Les derniers avis (114181 avis)

Par Cassidy
Note: 2/5
Couverture de la série DareDevil - Sous l'aile du Diable (cycle Smith et Quesada)
DareDevil - Sous l'aile du Diable (cycle Smith et Quesada)

J’avoue que j’attendais mieux de la part de Kevin Smith pour sa participation à la série "DareDevil"… Habituellement assez rigolo et original au cinéma comme en BD, il n’est ici ni l’un ni l’autre et fait surtout parler ici un aspect moins marrant de sa personnalité : son côté bon chrétien pas intégriste mais assez prêchi-prêcheur quand même, déjà apparent dans son film Dogma. Le personnage de DareDevil est ici utilisé pour faire passer le message « Même si la vie te chie quotidiennement sur la tête depuis que t’es né et que ça te donne envie de penser que Dieu n’existe pas ou alors qu’il se fout bien de ta gueule, il faut continuer à croire en lui et à le prier, parce que… ben, euh… parce que c’est comme ça, c’est tout». Je vous l’avoue : si dans Dogma, les leçons de catéchisme étaient rendues moins indigestes par leur assaisonnement à base de blagues de cul et de blagues pipi-caca, ce "DareDevil" par contre manque hélas cruellement d’humour. Le scénario est quant à lui calqué sur celui d’un vieille histoire de Frank Miller ("DareDevil : Renaissance") dans lequel le héros voyait sa vie s’écrouler autour de lui morceau par morceau et se retrouvait au bord de la folie, soit la même chose qu’ici. Le traitement de l’idée est hélas beaucoup moins intéressant dans "Sous l’aile du Diable". Faire intervenir Docteur Strange et le démon Méphisto dans une histoire se voulant empreinte de réalisme noir, c’était peut-être pas une bonne idée... A part ça, c’est bavard (comme toujours avec le personnage de DareDevil, remarquez), le dessin a la pêche mais pas beaucoup de personnalité… De la série B peu palpitante, voire carrément ennuyeuse.

25/02/2004 (modifier)
Par Cassidy
Note: 3/5
Couverture de la série Ronin
Ronin

Sympathique initiative de la part de Semic que de rééditer cette série vieille de 20 ans et dont la première version française, parue chez Zenda, est introuvable depuis fort longtemps. Ronin fut la première création originale de Frank Miller qui n’avait jusqu’alors travaillé que sur des séries et personnages déjà existants, notamment DareDevil. Ronin puise son inspiration dans les mangas et les univers S.-F. de Philip K. Dick, même si au départ c’est surtout la première influence qui est visible. C’est d’ailleurs ce qui est assez fâcheux avec cette BD : elle met du temps à décoller, au départ on a même l’impression que Miller ne sait pas exactement où il veut aller, et qu’il improvise un peu en route (la disparition soudaine du personnage du hippie, par exemple, est à mon avis typique de ce côté "bon, finalement, cette idée-là, je sais pas trop quoi en faire, alors je vire ni vu ni connu"). Pendant une bonne moitié de l’histoire, on a quand même un peu l’impression d’avoir affaire à de la série Z… le coup du samouraï et du démon projetés dans le futur par magie, franchement, au départ ça m’a laissé sceptique. Et puis de fil en aiguille, on se rend compte qu’en fait… Enfin bon, je voudrais pas trop dévoiler l’intrigue, mais disons qu’on s’éloigne de "Shaolin Ninja contre les Robots de l’Espace" pour entrer dans une thématique plus "dickienne" (de Philip K. Dick, hein, pas de Dick Rivers ; n’allez pas vous imaginer que le Ronin se met soudain à chanter "Est-ce que tu le sais ?" pour effrayer ses adversaires). Cela étant dit, si le scénario est donc moins nanaresque qu’il n’y paraît de prime abord, ce n’est quand même pas non plus un chef-d’œuvre : outre, donc, le fait qu’il mette trop de temps à dévoiler sa vraie nature (un peu de suspense et un retournement de situation surprise, c’est bien, mais s’il y a trop d’attente, ça devient aussi chiant que le film Sixième Sens avec Bruce Willis), il faut ajouter qu’il utilise quand même beaucoup de lieux communs de la science-fiction (comme le super-ordinateur qui échappe au contrôle de ses créateurs pour n’en citer qu’un), qu’il y a des longueurs, et que le propos général est un peu noyé sous une abondance de combats et un dessin surchargé. Autant dire que "Ronin" ne passionnera pas forcément le lecteur moyen. En revanche, pour les fans de Frank Miller, et ils sont relativement nombreux, cet BD revêt un intérêt historique non négligeable. Ronin rassemble en effet à peu près tous les ingrédients qui constitueront par la suite l’univers de Miller, ses personnages, ses thèmes, et on s’amusera à y reconnaître tous les petits trucs qu’il réutilisera par la suite dans ses autres séries ("oh, le hippie, là, on dirait le Green Arrow de Dark Knight !", "Oh, un gang de néo-nazis SM, il a refait les mêmes dans Martha Washington !". Au menu, donc, ultraviolence stylisée, héros invincible physiquement mais instable psychologiquement (Dark Knight, Elektra, Sin City, Hard Boiled), héroïne sexy et redoutable (Elektra, Sin City), peur d’une troisième guerre mondiale apocalyptique (Dark Knight, Martha Washington), manipulation mentale (Elektra, Hard Boiled, Bad Boy), dangers de la technologies et des ordinateurs trop autonomes et intelligents (Martha Washington), etc… Le personnage de Casey McKenna, jeune militaire obstinée et légèrement indisciplinée, préfigure celui de Martha Washington ; le démon Agat est proche de La Bête dans Elektra ; l’ordinateur féminin tout-puissant se retrouve dans Martha Washington, et j’en passe… Bon, du coup, vous me direz "ah mais alors en fait, il ne fait que ressasser les mêmes choses depuis 20 ans !", mais quand c’est un cinéaste qui fait ça, on dit qu’il "revisite son univers" et que c’est génial, alors pourquoi jeter la pierre à Miller d’en faire autant ? Bon, au final, donc, c’est une BD sans grand génie, loin de valoir ce que Miller a fait de mieux, mais les fans de l’auteur devrait quand même y trouver leur compte. Les autres ne sont pas obligés de jeter un œil dessus, à moins d’être passionnés par les histoires de samouraïs.

24/02/2004 (modifier)
Par Pierig
Note: 3/5
Couverture de la série Luuna
Luuna

Une première lecture du tome 1 il y a quelques temps m'avait laissé sur une impression plutôt mitigée, voire même négative. J'ai eu l'occasion récemment de relire le premier tome et le deuxième dans la foulée. L'impression mitigée de départ reste mais avec quelques nuances cependant. Quand il le veut, Crisse montre qu'il est aussi adroit à la plume qu’au pinceau. L'histoire reste malgré tout convenue (Luuna part à la recherche de son totem mais, à la place, se retrouve sous l'emprise d'Unkui) et est un peu lourdingue par moment (le comportement des Pipintus sensés amuser la galerie) mais ça se lit bien. A noter que le Crépuscule du Lynx ne fait pas avancer le schmilblik d'un pouce. Attendons le troisième opus pour se prononcer sur la suite. Keramidas, lui, a un style très "Disney", à la limite du plagiat. On a droit à la petite sœur de Pochaontas dans le T1 et à la venue du petit frère de Tarzan dans le 2. Les planches, dans l'ensemble, sont belles (la mise en couleur y est pour beaucoup). Toutefois, les visages sont un peu trop géométriques à mon goût.

24/02/2004 (modifier)
Par Faust
Note: 4/5
Couverture de la série Un Ver dans le Fruit
Un Ver dans le Fruit

C'est le deuxième album de Rabaté que je lis, après "Les Pieds dedans", et c'est une belle découverte. Ah la campagne! Ses disciples de Bacchus, ses rancunes tenaces, sa religiosité, ses messes basses... tout cela est dépeint avec brio. Un jeune curé débarque donc, sans aucune expérience, heureusement fort bien instruit des choses de la vie par une mère très attachée à son petit : mère merveilleuse que celle qui accompagne son rejeton jusqu'au train, toujours soucieuse de sa santé et de son alimentation. A travers le regard du prêtre, nous découvrons toute cette belle société rurale, si mesquine mais pourtant attachante. Car, en effet, l'intrigue policière est plutôt le prétexte qui permet de mettre à jour les tensions, les mécanismes du village. On se prend à être horrifié par certains personnages qui soudain nous émeuvent le temps d'une case (le pére Renard, la mère de Pierre). Il y aussi des passages vraiment hilarants, comme la lecture des lettres "anonymes" par le maire ou la première messe de notre curé novice. Bien entendu, n'attendez aucune morale de cette histoire qui se veut réaliste avant tout. Sur ce plan, c'est une réussite.

24/02/2004 (modifier)
Par elveen
Note: 3/5
Couverture de la série Fats Waller
Fats Waller

Un rythme assez lent pour ces tranches de vies qui ont toutes un air de ressemblance, toutes des regrets et des espoirs perdus. On approche les divers personnages et on se sent proche d'eux, nous aussi, par certains côtés. Les dessins sont assez doux, un peu statiques, pour mieux s'imprégner de l'instant. Le tout dans des tons ocres, principalement. Lecture agréable qui laisse derrière elle un petit parfum rétro et quelques notes de jazz.

24/02/2004 (modifier)
Par Kael
Note: 1/5
Couverture de la série Neurotrans
Neurotrans

Aïe ! Mais ça fait super mal aux fesses de lire un 1er album aussi mauvais ! C'est pourtant typiquement le genre de BD que Don Lope et moi apprécions généralement de la même manière, mais là carrement pas du tout. Je suis très déçu par le dessin de Collignon, c'est beaucoup moins propre que dans Lex, presque brouillon parfois tant il y a des problèmes de proportions dans ses personnages (et je ne parle pas des paires de seins surdimensionnées qui agrémentent agréablement chaque page). Et cette histoire est complètement poussive, ça rame du début à la fin, allant parfois d'une certaine facilité à un fouillis de folie. Très très déçu sur ce coup là...

24/02/2004 (modifier)
Couverture de la série Kucek
Kucek

Eh oui, avant Où le regard ne porte pas..., Pont et Abolin avaient déjà travaillé ensemble. Longtemps avant, même, puisque "Cap'taine Kucek" a été réalisé entre 1993 et 1996 (citons aussi dans un autre genre Totale maîtrise, dont le tome 2 vient de sortir...). Le dessin d'Olivier Pont est déjà assez bon, et en tout cas très reconnaissable... les couleurs par contre, euh... ont été améliorées depuis, en particulier grâce à Chagnaud. "Capt'ain Kucek", c'est de l'aventure. Des personnages peu attachants qui sont posés là pour jouer leur rôle. Ni charismatiques ni drôles, en fait. Une suite de péripéties, courses-poursuites, et... aventures absolument pas passionnantes et assez arbitraires. Des évènements qui arrivent parfois un peu comme ça, ** pouf **. Des séquences parfois un peu confuses, pas très lisibles en tout cas. L'histoire qu'on découvre au fur et à mesure, Kucek le pirate qui serait en fait l'héritier de Ledergrab, je l'ai lue en me forçant, sans être à aucun moment intéressé. Donc voilà. "Cap'tain Kucek" c'est très loin d'être inoubliable. Mon avis exact : sans intérêt. :o|

24/02/2004 (modifier)
Par Cassidy
Note: 2/5
Couverture de la série Jay & Motus Bob
Jay & Motus Bob

Sortie à l'origine en 1999 en noir et blanc, cette mini-série permettait au cinéaste Kevin Smith d'expliquer par quel tour de passe-passe il pourrait utiliser ses 2 personnages fétiches dans son film "Dogma". En effet, c'était le 1er de ses films à ne pas se dérouler dans le New Jersey, la terre natale de Jay & Silent Bob. Donc, voilà, il a pondu cette BD qui démarre à la fin de "Méprise multiple", son film précédent, et se termine au début de "Dogma", pour que ses fans tâtillons ne lui cassent pas les couilles à coups de "Mais qu'est-ce qu'ils foutent dans l'Illinois, Jay et Bob ?". Bien des années plus tard, Semic a voulu profiter de la sortie cinéma d'un autre film de Kevin Smith, "Jay et Bob contre-attaquent", pour annoncer la parution de cet album en France. Mais il faut croire que la traduction (qui a dû être fort pénible) a pris du retard, car le film avait disparu des écrans depuis bien longtemps quand "Jay & Motus Bob" (Oh, "Motus Bob", mais quelle excellente idée d'avoir traduit le nom du personnage ! Et le prochain Superman que vous sortirez, vous l'appellerez "Surhomme", aussi, qu'on rigole ?) a enfin atteint nos librairies, en couleurs. Bon, ça c'était pour l'historique dont tout le monde se branle mais que je me sens obligé de raconter quand même pour faire genre j'm'y connais en BD. On peut passer à l'avis proprement dit maintenant. Alors autant le dire tout de suite, si vous n'êtes pas un familier et un fan de l'univers de Kevin Smith, basé sur les blagues de cul, les blagues crados, les blagues sur la drogue, les allusions à Star Wars et aux comics, les jeux de mots intraduisibles en français et les clins d'oeil à sa propre filmographie, vous risquez de ne pas trop accrocher à cette BD qui s'y réfère constamment. Clairement, sur ce titre, Smith écrit pour SON public, ses "hardcore fans" qui lui vouent une sorte de culte, ce qui situe d'emblée les limites de cette BD. Et même si vous êtes fan, vous pourrez regretter que, des 3 BD tirées de son univers (les 2 autres étant "Clerks" et "Bluntman & Chronic"), ce soit celle-ci, la moins drôle, qui ait traversé l'Atlantique. C'est de l'humour pour grands ados : gros mots, blagues de cul et joints, tout ce qu'ils aiment. Il y a 4 ans, quand j'ai lu cette BD pour la 1ère fois et que j'étais encore, malgré mon âge déjà avancé, un ado attardé, je l'avais trouvée tordante. Je l'ai relue tout à l'heure pour en parler ici, et... bah, il faut croire que je suis un homme mûr maintenant, usé, vieilli, fatigué, blasé, parce que j'avoue que les facéties de Jay et Bob n'ont pas vraiment suscité chez moi d'épanchements d'urine involontaires. Les gags ne sont pas franchement renversants, le scénario n'est qu'un prétexte pour accumuler les saynètes comiques, et le dessin est de qualité standard (et il rend moins bien en couleurs qu'en noir et blanc). On a donc affaire à un comic dont le lecteur moyen pourra aisément se passer. Cela étant dit, pour peu que l'humour potache ne vous rebute pas, vous ne passerez quand même pas un mauvais moment avec "Jay & Motus Bob" s'il vous tombe entre les mains.

24/02/2004 (modifier)
Par Faust
Note: 4/5
Couverture de la série Bad Boy
Bad Boy

Voilà une bd assez originale, presque un exercice de style... Le jeune Jason (mais l'est-il vraiment?) a des pensées qui horrifieraient tout parent bien-pensant : sexe, cigarettes, mépris de toute sensibilité (son père est une "tapette" parce qu'il pleure). Il apparaît très mûr tant au niveau de ses idées (du genre, lorsque lui est présentée une société idyllique : "libre, ça veut toujours dire qu'il y a un truc interdit") que de son adaptation aux événements qu'il ne comprend pas, qui le font se poser les questions existentielles. En fait, poursuivi par des sortes de Terminators terrifiants visuellement mais bienveillants (matérialisations du surmoi?), contraint d'élaborer des stratégies pour échapper à des parents, incarnations d'un ordre moral, qui veulent l'emmener dans un monde aseptisé, il doit prendre son courage à deux mains et "sauter". D'ailleurs, la plupart des dernières cases des double pages nous le montrent en posture incertaine et son obstination, en dépit de maigres moyens physiques, force l'admiration. J'ai donc lu cette bd fascinante d'une seule traite, d'abord interloqué puis emballé tant par l'histoire que par le dessin, très expressif. Seul bémol, elle est bien courte.

23/02/2004 (modifier)
Par Baywin
Note: 4/5
Couverture de la série The Magic of Aria
The Magic of Aria

Très clairement, ce qui m'a poussé à acheter cette série, c'est le dessin du premier tome. Jay Anacleto, dentiste de profession, signe un chef d'oeuvre en terme graphique ! J'ai rarement vu plus beau chez Semic. Malheureusement, Jay lache la série dès le second volet pour laisser place à divers dessinateurs, mais le talent n'y est pas vraiment et cela change l'ambiance et l'atmosphère d'un scénario très original de Brian Holguin. A acheter les yeux fermés...

23/02/2004 (modifier)