se racheter dans un monde impitoyable. La femme fatale, Victoria, ajoute une couche supplémentaire de mystère et de danger. Ce cocktail, femme fatale, hôtels miteux, pègre et violence fonctionne plutôt bien. Dans cet album, nous retrouvons les thèmes tels que la trahison, la vengeance et la rédemption. Je me suis régalé. C’est violent bien évidemment. Les balles fusent dans un décor urbain décrépit … la ville de Cleveland en 1936 ! Ca claque graphiquement ! Pas mal cette ambiance sombre et immersive. Je recommande pour ceux / celles qui souhaitent des histoires noires et intenses. A lire cependant bien calé dans un canapé, dans la pénombre avec en arrière fond un peu de jazz
Cendre et Hazel
J'avoue avoir été surprise, car au début de ma lecture je pensais qu'il s'agissait simplement d'une série de petites histoires sans réel lien, si ce n'est la prémisse filée de la quête de nos deux héroïnes. En effet, à part dans la toute première petite histoire (installant nos protagonistes et nous expliquant leur objectif), chaque histoire se soldait systématiquement de la même façon : Cendre et Hazel échouaient dans leur quête et devaient continuer leur route. Quelle quête ? Eh bien, Cendre, jeune sorcière en herbe (et légèrement impétueuse sur les bords), a un jour décidé de faire ses preuves auprès de ses pairs mais a malheureusement lancé un sort extrêmement puissant qui a transformé tout son village en chèvres. Cendre a donc décidé de partir à la recherche d'un moyen de réparer son erreur, accompagnée de sa grande sœur Hazel elle aussi transformée en chèvre. Comme dit précédemment, donc, au début cela se contente juste de très courtes histoires (6 à 8 pages en moyenne) visant juste à raconter les déboires et péripéties que vivent les deux sœurs. Et puis, progressivement, l'intrigue pointe de nouveau le bout de son nez. Des personnages deviennent récurrents, certaines histoires se suivent plus clairement, nos héroïnes reviennent quelques fois à leur village, on apprend des choses sur leur famille (notamment leur mère), il y a des histoires de malédictions, le statu quo évolue à plusieurs reprises, ... Bah j'avoue que j'ai été assez surprise à ma lecture. En bien, hein. Je ne m'attendais pas à ce que cette série en apparence purement gagesque essaye de créer un scénario plus poussé que le minimum syndical. Bon, même avec le scénario, le but premier reste tout de même le gags et les histoires continuent pour la plupart d'être des petites anecdotes de route, mais tout de même, j'ai été surprise. Pas que je pense qu'il soit nécessaire d'avoir une intrigue filée pour être bon, mais j'avoue que je ne m'y attendais pas dans le cas présent. Forcément, d'un regard adulte la série ne parait sans doute pas très divertissante, mais elle reste très mignonne (et je peux attester que les jeunes enfants de ma bibliothèque l'empruntent souvent).
Maltempo
C’est le troisième album d’Alfred que je lis se déroulant dans une Italie ensoleillée. Je viens juste de lire Senso, et je dois dire que ce « Maltempo » m’a un peu moins captivé. Même si au final j’ai trouvé cette lecture agréable. Le dessin en moins, l’histoire m’a fait songer à du Gipi (Le Local par exemple, où là aussi de jeunes italiens cherchent à monter un groupe de rock). Alfred parvient à développer une intrigue sur quelques petits riens, développant quelques personnalités par pointillisme. Sur les deux premiers tiers, j’ai trouvé l’ensemble un peu trop léger. Même si quelques touches poétiques (le vieux traversant les rues avec son cheval de gamin en chantant je ne sais quoi) ou les interventions du gamin plein de vie à la coiffure afro, pimentaient le récit. Mais finalement je ressors avec un bon ressenti. Sans esbroufe et avec une économie de moyen, Alfred réussit quand même à nous proposer une histoire fluide, sympathique. Tous les personnages et toutes les péripéties sont crédibles. On accepte même aisément le relatif happy-end final, alors qu’au milieu des écroulements le vent semble tourner à l’avantage du jeune personnage principal.
L'Île de Minuit
2.5 Dur de mettre une note à cette série jeunesse qui est peut-être fait pour durer comme la série Lost dont elle s'est bien inspirée. Les personnages sont très clichés mais d'autres devraient apparaître, voyons s'ils prendront de l'épaisseur comme l'a su faire Seuls qui semble être une grosse influence. Mais si les personnages sont croqués de la même manière, les décors sont beaucoup moins convaincants, bourrés d'incohérences de proportion par exemple. A moins que ce soit voulu pour donner une impression de fantastique de déformation de la réalité. A voir... attention à ne pas surinterpréter pour l'instant. Donc un généreux 3 pour l'instant qui sera réévalué au prochain tome.
L'Etoffe des Légendes
Un grand 4 pour le tome 1 et la moitié du tome 2, puis 2 pour le reste. Pour l'ensemble je ne saurai jamais vraiment car le dernier tome ne sera apparemment pas édité en français. Pourtant j'aime ce croisement entre Toy Story, le magicien d'Oz et quelques films fantastique tendance Clive Barker ou Burton m'ayant hypnotisé ado. Et le tout dans des tons sépia, c'était osé et donc forcément alléchant. Pourtant l'imagination explosive du début laisse place à une routine et des personnages qui évoluent finalement peu. Percy le cochon est détestable, le peu de réaction du reste du groupe est incompréhensible. Certains personnages sont profonds tels le maire de Marelle alors que les trouffions sont fades au possible. Donc un pitch accrocheur, un graphisme courageux et maîtrisé (même si parfois un peu plus croqué que finalisé) pour un résultat qui m'a laissé sur ma faim, dommage.
Adlivun
On passe là à côté d'une grande oeuvre: un graphisme de haute volée qui ose des angles et colorisations risquées, un personnage principal charimatique en diable à la Corto Maltese et une ambiance mystique immersive qui fleure bon le XIXème siècle. Mais lorsque le mystique prend définitvement le pas sur l'aventure et que l'on se rend compte du manque d'épaisseur des personnages secondaire, le ryhtme est complètement cassé et le soufflé retombe et du côté j'ai refermé l'album frustré.
Iznogoud
Même si cette série scénarisée par le grand Goscinny ne crée pas un enthousiasme général, il faut lui reconnaître sa renommée. Surtout pour le fameux Iznogoud avec sa tête de fouine et ruminant sans cesse le même crédo. C'est là le gros point fort, un personnage qui en fait des caisses et échoue sans cesse tel Coyote rêvant de bouffer Bip-Bip. Et puis, ce dessin si cartoonesque et coloré fait de Bagdad un personnage à part entière, je pense souvent à la Rome dépeinte dans Astérix avec ses hordes de touristes et ses petites échoppes. Et enfin ces tonnes de calembours parfois bien foireux que Goscinny s'amuse à mitrailler. En revanche, la redondance des gags gâche la lecture sur le long terme alors que chacun offre au moins un détail rigolo. Et l'ambiance est particulière, je trouvais enfant un paquet de personnages vraiment antipathiques et le calife trop à la ramasse. Adulte, je pouffe à certains jeux de mot pas piqués des hannetons, il y a du Bobby Lapointe dans l'air. Un peu comme Léonard en fait (à part que là tous les personnages sont sympas). Bref, une série sur le long cours mais incontournable à découvrir.
Un Autre Toulon
Lors d'une résidence d'auteur, Laurent Lolmède s'est retrouvé à Périgueux, avec comme mission de dessiner les bâtiments du Toulon, un quartier autrefois populaire dans l'ouest de la ville, le Toulon. L'auteur se balade donc dans ce quartier qui a connu ses grandes heures des années 1860 à 1950, alors que plusieurs fabriques ponctuaient le secteur : des ateliers SNCF, une filature, sans oublier une source qui alimente deux rivières et hydrate toute la ville. A une époque de nombreux bars et commerces faisaient battre le cœur de ce secteur, un peu plus isolé à présent. Lolmède interroge de nombreuses personnes habitant encore là, qui témoignent de cette effervescence passée, et de leurs vies, ordinaires mais touchantes. C'est sympa, pas voyeuriste, on sent que l'auteur a approché le quartier et ses habitants avec un grand respect. Son style est basé sur des croquis, il est donc à la fois sensible et fragile, sans aller dans la voie du photoréalisme. Les couleurs d'Isabelle Merlet donne beaucoup de vie à ce dessin. L'album a bénéficié d'un grand soin quant à sa présentation, superbe boulot des Editions Ouïe/Dire. A réserver à celles et ceux qui aiment bien ces quartiers à l'ambiance un peu désuète, mais aussi aux habitants de Périgueux et sa périphérie.
Confession
Beau thriller, rondement mené, souvent via des planches à la limite du muet. Certes, le scénario de ce huis clos est prévisible et l'on aurait aimé davantage de nuances dans l'évolution des personnages au gré de la situation. On regrette qu'un crescendo jouant de cette évolution n'ait pas été instauré, que le thriller et l'angoisse ne naissent de procédés différents : d'abord par les non-dits et les infernales circonvolutions de la pensée, que maladresse et humour noir s'invitent ensuite pour envisager et exprimer les résolutions possibles, que le pire ne soit pas ironiquement provoqué par les personnages eux-mêmes, que l'horreur psychologique du pragmatisme soit à l'origine d'une perversité meurtrière plus ignoble encore, avant que du grand-guignolesque ne s'immisce pour clore factuellement la dernière partie. Tout ne se développe pas ainsi, la maestria est absente, mais l'habileté est de son côté bien au rendez-vous : c'est limpide, clair, rythmé et tendu ; jusque dans sa mise en place et dans sa conclusion, qui savent aller rapidement à l'essentiel. Une lecture agréable, si l'on ose l'exprimer ainsi.