Très, très bonne série. Dessin de très bonne facture et histoires très bien ficelées. A ma connaissance, curieusement, aucune saga de ce genre n'avait été traitée auparavant en BD (une famille qui développe en quelques générations un empire industriel après être parti de rien). Il vaut mieux lire les albums dans l'ordre.
C'est dans cette série que Van Hamme donne vraiment toute la mesure de son talent: personnages tranchés comme d'habitude, mais finalement plus complexes qu'on se l'imagine de prime abord. Et ici, pas de rallonge à n'en plus finir comme dans XIII ou Largo Winch... Vraiment bien.
J'ai vraiment bien aimé les 3 premiers tomes. Dans les 2 premiers, les personnages principaux vivent des conflits intérieurs très intéressants. Dans le 3ème, l'intrigue est particulièrement bien menée, et le méchant particulièrement réussi, ça mériterait largement une version cinématographique.
Pour les autres tomes, j'ai lu un peu trop rapidement sans doute, car j'ai l'impression que les scénarios, sans être mauvais, sont d'un moindre niveau, surtout ceux ayant lieu au XIXème siècle. Ou alors, il faudrait essayer de les relire du 1 au 10, maintenant que la série est complètement terminée, pour mieux percevoir le fil conducteur.
Je n'achèterai sans doute pas l'ensemble des albums, mais le concept très original permet justement de considérer ces albums en tant que "one shot" indépendants les uns des autres et ça, c'est déjà très appréciable.
Dessins somptueux, personnages attachants, dans la digne trajectoire du Sursis, avec une héroïne encore plus belle. Somptueux...malgré quelques faiblesses quand même: d'abord, la 2ème moitié de l'album se perd un peu sur un faux rythme, ça n'avance plus trop, et c'est pourquoi je suis resté un peu sur ma faim à la première lecture. Ensuite, l'héroïne en résistante communiste qui cache des flingues chez elle, ça ne colle vraiment pas à sa personnalité, elle qui sermonne son acolyte de cambrioler les "honnêtes gens"... Enfin, j'ai relevé des tas de petites erreurs dans les décors. Question à ce propos: le début de l'histoire commence-t-il un soir ou un matin ? Amusez-vous à observer les ombres...
Qu'importe, je suis bien obligé malgré tout de qualifier cet album d'indispensable, l'ayant relu plusieurs fois pour le plaisir du graphisme exceptionnel et des dialogues savoureux. Il faut simplement que l'histoire ne se perde pas en route, mais je fais confiance à Gibrat. Vite la suite...
3/5 pour Marini.
Certes les dessins sont magnifiques, quoiqu'un peu irréalistes (c'est une série fantastique, mais bon). Les deux "héros" sont quand même superbes et certaines séquences d'action sont à couper le souffle, notamment les combats à l'arme blanche.
Côté scénario, c'est du classique de chez classique: des vampires s'entre-déchirent pour gouverner le monde des simples humains, pratiquement relégués au rang de casse-dales. Vraiment limite de l'ennuyeux. Dufaux ne s'est pas surpassé, sur le coup. C'est vraiment dommage, avec un dessinateur pareil.
Ce double album est à mon avis l'un des meilleurs de Cosey, plus encore que "Voyage en Italie". C'est un auteur qui a vraiment un style graphique et narratif très personnel. J'adore ses couleurs, à dominante jaune-bleu, c'est vraiment fabuleux... dès qu'on a le déclic ! Et puis, cette aptitude à raconter des histoires sans vraiment de méchants est assez rare en BD pour être signalée.
Ici, il est question d'un glacier qui menace de submerger un village suisse, l'atmosphère devient dramatique dans un crescendo très bien mené, quelques personnages vaquant à leurs occupations respectives en sachant que le temps est compté...
Si la littérature existe en BD, il faut commencer par lire les albums de Cosey, et ceux-là en particulier. Dès que vous accrochez, un seul mot s'impose: chef-d'oeuvre.
Les dessins, à la fois très épurés et très complexes, m'ont beaucoup surpris. Mais ils sont plutôt réussis et collent bien au scénario, qui donne un peu dans le récit épique.
J'aime bien aussi la gymnastique que doit réaliser Aromm pour à la fois honorer sa parole, obéir à l'esprit de la steppe et assouvir sa soif de vengeance. Cette oeuvre nous permet de comprendre quel pouvait être l'état d'esprit de ces nomades, qui allaient être amenés à créer le plus grand empire de l'histoire.
Le côté négatif, c'est certaines séquences qui se répètent, certains oracles qui restent un peu obscurs ou certains évènements qui sont passés sous silence ou dont on ne connaît pas la fin. Enfin bref, une construction un peu surprenante et déroutante.
Un très bel album. Tout a presque déjà été dit, si ce n'est que l'univers à quelque chose de lynchien (zones d'ombres non-dévoilées, personnages atypiques et souvent flippants...). L'atmosphère carcérale est très bien retranscrite.
Le dessin est facile d'accès sans être non plus typé Tintin et Milou. Le scénar a de quoi tenir en haleine à chaque page. Les pistes sont brouillées sans qu'on n'y capte plus rien.
En bref, Hard Time (dont je ne connais ni les prédécesseurs ni d'autres oeuvres des auteurs) se révèle une véritable perle noire que je conseille à quiconque recherche un bon thriller que l'on n'oublie pas de si tôt.
Bonne lecture.
J'ai lu cette BD après avoir été attiré par la fabuleuse couverture du premier tome, c'est cette série qui m'a redonné envie de lire de la BD dite "Européenne", format que j'avais abandonné pendant pas mal d'années au profit du Comics.
Bonne BD fantastique, servie par un dessin et des couleurs magnifiques de Marini (je mets un bémol pour le 4ème tome un ton en-dessous de ce point de vue). Cette série pèche cependant par une baisse de qualité du scénario d'album en album (on y retrouve aussi le thème récurrent chez Marini du complot ce qui commence à faire redondant ...), le final étant quelque peu bâclé. C'est dommage même si elle reste un bon moment de détente.
Moi qui ne suis pourtant pas le plus gros fan de manga du monde, j'avoue avoir bien accroché à cette fort sympathique série (dont le sous-titre français, au cas où ça vous intéresse, est Les Epices couleur arc-en-ciel et fait référence aux 7 personnages principaux, tous prénommés d'après le nom d'une épice). C'est bon enfant, plein de fraîcheur et de fantaisie, ça ne se prend jamais au sérieux... Vous avez ainsi des allusions régulières au fait que tout ça n'est qu'une BD : les personnages prononcent des répliques comme "J'ai dit ça pour que nos lecteurs puissent comprendre", "Tu comprends bien que l'auteur ne peut peut pas tout dévoiler dès le premier chapitre" ou "Alors tout ça ne serait qu'une Love Comedy déguisée en manga historique ?"... C'est peut-être pas de la plus grande subtilité, mais je trouve ça marrant, et puis ça change des mangas où les personnages prennent des airs graves et compassés pour philosopher sur le ping-pong.
Les personnages sont très attachants (j'aime beaucoup le bébé ninja) malgré leur côté souvent stéréotypé : le super-guerrier est mystérieux, la petite princesse est capricieuse, l'inventeur est maladroit, les étrangers sont fourbes, le héros et l'héroïne se chamaillent tout le temps alors qu'ils sont secrètement amoureux (alors qu'ils sont peut-être frère et soeur, berk, c'est dégueulasse), etc. Mais ce défaut n'entache pas vraiment le plaisir qu'on prend à suivre les péripéties, pourtant pas foncièrement originales non plus (bagarre, dispute, bagarre, bagarre, dispute...), mais rondement menées, de cette petite bande, dont j'attends avec impatience la suite des aventures (pour l'instant, je n'ai lu que les 2 premiers tomes). Bref, rien de génial dans tout ça, mais une lecture très agréable avec laquelle on passe un bon moment.
Blankets est un bien bel album. Plutôt que d’une œuvre autobiographique, il serait sans doute plus judicieux de parler "d’œuvre-inspirée-de-faits-réels-que-l’auteur-a-vécus". Mais au final, je conviens que ça ne change pas grand chose pour le lecteur. Impossible d’être indifférent à la jeunesse de Craig et à son premier vrai amour. Ce que je vis actuellement n’est pas non plus pour rendre cet avis des plus objectifs.
Craig fait passer beaucoup d’émotions dans Blankets ... malgré une certaine lenteur du récit, on ne peut décrocher. Bel ouvrage, beau récit mais qui agace un peu aussi par l’omniprésence de la religion, comme l’a souligné Alix. C’est vrai que c’est le reflet de l’Amérique puritaine et l’auteur ne fait que de la retranscrire. Cependant, on comprend mieux ce choix à la fin ... Sinon, j’ai apprécié tout particulièrement le trait de Craig qui est à la fois spontané, frais et "vivant".
J’ai longtemps hésité entre 3 ou 4 étoiles. J’ai fini par mettre 3 à Blankets pour deux raisons : premièrement, l’omniprésence du religieux m’a un peu gavé même si elle n’est pas complètement futile pour bien cerner l’auteur et ses doutes et, deuxièmement, j’ai pas trop compris la fin ... ou je préfère ne pas la comprendre !
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Les Maîtres de l'Orge
Très, très bonne série. Dessin de très bonne facture et histoires très bien ficelées. A ma connaissance, curieusement, aucune saga de ce genre n'avait été traitée auparavant en BD (une famille qui développe en quelques générations un empire industriel après être parti de rien). Il vaut mieux lire les albums dans l'ordre. C'est dans cette série que Van Hamme donne vraiment toute la mesure de son talent: personnages tranchés comme d'habitude, mais finalement plus complexes qu'on se l'imagine de prime abord. Et ici, pas de rallonge à n'en plus finir comme dans XIII ou Largo Winch... Vraiment bien.
Le Décalogue
J'ai vraiment bien aimé les 3 premiers tomes. Dans les 2 premiers, les personnages principaux vivent des conflits intérieurs très intéressants. Dans le 3ème, l'intrigue est particulièrement bien menée, et le méchant particulièrement réussi, ça mériterait largement une version cinématographique. Pour les autres tomes, j'ai lu un peu trop rapidement sans doute, car j'ai l'impression que les scénarios, sans être mauvais, sont d'un moindre niveau, surtout ceux ayant lieu au XIXème siècle. Ou alors, il faudrait essayer de les relire du 1 au 10, maintenant que la série est complètement terminée, pour mieux percevoir le fil conducteur. Je n'achèterai sans doute pas l'ensemble des albums, mais le concept très original permet justement de considérer ces albums en tant que "one shot" indépendants les uns des autres et ça, c'est déjà très appréciable.
Le Vol du Corbeau
Dessins somptueux, personnages attachants, dans la digne trajectoire du Sursis, avec une héroïne encore plus belle. Somptueux...malgré quelques faiblesses quand même: d'abord, la 2ème moitié de l'album se perd un peu sur un faux rythme, ça n'avance plus trop, et c'est pourquoi je suis resté un peu sur ma faim à la première lecture. Ensuite, l'héroïne en résistante communiste qui cache des flingues chez elle, ça ne colle vraiment pas à sa personnalité, elle qui sermonne son acolyte de cambrioler les "honnêtes gens"... Enfin, j'ai relevé des tas de petites erreurs dans les décors. Question à ce propos: le début de l'histoire commence-t-il un soir ou un matin ? Amusez-vous à observer les ombres... Qu'importe, je suis bien obligé malgré tout de qualifier cet album d'indispensable, l'ayant relu plusieurs fois pour le plaisir du graphisme exceptionnel et des dialogues savoureux. Il faut simplement que l'histoire ne se perde pas en route, mais je fais confiance à Gibrat. Vite la suite...
Rapaces
3/5 pour Marini. Certes les dessins sont magnifiques, quoiqu'un peu irréalistes (c'est une série fantastique, mais bon). Les deux "héros" sont quand même superbes et certaines séquences d'action sont à couper le souffle, notamment les combats à l'arme blanche. Côté scénario, c'est du classique de chez classique: des vampires s'entre-déchirent pour gouverner le monde des simples humains, pratiquement relégués au rang de casse-dales. Vraiment limite de l'ennuyeux. Dufaux ne s'est pas surpassé, sur le coup. C'est vraiment dommage, avec un dessinateur pareil.
A la recherche de Peter Pan
Ce double album est à mon avis l'un des meilleurs de Cosey, plus encore que "Voyage en Italie". C'est un auteur qui a vraiment un style graphique et narratif très personnel. J'adore ses couleurs, à dominante jaune-bleu, c'est vraiment fabuleux... dès qu'on a le déclic ! Et puis, cette aptitude à raconter des histoires sans vraiment de méchants est assez rare en BD pour être signalée. Ici, il est question d'un glacier qui menace de submerger un village suisse, l'atmosphère devient dramatique dans un crescendo très bien mené, quelques personnages vaquant à leurs occupations respectives en sachant que le temps est compté... Si la littérature existe en BD, il faut commencer par lire les albums de Cosey, et ceux-là en particulier. Dès que vous accrochez, un seul mot s'impose: chef-d'oeuvre.
Âromm
Les dessins, à la fois très épurés et très complexes, m'ont beaucoup surpris. Mais ils sont plutôt réussis et collent bien au scénario, qui donne un peu dans le récit épique. J'aime bien aussi la gymnastique que doit réaliser Aromm pour à la fois honorer sa parole, obéir à l'esprit de la steppe et assouvir sa soif de vengeance. Cette oeuvre nous permet de comprendre quel pouvait être l'état d'esprit de ces nomades, qui allaient être amenés à créer le plus grand empire de l'histoire. Le côté négatif, c'est certaines séquences qui se répètent, certains oracles qui restent un peu obscurs ou certains évènements qui sont passés sous silence ou dont on ne connaît pas la fin. Enfin bref, une construction un peu surprenante et déroutante.
Brian Azzarello présente Hellblazer
Un très bel album. Tout a presque déjà été dit, si ce n'est que l'univers à quelque chose de lynchien (zones d'ombres non-dévoilées, personnages atypiques et souvent flippants...). L'atmosphère carcérale est très bien retranscrite. Le dessin est facile d'accès sans être non plus typé Tintin et Milou. Le scénar a de quoi tenir en haleine à chaque page. Les pistes sont brouillées sans qu'on n'y capte plus rien. En bref, Hard Time (dont je ne connais ni les prédécesseurs ni d'autres oeuvres des auteurs) se révèle une véritable perle noire que je conseille à quiconque recherche un bon thriller que l'on n'oublie pas de si tôt. Bonne lecture.
Rapaces
J'ai lu cette BD après avoir été attiré par la fabuleuse couverture du premier tome, c'est cette série qui m'a redonné envie de lire de la BD dite "Européenne", format que j'avais abandonné pendant pas mal d'années au profit du Comics. Bonne BD fantastique, servie par un dessin et des couleurs magnifiques de Marini (je mets un bémol pour le 4ème tome un ton en-dessous de ce point de vue). Cette série pèche cependant par une baisse de qualité du scénario d'album en album (on y retrouve aussi le thème récurrent chez Marini du complot ce qui commence à faire redondant ...), le final étant quelque peu bâclé. C'est dommage même si elle reste un bon moment de détente.
Niji-iro Tohgarashi
Moi qui ne suis pourtant pas le plus gros fan de manga du monde, j'avoue avoir bien accroché à cette fort sympathique série (dont le sous-titre français, au cas où ça vous intéresse, est Les Epices couleur arc-en-ciel et fait référence aux 7 personnages principaux, tous prénommés d'après le nom d'une épice). C'est bon enfant, plein de fraîcheur et de fantaisie, ça ne se prend jamais au sérieux... Vous avez ainsi des allusions régulières au fait que tout ça n'est qu'une BD : les personnages prononcent des répliques comme "J'ai dit ça pour que nos lecteurs puissent comprendre", "Tu comprends bien que l'auteur ne peut peut pas tout dévoiler dès le premier chapitre" ou "Alors tout ça ne serait qu'une Love Comedy déguisée en manga historique ?"... C'est peut-être pas de la plus grande subtilité, mais je trouve ça marrant, et puis ça change des mangas où les personnages prennent des airs graves et compassés pour philosopher sur le ping-pong. Les personnages sont très attachants (j'aime beaucoup le bébé ninja) malgré leur côté souvent stéréotypé : le super-guerrier est mystérieux, la petite princesse est capricieuse, l'inventeur est maladroit, les étrangers sont fourbes, le héros et l'héroïne se chamaillent tout le temps alors qu'ils sont secrètement amoureux (alors qu'ils sont peut-être frère et soeur, berk, c'est dégueulasse), etc. Mais ce défaut n'entache pas vraiment le plaisir qu'on prend à suivre les péripéties, pourtant pas foncièrement originales non plus (bagarre, dispute, bagarre, bagarre, dispute...), mais rondement menées, de cette petite bande, dont j'attends avec impatience la suite des aventures (pour l'instant, je n'ai lu que les 2 premiers tomes). Bref, rien de génial dans tout ça, mais une lecture très agréable avec laquelle on passe un bon moment.
Blankets - Manteau de neige
Blankets est un bien bel album. Plutôt que d’une œuvre autobiographique, il serait sans doute plus judicieux de parler "d’œuvre-inspirée-de-faits-réels-que-l’auteur-a-vécus". Mais au final, je conviens que ça ne change pas grand chose pour le lecteur. Impossible d’être indifférent à la jeunesse de Craig et à son premier vrai amour. Ce que je vis actuellement n’est pas non plus pour rendre cet avis des plus objectifs. Craig fait passer beaucoup d’émotions dans Blankets ... malgré une certaine lenteur du récit, on ne peut décrocher. Bel ouvrage, beau récit mais qui agace un peu aussi par l’omniprésence de la religion, comme l’a souligné Alix. C’est vrai que c’est le reflet de l’Amérique puritaine et l’auteur ne fait que de la retranscrire. Cependant, on comprend mieux ce choix à la fin ... Sinon, j’ai apprécié tout particulièrement le trait de Craig qui est à la fois spontané, frais et "vivant". J’ai longtemps hésité entre 3 ou 4 étoiles. J’ai fini par mettre 3 à Blankets pour deux raisons : premièrement, l’omniprésence du religieux m’a un peu gavé même si elle n’est pas complètement futile pour bien cerner l’auteur et ses doutes et, deuxièmement, j’ai pas trop compris la fin ... ou je préfère ne pas la comprendre !