La pression sur les épaules des auteurs, Dikeuss et Tiho, était énorme : ces jeunes loups de la BD parviendraient-ils à retranscrire sur papier le cocktail détonnant qui assure en France, de la banlieue à la province, le succès des films "Taxi", ce mélange d'humour à la fois vieille France et juvénile, raciste, misogyne, à la bêtise satisfaite, sur fond d'action débridée ?
Heureusement, dès le début, le fan de base pourra être rassuré. Si l'on excepte le fait que les deux héros ne ressemblent pas vraiment à leurs homologues réels, l'esprit des productions Besson est bien présent.
Les 2 premières planches, avec Daniel, sont là pour montrer que les gags puérils, bébêtes et inoffensifs (doublée par le taxi ultrarapide, une voiture en perd sa carrosserie) seront au rendez-vous, de même que des dialogues à l'humour beauf ("Etre une femme ou conduire, il faut choisir").
Les deux planches suivantes, avec Emilien, dissiperont les doutes de ceux qui craindraient de la subtilité et un scénario "prise-de-tête" pour intellos : un méchant Noir looké "Evil Banania" gardé par 3 flics s'évade des Baumettes à l'aide d'une mini-bombe hi-tech dissimulée dans sa grosse bouche lippue, assez puissante pour détruire un mur de prison tout en ne blessant personne dans la pièce, tandis que notre héros tente de le stopper à coups de sandwich. Ouf, ça va, des mots compliqués comme "crédibilité" et "vraisemblance" ne viendront pas nous fatiguer le cerveau.
Les quelques planches qui suivent en repassent encore une couche dans le genre : oui, il y aura de la grosse bagnole de sport qui roule vite pour des poursuites à la James Bond ; oui, il y aura de la bombasse en minijupe et on en montrera autant qu'un produit "tous publics" y est autorisé ; oui, il y aura le gros commissaire chauve nerveux pour assurer quelques gags faciles ; oui, les méchants ont bien été sélectionnés parmi les traditionnels ennemis de la loi et de la France telles que vues par Luc Besson, on a l'Africain, le Chinois et le Russe, et ils sont d'ailleurs appelés ainsi dans l'album plutôt que par des noms, parce qu'il faut déjà retenir "Daniel", "Emilien" et "Svetlana Babouschkine", si en plus il faut aussi donner de vrais noms au négro, au chinetoque et au popof ça va être trop compliqué, on est chez Besson ici, pas chez Ingmar Bergman bordel.
Une fois les bases posées, l'album assure son quota de grosses cascades qui coûtent pas cher dans un livre, avec plein de véhicules qui roulent vite, explosent, font des super dérapages, explosent, se transforment, explosent, volent, explosent, et bien sûr, plein de gags amenant la chemise de Svetlana à éclater pour dévoiler son soutien-gorge et le gros commissaire à se retrouver le nez entre ses seins (dommage qu'ils n'explosent pas aussi, pour un combo gag + cascade).
En résumé, le fan de Taxi en aura pour son argent, la plus grosse différence avec les épisodes cinématographiques étant qu'on sent dans cette BD un peu moins d'arrogance dans la connerie (la non-ressemblance du héros avec le vrai Samy Naceri, sorte de personnification parfaite de l'esprit "production Luc Besson pour bourrins fiers d'être cons", étant à mon avis pour beaucoup pour rendre cet album plus tolérable que les films), le non-fan s'ennuiera d'autant plus que son adolescence est loin derrière lui.
C'est ni plus nul ni plus couillon qu'un manga pour jeunes garçons, et c'est pas plus moche que la moyenne des "BDs de supermarché", mais en ma qualité d'intello snob j'ai du mal à mettre plus d'1/5 quand même.
Je ne connaissais pas Ray, mais ses critiques plutôt correctes et l'adoration que je voue à Black Jack m'ont fait franchir le pas avec ce one shot.
J'ai été très très très déçu : aucun charisme de l'héroïne, malgré un passé plutôt chargé et des motivations compréhensibles. Le rapport avec le célèbre chirurgien est des plus artificiels (oui, il l'a opéré... et ???????) et il ne ressort à mes yeux vraiment rien d'intéressant de leur rencontre. Black Jack a peut-être servi de modèle au scénariste de Ray et Ray+, mais l'oeuvre qui a résulté de cet hommage est des plus dispensables.
Quant au dessin qui paraît plutôt raffiné sur les couvertures, il est au final très classique, et même guère maîtrisé sur certaines planches.
La série Ray est-elle meilleure ? Peut-être... mais je ne le saurai jamais : ce Ray+ ne donne pas du tout envie d'en savoir plus sur les aventures de cette jeune fille.
Autant vous le dire d’entrée de jeu : je pense que Moonlight Mile est un de ces mangas plus que dispensables, dont il eut été profitable à la santé publique d’interdire leur entrée sur le territoire. Convoquons les responsables de cette infamie devant un tribunal révolutionnaire afin qu’ils rendent des comptes devant la Nation courroucée...
Il y a tout de même un principe que je ne parviendrai jamais à comprendre pleinement dans ce genre d’affaires : ce n’est pas comme si nous n’étions pas capables en Franco-Belgie de produire nos tombereaux de nullités estampillées locales. Dans ce cas, à quoi bon en importer d’outre-continent ? Certes, les nôtres ne sont pas imprimées en noir et blanc, dans un format dit « manga ». Mais nous nous y mettons... Certains, à cette heure même, y travaillent d’arrache-pied.
S’agit-il en fait de rassurer notre ego artistique en nous prouvant que d’autres « continents » (Asie, Amérique) sont capables de produire autant de déchets que nous autres ? Certes, mais un simple sens statistique nous eut épargné d’en avoir la preuve concrète. Et il est toujours apaisant d’imaginer qu’il existe quelque part un paradis (des arts, de la paix, etc.).
Ce paradis, si vous lisez Moonlight Mile, vous ne penserez certes point le trouver au Japon. En vérité, ce titre, qui ressemble à une mauvaise blague, semble construit autour d’une image déplorable, désespérée et désespérante du genre humain. Qu’est-ce que le sexe dans Moonlight Mile ? Un rut animal, objet d’une compétition imbécile. De quoi est fait le genre humain ? D’arrogants cons, qui n’ont d’autre but que de « s’élever » dans l’arrogance et la connerie. Quant aux femmes, elles combinent d’être d’arrogantes pouffiasses, à un tempérament de [dames de petites vertus], prédisposées à ouvrir leur entrejambes pour grimper dans la hiérarchie. Désespérant... Fidèles à ce tableau, les deux « héros » sont bien sûr deux gros crétins, emplis de suffisance, qui semblent concourir pour ‘mister beauf’, leurs aventures sont invraisemblables, voire téléphonées. La scène d’ouverture est pratiquement surréaliste.
Au final, on pourrait croire à une parodie. Sauf que, malheureusement, il ne semble pas que l’auteur ait eu des intentions parodiques. Mais peut-être souhaitait-il détruire toute part de rêve dans la conquête spatiale.
À fuir.
En français, le titre de cet ouvrage serait : « Cramoisi sombre », ou « Sombre cramoisi ». À la limite, si j’étais totalement facétieux, ou lapidaire, je pourrais cesser mon avis ici, en disant que ce titre français résume parfaitement ce qu’est Dark Crimson, y compris si l’on entend dans « sombre cramoisi » la contrepétrie « sombre crétin ». S’cusez, ça m’a échappé...
Avec Urushihira se cantonnant au dessin, et laissant à autrui le scénario, on pouvait (naïvement) espérer qu’enfin son talent de dessinateur serait mis au service d’une véritable histoire, intéressante, construite, pas racoleuse... Oui, mais... monsieur Urushihira a pris un scénariste pour faire pire que ce qu’il fait tout seul. Alors là... bravo !
Nan, je dis, vraiment : bravo ! Il aurait pu la massacrer tout seul son histoire, la rater pitoyablement comme il sait si bien le faire lui-même, mais il a préféré confier la tâche à un autre. Négativement, on pourrait aussi se dire qu’ils se sont mis à deux pour la rater, et nous pondre un truc limite infâme, là où un seul eut largement suffi. Ah, c’est beau le collectif, comme on dirait en sport...
Alors, Urushihira est peut-être le demi-dieu du téton nippon, mais franchement... Si c’est pour lire ça, je préfère revenir à l’ère victorienne. Au moins, il y a toujours le fantasme, et on tombait en pâmoison pour une cheville. Là... on est confronté à ce genre de machins pitoyables, où on peut se dire : « c’est infâme *baille*, mais ce que c’est nul... ».
Si encore ils se contentaient de scénariser une succession de fantasmes (de leurs fantasmes) au lieu, en plus, d’essayer d’imbriquer cela dans une histoire sans une once d’originalité, tout juste dopée par quelques moments de pur grotesque (les exemples choisis par Ro sont on ne peut plus justes). Mais non, faut faire semblant d’être capable de pondre une histoire... Tss.
Poubelle.
Albator... Albator, le corsaire de l’espace, ce fut un des « héros » de mon enfance, tant j’ai été subjugué par le dessin animé (celui qu’on nomme désormais Albator 79, pour le distinguer de sa suite Albator 84) en mes jeunes années.
Je ne sais si j’aurais rêvé d’être Albator, mais sur son vaisseau l’Atlantis, absolument magnifique, certes j’aurais aimé embarquer. Et Nausicaa... Ah, Nausicaa... soupir... Et les Sylvidres... Ça, les Sylvidres, voilà certainement parmi les « méchants » qui m’ont le plus attiré. Tellement charmé et fasciné (le rire sylvidre... il faut voir et écouter Albator 79, ne serait-ce que pour le rire sylvidre, un modèle du genre...), tellement charmé et subjugué donc, que j’ai toujours eu un sentiment très ambivalent vis-à-vis des Sylvidres. Certes, j’étais (et je reste) plutôt pour le « héros ». En même temps, j’aime tellement les Sylvidres (que dis-je : je les adore), que je ne souhaite qu’une chose : leur victoire.
L’archétype de la femme fatale, voire de la femme « sauvage », de la femme-désir issue du corps même de la nature, de Mère Nature, surtout si l’on songe à leur origine réelle... Et Nausicaa, l’archétype de la femme civilisée, de la princesse pas potiche (ou pas trop potiche), qui s’en fait pour son « héros », mais dont on ne sait jamais exactement quel sentiment exact elle éprouve à son égard... De ce point de vue, donc, que du tout bon.
Sauf que, voilà, ayant grandi, j’ai voulu redécouvrir le mythe de mon enfance. Grave erreur.
Alors, certes, après coup, j’ai compris, pourquoi, malgré les scénarios pourris, j’ai adoré cette série. Ce n’est pas seulement qu’un enfant regarde différemment, fait moins (beaucoup moins) attention aux incohérences, se laisse porter par autre chose que la structure sans faille d’une histoire. C’est aussi qu’il y a dans Albator des éléments objectifs d’une fascination, même pour un adulte. Des éléments qui se nomment : « atmosphère ». Il n’est sans doute pas anodin que Jack Vance, qui déclare baser son travail sur des atmosphères plus que sur des histoires, soit mon auteur favori, toutes catégories confondues (et bien que je n’ai rien d’un fan transi, n’allez pas croire pour autant). Car la série animée d’Albator 79 conserve à mes yeux une force intacte dans son atmosphère. Albator, même desservi par des scénarios pourris, reste un personnage charismatique. Les Sylvidres sont toujours aussi machiavéliques et retorses, toujours aussi fascinantes. Enfin, la musique, certains décors et les couleurs, offrent encore à cette série quelques franges d’une aura magique. Cela ne suffit certes pas à compenser le reste. Cela, au contraire, ne fait que plus mal, quand on songe ce qui aurait pu être fait, tout en conservant cette atmosphère et l’excellente idée de base des Sylvidres (finalement, le « message » indirect qu’elles portent est d’une actualité encore plus brûlante que jamais), mais avec de vrais scénarios, de véritables histoires, et non pas une suite faite de bric et de broc, où l’on nous explique sans cesse que les Sylvidres disposent d’une technologie qui a un ou deux siècles d’avance, qu’elles sont donc invincibles... et qu’au moindre petit affrontement, leurs armadas sur-armées se font invariablement massacrer par le génial Albator. Dans le genre « on nous prend pour des cons », on a difficilement fait mieux, bien qu’on ait souvent égalé.
Oui, dommage, vraiment dommage...
Tout cela pour vous dire que le manga (oui, j’y viens enfin...), le manga, donc, ne bénéficie pas de l’atmosphère propre à la série. Pas de musiques qui sonnent juste, pas de « rire des Sylvidres » qui fascine, point de couleurs qui semblent friser le psychédélique. Non, de la série animée, et bien qu’il lui soit antérieur, le manga n’a que le néant. Non point celui des « vastes et infinies étendues de l’espace », mais celui de l’incroyable nullité de ses scénarios. C’est tellement nul, tellement mal construit, que j’ai eu du mal à croire qu’on ait pu vouloir publier cela un jour. J’en reste encore pétrifié. Et dire que j’avais pris le manga en pensant que la nullité des scénarios de la série animée tenait à une mauvaise adaptation (je refusais de croire que l’original put être aussi nul : comment aurait-il pu donner un personnage aussi charismatique qu’Albator ? ou des « méchants » tout aussi, sinon plus, charismatique que les Sylvidres ?). J’avais tort : on peut, toujours, faire plus nul qu’on ne croit.
Malheureusement.
Débutons par le seul point positif de cette critique : la petite bibliothèque municipale de ma commune est bien plus achalandée en bandes dessinées que je ne le pensais et, en particulier, elle recèle nombre de bandes dessinées que je ne possède ni n’ai lu.
C’est donc ce qui m’a valu le malheur de croiser la route du Scorpion, qui constitue un de mes premiers emprunts à cette bibliothèque.
En termes de nullités sur fond historique, je croyais avoir été vacciné par la lecture de La Dernière reine. J’avais tort : il est possible de faire encore plus nul. Et le pire, c’est qu’il ne s’agit même pas d’un problème de documentation historique, mais de simple bon sens : il est ainsi des scènes que Desberg n’aurait jamais pu imaginer s’il avait deux sous de jugeote (et s’il avait su lire une carte... à ce que je sache, il n’est nul besoin d’avoir fait Polytechnique pour savoir lire une carte routière, non ?)
Avant cela, un mot sur ma lecture : ma bibliothèque ayant des mœurs bizarres, elle force à prendre les tomes d’une série d’un coup, c’est donc ce que j’ai fait, sauf que je me suis aperçu, de retour chez moi, que les tomes du Scorpion allaient du 4 au 7 (je les avais pris sans trop regarder, étant tous ficelés ensemble). Je me suis donc demandé si j’allais les lire, mais il se trouve un résumé des tomes précédents au début de chaque nouveau tome. J’ai donc commencé une lecture très rapide, une sorte de survol. Là, n’ayant pas vraiment plongé dans les méandres de cette BD, je dois avouer avoir d’abord eu une impression de « cape et d’épée bien menée ». Si l’on excepte cette histoire de Croix de Saint Pierre (censée faire trembler l’histoire de l’Église et du monde sur ses bases), le genre de machin pseudo-ésotérique, pseudo-mystique qui me gave.
Bref, là j’étais prêt à mettre trois étoiles.
Mais, car il y a un mais, j’ai tenu à lire réellement cette bande dessinée. Et c’est là que je me suis aperçu de trucs hallucinants, dont voici les deux exemples les plus forts :
A) Desberg manque totalement de bon sens, et ne connaît même pas le monde dans lequel il vit :
Cela concerne donc, dans le tome 5, le passage par Istanbul. Je lisais, plus ou moins assoupi, les aventures du Scorpion qui échappe aux geôles ottomanes, pour tomber dans les mains des moines-soldats de Trebaldi. Sur l’instant, en souriant, je me dis : « avec leurs grandes capes rouges, ils sont franchement discrets les moines-soldats, en pleine capitale ottomane, autrement dit une ville musulmane dirigée par un Sultan Calife ». Ça encore, ce n’était que pipi de chaton, car je me réveille un peu plus, et je prends conscience d’un fait un peu beaucoup plus ennuyant : « Eh mais, c’est qu’ils ont de magnifiques croix dorées sur fond noir, ces moines-soldats ! Et elles sont bien visibles, en plus ! Merde alors ! Ces cons sont habillés comme des Croisés en pleine capitale d’un état musulman ! Mais comment ça se fait qu’ils n’aient pas été écharpés par la foule dès leur débarquement ? Et les rondes de nuit des veilleurs ? Et les fameux Janissaires qui contrôlaient la cité impériale ? »
Franchement, quand on voit la facilité avec laquelle les croisés de Trebaldi se baladent dans Istanbul, on a l’impression que la cité califale vient d’être annexée à la Papauté.
Nan, attendez, juste deux secondes... Il a pas été fichu de voir à ce minuscule détail ce Desberg qui, par ailleurs, nous balance moult détails sur la Croix de Saint Pierre, histoire de prouver qu’il s’est bien renseigné sur le sujet ?
Et en plus, c’est pas comme si le 11 septembre 2001 était pas passé par-là, et que le sujet des relations tendues « Islam » versus « Chrétienté » n’ait pas été évoqué des milliers de fois, et les Croisades au moins des centaines de fois.
Franchement, comment un scénariste digne de ce nom peut passer à côté de ça ?
En plus, voilà qui lui aurait fourni pas mal de scènes et de rebondissements intéressants (Le Scorpion jouant les hommes du Sultan contre ceux de Trebaldi, les moines-soldats bien emmerdés pour opérer dans une cité contrôlée par des Musulmans, et j’oublie même les chrétiens orthodoxes dont Desberg semble ignorer jusqu’à l’existence, mais qui auraient pu se mêler du jeu, vu l’enjeu [Croix de Saint Pierre et primauté religieuse de Rome]).
B) Desberg ne sait pas lire une carte routière :
Ça, c’est juste un peu après le pitoyable ratage sur Istanbul, la cité maudite par les pseudo-scénaristes en D (Dufaux, Desberg). Donc, Le Scorpion doit se rendre en Cappadoce. Il se trouve qu’il doit, de plus, faire vite, car il est précédé par la concurrence. En conséquence de quoi, histoire d’aller plus vite, Le Scorpion fait un détour par Konya. Le pauvre, c’est que lui-même ne se rend pas compte de son énorme erreur, qui rallonge son chemin d’une centaine de kilomètres (car la route Istanbul-‘Cappadoce’ passe par Ankara et non Konya), car il affirme à un ponte local : « je suis sur la route de Cappadoce ». Évidemment, sachant qu’il venait d’Istanbul, le ponte local aurait dû s’étrangler de rire. Imaginez donc, c’est comme si, souhaitant aller de Paris à Bordeaux, vous décidiez, histoire d’aller plus vite, de passer par Toulouse...
Il ne sait pas lire une carte Desberg ?
Vous me direz peut-être « ouais, mais la Cappadoce c’est mal indiqué, c’est pas très connu ». Ben ouais, tiens donc, c’est une des régions les plus touristiques de Turquie, et toutes les cartes touristiques petit format de Turquie signalent son emplacement, ainsi que celui de Konya (autre site touristique). Pour ne pas s’apercevoir du problème, faut pousser tout de même pousser le « j’m’en foutisme » assez loin.
Bon, ceci étant dit, on s’attaque à la partie « cette histoire de Croix de Saint Pierre, c’est encore du n’importe quoi, balancé par un type qui s’amuse à se la jouer “attends coco, j’ai potassé le sujet” » ou on laisse tomber ?
À la limite c’est plus anecdotique, et personne ne s’étonnera qu’un type qui ne sait pas lire une carte routière fasse dans le n’importe quoi, y compris et surtout dans l’absence de bon sens. Par exemple, la base même de cette « quête » : donc le Scorpion s’en va chercher la vraie croix, pour prouver que Trebaldi est un méchant menteur. Ok, certes. Mais l’on apprend aussi qu’il estime, en conséquence, que le rôle religieux de Rome fut usurpé. Bien, très bien... Et il s’attend à être reçu de quelle façon par le peuple de Rome lorsqu’il va lui annoncer ça ? Avec des fleurs ? Alors que Rome (et les Romains avec) devait son reste de puissance et de rayonnement à la présence du Pape ? Lequel justifiait sa prépondérance par la succession apostolique du « trône de Pierre ». Je sais pas moi, mais mon petit doigt me souffle que le peuple de Rome n’aurait certainement pas accueilli le Scorpion en héros. Le bon sens me dit aussi qu’il aurait été probablement lapidé. Mais bon, ça c’est juste le bon sens. Desberg, lui par contre, le bon sens, il en a rien à branler.
Passons aussi sur le fait que la prééminence réclamée par les Papes ne tient pas au martyr de Pierre à Rome, mais au fait que Pierre fut le premier « évêque » de Rome (autrement dit, le premier chef de la première communauté chrétienne de Rome). Il aurait fort bien pu subir le martyr à Jérusalem (par exemple lors d’un voyage pour revoir sa terre natale), que cela n’eut rien changé à la prétention des papes.
Passons aussi sur le fait que le Concile de Nicée continue à s’en prendre plein la figure. Moi, ça me ferait plutôt rire. Sauf qu’il n’a jamais été question du martyr de Pierre et de la place de Rome au Concile de Nicée. Quant au fait que « à l’époque de Constantin, vers 350 » on aurait décidé de concentrer ainsi le pouvoir dans les mains du Pape (un seul empereur, et donc un seul chef de la communauté chrétienne), ben oui, mais en 350 il nous avait quittés depuis un moment Constantin. Bon, je suppose que c’est encore une erreur d’orientation sur une carte routière... En tout cas, cette affirmation est totalement grotesque, et pour une excellente raison : Constantin a fondé Constantinople. Or, le Patriarche de Constantinople devait devenir l’adversaire le plus acharné de la primauté de Rome. C’est d’ailleurs principalement pour des questions de préséance qu’eut lieu le grand schisme de 1054 qui devait séparer Orthodoxes et Catholiques. Sauf que, à lire Le Scorpion, on se demande si Desberg sait qu’il existe des chrétiens qui ne soient pas catholiques romains. C’est aussi à ça qu’on sent qu’il s’est sacrément documenté sur le sujet... Ouh la la, ça fait peur.
Enfin, bref... Concluons ce panégyrique de la nullité par une petite notation : le sort de Rochnan. Si Desberg avait un peu écouté la télévision (même pas la peine d’ouvrir des livres), il aurait appris que, dans cette sympathique religion qui se nomme Islam, il existe une seule peine pour l’apostasie (renier sa religion) : la mort.
En tout cas, s’il est une religion qui s’appelle « faire de la bande dessinée de qualité », alors Desberg en est clairement un des plus fervents apostats.
Allez hop, commençons par une phrase bateau : « Trop de genre, tue le genre ! ». C’est certes bête mais cela résume pas mal mon sentiment. De l’héroïc-fantasy, de la science-fiction, de l’humour, du médiéval, décidément, le cocktail n’est pas passé. J’ai véritablement du me forcer pour terminer le premier cycle de six tomes.
Tentons de faire un avis à charge comme à décharge : je tiens à épingler la qualité des couleurs utilisées. Les dessins sont également bons et ils bénéficient vraiment de cette colorisation bien maîtrisée. C’est sans doute pour cela que je me suis lancé dans cette série…
Pour le reste, si le récit ne suit pas… Je déconseille dès lors cette série, tant pis pour les fans !
Il y a des univers qui sont pourtant bien intéressants mais qui ne m'accrochent pas. Abraxas en fait partie tout d'abord à cause de personnages tout à fait laids et difformes ; puis par ses décors trop lugubres. Je sais que tout cela est voulu pour distiller une certaine ambiance genre Halloween. Je trouve que l'auteur surcharge l'ensemble qui devient une sorte de caricature de l'étrange Noel de Mr Jack. Et puis, il faut vraiment apprécier l'humour noir très acide...
L'intrigue n'a pas suscité chez moi plus d'intérêt que cela. J'ai lu cette histoire étrange avec un total détachement. La fin où tout se bouscule m'a parue totalement bâclée.
Vous ne le savez peut-être pas mais je n'aime pas l'absurde. Il faudrait d'ailleurs que quelqu'un m'explique le cas échéant comment on peut faire l'amour à une femme-tronc (c'est à dire qu'il lui manque tout le bas du corps). Ceci dit, pourquoi pas après tout ? Mais par pitié : sans moi !!!
Difficile de faire de la bande dessinée humoristique. Enfin, difficile de faire de la qualité. Créer une série humoristique soit, mais qu'elle soit rigolote n'est pas chose facile. Pourtant parfois ça tient à rien, des attitudes des personnages, des petits jeux de mots bien sentis, des running gags décapants... mais là non, pas de ces petites inventions à l'horizon. Les gags commencent systématiquement de la même manière : "Mon copain Sboub et moi, on aime bien..." et on enchaîne sur un titre de film et sa parodie.
Le vrai problème c'est qu'au bout de 10 pages, on atteint l'overdose. Surtout la mise en pages en gaufrier de 5 cases qui plombe la lecture. Ca fige la lecture et le dessinateur n'a pas dû s'amuser énormément, ça limite les possibilités. Je reconnais qu'après, cette structure change vers la 20ème page, on passe de 5 cases à 10 mais jusqu'à la fin on a ce schéma, ce qui en fait revient au même...
En plus, le tout semble formaté pour le magazine (1 planche par semaine ou par mois) et donc en recueil complet c'est indigeste ! Et ça s'adresse quand même à une certaine tranche de la population, les ados de 14 ans qui n'ont pas vu les films ne comprendront vraisemblablement rien...
Et puis, les 2 gamins ont vraiment des têtes à claques. Ils sont d'un énervant ! On s'apitoie rarement sur le sort de ce pauvre Sboub qui se mange tout le temps une catastrophe sur le coin de la tête en fin d'histoire.
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La pression sur les épaules des auteurs, Dikeuss et Tiho, était énorme : ces jeunes loups de la BD parviendraient-ils à retranscrire sur papier le cocktail détonnant qui assure en France, de la banlieue à la province, le succès des films "Taxi", ce mélange d'humour à la fois vieille France et juvénile, raciste, misogyne, à la bêtise satisfaite, sur fond d'action débridée ? Heureusement, dès le début, le fan de base pourra être rassuré. Si l'on excepte le fait que les deux héros ne ressemblent pas vraiment à leurs homologues réels, l'esprit des productions Besson est bien présent. Les 2 premières planches, avec Daniel, sont là pour montrer que les gags puérils, bébêtes et inoffensifs (doublée par le taxi ultrarapide, une voiture en perd sa carrosserie) seront au rendez-vous, de même que des dialogues à l'humour beauf ("Etre une femme ou conduire, il faut choisir"). Les deux planches suivantes, avec Emilien, dissiperont les doutes de ceux qui craindraient de la subtilité et un scénario "prise-de-tête" pour intellos : un méchant Noir looké "Evil Banania" gardé par 3 flics s'évade des Baumettes à l'aide d'une mini-bombe hi-tech dissimulée dans sa grosse bouche lippue, assez puissante pour détruire un mur de prison tout en ne blessant personne dans la pièce, tandis que notre héros tente de le stopper à coups de sandwich. Ouf, ça va, des mots compliqués comme "crédibilité" et "vraisemblance" ne viendront pas nous fatiguer le cerveau. Les quelques planches qui suivent en repassent encore une couche dans le genre : oui, il y aura de la grosse bagnole de sport qui roule vite pour des poursuites à la James Bond ; oui, il y aura de la bombasse en minijupe et on en montrera autant qu'un produit "tous publics" y est autorisé ; oui, il y aura le gros commissaire chauve nerveux pour assurer quelques gags faciles ; oui, les méchants ont bien été sélectionnés parmi les traditionnels ennemis de la loi et de la France telles que vues par Luc Besson, on a l'Africain, le Chinois et le Russe, et ils sont d'ailleurs appelés ainsi dans l'album plutôt que par des noms, parce qu'il faut déjà retenir "Daniel", "Emilien" et "Svetlana Babouschkine", si en plus il faut aussi donner de vrais noms au négro, au chinetoque et au popof ça va être trop compliqué, on est chez Besson ici, pas chez Ingmar Bergman bordel. Une fois les bases posées, l'album assure son quota de grosses cascades qui coûtent pas cher dans un livre, avec plein de véhicules qui roulent vite, explosent, font des super dérapages, explosent, se transforment, explosent, volent, explosent, et bien sûr, plein de gags amenant la chemise de Svetlana à éclater pour dévoiler son soutien-gorge et le gros commissaire à se retrouver le nez entre ses seins (dommage qu'ils n'explosent pas aussi, pour un combo gag + cascade). En résumé, le fan de Taxi en aura pour son argent, la plus grosse différence avec les épisodes cinématographiques étant qu'on sent dans cette BD un peu moins d'arrogance dans la connerie (la non-ressemblance du héros avec le vrai Samy Naceri, sorte de personnification parfaite de l'esprit "production Luc Besson pour bourrins fiers d'être cons", étant à mon avis pour beaucoup pour rendre cet album plus tolérable que les films), le non-fan s'ennuiera d'autant plus que son adolescence est loin derrière lui. C'est ni plus nul ni plus couillon qu'un manga pour jeunes garçons, et c'est pas plus moche que la moyenne des "BDs de supermarché", mais en ma qualité d'intello snob j'ai du mal à mettre plus d'1/5 quand même.
Ray+
Je ne connaissais pas Ray, mais ses critiques plutôt correctes et l'adoration que je voue à Black Jack m'ont fait franchir le pas avec ce one shot. J'ai été très très très déçu : aucun charisme de l'héroïne, malgré un passé plutôt chargé et des motivations compréhensibles. Le rapport avec le célèbre chirurgien est des plus artificiels (oui, il l'a opéré... et ???????) et il ne ressort à mes yeux vraiment rien d'intéressant de leur rencontre. Black Jack a peut-être servi de modèle au scénariste de Ray et Ray+, mais l'oeuvre qui a résulté de cet hommage est des plus dispensables. Quant au dessin qui paraît plutôt raffiné sur les couvertures, il est au final très classique, et même guère maîtrisé sur certaines planches. La série Ray est-elle meilleure ? Peut-être... mais je ne le saurai jamais : ce Ray+ ne donne pas du tout envie d'en savoir plus sur les aventures de cette jeune fille.
Moonlight mile
Autant vous le dire d’entrée de jeu : je pense que Moonlight Mile est un de ces mangas plus que dispensables, dont il eut été profitable à la santé publique d’interdire leur entrée sur le territoire. Convoquons les responsables de cette infamie devant un tribunal révolutionnaire afin qu’ils rendent des comptes devant la Nation courroucée... Il y a tout de même un principe que je ne parviendrai jamais à comprendre pleinement dans ce genre d’affaires : ce n’est pas comme si nous n’étions pas capables en Franco-Belgie de produire nos tombereaux de nullités estampillées locales. Dans ce cas, à quoi bon en importer d’outre-continent ? Certes, les nôtres ne sont pas imprimées en noir et blanc, dans un format dit « manga ». Mais nous nous y mettons... Certains, à cette heure même, y travaillent d’arrache-pied. S’agit-il en fait de rassurer notre ego artistique en nous prouvant que d’autres « continents » (Asie, Amérique) sont capables de produire autant de déchets que nous autres ? Certes, mais un simple sens statistique nous eut épargné d’en avoir la preuve concrète. Et il est toujours apaisant d’imaginer qu’il existe quelque part un paradis (des arts, de la paix, etc.). Ce paradis, si vous lisez Moonlight Mile, vous ne penserez certes point le trouver au Japon. En vérité, ce titre, qui ressemble à une mauvaise blague, semble construit autour d’une image déplorable, désespérée et désespérante du genre humain. Qu’est-ce que le sexe dans Moonlight Mile ? Un rut animal, objet d’une compétition imbécile. De quoi est fait le genre humain ? D’arrogants cons, qui n’ont d’autre but que de « s’élever » dans l’arrogance et la connerie. Quant aux femmes, elles combinent d’être d’arrogantes pouffiasses, à un tempérament de [dames de petites vertus], prédisposées à ouvrir leur entrejambes pour grimper dans la hiérarchie. Désespérant... Fidèles à ce tableau, les deux « héros » sont bien sûr deux gros crétins, emplis de suffisance, qui semblent concourir pour ‘mister beauf’, leurs aventures sont invraisemblables, voire téléphonées. La scène d’ouverture est pratiquement surréaliste. Au final, on pourrait croire à une parodie. Sauf que, malheureusement, il ne semble pas que l’auteur ait eu des intentions parodiques. Mais peut-être souhaitait-il détruire toute part de rêve dans la conquête spatiale. À fuir.
Dark Crimson - Vampire master
En français, le titre de cet ouvrage serait : « Cramoisi sombre », ou « Sombre cramoisi ». À la limite, si j’étais totalement facétieux, ou lapidaire, je pourrais cesser mon avis ici, en disant que ce titre français résume parfaitement ce qu’est Dark Crimson, y compris si l’on entend dans « sombre cramoisi » la contrepétrie « sombre crétin ». S’cusez, ça m’a échappé... Avec Urushihira se cantonnant au dessin, et laissant à autrui le scénario, on pouvait (naïvement) espérer qu’enfin son talent de dessinateur serait mis au service d’une véritable histoire, intéressante, construite, pas racoleuse... Oui, mais... monsieur Urushihira a pris un scénariste pour faire pire que ce qu’il fait tout seul. Alors là... bravo ! Nan, je dis, vraiment : bravo ! Il aurait pu la massacrer tout seul son histoire, la rater pitoyablement comme il sait si bien le faire lui-même, mais il a préféré confier la tâche à un autre. Négativement, on pourrait aussi se dire qu’ils se sont mis à deux pour la rater, et nous pondre un truc limite infâme, là où un seul eut largement suffi. Ah, c’est beau le collectif, comme on dirait en sport... Alors, Urushihira est peut-être le demi-dieu du téton nippon, mais franchement... Si c’est pour lire ça, je préfère revenir à l’ère victorienne. Au moins, il y a toujours le fantasme, et on tombait en pâmoison pour une cheville. Là... on est confronté à ce genre de machins pitoyables, où on peut se dire : « c’est infâme *baille*, mais ce que c’est nul... ». Si encore ils se contentaient de scénariser une succession de fantasmes (de leurs fantasmes) au lieu, en plus, d’essayer d’imbriquer cela dans une histoire sans une once d’originalité, tout juste dopée par quelques moments de pur grotesque (les exemples choisis par Ro sont on ne peut plus justes). Mais non, faut faire semblant d’être capable de pondre une histoire... Tss. Poubelle.
Capitaine Albator
Albator... Albator, le corsaire de l’espace, ce fut un des « héros » de mon enfance, tant j’ai été subjugué par le dessin animé (celui qu’on nomme désormais Albator 79, pour le distinguer de sa suite Albator 84) en mes jeunes années. Je ne sais si j’aurais rêvé d’être Albator, mais sur son vaisseau l’Atlantis, absolument magnifique, certes j’aurais aimé embarquer. Et Nausicaa... Ah, Nausicaa... soupir... Et les Sylvidres... Ça, les Sylvidres, voilà certainement parmi les « méchants » qui m’ont le plus attiré. Tellement charmé et fasciné (le rire sylvidre... il faut voir et écouter Albator 79, ne serait-ce que pour le rire sylvidre, un modèle du genre...), tellement charmé et subjugué donc, que j’ai toujours eu un sentiment très ambivalent vis-à-vis des Sylvidres. Certes, j’étais (et je reste) plutôt pour le « héros ». En même temps, j’aime tellement les Sylvidres (que dis-je : je les adore), que je ne souhaite qu’une chose : leur victoire. L’archétype de la femme fatale, voire de la femme « sauvage », de la femme-désir issue du corps même de la nature, de Mère Nature, surtout si l’on songe à leur origine réelle... Et Nausicaa, l’archétype de la femme civilisée, de la princesse pas potiche (ou pas trop potiche), qui s’en fait pour son « héros », mais dont on ne sait jamais exactement quel sentiment exact elle éprouve à son égard... De ce point de vue, donc, que du tout bon. Sauf que, voilà, ayant grandi, j’ai voulu redécouvrir le mythe de mon enfance. Grave erreur. Alors, certes, après coup, j’ai compris, pourquoi, malgré les scénarios pourris, j’ai adoré cette série. Ce n’est pas seulement qu’un enfant regarde différemment, fait moins (beaucoup moins) attention aux incohérences, se laisse porter par autre chose que la structure sans faille d’une histoire. C’est aussi qu’il y a dans Albator des éléments objectifs d’une fascination, même pour un adulte. Des éléments qui se nomment : « atmosphère ». Il n’est sans doute pas anodin que Jack Vance, qui déclare baser son travail sur des atmosphères plus que sur des histoires, soit mon auteur favori, toutes catégories confondues (et bien que je n’ai rien d’un fan transi, n’allez pas croire pour autant). Car la série animée d’Albator 79 conserve à mes yeux une force intacte dans son atmosphère. Albator, même desservi par des scénarios pourris, reste un personnage charismatique. Les Sylvidres sont toujours aussi machiavéliques et retorses, toujours aussi fascinantes. Enfin, la musique, certains décors et les couleurs, offrent encore à cette série quelques franges d’une aura magique. Cela ne suffit certes pas à compenser le reste. Cela, au contraire, ne fait que plus mal, quand on songe ce qui aurait pu être fait, tout en conservant cette atmosphère et l’excellente idée de base des Sylvidres (finalement, le « message » indirect qu’elles portent est d’une actualité encore plus brûlante que jamais), mais avec de vrais scénarios, de véritables histoires, et non pas une suite faite de bric et de broc, où l’on nous explique sans cesse que les Sylvidres disposent d’une technologie qui a un ou deux siècles d’avance, qu’elles sont donc invincibles... et qu’au moindre petit affrontement, leurs armadas sur-armées se font invariablement massacrer par le génial Albator. Dans le genre « on nous prend pour des cons », on a difficilement fait mieux, bien qu’on ait souvent égalé. Oui, dommage, vraiment dommage... Tout cela pour vous dire que le manga (oui, j’y viens enfin...), le manga, donc, ne bénéficie pas de l’atmosphère propre à la série. Pas de musiques qui sonnent juste, pas de « rire des Sylvidres » qui fascine, point de couleurs qui semblent friser le psychédélique. Non, de la série animée, et bien qu’il lui soit antérieur, le manga n’a que le néant. Non point celui des « vastes et infinies étendues de l’espace », mais celui de l’incroyable nullité de ses scénarios. C’est tellement nul, tellement mal construit, que j’ai eu du mal à croire qu’on ait pu vouloir publier cela un jour. J’en reste encore pétrifié. Et dire que j’avais pris le manga en pensant que la nullité des scénarios de la série animée tenait à une mauvaise adaptation (je refusais de croire que l’original put être aussi nul : comment aurait-il pu donner un personnage aussi charismatique qu’Albator ? ou des « méchants » tout aussi, sinon plus, charismatique que les Sylvidres ?). J’avais tort : on peut, toujours, faire plus nul qu’on ne croit. Malheureusement.
Saraï
Un univers post-apocalyptique, bien chaud, bien frais, tout neuf, tout beau, est demandé à l’accueil ! Eh oui, un univers post-apocalyptique encore... Ça devient le dindon (de la farce) de Noël de la sous-SF (Science-Fiction) ce registre. Vous n’avez aucune idée originale, mais vous souhaitez faire « genre » ? Et vous espérez délivrer une pointe d’angoisse par votre univers si peu original ? Faites donc dans « l’univers post-apocalytique »™. Teintez-le d’une patine « western », ainsi qu’il est dans Saraï, et vous vous enfoncerez encore dans l’impression de « mille fois vu et revu, et rebattu »©. Persistez dans le pathétique en trouvant une fausse bonne idée originale (mais en vérité très mauvaise) : de très improbables héroïnes « gardes du corps » grimées en servantes style XIXe (maids, dans le langage anglo-nippon du manga), et en vérité esclaves sexuelles (le garde du corps dont le job est aussi de se faire violer par celui qu’il est censé protéger, fallait oser l’incohérence tout de même... dans un registre voisin voilà qui m’a fait penser au mille fois meilleur À l’Ouest d’Octobre de Silverberg). Esclaves sexuelles qui bien sûr redresseront les torts... Alors, certes, des prostituées qui se transforment en justicières, pourquoi pas ? Même si c’est du déjà vu... Mais ici ce n’est point le cas, juste un improbable et débilitant melting-pot d’une sorte de maid-guerrière-pute, narré de telle façon que cela demeure ce que c’est : du grand guignol un peu trash. Car ce qui demeure totalement illogique et incompréhensible, c’est l’absence totale de fierté et de dignité de filles non seulement grimées en maids, mais en plus prêtes à se livrer à des exercices sado-maso même lorsqu’elles n’aiment pas cela. En gros, vous êtes une femme, et vous êtes habillée en maid ? Et bien vous n’êtes rien d’autre qu’une raclure d’esclave sexuelle, qui mérite de se faire violer. Bien sûr, ensuite vous aurez le « droit », voire le « devoir », de faire couler le sang en compensation, ce qui permettra à votre cher mangaka de montrer et la tentative de viol (ou le viol) et le sang qui gicle. Limite puant. Et dire que, malgré mes préventions initiales, j’ai tenté ce manga sur la foi d’une critique positive d’un magazine (que je ne nommerais pas). Et comme il s’agit de la deuxième fois que je tente ainsi des mangas qui se révèlent assez écœurant, sur la foi du même mensuel, je commence à me poser des questions...
Le Scorpion
Débutons par le seul point positif de cette critique : la petite bibliothèque municipale de ma commune est bien plus achalandée en bandes dessinées que je ne le pensais et, en particulier, elle recèle nombre de bandes dessinées que je ne possède ni n’ai lu. C’est donc ce qui m’a valu le malheur de croiser la route du Scorpion, qui constitue un de mes premiers emprunts à cette bibliothèque. En termes de nullités sur fond historique, je croyais avoir été vacciné par la lecture de La Dernière reine. J’avais tort : il est possible de faire encore plus nul. Et le pire, c’est qu’il ne s’agit même pas d’un problème de documentation historique, mais de simple bon sens : il est ainsi des scènes que Desberg n’aurait jamais pu imaginer s’il avait deux sous de jugeote (et s’il avait su lire une carte... à ce que je sache, il n’est nul besoin d’avoir fait Polytechnique pour savoir lire une carte routière, non ?) Avant cela, un mot sur ma lecture : ma bibliothèque ayant des mœurs bizarres, elle force à prendre les tomes d’une série d’un coup, c’est donc ce que j’ai fait, sauf que je me suis aperçu, de retour chez moi, que les tomes du Scorpion allaient du 4 au 7 (je les avais pris sans trop regarder, étant tous ficelés ensemble). Je me suis donc demandé si j’allais les lire, mais il se trouve un résumé des tomes précédents au début de chaque nouveau tome. J’ai donc commencé une lecture très rapide, une sorte de survol. Là, n’ayant pas vraiment plongé dans les méandres de cette BD, je dois avouer avoir d’abord eu une impression de « cape et d’épée bien menée ». Si l’on excepte cette histoire de Croix de Saint Pierre (censée faire trembler l’histoire de l’Église et du monde sur ses bases), le genre de machin pseudo-ésotérique, pseudo-mystique qui me gave. Bref, là j’étais prêt à mettre trois étoiles. Mais, car il y a un mais, j’ai tenu à lire réellement cette bande dessinée. Et c’est là que je me suis aperçu de trucs hallucinants, dont voici les deux exemples les plus forts : A) Desberg manque totalement de bon sens, et ne connaît même pas le monde dans lequel il vit : Cela concerne donc, dans le tome 5, le passage par Istanbul. Je lisais, plus ou moins assoupi, les aventures du Scorpion qui échappe aux geôles ottomanes, pour tomber dans les mains des moines-soldats de Trebaldi. Sur l’instant, en souriant, je me dis : « avec leurs grandes capes rouges, ils sont franchement discrets les moines-soldats, en pleine capitale ottomane, autrement dit une ville musulmane dirigée par un Sultan Calife ». Ça encore, ce n’était que pipi de chaton, car je me réveille un peu plus, et je prends conscience d’un fait un peu beaucoup plus ennuyant : « Eh mais, c’est qu’ils ont de magnifiques croix dorées sur fond noir, ces moines-soldats ! Et elles sont bien visibles, en plus ! Merde alors ! Ces cons sont habillés comme des Croisés en pleine capitale d’un état musulman ! Mais comment ça se fait qu’ils n’aient pas été écharpés par la foule dès leur débarquement ? Et les rondes de nuit des veilleurs ? Et les fameux Janissaires qui contrôlaient la cité impériale ? » Franchement, quand on voit la facilité avec laquelle les croisés de Trebaldi se baladent dans Istanbul, on a l’impression que la cité califale vient d’être annexée à la Papauté. Nan, attendez, juste deux secondes... Il a pas été fichu de voir à ce minuscule détail ce Desberg qui, par ailleurs, nous balance moult détails sur la Croix de Saint Pierre, histoire de prouver qu’il s’est bien renseigné sur le sujet ? Et en plus, c’est pas comme si le 11 septembre 2001 était pas passé par-là, et que le sujet des relations tendues « Islam » versus « Chrétienté » n’ait pas été évoqué des milliers de fois, et les Croisades au moins des centaines de fois. Franchement, comment un scénariste digne de ce nom peut passer à côté de ça ? En plus, voilà qui lui aurait fourni pas mal de scènes et de rebondissements intéressants (Le Scorpion jouant les hommes du Sultan contre ceux de Trebaldi, les moines-soldats bien emmerdés pour opérer dans une cité contrôlée par des Musulmans, et j’oublie même les chrétiens orthodoxes dont Desberg semble ignorer jusqu’à l’existence, mais qui auraient pu se mêler du jeu, vu l’enjeu [Croix de Saint Pierre et primauté religieuse de Rome]). B) Desberg ne sait pas lire une carte routière : Ça, c’est juste un peu après le pitoyable ratage sur Istanbul, la cité maudite par les pseudo-scénaristes en D (Dufaux, Desberg). Donc, Le Scorpion doit se rendre en Cappadoce. Il se trouve qu’il doit, de plus, faire vite, car il est précédé par la concurrence. En conséquence de quoi, histoire d’aller plus vite, Le Scorpion fait un détour par Konya. Le pauvre, c’est que lui-même ne se rend pas compte de son énorme erreur, qui rallonge son chemin d’une centaine de kilomètres (car la route Istanbul-‘Cappadoce’ passe par Ankara et non Konya), car il affirme à un ponte local : « je suis sur la route de Cappadoce ». Évidemment, sachant qu’il venait d’Istanbul, le ponte local aurait dû s’étrangler de rire. Imaginez donc, c’est comme si, souhaitant aller de Paris à Bordeaux, vous décidiez, histoire d’aller plus vite, de passer par Toulouse... Il ne sait pas lire une carte Desberg ? Vous me direz peut-être « ouais, mais la Cappadoce c’est mal indiqué, c’est pas très connu ». Ben ouais, tiens donc, c’est une des régions les plus touristiques de Turquie, et toutes les cartes touristiques petit format de Turquie signalent son emplacement, ainsi que celui de Konya (autre site touristique). Pour ne pas s’apercevoir du problème, faut pousser tout de même pousser le « j’m’en foutisme » assez loin. Bon, ceci étant dit, on s’attaque à la partie « cette histoire de Croix de Saint Pierre, c’est encore du n’importe quoi, balancé par un type qui s’amuse à se la jouer “attends coco, j’ai potassé le sujet” » ou on laisse tomber ? À la limite c’est plus anecdotique, et personne ne s’étonnera qu’un type qui ne sait pas lire une carte routière fasse dans le n’importe quoi, y compris et surtout dans l’absence de bon sens. Par exemple, la base même de cette « quête » : donc le Scorpion s’en va chercher la vraie croix, pour prouver que Trebaldi est un méchant menteur. Ok, certes. Mais l’on apprend aussi qu’il estime, en conséquence, que le rôle religieux de Rome fut usurpé. Bien, très bien... Et il s’attend à être reçu de quelle façon par le peuple de Rome lorsqu’il va lui annoncer ça ? Avec des fleurs ? Alors que Rome (et les Romains avec) devait son reste de puissance et de rayonnement à la présence du Pape ? Lequel justifiait sa prépondérance par la succession apostolique du « trône de Pierre ». Je sais pas moi, mais mon petit doigt me souffle que le peuple de Rome n’aurait certainement pas accueilli le Scorpion en héros. Le bon sens me dit aussi qu’il aurait été probablement lapidé. Mais bon, ça c’est juste le bon sens. Desberg, lui par contre, le bon sens, il en a rien à branler. Passons aussi sur le fait que la prééminence réclamée par les Papes ne tient pas au martyr de Pierre à Rome, mais au fait que Pierre fut le premier « évêque » de Rome (autrement dit, le premier chef de la première communauté chrétienne de Rome). Il aurait fort bien pu subir le martyr à Jérusalem (par exemple lors d’un voyage pour revoir sa terre natale), que cela n’eut rien changé à la prétention des papes. Passons aussi sur le fait que le Concile de Nicée continue à s’en prendre plein la figure. Moi, ça me ferait plutôt rire. Sauf qu’il n’a jamais été question du martyr de Pierre et de la place de Rome au Concile de Nicée. Quant au fait que « à l’époque de Constantin, vers 350 » on aurait décidé de concentrer ainsi le pouvoir dans les mains du Pape (un seul empereur, et donc un seul chef de la communauté chrétienne), ben oui, mais en 350 il nous avait quittés depuis un moment Constantin. Bon, je suppose que c’est encore une erreur d’orientation sur une carte routière... En tout cas, cette affirmation est totalement grotesque, et pour une excellente raison : Constantin a fondé Constantinople. Or, le Patriarche de Constantinople devait devenir l’adversaire le plus acharné de la primauté de Rome. C’est d’ailleurs principalement pour des questions de préséance qu’eut lieu le grand schisme de 1054 qui devait séparer Orthodoxes et Catholiques. Sauf que, à lire Le Scorpion, on se demande si Desberg sait qu’il existe des chrétiens qui ne soient pas catholiques romains. C’est aussi à ça qu’on sent qu’il s’est sacrément documenté sur le sujet... Ouh la la, ça fait peur. Enfin, bref... Concluons ce panégyrique de la nullité par une petite notation : le sort de Rochnan. Si Desberg avait un peu écouté la télévision (même pas la peine d’ouvrir des livres), il aurait appris que, dans cette sympathique religion qui se nomme Islam, il existe une seule peine pour l’apostasie (renier sa religion) : la mort. En tout cas, s’il est une religion qui s’appelle « faire de la bande dessinée de qualité », alors Desberg en est clairement un des plus fervents apostats.
Anachron
Allez hop, commençons par une phrase bateau : « Trop de genre, tue le genre ! ». C’est certes bête mais cela résume pas mal mon sentiment. De l’héroïc-fantasy, de la science-fiction, de l’humour, du médiéval, décidément, le cocktail n’est pas passé. J’ai véritablement du me forcer pour terminer le premier cycle de six tomes. Tentons de faire un avis à charge comme à décharge : je tiens à épingler la qualité des couleurs utilisées. Les dessins sont également bons et ils bénéficient vraiment de cette colorisation bien maîtrisée. C’est sans doute pour cela que je me suis lancé dans cette série… Pour le reste, si le récit ne suit pas… Je déconseille dès lors cette série, tant pis pour les fans !
Abraxas
Il y a des univers qui sont pourtant bien intéressants mais qui ne m'accrochent pas. Abraxas en fait partie tout d'abord à cause de personnages tout à fait laids et difformes ; puis par ses décors trop lugubres. Je sais que tout cela est voulu pour distiller une certaine ambiance genre Halloween. Je trouve que l'auteur surcharge l'ensemble qui devient une sorte de caricature de l'étrange Noel de Mr Jack. Et puis, il faut vraiment apprécier l'humour noir très acide... L'intrigue n'a pas suscité chez moi plus d'intérêt que cela. J'ai lu cette histoire étrange avec un total détachement. La fin où tout se bouscule m'a parue totalement bâclée. Vous ne le savez peut-être pas mais je n'aime pas l'absurde. Il faudrait d'ailleurs que quelqu'un m'explique le cas échéant comment on peut faire l'amour à une femme-tronc (c'est à dire qu'il lui manque tout le bas du corps). Ceci dit, pourquoi pas après tout ? Mais par pitié : sans moi !!!
Sboub
Difficile de faire de la bande dessinée humoristique. Enfin, difficile de faire de la qualité. Créer une série humoristique soit, mais qu'elle soit rigolote n'est pas chose facile. Pourtant parfois ça tient à rien, des attitudes des personnages, des petits jeux de mots bien sentis, des running gags décapants... mais là non, pas de ces petites inventions à l'horizon. Les gags commencent systématiquement de la même manière : "Mon copain Sboub et moi, on aime bien..." et on enchaîne sur un titre de film et sa parodie. Le vrai problème c'est qu'au bout de 10 pages, on atteint l'overdose. Surtout la mise en pages en gaufrier de 5 cases qui plombe la lecture. Ca fige la lecture et le dessinateur n'a pas dû s'amuser énormément, ça limite les possibilités. Je reconnais qu'après, cette structure change vers la 20ème page, on passe de 5 cases à 10 mais jusqu'à la fin on a ce schéma, ce qui en fait revient au même... En plus, le tout semble formaté pour le magazine (1 planche par semaine ou par mois) et donc en recueil complet c'est indigeste ! Et ça s'adresse quand même à une certaine tranche de la population, les ados de 14 ans qui n'ont pas vu les films ne comprendront vraisemblablement rien... Et puis, les 2 gamins ont vraiment des têtes à claques. Ils sont d'un énervant ! On s'apitoie rarement sur le sort de ce pauvre Sboub qui se mange tout le temps une catastrophe sur le coin de la tête en fin d'histoire.