J'aime les dessins faits avec la technique de la carte à gratter.
Le rendu est original et vraiment fascinant. Mais il s'agit d'une BD et la suite de ces belles cases donne une histoire complètement abstraite dont je ne sais quoi retenir.
Il ne semble pas y avoir de messages particuliers.
La lecture est ultra rapide, on est vraiment dans une production indépendante où les règles classiques ne s'appliquent plus.
Uniquement pour les fanatiques d'excentricités.
Plus les tomes défilent et plus j'ai du mal avec les productions de Corbeyran.
Elles manquent d'âme et me paraissent de plus en plus dispensables.
"Le Saigneur de Tiffauges" mêle deux histoires, celle de Barbe Bleue en fond de tâche, et celle actuelle concernant l'enlèvement et le meurtre d'enfants.
On suit un inspecteur ayant hérité des enquêtes. Celui ci est appelé à se plonger dans l'histoire du premier et plus prolifique serial killer français.
La suite est une suite d'éléments sans liens ni développements réels.
J'ai eu l'impression qu'il manquait des morceaux ou qu'il n'y avait pas de but à ce récit.
Le dessin n'a pas contrecarré cette mauvaise impression : Horne joue trop sur l'habillage photo, c'est certes courant mais dans le cas présent c'est trop voyant. Du coup le cahier graphique se révèle froid et insipide, j'ai plus eu l'impression de contempler un travail de coloriste que de dessinateur.
La note de 1/5 est évitée d'un rien...
Bof, franchement déçu
C'est d'autant plus dommage qu'on sent une bonne maîtrise quand même.
Je ne parviens pas à trouver ça drôle. Je n'ai même pas souris en fait :(
Il me reste un sentiment de précipitation : tout arrive tout de suite, avec beaucoup de démesure et on ne parvient pas à trouver un moment de répit. Pas d'espace non plus pour une chute.
En fait il n'y a jamais de "gags". On est sensé être dans le drolesque permanent mais ce n'est pas assez barré pour convaincre.
Il y a quelques belles idées et les classiques paradoxes scientifiques sont les bienvenus, mais rien de neuf sous le soleil quand il s'agit d'en montrer l'absurdité.
Je pose juste 2 question en fait :
Est ce vraiment Alan Moore qui a écrit ça ?
Est ce bien traduit ???
L'histoire aurait été bouclée en un seul tome, j'aurais peut-être pu l'apprécier un peu mieux, mais l'idée même qu'il y a encore (au moins) 5 tomes à lire est plus que décourageante...
Graphiquement, on est loin de ce que je préfère, même si la sobriété du noir et blanc limite la casse : jambes et bras interminables, visages pointus, technique fortement assistée par ordinateur manquant cruellement de nuances et usage de fonds photographiques assez peu esthétiques. Le médecin et le gardien du temple du village ne sont, eux, pas crédibles pour un sou (délit de belle gueule ?) : je les aurais plutôt vus en adolescents rebelles dans une histoire se passant en milieu scolaire...
Pour être honnête, sur les 3/4 du récit j'ai vraiment réussi à m'en contenter car la mise en place de cette histoire de morts inexpliquées et de famille étrange venant s'installer dans un petit village perdu était assez mystérieuse pour susciter mon intérêt. J'étais vraiment persuadée qu'on aurait sur les 50 dernières pages un final bien ficelé et taillé avec précision comme le début de l'histoire... Mais quand je me suis rendue compte, avec l'intrigue qui soudain s'est mise à stagner, que tout ceci nous conduisait vers une simple fin de premier tome, je m'en suis complètement désintéressée...
Un tout petit 2/5 en souvenir d'un bon début d'histoire, mais sans moi pour la suite.
J’aime particulièrement l’Histoire quand elle exhibe ses coulisses. Quand elle met sous la lumière des figurants se voyant offrir fugitivement les premiers rôles. C’est dire ma curiosité et mon enthousiasme, lorsqu’en historiographes théâtreux, les auteurs exhument des archives une marionnette poussiéreuse boudée par les manuels scolaires. Louis-Henri de Pardaillan, marquis de Montespan et, accessoirement, époux de la célèbre marquise du même nom. Un amoureux transi, bafoué, cocufié par Louis XIV selon un royal droit de cuissage entendu, et qui contestera inlassablement ce décorum héliocentrique. Téméraire et farfelu, il défiera le pouvoir absolu tout au long de sa vie en « asticotant » ce souverain abusif, n’ayant de cesse qu’il lui restitue sa femme chérie.
J’espérais, j’imaginais un récit captivant et ardent, une chouannerie libertine et drolatique. La perspective d’un spectacle alléchant dans le stip-tease d’une Renaissance matée par le petit côté de la lorgnette. Prout ! Je me suis fourvoyé. Je n’ai pas lu le roman éponyme. Néanmoins, j’ai flairé dès les premières mesures que la bande dessinée pêcherait par esprit de fidélité, s’entêtant à investir tout le bon de l’œuvre prime dans un one-shot où il n’y aurait jamais la place. Une adaptation ? Plutôt une (run) essence illustrée. La sensation de voir les meilleures pages du livre arrachées puis mises en image et en cases, loyalement, bout à bout. Cet assemblage de saynètes, d’anecdotes historiques disparates, façonne une narration à l’emporte-pièce qui use, abuse de l’ellipse (à en perturber quelquefois la compréhension) et accouche d’un rythme heurté, précipité et claudicant.
Pas assez de temps pour s’attacher. Pas assez de temps pour éprouver la passion dévorante de ces jeunes mariés (si ce n’est par la démonstration de quelques scènes de cul dissonantes). Pas assez de temps pour concevoir, pour partager la détresse et la mélancolie d’un époux persiflé. Pas assez de temps… Juste une impression de survol, de désinvolture. Ce n’est pas que cela sonne faux, ça ne sonne pas, tout simplement. Bien sûr, on ne peut pas renier les sourires, les rires provoqués par quelques parlottes flamboyantes, par les initiatives inspirées du marquis pour emmerder le roi, par la description des mœurs de l’époque, mais cette truculence taquine trop souvent la vulgarité. L’ambiance à peine esquissée renvoie l’image d’une mini chronique sociale s’échinant à démontrer que les aristos n’étaient que de gros crades concourant à qui sera le plus dégueulasse ; et l’on s’interroge sur la rigueur historique. Passons. Ce qui émerge en définitive n’est qu’une impression désolante de raillerie. Le Montespan m’apparait trop souvent ridicule ou maladroit quand j’aurais envie d’admirer son panache, creux et insipide alors que je vouerais tant de compassion à ce cocu magnifique. Peu d’émotion, pas d’empathie, si ce n’est une piètre pitié. Une mauvaise farce rabelaisienne qui parvient même à trivialiser certains instants de sa vie encore plus terribles. Merde ! Ce pauvre homme, dont on a ravi la douce moitié et que son fils méprise, finira par perdre sa fillette, morte de chagrin... et l’on s’en fout.
Le dessin tire dans le même sens en appuyant là où ça fait déjà mal. D’un point de vue esthétique et intrinsèque, je le trouve plaisant. Simple, précis et fin, il dégage même un délicieux effet contemporain anachronique. Malheureusement, son aspect jeté insuffle un dynamisme supplémentaire qui accentue le côté haché et « ça va trop vite ! » induit par les ellipses. La colorisation lui confère un aspect soft, discret (comme s’il désirait s’effacer devant l’histoire) et lisse des émotions déjà ultra tamisées par le tempo trop condensé de la narration.
Parti pris narratif ? Grosse gamelle (surement remplie de bonnes intentions) ? Ou est-ce juste moi qui ne sais pas lire entre les cases ? En tout cas, je n’ai jamais accroché. Je garderai un peu de sympathie pour des images fugaces (les valets de pisse), pour les invitations caustiques nées de rares situations ou répliques - « Françoise ! Reviens ou j’enc… la vieille ! » -, du respect pour la bataille stérile de l’infortuné cornard et quelque appétit devant les charmes affriandants de La Montespan (Sa Majesté Soleil paraît bien pâle devant une si jolie lune). Le reste, j’oublierai.
Décidément, je crois que j'ai trop aimé l'oeuvre de Stephen King (jadis, quand j'étais jeune et tout) pour trouver le moindre intérêt aux adaptations qu'on peut en faire. Et manifestement, j'aime encore moins ce qu'on en fait en BD qu'au cinéma.
Ici, c'est moins pire que La Tour sombre, grâce à un dessin nettement meilleur, à des couleurs beaucoup moins agressives, à des ombres moins envahissantes et à une narration plus claire. Il n'empêche qu'arrivée à la fin de ce premier tome ce n'est pas l'enthousiasme qui m'étreint... Même si je comprends que c'est un tome introductif qui est là pour planter le décor et présenter les personnages, rien ne me donne envie de lire la suite pour en savoir plus (j'ai lu le roman il y a tellement longtemps que je ne me souviens plus de l'histoire, donc ce n'est pas à cause de ça). C'est très décousu et ça ne transmet pas du tout la même angoisse et la même tension que l'oeuvre originale.
Si j'arrive à le revendre avant la sortie du T2, la suite se fera sans moi, sinon, je ne sais pas.
Je n'ai pas accroché. Déjà les dessins ne me plaisaient pas beaucoup, trop brouillons, les visages trop grossiers. Je ne suis pas non plus rentrée dans l'histoire et ai eu du mal à en saisir le sens.
L'histoire m'a semblé fouillie, un peu fumeuse. Des enfants, des rêves, des ordinateurs, le tout mélangé sans beaucoup d'explications.
Bref je ne suis pas sûre que ces BD resteront dans ma bibliothèque !
Comme je m'en doutais le scénario est inexistant, je me contenterai de juger le dessin.
Il est globalement très bon sauf bizarrement dans certaines cases où les proportions sont plus qu'approximatives. Le noir et blanc permet de faire un peu moins boucherie...
Je me demandais ce que pouvait apporter une BD dans ce genre.
Pas grand chose, si ce n'est la très grande liberté pour que l'auteur exprime ses fantasmes, il lui suffit de savoir dessiner.
Pour le reste, c'est d'une tristesse absolue mais j'imagine que cette BD a des atouts pour une clientèle adaptée.
L'expérience est faite, heureusement qu'il y a beaucoup d'autres genres dans la BD :)
J'avais vraiment envie d'aimer ce roman graphique d'autant que le synopsis me plaisait assez bien. C'est l'histoire d'un homme qui doit choisir entre deux femmes : celle qu'il l'aime ou le mariage par convenance sociale. Classique mais intéressant comme sujet. Encore faut-il qu'il soit bien exploité.
En réalité, c'est un peu trompeur car c'est plutôt sur l'histoire du père que cela se concentre jusqu'au dénouement. A vrai dire, la situation attendue avec le fils va finir par arriver mais vraiment à la fin de cette histoire.
Par ailleurs, c'est beaucoup trop léger par certains aspects qui sonnent totalement faux. Il y a quelques fois des onomatopées un peu humoristiques si caractéristiques des mangas japonais mais qui arrivent comme un cheveu sur la soupe dans un récit clairement mélodramatique. Bref, le choix de l'auteur n'est pas très judicieux. Un peu décevant ce qui est étonnant dans cette excellente collection "écritures" ...
Après la lecture du premier tome.
Rien d'original, juste du commercial...
Le dessin est très accessible, soigné et détaillé. Pourtant je le trouve sans personnalité, presque banal, trop Soleil en tout cas.
Le scénario reprend des recettes éprouvées mais garde sa petite personnalité (je précise bien petite ;) ).
L'ensemble m'a paru dense et bavard. Je ne suis pas sûr que les plus jeunes adhèrent.
Pourtant le dessin leur semble destiné.
A voir sur la suite mais je crains une énième BD Fantasy Soleil sans réel intérêt.
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Le Complexe d'Intériorité
J'aime les dessins faits avec la technique de la carte à gratter. Le rendu est original et vraiment fascinant. Mais il s'agit d'une BD et la suite de ces belles cases donne une histoire complètement abstraite dont je ne sais quoi retenir. Il ne semble pas y avoir de messages particuliers. La lecture est ultra rapide, on est vraiment dans une production indépendante où les règles classiques ne s'appliquent plus. Uniquement pour les fanatiques d'excentricités.
Le Saigneur de Tiffauges
Plus les tomes défilent et plus j'ai du mal avec les productions de Corbeyran. Elles manquent d'âme et me paraissent de plus en plus dispensables. "Le Saigneur de Tiffauges" mêle deux histoires, celle de Barbe Bleue en fond de tâche, et celle actuelle concernant l'enlèvement et le meurtre d'enfants. On suit un inspecteur ayant hérité des enquêtes. Celui ci est appelé à se plonger dans l'histoire du premier et plus prolifique serial killer français. La suite est une suite d'éléments sans liens ni développements réels. J'ai eu l'impression qu'il manquait des morceaux ou qu'il n'y avait pas de but à ce récit. Le dessin n'a pas contrecarré cette mauvaise impression : Horne joue trop sur l'habillage photo, c'est certes courant mais dans le cas présent c'est trop voyant. Du coup le cahier graphique se révèle froid et insipide, j'ai plus eu l'impression de contempler un travail de coloriste que de dessinateur. La note de 1/5 est évitée d'un rien...
Jack B. Quick - Enfant prodige
Bof, franchement déçu C'est d'autant plus dommage qu'on sent une bonne maîtrise quand même. Je ne parviens pas à trouver ça drôle. Je n'ai même pas souris en fait :( Il me reste un sentiment de précipitation : tout arrive tout de suite, avec beaucoup de démesure et on ne parvient pas à trouver un moment de répit. Pas d'espace non plus pour une chute. En fait il n'y a jamais de "gags". On est sensé être dans le drolesque permanent mais ce n'est pas assez barré pour convaincre. Il y a quelques belles idées et les classiques paradoxes scientifiques sont les bienvenus, mais rien de neuf sous le soleil quand il s'agit d'en montrer l'absurdité. Je pose juste 2 question en fait : Est ce vraiment Alan Moore qui a écrit ça ? Est ce bien traduit ???
Shi Ki
L'histoire aurait été bouclée en un seul tome, j'aurais peut-être pu l'apprécier un peu mieux, mais l'idée même qu'il y a encore (au moins) 5 tomes à lire est plus que décourageante... Graphiquement, on est loin de ce que je préfère, même si la sobriété du noir et blanc limite la casse : jambes et bras interminables, visages pointus, technique fortement assistée par ordinateur manquant cruellement de nuances et usage de fonds photographiques assez peu esthétiques. Le médecin et le gardien du temple du village ne sont, eux, pas crédibles pour un sou (délit de belle gueule ?) : je les aurais plutôt vus en adolescents rebelles dans une histoire se passant en milieu scolaire... Pour être honnête, sur les 3/4 du récit j'ai vraiment réussi à m'en contenter car la mise en place de cette histoire de morts inexpliquées et de famille étrange venant s'installer dans un petit village perdu était assez mystérieuse pour susciter mon intérêt. J'étais vraiment persuadée qu'on aurait sur les 50 dernières pages un final bien ficelé et taillé avec précision comme le début de l'histoire... Mais quand je me suis rendue compte, avec l'intrigue qui soudain s'est mise à stagner, que tout ceci nous conduisait vers une simple fin de premier tome, je m'en suis complètement désintéressée... Un tout petit 2/5 en souvenir d'un bon début d'histoire, mais sans moi pour la suite.
Le Montespan
J’aime particulièrement l’Histoire quand elle exhibe ses coulisses. Quand elle met sous la lumière des figurants se voyant offrir fugitivement les premiers rôles. C’est dire ma curiosité et mon enthousiasme, lorsqu’en historiographes théâtreux, les auteurs exhument des archives une marionnette poussiéreuse boudée par les manuels scolaires. Louis-Henri de Pardaillan, marquis de Montespan et, accessoirement, époux de la célèbre marquise du même nom. Un amoureux transi, bafoué, cocufié par Louis XIV selon un royal droit de cuissage entendu, et qui contestera inlassablement ce décorum héliocentrique. Téméraire et farfelu, il défiera le pouvoir absolu tout au long de sa vie en « asticotant » ce souverain abusif, n’ayant de cesse qu’il lui restitue sa femme chérie. J’espérais, j’imaginais un récit captivant et ardent, une chouannerie libertine et drolatique. La perspective d’un spectacle alléchant dans le stip-tease d’une Renaissance matée par le petit côté de la lorgnette. Prout ! Je me suis fourvoyé. Je n’ai pas lu le roman éponyme. Néanmoins, j’ai flairé dès les premières mesures que la bande dessinée pêcherait par esprit de fidélité, s’entêtant à investir tout le bon de l’œuvre prime dans un one-shot où il n’y aurait jamais la place. Une adaptation ? Plutôt une (run) essence illustrée. La sensation de voir les meilleures pages du livre arrachées puis mises en image et en cases, loyalement, bout à bout. Cet assemblage de saynètes, d’anecdotes historiques disparates, façonne une narration à l’emporte-pièce qui use, abuse de l’ellipse (à en perturber quelquefois la compréhension) et accouche d’un rythme heurté, précipité et claudicant. Pas assez de temps pour s’attacher. Pas assez de temps pour éprouver la passion dévorante de ces jeunes mariés (si ce n’est par la démonstration de quelques scènes de cul dissonantes). Pas assez de temps pour concevoir, pour partager la détresse et la mélancolie d’un époux persiflé. Pas assez de temps… Juste une impression de survol, de désinvolture. Ce n’est pas que cela sonne faux, ça ne sonne pas, tout simplement. Bien sûr, on ne peut pas renier les sourires, les rires provoqués par quelques parlottes flamboyantes, par les initiatives inspirées du marquis pour emmerder le roi, par la description des mœurs de l’époque, mais cette truculence taquine trop souvent la vulgarité. L’ambiance à peine esquissée renvoie l’image d’une mini chronique sociale s’échinant à démontrer que les aristos n’étaient que de gros crades concourant à qui sera le plus dégueulasse ; et l’on s’interroge sur la rigueur historique. Passons. Ce qui émerge en définitive n’est qu’une impression désolante de raillerie. Le Montespan m’apparait trop souvent ridicule ou maladroit quand j’aurais envie d’admirer son panache, creux et insipide alors que je vouerais tant de compassion à ce cocu magnifique. Peu d’émotion, pas d’empathie, si ce n’est une piètre pitié. Une mauvaise farce rabelaisienne qui parvient même à trivialiser certains instants de sa vie encore plus terribles. Merde ! Ce pauvre homme, dont on a ravi la douce moitié et que son fils méprise, finira par perdre sa fillette, morte de chagrin... et l’on s’en fout. Le dessin tire dans le même sens en appuyant là où ça fait déjà mal. D’un point de vue esthétique et intrinsèque, je le trouve plaisant. Simple, précis et fin, il dégage même un délicieux effet contemporain anachronique. Malheureusement, son aspect jeté insuffle un dynamisme supplémentaire qui accentue le côté haché et « ça va trop vite ! » induit par les ellipses. La colorisation lui confère un aspect soft, discret (comme s’il désirait s’effacer devant l’histoire) et lisse des émotions déjà ultra tamisées par le tempo trop condensé de la narration. Parti pris narratif ? Grosse gamelle (surement remplie de bonnes intentions) ? Ou est-ce juste moi qui ne sais pas lire entre les cases ? En tout cas, je n’ai jamais accroché. Je garderai un peu de sympathie pour des images fugaces (les valets de pisse), pour les invitations caustiques nées de rares situations ou répliques - « Françoise ! Reviens ou j’enc… la vieille ! » -, du respect pour la bataille stérile de l’infortuné cornard et quelque appétit devant les charmes affriandants de La Montespan (Sa Majesté Soleil paraît bien pâle devant une si jolie lune). Le reste, j’oublierai.
Le Fléau
Décidément, je crois que j'ai trop aimé l'oeuvre de Stephen King (jadis, quand j'étais jeune et tout) pour trouver le moindre intérêt aux adaptations qu'on peut en faire. Et manifestement, j'aime encore moins ce qu'on en fait en BD qu'au cinéma. Ici, c'est moins pire que La Tour sombre, grâce à un dessin nettement meilleur, à des couleurs beaucoup moins agressives, à des ombres moins envahissantes et à une narration plus claire. Il n'empêche qu'arrivée à la fin de ce premier tome ce n'est pas l'enthousiasme qui m'étreint... Même si je comprends que c'est un tome introductif qui est là pour planter le décor et présenter les personnages, rien ne me donne envie de lire la suite pour en savoir plus (j'ai lu le roman il y a tellement longtemps que je ne me souviens plus de l'histoire, donc ce n'est pas à cause de ça). C'est très décousu et ça ne transmet pas du tout la même angoisse et la même tension que l'oeuvre originale. Si j'arrive à le revendre avant la sortie du T2, la suite se fera sans moi, sinon, je ne sais pas.
Les Orphelins de la tour
Je n'ai pas accroché. Déjà les dessins ne me plaisaient pas beaucoup, trop brouillons, les visages trop grossiers. Je ne suis pas non plus rentrée dans l'histoire et ai eu du mal à en saisir le sens. L'histoire m'a semblé fouillie, un peu fumeuse. Des enfants, des rêves, des ordinateurs, le tout mélangé sans beaucoup d'explications. Bref je ne suis pas sûre que ces BD resteront dans ma bibliothèque !
La secrétaire
Comme je m'en doutais le scénario est inexistant, je me contenterai de juger le dessin. Il est globalement très bon sauf bizarrement dans certaines cases où les proportions sont plus qu'approximatives. Le noir et blanc permet de faire un peu moins boucherie... Je me demandais ce que pouvait apporter une BD dans ce genre. Pas grand chose, si ce n'est la très grande liberté pour que l'auteur exprime ses fantasmes, il lui suffit de savoir dessiner. Pour le reste, c'est d'une tristesse absolue mais j'imagine que cette BD a des atouts pour une clientèle adaptée. L'expérience est faite, heureusement qu'il y a beaucoup d'autres genres dans la BD :)
Le Fils
J'avais vraiment envie d'aimer ce roman graphique d'autant que le synopsis me plaisait assez bien. C'est l'histoire d'un homme qui doit choisir entre deux femmes : celle qu'il l'aime ou le mariage par convenance sociale. Classique mais intéressant comme sujet. Encore faut-il qu'il soit bien exploité. En réalité, c'est un peu trompeur car c'est plutôt sur l'histoire du père que cela se concentre jusqu'au dénouement. A vrai dire, la situation attendue avec le fils va finir par arriver mais vraiment à la fin de cette histoire. Par ailleurs, c'est beaucoup trop léger par certains aspects qui sonnent totalement faux. Il y a quelques fois des onomatopées un peu humoristiques si caractéristiques des mangas japonais mais qui arrivent comme un cheveu sur la soupe dans un récit clairement mélodramatique. Bref, le choix de l'auteur n'est pas très judicieux. Un peu décevant ce qui est étonnant dans cette excellente collection "écritures" ...
Tibill le Lilling
Après la lecture du premier tome. Rien d'original, juste du commercial... Le dessin est très accessible, soigné et détaillé. Pourtant je le trouve sans personnalité, presque banal, trop Soleil en tout cas. Le scénario reprend des recettes éprouvées mais garde sa petite personnalité (je précise bien petite ;) ). L'ensemble m'a paru dense et bavard. Je ne suis pas sûr que les plus jeunes adhèrent. Pourtant le dessin leur semble destiné. A voir sur la suite mais je crains une énième BD Fantasy Soleil sans réel intérêt.