Les derniers avis (114525 avis)

Par ArzaK
Note: 2/5
Couverture de la série Phenomenum
Phenomenum

Je m’en excuse auprès des auteurs et des fans. J’ai lu cet album une fois et je ne pense pas le relire, ni en lire la suite. Quoique commune, l’idée de base est intéressante. Il y avait moyen de faire quelque chose de porteur avec cette histoire de maîtrise du temps. Mais le résultat est franchement décevant. L’ensemble du scénario n’est qu’un assemblage des idées les plus communes qu’on puisse avoir concernant l'utilisation de ce pouvoir. Rien de surprenant, rien de transcendant. Mais tout cela ne serait pas encore si grave si cette bd ne souffrait pas de deux autres défauts majeurs. Tout d’abord, le dessin manque de finesse. Comme il s’agit d’un album de débutant, j’aurais tendance à dire que ce n’est pas trop mal et que les choses sont améliorables. Mais je ne peux pas cacher une réelle sensation de répulsion à la vision de certaines cases, c’est tape à l’œil, froid, pleins de traits tracés à la règle... Ca manque d’âme, tout simplement. Le deuxième hic est de taille : la narration est d’une lourdeur abyssale… Le scénariste était-il conscient qu’il écrivait un scénario de bd ? Tous ces texte-off remplis de lieux communs et de phrases toutes faites étaient-ils vraiment nécessaires ? Je n’ai rien de particulier contre le procédé et les texte-off en général mais ils doivent apporter quelque chose pour justifier leur utilité. Et surtout, ils doivent être crédibles ! Ce qui n’est pas du tout leur cas ici ! Il suffit de comparer une planche de la série « Le tueur », (autre série qui utilise abondamment le texte-off) et une planche de ce Phenomenum pour comprendre la différence qui existe entre le ton juste trouvé par Matz et le ton compassé utilisé ici. C’est mal écrit, lourdement démonstratif, plein de bons mots faciles et d’expressions toutes faites… Pratiquement chaque phrase se veut charnière, ultime… C’est d’un fatigant ! Des exemples ? Page 13, « Comme tu l’avais pressenti, nous étions condamnés dès nos tout premiers instants ». Page suivante : « Mais je ne faisais que retarder l’inévitable »… C’est bourré de phrase comme celles-là, qui te relancent toutes les trois cases et te disent quoi penser, qui t’annoncent toujours tout, qui ne te laissent interpréter l’histoire que d’une seule manière ! Moi, je dis STOP ! Je suis désolé, si l’on veut qu’un récit prenne un sens et une vraie ampleur, il faut laisser au lecteur la possibilité de jouer son rôle de lecteur, c'est-à-dire : interpréter, faire de l’histoire qu’il est en train de lire le terrain de son propre imaginaire. Et je vous passe les mélodramatiques « Grâce à toi, j’assumais enfin ce que j’étais » de la page 37 ou le « Pour la dernière fois nous faisions l’erreur de croire que nous étions libres de décider… »… C’est du surlignage mâtiné de psychologie de supermarché ! C’est par l’image qu’il faut faire passer ça ! Le faire passer par un texte facile, c’est prouver son incapacité à faire de la bd ! Dans cet album, tout étouffe : l’image, complètement enchaînée à ces phrases chocs, les personnages, enfermés dans un récit qui ressemble trop à un synopsis mal dégrossi… Et je ne parle même pas du personnage d’Emma qui n’a absolument aucune personnalité, juste une potiche… Dernière chose : la scène où Yann vient foutre le pistolet sous la tempe de Chirac est non seulement nauséabonde mais ridicule. Elle se voulait peut-être humoristique, mais ce n'est pas passé... Pourquoi je ne lui donne pas une seule étoile, me demanderez-vous? "Parce qu'apparement, t'as vraiment pas aimé...". Et bien, j'avoue que j'ai hésité, non sans sourire au fait que j'en aurais certainement fait crier plus d'un... Et bien, tout simplement parce qu'il y a pire comme bd et que je crois les auteurs sincères. Je ne laisse qu'une étoile qu'aux vraies daubes... Pour moi, "Phenomenum" est juste une bd ratée et maladroite comme il en existe beaucoup d'autres...

16/03/2004 (modifier)
Par okilebo
Note: 4/5
Couverture de la série Broderies
Broderies

A travers cet album, l'auteur nous fait pénétrer dans un univers peu connu des occidentaux. Oui, Marjane Satrapi nous ouvre les portes d'un salon où quelques femmes iraniennes nous confient leurs aventures amoureuses et sexuelles autour d'un thé rédempteur. Le récit est fichtrement bien raconté. D'une certaine manière, on peut dire que l'on rentre dans leur intimité et c'est donc avec beaucoup de joie que l'on partage leurs expériences, leurs audaces et leurs projets. Une histoire peu conventionnelle qui aborde certains sujets tabous mais avec beaucoup de pudeur et aussi beaucoup d'humour. Ce qui m'a séduit c'est que ces femmes ne sont pas toujours tendres avec la gent masculine et on peut parfois y déceler une certaine cruauté dans leur propos. Ceci dit, je pense que cela est justifié. Chacune de ces dames nous narre sa vision des hommes et il faut avouer que cela ne manque pas de piment. De ce fait, l'ensemble est assez révélateur. Le dessin est, lui, très minimaliste mais celui-ci met bien en valeur les propos du récit. Les personnages sont décrits avec beaucoup de sincerité et de réalisme. Sans vouloir être contestataire, Satrapi nous raconte son expérience de femme confrontée au machisme ambiant. Le beau sexe est donc à l'honneur, ici. Laissez-vous tenter par ce one-shot qui vaut franchement le détour. A suivre !

15/03/2004 (modifier)
Par okilebo
Note: 3/5
Couverture de la série Mémoire morte
Mémoire morte

Après avoir lu cette bd, une curieuse comparaison m'est venue à l'esprit : j'ai eu la vague impression d'être devant certains tableaux du peintre Magritte. Pourquoi ? Et bien, tout d'abord parce que l'univers de M-A Mathieu me fait tout simplement penser à ça ; ensuite le coté surréaliste du récit, et pour terminer le personnage principal a un chapeau melon comme beaucoup d'oeuvres que le maître réalisa dans la dernière partie de sa vie ("Le Maitre d'école", "A la recherche du plaisir", ect.). D'ailleurs, je suis persuadé que l'auteur doit être famillier de l'art pictural car il avait déjà abordé ce thème dans Le Dessin. M-A Mathieu nous propose donc un récit décalé mais très bien construit. Le scénario est assez difficile à expliquer et la lecture de ce récit n'est pas des plus faciles. C'est évident qu'il faut éviter de lire cette bd dans un lieu public car je pense que certains éléments risqueraient de vous échapper. Ceci-dit, j'ai beaucoup aimé cette histoire de cité aux dimensions infinies gérée par un ordinateur. Le graphisme de l'auteur est vraiment envoûtant et il est clair que celui-ci contribue à la réussite de l'album. Pourtant aucune nuance n'est visible, Mathieu aime clairement le noir & blanc. Le point fort de son graphisme se situe dans les ombrages, qui sont inquiétants à souhaits. Mémoire Morte n'est peut-être pas une bd accessible pour le grand public mais le talent de cet auteur est indéniable. A lire comme une oeuvre d'art !

15/03/2004 (modifier)
Par cac
Note: 3/5
Couverture de la série La Grippe Coloniale
La Grippe Coloniale

Je l'ai acheté avec enthousiasme, je ne sais pas pourquoi. Et puis finalement ça me plaît mais sans plus. L'histoire est intéressante, ça parle du retour au pays de poilus : un noir non reconnu à sa valeur, un défiguré, un héros de guerre increvable et un petit banal, je dirais. Et ça raconte leur accueil et l'arrivée de cette grippe espagnole arrivée malgré eux. Les dessins sont un peu étranges mais pas repoussants non plus.

15/03/2004 (modifier)
Couverture de la série Gen aux pieds nus (Gen d'Hiroshima)
Gen aux pieds nus (Gen d'Hiroshima)

Tome 1 :
"Gen d'Hiroshima", c'est dix tomes de 270 pages d'une histoire d'inspiration très largement autobiographique. L'auteur a en effet vécu à l'âge de 6 ans les évènements dramatiques qu'il raconte. Ce premier tome commence avant l'explosion de la bombe atomique (il se conclut dessus, en fait), et montre la famille de Gen et les conditions de vie dans le Japon en guerre (en train de la perdre) en 1945. La situation de cette famille n'est guère enviable. Le père, convaincu que la guerre est mauvaise pour le peuple Japonais qui en souffre énormément, passe pour un pacifiste et par là même un traître à sa patrie. Cette honte éclabousse l'ensemble de la famille, qui est rejetée par à peu près tout le monde, de difféntes façons. Ils sont en plus pauvres, ce qui ne fait qu'ajouter à la difficulté de trouver de la nourriture, simplement de quoi subsister... A travers cette situation, Nakazawa nous fait toucher du doigt nombre de thèmes intéressants. Les énumérer serait fastidieux, mais les quelques lignes qui précèdent vous laissent deviner une richesse certaine. L'approche est parfois assez oblique -- quoique remarquablement précise et vivante -- comme avec le personnage de monsieur Pak, qui symbolise les Coréens et la façon dont les Japonais les ont traités... Cependant, il faut passer outre deux aspects qui m'ont longtemps empêché de lire cette série : - le dessin, bien sûr, qui paraît très rond, très naïf, dont le style s'accorde a priori mal à la gravité du sujet et qui peut rebuter, - le côté un peu larmoyant de l'histoire, l'exacerbation des sentiments (je suis malheureux, bouh je pleure. Je suis content, bouh je pleure, etc.). Ca fait un peu penser à "Rémy sans famille" ou au "Tombeau des lucioles", et personnellement je trouve que c'est un peu trop, que ça atténue quelque peu la force du propos, qui me paraît bien suffisante en elle-même sans qu'il soit besoin d'en rajouter... Mais bon, c'est là une manière de faire et on s'y adapte. Pour dire encore un mot sur cet aspect (l'exacerbation des sentiments), on peut choisir de voir cela littéralement, mais aussi de considérer qu'il s'agit d'une façon culturelle de représenter de façon un peu exagérée (et donc plus marquante) la "réalité", ce que je fais pour ma part. Ceci dit, l'ouvrage est d'une grande force, et historiquement passionnant, même pour le néophyte en la matière que je suis. La préface d'Art Spiegelman est elle aussi assez remarquable, et propose un éclairage intéressant. Alors, à lire ? Oui, sans aucun doute et malgré le dessin.
Tome 2 :
Ce second tome raconte l'après explosion... Environ les dix jours qui ont suivi. Lorsqu'on parle de l'explosion nucléaire d'Hiroshima, on voit tous ce gros champignon qui monte, on voit les images de cette ville quasiment rasée, qui n'est littéralement plus qu'un amas de décombres. Ce qu'on ne voit pas, en revanche, c'est tout ce qui est montré dans cet album : les cadavres horriblement mutilés, calcinés, qui partent en morceaux lorsqu'on les saisit, les vivants, brûlés, blessés, véritables zombis dont la peau coule par terre, les effets des radiations, qui font perdre les cheveux, geler en plein soleil et puis mourir en crachant son sang, les gens bloqués dans les décombres et brulés vifs par le gigantesque incendie résultant de l'explosion, les vers qui grouillent dans les plaies, les mouches qui pullulent, les recherches déséspérées des survivants (de leurs proches, de médecins, d'aide, de nourriture...), l'égoïsme qui même (surtout ?) dans cette terrible situation subsiste, voire est exacerbé... Bref, tout ce qu'on ne s'imagine pas d'habitude, c'est la réalité horrible de la chose, qui est ici montrée sans aucune complaisance et dans toute son horreur. Au-delà des petits défauts déjà évoqués pour le tome 1, on peut remarquer que "Gen d'Hiroshhima" raconte les événements "vus par le petit bout de la lorgnette", et que le lecteur qui ne connaît pas son Histoire sur le bout des doigts n'a donc pas de vision globale de la chose. Fort heureusement, Vertige Graphic explique en deux pages le contexte historique, de façon concise, précise et synthétique. Vraiment très bien, ça. De quoi donner envie d'en savoir plus. Et hop, ceci est mon 700ème avis, youpi !

15/03/2004 (modifier)
Par cac
Note: 4/5
Couverture de la série Candélabres
Candélabres

Ah c'est bien, très bien comme bd. Il s'en dégage un côté fantastique et original avec cette source de feu, ces candélabres et à la fois une histoire touchante de la vie de Paul avec l'irruption de Solédango dans sa "vie". C'est Paul qui raconte son histoire passée par tranches à un homme amnésique qu'il est le seul à connaître. C'est clair que l'auteur joue sur l'ambigüité dans les relations entre les sexes, déjà en dessinant des jeunes hommes androgynes, et ensuite en les mettant en scène de manière ambigüe dans leur sexualité. Ca ne m'étonne pas de lire qu'Algésiras aime bien le yaoï. Les dessins sont plutôt beaux, pas très détaillés dans les décors notamment mais les couleurs très réussies apportent beaucoup.

15/03/2004 (modifier)
Couverture de la série Mégots et miracles
Mégots et miracles

:) Voilà le genre de petit album que j'adore. Une histoire toute simple qui découle d'un prétexte, et pourtant merveilleusement développée, sans détour, tout étant mis au service de la narration et du fil directeur. L'ironie et l'humour débordent de partout, et le dessin, absolument excellent voire même parfois carrément jouissif, est en parfait accord avec ce ton décalé. Alors si jamais quelqu'un d'autre lit ce petit album, on va encore entendre la rengaine "oui mais c'est court gnagnagna, et pour 3,10 euros c'est super cher je me suis ruiné aïe ma pauvre famille et en plus j'ai la rougeole". Eh bien, évidemment que c'est court (24 pages), et justement pour un récit court, c'est terriblement efficace et cohérent. Et 3,10 euros pour un album de cette qualité, pour un tel petit moment de bonheur qu'on passe à sourire sans retenue, c'est donné. :)

15/03/2004 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Kid Congo
Kid Congo

Eh bien moi, je n'ai pas aimé cet album. Je reconnais que l'histoire est originale et peut être touchante, mais... Mais déjà je n'aime pas le dessin. Je ne sais pas comment on peut qualifier ce style qu'a Loustal, mais ce que je sais c'est que je n'aime pas lire une BD dessinée ainsi. Ensuite l'histoire... Je n'ai pas accroché aux personnages. Entre ce gentil noir, trop bon trop con (une belle caricature du bon sauvage, d'une certaine manière) et la femme mûre désabusée... Alors quand on aime ni l'un ni l'autre, on a du mal à apprécier cette sorte d'histoire d'amour particulière entre les deux. Et puis tout le reste de l'histoire m'est apparu sordide et noir. Tout ça pour arriver à un final qui m'a laissé froid... Donc autant d'un côté, je reconnais l'originalité du scénario, la reflexion et la qualité du travail de l'auteur, autant la BD qui en est le résultat ne m'a pas plu et je n'en ai tiré aucun plaisir ni interêt à la lecture.

15/03/2004 (modifier)
Par cac
Note: 4/5
Couverture de la série Où le regard ne porte pas...
Où le regard ne porte pas...

Bon je dois bien le reconnaître, cette bd est bien et mérite son succès en ce début d'année. L'histoire est pourtant simple et les dessins ne sont pas géniaux. Heureusement que les couleurs sont réussies sinon ça n'aurait pas du tout le même effet. On a envie d'aller au soleil nous aussi en lisant cet album, j'ai ressenti un peu de Marcel Pagnol à la lecture - et je vois que je ne suis pas le seul - avec cette ambiance, ce soleil, cette famille étrangère sympa qui veut s'intégrer dans ce petit bout d'Italie, cette amitié de jeunesse entre 4 gamins... Une réussite à suivre dans le deuxième et dernier tome. Tome 2 Le 30 août 2004. Faut bien avouer que l'histoire et son ambiance n'ont pas grand chose à voir avec le premier tome. On ne retrouve plus ce parfum d'enfance puisque tous ces gens ont pris 20 ans, et sont toujours à moitié amoureux de notre belle. Celle-ci va les entraîner dans un périple au Costa Rica pour retrouver son jules, et on a un vague lien avec l'histoire précédente et la "relation" qui unit les 4 protagonistes. Bref je laisse tout de même 4/5 car ça m'a quand même bien plu. Les dessins sont identiques au premier opus, de même que les très belles couleurs.

15/03/2004 (modifier)
Couverture de la série White Sonya
White Sonya

Le dessin très très particulier de Loustal, avec son aspect parfois trop géométrique, ses couleurs très chamarrées (qu'on dirait souvent faites aux crayons de couleur), les traits tordus des personnages qui ne sont pas sans rappeler certaines oeuvres cubistes... tout cela n'est pas vraiment pour me plaire. Quand en plus il modifie la perception que le lecteur a du scénario, de sorte que d'une histoire somme toute assez classique mais tout de même pas mal -- assez fataliste de par le fait que l'héroïne ne parvient pas à se sortir des mailles de ce filet même en voulant corps et âme y échapper -- on ne retient qu'une espèce de soupe polardesque vite oubliée, il signe pour moi la fin de mes lectures de cet auteur. Par contre si vous arrivez à passer le cap du dessin, l'histoire pourra vous plaire...

15/03/2004 (modifier)