Le scénario le plus barré qu'il m'ait été donné de lire, je pense.
Une histoire complètement hallucinée, glauquissime, assez trash, mettant en scène Abigail Nolan, psychologue aux pratiques peu orthodoxes et femme en mal d'enfant, Todd, un enfant paumé, justement, bricoleur de génie souffrant d'un dramatique dédoublement de personnalité, Egon Rustemagik, profiler, toxico, et ancien amant de la psy, qui l'a fait interner car elle le juge responsable de la perte de l'enfant qu'elle a eu de lui, Dahlia, la mère -ou plutôt devrais-je dire, la génitrice- de Todd, qui demande, à ce qu'il reste (si si) du Docteur Montana Violet, c'est-à-dire une tête à la bouche artificielle, de le tuer. Celui-ci, personnage ô combien improbable, va faire bien pire. N'oublions pas non plus l'insignifiant, mais néanmoins dangereux adjoint au procureur Harvard Chalky, patient de Nolan dont la "thérapie" consiste à se faire fouetter par sa thérapeute, déguisé en bébé.
Bon, déjà avec tout ça, on a la base d'une histoire bien déjantée, à laquelle il convient encore d'ajouter une série de meurtres sordides sur de jeunes enfants, et une autre, sur de jeunes femmes, ainsi qu'un monstre dont la tête est un grille pain, et qui "répare" ses victimes avec des branchements électriques, et qui se trouve être l'un des personnages précédemment cités.
Le problème vient du fait que ce n'est que très progressivement que l'on parvient à reconstituer la trame de cette histoire. En fait, pendant un bon moment, on est complètement largué, le récit étant tissé de façon très décousue, de scènes éparses sans lien direct entre elles, de leitmotiv obsédants, ponctué de cartes postales pour le moins énigmatiques, et d'autres digressions, suggérant peut-être ce qui peut se passer dans la tête d'un psychopathe.
Pour un tel scénario, il fallait un dessin spécial, afin d'être totalement en phase avec son sujet. Bill Sienkiewicz nous gratifie donc d'une mise en image baroque, trouble, flamboyante, glauque, somptueuse, mêlant diverses techniques graphiques y compris la photo, pour un résultat visuel tout-à-fait fascinant, mais hélas assez peu lisible par moments, à l'image du scénario. Dommage.
Bravo toutefois à Delcourt pour avoir édité cet album qui rassemble les 4 volumes de l'édition originelle, je pense qu'il y a un public pour ce type d'oeuvres (Cassidy, peut-être ? ;) ) simplement, je n'en fais pas vraiment partie.
Anglais jusqu'à la pointe des orteils, colonel de l'armée britannique, Clifton joue les détectives amateurs sous le regard de sa femme de charge, Mrs. Partridge.
Arnold Wilberforce Clifton, c'est son vrai nom, résout avec flegme nombres d'intrigues policières et d'espionnage.
Sous le scénario de Raymond Macherot, il fait ses premiers pas dans l'hebdo Tintin n° 50, 14ème année, du 16 Décembre 1959.
Cette série humoristique décrit l'Angleterre telle qu'on la conçoit encore ; une Angleterre où le tea-time doit se respecter, même pendant une poursuite de voitures.
Macherot abandonne ce personnage après trois épisodes.
Sur un scénario de Greg, Jo-El-Azara le fait revivre en 1969.
En 1970, le tandem Turk et De Groot (Léonard, Robin Dubois) reprend à son compte cette série -qui ne dément pas son succès- jusqu'en 1984.
De Groot continuera d'imaginer des scénarios jusqu'en 1986 où Bedu se met alors seul aux commandes.
Les sept premiers albums sont brochés. La suite sera éditée soit en broché et cartonné ; pour continuer -en édition cartonnée- à partie de 1981.
Les aventures du flegmatique détective ne m'ont jamais inspiré, je le reconnais, grand plaisir. Néanmoins, il s'agit là d'un travail bien fait, net et sans bavure... et c'est déjà beaucoup.
Attila est un chien qui parle, membre à part du contre-espionnage suisse.
Au milieu des années 60, Derib (Buddy Longway) avait fait la connaissance du scénariste Maurice Rosy. Ce dernier lui avait proposé des scénarios de ce chien pas comme les autres. Séduit, la série se met en route et Attila fait ses premiers pas dans l'hebdo Spirou n° 1531 du 17 Août 1967.
Au fil des opus, de nouveaux personnages vont accompagner notre héros : Odée, un petit garçon "gérant" d'un château qu'Attila va prendre en amitié ; Z14, un autre chien parlant ; le professeur Comant, lequel passe son temps à élucider des phénomènes étranges, etc...
D'une série d'espionnage classique, les scénarios de Rosy vont très vite évoluer vers des histoires étranges. Cela semble ne pas convenir à Derib qui abandonne la série en 1974.
Le 20 Octobre 1987, après quasi 15 ans d'absence, Attila fait son retour dans l'hebdo Spirou n° 2584. Le scénario est toujours de Rosy, le dessin de Didgé. Mais la "sauce" ne prend pas avec les lecteurs. Attila n'a plus cette espèce de charme poétique qu'on lui connaissait. Cette histoire, d'ailleurs, ne sera pas publiée.
Attila aura l'honneur de 4 albums brochés, édités entre 1969 et 1974. Rares, ils seront réédités, sous forme cartonnée, dès 1985 et toujours chez Dupuis.
Personnellement, Attila ne m'a jamais beaucoup attiré. Peut-être ce chien n'était-il pas assez marrant, semblait toujours sérieusement affairé, se prenait trop pour un humain... Il ne m'était pas rare de survoler les pages de Spirou lorsque j'arrivais à celles d'Attila.
Je cote 2/5. C'est peut-être un peu dur pour vous. Mais comparativement aux séries auxquelles j'ai mis "3", celle-ci se situe -pour moi- un cran en dessous. Mais vous en pensez ce que vous voulez...
J'ai hésité durant toute la lecture entre les notes 2 et 3 pour cette série, mais quand le sixième tome se termine en queue de poisson, la balance penche finalement pour le 2.
C'est une bd apparemment très bien documentée, (trop parfois, on a l'impression de se perdre dans une foule de détails sans importance par moment) et l'esprit des samouraïs y est très bien exposé. Mais pourquoi commencer à développer l'histoire personnelle d'un samouraï, ses motivations, sa psychologie, etc, si c'est pour le voir disparaître trois pages plus tard (et souvent sur Seppuku, d'ailleurs) ? Certains autres récits s'achèvent sans crier gare, comme s'il manquait une ou deux pages au manga. Parfois on démarre un chapitre avec un dessin superbe, tout en contraste et en détails, puis on passe à un dessin beaucoup plus simple, le style le plus utilisé dans ce manga (on à d’ailleurs parfois du mal à différencier les personnages, si ce n’est grâce à leur kimono, puis on termine dans un style carrément simpliste, qui n’est pas sans rappeler le trait de Tézuka, comme si l’auteur s’était dépêché de boucler ses planches pour le lendemain matin. La chronologie des récits est elle aussi assez hasardeuse.
Enfin, toute une série de détails qui font qu’on a une impression de joyeux fouillis tout au long de la lecture. C’est un peu frustrant, car certains récits sont vraiment intéressants.
"L'anatomie du ciel", c'est un dessin superbe plombé par un scénario trop linéaire et limite ennuyeux. Dessin superbe, car on dirait du Civiello en plus lisible et en noir et blanc. Un rêve! Scénario poussif car extrêmement répétitif : nos deux héros sont en route pour nulle part et le méchant réapparaît toutes les deux pages, ils fuient... le méchant revient... etc... etc... sur 60 pages...
Écrire l'avis de cet album est pour moi assez difficile. D'un côté, sa réalisation est parfaite : très bon rythme narratif, dessin très prenant, histoire bien pensée et très efficace, chargée de sentiments… D'un autre côté, le sujet même de ce tome ne m'a pas plus : pire que ça : c'est typiquement le genre de sujet que je n'aurai pas voulu découvrir en bande dessinée.
Pour résumer, Kyung Seo, mariée par correspondance coréenne, entame sa nouvelle vie aux côtés de son commanditaire canadien, Monty Wheeler. Hélas pour elle, qui a toutes les difficultés du monde à s'épanouir dans un pays tellement différent du sien, son crétin de mari, accaparé par sa collection de jouets précieux, en oublie de vivre, et de partager de grands moments avec elle. Évidemment, plus le temps passe, et plus le faussé se creuse entre eux.
"Mariée par correspondance" annonce dès les premières pages une chute des plus sombres. Le lecteur espère, au fil des pages, que la situation des deux personnages va s'améliorer, alors que ces derniers se déchirent peu à peu, sans jamais avoir eu le temps de s'aimer. Alors que Monty continue à voir sa femme comme un jouet de plus, d'origine asiatique, Kyung pour sa part découvre l'art, et parvient petit à petit à exprimer son malaise par ce biais.
Le côté tragique de cet album m'a déplu... En réalité, la lecture de cette histoire, si bien écrite et si bien contée, ne m'a pas du tout été agréable. Évidemment, je ne recherche pas absolument la bd mièvre qui fini bien, et les œuvres plus sombres me plaisent souvent. La fin de "Blankets" est un parfais exemple de chute tragique et sombre, et donne une force incroyable à l'album. Ici, on part avec la vision d'un couple qui de toute façon n'a rien en commun, qui entraînera dispute et violence verbale sur 260 pages, entre deux accalmies.
En fait, je ne sais que dire... Cela vous plaira certainement, mais je n'ai pour ma part aucune envie de lire ce genre d'histoires destinées à mal finir… Peut-être parce que ma relation de couple est formidable, justement ?
Comme certains, ça faisait longtemps que l’envie de découvrir "V pour Vendetta" était présente sans pour autant franchir le pas, la faute à un graphisme et des couleurs hideux. Le film m’ayant beaucoup plu, cela me décida à emprunter les 6 tomes. Ma première impression sur les dessins et les couleurs se confirma. J’ai beaucoup de mal avec le trait de Lloyd (discontinu et confus) et ses ambiances trop sombres. Les couleurs sont franchement hideuses, je n’ai pas d’autres mots pour les qualifier. Sans doute que le N & B aurait été préférable (comme d’autres l’ont suggéré dans leur avis).
La construction du récit est le point fort de la bd. Moore impressionne par la rigueur qu’il s’est imposé pour écrire ce récit et la richesse de celui-ci. Cette série est une caricature des travers de notre société en pointant du doigt le totalitarisme omnipotent et la servitude du peuple. Je reconnais à Moore son indéniable talent scénaristique mais, contrairement au film, je n’ai pas trop accroché à la bd suite à une lecture laborieuse et quelques longueurs. Au risque de me répéter, il est vrai que le rendu des planches n’arrange pas les choses.
Il faut avoir lu cette série qui est un "monument" mais je ne pense pas m’y replonger de si tôt . . .
Parce que j'aime la SF en général, et ce quel que soit le média utilisé, et parce que les avis ci-dessous étaient plutôt élogieux, j'ai fait l'acquisition de cette BD.
Bon, ben, désolé, mais je suis franchement déçu.
Parlons de l'aspect graphique, d'abord. J'ai trouvé l'ensemble assez brouillon, au trait un peu grossier et confus. Les couleurs sont très ternes et contribuent à faire de l'ensemble un truc sans beaucoup de relief ni d'énergie. Pour une oeuvre qui appartient au space opera, j'ai trouvé que ça manquait singulièrement de grandeur et d'effets 'grosse claque dans la gueule' qu'on pourrait en attendre.
Sur le plan de l'histoire, je n'ai pas du tout été emballé. Le synopsis de base est une synthèse fade de différents thèmes traités et re-traités mille fois en littérature SF: la fédération galactique qui accueille les vilains petits humains plein de défauts, l'organisation de juges/arbitres/agents secrets qui veille à la bonne marche de l'ensemble, le duo de personnages principaux que tout sépare mais dont on sait déjà qu'ils vont finir copains (ou plus si affinité et compatibilité biologique), etc...
Pour les rôlistes qui ont pratiqué le vénérable Mega, dont je fais partie, il y a là un sentiment très, très lourd de déjà vu.
Pour les autres, peut être quelques découvertes mais pas de quoi révolutionner votre vision de la SF. Et je ne parle pas des nombreux points qui nuisent à la crédibilité de l'ensemble.
En plus, la fin du premier tome prend une direction un peu trop 'action' qui je le crains va jeter aux oubliettes le point intéressant de cette BD, à savoir la résolution d'une crise diplomatique.
Non, vraiment, je n'ai rien trouvé de convaincant dans tout cela. Je regarderai la suite, pour voir si l'avenir me donne tort, mais avec énormément de méfiance.
J'ai commencé à lire le premier cycle d'"Aquablue" il y a plus de 10 ans. Je m'y suis replongé il y a quelques temps, par curiosité (mes souvenirs ne m'y poussaient pas vraiment). Un peu d'action, des "femmes" au corps splendide, des héros bien gentils, des méchants bien méchants : a priori tous les ingrédients nécessaires à une série pour... ados. Pour les grands, il y a vraiment trop peu de dynamisme et trop de platitude dans cette histoire pour la rendre réellement intéressante.
Pour le coup, j'ai tout revendu. Sans aucun remords.
A priori intéressant, je trouve que le thème principal est traité d'une façon très attendue.
Les scénarios sont plutôt ennuyeux. Les personnages sont caricaturaux, surtout les "méchants" qui cassent tout et laissent leurs sacs d'ordure sur la belle planète bleue. Les "gentils" ne sont pas particulièrement attachants.
Enfin, l'humour de Cybot le robot tombe complètement à plat, sans parler des quelques gaffes que le scénario le force à provoquer pour faire avancer l'histoire ("oups, suis-je maladroit, je tombe").
Bref, dans le même genre BD écolo, les séries de Léo (Aldébaran, Bételgeuse, Kenya...) sont beaucoup mieux réussies.
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Stray toasters
Le scénario le plus barré qu'il m'ait été donné de lire, je pense. Une histoire complètement hallucinée, glauquissime, assez trash, mettant en scène Abigail Nolan, psychologue aux pratiques peu orthodoxes et femme en mal d'enfant, Todd, un enfant paumé, justement, bricoleur de génie souffrant d'un dramatique dédoublement de personnalité, Egon Rustemagik, profiler, toxico, et ancien amant de la psy, qui l'a fait interner car elle le juge responsable de la perte de l'enfant qu'elle a eu de lui, Dahlia, la mère -ou plutôt devrais-je dire, la génitrice- de Todd, qui demande, à ce qu'il reste (si si) du Docteur Montana Violet, c'est-à-dire une tête à la bouche artificielle, de le tuer. Celui-ci, personnage ô combien improbable, va faire bien pire. N'oublions pas non plus l'insignifiant, mais néanmoins dangereux adjoint au procureur Harvard Chalky, patient de Nolan dont la "thérapie" consiste à se faire fouetter par sa thérapeute, déguisé en bébé. Bon, déjà avec tout ça, on a la base d'une histoire bien déjantée, à laquelle il convient encore d'ajouter une série de meurtres sordides sur de jeunes enfants, et une autre, sur de jeunes femmes, ainsi qu'un monstre dont la tête est un grille pain, et qui "répare" ses victimes avec des branchements électriques, et qui se trouve être l'un des personnages précédemment cités. Le problème vient du fait que ce n'est que très progressivement que l'on parvient à reconstituer la trame de cette histoire. En fait, pendant un bon moment, on est complètement largué, le récit étant tissé de façon très décousue, de scènes éparses sans lien direct entre elles, de leitmotiv obsédants, ponctué de cartes postales pour le moins énigmatiques, et d'autres digressions, suggérant peut-être ce qui peut se passer dans la tête d'un psychopathe. Pour un tel scénario, il fallait un dessin spécial, afin d'être totalement en phase avec son sujet. Bill Sienkiewicz nous gratifie donc d'une mise en image baroque, trouble, flamboyante, glauque, somptueuse, mêlant diverses techniques graphiques y compris la photo, pour un résultat visuel tout-à-fait fascinant, mais hélas assez peu lisible par moments, à l'image du scénario. Dommage. Bravo toutefois à Delcourt pour avoir édité cet album qui rassemble les 4 volumes de l'édition originelle, je pense qu'il y a un public pour ce type d'oeuvres (Cassidy, peut-être ? ;) ) simplement, je n'en fais pas vraiment partie.
Clifton
Anglais jusqu'à la pointe des orteils, colonel de l'armée britannique, Clifton joue les détectives amateurs sous le regard de sa femme de charge, Mrs. Partridge. Arnold Wilberforce Clifton, c'est son vrai nom, résout avec flegme nombres d'intrigues policières et d'espionnage. Sous le scénario de Raymond Macherot, il fait ses premiers pas dans l'hebdo Tintin n° 50, 14ème année, du 16 Décembre 1959. Cette série humoristique décrit l'Angleterre telle qu'on la conçoit encore ; une Angleterre où le tea-time doit se respecter, même pendant une poursuite de voitures. Macherot abandonne ce personnage après trois épisodes. Sur un scénario de Greg, Jo-El-Azara le fait revivre en 1969. En 1970, le tandem Turk et De Groot (Léonard, Robin Dubois) reprend à son compte cette série -qui ne dément pas son succès- jusqu'en 1984. De Groot continuera d'imaginer des scénarios jusqu'en 1986 où Bedu se met alors seul aux commandes. Les sept premiers albums sont brochés. La suite sera éditée soit en broché et cartonné ; pour continuer -en édition cartonnée- à partie de 1981. Les aventures du flegmatique détective ne m'ont jamais inspiré, je le reconnais, grand plaisir. Néanmoins, il s'agit là d'un travail bien fait, net et sans bavure... et c'est déjà beaucoup.
Attila
Attila est un chien qui parle, membre à part du contre-espionnage suisse. Au milieu des années 60, Derib (Buddy Longway) avait fait la connaissance du scénariste Maurice Rosy. Ce dernier lui avait proposé des scénarios de ce chien pas comme les autres. Séduit, la série se met en route et Attila fait ses premiers pas dans l'hebdo Spirou n° 1531 du 17 Août 1967. Au fil des opus, de nouveaux personnages vont accompagner notre héros : Odée, un petit garçon "gérant" d'un château qu'Attila va prendre en amitié ; Z14, un autre chien parlant ; le professeur Comant, lequel passe son temps à élucider des phénomènes étranges, etc... D'une série d'espionnage classique, les scénarios de Rosy vont très vite évoluer vers des histoires étranges. Cela semble ne pas convenir à Derib qui abandonne la série en 1974. Le 20 Octobre 1987, après quasi 15 ans d'absence, Attila fait son retour dans l'hebdo Spirou n° 2584. Le scénario est toujours de Rosy, le dessin de Didgé. Mais la "sauce" ne prend pas avec les lecteurs. Attila n'a plus cette espèce de charme poétique qu'on lui connaissait. Cette histoire, d'ailleurs, ne sera pas publiée. Attila aura l'honneur de 4 albums brochés, édités entre 1969 et 1974. Rares, ils seront réédités, sous forme cartonnée, dès 1985 et toujours chez Dupuis. Personnellement, Attila ne m'a jamais beaucoup attiré. Peut-être ce chien n'était-il pas assez marrant, semblait toujours sérieusement affairé, se prenait trop pour un humain... Il ne m'était pas rare de survoler les pages de Spirou lorsque j'arrivais à celles d'Attila. Je cote 2/5. C'est peut-être un peu dur pour vous. Mais comparativement aux séries auxquelles j'ai mis "3", celle-ci se situe -pour moi- un cran en dessous. Mais vous en pensez ce que vous voulez...
Satsuma - L'Honneur de ses Samouraïs
J'ai hésité durant toute la lecture entre les notes 2 et 3 pour cette série, mais quand le sixième tome se termine en queue de poisson, la balance penche finalement pour le 2. C'est une bd apparemment très bien documentée, (trop parfois, on a l'impression de se perdre dans une foule de détails sans importance par moment) et l'esprit des samouraïs y est très bien exposé. Mais pourquoi commencer à développer l'histoire personnelle d'un samouraï, ses motivations, sa psychologie, etc, si c'est pour le voir disparaître trois pages plus tard (et souvent sur Seppuku, d'ailleurs) ? Certains autres récits s'achèvent sans crier gare, comme s'il manquait une ou deux pages au manga. Parfois on démarre un chapitre avec un dessin superbe, tout en contraste et en détails, puis on passe à un dessin beaucoup plus simple, le style le plus utilisé dans ce manga (on à d’ailleurs parfois du mal à différencier les personnages, si ce n’est grâce à leur kimono, puis on termine dans un style carrément simpliste, qui n’est pas sans rappeler le trait de Tézuka, comme si l’auteur s’était dépêché de boucler ses planches pour le lendemain matin. La chronologie des récits est elle aussi assez hasardeuse. Enfin, toute une série de détails qui font qu’on a une impression de joyeux fouillis tout au long de la lecture. C’est un peu frustrant, car certains récits sont vraiment intéressants.
L'Anatomie du Ciel
"L'anatomie du ciel", c'est un dessin superbe plombé par un scénario trop linéaire et limite ennuyeux. Dessin superbe, car on dirait du Civiello en plus lisible et en noir et blanc. Un rêve! Scénario poussif car extrêmement répétitif : nos deux héros sont en route pour nulle part et le méchant réapparaît toutes les deux pages, ils fuient... le méchant revient... etc... etc... sur 60 pages...
Mariée par correspondance
Écrire l'avis de cet album est pour moi assez difficile. D'un côté, sa réalisation est parfaite : très bon rythme narratif, dessin très prenant, histoire bien pensée et très efficace, chargée de sentiments… D'un autre côté, le sujet même de ce tome ne m'a pas plus : pire que ça : c'est typiquement le genre de sujet que je n'aurai pas voulu découvrir en bande dessinée. Pour résumer, Kyung Seo, mariée par correspondance coréenne, entame sa nouvelle vie aux côtés de son commanditaire canadien, Monty Wheeler. Hélas pour elle, qui a toutes les difficultés du monde à s'épanouir dans un pays tellement différent du sien, son crétin de mari, accaparé par sa collection de jouets précieux, en oublie de vivre, et de partager de grands moments avec elle. Évidemment, plus le temps passe, et plus le faussé se creuse entre eux. "Mariée par correspondance" annonce dès les premières pages une chute des plus sombres. Le lecteur espère, au fil des pages, que la situation des deux personnages va s'améliorer, alors que ces derniers se déchirent peu à peu, sans jamais avoir eu le temps de s'aimer. Alors que Monty continue à voir sa femme comme un jouet de plus, d'origine asiatique, Kyung pour sa part découvre l'art, et parvient petit à petit à exprimer son malaise par ce biais. Le côté tragique de cet album m'a déplu... En réalité, la lecture de cette histoire, si bien écrite et si bien contée, ne m'a pas du tout été agréable. Évidemment, je ne recherche pas absolument la bd mièvre qui fini bien, et les œuvres plus sombres me plaisent souvent. La fin de "Blankets" est un parfais exemple de chute tragique et sombre, et donne une force incroyable à l'album. Ici, on part avec la vision d'un couple qui de toute façon n'a rien en commun, qui entraînera dispute et violence verbale sur 260 pages, entre deux accalmies. En fait, je ne sais que dire... Cela vous plaira certainement, mais je n'ai pour ma part aucune envie de lire ce genre d'histoires destinées à mal finir… Peut-être parce que ma relation de couple est formidable, justement ?
V pour Vendetta
Comme certains, ça faisait longtemps que l’envie de découvrir "V pour Vendetta" était présente sans pour autant franchir le pas, la faute à un graphisme et des couleurs hideux. Le film m’ayant beaucoup plu, cela me décida à emprunter les 6 tomes. Ma première impression sur les dessins et les couleurs se confirma. J’ai beaucoup de mal avec le trait de Lloyd (discontinu et confus) et ses ambiances trop sombres. Les couleurs sont franchement hideuses, je n’ai pas d’autres mots pour les qualifier. Sans doute que le N & B aurait été préférable (comme d’autres l’ont suggéré dans leur avis). La construction du récit est le point fort de la bd. Moore impressionne par la rigueur qu’il s’est imposé pour écrire ce récit et la richesse de celui-ci. Cette série est une caricature des travers de notre société en pointant du doigt le totalitarisme omnipotent et la servitude du peuple. Je reconnais à Moore son indéniable talent scénaristique mais, contrairement au film, je n’ai pas trop accroché à la bd suite à une lecture laborieuse et quelques longueurs. Au risque de me répéter, il est vrai que le rendu des planches n’arrange pas les choses. Il faut avoir lu cette série qui est un "monument" mais je ne pense pas m’y replonger de si tôt . . .
Orbital
Parce que j'aime la SF en général, et ce quel que soit le média utilisé, et parce que les avis ci-dessous étaient plutôt élogieux, j'ai fait l'acquisition de cette BD. Bon, ben, désolé, mais je suis franchement déçu. Parlons de l'aspect graphique, d'abord. J'ai trouvé l'ensemble assez brouillon, au trait un peu grossier et confus. Les couleurs sont très ternes et contribuent à faire de l'ensemble un truc sans beaucoup de relief ni d'énergie. Pour une oeuvre qui appartient au space opera, j'ai trouvé que ça manquait singulièrement de grandeur et d'effets 'grosse claque dans la gueule' qu'on pourrait en attendre. Sur le plan de l'histoire, je n'ai pas du tout été emballé. Le synopsis de base est une synthèse fade de différents thèmes traités et re-traités mille fois en littérature SF: la fédération galactique qui accueille les vilains petits humains plein de défauts, l'organisation de juges/arbitres/agents secrets qui veille à la bonne marche de l'ensemble, le duo de personnages principaux que tout sépare mais dont on sait déjà qu'ils vont finir copains (ou plus si affinité et compatibilité biologique), etc... Pour les rôlistes qui ont pratiqué le vénérable Mega, dont je fais partie, il y a là un sentiment très, très lourd de déjà vu. Pour les autres, peut être quelques découvertes mais pas de quoi révolutionner votre vision de la SF. Et je ne parle pas des nombreux points qui nuisent à la crédibilité de l'ensemble. En plus, la fin du premier tome prend une direction un peu trop 'action' qui je le crains va jeter aux oubliettes le point intéressant de cette BD, à savoir la résolution d'une crise diplomatique. Non, vraiment, je n'ai rien trouvé de convaincant dans tout cela. Je regarderai la suite, pour voir si l'avenir me donne tort, mais avec énormément de méfiance.
Aquablue
J'ai commencé à lire le premier cycle d'"Aquablue" il y a plus de 10 ans. Je m'y suis replongé il y a quelques temps, par curiosité (mes souvenirs ne m'y poussaient pas vraiment). Un peu d'action, des "femmes" au corps splendide, des héros bien gentils, des méchants bien méchants : a priori tous les ingrédients nécessaires à une série pour... ados. Pour les grands, il y a vraiment trop peu de dynamisme et trop de platitude dans cette histoire pour la rendre réellement intéressante. Pour le coup, j'ai tout revendu. Sans aucun remords.
Aquablue
A priori intéressant, je trouve que le thème principal est traité d'une façon très attendue. Les scénarios sont plutôt ennuyeux. Les personnages sont caricaturaux, surtout les "méchants" qui cassent tout et laissent leurs sacs d'ordure sur la belle planète bleue. Les "gentils" ne sont pas particulièrement attachants. Enfin, l'humour de Cybot le robot tombe complètement à plat, sans parler des quelques gaffes que le scénario le force à provoquer pour faire avancer l'histoire ("oups, suis-je maladroit, je tombe"). Bref, dans le même genre BD écolo, les séries de Léo (Aldébaran, Bételgeuse, Kenya...) sont beaucoup mieux réussies.