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La Dernière Reine

Note: 2.25/5
(2.25/5 pour 4 avis)

De la vie de Cléopâtre, on connaît peu de choses, son nom même a été rayé de l'histoire officielle et son cartouche martelé sur tous les monuments où il apparaissait. Patrick Weber s'immisce dans les creux de l'histoire et propose sa propre version de la vie de Cléopâtre. Sous sa plume, Cléopâtre revit et retrouve l'incroyable aura de la dernière pharaonne d'Egypte.


Au temps de Rome et de l'Empire Romain Cléopâtre Egypte Egypte Ancienne

De la vie de Cléopâtre, on connaît peu de choses, son nom même a été rayé de l'histoire officielle et son cartouche martelé sur tous les monuments où il apparaissait. Patrick Weber s'immisce dans les creux de l'histoire et propose sa propre version de la vie de Cléopâtre. Sous sa plume, Cléopâtre revit et retrouve l'incroyable aura de la dernière pharaonne d'Egypte. Nous la découvrons à Alexandrie alors qu'elle se cache et qu'elle cherche à conquérir le trône accaparé par son frère Ptolémée. Ce dernier, rendu à moitié fou par toutes les intrigues qui pèsent sur lui, est toujours en quête d'un augure en sa faveur. Il va faire quérir Rahotep, un liseur de songes dont la renommée est déjà grande. Rahotep va quitter Thèbes, la ville des anciens dieux et des traditions de l'Egypte pour aller servir le souverain. Et c'est ce jeune homme, protégé par les dieux, qui va changer l'ordre des choses. Le chemin qu'il choisira de suivre sera aussi déterminant que l'arrivée de Jules César à Alexandrie...

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 07 Mars 2007
Statut histoire Série abandonnée (échec commercial) 2 tomes parus
Couverture de la série La Dernière Reine © Dupuis 2007

08/03/2007 | Ro
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L'avatar du posteur Agecanonix

Ma connaissance de l'Egypte antique est beaucoup moins passionnelle que celles de la Grèce, de Rome ou des civilisations mésopotamiennes, mais je m'y intéresse puisque j'ai lu pas mal de Bd sur le sujet. J'ai quand même noté plusieurs erreurs historiques même si ça ne nuit pas foncièrement à la Bd en elle-même ; je crois que les auteurs au départ n'ont peut-être pas misé sur une exactitude aussi pointue que dans Keos ou Hotep, juste sur une bande créée dans un esprit fantastico-aventureux. La part de fantastique est assez importante dans la mesure où elle traduit les visions qu'envoient les dieux au jeune liseur de songes Rahotep, et rares sont les Bd sur l'Egypte où le fantastique n'est pas présent, ne serait-ce que par l'aspect religieux, c'est toujours très tentant pour des scénaristes. Mais ici, j'aurais préféré que les auteurs s'en tiennent à la véritable histoire de Cléopatre dégagée de tout fantastique. Car à ma connaissance, aussi curieux que ça puisse paraitre, l'histoire de cette reine n'avait jamais été tentée en BD. La trame centrale reprend donc l'histoire telle qu'on la connait, sous le règne des Ptolémée, c'est conforme à ce qu'on voit dans le film Cléopatre, énorme superproduction hollywoodienne qui faillit ruiner le studio Fox en 1962. La scène de l'arrivée de César à Alexandrie face à Ptolémée XIII Philopator, et qui lui présente la tête de Pompée dans un panier, afin de s'attirer ses faveurs... tout ceci est identique, presque un copié-collé du film. De même la scène de Cléopatre qui apparait à César la première fois roulée dans un tapis. Il n'empêche que parmi les erreurs flagrantes, il est drôle de voir un roi vêtu à l'Egyptienne alors que les Ptolémée étaient des rois macédoniens. Ensuite, il y a l'âge : Ptolémée et Cléopatre avaient 7 ans d'écart, il devrait donc avoir 10 ans. Mais bon, passons, ce qui me dérange un peu plus, c'est le prologue sur Osiris tué par son frère Seth, puis sa résurrection grâce à sa soeur Isis ; je ne sais pas ce que ça vient faire là-dedans, et ça prend de la place pour rien , alors que certains événements auraient gagné à être développés (cette période historique étant riche). L'intrigue se complique ensuite, surtout dans le tome 2, et s'égare un peu au lieu de suivre la progression de la relation entre Cléopatre et César (comme dans le film), puis la naissance de leur fils. Mais peut-être que le scénariste comptait développer ceci dans un tome 3 qui tarde à venir et dont je doute de la parution (depuis 2007 !!!). J'aime assez le dessin qui est très musclé, au style rugueux, mais avec des détails architecturaux sans trop forcer, juste le nécessaire, de même que les visages s'estompent dès qu'on s'éloigne un peu. En bref, c'est une Bd qui m'a intéressé par son argument, mais qui reste assez imparfaite dans son traitement ; seul un tome 3 hypothétique et viable aurait pu me faire recommander l'achat.

22/03/2016 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
L'avatar du posteur Ro

La dernière reine prend pour décor une période historiquement fascinante à mes yeux : l'arrivée au pouvoir de Cléopâtre et le débarquement des troupes romaines de César en Egypte. L'Egypte sous la dynastie des Ptolémée était un vrai mystère pour moi. Saviez-vous que les pharaons régnaient alors depuis leur capitale d'Alexandrie et parlaient Grec, se coupant ainsi du reste de l'Egypte et des anciennes croyances dans les dieux Egyptiens ? Saviez-vous de quelle manière l'Empire Romain s'est immiscé dans la géopolitique Egyptienne ? Et Cléopâtre, quel type de reine était-ce ? Amateur d'Histoire, ce sont autant de questions qui attisaient fortement ma curiosité. Quelle joie de les voir abordées dans une nouvelle série BD. Et pourtant, je dois dire avoir eu du mal à apprécier ma lecture. Il m'a bien fallu une dizaine de pages pour pénétrer dans le récit du premier tome de la dernière reine. La narration de l'introduction de cet album est en effet assez décousue. Elle saute de manière peu explicite d'une scène mythologique à une scène plus actuelle, puis de lieux en lieux et de personnages en personnages avant qu'on ait pu s'attacher à l'un d'entre eux. Mais finalement, au bout de quelques temps, le récit devient plus linéaire et on entre dans le vif du sujet. Le dessin me plait moyennement. Non pas que son trait ne soit pas maîtrisé mais il s'en dégage une impression légèrement brouillonne notamment du fait de la faible quantité de détails dans les visages et décors dès qu'ils sont un peu éloignés. L'encrage semble manquer de soin à mes yeux. Le résultat est fluide et n'a rien de désagréable à lire mais il ne dégage pas un esthétisme qui se suffise à lui-même. Le récit aborde l'Histoire par son côté humain. Le héros est un jeune Thèbain qui sera amené auprès de la cour d'Alexandrie pour y exercer ses conseils et pouvoirs de lecture de rêves. C'est ainsi qu'il va rencontrer Ptolémée XII et être témoin de son combat contre sa soeur bannie Cléopâtre puis de l'arrivée des troupes de Jules César et de la façon dont elles vont tout bouleverser. Le scénariste joue également la carte du fantastique. Le héros étant croyant et partisan des anciennes religions Egyptiennes, il va être souvent aidé directement par les avatars des différents Dieux Egyptiens, Sobek, Horus et autres Bastet n'hésitant pas à prendre forme sur Terre pour le sauver d'un danger mortel ou pour arrêter ses ennemis. Ces scènes, un peu surprenantes, s'assimilent finalement plutôt bien dans l'ensemble du récit. Cette BD se lit bien quoiqu'elle pêche par-ci par-là du fait de sa narration assez décousue et de son rythme très inégal. Elle nous propose de plonger dans une Egypte Antique vivante et crédible, nous permettant de suivre de l'intérieur et de manière dynamique et moderne des évènements cruciaux et pourtant méconnus du Royaume Egyptien et de l'Empire Romain. Après lecture du second tome, je mets à jour ma note à la baisse car je suis déçu. J'avais déjà noté des défauts au premier tome, mais je les trouve encore accentué dans le second. Le graphisme me donne toujours autant une impression de brouillon, d'imprécis. C'est comme si le format ne lui convenait pas, comme s'il l'affichait en trop gros mettant en avant ses défauts alors qu'ils passeraient mieux en petit format, plus réduit. Le scénario, quant à lui, pourrait ne pas être mauvais, mais il est mal raconté. La narration est arythmique, inégale, de nombreux passages sont confus ou trop vite racontés. Et surtout, l'ambiance n'arrive strictement pas à s'instaurer : en tant que lecteur, j'ai suivi ce récit de très loin, ne parvenant jamais à entrer dedans tant la narration me repoussait. Et au final, j'ai franchement été déçu et, si suite il y a, je doute de la lire un jour.

08/03/2007 (MAJ le 05/11/2007) (modifier)
Par Katz
Note: 1/5

Attiré par l'idée de départ — qui semble en effet terriblement excitante pour qui aime l'Histoire et le fantastique — ainsi que par la fort belle couverture du premier tome, j'ai donc commandé cette bande dessinée sur internet. Et grand mal m'a fait. C'est à l'occasion de lectures de ce genre qu'on prend soudain conscience de quel inestimable service nous rendent les librairies : celui de pouvoir compulser les bandes dessinées avant de les acheter, et de s'éviter des désillusions aussi douloureuses. C'est que cela fait mal une lecture pareille, mais vraiment très mal. Déjà, je n'ai pas accroché du tout au dessin. La planche postée ici même (et sur laquelle je me suis basé pour mon achat) ne donne pas une claire mesure de ce dessin, très particulier. Alors, certes, c'est une question de goût. Personnellement, je n'ai guère aimé ces personnages presque tous bodybuildés, des visages taillés à la hache, ces mouvements eux-mêmes caricaturaux, et cette impression finale d'avoir affaire à un mauvais comics, bien qu'il y ait, de ci de là, quelques scènes finalement assez bien retranscrites. Mais, encore, le dessin aurait pu, à la rigueur, passer, si l'arrière-plan historique de ce titre n'avait été aussi désastreux. C'est si mauvais qu'on pourrait se demander si ce n'est pas fait exprès, visant à créer une sorte de vision parallèle d'Alexandrie, où l'auteur nous ferait une sorte de science-fiction, pour mieux bâtir un univers propre, en oubliant les contraintes de l'Histoire. Parfois, cela a donné de bons résultats. Mais non, l'auteur semble, à quelques précisions dans le récit, véritablement soucieux d'une certaine véracité historique. Ainsi en est-il lorsqu'il note que Cléopâtre parlait grec comme tous les Ptolémées, mais savait l'égyptien. Mais, honnêtement, à quoi bon une telle précision historique, quand tout le reste, ou presque, est à jeter ? (d'un point de vue historique, s'entend). Ce massacre en Ré majeur de l'Histoire commence ainsi pratiquement dès le début du tome, pour se poursuivre quasiment jusqu'à la fin. Et ça commence fort, très fort ! Oh oui ! Par une scène quasiment d'anthologie, dans le genre du viol suivi du massacre de l'Histoire : Après une courte introduction mythologique, dont le rapport avec la suite va certainement en intriguer plus d'un, nous découvrons donc le co-pharaon, vêtu à l'égyptienne comme l'étaient rarement les Ptolémées (mais cela, franchement, ce n'est pas le plus grave), c'est un magnifique athlète, au corps tout en muscles, qui s'exclame d'un vibrant : « Moi, Ptolémée XIII ». Et en une seule scène, nous avons une cascade d'erreurs plus lourdes les unes que les autres. D'abord, un Ptolémée n'aurait jamais dit : « Moi, Ptolémée XIII », ou I ou II ou XII. Les numéros ont été ajoutés par les historiens modernes pour les distinguer les uns des autres. Alors, comment faisaient les Anciens ? Ils leur donnaient des surnoms, quand nécessaire. Sinon, ils écrivaient « Ptolémée », en jugeant que le lecteur savait de quel Ptolémée ils parlaient (vu le contexte). Au-delà de ça, le bon sens veut qu'un roi ne s'affuble pas d'un numéro lui-même, c'est tout de même assez irrespectueux pour sa majesté royale, de n'être qu'un numéro. Or les pharaons (et les Ptolémées en étaient) n'étaient certainement pas les plus modestes des rois... Mais si ce n'était que cela... Car ce beau Ptolémée nous est représenté comme un athlète dans la fleur de l'âge (25-35 ans), alors que Ptolémée XIII... Eh bien, Ptolémée XIII, à l'époque, il avait 12 ans. Et il va mourir un an plus tard, à l'âge de 13-14 ans... Enfin, pour couronner le tout, ce pseudo-Ptolémée XIII est habillé en pharaon, alors que les Ptolémées étaient des rois grecs, vêtus à la grecque (à la macédonienne, pour être exact) d'un costume que nous ont parfaitement décrit les historiens antiques, une description que vous pouvez découvrir même dans les ouvrages d'histoire les plus basiques, concernant Alexandrie ou la dynastie des Ptolémées. Un massacre pareil de l'Histoire, honnêtement, j'avais rarement eu l'occasion d'en voir un exemple aussi magistral. Oublions ensuite que l'auteur nous représente (outre Ptolémée) le palais, l'entourage royal, et même Alexandrie comme égyptiens (costumes, décors), à une ou deux exceptions près, alors qu'il s'agissait d'une ville grecque, aux bâtiments de facture grecque, habitée essentiellement par des Grecs (de civilisation, du moins). Et qu'un des rares moments où nous découvrons un beau bâtiment de style grec, avec statue grecque, colonnes grecques, etc., c'est apparemment en plein Thèbes. Une ville dont il n'est pas certain qu'elle compta à l'époque un seul bâtiment de style grec (peut-être si les pontes locaux ont voulu imiter les maîtres, mais les Égyptiens avaient leur fierté, et loin d'Alexandrie...). Oublions encore que l'auteur fait arriver ses personnages par la mer (vue du Phare) alors qu'ils viennent de l'intérieur de l'Égypte, qui était reliée par un canal à Alexandrie (c'est plus pratique pour des navires fluviaux, et c'est évidemment uniquement par-là qu'ils passaient, surtout au vu des difficultés d'aborder le port maritime via les passes du Phare). Oublions enfin que l'auteur zappe un des moments les plus forts de la relation entre César et Cléopâtre en Égypte : le siège du quartier royal par les partisans de Ptolémée XII et les Alexandrins (par opposition aux Romains). De toute l'histoire humaine, c'est un des moments les plus romanesques que je connaisse, avec un César embarqué dans une aventure presque insensée (très peu de soldats autour de lui), la soif qui menace les quartiers royaux assiégés, César qui manque de mourir dans une opération pour dégager l'accès à Pharos, la fuite de la jolie Arsinoé, sœur et rivale de Cléopâtre, les dissensions dans le camp adverse (rivalités entre chefs du parti anti-romain, et liquidations), et l'arrivée in extremis d'une armée de secours. Il y avait là de quoi faire, au vu de l'idée de départ. D'impliquer son personnage dans ces moments dramatiques et intenses. Mais non, l'auteur choisit d'être original, en résumant tout cela en trois cases. Évacué d'un trait, un des moments les plus dramatiques de la vie de Cléopâtre. Génial... Bref, si vous ne connaissez pas vraiment l'histoire de Cléopâtre, et souhaitiez la découvrir au travers d'une BD qui mêle fantastique et Histoire, c'est plus que raté. Je n'aurais même qu'un seul conseil pour votre bien : fuyez, fuyez du plus loin que vous pouvez de cette BD, et ne l'ouvrez surtout jamais. À moins de ne vouloir à tout prix ne plus rien y comprendre. C'est que, en plus de la catastrophe historique qu'elle représente, cette bande dessinée possède un inconvénient très désagréable à mes yeux : la narration. Cela a été noté dans un avis précédent, et c'est plus que juste. Narration serait d'ailleurs parfois un bien grand mot. Il s'agit d'un empilement un peu brouillon de scènes, et l'inclusion du fantastique casse encore plus le rythme. Il est parfois difficile de savoir où l'on se trouve (scène fantasmée, pas fantasmée ? Personnage réel, ou divin ?), de bien comprendre l'intérêt de la chose. C'est souvent beaucoup trop rapide (ainsi le rôle de Tiy). En fait, tout cela est mené comme le dessin : à la hache. Aussi, même si cette BD s'était auto-qualifiée comme "pure science-fiction n'ayant qu'un rapport lointain avec l'Histoire", je n'aurais pu la recommander. Non seulement à cause du dessin (mais c'est un goût personnel), mais surtout à cause de la narration.

20/05/2007 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 3/5

Un bien bon retour dans le temps. Un très grand voyage en arrière pour un postulat qui mêle habilement le fantastique et l'Histoire. Personnages historiques et imaginaires "jouent" ici dans ce qui s'annonce une bien belle et originale saga. "La dernière reine" ?... un album qui se savoure comme ces bons vieux péplums cinématographiques des années 50-60. Un très bon mélange d'événements historiques réels, d'aventures, de rebondissements qui attire l'attention du lecteur. Le dessin ?... bon graphisme de Caracuzzo. Un trait lisible (trop même, parfois ; ce qui donne l'impression que des personnages ont été "ajoutés" sur des vignettes, un peu comme des autocollants. Assez curieux). De néanmoins bonnes ambiances, une belle palette de couleurs, des personnages bien typés : tout concourt à quelque chose d'assez prometteur. A suivre.

15/04/2007 (modifier)