Ah ah, la guerre de Troie en bd, bin voyons, encore une adaptation toute pourrie faite par un scénariste sans inspiration ! :)
Eh bien, pas tout à fait... Comme le dit la postface, raconter la guerre de Troie en bd, ça n'est pas si facile. Car il faut partir de fragments épars, parfois contradictoires, des sources historiques avérées, d'autres plus questionnables, et à partir de ce matériau hétéroclite, sortir une histoire cohérente... ce qui est peut-être plus difficile encore que d'en créer une à partir de rien.
Et pourtant l'auteur s'en sort plus que bien : l'ensemble présente une vision cohérente de l'époque, de tous ces personnages, et va au-delà de la "simple" histoire connue de tout le monde, en exposant des motivations un peu creusées, entre honneur, motivations politiques et économiques, et croyances en des divinités parfois capricieuses.
Les choix faits par Shanower sont nombreux, et apparaissent avec plus ou moins de clarté lors de la lecture. Le plus évident concerne sans doute les dieux, et tout ce qui touche à la mythologie : les dieux ne marchent pas parmi les hommes, mais ceux-ci ont des rêves, des visions, qui leur sont attribués (à tort ou à raison).
Ceci étant dit, j'ai tout de même du mal à comprendre que cette série ait remporté deux Eisner Awards... Le dessin n'est en effet pas vraiment extraordinaire : très chargé, avec des visages aux expressions souvent (trop) outrées, focalisant l'attention quasi-exclusivement sur les visages en question, personnellement il me rebutait au début et ne me plaît toujours pas plus que ça.
Par ailleurs, j'ai l'impression que l'auteur a tout simplement éludé certaines difficultés. Ainsi, dans tout cet album (200 pages), on ne voit pas une seule fois un personnage en train de manger. Et quand un banquet doit avoir lieu, c'est entre deux cases successives qu'il passe. Pourquoi ? C'est si difficile que ça de faire un banquet ? Ô_ô
Voilà. Album intéressant, mais à mon avis pas indispensable sauf peut-être pour les amateurs du genre, et probablement les littéraires.
Après un "Quarterback" des plus décevant, je me suis rattrapé avec "Station debout", un très bon polar de la collection Sang froid.
Le fait que Chauvel développe son histoire sur un seul tome est pour beaucoup dans la réussite de cet album ! Cela donne plus de corps et d'intensité au récit, tout comme le N&B de Ehretsmann qui est bien à propos.
Le récit est construit sous forme de chapitres. Au fur et à mesure qu'on avance dans la lecture, plusieurs flashs-back ponctuent le récit et viennent lever un coin du voile du passé des protagonistes. Le flou qui plane sur les dernière pages est typique de Chauvel, sa signature en quelque sorte...
Je n'y connais pas grand chose en football américain (en foot européen non plus d'ailleurs :)). Ce milieu, choisi par Chauvel pour développer son intrigue, n'est qu'un prétexte. Ca aurait pu tout aussi bien se passer dans le milieu impitoyable des joueurs de pétanque de la côte ouest! Une fois le milieu choisi, l'auteur développe son récit sur 3 tomes pour le conclure tant bien que mal avec le 4ème. En effet, je peux dire que c'est sans conteste le plus mauvais "Chauvel" que j'ai pu lire. L'histoire n'avance quasiment pas et les explications, qui tardent à venir, sont balancées dans le dernier opus, comme une vieille chaussette sur une descente de lit. Ce n'est pas passionnant, en un mot : décevant !
Quant au dessin, c'est vrai qu'il est perfectible. Pour ma part j'y suis indifférent, et si le scénario avait assuré de son côté, cela aurait fait une bonne bd. Une petite remarque sur la mise en couleur : je préfère le pinceau de Cochet à l'ordi d'Araldi...
C'est un peu moyen, il s'agit de gags en une page, une image. Certains sont drôles et bien pensés, d'autres non. Alors je n'en ai plus en tête de drôles, mais ça joue sur les mots, c'est pas mal.
Le dessin est ma foi bon, même si ce n'est pas un argument de vente pour ce genre d'album.
Vraiment sympa ce polar. Ici, pas d'effet film américain, avec des policiers bodybuildés et des poursuites à travers la ville. On est dans le réaliste, limite sordide par moment. Les personnages, notamment, sont vraiment réussis, avec chacun leur sensibilité, et un bon rendu des rapports amicaux qu'ils entretiennent. Un très bon premier tome.
Par ailleurs, j'adore le dessin, faussement naïf. J'ai pu voir Efix à l'oeuvre lors d'une dédicace, et je dois dire que pour l'instant, c'est le dessinateur qui m'a le plus impressionné.
A suivre.
Contrairement à l'avis précédent, je trouve le quatrième tome plus réussi que les précédents, surtout au niveau du dessin. Le scénario, bien qu'il verse plus dans le polar, me semble aussi peu abouti que dans les tomes 1, 2 et 3.
Par contre, je viens de lire le 5ème tome, et je dois dire que je suis très enthousiaste. Maleev, le dessinateur du 4ème, reste aux commandes de ce nouveau récit tandis que McFarlane succède à Bendis au scénario. C'est là que réside la véritable nouveauté et il serait malvenu de s'en plaindre quand on voit la qualité de l'intrigue. Moins bavard que Bendis, McFarlane apporte un tempo différent, plus reposant, ce qui ne l'empêche nullement de nous gratifier de dialogues très soignés. Le tout donne un thriller on ne peut plus solide qui donne par moment la chair de poule. Le dessin, quant à lui, est au top ! Bref, il s'agit pour moi du meilleur épisode de la série, plus classique mais aussi plus performant, dommage cependant qu'il réclame une suite. To be continued...
Cela fait aujourd’hui même précisément 10 ans, jour pour jour, que Kurt Cobain, leader de Nirvana, s’est fait sauter le caisson, sans doute pour ne pas assister au triste spectacle qu’offre aujourd’hui l’industrie de la musique, avec son cortège de « stars » élues par SMS à la télé par des gamines de 10 ans, de chanteurs multimillionnaires pleurnichant après les sous que le mp3 et le p2p les empêchent de gagner, de David Bowie faisant l’homme-sandwich pour de l’eau minérale, d'Ozzy Osbourne tentant de relancer sa carrière en devenant une vedette de la télé-réalité, de rappeurs clamant leur haine de la société tout en s’achetant des Benz-Benz-Benz et en devenant chefs d’entreprises de vêtements de sports comme le premier bourgeois venu, de chansons des Beatles ou des Stooges servant de fond sonore à des pubs pour des banques, des assurances ou des bagnoles... Rien que de penser à ce que je viens d'écrire, tiens, pour le coup moi aussi j'ai presque envie de me tirer une balle dans la bouche...
Putain, 10 ans, voilà qui ne nous rajeunit pas, les gars…
Bon, bref. Anniversaire oblige, il va falloir s’attendre à une pelletée d’"hommages" (comprenez : produits dérivés) en tous genres. C’est ce médiocre comic qui ouvre le bal… ça démarre bien…
Les auteurs ne font que survoler la vie pourtant brève de Cobain, effleurant à peine tous les sujets qu’ils semblaient vouloir aborder, trouvant des explications simples et superficielles à tout… Pourquoi Cobain était si profondément malheureux ? Bah, c’est parce que ses parents ont divorcé quand il était p’tit. Pourquoi il s’est suicidé ? Bah, à force de se défoncer à l’héroïne, il avait plus les idées claires (bon, encore heureux qu’ils ne nous sortent pas la fameuse et fumeuse théorie du « C’est pas un suicide, il a été assassiné par un tueur à la solde de l’horrible Courtney Love »). Sa musique ? Des cris à s’en déchirer la gorge, rythmés par une bonne grosse batterie bien forte et bien rapide (eh ouais, faut faire simple, Coco, faut donner envie d’acheter ses disques à la génération qui était trop jeune pour s’y intéresser dans les années 90, mais qui a 16-20 ans aujourd’hui, et les "rebelles" de cette génération-là, nourris de néo-métal à base de « j’ai rien à dire, mais je chante fort, vite, j’ai une grosse guitare trop cool, une barbichette trop cool et un piercing trop cool à l’arcade sourcilière », si tu veux les convaincre que malgré leur vieux look ringard, les Nirvana sont cools, il faut leur livrer un message simple, Coco !). Ses textes ? Aucun commentaire ou explication, seuls quelques courts passages de chanson sont mentionnés de-ci de-là… Le phénomène Smells Like Teen Spirit, qui a transformé en quelques jours une bande de chevelus inconnus en stars planétaires, qui a fini par dégoûter Cobain de ce qu’il faisait et de ce qu’on faisait de lui, est réduit à la simple anecdote qui explique d’où vient son titre. Presque rien sur le rapport aux fans, sur la façon dont on a proclamé contre son gré Cobain porte-parole de la "Génération X", sur les raisons profondes du malaise de Cobain et de cette génération, sur ce qu'on a appelé le mouvement "grunge"... Presque rien sur les tensions au sein du groupe, Novoselic et Grohl (respectivement bassiste et batteur) étant presque réduits à des rôles de figurants (et le 4ème membre du groupe, Pat Smear, arrivé sur le tard, n’est même jamais mentionné). Le rôle de Courtney Love est un peu plus étoffé, mais néanmoins limité à une caricature idiote de pauvre poupée Barbie héroïnomane. Et pour en revenir à Kurt Cobain lui-même, le personnage apparaît pour ainsi dire « aseptisé »… On a vraiment l’impression que cette BD est une commande de la maison de disques, qui voulait une sorte de brochure publicitaire gentillette pour vendre Kurt Cobain et Nirvana aux teens d’aujourd’hui. Alors bien sûr, pour lui garder un côté "cool", il dit des gros mots, fait des doigts d’honneur et casse des guitares sur scène. Mais il apparaît creux, vide, comme s’il n’avait rien à dire, comme s’il n’avait été qu’un singe hurleur qui voulait faire du bruit pour s’éclater, comme s’il n’avait jamais eu aucun message à faire passer à travers sa musique, ses textes, ses interviews, ses attitudes, comme s’il n’avait jamais eu de révolte en lui mais n’avait été mû que par un besoin de se dépenser et par le rêve d’être une star (quand je vous dis que le discours est adapté aux teens d’aujourd’hui !). Le traitement de sa toxicomanie et de son suicide est à l’avenant… Bien sûr, on en parle, parce que là encore ça ajoute au "romantisme noir" du personnage, mais le discours est soigneusement lissé et policé pour évacuer le sens gênant qu’on pourrait trouver derrière ces gestes. Pas question par exemple de dire que, comme une grande majorité d’artistes, Cobain utilisait la drogue comme moteur à sa créativité. Pas question de dire qu’il se défonçait complètement pour échapper à la réalité d’un monde de merde. Non, non, Cobain s’est mis à prendre de la drogue pour faire comme les copains, parce que ça faisait cool, il a continué à en prendre parce qu’il y était physiquement accro, et ça l’a complètement détruit ; toi, jeune qui nous lit, surtout ne cherche pas à l’imiter, la drogue c’est mal ! Même chose pour le suicide, il apparaît comme la conséquence directe de ses abus d’héro, qui lui faisaient perdre la raison ; l’idée qu’il était infiniment malheureux malgré la richesse, la gloire et la famille ; qu’il voulait en finir avec le star-system ; qu’il voulait échapper à ce que le monde du show-biz et des médias faisait de lui ; dire merde une bonne fois pour toutes à un monde qui le dégoûtait ; prouver que, contrairement aux autres stars du "grunge" qui, tout en chantant le désespoir parce que c’est ce que la jeunesse de l’époque voulait entendre, menaient la grande vie, lui ne faisait pas semblant… rien de cela n’est réellement développé…
Alors on pourrait toujours se dire qu’après tout, tout ça est un point de vue comme un autre, que le sous-titre du bouquin précise bien qu’il ne s’agit pas de LA vie de Kurt Cobain, mais d’une vie, sous-entendu une version possible de sa vie. Mais comme le narrateur choisi par les auteurs n’est autre que Cobain lui-même, l’excuse a bien du mal à passer…
Je ne m’étends pas trop sur la maladresse pompeuse de certains passages pseudo-poétiques… Cobain enfant qui tape sur sa batterie-jouet et qui, se faisant sent qu’il "dialogue avec l’univers" (vous pensiez beaucoup à dialoguer avec l’univers quand vous aviez 6 ans vous ?)… Cobain représenté avec des ailes brisées (image reprise en couverture) façon "Kurt, ce pauvre ange déchu"…
Pour ne rien arranger, le dessin est plutôt moche, aucun des personnages ne ressemble à son modèle (à part peut-être Courtney Love, et encore je suis indulgent)…
Non, vraiment, rien à sauver dans ce comic uniquement destiné à l’exploitation commerciale du mythe Cobain. Fans de Nirvana et fans de bonne BD, passez votre chemin !
Le tome 3 de série est dans le même ton que les deux premiers. Le scénario est toujours aussi bien calibré, même si le mystère n'en est plus un (mais JD Morvan nous a promis que cela ne fait en fait que commencer).
Le dessin de Parel est bien mais sans plus, et je trouve qu'il s'est un peu modifié par rapport au tome 2, qui pour moi reste le meilleur. Les couleurs sont pas mal du tout, valent bien en tout celles de Colors Twins. Mais de toute façon, je suis sûr que le dessin de Parel est bien mieux mis en valeur en N/B.
3/5 donc, car cette série est pas mal du tout.
Depuis le temps qu'on me tanait avec "Dans l'cochon tout est bon", je n'ai pas pu résister à l'envie de le lire.
C'est bien un album dans ce genre là que j'attendais, mais je pensais éprouver un réel intérêt pour cette histoire... mais j'attends encore.
Le dessin est agréable, mais ce n'est pas ça le problème (ce serait trop simple). En fait, j'ai été impressionné par tous les aspects technique de ce tome, mais dans l'ensemble, ça ne m'a pas du tout intéressé, je me suis un peu ennuyé même...
Ceci dit, j'ai quand même envie de lire le 2nd tome, parce que cette BD a des qualités et un style que j'apprécie habituellement beaucoup.
Ce qui frappe dans cet album, c'est bien évidemment le dessin. A la fois dépouillé dans ses éléments, et fouillé de par son mélange impressionnant de couleurs, il hésite entre un réalisme photographique pour certains visages et un superbe fouillis de couleurs le reste du temps, créant une ambiance vraiment unique et particulièrement adaptée au sujet.
Steve Niles le dit lui-même : s'il y a bien une chose qui me terrifie rien qu'à y penser, c'est l'idée d'être prisonnier au milieu de nulle part, encerclé, sans personne qui puisse venir à l'aide, et nulle part où se tourner. Autant dire que l'ambiance est sombre.
Les visages des vampires sont assez terribles, tout en dents et en méchanceté inhumaine, à faire frissonner... mais pour autant, le traitement réservé à cette histoire est un peu particulier : finalement assez rapide (le tout fait moins de 90 pages), les longueurs sont évitées, et en particulier les auteurs ne s'attardent pas sur le massacre fait par les vampires. C'est bien sûr à double tranchant : on gagne en efficacité et on évite une lassitude et un épuisement du sujet, mais on perd un peu en horreur et en ambiance. Le parfait opposé pourrait d'ailleurs être Dragon Head, où l'action est étirée ad eternam sur 10 interminables volumes.
Cet album est donc assez vite lu, et sans être extraordinaire, se révèle cependant intéressant de par l'ambiance que son scénario original et son graphisme atypique et véritablement fascinant suscitent, et qui risquent de vous envouter le temps de la lecture, et peut-être même un peu au-delà.
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L'Âge de Bronze
Ah ah, la guerre de Troie en bd, bin voyons, encore une adaptation toute pourrie faite par un scénariste sans inspiration ! :) Eh bien, pas tout à fait... Comme le dit la postface, raconter la guerre de Troie en bd, ça n'est pas si facile. Car il faut partir de fragments épars, parfois contradictoires, des sources historiques avérées, d'autres plus questionnables, et à partir de ce matériau hétéroclite, sortir une histoire cohérente... ce qui est peut-être plus difficile encore que d'en créer une à partir de rien. Et pourtant l'auteur s'en sort plus que bien : l'ensemble présente une vision cohérente de l'époque, de tous ces personnages, et va au-delà de la "simple" histoire connue de tout le monde, en exposant des motivations un peu creusées, entre honneur, motivations politiques et économiques, et croyances en des divinités parfois capricieuses. Les choix faits par Shanower sont nombreux, et apparaissent avec plus ou moins de clarté lors de la lecture. Le plus évident concerne sans doute les dieux, et tout ce qui touche à la mythologie : les dieux ne marchent pas parmi les hommes, mais ceux-ci ont des rêves, des visions, qui leur sont attribués (à tort ou à raison). Ceci étant dit, j'ai tout de même du mal à comprendre que cette série ait remporté deux Eisner Awards... Le dessin n'est en effet pas vraiment extraordinaire : très chargé, avec des visages aux expressions souvent (trop) outrées, focalisant l'attention quasi-exclusivement sur les visages en question, personnellement il me rebutait au début et ne me plaît toujours pas plus que ça. Par ailleurs, j'ai l'impression que l'auteur a tout simplement éludé certaines difficultés. Ainsi, dans tout cet album (200 pages), on ne voit pas une seule fois un personnage en train de manger. Et quand un banquet doit avoir lieu, c'est entre deux cases successives qu'il passe. Pourquoi ? C'est si difficile que ça de faire un banquet ? Ô_ô Voilà. Album intéressant, mais à mon avis pas indispensable sauf peut-être pour les amateurs du genre, et probablement les littéraires.
Station Debout
Après un "Quarterback" des plus décevant, je me suis rattrapé avec "Station debout", un très bon polar de la collection Sang froid. Le fait que Chauvel développe son histoire sur un seul tome est pour beaucoup dans la réussite de cet album ! Cela donne plus de corps et d'intensité au récit, tout comme le N&B de Ehretsmann qui est bien à propos. Le récit est construit sous forme de chapitres. Au fur et à mesure qu'on avance dans la lecture, plusieurs flashs-back ponctuent le récit et viennent lever un coin du voile du passé des protagonistes. Le flou qui plane sur les dernière pages est typique de Chauvel, sa signature en quelque sorte...
Quarterback
Je n'y connais pas grand chose en football américain (en foot européen non plus d'ailleurs :)). Ce milieu, choisi par Chauvel pour développer son intrigue, n'est qu'un prétexte. Ca aurait pu tout aussi bien se passer dans le milieu impitoyable des joueurs de pétanque de la côte ouest! Une fois le milieu choisi, l'auteur développe son récit sur 3 tomes pour le conclure tant bien que mal avec le 4ème. En effet, je peux dire que c'est sans conteste le plus mauvais "Chauvel" que j'ai pu lire. L'histoire n'avance quasiment pas et les explications, qui tardent à venir, sont balancées dans le dernier opus, comme une vieille chaussette sur une descente de lit. Ce n'est pas passionnant, en un mot : décevant ! Quant au dessin, c'est vrai qu'il est perfectible. Pour ma part j'y suis indifférent, et si le scénario avait assuré de son côté, cela aurait fait une bonne bd. Une petite remarque sur la mise en couleur : je préfère le pinceau de Cochet à l'ordi d'Araldi...
Vous reverrez cette armoire
C'est un peu moyen, il s'agit de gags en une page, une image. Certains sont drôles et bien pensés, d'autres non. Alors je n'en ai plus en tête de drôles, mais ça joue sur les mots, c'est pas mal. Le dessin est ma foi bon, même si ce n'est pas un argument de vente pour ce genre d'album.
Lieutenant Kate
Vraiment sympa ce polar. Ici, pas d'effet film américain, avec des policiers bodybuildés et des poursuites à travers la ville. On est dans le réaliste, limite sordide par moment. Les personnages, notamment, sont vraiment réussis, avec chacun leur sensibilité, et un bon rendu des rapports amicaux qu'ils entretiennent. Un très bon premier tome. Par ailleurs, j'adore le dessin, faussement naïf. J'ai pu voir Efix à l'oeuvre lors d'une dédicace, et je dois dire que pour l'instant, c'est le dessinateur qui m'a le plus impressionné. A suivre.
Sam & Twitch
Contrairement à l'avis précédent, je trouve le quatrième tome plus réussi que les précédents, surtout au niveau du dessin. Le scénario, bien qu'il verse plus dans le polar, me semble aussi peu abouti que dans les tomes 1, 2 et 3. Par contre, je viens de lire le 5ème tome, et je dois dire que je suis très enthousiaste. Maleev, le dessinateur du 4ème, reste aux commandes de ce nouveau récit tandis que McFarlane succède à Bendis au scénario. C'est là que réside la véritable nouveauté et il serait malvenu de s'en plaindre quand on voit la qualité de l'intrigue. Moins bavard que Bendis, McFarlane apporte un tempo différent, plus reposant, ce qui ne l'empêche nullement de nous gratifier de dialogues très soignés. Le tout donne un thriller on ne peut plus solide qui donne par moment la chair de poule. Le dessin, quant à lui, est au top ! Bref, il s'agit pour moi du meilleur épisode de la série, plus classique mais aussi plus performant, dommage cependant qu'il réclame une suite. To be continued...
Godspeed - Une vie de Kurt Cobain
Cela fait aujourd’hui même précisément 10 ans, jour pour jour, que Kurt Cobain, leader de Nirvana, s’est fait sauter le caisson, sans doute pour ne pas assister au triste spectacle qu’offre aujourd’hui l’industrie de la musique, avec son cortège de « stars » élues par SMS à la télé par des gamines de 10 ans, de chanteurs multimillionnaires pleurnichant après les sous que le mp3 et le p2p les empêchent de gagner, de David Bowie faisant l’homme-sandwich pour de l’eau minérale, d'Ozzy Osbourne tentant de relancer sa carrière en devenant une vedette de la télé-réalité, de rappeurs clamant leur haine de la société tout en s’achetant des Benz-Benz-Benz et en devenant chefs d’entreprises de vêtements de sports comme le premier bourgeois venu, de chansons des Beatles ou des Stooges servant de fond sonore à des pubs pour des banques, des assurances ou des bagnoles... Rien que de penser à ce que je viens d'écrire, tiens, pour le coup moi aussi j'ai presque envie de me tirer une balle dans la bouche... Putain, 10 ans, voilà qui ne nous rajeunit pas, les gars… Bon, bref. Anniversaire oblige, il va falloir s’attendre à une pelletée d’"hommages" (comprenez : produits dérivés) en tous genres. C’est ce médiocre comic qui ouvre le bal… ça démarre bien… Les auteurs ne font que survoler la vie pourtant brève de Cobain, effleurant à peine tous les sujets qu’ils semblaient vouloir aborder, trouvant des explications simples et superficielles à tout… Pourquoi Cobain était si profondément malheureux ? Bah, c’est parce que ses parents ont divorcé quand il était p’tit. Pourquoi il s’est suicidé ? Bah, à force de se défoncer à l’héroïne, il avait plus les idées claires (bon, encore heureux qu’ils ne nous sortent pas la fameuse et fumeuse théorie du « C’est pas un suicide, il a été assassiné par un tueur à la solde de l’horrible Courtney Love »). Sa musique ? Des cris à s’en déchirer la gorge, rythmés par une bonne grosse batterie bien forte et bien rapide (eh ouais, faut faire simple, Coco, faut donner envie d’acheter ses disques à la génération qui était trop jeune pour s’y intéresser dans les années 90, mais qui a 16-20 ans aujourd’hui, et les "rebelles" de cette génération-là, nourris de néo-métal à base de « j’ai rien à dire, mais je chante fort, vite, j’ai une grosse guitare trop cool, une barbichette trop cool et un piercing trop cool à l’arcade sourcilière », si tu veux les convaincre que malgré leur vieux look ringard, les Nirvana sont cools, il faut leur livrer un message simple, Coco !). Ses textes ? Aucun commentaire ou explication, seuls quelques courts passages de chanson sont mentionnés de-ci de-là… Le phénomène Smells Like Teen Spirit, qui a transformé en quelques jours une bande de chevelus inconnus en stars planétaires, qui a fini par dégoûter Cobain de ce qu’il faisait et de ce qu’on faisait de lui, est réduit à la simple anecdote qui explique d’où vient son titre. Presque rien sur le rapport aux fans, sur la façon dont on a proclamé contre son gré Cobain porte-parole de la "Génération X", sur les raisons profondes du malaise de Cobain et de cette génération, sur ce qu'on a appelé le mouvement "grunge"... Presque rien sur les tensions au sein du groupe, Novoselic et Grohl (respectivement bassiste et batteur) étant presque réduits à des rôles de figurants (et le 4ème membre du groupe, Pat Smear, arrivé sur le tard, n’est même jamais mentionné). Le rôle de Courtney Love est un peu plus étoffé, mais néanmoins limité à une caricature idiote de pauvre poupée Barbie héroïnomane. Et pour en revenir à Kurt Cobain lui-même, le personnage apparaît pour ainsi dire « aseptisé »… On a vraiment l’impression que cette BD est une commande de la maison de disques, qui voulait une sorte de brochure publicitaire gentillette pour vendre Kurt Cobain et Nirvana aux teens d’aujourd’hui. Alors bien sûr, pour lui garder un côté "cool", il dit des gros mots, fait des doigts d’honneur et casse des guitares sur scène. Mais il apparaît creux, vide, comme s’il n’avait rien à dire, comme s’il n’avait été qu’un singe hurleur qui voulait faire du bruit pour s’éclater, comme s’il n’avait jamais eu aucun message à faire passer à travers sa musique, ses textes, ses interviews, ses attitudes, comme s’il n’avait jamais eu de révolte en lui mais n’avait été mû que par un besoin de se dépenser et par le rêve d’être une star (quand je vous dis que le discours est adapté aux teens d’aujourd’hui !). Le traitement de sa toxicomanie et de son suicide est à l’avenant… Bien sûr, on en parle, parce que là encore ça ajoute au "romantisme noir" du personnage, mais le discours est soigneusement lissé et policé pour évacuer le sens gênant qu’on pourrait trouver derrière ces gestes. Pas question par exemple de dire que, comme une grande majorité d’artistes, Cobain utilisait la drogue comme moteur à sa créativité. Pas question de dire qu’il se défonçait complètement pour échapper à la réalité d’un monde de merde. Non, non, Cobain s’est mis à prendre de la drogue pour faire comme les copains, parce que ça faisait cool, il a continué à en prendre parce qu’il y était physiquement accro, et ça l’a complètement détruit ; toi, jeune qui nous lit, surtout ne cherche pas à l’imiter, la drogue c’est mal ! Même chose pour le suicide, il apparaît comme la conséquence directe de ses abus d’héro, qui lui faisaient perdre la raison ; l’idée qu’il était infiniment malheureux malgré la richesse, la gloire et la famille ; qu’il voulait en finir avec le star-system ; qu’il voulait échapper à ce que le monde du show-biz et des médias faisait de lui ; dire merde une bonne fois pour toutes à un monde qui le dégoûtait ; prouver que, contrairement aux autres stars du "grunge" qui, tout en chantant le désespoir parce que c’est ce que la jeunesse de l’époque voulait entendre, menaient la grande vie, lui ne faisait pas semblant… rien de cela n’est réellement développé… Alors on pourrait toujours se dire qu’après tout, tout ça est un point de vue comme un autre, que le sous-titre du bouquin précise bien qu’il ne s’agit pas de LA vie de Kurt Cobain, mais d’une vie, sous-entendu une version possible de sa vie. Mais comme le narrateur choisi par les auteurs n’est autre que Cobain lui-même, l’excuse a bien du mal à passer… Je ne m’étends pas trop sur la maladresse pompeuse de certains passages pseudo-poétiques… Cobain enfant qui tape sur sa batterie-jouet et qui, se faisant sent qu’il "dialogue avec l’univers" (vous pensiez beaucoup à dialoguer avec l’univers quand vous aviez 6 ans vous ?)… Cobain représenté avec des ailes brisées (image reprise en couverture) façon "Kurt, ce pauvre ange déchu"… Pour ne rien arranger, le dessin est plutôt moche, aucun des personnages ne ressemble à son modèle (à part peut-être Courtney Love, et encore je suis indulgent)… Non, vraiment, rien à sauver dans ce comic uniquement destiné à l’exploitation commerciale du mythe Cobain. Fans de Nirvana et fans de bonne BD, passez votre chemin !
7 secondes
Le tome 3 de série est dans le même ton que les deux premiers. Le scénario est toujours aussi bien calibré, même si le mystère n'en est plus un (mais JD Morvan nous a promis que cela ne fait en fait que commencer). Le dessin de Parel est bien mais sans plus, et je trouve qu'il s'est un peu modifié par rapport au tome 2, qui pour moi reste le meilleur. Les couleurs sont pas mal du tout, valent bien en tout celles de Colors Twins. Mais de toute façon, je suis sûr que le dessin de Parel est bien mieux mis en valeur en N/B. 3/5 donc, car cette série est pas mal du tout.
Les Aventures de Philibert
Depuis le temps qu'on me tanait avec "Dans l'cochon tout est bon", je n'ai pas pu résister à l'envie de le lire. C'est bien un album dans ce genre là que j'attendais, mais je pensais éprouver un réel intérêt pour cette histoire... mais j'attends encore. Le dessin est agréable, mais ce n'est pas ça le problème (ce serait trop simple). En fait, j'ai été impressionné par tous les aspects technique de ce tome, mais dans l'ensemble, ça ne m'a pas du tout intéressé, je me suis un peu ennuyé même... Ceci dit, j'ai quand même envie de lire le 2nd tome, parce que cette BD a des qualités et un style que j'apprécie habituellement beaucoup.
30 jours de nuit
Ce qui frappe dans cet album, c'est bien évidemment le dessin. A la fois dépouillé dans ses éléments, et fouillé de par son mélange impressionnant de couleurs, il hésite entre un réalisme photographique pour certains visages et un superbe fouillis de couleurs le reste du temps, créant une ambiance vraiment unique et particulièrement adaptée au sujet. Steve Niles le dit lui-même : s'il y a bien une chose qui me terrifie rien qu'à y penser, c'est l'idée d'être prisonnier au milieu de nulle part, encerclé, sans personne qui puisse venir à l'aide, et nulle part où se tourner. Autant dire que l'ambiance est sombre. Les visages des vampires sont assez terribles, tout en dents et en méchanceté inhumaine, à faire frissonner... mais pour autant, le traitement réservé à cette histoire est un peu particulier : finalement assez rapide (le tout fait moins de 90 pages), les longueurs sont évitées, et en particulier les auteurs ne s'attardent pas sur le massacre fait par les vampires. C'est bien sûr à double tranchant : on gagne en efficacité et on évite une lassitude et un épuisement du sujet, mais on perd un peu en horreur et en ambiance. Le parfait opposé pourrait d'ailleurs être Dragon Head, où l'action est étirée ad eternam sur 10 interminables volumes. Cet album est donc assez vite lu, et sans être extraordinaire, se révèle cependant intéressant de par l'ambiance que son scénario original et son graphisme atypique et véritablement fascinant suscitent, et qui risquent de vous envouter le temps de la lecture, et peut-être même un peu au-delà.