Comme tout le monde, j'ai été déstabilisé par cet « ovni ».
Si j'ai à peu près compris l'histoire, je n'ai pas saisi où De Crécy veut emmener son lecteur.
Je n'ai pas du tout accroché à cet album muet qui multiplie les contrastes et les délires. La lecture est particulièrement laborieuse et la narration plutôt singulière n'aide pas. Je ne suis pas non plus fan des dessins même si le trait de l'auteur est bien original.
Il est clair que Prosopopus a des qualités mais je n'ai pas aimé.
C'est sans doute trop barré pour moi !
Le premier tome fut pour moi une agréable surprise... Dessins simples mais détaillés, une ambiance mystérieuse quoique déjà vue (Lost, Sa majesté des mouches, Timpleback, même 28 jours plus tard...), personnages attachants... Le parti-pris des auteurs est de nous montrer des enfants de toutes origines, dans des proportions qui n'en font pas un instantané de la société, mais passons, pourquoi pas !
Puis, le tome 3... et là, patatras... les auteurs se prennent les pieds dans le tapis ! Voilà Saul ! Saul est fils de riche, donc c'est déjà un petit c.. par essence (notre complexe vis-à-vis de l'argent)... Ensuite il est blanc, mais aussi blond aux yeux bleus... et comme tous les petits c..s de son âge riches et blonds, il a lu Mein Kampf et veut appliquer les théories raciales d'Hitler... MAIS BIEN SÛR !
Et là, on comprend finalement ce que veulent nous donner en pâture les auteurs : sous couvert de personnages effectivement attachants et fouillés, on doit se taper une énième BD donneuse de leçons façonnée au formatage des jeunes esprits.
Le courage est l'apanage de Dodji, de Leila, mais les enfants "blancs" n'ont qu'un rôle de demoiselle en détresse ou d'insupportables boulets (Terry, mais quelle tête à claque !). Quand ils ne sont pas simplement racistes. Les familles aux rangs les plus élevés, par exemple, ne sont composées que de blancs... de là à ce qu'ils nous sortent un discours sur l'Apartheid, le pas à franchir n'est pas loin.
Le conformisme de ce parti-pris confine au ridicule quand on prend comme modèle culturel pour notre nemesis une guerre à peine évoquée avant la 4e, là où les auteurs auraient pu être courageux en prenant parti contre les intégrismes contemporains !
Ils auraient pu parler de l'intégrisme islamiste subtilement, sans faire de la parodie à la moraline vue et revue et en choisissant un autre personnage que ce calque standard du boche qu'est Saul ! Mais non, ils choisissent même de caresser ce dogme en introduisant une petite fille voilée de 7-8 ans, dont on connait la capacité de réflexion et de recul par rapport aux concepts liés à l'inaltérabilité de l'âme, la relation à Dieu et qui peut donc choisir consciemment ce vêtement.
Seuls, en définitive, commence à traîner en longueur, avec ce dernier tome que l'on attend depuis presque 3 ans, il ne fait qu'enfoncer des portes ouvertes et veut simplement nous "éduquer" dans le sens de la pensée unique admise...
Je suis déçu de cette bonne surprise qui s'avère n'être, au final, qu'une indigeste soupe moralisatrice nous invitant à comprendre que nous, notre civilisation, ne devons que nous flageller et nous incliner...
L'aspect culture indienne m'a évidemment attiré dans cette Bd qui n'est pas vraiment un western, mais au final, je n'ai pas été réceptif à ce récit qui affiche un côté mystique prononcé avec encore de la magie indienne qui donne un aspect fantastique assez spécial. C'est même assez barré comme sujet ; tout est relié à Wakantanka, mais il y a un mélange de culture aztèque et de culture amérindienne avec les Lakotas et les Wasicu (Blancs), et en plus on nomme les exploits de Sitting Bull !!! alors que ces 2 cultures ne sont pas de la même époque...
J'en déduis que ça doit être encore une uchronie ou un truc dans le genre ; décidément, ce genre me laisse de plus en plus dubitatif, j'en viens à supporter difficilement ces errements scénaristiques d'auteurs qui en croyant dépoussiérer de vieux mythes vont pondre quelque chose d'original, c'est la porte ouverte à des dérives parfois complètement invraisemblables. Bon, tout ça me fait chier grave, j'avoue que cette direction ne m'a pas plu du tout, ça devient de plus en plus foutraque.
En plus, le dessin est difficile à supporter pour moi qui aime le trait bien propre et limpide ; il n'est pas joli, parfois biscornu et pas détaillé...
Même si ça peut donner l'impression de sortir de l'ordinaire pour cette vision de l'univers indien, je ne me retrouve absolument pas dans ce traitement, donc je me suis fait suer à lire les 3 albums pour voir jusqu'où ce délire pouvait aller, et je me rends compte que j'ai encore perdu mon temps pour rien...
Cette sorte d'empire imaginaire au mélange de guerriers (samouraïs et garde rouge qui lorgne vers un genre d'armée slave) aurait sans doute pu présenter de l'intérêt si les auteurs avaient vraiment pris leur Bd au sérieux, car cet univers commence de façon étrange et mystérieuse avec un tome 1 civilisé et assez rigoureux, puis ça vire au brusque changement dans les tomes suivants qui affichent un ton gore avec des découpages au sabre et du charcutage qui peuvent surprendre.
Là-dessus, on a droit à 2 gamines prétentieuses et un peu salopes dans leurs combi moulantes en latex, on se croirait par endroits dans une Bd SM, et Marie est vraiment antipathique, sans compter que son langage ordurier est peu compatible avec cet univers froid dans lequel je n'ai absolument pas pu rentrer ; je n'ai pas vraiment saisi où veulent en venir les auteurs qui produisent une Bd au ton racoleur et qui bascule soudain dans une sorte d'incohérence. En tout cas, je ne vois pas ce qu'il y a de policier là-dedans et je ne sais pas pourquoi le posteur de cette série l'a classée ainsi, ça ressemble beaucoup plus à du fantastique.
La mise en page de Penet est dynamique et agréable, avec des cadrages larges, et son dessin élégant et raffiné qui affiche une certaine esthétique, la colorisation dominée par le rouge et le noir n'est pas mal, mais tout ceci semble dilué par le revirement du scénario qui reste très faible, un peu comme si les auteurs avaient commencé leur Bd et qu'ils n'auraient pas su la conclure ; ça sombre alors dans le n'importe quoi parce qu'il ne se passe plus rien une fois fini le tome 1, donc on s'emmerde. Ainsi ce qui avait commencé de façon académique en laissant un espoir, finit en véritable bouillon de moules...
Je suis pourtant fan des romans graphiques de Andi Watson (notamment Breakfast after noon chez Casterman et Little Star et Slow News Day chez Cà et Là). Je l’avais même interviewé en 2006. Andi revient donc au genre, après un long interlude « jeunesse », et honnêtement ça n’en valait pas vraiment la peine.
L’histoire de « Points de Chute » est d’une banalité affligeante, et nous raconte les déboires sentimentaux de personnages pas spécialement intéressants. C’est du vu et revu, rien dans cet album ne le fait sortir du lot, rien du tout…
Pareil pour le dessin, qui aurait plutôt sa place sur un blog.
Je vois que l’auteur n’a d’ailleurs pas trouvé d’éditeur en Angleterre, son pays d’origine. Et là, tout est dit selon moi. Un album à éviter, même si vous êtes fan du genre ou de l’auteur.
Je crois sincèrement qu'il fallait laisser la série originelle, à savoir L'Epée de Cristal, où elle était. C'est une mauvaise idée que d'assurer sa reprise alors qu'elle fut déjà assez contestée. Certes, il y avait des idées mais une exploitation désastreuse. On se rappelle presque tous que le second cycle s'est terminé par un album marquant la fin de la saga et l'abandon de l'auteur (Crisse).
Là, c'est pire que tout ! On va succomber dans une violence assez inouïe avec un graphisme pourtant assez enfantin. Le public ado risque d'être plutôt dérouté. J'avoue que le récit ne m'a guère passionné car c'est assez confus. En lisant cette BD indigeste, cela peut servir pour comprendre ce qu'est une mauvaise BD. Un exemple à ne pas suivre.
Avec cet amuse-bouche, je reste sur ma faim.
Non pas que je m’attendais à quelque chose d’émoustillant. Mais quand même… Ce collectif d’auteurs, pourtant connus pour la plupart, a du mal à développer quelque chose d’original, convaincant et coordonné autour d’un projet qui laissait place à pas mal de possibilités. C’est purement récréatif du côté des auteurs. Côté lecteur, c’est purement mitigé. A noter que Krassinsky, Arthur de Pins et Thierry Robin tirent leur épingle du jeu. Mais c’est insuffisant et surtout inégal que pour sauver l’ensemble. Bref, une BD "fourre-tout" qui brille par l’absence de cohésion au niveau de la thématique abordée.
Insignifiant.
Comme le posteur précédent, je n'ai pas du tout aimé cette BD.
Les personnages sont tous libidineux, névrosés ou (et) violents s'agitant dans un univers en pleine décadence assez caricatural. Ils évoluent de façon complètement chaotique dans une Rome antique complètement dépourvue d'humanité où le stupre semble être la seule motivation des hommes.
Le scénario part dans tous les sens et je n'ai absolument pas compris où l'auteure voulait emmener le lecteur. Les deux tomes sont très vite lus et n'ont jamais réussi à m’intéresser à l'histoire.
Les dessins ne m'ont pas davantage emballé. Les décors sont minimalistes, les personnages sont raides, moches et continuellement grimaçants et l'action manque singulièrement de fluidité.
A éviter donc.
Je connais Burns de réputation (parce qu'en BD, il faut quand même se tenir au courant), et j'avais essayé de lire Black Hole, je n'avais pas tenu 20 minutes (c'est pourquoi je ne l'ai pas avisé). Etrangement, à ma grande surprise, mais aussi sans doute pris par une curiosité malsaine, j'ai réussi à lire le tome 1 et feuilleter les 2 autres tomes en lisant des bribes de dialogues, mais force est de constater que ce genre de Bd n'est absolument pas pour moi. Et pourtant des Bd complètement zarb, j'en ai lues, mais là je crois que ça bat tous mes records. A la fin j'étais épuisé, lessivé, essoré, étrillé comme jamais je n'ai été. C'est beaucoup trop space.
Je considère Burns comme l'équivalent en papier de Lynch ou Cronenberg, c'est du récit terrifiant rempli de codes et de symboles destinés à stigmatiser les démons intérieurs qui affaiblissent la société américaine, il ne faut pas chercher à tout décrypter à tout prix, il faut aussi laisser le lecteur se faire son propre imaginaire, comme chez Lynch, avec des films comme Lost Highway ou Blue Velvet, ou chez Cronenberg avec des films comme ExistenZ... chez Burns c'est identique, c'est une vertigineuse descente aux enfers, nauséeuse et oppressante, avec des images très malsaines et même dégueu, un goût de l'étrange et du morbide sulfureux, le tout très irrationnel.
Le dessin, cette fois en couleurs vives qui surprennent après le froid clinique de Black Hole, rappelle vaguement une ligne claire enrichie de références tintinesques voulues ou non, qui pourrait donner un côté esthétique, mais il y a trop de trucs dérangeants dans cette Bd, et je suis à la limite du vomissement, je ne comprends déjà pas comment j'ai pu arriver au bout de cette lecture labyrinthique et fantasmagorique, car en BD j'ai besoin de détente et de plaisir, tout en m'interrogeant (comme au ciné d'ailleurs). Or là je n'ai aucun plaisir, c'était juste pour m'essayer à un genre différent, c'est réussi de ce côté , mais jamais plus je ne lirai un truc aussi écoeurant et nauséabond.
Plus connu comme scénariste, notamment pour Pichard, Jacques Lob devient un temps dessinateur et se lance dans le récit humoristique au ton grinçant et érotique soft. Je lisais ces courts récits entre 1975 et 76 dans L'Echo des savanes, et je les trouvais complètement stupides. Relus récemment en bibliothèque dans l'intégrale Cornélius, mon ressenti n'a guère varié.
Si on perçoit un ton sensible et généreux, et une apparente désinvolture, les idées complètement tordues de son personnage Igor qui en plus vit dans ce landau, et le simple fait qu'il asservisse cette pauvre fille trop cruche pour s'en rendre compte, me laisse totalement indifférent. Je trouve cet absurde insignifiant et bêta, et ces excès vraiment trop exagérés ; ils sont assez révélateurs de leur époque de parution, surtout dans L'Echo, aujourd'hui, on n'oserait plus faire ce genre de Bd sans être traité de sexiste, sauf en vraie Bd érotique qui s'assume et qui joue ouvertement la carte du SM pas trop appuyé.
Le côté humoristique et ironique accentué par un dessin au style simple et assez dépouillé peut atténuer l'aspect dramatique de la bande, mais je trouve que ça ne mène à rien, et je n'ai pas envie de voir un nain se moquer d'une cruche gratuitement et sans gêne.
Les autres bandes qui complètent cette intégrale comme Batmax... ne sont pas meilleures et parfois d'un niveau très faible, je préfère nettement Lob en tant que scénariste pour les autres ; seul "Roger Fringant" mérite le détour.
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Prosopopus
Comme tout le monde, j'ai été déstabilisé par cet « ovni ». Si j'ai à peu près compris l'histoire, je n'ai pas saisi où De Crécy veut emmener son lecteur. Je n'ai pas du tout accroché à cet album muet qui multiplie les contrastes et les délires. La lecture est particulièrement laborieuse et la narration plutôt singulière n'aide pas. Je ne suis pas non plus fan des dessins même si le trait de l'auteur est bien original. Il est clair que Prosopopus a des qualités mais je n'ai pas aimé. C'est sans doute trop barré pour moi !
Seuls
Le premier tome fut pour moi une agréable surprise... Dessins simples mais détaillés, une ambiance mystérieuse quoique déjà vue (Lost, Sa majesté des mouches, Timpleback, même 28 jours plus tard...), personnages attachants... Le parti-pris des auteurs est de nous montrer des enfants de toutes origines, dans des proportions qui n'en font pas un instantané de la société, mais passons, pourquoi pas ! Puis, le tome 3... et là, patatras... les auteurs se prennent les pieds dans le tapis ! Voilà Saul ! Saul est fils de riche, donc c'est déjà un petit c.. par essence (notre complexe vis-à-vis de l'argent)... Ensuite il est blanc, mais aussi blond aux yeux bleus... et comme tous les petits c..s de son âge riches et blonds, il a lu Mein Kampf et veut appliquer les théories raciales d'Hitler... MAIS BIEN SÛR ! Et là, on comprend finalement ce que veulent nous donner en pâture les auteurs : sous couvert de personnages effectivement attachants et fouillés, on doit se taper une énième BD donneuse de leçons façonnée au formatage des jeunes esprits. Le courage est l'apanage de Dodji, de Leila, mais les enfants "blancs" n'ont qu'un rôle de demoiselle en détresse ou d'insupportables boulets (Terry, mais quelle tête à claque !). Quand ils ne sont pas simplement racistes. Les familles aux rangs les plus élevés, par exemple, ne sont composées que de blancs... de là à ce qu'ils nous sortent un discours sur l'Apartheid, le pas à franchir n'est pas loin. Le conformisme de ce parti-pris confine au ridicule quand on prend comme modèle culturel pour notre nemesis une guerre à peine évoquée avant la 4e, là où les auteurs auraient pu être courageux en prenant parti contre les intégrismes contemporains ! Ils auraient pu parler de l'intégrisme islamiste subtilement, sans faire de la parodie à la moraline vue et revue et en choisissant un autre personnage que ce calque standard du boche qu'est Saul ! Mais non, ils choisissent même de caresser ce dogme en introduisant une petite fille voilée de 7-8 ans, dont on connait la capacité de réflexion et de recul par rapport aux concepts liés à l'inaltérabilité de l'âme, la relation à Dieu et qui peut donc choisir consciemment ce vêtement. Seuls, en définitive, commence à traîner en longueur, avec ce dernier tome que l'on attend depuis presque 3 ans, il ne fait qu'enfoncer des portes ouvertes et veut simplement nous "éduquer" dans le sens de la pensée unique admise... Je suis déçu de cette bonne surprise qui s'avère n'être, au final, qu'une indigeste soupe moralisatrice nous invitant à comprendre que nous, notre civilisation, ne devons que nous flageller et nous incliner...
La Danse du temps
L'aspect culture indienne m'a évidemment attiré dans cette Bd qui n'est pas vraiment un western, mais au final, je n'ai pas été réceptif à ce récit qui affiche un côté mystique prononcé avec encore de la magie indienne qui donne un aspect fantastique assez spécial. C'est même assez barré comme sujet ; tout est relié à Wakantanka, mais il y a un mélange de culture aztèque et de culture amérindienne avec les Lakotas et les Wasicu (Blancs), et en plus on nomme les exploits de Sitting Bull !!! alors que ces 2 cultures ne sont pas de la même époque... J'en déduis que ça doit être encore une uchronie ou un truc dans le genre ; décidément, ce genre me laisse de plus en plus dubitatif, j'en viens à supporter difficilement ces errements scénaristiques d'auteurs qui en croyant dépoussiérer de vieux mythes vont pondre quelque chose d'original, c'est la porte ouverte à des dérives parfois complètement invraisemblables. Bon, tout ça me fait chier grave, j'avoue que cette direction ne m'a pas plu du tout, ça devient de plus en plus foutraque. En plus, le dessin est difficile à supporter pour moi qui aime le trait bien propre et limpide ; il n'est pas joli, parfois biscornu et pas détaillé... Même si ça peut donner l'impression de sortir de l'ordinaire pour cette vision de l'univers indien, je ne me retrouve absolument pas dans ce traitement, donc je me suis fait suer à lire les 3 albums pour voir jusqu'où ce délire pouvait aller, et je me rends compte que j'ai encore perdu mon temps pour rien...
Marie des loups
Cette sorte d'empire imaginaire au mélange de guerriers (samouraïs et garde rouge qui lorgne vers un genre d'armée slave) aurait sans doute pu présenter de l'intérêt si les auteurs avaient vraiment pris leur Bd au sérieux, car cet univers commence de façon étrange et mystérieuse avec un tome 1 civilisé et assez rigoureux, puis ça vire au brusque changement dans les tomes suivants qui affichent un ton gore avec des découpages au sabre et du charcutage qui peuvent surprendre. Là-dessus, on a droit à 2 gamines prétentieuses et un peu salopes dans leurs combi moulantes en latex, on se croirait par endroits dans une Bd SM, et Marie est vraiment antipathique, sans compter que son langage ordurier est peu compatible avec cet univers froid dans lequel je n'ai absolument pas pu rentrer ; je n'ai pas vraiment saisi où veulent en venir les auteurs qui produisent une Bd au ton racoleur et qui bascule soudain dans une sorte d'incohérence. En tout cas, je ne vois pas ce qu'il y a de policier là-dedans et je ne sais pas pourquoi le posteur de cette série l'a classée ainsi, ça ressemble beaucoup plus à du fantastique. La mise en page de Penet est dynamique et agréable, avec des cadrages larges, et son dessin élégant et raffiné qui affiche une certaine esthétique, la colorisation dominée par le rouge et le noir n'est pas mal, mais tout ceci semble dilué par le revirement du scénario qui reste très faible, un peu comme si les auteurs avaient commencé leur Bd et qu'ils n'auraient pas su la conclure ; ça sombre alors dans le n'importe quoi parce qu'il ne se passe plus rien une fois fini le tome 1, donc on s'emmerde. Ainsi ce qui avait commencé de façon académique en laissant un espoir, finit en véritable bouillon de moules...
Points de Chute
Je suis pourtant fan des romans graphiques de Andi Watson (notamment Breakfast after noon chez Casterman et Little Star et Slow News Day chez Cà et Là). Je l’avais même interviewé en 2006. Andi revient donc au genre, après un long interlude « jeunesse », et honnêtement ça n’en valait pas vraiment la peine. L’histoire de « Points de Chute » est d’une banalité affligeante, et nous raconte les déboires sentimentaux de personnages pas spécialement intéressants. C’est du vu et revu, rien dans cet album ne le fait sortir du lot, rien du tout… Pareil pour le dessin, qui aurait plutôt sa place sur un blog. Je vois que l’auteur n’a d’ailleurs pas trouvé d’éditeur en Angleterre, son pays d’origine. Et là, tout est dit selon moi. Un album à éviter, même si vous êtes fan du genre ou de l’auteur.
Le Monde de l'Epée de Cristal
Je crois sincèrement qu'il fallait laisser la série originelle, à savoir L'Epée de Cristal, où elle était. C'est une mauvaise idée que d'assurer sa reprise alors qu'elle fut déjà assez contestée. Certes, il y avait des idées mais une exploitation désastreuse. On se rappelle presque tous que le second cycle s'est terminé par un album marquant la fin de la saga et l'abandon de l'auteur (Crisse). Là, c'est pire que tout ! On va succomber dans une violence assez inouïe avec un graphisme pourtant assez enfantin. Le public ado risque d'être plutôt dérouté. J'avoue que le récit ne m'a guère passionné car c'est assez confus. En lisant cette BD indigeste, cela peut servir pour comprendre ce qu'est une mauvaise BD. Un exemple à ne pas suivre.
Amuse bouche
Avec cet amuse-bouche, je reste sur ma faim. Non pas que je m’attendais à quelque chose d’émoustillant. Mais quand même… Ce collectif d’auteurs, pourtant connus pour la plupart, a du mal à développer quelque chose d’original, convaincant et coordonné autour d’un projet qui laissait place à pas mal de possibilités. C’est purement récréatif du côté des auteurs. Côté lecteur, c’est purement mitigé. A noter que Krassinsky, Arthur de Pins et Thierry Robin tirent leur épingle du jeu. Mais c’est insuffisant et surtout inégal que pour sauver l’ensemble. Bref, une BD "fourre-tout" qui brille par l’absence de cohésion au niveau de la thématique abordée. Insignifiant.
La Lionne
Comme le posteur précédent, je n'ai pas du tout aimé cette BD. Les personnages sont tous libidineux, névrosés ou (et) violents s'agitant dans un univers en pleine décadence assez caricatural. Ils évoluent de façon complètement chaotique dans une Rome antique complètement dépourvue d'humanité où le stupre semble être la seule motivation des hommes. Le scénario part dans tous les sens et je n'ai absolument pas compris où l'auteure voulait emmener le lecteur. Les deux tomes sont très vite lus et n'ont jamais réussi à m’intéresser à l'histoire. Les dessins ne m'ont pas davantage emballé. Les décors sont minimalistes, les personnages sont raides, moches et continuellement grimaçants et l'action manque singulièrement de fluidité. A éviter donc.
Toxic / La Ruche / Calavera
Je connais Burns de réputation (parce qu'en BD, il faut quand même se tenir au courant), et j'avais essayé de lire Black Hole, je n'avais pas tenu 20 minutes (c'est pourquoi je ne l'ai pas avisé). Etrangement, à ma grande surprise, mais aussi sans doute pris par une curiosité malsaine, j'ai réussi à lire le tome 1 et feuilleter les 2 autres tomes en lisant des bribes de dialogues, mais force est de constater que ce genre de Bd n'est absolument pas pour moi. Et pourtant des Bd complètement zarb, j'en ai lues, mais là je crois que ça bat tous mes records. A la fin j'étais épuisé, lessivé, essoré, étrillé comme jamais je n'ai été. C'est beaucoup trop space. Je considère Burns comme l'équivalent en papier de Lynch ou Cronenberg, c'est du récit terrifiant rempli de codes et de symboles destinés à stigmatiser les démons intérieurs qui affaiblissent la société américaine, il ne faut pas chercher à tout décrypter à tout prix, il faut aussi laisser le lecteur se faire son propre imaginaire, comme chez Lynch, avec des films comme Lost Highway ou Blue Velvet, ou chez Cronenberg avec des films comme ExistenZ... chez Burns c'est identique, c'est une vertigineuse descente aux enfers, nauséeuse et oppressante, avec des images très malsaines et même dégueu, un goût de l'étrange et du morbide sulfureux, le tout très irrationnel. Le dessin, cette fois en couleurs vives qui surprennent après le froid clinique de Black Hole, rappelle vaguement une ligne claire enrichie de références tintinesques voulues ou non, qui pourrait donner un côté esthétique, mais il y a trop de trucs dérangeants dans cette Bd, et je suis à la limite du vomissement, je ne comprends déjà pas comment j'ai pu arriver au bout de cette lecture labyrinthique et fantasmagorique, car en BD j'ai besoin de détente et de plaisir, tout en m'interrogeant (comme au ciné d'ailleurs). Or là je n'ai aucun plaisir, c'était juste pour m'essayer à un genre différent, c'est réussi de ce côté , mais jamais plus je ne lirai un truc aussi écoeurant et nauséabond.
L'Homme au landau
Plus connu comme scénariste, notamment pour Pichard, Jacques Lob devient un temps dessinateur et se lance dans le récit humoristique au ton grinçant et érotique soft. Je lisais ces courts récits entre 1975 et 76 dans L'Echo des savanes, et je les trouvais complètement stupides. Relus récemment en bibliothèque dans l'intégrale Cornélius, mon ressenti n'a guère varié. Si on perçoit un ton sensible et généreux, et une apparente désinvolture, les idées complètement tordues de son personnage Igor qui en plus vit dans ce landau, et le simple fait qu'il asservisse cette pauvre fille trop cruche pour s'en rendre compte, me laisse totalement indifférent. Je trouve cet absurde insignifiant et bêta, et ces excès vraiment trop exagérés ; ils sont assez révélateurs de leur époque de parution, surtout dans L'Echo, aujourd'hui, on n'oserait plus faire ce genre de Bd sans être traité de sexiste, sauf en vraie Bd érotique qui s'assume et qui joue ouvertement la carte du SM pas trop appuyé. Le côté humoristique et ironique accentué par un dessin au style simple et assez dépouillé peut atténuer l'aspect dramatique de la bande, mais je trouve que ça ne mène à rien, et je n'ai pas envie de voir un nain se moquer d'une cruche gratuitement et sans gêne. Les autres bandes qui complètent cette intégrale comme Batmax... ne sont pas meilleures et parfois d'un niveau très faible, je préfère nettement Lob en tant que scénariste pour les autres ; seul "Roger Fringant" mérite le détour.