Horace, Cheval de l'Ouest, était l'un des classiques de Pif Gadget (il en fera d'ailleurs bien souvent la couverture pour présenter les gadgets). Mais il est également sorti en album, sous la forme d'un recueil de quelques-uns seulement des innombrables gags dessinés par Jean Poirier.
Il s'agit d'un western un peu délirant. L'auteur joue aussi bien sur la note de l'humour "classique" que de l'humour déjanté (Horace a quasiment en permanence le dessus sur son cavalier et inverse les rôles monture/cavalier avec lui, ou alors il lui arrive de se transformer en super-justicier, etc...). Il lui arrive aussi parfois de jouer sur le support même de la BD, Horace et son cavalier sortant parfois du "décor" au risque de dévoiler comment se construit une BD, ou bien les deux personnages apparaissant ailleurs dans le journal Pif ou faisant apparaître des personnages d'autres séries dans leurs cases.
De manière général, l'humour de cette série n'a pas tellement vieilli et reste bien sympathique. J'ai une préférence pour le personnage de Horace lui-même, qui sous son allure de cheval blasé et intello, cache un comportement parfois complètement différent, parfois sadique, parfois victime, parfois délirant...
Ah, il s'agit là d'un classique de la BD Western totalement délirante, voire complètement folle. Chaque case est bourrée de gags, d'invraisemblances, de détails absurdes. Et les histoires en elles-mêmes ne sont pas mieux, totalement déjantées. C'en est impressionnant et indubitablement, c'est là une BD à part et mémorable dans le genre.
L'ennui, c'est que cet humour ne me fait pas rire. Que les histoires sont trop délirantes, même pour moi. Que le dessin est tellement fouilli et déformé (exprès) que j'en ai du mal à suivre l'histoire elle-même. Les textes eux-mêmes sont trop abondants et déformés (argot ou langage compressé "komssa sivou voyéske jveu dire"). Et donc, de manière générale, j'avoue ne pas franchement aimer cette BD.
Cela reste cependant indéniablement une curiosité.
Moi, j'aime bien le dessin de Colin Colas. Il est très classique mais dynamique et bien foutu, je trouve.
Quant aux histoires de Colin Colas, elles sont souvent délirantes, presque anachroniques. Je les trouvais très sympas étant jeune, et je prends encore plaisir à relire quelques pages de nos jours : ça n'a pas vieilli et même si le public est jeune, je trouve que les histoires n'étaient pas bêtes du tout et encore sympas à lire étant adulte.
Bref, une BD de pirates et d'humour bien sympa.
Mais pourquoi vais-je lire des BD dont je sais à l'avance que je ne vais pas aimer ? Si c'est par espoir d'en trouver une un peu mieux que ce à quoi je m'attendais, et bien c'est raté pour cette fois. :(
La Maison Winchester est une histoire de fantômes, qui se veut réaliste mais qui manque de crédibilité. Résultat : je n'accroche pas du tout. Peut-être que ceux qui aiment le genre apprécieront celle-là, j'ai lu de bonnes critiques ailleurs, mais pour moi ça reste très creux.
A part la maison (là j'avoue, le coup de cette maison tellement tarabiscotée qu'on n'arrive pas à se mettre d'accord sur un plan, ça m'a bien plu. Dommage que ce soit le seul truc de toute la BD), toute l'histoire est banale et prévisible. On raconte en parallèle l'histoire de la construction de la demeure et sa visite par un groupe de touristes un siècle plus tard. Les passages d'une époque à l'autre ne sont pas trop mal faits, on comprend bien ce qui se passe, mais imposible (pour moi tout du moins) de rentrer dans l'ambiance ou bien de m'intéresser à certains des personnages. Ce qui me gène le plus, c'est que pour moi, du fantastique, c'est une ambiance distillée progressivement, et là, on a le droit à des hurlements ou des gémissements (j'allais dire : pré-enregistrés) en travers des cases, et des incantations pour les contrer.
Quant aux dessins... beuh... Je sais pas quelle technique le dessinateur a utilisée, mais ça n'a rien à voir avec ce que j'avais déjà vu de lui. Les traits sont flous, les couleurs ternes, y a de temps en temps un espèce de vague effet spécial qui rajoute encore du flou sur l'image, les visages sont attrocement statiques...
J'ai eu une drôle d'approche avec Kochka. Tout d'abord, je l'ai lu d'une traite, un peu en diagonale. L'album refermé, j'ai eu l'étrange impression de ne rien avoir compris. J'ai reessayé de le lire, et arrivé au milieu, la femme de ma vie a eu besoin d'un petit câlin, alors j'ai laissé tomber. Puis je m'y suis remis sérieusement, avec attention et application. Et là, même constat, je n'ai pas compris grand-chose ; le scénario part dans tous les sens, on a l'impression de suivre deux histoires distinctes, mais le passage de l'une à l'autre n'est pas aisé... Et c'est quoi ce chat qui parle ? Il faudra sans doute lire la suite pour se faire réellement une idée.
Par contre, au niveau du dessin, impossible de tortiller, Duhamel a un sacré coup de crayon (et ses dédicaces sont chiadées). Chaque case est minutieusement travaillée, c'est un vrai régal pour les yeux.
La Tribu Terrible, c'était un peu d'humour absurde et adulte dans le journal Tintin. Ce sont des histoires caricaturales de mari et de femme entre Sachem et sa femme, de parents et d'enfants entre eux deux et leurs enfants, de médecin et de patient entre l'Homme-Médecine et Plume d'Oeuf, de philosophie de l'absurde entre Sabot et les arbres auxquels il parle... Bref, ça parle un peu de tout et c'est souvent marrant.
Bref des strips sympas, pas prise de tête, et plein de nostalgie pour ceux qui les lisaient à l'époque dans Tintin.
Malgré son titre "pimpant et coloré", c’est une bien triste histoire que ce Jaune… Une BD nostalgique et mélancolique sur les amours désespérées ; amour déçu pour Foggy, amour perdu pour DareDevil… C’est assez touchant mais si vous n’avez pas trop le moral (par exemple, si vous aussi vous êtes en plein dans une histoire d'amour triste :(( :(( ), soyez prévenus que ce n’est pas en lisant ça que vous allez retrouver le sourire ! Sans verser dans le larmoyant, les textes de Loeb sont franchement tristes (« Karen, je t’ai perdue. Tu ne me reviendras jamais. Je t’écris ces lettres en souvenir de ce qui fut "nous", mais ça ne changera rien au fait que… je t’ai perdue. ») et, malgré quelques touches de fantaisie (la visite des 4 Fantastiques), un peu d’action et la note d’espoir sur laquelle l’histoire se conclut, ça reste une BD plus noire que jaune…
Dans l’ensemble, c’est une histoire attachante, mais à laquelle il manque un je-ne-sais-quoi qui en ferait quelque chose de vraiment mémorable… Sans doute le scénario est-il trop banal (en définitive, on ne nous raconte rien qui n’ait déjà été raconté dans d’autres épisodes de DareDevil), sans doute aurait-il fallu pousser encore plus le côté tragique de tout cela (oui, moi j’aime bien les histoires tristes), mais toujours est-il que Jaune ne décolle jamais réellement du niveau "pas mal". C’est un peu dommage, mais ça reste un DareDevil au-dessus de la moyenne.
On reconnaît bien ici le trait de l'auteur d'"Escondida", très semblable et malheureusement toujours un peu vide en noir et blanc. Autant certaines cases sont très fouillées, autant d'autres sont presque vides. Autant certaines sont absolument superbes (planches 140, 141, 153 par exemple), autant ce dessin manque de couleurs dans le reste de ces deux albums.
Mais le plus marquant, c'est sans doute la narration (le bordel narratif, pourrait-on dire). Car "Leela et Krishna" ne raconte pas une histoire, mais le processus de création d'une histoire. On voit donc l'auteur et sa femme, en vacances en Inde, en train de parler, discuter, chercher, argumenter, s'engueuler même, pour créer cette histoire. Ce procédé n'est certes pas nouveau, mais porté ici à un sommet : toute l'histoire est une suite de discussions, d'inventions au pied levé, parfois même de retours en arrière et de changement de la trame précédemment exposée. Ca rend bien sûr l'ensemble plutôt difficile à aborder.
De fait le début paraît un peu... laborieux, disons, et j'ai eu un peu de mal à entrer dans l'histoire. Mais au bout de la moitié du tome 1, j'y étais entré, sans même m'en être aperçu, ce qui me paraît constituer un gage de réussite de la part de l'auteur. :)
Il faut dire que cette série a un charme bien particulier. L'auteur pratique abondamment l'ironie, voire l'auto-dérision, et nous en fait profiter en live, en nous montrant le résultat de telle ou telle attitude sur l'histoire créée. Il utilise aussi de nombreux clichés, mais volontairement et à bon escient. Le côté horrible tragédie larmoyante parvient ainsi à trouver sa place tout naturellement en s'insinuant dans l'esprit du lecteur presque sans qu'il le remarque. Les quelques délires mystico-métaphysico-new age sont présentés de façon décalée et passent donc très bien.
Et enfin, le petit mot tout à la fin m'a soufflé. J'ai refeuilleté les deux albums pour vérifier, et c'est rigoureusement exact alors que je n'avais même pas remarqué. Vraiment excellent, ce petit truc. :)
Donc voilà, moi je conseille cette lecture a priori peu alléchante, parce que c'est différent et surtout que c'est bien. :)
Au risque de passer pour un ringard (mais au moins ça me changera des fois où je passe pour un c*nnard), moi j'avoue, je suis fan d'Eddy Mitchell, et j'étais assez curieux à l'idée de voir transposé en BD son univers mélancolique, humoristique, nostalgique, romantique... Le résultat n'est pas exceptionnel mais pas désagréable...
On pourra regretter qu'un tiers des chansons adaptées proviennent de son dernier album en date, "Frenchy", qui n'est pas son meilleur, tandis que des titres plus anciens comme "Alice", "Le Blues du Blanc" ou "Sur la route de Memphis" sont absents. Néanmoins, cette déception est un peu gommée par le fait que les adaptations de "Frenchy" sont assez réussies.
Dans l'ensemble, aucune de ces mini-BD n'est réellement géniale (mais il fallait s'y attendre, c'est le genre qui veut ça) mais aucune n'est complètement médiocre non plus. Certaines sont quand même franchement bien réussies (le "Pas de Boogie-Woogie" de Maëster vaut son pesant de cacahuètes), mais d'autres un peu à côté de la plaque ("Le Dernière Séance", chanson assez tristounette, est traitée sur un mode humoristique ; "Le Cimetière des éléphants" n'a pas grand rapport avec la chanson même si son graphisme est marrant).
Bref voilà, y a du bien, du moins bien, comme toujours avec les albums collectifs. A moins d'être fan d'Eddy Mitchell et/ou des auteurs présents, reconnaissons que vous risquez de ne pas trouver grand intérêt à cette BD ; moi qui apprécie Monsieur Eddy, j'avoue que je la trouve "Pas mal" comme on dit sur BDThèque.
Voilà une série SF qui m'a tout d'abord surpris par son dessin : je le trouvais trop réaliste, trop... étrange. J'avais par moment l'impression de voir là un roman-photo, effet encore accru par les nombreuses romances et petites histoires persos de chacun des personnages. Ce n'est pas vraiment un style de dessin que j'aime, mais j'avoue que pour le côté "reportage sur la faune et la flore d'Aldébaran" et pour le côté "mystère de la Mantrisse", le réalisme colle bien pour rendre plausible un monde à la fois si proche de la Terre et tellement différent.
Ensuite justement, ce monde créé ici est vraiment prenant. Il est tellement plausible qu'on y croit volontiers, ce qui accroît d'autant plus l'attrait du mystère que pose la Mantrisse. C'est de la SF accrocheuse, et le nombre de tomes convient bien pour poser l'ambiance, ne pas faire retomber la sauce trop vite ni l'étirer trop en longueur.
Les seuls défauts à mes yeux sont justement ce côté roman-photo un peu trop présent. Suivre les aventures amoureuses des personnages ne m'intéresse pas franchement et là, on les suit un peu trop. Je préfère la SF pure et dure à ce mélange de SF et de vie de tous les jours un peu adolescente.
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Horace Cheval de l'Ouest
Horace, Cheval de l'Ouest, était l'un des classiques de Pif Gadget (il en fera d'ailleurs bien souvent la couverture pour présenter les gadgets). Mais il est également sorti en album, sous la forme d'un recueil de quelques-uns seulement des innombrables gags dessinés par Jean Poirier. Il s'agit d'un western un peu délirant. L'auteur joue aussi bien sur la note de l'humour "classique" que de l'humour déjanté (Horace a quasiment en permanence le dessus sur son cavalier et inverse les rôles monture/cavalier avec lui, ou alors il lui arrive de se transformer en super-justicier, etc...). Il lui arrive aussi parfois de jouer sur le support même de la BD, Horace et son cavalier sortant parfois du "décor" au risque de dévoiler comment se construit une BD, ou bien les deux personnages apparaissant ailleurs dans le journal Pif ou faisant apparaître des personnages d'autres séries dans leurs cases. De manière général, l'humour de cette série n'a pas tellement vieilli et reste bien sympathique. J'ai une préférence pour le personnage de Horace lui-même, qui sous son allure de cheval blasé et intello, cache un comportement parfois complètement différent, parfois sadique, parfois victime, parfois délirant...
Coccobill
Ah, il s'agit là d'un classique de la BD Western totalement délirante, voire complètement folle. Chaque case est bourrée de gags, d'invraisemblances, de détails absurdes. Et les histoires en elles-mêmes ne sont pas mieux, totalement déjantées. C'en est impressionnant et indubitablement, c'est là une BD à part et mémorable dans le genre. L'ennui, c'est que cet humour ne me fait pas rire. Que les histoires sont trop délirantes, même pour moi. Que le dessin est tellement fouilli et déformé (exprès) que j'en ai du mal à suivre l'histoire elle-même. Les textes eux-mêmes sont trop abondants et déformés (argot ou langage compressé "komssa sivou voyéske jveu dire"). Et donc, de manière générale, j'avoue ne pas franchement aimer cette BD. Cela reste cependant indéniablement une curiosité.
Colin Colas
Moi, j'aime bien le dessin de Colin Colas. Il est très classique mais dynamique et bien foutu, je trouve. Quant aux histoires de Colin Colas, elles sont souvent délirantes, presque anachroniques. Je les trouvais très sympas étant jeune, et je prends encore plaisir à relire quelques pages de nos jours : ça n'a pas vieilli et même si le public est jeune, je trouve que les histoires n'étaient pas bêtes du tout et encore sympas à lire étant adulte. Bref, une BD de pirates et d'humour bien sympa.
La Maison Winchester
Mais pourquoi vais-je lire des BD dont je sais à l'avance que je ne vais pas aimer ? Si c'est par espoir d'en trouver une un peu mieux que ce à quoi je m'attendais, et bien c'est raté pour cette fois. :( La Maison Winchester est une histoire de fantômes, qui se veut réaliste mais qui manque de crédibilité. Résultat : je n'accroche pas du tout. Peut-être que ceux qui aiment le genre apprécieront celle-là, j'ai lu de bonnes critiques ailleurs, mais pour moi ça reste très creux. A part la maison (là j'avoue, le coup de cette maison tellement tarabiscotée qu'on n'arrive pas à se mettre d'accord sur un plan, ça m'a bien plu. Dommage que ce soit le seul truc de toute la BD), toute l'histoire est banale et prévisible. On raconte en parallèle l'histoire de la construction de la demeure et sa visite par un groupe de touristes un siècle plus tard. Les passages d'une époque à l'autre ne sont pas trop mal faits, on comprend bien ce qui se passe, mais imposible (pour moi tout du moins) de rentrer dans l'ambiance ou bien de m'intéresser à certains des personnages. Ce qui me gène le plus, c'est que pour moi, du fantastique, c'est une ambiance distillée progressivement, et là, on a le droit à des hurlements ou des gémissements (j'allais dire : pré-enregistrés) en travers des cases, et des incantations pour les contrer. Quant aux dessins... beuh... Je sais pas quelle technique le dessinateur a utilisée, mais ça n'a rien à voir avec ce que j'avais déjà vu de lui. Les traits sont flous, les couleurs ternes, y a de temps en temps un espèce de vague effet spécial qui rajoute encore du flou sur l'image, les visages sont attrocement statiques...
Kochka
J'ai eu une drôle d'approche avec Kochka. Tout d'abord, je l'ai lu d'une traite, un peu en diagonale. L'album refermé, j'ai eu l'étrange impression de ne rien avoir compris. J'ai reessayé de le lire, et arrivé au milieu, la femme de ma vie a eu besoin d'un petit câlin, alors j'ai laissé tomber. Puis je m'y suis remis sérieusement, avec attention et application. Et là, même constat, je n'ai pas compris grand-chose ; le scénario part dans tous les sens, on a l'impression de suivre deux histoires distinctes, mais le passage de l'une à l'autre n'est pas aisé... Et c'est quoi ce chat qui parle ? Il faudra sans doute lire la suite pour se faire réellement une idée. Par contre, au niveau du dessin, impossible de tortiller, Duhamel a un sacré coup de crayon (et ses dédicaces sont chiadées). Chaque case est minutieusement travaillée, c'est un vrai régal pour les yeux.
La Tribu Terrible
La Tribu Terrible, c'était un peu d'humour absurde et adulte dans le journal Tintin. Ce sont des histoires caricaturales de mari et de femme entre Sachem et sa femme, de parents et d'enfants entre eux deux et leurs enfants, de médecin et de patient entre l'Homme-Médecine et Plume d'Oeuf, de philosophie de l'absurde entre Sabot et les arbres auxquels il parle... Bref, ça parle un peu de tout et c'est souvent marrant. Bref des strips sympas, pas prise de tête, et plein de nostalgie pour ceux qui les lisaient à l'époque dans Tintin.
DareDevil - Jaune
Malgré son titre "pimpant et coloré", c’est une bien triste histoire que ce Jaune… Une BD nostalgique et mélancolique sur les amours désespérées ; amour déçu pour Foggy, amour perdu pour DareDevil… C’est assez touchant mais si vous n’avez pas trop le moral (par exemple, si vous aussi vous êtes en plein dans une histoire d'amour triste :(( :(( ), soyez prévenus que ce n’est pas en lisant ça que vous allez retrouver le sourire ! Sans verser dans le larmoyant, les textes de Loeb sont franchement tristes (« Karen, je t’ai perdue. Tu ne me reviendras jamais. Je t’écris ces lettres en souvenir de ce qui fut "nous", mais ça ne changera rien au fait que… je t’ai perdue. ») et, malgré quelques touches de fantaisie (la visite des 4 Fantastiques), un peu d’action et la note d’espoir sur laquelle l’histoire se conclut, ça reste une BD plus noire que jaune… Dans l’ensemble, c’est une histoire attachante, mais à laquelle il manque un je-ne-sais-quoi qui en ferait quelque chose de vraiment mémorable… Sans doute le scénario est-il trop banal (en définitive, on ne nous raconte rien qui n’ait déjà été raconté dans d’autres épisodes de DareDevil), sans doute aurait-il fallu pousser encore plus le côté tragique de tout cela (oui, moi j’aime bien les histoires tristes), mais toujours est-il que Jaune ne décolle jamais réellement du niveau "pas mal". C’est un peu dommage, mais ça reste un DareDevil au-dessus de la moyenne.
Leela et Krishna
On reconnaît bien ici le trait de l'auteur d'"Escondida", très semblable et malheureusement toujours un peu vide en noir et blanc. Autant certaines cases sont très fouillées, autant d'autres sont presque vides. Autant certaines sont absolument superbes (planches 140, 141, 153 par exemple), autant ce dessin manque de couleurs dans le reste de ces deux albums. Mais le plus marquant, c'est sans doute la narration (le bordel narratif, pourrait-on dire). Car "Leela et Krishna" ne raconte pas une histoire, mais le processus de création d'une histoire. On voit donc l'auteur et sa femme, en vacances en Inde, en train de parler, discuter, chercher, argumenter, s'engueuler même, pour créer cette histoire. Ce procédé n'est certes pas nouveau, mais porté ici à un sommet : toute l'histoire est une suite de discussions, d'inventions au pied levé, parfois même de retours en arrière et de changement de la trame précédemment exposée. Ca rend bien sûr l'ensemble plutôt difficile à aborder. De fait le début paraît un peu... laborieux, disons, et j'ai eu un peu de mal à entrer dans l'histoire. Mais au bout de la moitié du tome 1, j'y étais entré, sans même m'en être aperçu, ce qui me paraît constituer un gage de réussite de la part de l'auteur. :) Il faut dire que cette série a un charme bien particulier. L'auteur pratique abondamment l'ironie, voire l'auto-dérision, et nous en fait profiter en live, en nous montrant le résultat de telle ou telle attitude sur l'histoire créée. Il utilise aussi de nombreux clichés, mais volontairement et à bon escient. Le côté horrible tragédie larmoyante parvient ainsi à trouver sa place tout naturellement en s'insinuant dans l'esprit du lecteur presque sans qu'il le remarque. Les quelques délires mystico-métaphysico-new age sont présentés de façon décalée et passent donc très bien. Et enfin, le petit mot tout à la fin m'a soufflé. J'ai refeuilleté les deux albums pour vérifier, et c'est rigoureusement exact alors que je n'avais même pas remarqué. Vraiment excellent, ce petit truc. :) Donc voilà, moi je conseille cette lecture a priori peu alléchante, parce que c'est différent et surtout que c'est bien. :)
Les Chansons de Mr Eddy
Au risque de passer pour un ringard (mais au moins ça me changera des fois où je passe pour un c*nnard), moi j'avoue, je suis fan d'Eddy Mitchell, et j'étais assez curieux à l'idée de voir transposé en BD son univers mélancolique, humoristique, nostalgique, romantique... Le résultat n'est pas exceptionnel mais pas désagréable... On pourra regretter qu'un tiers des chansons adaptées proviennent de son dernier album en date, "Frenchy", qui n'est pas son meilleur, tandis que des titres plus anciens comme "Alice", "Le Blues du Blanc" ou "Sur la route de Memphis" sont absents. Néanmoins, cette déception est un peu gommée par le fait que les adaptations de "Frenchy" sont assez réussies. Dans l'ensemble, aucune de ces mini-BD n'est réellement géniale (mais il fallait s'y attendre, c'est le genre qui veut ça) mais aucune n'est complètement médiocre non plus. Certaines sont quand même franchement bien réussies (le "Pas de Boogie-Woogie" de Maëster vaut son pesant de cacahuètes), mais d'autres un peu à côté de la plaque ("Le Dernière Séance", chanson assez tristounette, est traitée sur un mode humoristique ; "Le Cimetière des éléphants" n'a pas grand rapport avec la chanson même si son graphisme est marrant). Bref voilà, y a du bien, du moins bien, comme toujours avec les albums collectifs. A moins d'être fan d'Eddy Mitchell et/ou des auteurs présents, reconnaissons que vous risquez de ne pas trouver grand intérêt à cette BD ; moi qui apprécie Monsieur Eddy, j'avoue que je la trouve "Pas mal" comme on dit sur BDThèque.
Aldébaran
Voilà une série SF qui m'a tout d'abord surpris par son dessin : je le trouvais trop réaliste, trop... étrange. J'avais par moment l'impression de voir là un roman-photo, effet encore accru par les nombreuses romances et petites histoires persos de chacun des personnages. Ce n'est pas vraiment un style de dessin que j'aime, mais j'avoue que pour le côté "reportage sur la faune et la flore d'Aldébaran" et pour le côté "mystère de la Mantrisse", le réalisme colle bien pour rendre plausible un monde à la fois si proche de la Terre et tellement différent. Ensuite justement, ce monde créé ici est vraiment prenant. Il est tellement plausible qu'on y croit volontiers, ce qui accroît d'autant plus l'attrait du mystère que pose la Mantrisse. C'est de la SF accrocheuse, et le nombre de tomes convient bien pour poser l'ambiance, ne pas faire retomber la sauce trop vite ni l'étirer trop en longueur. Les seuls défauts à mes yeux sont justement ce côté roman-photo un peu trop présent. Suivre les aventures amoureuses des personnages ne m'intéresse pas franchement et là, on les suit un peu trop. Je préfère la SF pure et dure à ce mélange de SF et de vie de tous les jours un peu adolescente.