Tout d'abord, en ce qui me concerne, j'aime bien le dessin. J'aime bien le "décalage" entre un décor très réaliste et des personnages plus épurés, plus anguleux. A mes yeux, cela favorise une bonne narration et une bonne "compréhension" des images et des actions.
Ensuite, je trouve le postulat de base de cette BD original, pas tant pour l'idée du pouvoir du "phénomène" car c'est un fantasme courant que de pouvoir stopper le temps et faire ce qu'on veut entretemps, mais surtout parce que les auteurs sont allés à fond dans cette idée et en ont exploité presque toutes les possibilités et réflexions associées : avantages, inconvénients, particularités, idées originales, etc. Partant sur un "phénomène" totalement irréaliste, ils ont su donner une cohérence complète à l'histoire et à ce qu'il se passe : à aucun moment, je ne me suis dit "mais qu'il est con, le héros de cette BD : avec les pouvoirs ilimités qu'il a, il pourrait faire ci ou ça au lieu de faire ce qu'il fait". Non, car tout ce à quoi j'aurais pensé à sa place, il l'a fait parce que les auteurs y ont pensé aussi.
En outre, je trouve la fin très originale, à tel point que je me demande franchement ce que le scénariste va inventer s'il veut vraiment donner une suite à cette histoire comme ça a l'air prévu.
Alors pourquoi seulement pas mal ? Eh bien parce que déjà je n'aime pas trop les histoires de super pouvoirs : je trouve que c'est un postulat trop facile pour un scénario de BD. Et puis disons que malgré l'originalité et la cohérence de tout ce récit, je n'ai jamais vraiment accroché à l'histoire. Ca ne m'a pas touché, et je ne me suis à aucun moment senti proche du héros.
Ceci dit, j'attends de voir la suite avec beaucoup de curiosité.
Parmi les raisons qui font que l’humour de Reiser ne fait pas marrer tout le monde, il y a le fait que pas mal de ses gags étaient liés à l’actualité de l’époque ; or l’époque en question remonte à 25-30 ans, donc forcément, aujourd’hui, ça peut paraître daté. Mais Mon Papa, contrairement aux Années Reiser, est un album qu’on peut considérer « intemporel » de par les sujets qu’il aborde, l’alcoolisme et le chômage en tête. Le trait rappelle un Sempé en plus simplet et un petit peu plus crado (mais pas tant que ça, on n’est pas dans Gros Dégueulasse non plus), ce qui fait que Mon Papa a parfois de faux airs de Petit Nicolas version trash. C’est très, très noir et ceux qui estiment qu’on ne peut pas rire de tout risquent d’être choqués face à cet humour corrosif et sans tabou dans lequel Reiser excellait, avec lequel il montrait l’horreur banale et quotidienne dans toute son absurdité (putain, j’en sors de beaux clichés, moi, quand je m’y mets).
Pour ceux que les gags disons « limites » ne rebutent pas, en revanche, Mon Papa contient de petits chef-d’œuvres d’humour noir à ne pas manquer (je crois que mon préféré est l’affreux « On joue au cheval ? », vous m’en direz des nouvelles).
Bon, je me répète mais y en a qui aiment le dessin de Reiser, mais pas moi.
Et là, il est utilisé pour illustrer des blagues de Coluche. Alors oui, ce sont des bonnes blagues, mais quand on connaît Coluche, on les connait déjà. Alors en le lisant à l'instant, j'ai trouvé UNE blague que je ne connaissais pas et qui m'a fait rire, mais tout le reste, je l'ai passé vite fait car déjà entendu.
Alors bon, payer aussi cher pour voir illuster d'une manière que je n'aime pas des blagues que je connais déjà, bof bof...
Je vois ci-dessous que beaucoup adorent Reiser et son humour. Ben... Ce n'est pas le cas de tout le monde.
Déjà, son dessin ne me plaît pas, mais bon, ce n'est pas l'idée : ce qui compte, c'est l'humour ici, c'est tout.
Et justement, cet humour ne m'intéresse pas et ne me fait pas rire. Je suis très peu accroché par l'humour en rapport avec l'actualité et la vie sociale ou générale des français. Or là, en plus, il s'agit d'une actualité que je trouve dépassée (pas toujours, ok) mais surtout traitée avec une dérision et un humour qui personnellement ne me touchent pas.
Je ne suis donc pas client, désolé.
Quand j'ai vu ce premier tome, je n'ai pas tout de suite réalisé que ce n'était pas la série 666 que je voyais là, mais une "nouvelle" série : "6666", d'où la nuance.
Alors, après Lanfeust dans les Etoiles, voilà le Père Carmody dans les Etoiles ! On prend les mêmes, on leur donne une flotte de vaisseaux spatiaux, et on recommence.
Alors, j'ai trouvé ça moins gore, car il n'y avait plus cette armée de démons, juste Lilith et sa petite escorte. Et soit je me suis habitué, soit il y aussi moins de cul (enfin légèrement moins puisque toutes les filles sont canons avec de gros seins et tout et tout, et se balladent toutes en tenue sado-maso). J'ai trouvé aussi moins d'humour que dans la première série.
Mauvais départ donc, d'autant plus que de toute manière je n'avais pas aimé la première série.
Bref, une énorme impression de déjà vu et de suite purement commerciale.
J'ai passé un excellent moment en lisant cette BD.
On suit l'histoire du petit Jean, dont le cauchemar débute à son entrée au phalanstère, qu'il va petit a petit explorer, perçant ainsi les mystères de son univers froid, lugubre et sombre.
J'ai adoré le dessin de Bouillez (en noir et blanc), qui correspond parfaitement au scénario de Corbeyran, les décors me rappellent ceux de "L'Etrange Noël de Monsieur Jack" de Tim Burton et le personnage principal, "Vincent", toujours de Tim Burton.
Une histoire noire, dure, pleine de touille ;) et sans happy end, mais qu'est-ce que c'est bon!
Dans la lignée des délires complets et adultes de "Raah-Lovely", Gotlib s'en donne à coeur joie ici pour partir en live sur des sujets tels que la mode, la musique pop, le sexe, et heu... légèrement le scoutisme aussi. :)
Certains gags sont hilarants en eux-mêmes, d'autres le sont d'autant plus quand on voit à quoi ils font référence. Car en effet, cette série est sans doute celle de Gtlib que je trouve la plus ancrée dans son époque : elle est bourrée de références musicales de la fin des sixites, début seventies. Tout l'ambiance sixante-huitarde avec ses pétards et sa "musique pop" y est, et c'est là-dessus que justement se font tous les délires, tous les pastiches, l'humour absurde, etc. Résultat, moi qui ne connaît qu'une partie de ces références, je n'ai pas toujours rigolé. Et je crains qu'un jeune lecteur passe largement à côté de ces parodies, pastiches et autres références à une époque.
L'idée de départ (de jolies filles passent du café en contrebande en le cachant dans leur corsage) est très sympathique, mais le reste de cette histoire est à la fois trop rempli et pas assez. Je m'explique : d'un côté il se passe plein de choses (une histoire d'amour, une histoire d'enfant "sans père", l'occupation allemande, une histoire de fugitif...), et en même temps tous ces éléments sont très très classiques. Bon, ça ne les rend pas moins intéressants, certes, mais vouloir tous les mettre comme ça en deux tomes donne une impression continue de déjà-vu pas très engageante.
Ceci dit, j'aime bien les histoires d'amours et d'aventures, je me laisse prendre au jeu même si je sais déjà comment ça va finir, et j'aime beaucoup les dessins de Servais. Mais je ne peux m'empêcher de penser que la même idée traitée plus simplement aurait finallement été plus riche, et c'est dommage.
Pas mon préféré de "La Mémoire des arbres", mais assez intéressant pour la psychologie de ses personnages : l'héroïne rêve, non pas du prince charmant, mais d'un chef de bande dont la brutalité même la fascine. Et elle grandit sans perdre cette fascination. Et la BD est très bien faite dans le sens où on sent cet aspect de son personnage, cette folie sous-jacente, mais elle n'est que suggérée sous un aspect plus équilibré, donc on est toujours à se demander si c'est nous, lecteurs, qui nous imaginons des choses ou si c'est elle qui est réellement folle, et jusqu'où cela va la conduire.
Le risque d'un tel récit, c'est que la fin se révèle décevante, mais là, Servais fait passer l'interrogation de la mère vers la fille, ce qui soutient l'intérêt jusqu'à la dernière case.
Le tout est très bien servi par un dessin que j'aprécie beaucoup. Sevais sait faire ressortir tout le charme parfois inquiétant des forêts, avec beaucoup de réalisme et de mystère à la fois.
Pas mal, mais j'avoue qu'après les avis dithyrmanbiques de ci-dessous, je m'attendais à largement mieux.
Commençons par le dessin. C'est du Tronchet typique, proche d'un "Jean-Claude Tergal", quoiqu'en plus sérieux. Ce n'est pas un dessin que j'adore vraiment, mais il n'est pas désagréable, et je trouve la mise en couleur très jolie ici.
Ensuite, le scénario, c'est clair qu'il y a de l'idée, voire des idées, beaucoup d'idées. Mais le long des deux tomes, je trouve que ces idées se répètent un peu : dès le début, on a assez bien compris le contexte et ensuite, ça devient un peu la continuité de l'idée de départ, avec quelques petites trouvailles en plus.
Côté intrigue, c'est bateau, je trouve. C'est un remake de "1984" avec l'homme qui tombe amoureux d'une femme et tout deux se retrouvent en rébellion face à une société fasciste un peu particulière. Mais bon, ça se lit.
Et côté humour, j'avoue avoir rarement véritablement ri voire souri. J'ai bien apprécié le coup des deux chiens qui obligent à jouer au ni oui ni non, ainsi que la déclaration d'amour de l'adjoint du chef de la police, mais sinon, le reste ne m'a pas franchement égayé.
Et comme le tout ne m'a pas vraiment fait refléchir ni ressentir grand chose, je suis un peu déçu.
Ce n'est pas une mauvaise BD, non. A nouveau, l'idée est très bonne. Mais je n'ai pas éprouvé tant de plaisir à la lecture et ne pense pas le relire.
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Phenomenum
Tout d'abord, en ce qui me concerne, j'aime bien le dessin. J'aime bien le "décalage" entre un décor très réaliste et des personnages plus épurés, plus anguleux. A mes yeux, cela favorise une bonne narration et une bonne "compréhension" des images et des actions. Ensuite, je trouve le postulat de base de cette BD original, pas tant pour l'idée du pouvoir du "phénomène" car c'est un fantasme courant que de pouvoir stopper le temps et faire ce qu'on veut entretemps, mais surtout parce que les auteurs sont allés à fond dans cette idée et en ont exploité presque toutes les possibilités et réflexions associées : avantages, inconvénients, particularités, idées originales, etc. Partant sur un "phénomène" totalement irréaliste, ils ont su donner une cohérence complète à l'histoire et à ce qu'il se passe : à aucun moment, je ne me suis dit "mais qu'il est con, le héros de cette BD : avec les pouvoirs ilimités qu'il a, il pourrait faire ci ou ça au lieu de faire ce qu'il fait". Non, car tout ce à quoi j'aurais pensé à sa place, il l'a fait parce que les auteurs y ont pensé aussi. En outre, je trouve la fin très originale, à tel point que je me demande franchement ce que le scénariste va inventer s'il veut vraiment donner une suite à cette histoire comme ça a l'air prévu. Alors pourquoi seulement pas mal ? Eh bien parce que déjà je n'aime pas trop les histoires de super pouvoirs : je trouve que c'est un postulat trop facile pour un scénario de BD. Et puis disons que malgré l'originalité et la cohérence de tout ce récit, je n'ai jamais vraiment accroché à l'histoire. Ca ne m'a pas touché, et je ne me suis à aucun moment senti proche du héros. Ceci dit, j'attends de voir la suite avec beaucoup de curiosité.
Mon Papa
Parmi les raisons qui font que l’humour de Reiser ne fait pas marrer tout le monde, il y a le fait que pas mal de ses gags étaient liés à l’actualité de l’époque ; or l’époque en question remonte à 25-30 ans, donc forcément, aujourd’hui, ça peut paraître daté. Mais Mon Papa, contrairement aux Années Reiser, est un album qu’on peut considérer « intemporel » de par les sujets qu’il aborde, l’alcoolisme et le chômage en tête. Le trait rappelle un Sempé en plus simplet et un petit peu plus crado (mais pas tant que ça, on n’est pas dans Gros Dégueulasse non plus), ce qui fait que Mon Papa a parfois de faux airs de Petit Nicolas version trash. C’est très, très noir et ceux qui estiment qu’on ne peut pas rire de tout risquent d’être choqués face à cet humour corrosif et sans tabou dans lequel Reiser excellait, avec lequel il montrait l’horreur banale et quotidienne dans toute son absurdité (putain, j’en sors de beaux clichés, moi, quand je m’y mets). Pour ceux que les gags disons « limites » ne rebutent pas, en revanche, Mon Papa contient de petits chef-d’œuvres d’humour noir à ne pas manquer (je crois que mon préféré est l’affreux « On joue au cheval ? », vous m’en direz des nouvelles).
Y'en aura pour tout le monde
Bon, je me répète mais y en a qui aiment le dessin de Reiser, mais pas moi. Et là, il est utilisé pour illustrer des blagues de Coluche. Alors oui, ce sont des bonnes blagues, mais quand on connaît Coluche, on les connait déjà. Alors en le lisant à l'instant, j'ai trouvé UNE blague que je ne connaissais pas et qui m'a fait rire, mais tout le reste, je l'ai passé vite fait car déjà entendu. Alors bon, payer aussi cher pour voir illuster d'une manière que je n'aime pas des blagues que je connais déjà, bof bof...
Les Années Reiser
Je vois ci-dessous que beaucoup adorent Reiser et son humour. Ben... Ce n'est pas le cas de tout le monde. Déjà, son dessin ne me plaît pas, mais bon, ce n'est pas l'idée : ce qui compte, c'est l'humour ici, c'est tout. Et justement, cet humour ne m'intéresse pas et ne me fait pas rire. Je suis très peu accroché par l'humour en rapport avec l'actualité et la vie sociale ou générale des français. Or là, en plus, il s'agit d'une actualité que je trouve dépassée (pas toujours, ok) mais surtout traitée avec une dérision et un humour qui personnellement ne me touchent pas. Je ne suis donc pas client, désolé.
6666
Quand j'ai vu ce premier tome, je n'ai pas tout de suite réalisé que ce n'était pas la série 666 que je voyais là, mais une "nouvelle" série : "6666", d'où la nuance. Alors, après Lanfeust dans les Etoiles, voilà le Père Carmody dans les Etoiles ! On prend les mêmes, on leur donne une flotte de vaisseaux spatiaux, et on recommence. Alors, j'ai trouvé ça moins gore, car il n'y avait plus cette armée de démons, juste Lilith et sa petite escorte. Et soit je me suis habitué, soit il y aussi moins de cul (enfin légèrement moins puisque toutes les filles sont canons avec de gros seins et tout et tout, et se balladent toutes en tenue sado-maso). J'ai trouvé aussi moins d'humour que dans la première série. Mauvais départ donc, d'autant plus que de toute manière je n'avais pas aimé la première série. Bref, une énorme impression de déjà vu et de suite purement commerciale.
Le phalanstère du bout du monde
J'ai passé un excellent moment en lisant cette BD. On suit l'histoire du petit Jean, dont le cauchemar débute à son entrée au phalanstère, qu'il va petit a petit explorer, perçant ainsi les mystères de son univers froid, lugubre et sombre. J'ai adoré le dessin de Bouillez (en noir et blanc), qui correspond parfaitement au scénario de Corbeyran, les décors me rappellent ceux de "L'Etrange Noël de Monsieur Jack" de Tim Burton et le personnage principal, "Vincent", toujours de Tim Burton. Une histoire noire, dure, pleine de touille ;) et sans happy end, mais qu'est-ce que c'est bon!
Hamster Jovial
Dans la lignée des délires complets et adultes de "Raah-Lovely", Gotlib s'en donne à coeur joie ici pour partir en live sur des sujets tels que la mode, la musique pop, le sexe, et heu... légèrement le scoutisme aussi. :) Certains gags sont hilarants en eux-mêmes, d'autres le sont d'autant plus quand on voit à quoi ils font référence. Car en effet, cette série est sans doute celle de Gtlib que je trouve la plus ancrée dans son époque : elle est bourrée de références musicales de la fin des sixites, début seventies. Tout l'ambiance sixante-huitarde avec ses pétards et sa "musique pop" y est, et c'est là-dessus que justement se font tous les délires, tous les pastiches, l'humour absurde, etc. Résultat, moi qui ne connaît qu'une partie de ces références, je n'ai pas toujours rigolé. Et je crains qu'un jeune lecteur passe largement à côté de ces parodies, pastiches et autres références à une époque.
Les Seins de Café
L'idée de départ (de jolies filles passent du café en contrebande en le cachant dans leur corsage) est très sympathique, mais le reste de cette histoire est à la fois trop rempli et pas assez. Je m'explique : d'un côté il se passe plein de choses (une histoire d'amour, une histoire d'enfant "sans père", l'occupation allemande, une histoire de fugitif...), et en même temps tous ces éléments sont très très classiques. Bon, ça ne les rend pas moins intéressants, certes, mais vouloir tous les mettre comme ça en deux tomes donne une impression continue de déjà-vu pas très engageante. Ceci dit, j'aime bien les histoires d'amours et d'aventures, je me laisse prendre au jeu même si je sais déjà comment ça va finir, et j'aime beaucoup les dessins de Servais. Mais je ne peux m'empêcher de penser que la même idée traitée plus simplement aurait finallement été plus riche, et c'est dommage.
La Belle Coquetière
Pas mon préféré de "La Mémoire des arbres", mais assez intéressant pour la psychologie de ses personnages : l'héroïne rêve, non pas du prince charmant, mais d'un chef de bande dont la brutalité même la fascine. Et elle grandit sans perdre cette fascination. Et la BD est très bien faite dans le sens où on sent cet aspect de son personnage, cette folie sous-jacente, mais elle n'est que suggérée sous un aspect plus équilibré, donc on est toujours à se demander si c'est nous, lecteurs, qui nous imaginons des choses ou si c'est elle qui est réellement folle, et jusqu'où cela va la conduire. Le risque d'un tel récit, c'est que la fin se révèle décevante, mais là, Servais fait passer l'interrogation de la mère vers la fille, ce qui soutient l'intérêt jusqu'à la dernière case. Le tout est très bien servi par un dessin que j'aprécie beaucoup. Sevais sait faire ressortir tout le charme parfois inquiétant des forêts, avec beaucoup de réalisme et de mystère à la fois.
Houppeland
Pas mal, mais j'avoue qu'après les avis dithyrmanbiques de ci-dessous, je m'attendais à largement mieux. Commençons par le dessin. C'est du Tronchet typique, proche d'un "Jean-Claude Tergal", quoiqu'en plus sérieux. Ce n'est pas un dessin que j'adore vraiment, mais il n'est pas désagréable, et je trouve la mise en couleur très jolie ici. Ensuite, le scénario, c'est clair qu'il y a de l'idée, voire des idées, beaucoup d'idées. Mais le long des deux tomes, je trouve que ces idées se répètent un peu : dès le début, on a assez bien compris le contexte et ensuite, ça devient un peu la continuité de l'idée de départ, avec quelques petites trouvailles en plus. Côté intrigue, c'est bateau, je trouve. C'est un remake de "1984" avec l'homme qui tombe amoureux d'une femme et tout deux se retrouvent en rébellion face à une société fasciste un peu particulière. Mais bon, ça se lit. Et côté humour, j'avoue avoir rarement véritablement ri voire souri. J'ai bien apprécié le coup des deux chiens qui obligent à jouer au ni oui ni non, ainsi que la déclaration d'amour de l'adjoint du chef de la police, mais sinon, le reste ne m'a pas franchement égayé. Et comme le tout ne m'a pas vraiment fait refléchir ni ressentir grand chose, je suis un peu déçu. Ce n'est pas une mauvaise BD, non. A nouveau, l'idée est très bonne. Mais je n'ai pas éprouvé tant de plaisir à la lecture et ne pense pas le relire.