Paul Gillon avait marqué l'histoire de la Bd de SF pour son travail sur Les Naufragés du temps. Au fil des années, ses héroïnes sont apparues comme souvent dénudées, sans que cela se justifie toujours (comme par exemple dans "la dernière des sales obscures"). Ce n'est pas forcément désagréable, pour peu que vous soyez un homme en âge de procréer, et hétérosexuel de surcroît, mais à la force c'est un peu fatigant...
Dans la Survivante il nous propose un survival moyennement érotique qui a lui aussi probablement marqué un certain nombre de lecteurs. Mais pour éviter les critiques dont il a dû faire l'objet sur ses oeuvres précédentes, il a essayé de rajouter des éléments philosophiques dans la bouche de ses personnages, qu'ils soient humains ou non. Mais au final il s'agit plus d'un bavardage sans réel fond, d'une poudre aux yeux pour "épaissir" son propos, essentiellement érotique. En plus la fin est carrément ratée.
Cependant je ne peux m'empêcher d'admirer son style graphique si particulier, qui n'a quasiment pas bougé depuis 40 ans (il a 60 ans de carrière). C'est bien tout ce qui reste d'intéressant dans cette fresque érotico-science-fictionnelle boursouflé (qui a dit turgescente ?).
Ah, Ai Yori Aoshi, me voilà donc en face du SEINEN (ça va finir par rentrer) le moins supportable que j’ai jamais essayé.
Contrairement aux avis plus bas, et même si ça en fait un peu une lecture honteuse :3, le côté potiche soumise de l’héroïne n’est pas ce qui m’a le plus exaspéré dans cette bd. Après tout si on ne peut pas les avoir dans la réalité, autant les avoir au moins dans les fictions ahah, mais je m’égare...
En réalité ce manga, alors qu’il partait d’un postulat assez intéressant au premier tome, s’enlise par la suite dans un surplace des plus exaspérant (c’est le cas de le dire) : on tourne en rond, on se ramasse des "oui il pensait la même chose que moi dans la journée, on s’aime, c’est cool", "oh tu as un joli visage mon Kaoru, je lasserais jamais de le regarder" etc... en rafale jusqu’à plus soif. J’ai toujours trouvé que les histoires d’amour perdaient en saveur une fois le jeu de la séduction passé (dans les fictions hein). Ici on en a la plus belle illustration de par l'ennui que peut provoquer la relation figée de Kaoru et Aoi. Au bout d’une myriade de tomes, il se passe enfin UN truc (SPOILER) : Tina prévoit de partir aux USA, paradoxalement c’est là que j’ai définitivement lâché, allez comprendre.
Coté ecchi, j’apprécie quand même un certain raffinement (qu’est-ce que je raconte moi ?) dans la représentation de ces dames, à l’instar d’ "I"s" etc. Dans le sens où l’on évite les nichons mi-humains mi-vache de "Peridot" ou "Tenjo Tenge" par exemple. Enfin, ça n’empêche pas ce même coté ecchi d’être quelque peu omniprésent et peu amusant, bof.
Si vous êtes adeptes d’histoires d’amour contemplatives sans fin, et où les protagonistes passent leur temps à regarder leurs têtes ou d’autres parties moins avouables, ce manga est pour vous. Sinon, non.
Note : 1.5 (passé à deux car j’avais apprécié le premier tome)
C'est un récit de science-fiction dont les contours étaient très intéressants mais l'intrigue principale va se perdre totalement dans le conflit que se livrent deux frères jumeaux.
Nous avons une vaste mégalopole africaine dans un futur où la race blanche a pratiquement disparu sans qu'on en puisse connaître la raison. Il manque incontestablement de la substance pour nous expliquer les rouages d'une telle société. Il y avait des idées mais une maladresse dans l'art de les distribuer.
Le héros va changer successivement de visages dans chacun de ces trois tomes et de manière bien involontaire. On dira que le dessin n'était pas encore au top chez cet auteur qui débutait.
Par ailleurs, on sent bien que l'évolution des personnages n'est pas naturelle comme s'il y avait eu de l'improvisation de dernière minute pour faire un effet scénaristique.
Pourtant, cela reste une agréable histoire à lire mais il n'y a pas de réelle originalité.
Binet a le chic pour me faire rire avec Les Bidochon dont certains tomes sont de vraies perles d'humour à mes yeux. Mais je ne suis pas fan de toutes ses autres oeuvres et ce recueil de ses premiers gags pour adultes, à l'époque du journal Mormoil, ne m'a guère convaincu.
La préface est de Gotlib et effectivement, j'ai retrouvé dans ces pages un peu de la structure humoristique des Rubrique-à-Brac voire plus tard des Rhââ Lovely. Mais l'humour y est nettement moins percutant et l'ensemble peine à décoller. Les premières histoires courtes m'ont laissé de marbre, les suivantes dans un décor médiéval m'ont rebuté par leur humour scato... Ce n'est qu'à partir des jeux humoristiques que j'ai commencé à sourire puis dans les pages suivantes dont l'humour commence davantage à se rapprocher de ce que j'aime dans Les Bidochon et quelques autres bons gags de Binet.
Les débuts de Binet dans le domaine de l'humour adulte qui ne sont, à mes yeux, pas encore au point ou du moins pas à même de me satisfaire.
Cette série est beaucoup trop "étrange" et c'est le moins que l'on puisse dire. On a un homme un petit peu aventurier qui part visiter des pays pauvres comme l'Inde. La personnalité de ce héros est intéressante car il n'est point matérialiste et semble toujours prêt à aider son prochain.
Mais c'est une bd où l'on sent qu'il n'y a pas de scénariste aux commandes. On va au gré du vent sans construction logique précise, ce qui a de quoi dérouter plus d'un lecteur. Les cases sont cependant très belles mais il est clair que cela ne saurait suffire.
Voilà une BD résolument ancrée dans un style SF des années 80. Il s'agit d'anticipation un peu facile et bon marché, avec un peu de sexe et de violence pour attirer le chaland, et une vision du futur assez caricaturale. Pourtant la thématique est honnête puisqu'il s'agit de dénoncer les méfaits de la pollution et de faire craindre un monde horrible si l'homme continue à dégrader son environnement. Le message est cependant trop naïf et caricatural pour être vraiment marquant de nos jours.
Le dessin n'est pas mauvais dans un style réaliste mais il est enlaidi par une colorisation très approximative. C'est surtout la palette de ces couleurs qui me déplait, complètement artificielle, à base d'une moche combinaison de violets, verts et orange comme beaucoup de mauvaises BD de SF de l'époque.
Le récit se lit bien mais il n'est pas terrible. Il est un peu vite résumé et sa construction est médiocre. On assiste par exemple pendant 4 pages à un documentaire télé nous décrivant les conséquences de la pollution et les nouvelles espèces dangereuses qu'elle a engendrées. Et comme par hasard, dans les pages qui suivent, le héros est confronté à l'inventaire exact de ces mêmes espèces. Voilà une construction de récit que je trouve assez naïve et redondante.
Quant à la fin, elle est abrupte même si plutôt cohérente dans le contexte de l'histoire.
Ca se laisse lire mais il s'agit là d'une BD de SF sans grande envergure ni originalité.
Une série abandonnée qui se laisse lire mais qui n'est pas ce que Servais a fait de meilleur. Le scénario laisse un peu à désirer quant à son déroulement. Le dessin quant à lui est un peu morne. Il manque beaucoup de qualités intrinsèques à cette bd.
L'intrigue fait curieusement penser à ces feuilletons télé d'après-midi pour la ménagère de moins de 50 ans. Un anti-héros au relent pédophile, une saga familiale sur fond d'Indochine... bref trahison amoureuse et exotisme de pacotille pour un cocktail finalement sans saveur. On ne regrettera pas.
Bof. Le début est vraiment intéressant, mais on tombe vite dans une histoire d'amour avec des scènes de nudités de temps en temps. Ce n'est pas très passionnant et s'est plutot long vu qu'on sait comment ça va finir. En fait, dans ce genre de manga, c'est surtout l'humour qui rend le manga bon et ici je ne ri pas du tout.
Les personnages sont plutot insignifiants sauf Kaoru qui est un peu attachant bien qu'elle ne soit qu'un fantasme vivant. Quel homme n'a pas déjà revé au moins une fois dans sa vie d'avoir comme épouse une femme qui est totalement soumise ?
C'est une oeuvre sur un sujet qui n'est pas du tout facile à traiter en bande dessinée et ceci mérite beaucoup d'indulgence. En même temps, ce n'est pas la première oeuvre qui décrit la lutte des parents contre la maladie de leur fils.
Au-delà de l'entreprise tout à fait louable de l'auteur, je n'ai pas réussi à m'accrocher dans ce foisonnement débordant d'idées diverses. On mélange toutes les guerres. On raconte la généalogie de la famille. On penche pour les médecines non traditionnelles pour verser finalement dans des sectes dirigées par des gourous qui prétendent au miracle.
Je crois que ce n'est pas l'apanage de tous les parents qui essayent de sauver leur enfant d'une maladie incurable. Il existe d'autres voies et la plus raisonnable est bien celle de la science qui peut également faire des miracles pourvu qu'on garde confiance en la médecine. Il y a des décisions qui ne sont jamais faciles à prendre mais une fois le risque pris, on peut reculer l'inévitable. Je n'adhère absolument pas à la façon dont les parents de ce malheureux garçon s'y sont pris. Je respecte cependant le choix tout à fait honnête de l'auteur de conter cet épuisement dans la quête d'une guérison. J'en arrive à le comprendre parfaitement.
De toute façon d'un point de vue objectif, c'est une oeuvre autobiographique parfaitement réussie dans son potentiel narratif. Les dessins en noir et blanc parviennent à créer ici ou là des ambiances oniriques assez angoissantes.
Une bd bel et bien destinée à la jeunesse mais pas à la nôtre. En effet, une jeunesse des années 1950, voire 1940 ; bref une jeunesse d'une autre époque. Mais comment peut-on encore faire de la bande dessinée d'outre-tombe en 2005 ? Point de modernité ! Est-ce que c'est volontairement l'effet recherché comme pour nous indiquer que la vie à la campagne, proche de la nature, c'est bien mieux que la modernité de ces villes qui polluent nos rivières...
Le dessin est archi-stéréotypé voire figé avec une couche de coloriage intensif. Je ne vous parle pas des expressions qu'empruntent ces chers petits bambins. Si vous connaissez des enfants qui à l'âge de 5 ans disent : "on ne va jamais se trouver au milieu de ce capharnaüm", c'est promis je veux bien aller m'exiler au Tibet !
En attendant, cette bd est bien gentille, voire naïve en surfant également sur une vague quasi écologiste. Mais bon, il y a pire...
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La Survivante
Paul Gillon avait marqué l'histoire de la Bd de SF pour son travail sur Les Naufragés du temps. Au fil des années, ses héroïnes sont apparues comme souvent dénudées, sans que cela se justifie toujours (comme par exemple dans "la dernière des sales obscures"). Ce n'est pas forcément désagréable, pour peu que vous soyez un homme en âge de procréer, et hétérosexuel de surcroît, mais à la force c'est un peu fatigant... Dans la Survivante il nous propose un survival moyennement érotique qui a lui aussi probablement marqué un certain nombre de lecteurs. Mais pour éviter les critiques dont il a dû faire l'objet sur ses oeuvres précédentes, il a essayé de rajouter des éléments philosophiques dans la bouche de ses personnages, qu'ils soient humains ou non. Mais au final il s'agit plus d'un bavardage sans réel fond, d'une poudre aux yeux pour "épaissir" son propos, essentiellement érotique. En plus la fin est carrément ratée. Cependant je ne peux m'empêcher d'admirer son style graphique si particulier, qui n'a quasiment pas bougé depuis 40 ans (il a 60 ans de carrière). C'est bien tout ce qui reste d'intéressant dans cette fresque érotico-science-fictionnelle boursouflé (qui a dit turgescente ?).
Bleu indigo - Ai yori aoshi
Ah, Ai Yori Aoshi, me voilà donc en face du SEINEN (ça va finir par rentrer) le moins supportable que j’ai jamais essayé. Contrairement aux avis plus bas, et même si ça en fait un peu une lecture honteuse :3, le côté potiche soumise de l’héroïne n’est pas ce qui m’a le plus exaspéré dans cette bd. Après tout si on ne peut pas les avoir dans la réalité, autant les avoir au moins dans les fictions ahah, mais je m’égare... En réalité ce manga, alors qu’il partait d’un postulat assez intéressant au premier tome, s’enlise par la suite dans un surplace des plus exaspérant (c’est le cas de le dire) : on tourne en rond, on se ramasse des "oui il pensait la même chose que moi dans la journée, on s’aime, c’est cool", "oh tu as un joli visage mon Kaoru, je lasserais jamais de le regarder" etc... en rafale jusqu’à plus soif. J’ai toujours trouvé que les histoires d’amour perdaient en saveur une fois le jeu de la séduction passé (dans les fictions hein). Ici on en a la plus belle illustration de par l'ennui que peut provoquer la relation figée de Kaoru et Aoi. Au bout d’une myriade de tomes, il se passe enfin UN truc (SPOILER) : Tina prévoit de partir aux USA, paradoxalement c’est là que j’ai définitivement lâché, allez comprendre. Coté ecchi, j’apprécie quand même un certain raffinement (qu’est-ce que je raconte moi ?) dans la représentation de ces dames, à l’instar d’ "I"s" etc. Dans le sens où l’on évite les nichons mi-humains mi-vache de "Peridot" ou "Tenjo Tenge" par exemple. Enfin, ça n’empêche pas ce même coté ecchi d’être quelque peu omniprésent et peu amusant, bof. Si vous êtes adeptes d’histoires d’amour contemplatives sans fin, et où les protagonistes passent leur temps à regarder leurs têtes ou d’autres parties moins avouables, ce manga est pour vous. Sinon, non. Note : 1.5 (passé à deux car j’avais apprécié le premier tome)
Dayak
C'est un récit de science-fiction dont les contours étaient très intéressants mais l'intrigue principale va se perdre totalement dans le conflit que se livrent deux frères jumeaux. Nous avons une vaste mégalopole africaine dans un futur où la race blanche a pratiquement disparu sans qu'on en puisse connaître la raison. Il manque incontestablement de la substance pour nous expliquer les rouages d'une telle société. Il y avait des idées mais une maladresse dans l'art de les distribuer. Le héros va changer successivement de visages dans chacun de ces trois tomes et de manière bien involontaire. On dira que le dessin n'était pas encore au top chez cet auteur qui débutait. Par ailleurs, on sent bien que l'évolution des personnages n'est pas naturelle comme s'il y avait eu de l'improvisation de dernière minute pour faire un effet scénaristique. Pourtant, cela reste une agréable histoire à lire mais il n'y a pas de réelle originalité.
Bédés juvéniles
Binet a le chic pour me faire rire avec Les Bidochon dont certains tomes sont de vraies perles d'humour à mes yeux. Mais je ne suis pas fan de toutes ses autres oeuvres et ce recueil de ses premiers gags pour adultes, à l'époque du journal Mormoil, ne m'a guère convaincu. La préface est de Gotlib et effectivement, j'ai retrouvé dans ces pages un peu de la structure humoristique des Rubrique-à-Brac voire plus tard des Rhââ Lovely. Mais l'humour y est nettement moins percutant et l'ensemble peine à décoller. Les premières histoires courtes m'ont laissé de marbre, les suivantes dans un décor médiéval m'ont rebuté par leur humour scato... Ce n'est qu'à partir des jeux humoristiques que j'ai commencé à sourire puis dans les pages suivantes dont l'humour commence davantage à se rapprocher de ce que j'aime dans Les Bidochon et quelques autres bons gags de Binet. Les débuts de Binet dans le domaine de l'humour adulte qui ne sont, à mes yeux, pas encore au point ou du moins pas à même de me satisfaire.
Hanomag Henschel
Cette série est beaucoup trop "étrange" et c'est le moins que l'on puisse dire. On a un homme un petit peu aventurier qui part visiter des pays pauvres comme l'Inde. La personnalité de ce héros est intéressante car il n'est point matérialiste et semble toujours prêt à aider son prochain. Mais c'est une bd où l'on sent qu'il n'y a pas de scénariste aux commandes. On va au gré du vent sans construction logique précise, ce qui a de quoi dérouter plus d'un lecteur. Les cases sont cependant très belles mais il est clair que cela ne saurait suffire.
Le Pêcheur de Brooklyn
Voilà une BD résolument ancrée dans un style SF des années 80. Il s'agit d'anticipation un peu facile et bon marché, avec un peu de sexe et de violence pour attirer le chaland, et une vision du futur assez caricaturale. Pourtant la thématique est honnête puisqu'il s'agit de dénoncer les méfaits de la pollution et de faire craindre un monde horrible si l'homme continue à dégrader son environnement. Le message est cependant trop naïf et caricatural pour être vraiment marquant de nos jours. Le dessin n'est pas mauvais dans un style réaliste mais il est enlaidi par une colorisation très approximative. C'est surtout la palette de ces couleurs qui me déplait, complètement artificielle, à base d'une moche combinaison de violets, verts et orange comme beaucoup de mauvaises BD de SF de l'époque. Le récit se lit bien mais il n'est pas terrible. Il est un peu vite résumé et sa construction est médiocre. On assiste par exemple pendant 4 pages à un documentaire télé nous décrivant les conséquences de la pollution et les nouvelles espèces dangereuses qu'elle a engendrées. Et comme par hasard, dans les pages qui suivent, le héros est confronté à l'inventaire exact de ces mêmes espèces. Voilà une construction de récit que je trouve assez naïve et redondante. Quant à la fin, elle est abrupte même si plutôt cohérente dans le contexte de l'histoire. Ca se laisse lire mais il s'agit là d'une BD de SF sans grande envergure ni originalité.
Les Voyages clos
Une série abandonnée qui se laisse lire mais qui n'est pas ce que Servais a fait de meilleur. Le scénario laisse un peu à désirer quant à son déroulement. Le dessin quant à lui est un peu morne. Il manque beaucoup de qualités intrinsèques à cette bd. L'intrigue fait curieusement penser à ces feuilletons télé d'après-midi pour la ménagère de moins de 50 ans. Un anti-héros au relent pédophile, une saga familiale sur fond d'Indochine... bref trahison amoureuse et exotisme de pacotille pour un cocktail finalement sans saveur. On ne regrettera pas.
Bleu indigo - Ai yori aoshi
Bof. Le début est vraiment intéressant, mais on tombe vite dans une histoire d'amour avec des scènes de nudités de temps en temps. Ce n'est pas très passionnant et s'est plutot long vu qu'on sait comment ça va finir. En fait, dans ce genre de manga, c'est surtout l'humour qui rend le manga bon et ici je ne ri pas du tout. Les personnages sont plutot insignifiants sauf Kaoru qui est un peu attachant bien qu'elle ne soit qu'un fantasme vivant. Quel homme n'a pas déjà revé au moins une fois dans sa vie d'avoir comme épouse une femme qui est totalement soumise ?
L'Ascension du Haut Mal
C'est une oeuvre sur un sujet qui n'est pas du tout facile à traiter en bande dessinée et ceci mérite beaucoup d'indulgence. En même temps, ce n'est pas la première oeuvre qui décrit la lutte des parents contre la maladie de leur fils. Au-delà de l'entreprise tout à fait louable de l'auteur, je n'ai pas réussi à m'accrocher dans ce foisonnement débordant d'idées diverses. On mélange toutes les guerres. On raconte la généalogie de la famille. On penche pour les médecines non traditionnelles pour verser finalement dans des sectes dirigées par des gourous qui prétendent au miracle. Je crois que ce n'est pas l'apanage de tous les parents qui essayent de sauver leur enfant d'une maladie incurable. Il existe d'autres voies et la plus raisonnable est bien celle de la science qui peut également faire des miracles pourvu qu'on garde confiance en la médecine. Il y a des décisions qui ne sont jamais faciles à prendre mais une fois le risque pris, on peut reculer l'inévitable. Je n'adhère absolument pas à la façon dont les parents de ce malheureux garçon s'y sont pris. Je respecte cependant le choix tout à fait honnête de l'auteur de conter cet épuisement dans la quête d'une guérison. J'en arrive à le comprendre parfaitement. De toute façon d'un point de vue objectif, c'est une oeuvre autobiographique parfaitement réussie dans son potentiel narratif. Les dessins en noir et blanc parviennent à créer ici ou là des ambiances oniriques assez angoissantes.
Téo
Une bd bel et bien destinée à la jeunesse mais pas à la nôtre. En effet, une jeunesse des années 1950, voire 1940 ; bref une jeunesse d'une autre époque. Mais comment peut-on encore faire de la bande dessinée d'outre-tombe en 2005 ? Point de modernité ! Est-ce que c'est volontairement l'effet recherché comme pour nous indiquer que la vie à la campagne, proche de la nature, c'est bien mieux que la modernité de ces villes qui polluent nos rivières... Le dessin est archi-stéréotypé voire figé avec une couche de coloriage intensif. Je ne vous parle pas des expressions qu'empruntent ces chers petits bambins. Si vous connaissez des enfants qui à l'âge de 5 ans disent : "on ne va jamais se trouver au milieu de ce capharnaüm", c'est promis je veux bien aller m'exiler au Tibet ! En attendant, cette bd est bien gentille, voire naïve en surfant également sur une vague quasi écologiste. Mais bon, il y a pire...