Cédric, c'est une série d'humour jeunesse qui se lit agréablement. Il n'y a rien là-dedans qui me fasse véritablement me tordre de rire, je souris tout au plus. Mais l'ambiance de cette BD est sympathique et bon enfant, et les histoires ne sont pas bêtes, quoique parfois un peu répétitives.
Et puis j'aime bien le dessin que je trouve fluide et classique tout en ayant sa petite personnalité au niveau du trait et du style.
Une série pas exceptionnelle mais pas désagréable.
Personnellement, je ne l'achèterais pas parce que ça se lit trop vite (par contre, on m'en a offert et je n'étais pas trop mécontent du cadeau : il y a pire, quoi).
Je vais pas répeter bêtement ce qui disent intelligemment mes prédécesseurs au sujet de cette BD.
Je vais juste confirmer leurs avis car il est bon d'avoir confirmation de ce qui a été écrit.
Il est vrai que les dessins sont corrects quoique peut-être trop "communs". Le scénario n'est pas des plus recherché mais peut-être que le second tome nous prouvera le contraire.
Et en ce qui concerne les indices que découvrent les policiers et que traduit la psy, c'est carrément trop tiré par les cheveux... Et au bout du 3ème meurtre et de la traduction des indices, on se lasse de ces explications longues et qu'on n'aurait jamais pu découvrir par nous-même... Dommage car personnellement j'aime m'impliquer dans l'histoire et tenter de deviner par moi-même certains éléments d'une enquête par exemple... Et dans ce cas, c'est totalement impossible vue la compléxité des indices...
Enfin, laissons sa chance à ce premier tome... peut-être que le second viendra plaider en sa faveur !!!!
Un petit album au rythme tranquille, qui met en scène les discussions de deux amants qui se croisent "par hasard" après s'être séparés.
3 petites histoires sans début ni fin, des tranches de vies, qui comencent toutes de la même façon, lui comptant ses grains de beautés à elle.
L'idée est plutôt mignonne, et la réalisation pas mal. Le dessin de Peyraud, qui m'énerve un peu ailleurs, est ici tout à fait à sa place. La conversation comme les silences sonnent justes, et recréent parfaitement une histoire d'amour décousue entre deux personnes qui ne savent pas dire s'ils s'aiment ou pas et qui, s'ils reconstruisent leurs vies sans l'autre, ne peuvent finalement y arriver vraiment.
Au delà de l'exercice de style, le fait de ne connaître des protagonistes qu'à travers trois de leurs conversations donne l'impression étrange de suivre leur histoire de loin et de façon très intime à la fois.
Bon, il ne se passe pas grand chose, nettement moins que dans un Monsieur Jean par exemple, et le fait que l'histoire ne finisse pas ne vous plaira peut-être pas.
Johan et Pirlouit est ma série préférée de Peyo. Et effectivement, elle se lit à tout âge, je trouve. Bon, j'ai un peu de mal avec les 2 premiers albums ainsi qu'avec "la Pierre de Lune" qui sont les albums qui ont à mon avis le plus vieilli, mais tous les autres (ceux de Peyo) sont excellents.
J'ai une préférence pour "le Serment des Vikings" et "la Guerre des 7 Fontaines", mais je sais qu'encore aujourd'hui, dès que je trouve un album de cette série que je n'ai pas relu depuis 1 ou 2 ans, je le relis avec plaisir.
Quant aux albums sortis après la mort de Peyo, hélas, je les trouve moins bons. Je n'arrive pas à m'expliquer ce qui est différent, ce qui fait que je ne retrouve pas l'âme des albums précédents, l'âme de Peyo. Mais il est certain que j'en ai acheté 2 il y a quelques ans (les tomes 14 et 15) et je n'ai pas vraiment envie de les relire ni même d'essayer les tomes sortis encore après.
Je limiterais donc mon conseil appuyé de lire voire même d'acheter Johan et Pirlouit aux tomes 3 et de 5 à 13.
Bavardages de femmes dans un salon iranien... C'est drôle, assez piquant. Il y a beaucoup de textes et le dessin est très simple, mais cela n'empêche pas de rentrer tout de suite dans l'ambiance intimiste, qui n'empêche pas de sentir en même temps qu'il s'agit d'une bulle de liberté dans un monde qui l'est moins, et qu'il n'y a pas besoin d'aller très loin pour retrouver les contraintes dont elles rient pour l'instant.
C'est très réussi à mes yeux, dans le sens où avec quelques anecdotes sur la vie et les hommes, on est tout de suite plongés dans le monde de ces femmes.
J'ai découvert Bernard Prince très récemment et j'ai été épaté.
Pas vraiment épaté par le dessin, car c'était du Hermann à ses débuts : c'est un dessin de bonne qualité, mélange à mes yeux des styles de Eddy Paape (Luc Orient) et de Giraud au début de Blueberry, mais on est loin du style actuel de Hermann. Néanmoins, c'est un bon dessin, comme je le dis plus haut, et il colle très bien aux histoires de cette série.
Mais je fus épaté par les scénarios et les textes. Greg a vraiment fait du bon boulot avec cette série. Je parle ici en replaçant Bernard Prince dans l'époque où la série est sortie. On y retrouve un brin de naïveté et de petites facilités de scénarios permettant de raconter des histoires d'aventures en un album ou un demi-album sans que le réalisme vienne tout gâcher, mais comparé à une série comme Luc Orient, justement, les histoires que j'ai lues m'avaient l'air totalement cohérentes, adultes et en plus très originales.
C'est de l'aventure pure et dure. Le héros et sa petite équipe se retrouvent aux quatre coins du globe. Et, je ne sais comment décrire cela, j'ai trouvé vraiment intelligentes les histoires qu'ils vivaient et la façon de les raconter. On est loin des invraisemblances scénaristiques d'autres séries de la même époque où tout est fait pour faire du grand spectacle et du suspense. Là, en cours de lecture, j'y croyais sur toute la ligne. En plus, les personnages, pas extrêmement fouillés mais pas inintéressants pour autant, me sont sympathiques et d'aucun d'entre eux, même des méchants, je ne me suis dit à aucun moment qu'il agissait ou parlait stupidement.
Ce sont donc des histoires d'aventures qui à mes yeux regorgent d'intelligence, et j'en remercie Greg. Moi qui n'aime pas ce genre d'ordinaire, j'ai été captivé par ces histoires, et ce d'autant plus en pensant qu'elles ont été publiées à une époque où ce qui sortait dans le genre n'était vraiment pas à la hauteur à mon goût.
Il est toujours difficile de noter ce genre de bd, au départ destinées à être lues à raison d'une page par semaine dans un magazine. Vu sous cet angle, c'est une série efficace (enfin pas de quoi crier au génie non plus) parce que c'est le genre de truc simple qui détend à petite dose. Après, il est vrai qu'enchaîner un album complet relève de l'exploit (ou d'une grande lassitude).
Acheter les albums ? Naaaaaaaan c't'une blague!
Pas plus gros qu’un livre de poche, ce petit album qui se termine en moins de 5 minutes coûte pas moins de 18 euros… Cherchez l’erreur. A côté de ce titre, le Jimmy Corrigan de Delcourt paraît presque bon marché. Outre son prix prohibitif, le gros problème de Résurrections est son manque d’intérêt quasi-total, aucun des destins imaginés par l’auteur n’étant particulièrement drôle, original ou bien vu. L’idée de départ n’est pas plus bête qu’un autre, mais le résultat est complètement raté. A éviter.
Je m’en excuse auprès des auteurs et des fans. J’ai lu cet album une fois et je ne pense pas le relire, ni en lire la suite.
Quoique commune, l’idée de base est intéressante. Il y avait moyen de faire quelque chose de porteur avec cette histoire de maîtrise du temps. Mais le résultat est franchement décevant. L’ensemble du scénario n’est qu’un assemblage des idées les plus communes qu’on puisse avoir concernant l'utilisation de ce pouvoir. Rien de surprenant, rien de transcendant. Mais tout cela ne serait pas encore si grave si cette bd ne souffrait pas de deux autres défauts majeurs.
Tout d’abord, le dessin manque de finesse. Comme il s’agit d’un album de débutant, j’aurais tendance à dire que ce n’est pas trop mal et que les choses sont améliorables. Mais je ne peux pas cacher une réelle sensation de répulsion à la vision de certaines cases, c’est tape à l’œil, froid, pleins de traits tracés à la règle... Ca manque d’âme, tout simplement.
Le deuxième hic est de taille : la narration est d’une lourdeur abyssale… Le scénariste était-il conscient qu’il écrivait un scénario de bd ? Tous ces texte-off remplis de lieux communs et de phrases toutes faites étaient-ils vraiment nécessaires ? Je n’ai rien de particulier contre le procédé et les texte-off en général mais ils doivent apporter quelque chose pour justifier leur utilité. Et surtout, ils doivent être crédibles ! Ce qui n’est pas du tout leur cas ici ! Il suffit de comparer une planche de la série « Le tueur », (autre série qui utilise abondamment le texte-off) et une planche de ce Phenomenum pour comprendre la différence qui existe entre le ton juste trouvé par Matz et le ton compassé utilisé ici. C’est mal écrit, lourdement démonstratif, plein de bons mots faciles et d’expressions toutes faites… Pratiquement chaque phrase se veut charnière, ultime… C’est d’un fatigant ! Des exemples ? Page 13, « Comme tu l’avais pressenti, nous étions condamnés dès nos tout premiers instants ». Page suivante : « Mais je ne faisais que retarder l’inévitable »… C’est bourré de phrase comme celles-là, qui te relancent toutes les trois cases et te disent quoi penser, qui t’annoncent toujours tout, qui ne te laissent interpréter l’histoire que d’une seule manière ! Moi, je dis STOP ! Je suis désolé, si l’on veut qu’un récit prenne un sens et une vraie ampleur, il faut laisser au lecteur la possibilité de jouer son rôle de lecteur, c'est-à-dire : interpréter, faire de l’histoire qu’il est en train de lire le terrain de son propre imaginaire. Et je vous passe les mélodramatiques « Grâce à toi, j’assumais enfin ce que j’étais » de la page 37 ou le « Pour la dernière fois nous faisions l’erreur de croire que nous étions libres de décider… »… C’est du surlignage mâtiné de psychologie de supermarché ! C’est par l’image qu’il faut faire passer ça ! Le faire passer par un texte facile, c’est prouver son incapacité à faire de la bd ! Dans cet album, tout étouffe : l’image, complètement enchaînée à ces phrases chocs, les personnages, enfermés dans un récit qui ressemble trop à un synopsis mal dégrossi… Et je ne parle même pas du personnage d’Emma qui n’a absolument aucune personnalité, juste une potiche…
Dernière chose : la scène où Yann vient foutre le pistolet sous la tempe de Chirac est non seulement nauséabonde mais ridicule. Elle se voulait peut-être humoristique, mais ce n'est pas passé...
Pourquoi je ne lui donne pas une seule étoile, me demanderez-vous? "Parce qu'apparement, t'as vraiment pas aimé...". Et bien, j'avoue que j'ai hésité, non sans sourire au fait que j'en aurais certainement fait crier plus d'un... Et bien, tout simplement parce qu'il y a pire comme bd et que je crois les auteurs sincères. Je ne laisse qu'une étoile qu'aux vraies daubes... Pour moi, "Phenomenum" est juste une bd ratée et maladroite comme il en existe beaucoup d'autres...
A travers cet album, l'auteur nous fait pénétrer dans un univers peu connu des occidentaux.
Oui, Marjane Satrapi nous ouvre les portes d'un salon où quelques femmes iraniennes nous confient leurs aventures amoureuses et sexuelles autour d'un thé rédempteur.
Le récit est fichtrement bien raconté. D'une certaine manière, on peut dire que l'on rentre dans leur intimité et c'est donc avec beaucoup de joie que l'on partage leurs expériences, leurs audaces et leurs projets. Une histoire peu conventionnelle qui aborde certains sujets tabous mais avec beaucoup de pudeur et aussi beaucoup d'humour. Ce qui m'a séduit c'est que ces femmes ne sont pas toujours tendres avec la gent masculine et on peut parfois y déceler une certaine cruauté dans leur propos. Ceci dit, je pense que cela est justifié. Chacune de ces dames nous narre sa vision des hommes et il faut avouer que cela ne manque pas de piment. De ce fait, l'ensemble est assez révélateur.
Le dessin est, lui, très minimaliste mais celui-ci met bien en valeur les propos du récit. Les personnages sont décrits avec beaucoup de sincerité et de réalisme.
Sans vouloir être contestataire, Satrapi nous raconte son expérience de femme confrontée au machisme ambiant.
Le beau sexe est donc à l'honneur, ici. Laissez-vous tenter par ce one-shot qui vaut franchement le détour.
A suivre !
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Cédric
Cédric, c'est une série d'humour jeunesse qui se lit agréablement. Il n'y a rien là-dedans qui me fasse véritablement me tordre de rire, je souris tout au plus. Mais l'ambiance de cette BD est sympathique et bon enfant, et les histoires ne sont pas bêtes, quoique parfois un peu répétitives. Et puis j'aime bien le dessin que je trouve fluide et classique tout en ayant sa petite personnalité au niveau du trait et du style. Une série pas exceptionnelle mais pas désagréable. Personnellement, je ne l'achèterais pas parce que ça se lit trop vite (par contre, on m'en a offert et je n'étais pas trop mécontent du cadeau : il y a pire, quoi).
Zone mortelle
Je vais pas répeter bêtement ce qui disent intelligemment mes prédécesseurs au sujet de cette BD. Je vais juste confirmer leurs avis car il est bon d'avoir confirmation de ce qui a été écrit. Il est vrai que les dessins sont corrects quoique peut-être trop "communs". Le scénario n'est pas des plus recherché mais peut-être que le second tome nous prouvera le contraire. Et en ce qui concerne les indices que découvrent les policiers et que traduit la psy, c'est carrément trop tiré par les cheveux... Et au bout du 3ème meurtre et de la traduction des indices, on se lasse de ces explications longues et qu'on n'aurait jamais pu découvrir par nous-même... Dommage car personnellement j'aime m'impliquer dans l'histoire et tenter de deviner par moi-même certains éléments d'une enquête par exemple... Et dans ce cas, c'est totalement impossible vue la compléxité des indices... Enfin, laissons sa chance à ce premier tome... peut-être que le second viendra plaider en sa faveur !!!!
Grain de beauté
Un petit album au rythme tranquille, qui met en scène les discussions de deux amants qui se croisent "par hasard" après s'être séparés. 3 petites histoires sans début ni fin, des tranches de vies, qui comencent toutes de la même façon, lui comptant ses grains de beautés à elle. L'idée est plutôt mignonne, et la réalisation pas mal. Le dessin de Peyraud, qui m'énerve un peu ailleurs, est ici tout à fait à sa place. La conversation comme les silences sonnent justes, et recréent parfaitement une histoire d'amour décousue entre deux personnes qui ne savent pas dire s'ils s'aiment ou pas et qui, s'ils reconstruisent leurs vies sans l'autre, ne peuvent finalement y arriver vraiment. Au delà de l'exercice de style, le fait de ne connaître des protagonistes qu'à travers trois de leurs conversations donne l'impression étrange de suivre leur histoire de loin et de façon très intime à la fois. Bon, il ne se passe pas grand chose, nettement moins que dans un Monsieur Jean par exemple, et le fait que l'histoire ne finisse pas ne vous plaira peut-être pas.
Johan et Pirlouit
Johan et Pirlouit est ma série préférée de Peyo. Et effectivement, elle se lit à tout âge, je trouve. Bon, j'ai un peu de mal avec les 2 premiers albums ainsi qu'avec "la Pierre de Lune" qui sont les albums qui ont à mon avis le plus vieilli, mais tous les autres (ceux de Peyo) sont excellents. J'ai une préférence pour "le Serment des Vikings" et "la Guerre des 7 Fontaines", mais je sais qu'encore aujourd'hui, dès que je trouve un album de cette série que je n'ai pas relu depuis 1 ou 2 ans, je le relis avec plaisir. Quant aux albums sortis après la mort de Peyo, hélas, je les trouve moins bons. Je n'arrive pas à m'expliquer ce qui est différent, ce qui fait que je ne retrouve pas l'âme des albums précédents, l'âme de Peyo. Mais il est certain que j'en ai acheté 2 il y a quelques ans (les tomes 14 et 15) et je n'ai pas vraiment envie de les relire ni même d'essayer les tomes sortis encore après. Je limiterais donc mon conseil appuyé de lire voire même d'acheter Johan et Pirlouit aux tomes 3 et de 5 à 13.
Broderies
Bavardages de femmes dans un salon iranien... C'est drôle, assez piquant. Il y a beaucoup de textes et le dessin est très simple, mais cela n'empêche pas de rentrer tout de suite dans l'ambiance intimiste, qui n'empêche pas de sentir en même temps qu'il s'agit d'une bulle de liberté dans un monde qui l'est moins, et qu'il n'y a pas besoin d'aller très loin pour retrouver les contraintes dont elles rient pour l'instant. C'est très réussi à mes yeux, dans le sens où avec quelques anecdotes sur la vie et les hommes, on est tout de suite plongés dans le monde de ces femmes.
Bernard Prince
J'ai découvert Bernard Prince très récemment et j'ai été épaté. Pas vraiment épaté par le dessin, car c'était du Hermann à ses débuts : c'est un dessin de bonne qualité, mélange à mes yeux des styles de Eddy Paape (Luc Orient) et de Giraud au début de Blueberry, mais on est loin du style actuel de Hermann. Néanmoins, c'est un bon dessin, comme je le dis plus haut, et il colle très bien aux histoires de cette série. Mais je fus épaté par les scénarios et les textes. Greg a vraiment fait du bon boulot avec cette série. Je parle ici en replaçant Bernard Prince dans l'époque où la série est sortie. On y retrouve un brin de naïveté et de petites facilités de scénarios permettant de raconter des histoires d'aventures en un album ou un demi-album sans que le réalisme vienne tout gâcher, mais comparé à une série comme Luc Orient, justement, les histoires que j'ai lues m'avaient l'air totalement cohérentes, adultes et en plus très originales. C'est de l'aventure pure et dure. Le héros et sa petite équipe se retrouvent aux quatre coins du globe. Et, je ne sais comment décrire cela, j'ai trouvé vraiment intelligentes les histoires qu'ils vivaient et la façon de les raconter. On est loin des invraisemblances scénaristiques d'autres séries de la même époque où tout est fait pour faire du grand spectacle et du suspense. Là, en cours de lecture, j'y croyais sur toute la ligne. En plus, les personnages, pas extrêmement fouillés mais pas inintéressants pour autant, me sont sympathiques et d'aucun d'entre eux, même des méchants, je ne me suis dit à aucun moment qu'il agissait ou parlait stupidement. Ce sont donc des histoires d'aventures qui à mes yeux regorgent d'intelligence, et j'en remercie Greg. Moi qui n'aime pas ce genre d'ordinaire, j'ai été captivé par ces histoires, et ce d'autant plus en pensant qu'elles ont été publiées à une époque où ce qui sortait dans le genre n'était vraiment pas à la hauteur à mon goût.
L'Agent 212
Il est toujours difficile de noter ce genre de bd, au départ destinées à être lues à raison d'une page par semaine dans un magazine. Vu sous cet angle, c'est une série efficace (enfin pas de quoi crier au génie non plus) parce que c'est le genre de truc simple qui détend à petite dose. Après, il est vrai qu'enchaîner un album complet relève de l'exploit (ou d'une grande lassitude). Acheter les albums ? Naaaaaaaan c't'une blague!
Résurrections
Pas plus gros qu’un livre de poche, ce petit album qui se termine en moins de 5 minutes coûte pas moins de 18 euros… Cherchez l’erreur. A côté de ce titre, le Jimmy Corrigan de Delcourt paraît presque bon marché. Outre son prix prohibitif, le gros problème de Résurrections est son manque d’intérêt quasi-total, aucun des destins imaginés par l’auteur n’étant particulièrement drôle, original ou bien vu. L’idée de départ n’est pas plus bête qu’un autre, mais le résultat est complètement raté. A éviter.
Phenomenum
Je m’en excuse auprès des auteurs et des fans. J’ai lu cet album une fois et je ne pense pas le relire, ni en lire la suite. Quoique commune, l’idée de base est intéressante. Il y avait moyen de faire quelque chose de porteur avec cette histoire de maîtrise du temps. Mais le résultat est franchement décevant. L’ensemble du scénario n’est qu’un assemblage des idées les plus communes qu’on puisse avoir concernant l'utilisation de ce pouvoir. Rien de surprenant, rien de transcendant. Mais tout cela ne serait pas encore si grave si cette bd ne souffrait pas de deux autres défauts majeurs. Tout d’abord, le dessin manque de finesse. Comme il s’agit d’un album de débutant, j’aurais tendance à dire que ce n’est pas trop mal et que les choses sont améliorables. Mais je ne peux pas cacher une réelle sensation de répulsion à la vision de certaines cases, c’est tape à l’œil, froid, pleins de traits tracés à la règle... Ca manque d’âme, tout simplement. Le deuxième hic est de taille : la narration est d’une lourdeur abyssale… Le scénariste était-il conscient qu’il écrivait un scénario de bd ? Tous ces texte-off remplis de lieux communs et de phrases toutes faites étaient-ils vraiment nécessaires ? Je n’ai rien de particulier contre le procédé et les texte-off en général mais ils doivent apporter quelque chose pour justifier leur utilité. Et surtout, ils doivent être crédibles ! Ce qui n’est pas du tout leur cas ici ! Il suffit de comparer une planche de la série « Le tueur », (autre série qui utilise abondamment le texte-off) et une planche de ce Phenomenum pour comprendre la différence qui existe entre le ton juste trouvé par Matz et le ton compassé utilisé ici. C’est mal écrit, lourdement démonstratif, plein de bons mots faciles et d’expressions toutes faites… Pratiquement chaque phrase se veut charnière, ultime… C’est d’un fatigant ! Des exemples ? Page 13, « Comme tu l’avais pressenti, nous étions condamnés dès nos tout premiers instants ». Page suivante : « Mais je ne faisais que retarder l’inévitable »… C’est bourré de phrase comme celles-là, qui te relancent toutes les trois cases et te disent quoi penser, qui t’annoncent toujours tout, qui ne te laissent interpréter l’histoire que d’une seule manière ! Moi, je dis STOP ! Je suis désolé, si l’on veut qu’un récit prenne un sens et une vraie ampleur, il faut laisser au lecteur la possibilité de jouer son rôle de lecteur, c'est-à-dire : interpréter, faire de l’histoire qu’il est en train de lire le terrain de son propre imaginaire. Et je vous passe les mélodramatiques « Grâce à toi, j’assumais enfin ce que j’étais » de la page 37 ou le « Pour la dernière fois nous faisions l’erreur de croire que nous étions libres de décider… »… C’est du surlignage mâtiné de psychologie de supermarché ! C’est par l’image qu’il faut faire passer ça ! Le faire passer par un texte facile, c’est prouver son incapacité à faire de la bd ! Dans cet album, tout étouffe : l’image, complètement enchaînée à ces phrases chocs, les personnages, enfermés dans un récit qui ressemble trop à un synopsis mal dégrossi… Et je ne parle même pas du personnage d’Emma qui n’a absolument aucune personnalité, juste une potiche… Dernière chose : la scène où Yann vient foutre le pistolet sous la tempe de Chirac est non seulement nauséabonde mais ridicule. Elle se voulait peut-être humoristique, mais ce n'est pas passé... Pourquoi je ne lui donne pas une seule étoile, me demanderez-vous? "Parce qu'apparement, t'as vraiment pas aimé...". Et bien, j'avoue que j'ai hésité, non sans sourire au fait que j'en aurais certainement fait crier plus d'un... Et bien, tout simplement parce qu'il y a pire comme bd et que je crois les auteurs sincères. Je ne laisse qu'une étoile qu'aux vraies daubes... Pour moi, "Phenomenum" est juste une bd ratée et maladroite comme il en existe beaucoup d'autres...
Broderies
A travers cet album, l'auteur nous fait pénétrer dans un univers peu connu des occidentaux. Oui, Marjane Satrapi nous ouvre les portes d'un salon où quelques femmes iraniennes nous confient leurs aventures amoureuses et sexuelles autour d'un thé rédempteur. Le récit est fichtrement bien raconté. D'une certaine manière, on peut dire que l'on rentre dans leur intimité et c'est donc avec beaucoup de joie que l'on partage leurs expériences, leurs audaces et leurs projets. Une histoire peu conventionnelle qui aborde certains sujets tabous mais avec beaucoup de pudeur et aussi beaucoup d'humour. Ce qui m'a séduit c'est que ces femmes ne sont pas toujours tendres avec la gent masculine et on peut parfois y déceler une certaine cruauté dans leur propos. Ceci dit, je pense que cela est justifié. Chacune de ces dames nous narre sa vision des hommes et il faut avouer que cela ne manque pas de piment. De ce fait, l'ensemble est assez révélateur. Le dessin est, lui, très minimaliste mais celui-ci met bien en valeur les propos du récit. Les personnages sont décrits avec beaucoup de sincerité et de réalisme. Sans vouloir être contestataire, Satrapi nous raconte son expérience de femme confrontée au machisme ambiant. Le beau sexe est donc à l'honneur, ici. Laissez-vous tenter par ce one-shot qui vaut franchement le détour. A suivre !