Heureusement le petit format permet de lire cet opus très vite, car tout de même le 9ème art ne sortira pas grandi de ce genre de production.
Qu’en est-il ? Sous une forme de dessins en crottes et pattes de mouche le scénariste nous invente une intrigue à base de guerre de succession au Vatican. Un pape n’en finissant pas de mourir avec ce qu’il faut de propos scatologique se voit instrumentalisé par la succession. Evidemment tous les prétextes sont bons pour transformer l’Eglise en un gigantesque bordel individualiste où tous les coups sont permis pour arriver au pouvoir. En ajoutant les personnalités ecclésiastiques françaises au récit (toute ridicules) l’auteur nous pond un dallas version scato succession papale. Tout cela se fait autour d’un candide personnage de garde Suisse, lequel est tourné en ridicule dans son expression de foi, qui malgré lui sera au centre des faits des intrigants.
Un scénario débilisant des personnages réels pour ajouter une couche de profanation à la mode d’un sacré dont il est de bon ton de se moquer, Œuvre typique de Charlie Hebdo. Loin de m’offusquer devant les attitudes ou propos ou toute action que le scénariste fait faire à des personnages théoriquement représentant le sacré d’une religion, il s’agit plutôt de dénoncer la vacuité du propos. Çà ne mène nulle part, ne sert à rien, ne dénonce rien ; c’est juste du dégueu crado gratuit.
Alors certes, je ne devrais plus perdre mon temps dans de telles lectures, mais ne voulant pas m’interdire certains auteurs je tombe parfois sur ce genre de productions inutiles (la couverture ne présageait pas ce style). La volonté de finir sauve parfois certains débuts laborieux, ici non.
Le mot banal ne me parait pas opportun pour qualifier ce récit. Pour deux raisons majeures :
Graphiquement : ce style est assez rare dans les publications, difficilement déchiffrable, certaines planches sont un assemblage de couleurs et de traits parallèles vaguement ordonnés mais surtout peu lisibles. Si la colorisation ou les traits dégageaient une poésie particulière nous pourrions rêver, mais hélas j’ai continué à chercher tout le long du récit sans succès. Certes le côté dur et carré des institutions despotiques prête à du rigide, mais cela ne justifie pas un tel traitement.
Le scénario nous promène la moitié du récit au devant de différents protagonistes que le lecteur ne connait pas et dont il n’arrive pas à comprendre le lien. Nous passons notre temps à essayer de comprendre ce qui se cache derrière ces propos naïfs, à essayer d’imaginer un message caché. J’avoue ne pas avoir trouvé, bien sûr on percera une critique d’une société commerciale prête à tout pour ses intérêts financiers, mais cela parait trop facile et factice. La fin en queue de poisson peut aussi bien se voir comme une pirouette d’un album n’ayant jamais réussi à trouver un chemin ou une ouverture pour que le lecteur puisse laisser à son imagination le loisir de trouver la clé. Je ne cherche plus.
Bien sûr il s’agit d’une production de qualité, entendez que l’édition soignée dont bénéficie cet ouvrage aurait été nécessaire à de nombreux autres albums n’ayant pas eu cette chance, hélas mal exploité dans un scénario qui ne mène nulle part et par des dessins trop brouillons, l’album se disqualifie. J'ajouterai que je ne vois vraiment pas en quoi cet album peut être classé jeunesse.
J’ai hésité avec cette BD… Soit c’est un truc complètement raté, soit c’est une super BD mais je suis passé complètement à côté…
Premièrement le dessin. Certes, je préfère une BD avec un bon scénario et un dessin mauvais à l’inverse, mais le dessin, ici, fait vraiment preuve à mon sens de trop d’amateurisme, sans avoir de personnalité. Un dessin trop classique, trop plat, trop figé, pas moche mais certainement pas beau. C’est du dessin de bon dessinateur accessible à toute personne y passant un peu de temps… De plus, la BD a été dessinée en 2 temps, en 1983 et 1995. L’évolution entre ces deux périodes n’est graphiquement pas concluante. Pas de progrès impressionnant. A peine voit-on une très légère amélioration dans la finesse du trait…
Et pour ce qui est de l’histoire, rien de mirifique.
Entre le premier chapitre et le 2ème chapitre, je n’ai même pas compris le saut dans le saut, le flashback qui m’était proposé…Ce n’est qu’au chapitre 3 que j’ai percuté…
Le découpage est donc surement mauvais et la transition ratée.
Les personnages manquent de caractère ou, s’ils en ont, le dessin ne permet pas suffisamment de compenser les manques du scénario. Le manque de réaction d’Olivier pourrait très bien s’expliquer par son abattement, par son désir secret de vengeance… Mais rien ne nous est dit et au final, l’impression laissée est celle d’une personne sans âme, vide d’émotion.
La trame scénaristique n’est pas non plus de première qualité. L’idée de la déchéance de l’homme est plutôt intéressante, mais son traitement laisse à désirer. Une fois de plus le rythme lent et le manque de dynamisme, de sensation, d’émotion descendent l’intérêt de la BD à grande vitesse.
153 pages qui se lisent sans grand plaisir, qui se lisent aussi vite qu’une BD de 48 pages…
Inutile d’insister.
Ca faisait longtemps, mais ça fait du bien de voir que je peux ne pas aimer une BD !
J’avoue ma perplexité en lisant toutes ces critiques positives, car en ce qui me concerne, je ne suis quasiment pas rentré dedans, je me suis même beaucoup ennuyé…
Tout d’abord, j’ai assez peu apprécié le dessin, trop minimaliste pour ce type d’histoire. Je ne dénie pas le talent mais on a juste l’impression que Guibert n’a pas eu le temps de peaufiner (des personnages marchant dans le désert sans ombre). Et le trait paraît souvent contrarié pour les visages, qui ne sont guère réalistes dans le mode ligne claire, alors que les corps le sont beaucoup plus… Quant au scénario, il est juste décousu, et on a du mal à voir où va l’intrigue, qui n’est qu’un assemblage approximatif de scénettes improbables. Je reconnais un certain humour, juif semble-t-il, ainsi qu’une satire bienvenue du fanatisme religieux, mais ça ne suffit pas à faire un récit en plusieurs tomes…
J'aurais voulu y croire !
Avis portant sur les premiers tomes :
Des jolies couvertures, un titre accrocheur, des pépettes sexy, c'était un début sympathique mais à l'arrivée, j'ai juste eu un gros mal de tête en essayant de démêler les fils de l'intrigue.
L'ensemble, histoire et dessin, est très confus et ennuyeux. L'univers Steampunk semble ici une facilité qui permet aux auteurs d'avoir réponse à tout et il faut avouer que ça doit être bien pratique tant l'intrigue part dans toutes les directions.
Touché coulé...
Cet album est navrant. Navrant quelque soit le niveau de lecture auquel on le lit. Il ne reste qu’un graphisme maîtrisé pour se poser la question du pourquoi de l’auteur.
L’histoire nous raconte comment un rescapé d’un massacre orchestré par les militaires français va construire sa vengeance sur le pays sous la forme de destruction jouissive et massive. Tuer n’est pas seulement un plaisir pour notre malade, il faut en plus qu’il trouve son plaisir dans la souffrance de l’autre. Dans ce registre le pire n’est jamais envisageable, outre les classiques tortures sanguinolentes cet opus nous montrera de l’inventivité : parce que extraire le cœur vivant de sa victime ça vaut le détour.
Plus sérieusement, le scénario n’a ni queue ni tête. La scène du massacre du début est ridicule mais pourquoi pas, la suite avec le catcheur saltimbanque à un je ne sais quoi d’attendu suranné mais pourquoi pas, en fait tout bascule avec cette ridicule scène du cimetière où notre vieux catcheur, qui tente d’inculquer le principe du bien et du mal, va se faire percer la tête à coups de croix en tentant de retenir son fougueux élève qui a retrouvé le militaire qui a tué son village pour une mine d’uranium. Voui, vous avez bien lu, on est bien à ce niveau… La suite va de mal en pis avec la compagne de notre malade qui apparait soudain au détour d’une nouvelle boucherie. L’idée de récupérer les enfants de ses victimes pour en faire une armée de dégénérés aurait pu être marrante ou intéressante s’il n’y avait eu ce rôle guignolesque digne de fantomas et cette apologie de sélection sur la violence pure (ah ce combat dans les boucheries, on en mangerait plus souvent…). Puis vient l’apothéose, l’état qui finance le virus de la mort qui tue qui tombe évidemment dans les mains de notre malade mental. Le super flic (personnage intéressant au demeurant) aura beau repérer la proie, il la loupera et perdra sa fille (cette scène est à pleurer) avant que le chaos final avec l’armée de dégénérés transformés en bombe bactériologique humaine ne sème le chaos sur la France.
Au premier degré c’est ridicule, au second pas du tout drôle, au troisième franchement beaucoup trop violent pour moi, au-delà je ne sais pas mais je ne vois pas ce qu’on pourrait bien trouver.
Au moins, il reste la qualité graphique dont les contrastes et l’encrage matérialisent la violence à vif perpétuelle de notre héros. De ce côté, il faut avouer que le trait enchaîne l’ultra précision dans le glauque et le vague dans les choses courantes avec habileté. La colorisation sied tout à fait à l’ensemble pour un objet digne d’un violence à la Tarantino.
Je ne sais à quel point cette œuvre a permis à l’auteur de coucher nombre de délires, mais les psychoses destructrices de ce type ne me parlent pas du tout. Je les trouve ridicules, gratuites et sans intérêt, bref je déteste.
"Nord, Nord-Est" est une pure BD roman graphique où tout se joue sur le ressenti. Et sur ce point, je n'ai pas aimé.
Le contenu est très banal, sans saveur. On est loin d'une BD de Davodeau qui arrive à sublimer le quotidien. J'aurai aimé m'attendrir sur cette escapade d'une grand-mère et son petit-fils dans la capitale, mais je n'y suis jamais parvenu.
La faute incombe peut-être au dessin, car cette BD ressemble à un roman photo mal maquillé. C'est monnaie courante à notre époque mais en temps normal, le dessinateur fait des efforts pour le cacher. Ici on a l'impression d'observer un travail d'infographiste où seuls les personnages sont réellement dessinés. Le rendu n'est pas beau, il sonne faux.
La narration est également particulière : il n'y a pas de phylactères mais des dialogues en voix off sous les cases. Ce procédé est lourd et nuit à la lecture.
Je n'ai pas trouvé de point positif permettant une meilleure notation.
A éviter.
Ceci est la BD officielle d'une série de dessins animés qui est elle-même l'adaptation commerciale d'un jeu de cartes à collectionner créé par Séga et complètement pompé sur le concept de Pokemon et autres Digimon.
Le jeu de cartes consiste à faire s'affronter des dinosaures (trop cool !) avec des cartes plus ou moins fortes, chacune ayant des compétences particulières.
La série animée, elle, plaque un scénario assez débile pour tenter d'expliquer l'origine de ce jeu et mettre en scène les combats entre l'équipe des gentils, les enfants de la D-Team, contre les méchants, le Docteur Z et son gang Alpha. Les personnages et les décors sont dessinés comme des animations japonaises classiques, tandis que les dinosaures, eux, sont en images de synthèse, 3D texturisée et animée de manière très très laide, ne se fondant pas du tout dans les décors.
La bande dessinée reprend le mauvais scénario du dessin animé avec un dessin encore moins bon et une narration embrouillée.
Les personnages et décors reprennent la plupart du temps les plans exacts du dessin animé, tout en étant redessinés de médiocre manière. Les dinosaures sont, quant à eux, représentés dans un style semi-réaliste qui, là encore, se fond mal dans les décors.
Le premier tome de la série reprend le contenu du premier épisode en dessin animé et c'est quand on compare l'un et l'autre qu'on constate combien la narration graphique est ratée tant certains passages se retrouvent mal expliqués et mal amenés dans l'adaptation BD.
Exploitation commerciale de très basse qualité et tout simplement inutile.
Autant j'avais bien aimé La Nouvelle pornographie, autant ce one-shot qui reprend le même genre de style m'a ennuyé. Ce n'est pas drôle et je n'ai pas du tout compris l'utilité de cet album. Je me suis ennuyé du début à la fin malgré le nombre peu élevé de pages. C'est vraiment le genre d'album ou j'ai de la difficulté à lire ne serait-ce que deux pages tellement le sujet est inintéressant.
Le constat est terrible et amer à la fois, premièrement parce qu'après avoir lu l'avis précédent, je me rends compte que tout ce que j'en ressens après lecture est déjà exprimé et secundo j'ai la sensation étrange que l'on passe sincèrement à côté du sujet, ce qui rend cette œuvre inclassable (y parle t’on le plus de skate ou de banlieue ?) et finalement peu recommandable en dessous de 14 ans...
Le tout partait néanmoins d'une bonne intention. 4 jeunes au langage fleuri viennent de perdre une "battle" de skate contre une autre bande et commencent copieusement à s'insulter et se fâcher. On le croirait pas mais il s'agit pourtant bien de la "Unic Team" ma fois fort solidaire :) . Le hasard va les faire rapidement croiser un jeune délinquant qui, mu par la survie et la fuite, va leur "emprunter" une planche et leur faire une démonstration mémorable à l'insu de son plein gré puisque selon ses propres dires il n'en a jamais fait de sa vie !
S'ensuit donc démarches pour enrôler le jeune prodige dans la bande mais quand on est jeune et con et sans ambition c'est peut être pas si facile de vouloir s'intégrer à un groupe... Il y a donc du pain sur la planche ;)
Alors le dessin ressemble fortement à un style manga bien franchouillard pas forcément déplaisant s'il était un poil plus appliqué mais la mise en scène reste assez dynamique. Ca se lit extrêmement rapidement et ce n'est pas si désagréable que cela mais le récit reste beaucoup trop convenu et linéaire et les dialogues un poil trop braillards à mon goût.
Le final est effectivement beaucoup trop rapidement amené et on peut rester sur sa faim.
Je pense ne pas être la cible idéale pour une telle lecture mais en reconnais certaines vertus comme l'esquive habile de la morale habituelle inhérente à ce style de récit. Reste donc une petite tranche de vie banlieusarde sur fond de skate (ou son inverse) ni agréable ou envisageable mais qui a le mérite de ne ressembler à nulle autre. A réserver à un public male rebelle adolescent, je pense que dans le domaine verrouillé de ce sport il y a encore beaucoup de choses à faire...
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Heureusement le petit format permet de lire cet opus très vite, car tout de même le 9ème art ne sortira pas grandi de ce genre de production. Qu’en est-il ? Sous une forme de dessins en crottes et pattes de mouche le scénariste nous invente une intrigue à base de guerre de succession au Vatican. Un pape n’en finissant pas de mourir avec ce qu’il faut de propos scatologique se voit instrumentalisé par la succession. Evidemment tous les prétextes sont bons pour transformer l’Eglise en un gigantesque bordel individualiste où tous les coups sont permis pour arriver au pouvoir. En ajoutant les personnalités ecclésiastiques françaises au récit (toute ridicules) l’auteur nous pond un dallas version scato succession papale. Tout cela se fait autour d’un candide personnage de garde Suisse, lequel est tourné en ridicule dans son expression de foi, qui malgré lui sera au centre des faits des intrigants. Un scénario débilisant des personnages réels pour ajouter une couche de profanation à la mode d’un sacré dont il est de bon ton de se moquer, Œuvre typique de Charlie Hebdo. Loin de m’offusquer devant les attitudes ou propos ou toute action que le scénariste fait faire à des personnages théoriquement représentant le sacré d’une religion, il s’agit plutôt de dénoncer la vacuité du propos. Çà ne mène nulle part, ne sert à rien, ne dénonce rien ; c’est juste du dégueu crado gratuit. Alors certes, je ne devrais plus perdre mon temps dans de telles lectures, mais ne voulant pas m’interdire certains auteurs je tombe parfois sur ce genre de productions inutiles (la couverture ne présageait pas ce style). La volonté de finir sauve parfois certains débuts laborieux, ici non.
Les Enfants de Mandalay
Le mot banal ne me parait pas opportun pour qualifier ce récit. Pour deux raisons majeures : Graphiquement : ce style est assez rare dans les publications, difficilement déchiffrable, certaines planches sont un assemblage de couleurs et de traits parallèles vaguement ordonnés mais surtout peu lisibles. Si la colorisation ou les traits dégageaient une poésie particulière nous pourrions rêver, mais hélas j’ai continué à chercher tout le long du récit sans succès. Certes le côté dur et carré des institutions despotiques prête à du rigide, mais cela ne justifie pas un tel traitement. Le scénario nous promène la moitié du récit au devant de différents protagonistes que le lecteur ne connait pas et dont il n’arrive pas à comprendre le lien. Nous passons notre temps à essayer de comprendre ce qui se cache derrière ces propos naïfs, à essayer d’imaginer un message caché. J’avoue ne pas avoir trouvé, bien sûr on percera une critique d’une société commerciale prête à tout pour ses intérêts financiers, mais cela parait trop facile et factice. La fin en queue de poisson peut aussi bien se voir comme une pirouette d’un album n’ayant jamais réussi à trouver un chemin ou une ouverture pour que le lecteur puisse laisser à son imagination le loisir de trouver la clé. Je ne cherche plus. Bien sûr il s’agit d’une production de qualité, entendez que l’édition soignée dont bénéficie cet ouvrage aurait été nécessaire à de nombreux autres albums n’ayant pas eu cette chance, hélas mal exploité dans un scénario qui ne mène nulle part et par des dessins trop brouillons, l’album se disqualifie. J'ajouterai que je ne vois vraiment pas en quoi cet album peut être classé jeunesse.
L'Enfer du jour
J’ai hésité avec cette BD… Soit c’est un truc complètement raté, soit c’est une super BD mais je suis passé complètement à côté… Premièrement le dessin. Certes, je préfère une BD avec un bon scénario et un dessin mauvais à l’inverse, mais le dessin, ici, fait vraiment preuve à mon sens de trop d’amateurisme, sans avoir de personnalité. Un dessin trop classique, trop plat, trop figé, pas moche mais certainement pas beau. C’est du dessin de bon dessinateur accessible à toute personne y passant un peu de temps… De plus, la BD a été dessinée en 2 temps, en 1983 et 1995. L’évolution entre ces deux périodes n’est graphiquement pas concluante. Pas de progrès impressionnant. A peine voit-on une très légère amélioration dans la finesse du trait… Et pour ce qui est de l’histoire, rien de mirifique. Entre le premier chapitre et le 2ème chapitre, je n’ai même pas compris le saut dans le saut, le flashback qui m’était proposé…Ce n’est qu’au chapitre 3 que j’ai percuté… Le découpage est donc surement mauvais et la transition ratée. Les personnages manquent de caractère ou, s’ils en ont, le dessin ne permet pas suffisamment de compenser les manques du scénario. Le manque de réaction d’Olivier pourrait très bien s’expliquer par son abattement, par son désir secret de vengeance… Mais rien ne nous est dit et au final, l’impression laissée est celle d’une personne sans âme, vide d’émotion. La trame scénaristique n’est pas non plus de première qualité. L’idée de la déchéance de l’homme est plutôt intéressante, mais son traitement laisse à désirer. Une fois de plus le rythme lent et le manque de dynamisme, de sensation, d’émotion descendent l’intérêt de la BD à grande vitesse. 153 pages qui se lisent sans grand plaisir, qui se lisent aussi vite qu’une BD de 48 pages… Inutile d’insister. Ca faisait longtemps, mais ça fait du bien de voir que je peux ne pas aimer une BD !
Les Olives noires
J’avoue ma perplexité en lisant toutes ces critiques positives, car en ce qui me concerne, je ne suis quasiment pas rentré dedans, je me suis même beaucoup ennuyé… Tout d’abord, j’ai assez peu apprécié le dessin, trop minimaliste pour ce type d’histoire. Je ne dénie pas le talent mais on a juste l’impression que Guibert n’a pas eu le temps de peaufiner (des personnages marchant dans le désert sans ombre). Et le trait paraît souvent contrarié pour les visages, qui ne sont guère réalistes dans le mode ligne claire, alors que les corps le sont beaucoup plus… Quant au scénario, il est juste décousu, et on a du mal à voir où va l’intrigue, qui n’est qu’un assemblage approximatif de scénettes improbables. Je reconnais un certain humour, juif semble-t-il, ainsi qu’une satire bienvenue du fanatisme religieux, mais ça ne suffit pas à faire un récit en plusieurs tomes…
Les Corsaires d'Alcibiade
J'aurais voulu y croire ! Avis portant sur les premiers tomes : Des jolies couvertures, un titre accrocheur, des pépettes sexy, c'était un début sympathique mais à l'arrivée, j'ai juste eu un gros mal de tête en essayant de démêler les fils de l'intrigue. L'ensemble, histoire et dessin, est très confus et ennuyeux. L'univers Steampunk semble ici une facilité qui permet aux auteurs d'avoir réponse à tout et il faut avouer que ça doit être bien pratique tant l'intrigue part dans toutes les directions. Touché coulé...
Baron Samedi
Cet album est navrant. Navrant quelque soit le niveau de lecture auquel on le lit. Il ne reste qu’un graphisme maîtrisé pour se poser la question du pourquoi de l’auteur. L’histoire nous raconte comment un rescapé d’un massacre orchestré par les militaires français va construire sa vengeance sur le pays sous la forme de destruction jouissive et massive. Tuer n’est pas seulement un plaisir pour notre malade, il faut en plus qu’il trouve son plaisir dans la souffrance de l’autre. Dans ce registre le pire n’est jamais envisageable, outre les classiques tortures sanguinolentes cet opus nous montrera de l’inventivité : parce que extraire le cœur vivant de sa victime ça vaut le détour. Plus sérieusement, le scénario n’a ni queue ni tête. La scène du massacre du début est ridicule mais pourquoi pas, la suite avec le catcheur saltimbanque à un je ne sais quoi d’attendu suranné mais pourquoi pas, en fait tout bascule avec cette ridicule scène du cimetière où notre vieux catcheur, qui tente d’inculquer le principe du bien et du mal, va se faire percer la tête à coups de croix en tentant de retenir son fougueux élève qui a retrouvé le militaire qui a tué son village pour une mine d’uranium. Voui, vous avez bien lu, on est bien à ce niveau… La suite va de mal en pis avec la compagne de notre malade qui apparait soudain au détour d’une nouvelle boucherie. L’idée de récupérer les enfants de ses victimes pour en faire une armée de dégénérés aurait pu être marrante ou intéressante s’il n’y avait eu ce rôle guignolesque digne de fantomas et cette apologie de sélection sur la violence pure (ah ce combat dans les boucheries, on en mangerait plus souvent…). Puis vient l’apothéose, l’état qui finance le virus de la mort qui tue qui tombe évidemment dans les mains de notre malade mental. Le super flic (personnage intéressant au demeurant) aura beau repérer la proie, il la loupera et perdra sa fille (cette scène est à pleurer) avant que le chaos final avec l’armée de dégénérés transformés en bombe bactériologique humaine ne sème le chaos sur la France. Au premier degré c’est ridicule, au second pas du tout drôle, au troisième franchement beaucoup trop violent pour moi, au-delà je ne sais pas mais je ne vois pas ce qu’on pourrait bien trouver. Au moins, il reste la qualité graphique dont les contrastes et l’encrage matérialisent la violence à vif perpétuelle de notre héros. De ce côté, il faut avouer que le trait enchaîne l’ultra précision dans le glauque et le vague dans les choses courantes avec habileté. La colorisation sied tout à fait à l’ensemble pour un objet digne d’un violence à la Tarantino. Je ne sais à quel point cette œuvre a permis à l’auteur de coucher nombre de délires, mais les psychoses destructrices de ce type ne me parlent pas du tout. Je les trouve ridicules, gratuites et sans intérêt, bref je déteste.
Nord, Nord-Est
"Nord, Nord-Est" est une pure BD roman graphique où tout se joue sur le ressenti. Et sur ce point, je n'ai pas aimé. Le contenu est très banal, sans saveur. On est loin d'une BD de Davodeau qui arrive à sublimer le quotidien. J'aurai aimé m'attendrir sur cette escapade d'une grand-mère et son petit-fils dans la capitale, mais je n'y suis jamais parvenu. La faute incombe peut-être au dessin, car cette BD ressemble à un roman photo mal maquillé. C'est monnaie courante à notre époque mais en temps normal, le dessinateur fait des efforts pour le cacher. Ici on a l'impression d'observer un travail d'infographiste où seuls les personnages sont réellement dessinés. Le rendu n'est pas beau, il sonne faux. La narration est également particulière : il n'y a pas de phylactères mais des dialogues en voix off sous les cases. Ce procédé est lourd et nuit à la lecture. Je n'ai pas trouvé de point positif permettant une meilleure notation. A éviter.
Dinosaur King
Ceci est la BD officielle d'une série de dessins animés qui est elle-même l'adaptation commerciale d'un jeu de cartes à collectionner créé par Séga et complètement pompé sur le concept de Pokemon et autres Digimon. Le jeu de cartes consiste à faire s'affronter des dinosaures (trop cool !) avec des cartes plus ou moins fortes, chacune ayant des compétences particulières. La série animée, elle, plaque un scénario assez débile pour tenter d'expliquer l'origine de ce jeu et mettre en scène les combats entre l'équipe des gentils, les enfants de la D-Team, contre les méchants, le Docteur Z et son gang Alpha. Les personnages et les décors sont dessinés comme des animations japonaises classiques, tandis que les dinosaures, eux, sont en images de synthèse, 3D texturisée et animée de manière très très laide, ne se fondant pas du tout dans les décors. La bande dessinée reprend le mauvais scénario du dessin animé avec un dessin encore moins bon et une narration embrouillée. Les personnages et décors reprennent la plupart du temps les plans exacts du dessin animé, tout en étant redessinés de médiocre manière. Les dinosaures sont, quant à eux, représentés dans un style semi-réaliste qui, là encore, se fond mal dans les décors. Le premier tome de la série reprend le contenu du premier épisode en dessin animé et c'est quand on compare l'un et l'autre qu'on constate combien la narration graphique est ratée tant certains passages se retrouvent mal expliqués et mal amenés dans l'adaptation BD. Exploitation commerciale de très basse qualité et tout simplement inutile.
Bleu
Autant j'avais bien aimé La Nouvelle pornographie, autant ce one-shot qui reprend le même genre de style m'a ennuyé. Ce n'est pas drôle et je n'ai pas du tout compris l'utilité de cet album. Je me suis ennuyé du début à la fin malgré le nombre peu élevé de pages. C'est vraiment le genre d'album ou j'ai de la difficulté à lire ne serait-ce que deux pages tellement le sujet est inintéressant.
Unic Team
Le constat est terrible et amer à la fois, premièrement parce qu'après avoir lu l'avis précédent, je me rends compte que tout ce que j'en ressens après lecture est déjà exprimé et secundo j'ai la sensation étrange que l'on passe sincèrement à côté du sujet, ce qui rend cette œuvre inclassable (y parle t’on le plus de skate ou de banlieue ?) et finalement peu recommandable en dessous de 14 ans... Le tout partait néanmoins d'une bonne intention. 4 jeunes au langage fleuri viennent de perdre une "battle" de skate contre une autre bande et commencent copieusement à s'insulter et se fâcher. On le croirait pas mais il s'agit pourtant bien de la "Unic Team" ma fois fort solidaire :) . Le hasard va les faire rapidement croiser un jeune délinquant qui, mu par la survie et la fuite, va leur "emprunter" une planche et leur faire une démonstration mémorable à l'insu de son plein gré puisque selon ses propres dires il n'en a jamais fait de sa vie ! S'ensuit donc démarches pour enrôler le jeune prodige dans la bande mais quand on est jeune et con et sans ambition c'est peut être pas si facile de vouloir s'intégrer à un groupe... Il y a donc du pain sur la planche ;) Alors le dessin ressemble fortement à un style manga bien franchouillard pas forcément déplaisant s'il était un poil plus appliqué mais la mise en scène reste assez dynamique. Ca se lit extrêmement rapidement et ce n'est pas si désagréable que cela mais le récit reste beaucoup trop convenu et linéaire et les dialogues un poil trop braillards à mon goût. Le final est effectivement beaucoup trop rapidement amené et on peut rester sur sa faim. Je pense ne pas être la cible idéale pour une telle lecture mais en reconnais certaines vertus comme l'esquive habile de la morale habituelle inhérente à ce style de récit. Reste donc une petite tranche de vie banlieusarde sur fond de skate (ou son inverse) ni agréable ou envisageable mais qui a le mérite de ne ressembler à nulle autre. A réserver à un public male rebelle adolescent, je pense que dans le domaine verrouillé de ce sport il y a encore beaucoup de choses à faire...