La lecture de ce premier volet me laisse un sentiment mi-figue mi-raisin. En cause, sa légèreté dans la reconstitution historique et les clichés présents dans son aspect romanesque. L’intention des auteurs est pourtant des plus louables puisqu’ils cherchent à montrer un visage plus réaliste du chevalier et j’ai envie de les suivre dans cette voie mais, sur seule base de ce premier tome, c’est trop léger à mes yeux.
Tout d’abord, la reconstitution historique manque de détails. Si l’assise repose sur une solide documentation, Rudy Miel allège au maximum son récit et nous prive ainsi d’explications quant au contexte global de l’époque. Heureusement, le dossier en fin d’album permet de combler ce manque… mais ce sont des données que j’aurais aimé découvrir au sein même de la bande dessinée et non dans un dossier à part. J’ai bien conscience que c’est toute la complexité de ce genre de récit historique de savoir marier un important flux d’informations et une fluidité de lecture qui reste agréable… mais c’est ce qui fait la différence entre un album moyen et un très bon album de bande dessinée historique.
Ensuite, Rudy Miel apporte une dimension romanesque avec un personnage inventé… Et là, on tombe dans le gros cliché de la jolie voleuse-diseuse de bonne aventure, qui va nouer une idylle avec Godefroy et apparaitra dénudée à l’une ou l’autre occasion. Si ce personnage permet d’aborder un aspect moins connu de ces croisades (le fait qu’elles entrainaient dans leurs rangs une foule de truands et de brigands qui voyaient là l’occasion d’à la fois commettre quelques pillages et obtenir l’absolution de leurs péchés), il véhicule tellement de stéréotypes déjà vus par ailleurs que le scénario devient très prévisible. Certes, cette approche plaira à certains lecteurs par son côté ‘confortable’ (on sait où on va) mais, à titre personnel, ce n’est pas ce que j’attends d’une bande dessinée que j’imaginais avant tout historique.
Au niveau du dessin, le trait de Théo Dubois d’Enghien est très classique et plaira à un large public. Je lui trouve de petits airs d’Yves Swolfs et reconnais sans peine son esthétisme et la facilité de sa lecture. Malheureusement, cette mise en page très aérée, même si elle offre de beaux dessins, ne fait qu’accentuer la légèreté du scénario.
Enfin, la colorisation de Felideus est parfois un peu vive (l’aspect bleuté de la neige en début de récit en est un bel exemple) mais, à nouveau, il s’agit d’un travail plus que correct qui plaira au public visé.
Clairement, j’en attendais plus. Surtout au niveau du contexte historique global. Une narration plus présente, même si elle aurait alourdit la lecture, aurait été la bienvenue à mes yeux. Et puis, j’aurais quand même bien aimé que Rudy Miel évite d’utiliser le personnage cliché d’Aëlys.
A voir pour la suite, mais au terme de ce premier tome, c’est la déception qui domine.
Je ne partage pas le point de vue des autres aviseurs. En effet j'ai immédiatement été dérouté par le scénario de Kris.
Pour un effet de style l'auteur nous fait croire que le 12 novembre les armées étaient démobilisées, qu'un soldat allemand pouvait contredire de façon insolente son commandant puis faire du stop dans une voiture militaire française et traverser la moitié de la France sans ordre de mission.
L'armistice du 11/18 a été signé pour une durée limitée (36 j) renouvelée jusqu'au traité de paix. Cela veut dire que les conditions de démobilisation ont été longues et il n'était pas question de se promener dans du matériel militaire avec des civils. Les contrôles et autres réglementations du temps de guerre n'ont pas été abolies par un simple tweet ! Cela met à mal la crédibilité d'une grande partie du tome 1 qui surfe sur les facilités et les invraisemblances.
Le scénario du tome 2 poursuit sur la même voie. Ainsi j'ai cru retrouver James Coburn d'il y a 50 ans dans certaines scènes utilisées à l'envie depuis la création de Sergio Leone. C'est encadré par un dialogue assez manichéen très contemporain. Enfin j'ai toujours du mal avec ces récits qui multiplient les retours en arrière pour donner de l'épaisseur au récit.
Le graphisme est séduisant même si ce n'est pas le style que je préfère. Les visages durs conviennent bien à l'esprit du récit et les détails des extérieurs sont bien travaillés dans l'ensemble. La mise en couleur un peu terne m'a plus séduit dans la partie mexicaine que française.
Une lecture que j'ai assez peu appréciée tellement le scénario m'a paru convenu et cousu de fil blanc.
Je ne sais pas trop quoi penser de cet album. Ni trop quoi en dire finalement.
Certes, il y a bien une histoire. Celle d’une jeune femme qui veut changer de vie, s’engager, répondre à l’appel de la mer, de la liberté. Pour être en phase avec ses aspirations profondes – qu’elle découvre.
Mais voilà, la narration est beaucoup trop éclatée, décousue, et à plusieurs reprises j’ai été perdu. Des flash-backs, et des passages mêlant rêveries et réalités, c’est franchement – trop – touffu.
Quant au dessin, il est lisible, mais j’ai trouvé que le rendu était plus proche de l’illustration pour enfants que de la BD.
Tout ça n’est peut-être qu’affaire de goût et d’autres apprécieront davantage, mais je suis resté sur ma faim.
Note réelle 2,5/5.
Une déception pour moi. J’attendais quelque chose de bon car j’avais adoré ce que j’avais lu avant de Wilfrid Lupano.
Mais là, je ne l’ai pas trouvé au meilleur de sa forme. Le synopsis pouvait coller, il y a de quoi faire, mais je trouve vraiment que le traitement manque de finesse.
Ce qui faisait la force de ses précédents scénarios est ici noyé dans une narration trop fragmentée, avec beaucoup de flashbacks qui ne rendent pas la lecture fluide. On sent qu’il y a une volonté de bien faire, mais ça tombe à plat. J’ai trouvé les personnages très clichés, et les dialogues sans profondeur.
C’est surtout le dessin qui m’a fait hésiter au début. Cette esthétique contemporaine avec toujours les mêmes types de personnages commence à me lasser, j’ai l’impression de la voir partout et pas dans les meilleures sorties (de mon point de vue).
Finalement, c’est plus la mise en œuvre du scénario qui m’a déçu que les illustrations. Quelque part c’est rassurant, cela veut dire que Wilfrid Lupano n’est pas une machine.
Je me retrouve totalement dans l'avis de Gaston pour cette série. Il y a bien quelques idées intéressantes comme l'ONU en Inde et j'ai bien aimé le profil de Katryn, l'héroïne.
Pour le reste le scénario est très classique et reprend plus les codes du polar que de la SF. Corruption, infiltration, réseaux mafieux il n'y a rien de nouveau sous le soleil même si la mise en scène est efficace et tonique avec des dialogues d'un bon niveau.
On voit même arriver les rebondissements d'assez loin.
Le côté SF sert surtout au graphisme qui renvoie à un univers dystopique assez commun mais peu détaillé. C'est froid voire glacial. Cela convient à l'esprit de la série mais donne un visuel assez peu attrayant. Les visages manquent de diversité. Là encore seule Katryn sort du lot. Les scènes de combats sont confuses et souvent on ne sait pas qui tire sur qui.
Comme beaucoup de scènes sont la nuit, en milieu aquatique ou dans des bureaux à la lumière blafarde la mise en couleur avec une abondance de verdâtre renforce ce côté froid.
Une série qui se laisse lire mais sans originalité et sans un grand attrait visuel.
Arnaud Ramsay est un journaliste spécialisé dans le football. Il a travaillé pour plusieurs médias sportifs, et a écrit de nombreux ouvrages biographiques ou sous forme d'enquête sur les grands noms de ce sport. J'ai lu deux autres albums signés par lui, consacrés à Tapie et au PSG version qatarie, qui m'avaient semblés au minimum intéressants.
Ici il s'est intéressé à un autre versant, l'histoire singulière de deux joueurs ayant participé à la première Coupe du Monde en 1930 pour l'Equipe de France, et dont l'histoire du foot et l'Histoire tout court ont quasiment oublié le nom. Ce furent donc des pionniers avec cette compétition si particulière, mais aussi des professionnels, des hommes que le souffle de l'Histoire va transformer et emmener sur des chemins radicalement différents. L'un des deux va assez vite devenir un voyou, un amateur de courses qui va se couvrir de dettes, et qui va travailler pour les SS français pendant l'Occupation. L'autre aura une carrière militaire exemplaire, sera un citoyen modèle, toujours passionné par son sport. Dit comme ça cela a l'air caricatural, mais Ramsay révèle en postface qu'il n'a que peu trafiqué la vérité pour Etienne Mattler, le bon samaritain, dont la vie est assez documentée jusqu'à son décès en 1986. Ce fut en revanche plus compliqué pour Alexandre Villaplane, qui a évolué, en-dehors de sa carrière sportive, un peu en-dessous des radars, et pour cause. Pas mal de trous à combler, comme l'indique Ramsay, ce qui explique peut-être que j'ai eu l'impression que l'angle qu'il a choisi, à savoir montrer leurs vies en alternance, n'était peut-être pas le bon. Le rythme est lent, artificiel, je n'ai pas vraiment réussi à m'intéresser à ces vies qui sortent pourtant du commun. Peut-être aurait-il fallu axer un peu plus sur Mattler, et ne mettre Villaplane que comme un personnage revenant de temps en temps dans l'actualité par le biais de ses exactions ?
Au dessin, Etienne Oburie ne m'a pas semblé à son aise. De ce qu'en écrit Ramsay, il n'y connaissait rien au football, mais cela n'empêche que les séquences non liées au sport n'ont pas vraiment de dynamisme. Il m'a nettement plus convaincu dans Simone Veil - La Force d'une femme.
Bref, c'est dommage cette mollesse, les personnages méritaient sans doute mieux.
C'est une lecture que j'oublierai vite. Ce diptyque surfe sur l'esprit du temps qui mêle Fantasy avec un graphisme qui tend vers un trait manga approximatif.
Gamih est une héroïne style ado rebelle avec des dons innés qu'un maître est chargé de lui en apprendre la maîtrise. Ce n'est pas l'idée la plus originale qui soit tellement cela a été utilisé depuis la guerre des étoiles.
On reste sur une route balisée et prévisible tout au long du récit. Les dialogues sont pauvres tutoyant la vulgarité en de nombreux passages.
Le graphisme fait penser à de l'animation manga assez frustre. Certaines cases (surtout dans T2) sont bâclées. Les scènes de combats sont souvent confuses et finissent abruptement de façon bien trop facile.
Une lecture sans beaucoup d'intérêt.
La fertilité et la stérilité sont un sujet difficile à investir, y compris en BD.
Lise Minidam livre son expérience, elle qui a eu un premier enfant, mais aimerait en avoir un second, en accord avec son conjoint. Mais malgré ses efforts, ça ne marche pas, ce qui la plonge dans le désespoir. En guise de thérapie, en plus de se faire accompagner par des spécialistes, elle décide de faire une BD pour raconter son parcours, ses doutes, ses peurs, ses espoirs aussi. La plupart des planches ses présentent sous la forme d'une seule scène, sans contours de cases, sur fond rose pâle.
En général on assiste à des dialogues, des scènes entre pénis, spermatozoïdes, un utérus, un ovule... C'est donc l'infiniment petit et/ou l'intimité de Lise Minidam qui nous sont montrés, avec un dialogue teinté d'humour, mais avec un fond assez grave tout de même. Le récit est émaillé de bons mots, tels que :
- "Vu qu'il a 7 enfants, il doit faire partie de l'Equipe de France du sperme."
- "J'ai pensé qu'il y avait peut-être des couples hétéros avec une bite en forme d'étoile et une chatte en forme de triangle;"
- etc.
Et au détour, cette réflexion, puissante, éclairante : "Et je dois avouer qu'en y pensant, personne n'avait jamais dit à mon mari que sa tête ou son stress pouvait potentiellement altérer la qualité de sa fertilité."
Dans l'ensemble, malgré les bons mots, je n'ai pas vraiment souri à cet album. Non seulement parce que le sujet n'est pas léger, mais aussi parce qu'au-delà de sa propre thérapie, je ne suis pas sûr que ce que raconte Minidam aide beaucoup les femmes dans la même situation qu'elle à en sortir. C'est assez désespérant au final.
Sédition
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Ce tome constitue la première saison d'une nouvelle histoire. La fin apporte une résolution satisfaisante. Il contient les épisodes 1 à 5, ainsi que l'épisode "Genius: pilot saison", initialement publiés en 2014, écrits par Marc Bernardin & Adam Freeman, dessinés, encrés et mis en couleurs par Afua Richardson.
L'histoire se déroule de nos jours, dans un quartier de Los Angeles (South Central). le récit s'ouvre avec des policiers du LAPD dont un qui reçoit une balle en pleine poitrine. Face à eux, se tient une jeune femme (entre 20-25 ans) appelée Destiny Ajaye. Elle leur demande de prendre leur blessé et d'évacuer cette partie de leur ville. Elle leur annonce qu'elle et son gang ont décidé de faire régner leur propre loi dans ce quartier.
Dans le commissariat correspondant, le capitaine Lou Haroy écoute Reginald Grey lui expliquer sa théorie. Grey est un analyste et il a décelé une volonté qui se dégage de plusieurs signalements isolés au fil des 10 dernières années. Il a baptisé ce cerveau du crime Suspect zéro. La police se prépare à donner l'assaut pour rétablir l'ordre public. de leur côté, les insurgés sont prêts, ils ont même anticipé plusieurs coups d'avance.
Sur la quatrième de couverture, le lecteur peut lire que Destiny Ajaya est une stratège hors pair, à mettre dans la même classe qu'Hannibal, Gengis Khan ou le général Patton. En feuilletant rapidement les pages, le lecteur constate qu'Afua Richardson a travaillé à l'infographie pour un résultat coloré, avec différents modes de rendu, et une approche visuelle personnelle. Ce tome promet une lecture originale qui sort des sentiers battus.
Le principe de mettre en scène une stratège hors pair constitue une forme de défi vis-à-vis du lecteur, une promesse ludique d'essayer d'anticiper les mouvements de Destiny Ajaye, et donc de se montrer aussi futé que les scénaristes. Il regarde donc Destiny Ajaye s'imposer à la tête d'un gang, puis s'arranger pour unifier les différentes bandes du quartier sous son égide. Les scénaristes réussissent à rendre ce parcours possible, grâce à une stratégie intelligente, et des talents d'oratrice convaincants.
En ce qui concerne la mainmise sur ce quartier, la prise de pouvoir par la force convainc également, ainsi que l'organisation des bandes en une force armée, et l'anticipation des mouvements de la police, puis de la garde nationale. En face la police est bien sûr dépassée, mais elle n'est pas incapable et débile. Les auteurs montrent qu'il s'agit d'un service organisé, préparé à répondre à ce genre de situation. Reginald Grey réussit à se faire entendre, de manière progressive.
Bernardin & Freeman étoffent leur récit avec un portrait de Destiny Ajaye qui sonne juste. Certes ils utilisent un traumatisme d'enfance comme point de départ, mais son parcours dans ce quartier défavorisé s'avère très proche de ce que l'on peut lire ou voir aux informations. Les personnages secondaires ne disposent que de très peu de temps d'exposition (même Reginald Grey), et de personnalités à peine esquissées. Néanmoins les auteurs intègrent plusieurs seconds rôles qui fournissent autant de points de vue supplémentaire : Chavonne la meilleure amie de Destiny, Izzy Cortina une journaliste.
Afua Richardson utilise l'infographie pour réaliser ses planches. Il détoure les formes avec un trait noir, comme de l'encrage classique. Ses personnages sont représentés avec une forme de simplification des traits qui évoque parfois les dessins animés, sans aller jusqu'à une esthétique pour la jeunesse. Ils disposent tous d'une morphologie spécifique, de visages différents, et ils s'habillent avec des vêtements normaux, reflétant leur milieu social (quartier défavorisé et plutôt noir de Los Angeles). Si les scénaristes recourent à des expressions typées "rue", le dessinateur lui n'en rajoute pas dans ce registre.
Richardson change de registre de représentation des décors et arrière-plans en fonction de la séquence. Il peut se servir d'un logiciel de modélisation (de type sketchup) pour dessiner une rue, une façade, le motif en carré d'un carrelage, ou un modèle de voiture, comme il peut dessiner de manière plus traditionnelle. Comme ses collègues dessinateurs de comics, il peut également choisir de concentrer son dessin sur les personnages, et masquer la vacuité de l'arrière-plan par un discret dégradé de couleurs.
Ce mélange de modalité de représentation lui permet de bien faire ressentir au lecteur, que l'action se passe dans un quartier de Los Angeles, à la fois par l'urbanisme, la luminosité, et l'architecture. Par contre quand 3 modalités différentes coexistent sur la même page, le lecteur peut ressentir comme une forme de dissonance. Difficile de passer outre l'artificialité d'une planche comprenant un dallage généré par infographie au tracé parfaitement, 2 cases sans arrière-plan, et une case avec un décor détouré dans le même mode que les personnages.
À condition de s'acclimater à ce mode de dessin parfois un peu patchwork, le lecteur plonge dans ce thriller, avec le plaisir de participer au jeu de l'anticipation, d'essayer de devancer Destiny Ajaye dans sa stratégie. Les scénaristes arrivent à raconter les scènes attendues de manière vivante et enlevée (y compris les premières barricades et les premiers affrontements contre la police), et à insérer des variables aux effets inattendus (comme l'infiltration de la journaliste Izzy Cortina).
Par contre, dès le début, le lecteur se pose la question de ce que peut vraiment espérer Destiny Ajaye, quel est son véritable but. En effet, le contrôle du quartier d'une ville pour imposer sa loi constitue quelque chose de très relatif. Il suffit que le maire décide de couper l'eau ou l'électricité pour que le mouvement de séparation se heurte à un obstacle insurmontable. Aussi dès le départ le lecteur s'interroge sur l'objectif réel de cette stratège. La réponse se trouve bien dans le récit, mais elle s'avère un peu décevante (même si elle reste cohérente avec l'âge de Destiny Ajaye). Cette vision à long terme un peu bancale et l'hétérogénéité de certaines planches coutent une étoile à cette histoire plutôt originale.
Je ne vais pas m’éterniser sur cette série, qui m’a franchement laissé de côté. Je me retrouve dans toutes les critiques de Ro.
D’emblée j’ai été rebuté par la manque flagrant d’originalité et d’ambition de la série : les 3 jeunes qui ne se connaissent pas et qui se groupent dans une quête pour sauver leur monde, les personnalités mêmes de ces héros (finalement à peine effleurées, mais qui incarnent toutes des clichés – de la blonde superficielle au beau gosse, en passant par l’intello binoclard), ça sentait bon – ou mauvais ! – le sous-Lanfeust (genre qui n'est pas ma tasse de thé a priori).
Les quelques rares tentatives d’humour sont lourdingues (voir les jeux de mots autour d’un personnage nommé Kiri dans le troisième tome), et les péripéties s’enchaînent en usant de facilités qui confinent parfois à de la désinvolture. Les surprises sont artificiellement amenées( comme lorsque on nous annonce une dizaine de fois la mort très très prochaine d'un héros, mais en fait...)
Quant au dessin, là aussi je n’ai pas accroché, pas mon truc – comme la colorisation d’ailleurs.
Si j’ai fait l’effort de lire attentivement les trois premiers tomes, je n’ai fait que survoler le dernier, tellement j’en étais arrivé à ne lire qu’à reculons.
Très gros bof me concernant !
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Godefroy
La lecture de ce premier volet me laisse un sentiment mi-figue mi-raisin. En cause, sa légèreté dans la reconstitution historique et les clichés présents dans son aspect romanesque. L’intention des auteurs est pourtant des plus louables puisqu’ils cherchent à montrer un visage plus réaliste du chevalier et j’ai envie de les suivre dans cette voie mais, sur seule base de ce premier tome, c’est trop léger à mes yeux. Tout d’abord, la reconstitution historique manque de détails. Si l’assise repose sur une solide documentation, Rudy Miel allège au maximum son récit et nous prive ainsi d’explications quant au contexte global de l’époque. Heureusement, le dossier en fin d’album permet de combler ce manque… mais ce sont des données que j’aurais aimé découvrir au sein même de la bande dessinée et non dans un dossier à part. J’ai bien conscience que c’est toute la complexité de ce genre de récit historique de savoir marier un important flux d’informations et une fluidité de lecture qui reste agréable… mais c’est ce qui fait la différence entre un album moyen et un très bon album de bande dessinée historique. Ensuite, Rudy Miel apporte une dimension romanesque avec un personnage inventé… Et là, on tombe dans le gros cliché de la jolie voleuse-diseuse de bonne aventure, qui va nouer une idylle avec Godefroy et apparaitra dénudée à l’une ou l’autre occasion. Si ce personnage permet d’aborder un aspect moins connu de ces croisades (le fait qu’elles entrainaient dans leurs rangs une foule de truands et de brigands qui voyaient là l’occasion d’à la fois commettre quelques pillages et obtenir l’absolution de leurs péchés), il véhicule tellement de stéréotypes déjà vus par ailleurs que le scénario devient très prévisible. Certes, cette approche plaira à certains lecteurs par son côté ‘confortable’ (on sait où on va) mais, à titre personnel, ce n’est pas ce que j’attends d’une bande dessinée que j’imaginais avant tout historique. Au niveau du dessin, le trait de Théo Dubois d’Enghien est très classique et plaira à un large public. Je lui trouve de petits airs d’Yves Swolfs et reconnais sans peine son esthétisme et la facilité de sa lecture. Malheureusement, cette mise en page très aérée, même si elle offre de beaux dessins, ne fait qu’accentuer la légèreté du scénario. Enfin, la colorisation de Felideus est parfois un peu vive (l’aspect bleuté de la neige en début de récit en est un bel exemple) mais, à nouveau, il s’agit d’un travail plus que correct qui plaira au public visé. Clairement, j’en attendais plus. Surtout au niveau du contexte historique global. Une narration plus présente, même si elle aurait alourdit la lecture, aurait été la bienvenue à mes yeux. Et puis, j’aurais quand même bien aimé que Rudy Miel évite d’utiliser le personnage cliché d’Aëlys. A voir pour la suite, mais au terme de ce premier tome, c’est la déception qui domine.
Notre Amérique
Je ne partage pas le point de vue des autres aviseurs. En effet j'ai immédiatement été dérouté par le scénario de Kris. Pour un effet de style l'auteur nous fait croire que le 12 novembre les armées étaient démobilisées, qu'un soldat allemand pouvait contredire de façon insolente son commandant puis faire du stop dans une voiture militaire française et traverser la moitié de la France sans ordre de mission. L'armistice du 11/18 a été signé pour une durée limitée (36 j) renouvelée jusqu'au traité de paix. Cela veut dire que les conditions de démobilisation ont été longues et il n'était pas question de se promener dans du matériel militaire avec des civils. Les contrôles et autres réglementations du temps de guerre n'ont pas été abolies par un simple tweet ! Cela met à mal la crédibilité d'une grande partie du tome 1 qui surfe sur les facilités et les invraisemblances. Le scénario du tome 2 poursuit sur la même voie. Ainsi j'ai cru retrouver James Coburn d'il y a 50 ans dans certaines scènes utilisées à l'envie depuis la création de Sergio Leone. C'est encadré par un dialogue assez manichéen très contemporain. Enfin j'ai toujours du mal avec ces récits qui multiplient les retours en arrière pour donner de l'épaisseur au récit. Le graphisme est séduisant même si ce n'est pas le style que je préfère. Les visages durs conviennent bien à l'esprit du récit et les détails des extérieurs sont bien travaillés dans l'ensemble. La mise en couleur un peu terne m'a plus séduit dans la partie mexicaine que française. Une lecture que j'ai assez peu appréciée tellement le scénario m'a paru convenu et cousu de fil blanc.
Se jeter à l'eau
Je ne sais pas trop quoi penser de cet album. Ni trop quoi en dire finalement. Certes, il y a bien une histoire. Celle d’une jeune femme qui veut changer de vie, s’engager, répondre à l’appel de la mer, de la liberté. Pour être en phase avec ses aspirations profondes – qu’elle découvre. Mais voilà, la narration est beaucoup trop éclatée, décousue, et à plusieurs reprises j’ai été perdu. Des flash-backs, et des passages mêlant rêveries et réalités, c’est franchement – trop – touffu. Quant au dessin, il est lisible, mais j’ai trouvé que le rendu était plus proche de l’illustration pour enfants que de la BD. Tout ça n’est peut-être qu’affaire de goût et d’autres apprécieront davantage, mais je suis resté sur ma faim. Note réelle 2,5/5.
Ma révérence
Une déception pour moi. J’attendais quelque chose de bon car j’avais adoré ce que j’avais lu avant de Wilfrid Lupano. Mais là, je ne l’ai pas trouvé au meilleur de sa forme. Le synopsis pouvait coller, il y a de quoi faire, mais je trouve vraiment que le traitement manque de finesse. Ce qui faisait la force de ses précédents scénarios est ici noyé dans une narration trop fragmentée, avec beaucoup de flashbacks qui ne rendent pas la lecture fluide. On sent qu’il y a une volonté de bien faire, mais ça tombe à plat. J’ai trouvé les personnages très clichés, et les dialogues sans profondeur. C’est surtout le dessin qui m’a fait hésiter au début. Cette esthétique contemporaine avec toujours les mêmes types de personnages commence à me lasser, j’ai l’impression de la voir partout et pas dans les meilleures sorties (de mon point de vue). Finalement, c’est plus la mise en œuvre du scénario qui m’a déçu que les illustrations. Quelque part c’est rassurant, cela veut dire que Wilfrid Lupano n’est pas une machine.
Optic Squad
Je me retrouve totalement dans l'avis de Gaston pour cette série. Il y a bien quelques idées intéressantes comme l'ONU en Inde et j'ai bien aimé le profil de Katryn, l'héroïne. Pour le reste le scénario est très classique et reprend plus les codes du polar que de la SF. Corruption, infiltration, réseaux mafieux il n'y a rien de nouveau sous le soleil même si la mise en scène est efficace et tonique avec des dialogues d'un bon niveau. On voit même arriver les rebondissements d'assez loin. Le côté SF sert surtout au graphisme qui renvoie à un univers dystopique assez commun mais peu détaillé. C'est froid voire glacial. Cela convient à l'esprit de la série mais donne un visuel assez peu attrayant. Les visages manquent de diversité. Là encore seule Katryn sort du lot. Les scènes de combats sont confuses et souvent on ne sait pas qui tire sur qui. Comme beaucoup de scènes sont la nuit, en milieu aquatique ou dans des bureaux à la lumière blafarde la mise en couleur avec une abondance de verdâtre renforce ce côté froid. Une série qui se laisse lire mais sans originalité et sans un grand attrait visuel.
Le Maillot de la discorde
Arnaud Ramsay est un journaliste spécialisé dans le football. Il a travaillé pour plusieurs médias sportifs, et a écrit de nombreux ouvrages biographiques ou sous forme d'enquête sur les grands noms de ce sport. J'ai lu deux autres albums signés par lui, consacrés à Tapie et au PSG version qatarie, qui m'avaient semblés au minimum intéressants. Ici il s'est intéressé à un autre versant, l'histoire singulière de deux joueurs ayant participé à la première Coupe du Monde en 1930 pour l'Equipe de France, et dont l'histoire du foot et l'Histoire tout court ont quasiment oublié le nom. Ce furent donc des pionniers avec cette compétition si particulière, mais aussi des professionnels, des hommes que le souffle de l'Histoire va transformer et emmener sur des chemins radicalement différents. L'un des deux va assez vite devenir un voyou, un amateur de courses qui va se couvrir de dettes, et qui va travailler pour les SS français pendant l'Occupation. L'autre aura une carrière militaire exemplaire, sera un citoyen modèle, toujours passionné par son sport. Dit comme ça cela a l'air caricatural, mais Ramsay révèle en postface qu'il n'a que peu trafiqué la vérité pour Etienne Mattler, le bon samaritain, dont la vie est assez documentée jusqu'à son décès en 1986. Ce fut en revanche plus compliqué pour Alexandre Villaplane, qui a évolué, en-dehors de sa carrière sportive, un peu en-dessous des radars, et pour cause. Pas mal de trous à combler, comme l'indique Ramsay, ce qui explique peut-être que j'ai eu l'impression que l'angle qu'il a choisi, à savoir montrer leurs vies en alternance, n'était peut-être pas le bon. Le rythme est lent, artificiel, je n'ai pas vraiment réussi à m'intéresser à ces vies qui sortent pourtant du commun. Peut-être aurait-il fallu axer un peu plus sur Mattler, et ne mettre Villaplane que comme un personnage revenant de temps en temps dans l'actualité par le biais de ses exactions ? Au dessin, Etienne Oburie ne m'a pas semblé à son aise. De ce qu'en écrit Ramsay, il n'y connaissait rien au football, mais cela n'empêche que les séquences non liées au sport n'ont pas vraiment de dynamisme. Il m'a nettement plus convaincu dans Simone Veil - La Force d'une femme. Bref, c'est dommage cette mollesse, les personnages méritaient sans doute mieux.
Ether
C'est une lecture que j'oublierai vite. Ce diptyque surfe sur l'esprit du temps qui mêle Fantasy avec un graphisme qui tend vers un trait manga approximatif. Gamih est une héroïne style ado rebelle avec des dons innés qu'un maître est chargé de lui en apprendre la maîtrise. Ce n'est pas l'idée la plus originale qui soit tellement cela a été utilisé depuis la guerre des étoiles. On reste sur une route balisée et prévisible tout au long du récit. Les dialogues sont pauvres tutoyant la vulgarité en de nombreux passages. Le graphisme fait penser à de l'animation manga assez frustre. Certaines cases (surtout dans T2) sont bâclées. Les scènes de combats sont souvent confuses et finissent abruptement de façon bien trop facile. Une lecture sans beaucoup d'intérêt.
C'est dans la tête
La fertilité et la stérilité sont un sujet difficile à investir, y compris en BD. Lise Minidam livre son expérience, elle qui a eu un premier enfant, mais aimerait en avoir un second, en accord avec son conjoint. Mais malgré ses efforts, ça ne marche pas, ce qui la plonge dans le désespoir. En guise de thérapie, en plus de se faire accompagner par des spécialistes, elle décide de faire une BD pour raconter son parcours, ses doutes, ses peurs, ses espoirs aussi. La plupart des planches ses présentent sous la forme d'une seule scène, sans contours de cases, sur fond rose pâle. En général on assiste à des dialogues, des scènes entre pénis, spermatozoïdes, un utérus, un ovule... C'est donc l'infiniment petit et/ou l'intimité de Lise Minidam qui nous sont montrés, avec un dialogue teinté d'humour, mais avec un fond assez grave tout de même. Le récit est émaillé de bons mots, tels que : - "Vu qu'il a 7 enfants, il doit faire partie de l'Equipe de France du sperme." - "J'ai pensé qu'il y avait peut-être des couples hétéros avec une bite en forme d'étoile et une chatte en forme de triangle;" - etc. Et au détour, cette réflexion, puissante, éclairante : "Et je dois avouer qu'en y pensant, personne n'avait jamais dit à mon mari que sa tête ou son stress pouvait potentiellement altérer la qualité de sa fertilité." Dans l'ensemble, malgré les bons mots, je n'ai pas vraiment souri à cet album. Non seulement parce que le sujet n'est pas léger, mais aussi parce qu'au-delà de sa propre thérapie, je ne suis pas sûr que ce que raconte Minidam aide beaucoup les femmes dans la même situation qu'elle à en sortir. C'est assez désespérant au final.
Genius
Sédition - Ce tome constitue la première saison d'une nouvelle histoire. La fin apporte une résolution satisfaisante. Il contient les épisodes 1 à 5, ainsi que l'épisode "Genius: pilot saison", initialement publiés en 2014, écrits par Marc Bernardin & Adam Freeman, dessinés, encrés et mis en couleurs par Afua Richardson. L'histoire se déroule de nos jours, dans un quartier de Los Angeles (South Central). le récit s'ouvre avec des policiers du LAPD dont un qui reçoit une balle en pleine poitrine. Face à eux, se tient une jeune femme (entre 20-25 ans) appelée Destiny Ajaye. Elle leur demande de prendre leur blessé et d'évacuer cette partie de leur ville. Elle leur annonce qu'elle et son gang ont décidé de faire régner leur propre loi dans ce quartier. Dans le commissariat correspondant, le capitaine Lou Haroy écoute Reginald Grey lui expliquer sa théorie. Grey est un analyste et il a décelé une volonté qui se dégage de plusieurs signalements isolés au fil des 10 dernières années. Il a baptisé ce cerveau du crime Suspect zéro. La police se prépare à donner l'assaut pour rétablir l'ordre public. de leur côté, les insurgés sont prêts, ils ont même anticipé plusieurs coups d'avance. Sur la quatrième de couverture, le lecteur peut lire que Destiny Ajaya est une stratège hors pair, à mettre dans la même classe qu'Hannibal, Gengis Khan ou le général Patton. En feuilletant rapidement les pages, le lecteur constate qu'Afua Richardson a travaillé à l'infographie pour un résultat coloré, avec différents modes de rendu, et une approche visuelle personnelle. Ce tome promet une lecture originale qui sort des sentiers battus. Le principe de mettre en scène une stratège hors pair constitue une forme de défi vis-à-vis du lecteur, une promesse ludique d'essayer d'anticiper les mouvements de Destiny Ajaye, et donc de se montrer aussi futé que les scénaristes. Il regarde donc Destiny Ajaye s'imposer à la tête d'un gang, puis s'arranger pour unifier les différentes bandes du quartier sous son égide. Les scénaristes réussissent à rendre ce parcours possible, grâce à une stratégie intelligente, et des talents d'oratrice convaincants. En ce qui concerne la mainmise sur ce quartier, la prise de pouvoir par la force convainc également, ainsi que l'organisation des bandes en une force armée, et l'anticipation des mouvements de la police, puis de la garde nationale. En face la police est bien sûr dépassée, mais elle n'est pas incapable et débile. Les auteurs montrent qu'il s'agit d'un service organisé, préparé à répondre à ce genre de situation. Reginald Grey réussit à se faire entendre, de manière progressive. Bernardin & Freeman étoffent leur récit avec un portrait de Destiny Ajaye qui sonne juste. Certes ils utilisent un traumatisme d'enfance comme point de départ, mais son parcours dans ce quartier défavorisé s'avère très proche de ce que l'on peut lire ou voir aux informations. Les personnages secondaires ne disposent que de très peu de temps d'exposition (même Reginald Grey), et de personnalités à peine esquissées. Néanmoins les auteurs intègrent plusieurs seconds rôles qui fournissent autant de points de vue supplémentaire : Chavonne la meilleure amie de Destiny, Izzy Cortina une journaliste. Afua Richardson utilise l'infographie pour réaliser ses planches. Il détoure les formes avec un trait noir, comme de l'encrage classique. Ses personnages sont représentés avec une forme de simplification des traits qui évoque parfois les dessins animés, sans aller jusqu'à une esthétique pour la jeunesse. Ils disposent tous d'une morphologie spécifique, de visages différents, et ils s'habillent avec des vêtements normaux, reflétant leur milieu social (quartier défavorisé et plutôt noir de Los Angeles). Si les scénaristes recourent à des expressions typées "rue", le dessinateur lui n'en rajoute pas dans ce registre. Richardson change de registre de représentation des décors et arrière-plans en fonction de la séquence. Il peut se servir d'un logiciel de modélisation (de type sketchup) pour dessiner une rue, une façade, le motif en carré d'un carrelage, ou un modèle de voiture, comme il peut dessiner de manière plus traditionnelle. Comme ses collègues dessinateurs de comics, il peut également choisir de concentrer son dessin sur les personnages, et masquer la vacuité de l'arrière-plan par un discret dégradé de couleurs. Ce mélange de modalité de représentation lui permet de bien faire ressentir au lecteur, que l'action se passe dans un quartier de Los Angeles, à la fois par l'urbanisme, la luminosité, et l'architecture. Par contre quand 3 modalités différentes coexistent sur la même page, le lecteur peut ressentir comme une forme de dissonance. Difficile de passer outre l'artificialité d'une planche comprenant un dallage généré par infographie au tracé parfaitement, 2 cases sans arrière-plan, et une case avec un décor détouré dans le même mode que les personnages. À condition de s'acclimater à ce mode de dessin parfois un peu patchwork, le lecteur plonge dans ce thriller, avec le plaisir de participer au jeu de l'anticipation, d'essayer de devancer Destiny Ajaye dans sa stratégie. Les scénaristes arrivent à raconter les scènes attendues de manière vivante et enlevée (y compris les premières barricades et les premiers affrontements contre la police), et à insérer des variables aux effets inattendus (comme l'infiltration de la journaliste Izzy Cortina). Par contre, dès le début, le lecteur se pose la question de ce que peut vraiment espérer Destiny Ajaye, quel est son véritable but. En effet, le contrôle du quartier d'une ville pour imposer sa loi constitue quelque chose de très relatif. Il suffit que le maire décide de couper l'eau ou l'électricité pour que le mouvement de séparation se heurte à un obstacle insurmontable. Aussi dès le départ le lecteur s'interroge sur l'objectif réel de cette stratège. La réponse se trouve bien dans le récit, mais elle s'avère un peu décevante (même si elle reste cohérente avec l'âge de Destiny Ajaye). Cette vision à long terme un peu bancale et l'hétérogénéité de certaines planches coutent une étoile à cette histoire plutôt originale.
Les 4 Princes de Ganahan
Je ne vais pas m’éterniser sur cette série, qui m’a franchement laissé de côté. Je me retrouve dans toutes les critiques de Ro. D’emblée j’ai été rebuté par la manque flagrant d’originalité et d’ambition de la série : les 3 jeunes qui ne se connaissent pas et qui se groupent dans une quête pour sauver leur monde, les personnalités mêmes de ces héros (finalement à peine effleurées, mais qui incarnent toutes des clichés – de la blonde superficielle au beau gosse, en passant par l’intello binoclard), ça sentait bon – ou mauvais ! – le sous-Lanfeust (genre qui n'est pas ma tasse de thé a priori). Les quelques rares tentatives d’humour sont lourdingues (voir les jeux de mots autour d’un personnage nommé Kiri dans le troisième tome), et les péripéties s’enchaînent en usant de facilités qui confinent parfois à de la désinvolture. Les surprises sont artificiellement amenées( comme lorsque on nous annonce une dizaine de fois la mort très très prochaine d'un héros, mais en fait...) Quant au dessin, là aussi je n’ai pas accroché, pas mon truc – comme la colorisation d’ailleurs. Si j’ai fait l’effort de lire attentivement les trois premiers tomes, je n’ai fait que survoler le dernier, tellement j’en étais arrivé à ne lire qu’à reculons. Très gros bof me concernant !