Ca fait du bien de tomber de temps en temps sur des one shots qui sont de vrais petits bijoux.
Le duo Pratt/Manara nous a livré celui-ci (ainsi qu'"El Gaucho", très bon également) et je m'y replonge régulièrement avec plaisir.
Le talent de Manara y est bien sûr pour beaucoup. Le trait est fin et très élégant, les personnages féminins d'une beauté à tomber, et l'érotisme de certaines scènes n'enlève rien à l'ensemble, bien au contraire.
L'histoire, c'est sûr, n'est pas révolutionnaire mais a au moins le mérite de se situer dans un contexte historique peu connu, et bénéficie d'une documentation sérieuse (une des grandes forces de Pratt).
A découvrir et à savourer comme un moment de (trop court) plaisir.
Je crois que l'essentiel a été dit sur cette BD, qui, selon moi, est le must en matière d'heroïc fantasy.
Le scénario mêle habilement action et réflexion laissant la part belle à la profondeur psychologique des protagonistes et à leur évolution au fur et à mesure de la série.
Les rebondissements et révélations (dont la fin pour le moins troublante et surprenante) sont nombreux sans nuire à une cohérence d'ensemble remarquable.
Le dessin est bien sûr particulier, et on peut comprendre qu'il rebute certains, mais il a le mérite d'une réelle originalité et recèle une beauté un peu hors des sentiers battus de la BD actuelle.
Une dernière chose qui me plaît : l'histoire est finie (en ce qui concerne le premier cycle). Je m'explique : on découvre des persos et ces derniers sont marqués irrémédiablement par les aventures qu'ils ont traversées (certains allant même jusqu'à disparaître). On est donc à l'abri d'une suite commerciale foireuse et on a le sentiment d'avoir vécu quelque chose de complet et d'achevé.
Incontournable, "l'Oiseau du Temps" est de ces BD qui font aimer la BD en général.
Berk, ce que c'est moche ! Beurk berk beurk ! Franchement, faire une BD à partir des outils de dessins informatique disponibles en 1990, ça donne vraiment moche. C'est de l'abus d'effets photoshop, de couleurs flashy violet-rose-vert, de 3D fil de fer, le tout parsemé de chiffres et de lettres qui apparaissent partout pour donner un genre "cool", des symboles informatiques désuets. C'est... Beuh... Déjà que je n'aime pas les BDs récentes du même genre style Mégalex ou autres, mais alors là, ça fait carrément amateur. D'autant plus que les textes sont truffés de mots informatiques qui font complètement dépassés aujourd'hui (du style de l'ordinateur qui dit à son proprio qu'il a reçu dix-sept mille quatre cents bytes de données aujourd'hui... ça c'est du haut débit dites-donc !)
A contrario, le scénario n'est pas si nul que ça. Il serait peut-être même assez bien si le graphisme ne gâchait pas tout, si la narration n'était pas embrouillée par une faible maîtrise des outils mis à disposition (par exemple, les bulles de texte sont placées de telle manière que leur ordre de lecture est tout sauf instinctif), et aussi s'il était finalement un peu plus original.
Disons qu'au niveau scénario, ça se laisse lire, mais il faut passer outre cette tentative de dessin informatique qui a vieilli à une vitesse ahurissante et qu'il est très difficile d'apprécier.
Au début, j'aimais bien et quand je dis au début, ça ne concerne guère que le premier tome.
Ancien rôliste, ça me faisait plaisir de retrouver tout l'univers d'AD&D dans toute sa splendeur et ses nombreux travers.
Mais très rapidement, j'ai déchanté. Parce que Froideval ne sait pas vraiment construire un scénario digne de ce nom, il ne fait ici que mettre en oeuvre les aventures de sa bande de potes du temps où ils faisaient du JDR et c'est vraiment navrant. Le niveau est ultra-bourrin, les dialogues sont nuls et l'humour super lourd. L'intrigue, dans la mesure où elle existe, se limite à la montée en puissance (salut les gros bills!) de Wismerhill qui se contente de baffer tous les méchants qu'il rencontre. Beuark..
Pour le dessin, mon jugement est plus mitigé car la période Ledroit atteint souvent des sommets. Il excelle véritablement dans la mise en scène des batailles titanesques et sait donner une dimension épique au récit.
Malheureusement, il abandonne bien vite la série et là il n'y a vraiment plus rien qui vaille le coup de s'y attarder.
Quelle pitié!
Le duo Matthews – Mavlian avait signé un an plus tôt une précédente mini-série sur le même format, SpiderMan / Daredevil, qui m’avait laissé d’assez bons souvenirs. En les voyant remettre le couvert pour une rencontre Spiderman / Wolverine, j’étais assez confiant et curieux du résultat.
Malheureusement l’essai n’est pas transformé… Peter Parker et Logan sont embauchés un peu contraints et forcés pas Nick Fury pour remplir une obscure mission en Suisse… Une histoire tellement plate et sans intérêt que j’ai déjà oublié l’essentiel des tenants et aboutissants… Le tout est monté en parallèle avec l’interrogatoire des 2 héros par un mystérieux inconnu caché dans l’ombre, dont on découvre l’identité dans les toutes dernières pages.
Comme pour masquer le vide scénaristique, Matthews force les traits de ses personnages : Parker fanfaronne et fait le pitre, Logan bougonne et fait sa forte tête.
Le dessin aussi est un peu décevant. Ou plutôt déroutant : on navigue sans cesse entre des planches assez réussies et d’autres bien moins convaincantes. Il faut reconnaître toutefois le dynamisme que Mavlian parvient à insuffler à la majorité de ses vignettes. Dommage que certaines paraissent bâclées, mal dégrossies. Même la couverture souffre de cette dualité : je la trouve plutôt attirante et pourtant si ce n’est par ses griffes on ne reconnaît absolument pas Wolverine ! C’est quand même le comble pour un personnage aussi charismatique !
Alors voilà tout simplement l’explication de mon unique étoile : en refermant ce bouquin je me suis dit : « tout ça pour ça ? ». Il ne s’agissait à mon avis que d’un prétexte pour aligner deux noms de héros porteurs et populaires sur une couverture, sans aucun projet digne de ce nom derrière…
Bref, ça n’en vaut franchement pas la peine…
Surprenant.
Je n’ai pas lu beaucoup de mangas jusqu’à présent, et on m’a offert celui-ci. Celle qui me l'a offert me connaît bien… (trop bien !). Je crois que pour commencer à en lire, c’est le choix parfait pour moi. Pourquoi ? Parce qu’il va à l’encontre de tous les a priori qu’on peut avoir sur les mangas. C’est à lui seul un plaidoyer contre les généralisations à l’emporte pièce qu’on peut faire sur la BD nipponne.
"L’Homme qui marche", c’est un mélange de sérénité, de simplicité et de fraîcheur. Les petites choses qui font que la vie n’est pas si moche que ça. Les petits bonheurs qui finissent par passer inaperçus parce qu’on ne sait plus y prêter attention.
Alors oui, le reproche principal qu’on peut faire à ce bouquin, c’est son côté exagérément naïf. La naïveté, ou plutôt ce qu’on prend pour telle, est une caractéristique qu’on retrouve souvent dans les œuvres japonaises, ou asiatiques de manière plus générale. Au cinéma par exemple, c’est très marqué. Certains verront là un obstacle pour apprécier la BD, moi pas. Je préfère parler de simplicité et de sincérité dénuée de pudeur pour définir l’œuvre de Taniguchi. La mode étant à la sophistication, tout ceci peut sembler daté, décalé. Alors sachez dépasser ce stade et prendre ce manga pour ce qu’il est : un pur moment de douceur dans ce monde de brutes, histoire de citer une publicité connue.
Vraiment, ce bouquin est à lire comme on pose une trop lourde valise : pour se reposer un peu et reprendre son souffle. Il suffit de se laisser guider par l’homme qui marche, et tout semble, même si ce n’est qu’un fugitif instant, plus simple et plus sain.
Vraiment une très belle BD, je remercie la fée qui me l’a offerte…
Ah "Monsieur Jean"... dès le départ je l’ai aimé, dès le départ je l’ai trouvé sympathique. Et pourtant il n’a rien d’exceptionnel, rien de spectaculaire. C’est même un personnage un peu passif, qui subit souvent plus qu’il ne décide. Pas un fort en gueule, ni un démonstratif, encore moins un homme d’action. Il serait plus du genre doux rêveur placé face à la réalité de la vie.
Un peu intello, un peu BCBG, monsieur Jean ? Peut-être effectivement, mais pas de manière outrancière. Monsieur Jean, c’est juste quelqu’un qui a la chance de vivre de sa plume, et qui bénéficie du luxe de pouvoir laisser divaguer ses pensées pour essayer de comprendre et trouver sa place dans le monde qui l’entoure.
Monsieur Jean, c’est une belle intelligence mise en relief dans des situations de la vie d’un célibataire de 30 ans. Il n’est pas infaillible, il n’a pas toutes les réponses, mais il s’en sort pas si mal finalement. Jean essaie, même s’il n’y parvient pas toujours, d’être un homme bien, et c’est déjà beaucoup. Il compose avec ses envies, ses angoisses, ses réussites et ses échecs, sa personnalité et celles des gens qui gravitent dans sa vie.
Alors à l’arrivée, cela donne des histoires assez intimistes, saupoudrées d’humour, parfois d’ironie, mais qui poussent bien souvent le lecteur à se poser quelques interrogations sur lui-même au travers ce personnage de papier...
Dupuy et Berberian nous proposent des histoires simples, qu’ils traitent avec sensibilité et sens de l’humour. Je dois avouer que si je l’ai aimé d’entrée, c’est parce que Monsieur Jean me faisait penser à un de mes amis chers. Et puis j’ai fini par réaliser que je m’y retrouve aussi plus que je n’aurais cru au départ...
Je conseille la lecture de "Monsieur Jean" à toutes celles et ceux qui cherchent une BD qui allie réflexions et rires à la fois.
Il y a le dessin de Crisse, on aime ou on n'aime pas. Perso, je le trouve assez sympathique, même s'il est vrai qu'il y a très peu de variété dans les traits des personnages.
Et puis il y a l'histoire. Et là c'est franchement dommage qu'avec un tel support (la mythologie grecque, on peut difficilement trouver mieux en terme de background fantasy), il n'arrive pas à faire mieux que ça. Les principaux mythes sont balayés de façon approximative, les héros sont souvent caricaturaux et dénaturés, etc., etc.
Rien de bien intéressant donc...
Un en mot comme en cent, je ne peux exprimer les émotions qui ont été déclenchées par la lecture de "Maus".
Un chef d'oeuvre de témoignage humain tellement puissant.
J'ai lu pas mal d'ouvrages concernant cette période de l'histoire. Aucun n'est aussi criant de douleur que Maus.
Je suppose que le dessin, d'une part, y est pour beaucoup dans ce ressenti et d'autre part, le fait que l'auteur retranscrive dans cette souffrance celle de la communication père-fils.
La métamorphose des personnages humains en animaux adoucit la chronique racontée, mais n'enlève rien à l'effroi éprouvé.
Bref, beaucoup de sentiments troubles à la lecture de ce livre. Au-delà de me sentir directement concernée par cette époque peu glorieuse de l'humanité, je reprends conscience de l'horreur à chaque lecture.
"Maus" est une "oeuvre cicatrice" qui doit marquer les esprits au-delà du temps et des générations successives. Laisser cette empreinte indélébile dans notre âme pour que jamais ne se reproduise une telle tragédie, qui est loin d'être un détail, est le premier objectif à mon sens de ce livre.
Le second est de démontrer la difficulté de communication qui peut exister au sein d'une famille et tout le mal-être que cela engendre.
Le poids des maux, le choc des mots et des non-dits.
Mes fils ont lu et réellement apprécié "Maus". Ils y ont découvert une part de l'histoire, qu'ils abordent au collège, d'une manière atypique. Ils ont vécu à travers leur lecture une aventure fondée sur une réalité effrayante et en sont ressortis grandis avec l'esprit un peu plus ouvert au monde. Par ailleurs, leur professeur d'histoire-géo a recommandé à toute la classe de lire ce livre. Il faut quand même reconnaître qu'il est rare que la bande dessinée fasse une entrée aussi unanime dans le milieu scolaire. Et cela me réjouit pour l'éducation de nos enfants.
A lire et relire absolument.
Comme Davidovitch, je suis l'heureux détenteur du coffret Dark Horse, je n'ai donc pas le format présenté dans cette fiche.
Pour moi, l'intérêt et la qualité de cette BD reposent intégralement sur le travail fourni par Vatine (mais qu'est ce qu'il est bon!) et Blanchard (loin d'être un amateur également). Le travail qu'ils ont fourni pour mettre en images le roman (un truc que je ne lirai jamais, même sous la menace) est extraordinaire : dessin réaliste et fluide, design des vaisseaux, décors et bâtiments, et découpage des planches. Tout y est..
Tout, sauf le scénario qui est au niveau de l'ensemble de l'univers Star Wars (films, romans et BD) : d'une platitude désespérante.
Mais ça, Vatine et Blanchard n'y peuvent malheureusement rien...
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Un été indien
Ca fait du bien de tomber de temps en temps sur des one shots qui sont de vrais petits bijoux. Le duo Pratt/Manara nous a livré celui-ci (ainsi qu'"El Gaucho", très bon également) et je m'y replonge régulièrement avec plaisir. Le talent de Manara y est bien sûr pour beaucoup. Le trait est fin et très élégant, les personnages féminins d'une beauté à tomber, et l'érotisme de certaines scènes n'enlève rien à l'ensemble, bien au contraire. L'histoire, c'est sûr, n'est pas révolutionnaire mais a au moins le mérite de se situer dans un contexte historique peu connu, et bénéficie d'une documentation sérieuse (une des grandes forces de Pratt). A découvrir et à savourer comme un moment de (trop court) plaisir.
La Quête de l'Oiseau du Temps
Je crois que l'essentiel a été dit sur cette BD, qui, selon moi, est le must en matière d'heroïc fantasy. Le scénario mêle habilement action et réflexion laissant la part belle à la profondeur psychologique des protagonistes et à leur évolution au fur et à mesure de la série. Les rebondissements et révélations (dont la fin pour le moins troublante et surprenante) sont nombreux sans nuire à une cohérence d'ensemble remarquable. Le dessin est bien sûr particulier, et on peut comprendre qu'il rebute certains, mais il a le mérite d'une réelle originalité et recèle une beauté un peu hors des sentiers battus de la BD actuelle. Une dernière chose qui me plaît : l'histoire est finie (en ce qui concerne le premier cycle). Je m'explique : on découvre des persos et ces derniers sont marqués irrémédiablement par les aventures qu'ils ont traversées (certains allant même jusqu'à disparaître). On est donc à l'abri d'une suite commerciale foireuse et on a le sentiment d'avoir vécu quelque chose de complet et d'achevé. Incontournable, "l'Oiseau du Temps" est de ces BD qui font aimer la BD en général.
Batman - Justice Digitale
Berk, ce que c'est moche ! Beurk berk beurk ! Franchement, faire une BD à partir des outils de dessins informatique disponibles en 1990, ça donne vraiment moche. C'est de l'abus d'effets photoshop, de couleurs flashy violet-rose-vert, de 3D fil de fer, le tout parsemé de chiffres et de lettres qui apparaissent partout pour donner un genre "cool", des symboles informatiques désuets. C'est... Beuh... Déjà que je n'aime pas les BDs récentes du même genre style Mégalex ou autres, mais alors là, ça fait carrément amateur. D'autant plus que les textes sont truffés de mots informatiques qui font complètement dépassés aujourd'hui (du style de l'ordinateur qui dit à son proprio qu'il a reçu dix-sept mille quatre cents bytes de données aujourd'hui... ça c'est du haut débit dites-donc !) A contrario, le scénario n'est pas si nul que ça. Il serait peut-être même assez bien si le graphisme ne gâchait pas tout, si la narration n'était pas embrouillée par une faible maîtrise des outils mis à disposition (par exemple, les bulles de texte sont placées de telle manière que leur ordre de lecture est tout sauf instinctif), et aussi s'il était finalement un peu plus original. Disons qu'au niveau scénario, ça se laisse lire, mais il faut passer outre cette tentative de dessin informatique qui a vieilli à une vitesse ahurissante et qu'il est très difficile d'apprécier.
Chroniques de la lune noire
Au début, j'aimais bien et quand je dis au début, ça ne concerne guère que le premier tome. Ancien rôliste, ça me faisait plaisir de retrouver tout l'univers d'AD&D dans toute sa splendeur et ses nombreux travers. Mais très rapidement, j'ai déchanté. Parce que Froideval ne sait pas vraiment construire un scénario digne de ce nom, il ne fait ici que mettre en oeuvre les aventures de sa bande de potes du temps où ils faisaient du JDR et c'est vraiment navrant. Le niveau est ultra-bourrin, les dialogues sont nuls et l'humour super lourd. L'intrigue, dans la mesure où elle existe, se limite à la montée en puissance (salut les gros bills!) de Wismerhill qui se contente de baffer tous les méchants qu'il rencontre. Beuark.. Pour le dessin, mon jugement est plus mitigé car la période Ledroit atteint souvent des sommets. Il excelle véritablement dans la mise en scène des batailles titanesques et sait donner une dimension épique au récit. Malheureusement, il abandonne bien vite la série et là il n'y a vraiment plus rien qui vaille le coup de s'y attarder. Quelle pitié!
Spider-Man/Wolverine - Deux contre le monde entier
Le duo Matthews – Mavlian avait signé un an plus tôt une précédente mini-série sur le même format, SpiderMan / Daredevil, qui m’avait laissé d’assez bons souvenirs. En les voyant remettre le couvert pour une rencontre Spiderman / Wolverine, j’étais assez confiant et curieux du résultat. Malheureusement l’essai n’est pas transformé… Peter Parker et Logan sont embauchés un peu contraints et forcés pas Nick Fury pour remplir une obscure mission en Suisse… Une histoire tellement plate et sans intérêt que j’ai déjà oublié l’essentiel des tenants et aboutissants… Le tout est monté en parallèle avec l’interrogatoire des 2 héros par un mystérieux inconnu caché dans l’ombre, dont on découvre l’identité dans les toutes dernières pages. Comme pour masquer le vide scénaristique, Matthews force les traits de ses personnages : Parker fanfaronne et fait le pitre, Logan bougonne et fait sa forte tête. Le dessin aussi est un peu décevant. Ou plutôt déroutant : on navigue sans cesse entre des planches assez réussies et d’autres bien moins convaincantes. Il faut reconnaître toutefois le dynamisme que Mavlian parvient à insuffler à la majorité de ses vignettes. Dommage que certaines paraissent bâclées, mal dégrossies. Même la couverture souffre de cette dualité : je la trouve plutôt attirante et pourtant si ce n’est par ses griffes on ne reconnaît absolument pas Wolverine ! C’est quand même le comble pour un personnage aussi charismatique ! Alors voilà tout simplement l’explication de mon unique étoile : en refermant ce bouquin je me suis dit : « tout ça pour ça ? ». Il ne s’agissait à mon avis que d’un prétexte pour aligner deux noms de héros porteurs et populaires sur une couverture, sans aucun projet digne de ce nom derrière… Bref, ça n’en vaut franchement pas la peine…
L'Homme qui marche
Surprenant. Je n’ai pas lu beaucoup de mangas jusqu’à présent, et on m’a offert celui-ci. Celle qui me l'a offert me connaît bien… (trop bien !). Je crois que pour commencer à en lire, c’est le choix parfait pour moi. Pourquoi ? Parce qu’il va à l’encontre de tous les a priori qu’on peut avoir sur les mangas. C’est à lui seul un plaidoyer contre les généralisations à l’emporte pièce qu’on peut faire sur la BD nipponne. "L’Homme qui marche", c’est un mélange de sérénité, de simplicité et de fraîcheur. Les petites choses qui font que la vie n’est pas si moche que ça. Les petits bonheurs qui finissent par passer inaperçus parce qu’on ne sait plus y prêter attention. Alors oui, le reproche principal qu’on peut faire à ce bouquin, c’est son côté exagérément naïf. La naïveté, ou plutôt ce qu’on prend pour telle, est une caractéristique qu’on retrouve souvent dans les œuvres japonaises, ou asiatiques de manière plus générale. Au cinéma par exemple, c’est très marqué. Certains verront là un obstacle pour apprécier la BD, moi pas. Je préfère parler de simplicité et de sincérité dénuée de pudeur pour définir l’œuvre de Taniguchi. La mode étant à la sophistication, tout ceci peut sembler daté, décalé. Alors sachez dépasser ce stade et prendre ce manga pour ce qu’il est : un pur moment de douceur dans ce monde de brutes, histoire de citer une publicité connue. Vraiment, ce bouquin est à lire comme on pose une trop lourde valise : pour se reposer un peu et reprendre son souffle. Il suffit de se laisser guider par l’homme qui marche, et tout semble, même si ce n’est qu’un fugitif instant, plus simple et plus sain. Vraiment une très belle BD, je remercie la fée qui me l’a offerte…
Monsieur Jean
Ah "Monsieur Jean"... dès le départ je l’ai aimé, dès le départ je l’ai trouvé sympathique. Et pourtant il n’a rien d’exceptionnel, rien de spectaculaire. C’est même un personnage un peu passif, qui subit souvent plus qu’il ne décide. Pas un fort en gueule, ni un démonstratif, encore moins un homme d’action. Il serait plus du genre doux rêveur placé face à la réalité de la vie. Un peu intello, un peu BCBG, monsieur Jean ? Peut-être effectivement, mais pas de manière outrancière. Monsieur Jean, c’est juste quelqu’un qui a la chance de vivre de sa plume, et qui bénéficie du luxe de pouvoir laisser divaguer ses pensées pour essayer de comprendre et trouver sa place dans le monde qui l’entoure. Monsieur Jean, c’est une belle intelligence mise en relief dans des situations de la vie d’un célibataire de 30 ans. Il n’est pas infaillible, il n’a pas toutes les réponses, mais il s’en sort pas si mal finalement. Jean essaie, même s’il n’y parvient pas toujours, d’être un homme bien, et c’est déjà beaucoup. Il compose avec ses envies, ses angoisses, ses réussites et ses échecs, sa personnalité et celles des gens qui gravitent dans sa vie. Alors à l’arrivée, cela donne des histoires assez intimistes, saupoudrées d’humour, parfois d’ironie, mais qui poussent bien souvent le lecteur à se poser quelques interrogations sur lui-même au travers ce personnage de papier... Dupuy et Berberian nous proposent des histoires simples, qu’ils traitent avec sensibilité et sens de l’humour. Je dois avouer que si je l’ai aimé d’entrée, c’est parce que Monsieur Jean me faisait penser à un de mes amis chers. Et puis j’ai fini par réaliser que je m’y retrouve aussi plus que je n’aurais cru au départ... Je conseille la lecture de "Monsieur Jean" à toutes celles et ceux qui cherchent une BD qui allie réflexions et rires à la fois.
Atalante - La Légende
Il y a le dessin de Crisse, on aime ou on n'aime pas. Perso, je le trouve assez sympathique, même s'il est vrai qu'il y a très peu de variété dans les traits des personnages. Et puis il y a l'histoire. Et là c'est franchement dommage qu'avec un tel support (la mythologie grecque, on peut difficilement trouver mieux en terme de background fantasy), il n'arrive pas à faire mieux que ça. Les principaux mythes sont balayés de façon approximative, les héros sont souvent caricaturaux et dénaturés, etc., etc. Rien de bien intéressant donc...
Maus
Un en mot comme en cent, je ne peux exprimer les émotions qui ont été déclenchées par la lecture de "Maus". Un chef d'oeuvre de témoignage humain tellement puissant. J'ai lu pas mal d'ouvrages concernant cette période de l'histoire. Aucun n'est aussi criant de douleur que Maus. Je suppose que le dessin, d'une part, y est pour beaucoup dans ce ressenti et d'autre part, le fait que l'auteur retranscrive dans cette souffrance celle de la communication père-fils. La métamorphose des personnages humains en animaux adoucit la chronique racontée, mais n'enlève rien à l'effroi éprouvé. Bref, beaucoup de sentiments troubles à la lecture de ce livre. Au-delà de me sentir directement concernée par cette époque peu glorieuse de l'humanité, je reprends conscience de l'horreur à chaque lecture. "Maus" est une "oeuvre cicatrice" qui doit marquer les esprits au-delà du temps et des générations successives. Laisser cette empreinte indélébile dans notre âme pour que jamais ne se reproduise une telle tragédie, qui est loin d'être un détail, est le premier objectif à mon sens de ce livre. Le second est de démontrer la difficulté de communication qui peut exister au sein d'une famille et tout le mal-être que cela engendre. Le poids des maux, le choc des mots et des non-dits. Mes fils ont lu et réellement apprécié "Maus". Ils y ont découvert une part de l'histoire, qu'ils abordent au collège, d'une manière atypique. Ils ont vécu à travers leur lecture une aventure fondée sur une réalité effrayante et en sont ressortis grandis avec l'esprit un peu plus ouvert au monde. Par ailleurs, leur professeur d'histoire-géo a recommandé à toute la classe de lire ce livre. Il faut quand même reconnaître qu'il est rare que la bande dessinée fasse une entrée aussi unanime dans le milieu scolaire. Et cela me réjouit pour l'éducation de nos enfants. A lire et relire absolument.
Star Wars - Le Cycle de Thrawn
Comme Davidovitch, je suis l'heureux détenteur du coffret Dark Horse, je n'ai donc pas le format présenté dans cette fiche. Pour moi, l'intérêt et la qualité de cette BD reposent intégralement sur le travail fourni par Vatine (mais qu'est ce qu'il est bon!) et Blanchard (loin d'être un amateur également). Le travail qu'ils ont fourni pour mettre en images le roman (un truc que je ne lirai jamais, même sous la menace) est extraordinaire : dessin réaliste et fluide, design des vaisseaux, décors et bâtiments, et découpage des planches. Tout y est.. Tout, sauf le scénario qui est au niveau de l'ensemble de l'univers Star Wars (films, romans et BD) : d'une platitude désespérante. Mais ça, Vatine et Blanchard n'y peuvent malheureusement rien...