Comment peut-on mettre des notes aussi basses à cet album ???
Alors bien sûr, ce n'est pas une BD "facile", distrayante. La lecture en est éprouvante.
Le dessin incroyable de Mattotti vous aspire, vous fait vivre la descente aux enfer du Dr Jekyll, il est l'expression picturale même des tourments du docteur. Quand on referme l'album, on a légèrement la nausée et l'impression d'être descendu dans les tréfonds de la noirceur de l'âme humaine.
C'est dur, mais magistral !
(PS : je précise que je n'avais pas lu la critique de Ro avant d'avoir écrit la mienne. C'est troublant de voir comment à partir des mêmes impressions on peut avoir des avis différents.
Cette BD tient du chef d'oeuvre. Mais si vous ne lisez des BDs que pour vous distraire, passez votre chemin, elle n'est pas pour vous.)
Je viens de relire le tome 1 et de m'enfiler le tome 2 dans la suite.
Verdict ?
Au niveau graphisme et couleurs, c'est très beau, tout le monde est unanime. Le seul défaut est, comme beaucoup de monde le dit, que les personnages sont trop statiques. Et c'est vrai, on dirait qu'ils sont posés sur le décor, simplement.
Au niveau scénario, il reste très classique. Le tome 2 apporte quelques rebondissements, mais sans trop sortir du classicisme. Cependant, j'ai envie de savoir la suite.
Et puis, comme l'a dit un autre "reviewer" : pourquoi doit-on toujours faire quelque chose de différent?
Alors pourquoi 4/5?
Ben, simplement parce que :
- ça reste une très bonne BD,
- le tout ensemble prend bien,
- c'est un plaisir de lecture,
- j'aime bien quand une BD me donne envie de lire la suivante.
Mh mh... Bon, l'idée de départ de cette série n'est pas originale, et les auteurs ne le cachent même pas, puisqu'ils citent allègrement certains des films qui les ont inspirés (Scream, La Nuit des Masques...) ; on pourra également citer Stephen King pour certains éléments (les bêtises commises par un groupe d'enfants, qui le paieront plus tard, le copain pas gâté par la nature, j'ai pensé à Dreamcatcher entre autres...). Bon, le moins que l'on puisse dire, c'est que Callède et Denys connaissent leurs classiques !
Mais c'est bien beau de citer les grands du genre, mais la mayonnaise prend-elle ? Eh bien oui, car le dessin de Denys est très bon, surtout dans les visages grimaçants, le basculement du calme à l'horreur pure. J'ai eu des frissons dans le dos à la vision de certaines cases. Quant au scénario, il montre la bonne digestion de Callède, car toute l'intrigue se tient, se referme au bout du triptyque, bref, une symétrie parfaite sur la longueur.
Une très bonne BD, presque une référence (trop méconnue) du genre.
Et merci à sousoune pour avoir été la première à m'y intéresser. ;)
Dans la plus grande tradition du western spaghetti, cette bd vient se classer entre Blueberry, pour les chevauchées sauvages, les décors et le héros, un dur au grand coeur et Durango, pour le coté vraiment pourri des méchants, la rapidité au colt du héros et les règlements de compte sanglants.
Pour comparaison cinématographique, on pourrait rapprocher ça de Pour une poignée de dollars, ou une petite série B. Rien de bien nouveau donc, mais le tout est assez bien réalisé et plaisant à lire.
Côté scénario, on est tenu en haleine tout du long, avec, c'est vrai, quelques évènements un peu prévisibles. Le cinquième tome met fin à l'histoire en cours, ce qui est appréciable, surtout chez Soleil Production.
Côté dessin, c'est assez classique, mais appliqué, et somme toute plutôt réussi.
Pour l'achat, ce n'est pas ce que je conseillerais en premier, mais les amateurs du genre peuvent se lancer sans problème.
J'ai relu "Jehanne de France" récemment et franchement, j'ai trouvé ça pas mal. Le dessin est très réaliste, dans le plus pur style album Tintin des années 70, mais il n'est franchement pas désagréable. Les histoires sont denses et la narration un peu vieillote.
Mais les bons côtés de cette série sont surtout sa densité (il se passe pas mal de choses en un album) et son réalisme historique. Passant outre le héros (un peu secondaire, soit dit en passant) toujours beau et bien rasé, toute l'histoire est purement réaliste, sans fioritures. Pour donner un exemple, le connétable Gilles de Rais n'a rien d'un gentil seigneur noble et chevaleresque : il apprécie les enfants de choeur, aussi bien pour leurs chants que pour autre chose, mais ce n'est que suggéré sans que le lecteur trop jeune puisse vraiment réaliser à quel point c'était une pourriture. Il n'y a pas de manichéisme, pas de grands effets spéciaux, pas de raccourcis scénaristiques incohérents.
Bref, c'est une BD qu'on peut lire à tout âge et apprécier autant de nos jours qu'à l'époque de sa publication.
Le seul défaut tient peut-être justement à sa qualité : autant de réalisme peut s'apparenter pour certains à une BD historique comme dans les livres d'écoles, et certains lecteurs peuvent trouver ça ennuyeux si le sujet du moyen-âge ne les intéresse pas du tout.
Aïe, que la déception est grande ! A voir le classement de cette BD avant que je l'achète, il semblait que s'il y avait 3 comics à acheter, c'était d'abord Watchmen et Dark Knight et tout de suite derrière Midnight Nation... Alors quelle déception quand je pensais lire quelque chose du niveau de l'intelligence des deux premiers, ou quand j'essaie de comparer Midnight Nation à la beauté et l'émotion que j'avais ressenties la veille à la lecture de Nuits Eternelles de la série Sandman...
Midnight Nation a de bons côtés. L'édition Semic, même si elle est souple et un peu fragile, est belle et le papier de bonne qualité. Le dessin lui aussi est de qualité, proche de celui de Witchblade par exemple, c'est-à-dire que les corps humains y sont très beaux et bien foutus, et les décors pas mauvais.
Mais justement, ce dessin, je le ressens froid et sans âme. Trop parfait d'une certaine manière, même s'il est loin d'être parfait (notamment dans les décors et paysages). Cela tient peut-être à la colorisation Photoshop parfois trop visible.
Puis vient le scénario... Trois tomes pour... ça. Franchement, je ne trouve pas cette histoire vraiment originale. Ça rappelle un épisode de Au-delà du Réel par exemple, sans plus d'intelligence à mes yeux. Je ne vais pas dévoiler le final car à part lui, tout le reste de l'histoire est racontée dans le résumé de cette série. Je trouve les méchants à la limite du ridicule, de même que les incessants combats à coups de poings avec leurs nombreuses giclées de sang.
Et je trouve la toute fin vraiment très... guimauve.
Franchement, je m'attendais à mieux. On a droit dans cette série à une réflexion sur Dieu, la religion, la confiance en soi, en l'humanité et dans le bonheur, mais tout reste basique et sans originalité pour qui regarde un peu la télé ou a lu quelques bouquins SF ou Fantastique. C'est vraiment la grosse trame classique du genre, vraiment le style Au-delà du Réel ou un peu Stephen King aussi (Le Fléau par exemple), maintenant que j'y repense, c'est-à-dire un peu de pré-mâché pour des lecteurs-téléspectateurs soucieux de n'entendre que des déjà-dits (les hommes doivent choisir leur destin, la Terre va de plus en plus mal, les hommes se replient sur eux-mêmes et sont égoïstes, Dieu nous a-t-il abandonné, reste-t-il de l'espoir, l'amour est-il plus fort que tout, etc...).
En gros, la veille, en lisant "Nuits Eternelles" de la série Sandman, je m'étais senti transporté, subjugué, rempli d'émotion, et là avec Midnight Nation, lu en une soirée, je suis resté collé au plancher, sans jamais ressentir autre chose qu'une faible curiosité pour connaître le dénouement et une déception une fois celui-ci venu.
"La drogue c’est pas beau et les dealers sont des démons qui n’hésitent pas à s’attaquer à des enfants sans défense" fut l’un des messages les plus rabâchés dans le monde au cours des riantes années 80… Comme à peu près toutes les BD à l’époque, la série DareDevil y est allée elle aussi de son petit couplet anti-drogue. Frank Miller, qui était aux commandes de la série à ce moment-là (c’était l’été 82 si je ne m’abuse), a donc signé ce crossover DareDevil/Punisher assez peu inspiré. Il n’a pas vraiment forcé son talent (il suffit de voir comment il fait sortir le Punisher de prison : le seul moyen de stopper le chargement de drogue autrement que par voie policière, c’était de faire évader un dangereux psychopathe et de lui confier le boulot ?), l’idée était juste de faire passer le message "dis-leur merde aux dealers" et ces 2 épisodes sont bien loin d’être palpitants. Ils ont néanmoins le mérite de montrer que les méthodes à la Punisher (buter tous les méchants) ne sont pas forcément les seules à employer dans le domaine de la lutte anti-drogue. Vite lu, vite oublié, cet album ne devrait aujourd’hui intéresser que ceux qui collectionnent tout Frank Miller.
Avec la sortie du "Batman" de Tim Burton au cinéma, la fin des années 80 et le début des années 90 virent un mini-regain d’intérêt pour les super-héros en France et Comics USA, branche de l’éditeur Glénat, en profita pour publier à cette époque quantité de petits albums de comics, piochant un peu de tout chez DC et Marvel… Il n’y avait pas que de la qualité dans le lot, mais on y trouvait quelques curiosités, notamment certaines œuvres de jeunesse de Frank Miller.
Ici, donc, en l’occurrence, deux vieux épisodes de "DareDevil" dont celui qui vit la mort d’Elektra. Cet épisode est malheureusement assez décevant… L’histoire fait à peine 24 pages et le sort de la tueuse est réglé en 6-8 pages… Du coup, sa mort, qui donne son titre à l’album, est presque est événement anodin… Et quand on y réfléchit, ça l’est effectivement, d’ailleurs : dans le monde des superhéros, les personnages secondaires passent leur temps à mourir et ressusciter au gré des caprices des lecteurs et éditeurs, et Elektra n’en était là qu’à son premier décès…
Le deuxième épisode est quant à lui l’occasion d’une petite remise en question du personnage du super-héros… Ne fait-il pas autant de mal que de bien ? Vaut-il réellement mieux que ceux qu’il combat ? Malheureusement, il choisit d’y apporter une réponse assez idiote, qui fait qu’on se demande si ça valait bien le coup de faire semblant de poser la question… Puisqu’il sont dangereux tous les deux, qu’est-ce qui fait que DareDevil vaut mieux que Bullseye ? Ben DareDevil c’est un gentil et Bullseye c’est un méchant et puis c’est tout ! Aaaaah, d’accord…
A moins donc de collectionner toutes les BD de Frank Miller publiées en France ou de vouloir à tout prix savoir comment est morte Elektra, vous pouvez vous passer de cet album (que vous risquez de toutes façons d’avoir un peu de mal à dénicher).
Un premier album tout à fait acceptable. Froideval change -enfin- ses vieilles habitudes avec une mise en page (vu que c'est lui qui impose son découpage au dessineux) beaucoup plus discrète sans tomber dans le classique. On a parfois des planches très chargées, mais ça passe bien, le dessinateur s'en sort bien. Son dessin est clair et plutôt agréable. Les scènes de "rêve" sont vraiment bien mises en valeur par ce dessin presque flou.
Pourtant, je n'ai aucune envie de lire le 2e tome, le 1er ne m'ayant laissé finalement qu'un souvenir mitigé.
Mouais, je reste un peu sur ma faim avec ce 1er album...
Bon, le dessin est pas mauvais, il manque juste un peu d'âme, de personnalité, mais il est techniquement bon, rien à dire.
C'est plutôt du fond de l'histoire que vient le problème. Tout est un peu facile pour ce héros sans charisme qui semble un peu zen face à tout ce qui lui arrive. En même temps, il lui arrive toujours un truc, c'est simple au moins... Il doit être blasé à force, ça doit être ça, oui...
Nan mais sérieux, c'est assez classique comme bd, donc je comprends tout à fait qu'on puisse aimer. Moi j'ai pas accroché, mais bon...
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Docteur Jekyll & Mister Hyde
Comment peut-on mettre des notes aussi basses à cet album ??? Alors bien sûr, ce n'est pas une BD "facile", distrayante. La lecture en est éprouvante. Le dessin incroyable de Mattotti vous aspire, vous fait vivre la descente aux enfer du Dr Jekyll, il est l'expression picturale même des tourments du docteur. Quand on referme l'album, on a légèrement la nausée et l'impression d'être descendu dans les tréfonds de la noirceur de l'âme humaine. C'est dur, mais magistral ! (PS : je précise que je n'avais pas lu la critique de Ro avant d'avoir écrit la mienne. C'est troublant de voir comment à partir des mêmes impressions on peut avoir des avis différents. Cette BD tient du chef d'oeuvre. Mais si vous ne lisez des BDs que pour vous distraire, passez votre chemin, elle n'est pas pour vous.)
Korrigans
Je viens de relire le tome 1 et de m'enfiler le tome 2 dans la suite. Verdict ? Au niveau graphisme et couleurs, c'est très beau, tout le monde est unanime. Le seul défaut est, comme beaucoup de monde le dit, que les personnages sont trop statiques. Et c'est vrai, on dirait qu'ils sont posés sur le décor, simplement. Au niveau scénario, il reste très classique. Le tome 2 apporte quelques rebondissements, mais sans trop sortir du classicisme. Cependant, j'ai envie de savoir la suite. Et puis, comme l'a dit un autre "reviewer" : pourquoi doit-on toujours faire quelque chose de différent? Alors pourquoi 4/5? Ben, simplement parce que : - ça reste une très bonne BD, - le tout ensemble prend bien, - c'est un plaisir de lecture, - j'aime bien quand une BD me donne envie de lire la suivante.
Comptine d'Halloween
Mh mh... Bon, l'idée de départ de cette série n'est pas originale, et les auteurs ne le cachent même pas, puisqu'ils citent allègrement certains des films qui les ont inspirés (Scream, La Nuit des Masques...) ; on pourra également citer Stephen King pour certains éléments (les bêtises commises par un groupe d'enfants, qui le paieront plus tard, le copain pas gâté par la nature, j'ai pensé à Dreamcatcher entre autres...). Bon, le moins que l'on puisse dire, c'est que Callède et Denys connaissent leurs classiques ! Mais c'est bien beau de citer les grands du genre, mais la mayonnaise prend-elle ? Eh bien oui, car le dessin de Denys est très bon, surtout dans les visages grimaçants, le basculement du calme à l'horreur pure. J'ai eu des frissons dans le dos à la vision de certaines cases. Quant au scénario, il montre la bonne digestion de Callède, car toute l'intrigue se tient, se referme au bout du triptyque, bref, une symétrie parfaite sur la longueur. Une très bonne BD, presque une référence (trop méconnue) du genre. Et merci à sousoune pour avoir été la première à m'y intéresser. ;)
Wanted (Rocca/Girod)
Dans la plus grande tradition du western spaghetti, cette bd vient se classer entre Blueberry, pour les chevauchées sauvages, les décors et le héros, un dur au grand coeur et Durango, pour le coté vraiment pourri des méchants, la rapidité au colt du héros et les règlements de compte sanglants. Pour comparaison cinématographique, on pourrait rapprocher ça de Pour une poignée de dollars, ou une petite série B. Rien de bien nouveau donc, mais le tout est assez bien réalisé et plaisant à lire. Côté scénario, on est tenu en haleine tout du long, avec, c'est vrai, quelques évènements un peu prévisibles. Le cinquième tome met fin à l'histoire en cours, ce qui est appréciable, surtout chez Soleil Production. Côté dessin, c'est assez classique, mais appliqué, et somme toute plutôt réussi. Pour l'achat, ce n'est pas ce que je conseillerais en premier, mais les amateurs du genre peuvent se lancer sans problème.
Jhen (Xan)
J'ai relu "Jehanne de France" récemment et franchement, j'ai trouvé ça pas mal. Le dessin est très réaliste, dans le plus pur style album Tintin des années 70, mais il n'est franchement pas désagréable. Les histoires sont denses et la narration un peu vieillote. Mais les bons côtés de cette série sont surtout sa densité (il se passe pas mal de choses en un album) et son réalisme historique. Passant outre le héros (un peu secondaire, soit dit en passant) toujours beau et bien rasé, toute l'histoire est purement réaliste, sans fioritures. Pour donner un exemple, le connétable Gilles de Rais n'a rien d'un gentil seigneur noble et chevaleresque : il apprécie les enfants de choeur, aussi bien pour leurs chants que pour autre chose, mais ce n'est que suggéré sans que le lecteur trop jeune puisse vraiment réaliser à quel point c'était une pourriture. Il n'y a pas de manichéisme, pas de grands effets spéciaux, pas de raccourcis scénaristiques incohérents. Bref, c'est une BD qu'on peut lire à tout âge et apprécier autant de nos jours qu'à l'époque de sa publication. Le seul défaut tient peut-être justement à sa qualité : autant de réalisme peut s'apparenter pour certains à une BD historique comme dans les livres d'écoles, et certains lecteurs peuvent trouver ça ennuyeux si le sujet du moyen-âge ne les intéresse pas du tout.
Midnight Nation
Aïe, que la déception est grande ! A voir le classement de cette BD avant que je l'achète, il semblait que s'il y avait 3 comics à acheter, c'était d'abord Watchmen et Dark Knight et tout de suite derrière Midnight Nation... Alors quelle déception quand je pensais lire quelque chose du niveau de l'intelligence des deux premiers, ou quand j'essaie de comparer Midnight Nation à la beauté et l'émotion que j'avais ressenties la veille à la lecture de Nuits Eternelles de la série Sandman... Midnight Nation a de bons côtés. L'édition Semic, même si elle est souple et un peu fragile, est belle et le papier de bonne qualité. Le dessin lui aussi est de qualité, proche de celui de Witchblade par exemple, c'est-à-dire que les corps humains y sont très beaux et bien foutus, et les décors pas mauvais. Mais justement, ce dessin, je le ressens froid et sans âme. Trop parfait d'une certaine manière, même s'il est loin d'être parfait (notamment dans les décors et paysages). Cela tient peut-être à la colorisation Photoshop parfois trop visible. Puis vient le scénario... Trois tomes pour... ça. Franchement, je ne trouve pas cette histoire vraiment originale. Ça rappelle un épisode de Au-delà du Réel par exemple, sans plus d'intelligence à mes yeux. Je ne vais pas dévoiler le final car à part lui, tout le reste de l'histoire est racontée dans le résumé de cette série. Je trouve les méchants à la limite du ridicule, de même que les incessants combats à coups de poings avec leurs nombreuses giclées de sang. Et je trouve la toute fin vraiment très... guimauve. Franchement, je m'attendais à mieux. On a droit dans cette série à une réflexion sur Dieu, la religion, la confiance en soi, en l'humanité et dans le bonheur, mais tout reste basique et sans originalité pour qui regarde un peu la télé ou a lu quelques bouquins SF ou Fantastique. C'est vraiment la grosse trame classique du genre, vraiment le style Au-delà du Réel ou un peu Stephen King aussi (Le Fléau par exemple), maintenant que j'y repense, c'est-à-dire un peu de pré-mâché pour des lecteurs-téléspectateurs soucieux de n'entendre que des déjà-dits (les hommes doivent choisir leur destin, la Terre va de plus en plus mal, les hommes se replient sur eux-mêmes et sont égoïstes, Dieu nous a-t-il abandonné, reste-t-il de l'espoir, l'amour est-il plus fort que tout, etc...). En gros, la veille, en lisant "Nuits Eternelles" de la série Sandman, je m'étais senti transporté, subjugué, rempli d'émotion, et là avec Midnight Nation, lu en une soirée, je suis resté collé au plancher, sans jamais ressentir autre chose qu'une faible curiosité pour connaître le dénouement et une déception une fois celui-ci venu.
DareDevil & Punisher - Jeu d'enfants
"La drogue c’est pas beau et les dealers sont des démons qui n’hésitent pas à s’attaquer à des enfants sans défense" fut l’un des messages les plus rabâchés dans le monde au cours des riantes années 80… Comme à peu près toutes les BD à l’époque, la série DareDevil y est allée elle aussi de son petit couplet anti-drogue. Frank Miller, qui était aux commandes de la série à ce moment-là (c’était l’été 82 si je ne m’abuse), a donc signé ce crossover DareDevil/Punisher assez peu inspiré. Il n’a pas vraiment forcé son talent (il suffit de voir comment il fait sortir le Punisher de prison : le seul moyen de stopper le chargement de drogue autrement que par voie policière, c’était de faire évader un dangereux psychopathe et de lui confier le boulot ?), l’idée était juste de faire passer le message "dis-leur merde aux dealers" et ces 2 épisodes sont bien loin d’être palpitants. Ils ont néanmoins le mérite de montrer que les méthodes à la Punisher (buter tous les méchants) ne sont pas forcément les seules à employer dans le domaine de la lutte anti-drogue. Vite lu, vite oublié, cet album ne devrait aujourd’hui intéresser que ceux qui collectionnent tout Frank Miller.
DareDevil - La Mort d'Elektra
Avec la sortie du "Batman" de Tim Burton au cinéma, la fin des années 80 et le début des années 90 virent un mini-regain d’intérêt pour les super-héros en France et Comics USA, branche de l’éditeur Glénat, en profita pour publier à cette époque quantité de petits albums de comics, piochant un peu de tout chez DC et Marvel… Il n’y avait pas que de la qualité dans le lot, mais on y trouvait quelques curiosités, notamment certaines œuvres de jeunesse de Frank Miller. Ici, donc, en l’occurrence, deux vieux épisodes de "DareDevil" dont celui qui vit la mort d’Elektra. Cet épisode est malheureusement assez décevant… L’histoire fait à peine 24 pages et le sort de la tueuse est réglé en 6-8 pages… Du coup, sa mort, qui donne son titre à l’album, est presque est événement anodin… Et quand on y réfléchit, ça l’est effectivement, d’ailleurs : dans le monde des superhéros, les personnages secondaires passent leur temps à mourir et ressusciter au gré des caprices des lecteurs et éditeurs, et Elektra n’en était là qu’à son premier décès… Le deuxième épisode est quant à lui l’occasion d’une petite remise en question du personnage du super-héros… Ne fait-il pas autant de mal que de bien ? Vaut-il réellement mieux que ceux qu’il combat ? Malheureusement, il choisit d’y apporter une réponse assez idiote, qui fait qu’on se demande si ça valait bien le coup de faire semblant de poser la question… Puisqu’il sont dangereux tous les deux, qu’est-ce qui fait que DareDevil vaut mieux que Bullseye ? Ben DareDevil c’est un gentil et Bullseye c’est un méchant et puis c’est tout ! Aaaaah, d’accord… A moins donc de collectionner toutes les BD de Frank Miller publiées en France ou de vouloir à tout prix savoir comment est morte Elektra, vous pouvez vous passer de cet album (que vous risquez de toutes façons d’avoir un peu de mal à dénicher).
Hyrknoss
Un premier album tout à fait acceptable. Froideval change -enfin- ses vieilles habitudes avec une mise en page (vu que c'est lui qui impose son découpage au dessineux) beaucoup plus discrète sans tomber dans le classique. On a parfois des planches très chargées, mais ça passe bien, le dessinateur s'en sort bien. Son dessin est clair et plutôt agréable. Les scènes de "rêve" sont vraiment bien mises en valeur par ce dessin presque flou. Pourtant, je n'ai aucune envie de lire le 2e tome, le 1er ne m'ayant laissé finalement qu'un souvenir mitigé.
Mayam
Mouais, je reste un peu sur ma faim avec ce 1er album... Bon, le dessin est pas mauvais, il manque juste un peu d'âme, de personnalité, mais il est techniquement bon, rien à dire. C'est plutôt du fond de l'histoire que vient le problème. Tout est un peu facile pour ce héros sans charisme qui semble un peu zen face à tout ce qui lui arrive. En même temps, il lui arrive toujours un truc, c'est simple au moins... Il doit être blasé à force, ça doit être ça, oui... Nan mais sérieux, c'est assez classique comme bd, donc je comprends tout à fait qu'on puisse aimer. Moi j'ai pas accroché, mais bon...