Djinn m'avait donné envie d'acheter Muraqqa, pour retrouver le beau dessin d'Ana Miralles, mais l'album m’était tombé des mains. Je viens de le reprendre et de le lire en entier et je n’ai pas beaucoup plus d’enthousiasme que lors de ma première tentative. Ce n’est pas désagréable à lire, le rythme est lent à l’image de la vie dans un palais mais il manque quelque chose, un événement ou deux, une véritable intrigue. Pour moi, l'intérêt de cet album est la découverte un peu détaillée de la vie dans un harem, les fonctions de chacun, les espaces réservés, la hiérarchie de cette micro-société. C'est intéressant mais pas suffisant et malheureusement, pas de suite pour se faire une idée plus précise de la série.
On m'a prêté cet album car au vu du contenu graphique aperçu en l'ouvrant, je n'aurais sans doute pas emprunté cette Bd en bibli ; le dessin est révélateur pour moi, ça me permet de déterminer si je vais lire ou non une Bd. Bon, je n'ai ni lu le roman ni vu le film, je n'ai donc que mon ressenti pour juge.
Ce qui est très étonnant, c'est l'héroïne, c'est une femme au caractère de fer et à l'ambition dévorante qui laisse éclater sa froideur dès son arrivée au sortir du train à Waynesville ; sa vénalité et sa perfidie qui en font un personnage de femme de fort caractère à la fois fascinante et détestable, rendent ce récit glaçant. Dans un décor rude et viril de domaine forestier, l'ambiance est tendue et ponctuée de pics à faire froid dans le dos. A cela, s'ajoute le contexte historique de l'exploitation des ouvriers dans une Amérique des années 30 qui sort à peine de la Grande Dépression. Véritable thriller social, l'histoire est riche et addictive mais elle l'aurait été encore plus avec un dessin plus approprié ; en effet, je n'apprécie pas du tout ce dessin très épuré et aux couleurs ternes, il n'est ni joli ni expressif, ne met pas en valeur les personnages qui ont pourtant une solide profondeur, et ne me permet pas de me plonger totalement dans ce récit, quel dommage...
J'ai été bien déçu par cette série. C'est la première série de MY Schmitt que je n'apprécie vraiment pas. Je le trouve bien meilleur dans le registre intimiste que dans ce type de scénario zarbi à la mystère de l'Ouest en plein délire.
Son personnage central est plus repoussant que charismatique. Addict au jeu et à l'alcool, veul, menteur et tricheur il est l'image de l'anti-héros parfait. Le personnage du pasteur est un stéréotype éculé bourré d'imprécisions et d'erreurs.
La fin serait acceptable avec notre bon vieux comte de Champignac mais ici cela ressemble à une corde pour se tirer d'une noyade scénaristique.
Le graphisme est assez fin mais je ne suis pas très fan de cette école. En conclusion une lecture qui m'a déçu et ennuyé.
Vacances d'été sur la Côte d'Opale, une bande d'ados s'occupent comme ils peuvent. Parmi eux, deux pré-ados retrouvent Jessica, une fille avec qui ils se sont liés d'amitié l'année d'avant. Elle, c'est un vrai garçon manqué, toujours en survet' façon racaille de banlieue, cheveux courts et physique androgyne. Forte tête et ne se laissant pas faire, son originalité lui attire toutefois l'inimitié des jeunes de la région et elle fait plutôt bande à part. En réalité, derrière son aggressivité de façade, elle masque le malaise d'une jeune qui a trop vite grandi. Ca n'empêche pas les deux garçons de se sentir plus ou moins attirés par elle, dans une relation de désir et de rejet envers elle.
L'auteur, Camille Poulie, est issu des Beaux-Arts. S'il a déjà réalisé plusieurs expositions, courts-métrages d'animation et autres livres, c'est là sa première BD qui ne soit pas auto-éditée. Son background artistique transparait nettement dans cet ouvrage. Son graphisme est changeant, alternant les styles, parfois très soigné, avec une abondance de traits rappelant des gravures ou les planches de Francis Masse, d'autres fois nettement plus lâché, allant même jusqu'à se réduire à un minimum de courbes pour représenter les mêmes personnages qui pouvaient être bien plus ouvragés la case précédente. Et ces styles différents se côtoient parfois dans une même case, ce qui donne une allure assez disparate à l'album. Concrètement, si j'y trouve un certain charme, j'ai aussi été gêné par cette instabilité du style qui m'a parfois empêché de bien reconnaitre les personnages et m'a forcé au moins deux fois à revenir en arrière quand j'ai cru à tort que c'était un autre protagoniste qui intervenait. Sans parler des pages d'introduction où il m'a fallu attendre les premières paroles pour réaliser que le personnage principal était une fille et pas un mec. La créativité graphique n'est pas toujours compatible avec la bonne fluidité d'une lecture. Par contre, je trouve la couverture très jolie, notamment dans son choix de couleurs.
Quant à l'histoire, elle explore le malaise adolescent, les tensions sexuelles naissantes et la recherche d'une place pour se sentir bien sans peau. C'est un sujet qui a été largement exploité en bande dessinée et, s'il n'y avait l'originalité du caractère de garçon manqué de l'héroïne, cet album là n'amènerait pas grand chose de neuf au thème. Le lecteur retrouvera le sentiment de mal-être qu'on peut ressentir adolescent, celui-ci étant accentuée par la bêtise méchante dont semblent faire preuve la majorité des jeunes de la région, par le comportement fait d'acidité et de défi de l'héroïne envers les deux garçons qui s'attachent à elle, comme pour prouver sa propre virilité, et par la violence dominatrice de l'un des garçon envers le plus jeune d'entre eux. S'il s'en dégage un certain réalisme et une volonté d'arpenter les méandres des esprits adolescents, il en découle toutefois un sentiment désagréable d'ambiance et de personnes qu'on préfèrerait éviter et de mauvais souvenirs de vacances. L'ensemble se conclut par une fin ouverte, ayant permis entretemps d'apercevoir la fragilité de chacun derrière la façade hostile, avec un léger soupçon d'optimisme amené par le plus jeune du groupe, mais elle m'a laissé sur ma faim.
Il s'agit d'un roman graphique dont l'originalité graphique, la subtilité narrative et l'analyse crue des comportements adolescents sauront probablement trouver un public. Mais à titre personnel, je ne suis pas tombé sous le charme.
C'est probablement le type de série qui fait le bonheur des rayons BD des hypers. L'ouvrage présente une couverture soignée au graphisme coquin, aux couleurs voluptueuses et une signature reconnue. C'est vraiment un produit d'appel pour attirer le client (plutôt mâle) dans cette zone d'achat.
Le contenu est d'un érotisme très soft. Le couple Lisa et Mickey est plutôt sympa, explorant une fidélité créative pour ne pas sombrer dans la baisse du fusionnel après quelques années.
Le graphisme est soigné avec de nombreux détails et j'aime bien la mise en couleur vive et chaude, reposante pour la lecture.
Le plus gros souci provient de la répétition des gags autour du thème du massage, ce qui crée un effet assez lassant.
Une lecture sans prétention pour oublier les tracas d'une journée de chien. 2.5
Je découvre en postant cet avis – et en lisant celui de Ro, que cet album s’intègre dans un univers développé dans une autre série. En tout cas cela n’empêche pas de lire ce one-shot, et de toute façon je m’en fiche, puisque je ne suis pas du tout intéressé par cet univers.
Je ne suis déjà pas forcément fan des très nombreuses séries du genre publiées par Soleil, et j’ai eu l’impression de lire ici une resucée franchement bâclée.
Le dessin de Boiscommun déjà, que j’ai connu bien bien meilleur ailleurs, est ici moyen, voire mauvais, et la colorisation informatique remplit à la louche des décors poussifs. Pas mon truc donc !
Quant à l’intrigue, elle est poussive elle aussi, sans originalité ni grand intérêt, avec des personnages auxquels on ne s’attache pas. Et lorsqu’un parent semble-t-il adoré des deux sœurs meurt, elles ne semblent pas indisposées plus que ça, c’est expédié au milieu de deux vannes ! Bref, rien n’est creusé, peu d’effort pour rendre crédible cet univers, les quelques traits d’humour tombent à plat. C’est rythmé, mais ça tourne à vide.
Très très gros bof donc.
Le cadre de départ est assez classique pour le genre (en tout cas déjà vu pas mal de fois), à savoir notre tante Pauline reçoit ses jeunes nièces pour les vacances, et va évidemment se charger de les déniaiser. Il faut dire que Pauline s’y connait en sexe, s’entrainant régulièrement, avec une amie, son jardinier/homme à tout faire (à vraiment tout faire !), la bonne (on est dans un cadre bourgeois du XIXème siècle) et un peintre.
L’initiation des nièces (très réceptives !) est ultra rapide, et les scènes de cul s’enchainent, jusqu’à une méga partouze finale (après une exhibition improbable intitulée "fête de la moule" !).
Dans le second album, le principe est un peu le même, les nièces rentrées chez elles étant remplacées par la sœur de Pauline, Clémence, au départ coincée, mais qui elle aussi va bien sûr « s’ouvrir », suite aux conseils avisés de Pauline, qui donne beaucoup de sa personne. Pour le coup, elle n'a rapidement plus de secret pour ses proches ou les lecteurs !
Ce diptyque n’est pas vraiment original, et les scènes de cul se succèdent sans qu’il y ait de véritable scénario, on est dans une sorte de film X en BD, sans imagination, si ce n’est la délocalisation au XIXème siècle. Les dialogues sont eux aussi de peu d'intérêt. C'est dommage, car Hugdebert a réussi sur d'autres séries à ajouter des petits plus à ses scénarios, je n'ai pas retrouvé cela ici.
Reste le dessin d’Hugdebert, toujours très réussi pour ce qui concerne les scènes de sexe. Il est très classique (décors et personnages), et seuls certains visages m’ont paru ratés. Mais c’est en tout cas cet aspect qui ravira les amateurs.
Note réelle 2,5/5.
Si je me trompe pas, c'est la seule œuvre de fiction de l'auteur jusqu'à présent, quoique certaines anecdotes qui sont arrivées aux personnages sont peut-être véridiques.
Je trouve l'œuvre de Zerocalcare sympathique, mais là je ne suis pas rentré dans le délire de l'auteur. Il y a pas le côté autobiographique que j'aime dans ses autres récits, c'est juste une autre histoire de zombie comme il y en eu des centaines depuis au moins 15 ans. Les gags ne m'ont pas fait rire et les dialogues m'ont paru insupportables à lire. J'ai fini par tourner les pages tellement il y avait rien qui me passionnait.
Pour l'instant, la seule œuvre de l'auteur que je ne recommande pas du tout.
C'est du Simon Hureau très noir que cette série. Comme pour Colombe et la Horde je n'aime pas ce côté description bestiale d'une population presque stigmatisée.
D'un côté des habitants aux profils bovins "pousseurs de caddy" de l'autre une population marginale style punks qui hantent la rave party. C'est quand même très manichéen et bien décevant. La descente aux enfers de ces trois gamines m'a plus ennuyé qu'autre chose.
Quant à la suite faite de viol et de meurtres dans le plus grand cynisme, je passe.
Ce qui sauve l'ouvrage c'est son graphisme. Comme d'habitude les vieilles pierres du village normand sont admirables. Ici je trouve que même les personnages sont très réussis avec une mention pour les tenues à la gamme étendue du bourgeois parisien 7eme jusqu'aux skinheads des métros.
En conclusion ce ne fut pas une lecture agréable et j'ai zappé plusieurs passages trop longs.
Cette Bd ne m'a pas autant intéressé que je le pensais, ça m'a même ennuyé à la limite ; déja quand j'étais ado, j'avais essayé de lire le bouquin de Sheridan Le Fanu qui est un classique de la littérature gothico-romantique et vampirique, et je me souviens que ça ne m'avait pas interpellé.
Pascal Croci était me semble-t-il tout désigné pour traduire ce conte gothique en images, même si je ne suis pas fan de son dessin ; ses femmes sont toujours dessinées selon le même style, un peu comme Crepax, avec de longues silhouettes aux grands yeux, au teint blême et à l'air toujours triste, dans une ambiance morbide et blafarde. Sur Elizabeth Bathory, ça m'avait grandement surpris et pas plu du tout, ici, c'est plus réussi, plus travaillé... ah c'est beau, il y a une élégance du trait, c'est indéniable, ça donne des pages à l'aspect contemplatif, mais ça ne me convient pas. Les errances romantico-saphiques de ces 2 femmes ne m'ont vraiment pas passionné, c'est une Bd qui n'est pas pour moi.
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Muraqqa'
Djinn m'avait donné envie d'acheter Muraqqa, pour retrouver le beau dessin d'Ana Miralles, mais l'album m’était tombé des mains. Je viens de le reprendre et de le lire en entier et je n’ai pas beaucoup plus d’enthousiasme que lors de ma première tentative. Ce n’est pas désagréable à lire, le rythme est lent à l’image de la vie dans un palais mais il manque quelque chose, un événement ou deux, une véritable intrigue. Pour moi, l'intérêt de cet album est la découverte un peu détaillée de la vie dans un harem, les fonctions de chacun, les espaces réservés, la hiérarchie de cette micro-société. C'est intéressant mais pas suffisant et malheureusement, pas de suite pour se faire une idée plus précise de la série.
Serena
On m'a prêté cet album car au vu du contenu graphique aperçu en l'ouvrant, je n'aurais sans doute pas emprunté cette Bd en bibli ; le dessin est révélateur pour moi, ça me permet de déterminer si je vais lire ou non une Bd. Bon, je n'ai ni lu le roman ni vu le film, je n'ai donc que mon ressenti pour juge. Ce qui est très étonnant, c'est l'héroïne, c'est une femme au caractère de fer et à l'ambition dévorante qui laisse éclater sa froideur dès son arrivée au sortir du train à Waynesville ; sa vénalité et sa perfidie qui en font un personnage de femme de fort caractère à la fois fascinante et détestable, rendent ce récit glaçant. Dans un décor rude et viril de domaine forestier, l'ambiance est tendue et ponctuée de pics à faire froid dans le dos. A cela, s'ajoute le contexte historique de l'exploitation des ouvriers dans une Amérique des années 30 qui sort à peine de la Grande Dépression. Véritable thriller social, l'histoire est riche et addictive mais elle l'aurait été encore plus avec un dessin plus approprié ; en effet, je n'apprécie pas du tout ce dessin très épuré et aux couleurs ternes, il n'est ni joli ni expressif, ne met pas en valeur les personnages qui ont pourtant une solide profondeur, et ne me permet pas de me plonger totalement dans ce récit, quel dommage...
La Poire en deux
J'ai été bien déçu par cette série. C'est la première série de MY Schmitt que je n'apprécie vraiment pas. Je le trouve bien meilleur dans le registre intimiste que dans ce type de scénario zarbi à la mystère de l'Ouest en plein délire. Son personnage central est plus repoussant que charismatique. Addict au jeu et à l'alcool, veul, menteur et tricheur il est l'image de l'anti-héros parfait. Le personnage du pasteur est un stéréotype éculé bourré d'imprécisions et d'erreurs. La fin serait acceptable avec notre bon vieux comte de Champignac mais ici cela ressemble à une corde pour se tirer d'une noyade scénaristique. Le graphisme est assez fin mais je ne suis pas très fan de cette école. En conclusion une lecture qui m'a déçu et ennuyé.
Bunker (Poulie)
Vacances d'été sur la Côte d'Opale, une bande d'ados s'occupent comme ils peuvent. Parmi eux, deux pré-ados retrouvent Jessica, une fille avec qui ils se sont liés d'amitié l'année d'avant. Elle, c'est un vrai garçon manqué, toujours en survet' façon racaille de banlieue, cheveux courts et physique androgyne. Forte tête et ne se laissant pas faire, son originalité lui attire toutefois l'inimitié des jeunes de la région et elle fait plutôt bande à part. En réalité, derrière son aggressivité de façade, elle masque le malaise d'une jeune qui a trop vite grandi. Ca n'empêche pas les deux garçons de se sentir plus ou moins attirés par elle, dans une relation de désir et de rejet envers elle. L'auteur, Camille Poulie, est issu des Beaux-Arts. S'il a déjà réalisé plusieurs expositions, courts-métrages d'animation et autres livres, c'est là sa première BD qui ne soit pas auto-éditée. Son background artistique transparait nettement dans cet ouvrage. Son graphisme est changeant, alternant les styles, parfois très soigné, avec une abondance de traits rappelant des gravures ou les planches de Francis Masse, d'autres fois nettement plus lâché, allant même jusqu'à se réduire à un minimum de courbes pour représenter les mêmes personnages qui pouvaient être bien plus ouvragés la case précédente. Et ces styles différents se côtoient parfois dans une même case, ce qui donne une allure assez disparate à l'album. Concrètement, si j'y trouve un certain charme, j'ai aussi été gêné par cette instabilité du style qui m'a parfois empêché de bien reconnaitre les personnages et m'a forcé au moins deux fois à revenir en arrière quand j'ai cru à tort que c'était un autre protagoniste qui intervenait. Sans parler des pages d'introduction où il m'a fallu attendre les premières paroles pour réaliser que le personnage principal était une fille et pas un mec. La créativité graphique n'est pas toujours compatible avec la bonne fluidité d'une lecture. Par contre, je trouve la couverture très jolie, notamment dans son choix de couleurs. Quant à l'histoire, elle explore le malaise adolescent, les tensions sexuelles naissantes et la recherche d'une place pour se sentir bien sans peau. C'est un sujet qui a été largement exploité en bande dessinée et, s'il n'y avait l'originalité du caractère de garçon manqué de l'héroïne, cet album là n'amènerait pas grand chose de neuf au thème. Le lecteur retrouvera le sentiment de mal-être qu'on peut ressentir adolescent, celui-ci étant accentuée par la bêtise méchante dont semblent faire preuve la majorité des jeunes de la région, par le comportement fait d'acidité et de défi de l'héroïne envers les deux garçons qui s'attachent à elle, comme pour prouver sa propre virilité, et par la violence dominatrice de l'un des garçon envers le plus jeune d'entre eux. S'il s'en dégage un certain réalisme et une volonté d'arpenter les méandres des esprits adolescents, il en découle toutefois un sentiment désagréable d'ambiance et de personnes qu'on préfèrerait éviter et de mauvais souvenirs de vacances. L'ensemble se conclut par une fin ouverte, ayant permis entretemps d'apercevoir la fragilité de chacun derrière la façade hostile, avec un léger soupçon d'optimisme amené par le plus jeune du groupe, mais elle m'a laissé sur ma faim. Il s'agit d'un roman graphique dont l'originalité graphique, la subtilité narrative et l'analyse crue des comportements adolescents sauront probablement trouver un public. Mais à titre personnel, je ne suis pas tombé sous le charme.
Le Désir
C'est probablement le type de série qui fait le bonheur des rayons BD des hypers. L'ouvrage présente une couverture soignée au graphisme coquin, aux couleurs voluptueuses et une signature reconnue. C'est vraiment un produit d'appel pour attirer le client (plutôt mâle) dans cette zone d'achat. Le contenu est d'un érotisme très soft. Le couple Lisa et Mickey est plutôt sympa, explorant une fidélité créative pour ne pas sombrer dans la baisse du fusionnel après quelques années. Le graphisme est soigné avec de nombreux détails et j'aime bien la mise en couleur vive et chaude, reposante pour la lecture. Le plus gros souci provient de la répétition des gags autour du thème du massage, ce qui crée un effet assez lassant. Une lecture sans prétention pour oublier les tracas d'une journée de chien. 2.5
Les Maléfices du Danthrakon
Je découvre en postant cet avis – et en lisant celui de Ro, que cet album s’intègre dans un univers développé dans une autre série. En tout cas cela n’empêche pas de lire ce one-shot, et de toute façon je m’en fiche, puisque je ne suis pas du tout intéressé par cet univers. Je ne suis déjà pas forcément fan des très nombreuses séries du genre publiées par Soleil, et j’ai eu l’impression de lire ici une resucée franchement bâclée. Le dessin de Boiscommun déjà, que j’ai connu bien bien meilleur ailleurs, est ici moyen, voire mauvais, et la colorisation informatique remplit à la louche des décors poussifs. Pas mon truc donc ! Quant à l’intrigue, elle est poussive elle aussi, sans originalité ni grand intérêt, avec des personnages auxquels on ne s’attache pas. Et lorsqu’un parent semble-t-il adoré des deux sœurs meurt, elles ne semblent pas indisposées plus que ça, c’est expédié au milieu de deux vannes ! Bref, rien n’est creusé, peu d’effort pour rendre crédible cet univers, les quelques traits d’humour tombent à plat. C’est rythmé, mais ça tourne à vide. Très très gros bof donc.
Le secret de tante Pauline
Le cadre de départ est assez classique pour le genre (en tout cas déjà vu pas mal de fois), à savoir notre tante Pauline reçoit ses jeunes nièces pour les vacances, et va évidemment se charger de les déniaiser. Il faut dire que Pauline s’y connait en sexe, s’entrainant régulièrement, avec une amie, son jardinier/homme à tout faire (à vraiment tout faire !), la bonne (on est dans un cadre bourgeois du XIXème siècle) et un peintre. L’initiation des nièces (très réceptives !) est ultra rapide, et les scènes de cul s’enchainent, jusqu’à une méga partouze finale (après une exhibition improbable intitulée "fête de la moule" !). Dans le second album, le principe est un peu le même, les nièces rentrées chez elles étant remplacées par la sœur de Pauline, Clémence, au départ coincée, mais qui elle aussi va bien sûr « s’ouvrir », suite aux conseils avisés de Pauline, qui donne beaucoup de sa personne. Pour le coup, elle n'a rapidement plus de secret pour ses proches ou les lecteurs ! Ce diptyque n’est pas vraiment original, et les scènes de cul se succèdent sans qu’il y ait de véritable scénario, on est dans une sorte de film X en BD, sans imagination, si ce n’est la délocalisation au XIXème siècle. Les dialogues sont eux aussi de peu d'intérêt. C'est dommage, car Hugdebert a réussi sur d'autres séries à ajouter des petits plus à ses scénarios, je n'ai pas retrouvé cela ici. Reste le dessin d’Hugdebert, toujours très réussi pour ce qui concerne les scènes de sexe. Il est très classique (décors et personnages), et seuls certains visages m’ont paru ratés. Mais c’est en tout cas cet aspect qui ravira les amateurs. Note réelle 2,5/5.
12 Heures Plus Tard
Si je me trompe pas, c'est la seule œuvre de fiction de l'auteur jusqu'à présent, quoique certaines anecdotes qui sont arrivées aux personnages sont peut-être véridiques. Je trouve l'œuvre de Zerocalcare sympathique, mais là je ne suis pas rentré dans le délire de l'auteur. Il y a pas le côté autobiographique que j'aime dans ses autres récits, c'est juste une autre histoire de zombie comme il y en eu des centaines depuis au moins 15 ans. Les gags ne m'ont pas fait rire et les dialogues m'ont paru insupportables à lire. J'ai fini par tourner les pages tellement il y avait rien qui me passionnait. Pour l'instant, la seule œuvre de l'auteur que je ne recommande pas du tout.
Tout doit disparaître
C'est du Simon Hureau très noir que cette série. Comme pour Colombe et la Horde je n'aime pas ce côté description bestiale d'une population presque stigmatisée. D'un côté des habitants aux profils bovins "pousseurs de caddy" de l'autre une population marginale style punks qui hantent la rave party. C'est quand même très manichéen et bien décevant. La descente aux enfers de ces trois gamines m'a plus ennuyé qu'autre chose. Quant à la suite faite de viol et de meurtres dans le plus grand cynisme, je passe. Ce qui sauve l'ouvrage c'est son graphisme. Comme d'habitude les vieilles pierres du village normand sont admirables. Ici je trouve que même les personnages sont très réussis avec une mention pour les tenues à la gamme étendue du bourgeois parisien 7eme jusqu'aux skinheads des métros. En conclusion ce ne fut pas une lecture agréable et j'ai zappé plusieurs passages trop longs.
Carmilla (Croci)
Cette Bd ne m'a pas autant intéressé que je le pensais, ça m'a même ennuyé à la limite ; déja quand j'étais ado, j'avais essayé de lire le bouquin de Sheridan Le Fanu qui est un classique de la littérature gothico-romantique et vampirique, et je me souviens que ça ne m'avait pas interpellé. Pascal Croci était me semble-t-il tout désigné pour traduire ce conte gothique en images, même si je ne suis pas fan de son dessin ; ses femmes sont toujours dessinées selon le même style, un peu comme Crepax, avec de longues silhouettes aux grands yeux, au teint blême et à l'air toujours triste, dans une ambiance morbide et blafarde. Sur Elizabeth Bathory, ça m'avait grandement surpris et pas plu du tout, ici, c'est plus réussi, plus travaillé... ah c'est beau, il y a une élégance du trait, c'est indéniable, ça donne des pages à l'aspect contemplatif, mais ça ne me convient pas. Les errances romantico-saphiques de ces 2 femmes ne m'ont vraiment pas passionné, c'est une Bd qui n'est pas pour moi.