Je ressens un certain malaise à détester aujourd'hui Alix, dans la mesure où j'aimais bien certains albums quand j'étais petit, et que Jacques Martin a des dons graphiques incontestables. Mais avec mes yeux d'adultes, je ne peux plus supporter l'esprit de cette BD.
La personnalité d'Alix m'a toujours parue hermétique, c'est un héros fadasse dans la lignée de Tintin: courageux, probe, intègre, sobre, chaste, etc. Mais Tintin au moins est sauvé par Haddock et d'autres personnages secondaires, tandis qu'Alix est "secondé" par un personnage encore plus insignifiant que lui: Enak. Aucun humour, aucune chaleur humaine dans les personnages. C'est d'autant plus étrange que Jacques Martin revendique une bonne part de l'humour des derniers Tintin ("Bijoux de la Castafiore"...) lorsqu'il était aux studios Hergé. Etrange quand même....
Ensuite, il y a un fil conducteur politique qui m'agace prodigieusement: dans bon nombre d'histoires, la "Pax Romana" est menacée par des ambitieux et/ou des fanatiques. Alix, gallo-romain collabo des Romains, réussit toujours à déjouer les plans des méchants. On voit donc Alix dans des positions morales vraiment cuculs, par exemple donner à boire à un pauvre prisonnier dans un casque de soldat. Ce qui ne l'empêche pas d'être un fidèle de Jules César, général sanguinaire et cruel, et plus généralement d'être toujours du côté du manche impérialiste romain, esprit de droite jésuitique typique qui consiste à faire preuve de bon sentiments sans jamais remettre en cause les injustices fondamentales.
Enfin, l'Antiquité à la Jacques Martin est quelque peu idyllique: Alix ne vit guère que dans des palaces somptueux, le moindre préfet de province romaine a de plus beaux appartements que Jean-Paul II lui-même. Les postures des personnages sont visiblement inspirées des statues grecques. Les visages ont tendance à tous se ressembler.
Les premiers albums sont certainement les meilleurs, ça se tient bien sur le plan du récit. Mais à partir du "Dernier des Spartiates" à peu près, les scénarios dégénèrent dans l'insignifiance la plus profonde.
Dire qu'Alix est nul serait injuste. Disons plutôt qu'Alix est malfaisant.
On n'attendait pas spécialement Mardon dans ce registre. Il dresse ici une galerie de personnages dont les destins se croisent au fil du hasard (façon "Magnolia", le côté baroque en moins, la simplicité en plus). Un récit multiple constitué par autant d'historiettes que de personnages. Parfois un peu attendus, par moments beaucoup plus pertinents, les caractères dressés par Mardon sont attachants et crédibles, l’auteur semble disposer d’un vrai talent pour mettre en scène avec finesse les attitudes, les expressions. Une belle réussite.
Une très bonne BD, sur un thème curieusement rarement traité par la BD, mais à peu près aussi bonne à mon sens que "la Boîte noire" des mêmes auteurs: je comprends davantage que je ressens la psychologie du personnage principal.
Dessins, découpage, dialogues sont toujours à la hauteur.
Un chef-d'oeuvre !
Il n'y a pas ici l'exotisme de bon nombre des albums de Ferrandez, mais l'histoire est superbement menée. Rarement une fin d'album aura été aussi réussie. Et l'aspect psychologique est boulversant: au départ, un homme à la vie très ordinaire, et puis le voilà qui commence à perdre pied petit à petit jusqu'à presque se noyer, jusqu'au dénouement final. A lire et à relire.
Je n'aime pas la personnalité de Burma, il me paraît froid et antipathique. Je trouve par ailleurs que le dessin de Tardi est franchement surcôté. Dessiner Paris flatte peut-être les parisiens, mais est-ce vraiment suffisant? Quand Burma se rend à Lyon, c'est pour dire qu'il déteste cette ville, je ne vois pas bien l'intérêt. Pourtant j'adore la BD historique, les bonnes intrigues policières et les atmosphères un peu troubles, mais je ne ressens pas beaucoup d'émotion quand je parcours les pages de Nestor Burma, c'est lent, c'est un peu plat. Pas pour moi, en tous cas...
C'est une BD remarquable, qui était peut-être "d'anticipation" quand elle a été réalisée il y a une petite vingtaine d'années, mais dont les thèmes sont malheureusement très actuels: les citoyens de seconde zone en situation irrégulière; les employés de bureau faisant un travail complêtement débile et inutile, mais qui s'en foutent du moment qu'ils sont payés; la carte-qui-fait-tout: carte bleue, carte vitale, carte d'identité, etc, au détriment de la confidentialité; les vacances obligées si vous ne voulez pas passer pour un demeuré...
On peut juste reprocher qu'avec la densité de chacun de ces thèmes, il n'y ait que des histoires un peu courtes.
Avis mitigé; le scénario est bon mais le graphisme n'est pas assez flamboyant à mon goût.
Cette serie n'est pas très facile à trouver; il semble qu'il y ait des ruptures de stock et je cherche le Tome 2 désespérément (même si j'ai pu tout de même l'emprunter).
J'attends avec empressement la sortie du n°4 (et la ré-édition du n°2).
J'entends dire du bien de cette série depuis des années mais, à cause des couvertures et du titre un brin impressionnant (on est bête, parfois!) je ne l'ai lue que récemment. Par contre, là je me suis envoyé les 5 tomes en quelques jours !!
David B. a de toute évidence un imaginaire exubérant, beaucoup de courage et d'honnêteté lorsqu'il décrit sa relation avec son frère.
Et cette façon d'exprimer tout ce qui est abstrait, et notamment le trop plein de ses émotions, en employant des métaphores visuelles qui m'évoque l'univers aztèque (impression très perso), en nourrissant ces planches de sortes de frises ou d'animaux fantastiques, de guerriers de toutes sortes,...
Tout concourt à faire de "L'Ascension du Haut-mal" une BD à part, au symbolisme très riche (l'image de son frère qui arrive à l'hôpital avec sa maladie et, dans sa chambre, la range dans un placard comme un fardeau monstrueux qui ne le quitte jamais, c'est simple, mais génial !), et un témoignage poignant autant que sans concession sur l'épilepsie vécue au quotidien. Mais, c'est aussi plus que cela, comment un enfant confronté à cette situation va développer un système de défense par la création d'un monde imaginaire et un moyen d'expression : le dessin et comment celui-ci va transformer sa vie.
C'est très fort !
S'il y a bien une BD pour laquelle je me devais de poster un avis, c'est "De Cape et de crocs"!!
Tome 1 : Le Secret du janissaire
Au détour des rayons d'une bibliothèque
une couverture bleutée, aussitôt m'a conquise ;
j'ai plongé dans la nuit étoilée de Venise
puis largué les amarres d'une superbe chébèque.
Des dialogues plein de verve, de nombreuses références
à d'illustres aînés, brillamment égalés ;
un dessin somptueux, les couleurs raffinées
d'une riche palette ; on côtoie l'excellence.
Don Lope l'Andalou, sombre et fier hidalgo
Armand de Maupertuis, baronnet d'Arudy
Hermine et Sélêné, l'adorable Eusebio,
Kader le janissaire, Cénile et Andreo,
ce sont les personnages de cette comédie
qu'eussent approuvée en choeur, Molière et Cyrano.
En un mot comme en cent, vous seriez bien incultes
si d'aventure vous négligiez cet album culte.
Tome 2 : Pavillon noir !
Je m'en vais vous conter la puissante impression
que produisit sur moi, le récit palpitant
des fort divertissantes pérégrinations
de nos compères capés et du vil capitan.
Après une folle poursuite en guise de hors-d'oeuvre,
je me suis délectée d'un fabuleux festin
composé de pirates, de vestiges sous-marins
et d'un vaisseau fantôme, guidé par une pieuvre.
Si, comme moi, vous aimez, les histoires d'aventure
de trésors, de mystères, et d'amours contrariées
cet album vous sera d'une plaisante lecture.
Moi qui goûte aussi l'art du verbe et de l'épée
et qui aime l'humour, subtil et malicieux
à vous je puis l'avouer : j'ai été transportée.
Et c'est ainsi, que sous vos yeux, je catapulte
ce volume exceptionnel, au rang d'album culte.
Tome 3 : L'Archipel du danger
L'humour atteint ici, toute sa quintessence
le dessin les couleurs, sont toujours prodigieux,
décidément, Ayroles et Masbou sont des dieux
pour avoir su créer une telle magnificence.
Leur génie saute aux yeux, dans les moindres détails,
que ce soit du dessin ou bien du scénario,
nul autre artiste ne leur arrive à la taille,
là tout n'est que finesse, élégance et brio.
Paysages de mer, nocturnes et tourmentés,
monstres marins, chasse au trésor et savant fou
tout cela enchaîné, afin de nous combler,
l'archipel du danger, recèle bien des surprises,
offre sa luxuriance et porte bien son nom ;
ainsi une fois encore, cette histoire m'a conquise.
Alors mes yeux pétillent, et mon coeur, même, exulte
puisque sur BDthèque, j'évoque cet album culte.
Tome 4 : Le Mystère de l'île étrange
Nous voici à présent, sur une île mystérieuse
et les coups de théâtre, au sens propre du mot
confèrent à cette histoire, ô combien merveilleuse
l'atmosphère incongrue d'un lever de rideau.
Comme toujours, avec nos deux auteurs bien-aimés,
l'humour va se nicher dans les moindres recoins
ainsi chaque vignette est à bien observer
car elle est dessinée avec le plus grand soin.
Les premiers d'entre nous qui ont acquis ce tome
ont eu le privilège d'y lire un impromptu
qui retrace la rencontre de nos deux gentilshommes.
Merci monsieur Ayroles, pour ce petit bonus
qui lève un peu le voile sur Armand et Lope
et prouve que vous n'êtes jamais à cours d'astuce.
Il faut que ce soit dit, que personne n'occulte
la rumeur qui affirme que cet album est culte.
tome 5 : Jean Sans Lune
L'aventure, maintenant, prend un tour scientifique
et c'est par le pouvoir d'un simple aérolithe,
objet tant convoité par Jean, le Sélénite,
que les auteurs nous offrent une histoire fantastique.
Mais avant d'entreprendre cet insensé voyage
qui promet à son tour d'être fort pittoresque,
nous faisons connaissance avec des personnages
dont le raffinement le dispute au grotesque.
Sur le raïs Kader, on en sait davantage
d'autres questions surgissent ; tout cela distillé
avec parcimonie, en un savant dosage.
Vous parlerai-je encore du dessin flamboyant
dont l'égale qualité, au fil des épisodes
est la source d'un immuable émerveillement.
Cet album est un souffle au milieu du tumulte,
des Lanfeust et consorts ; il n'en est pas moins culte.
tome 6 : Luna incognita
Cette histoire, encore une fois, nous fait naviguer,
et pour nous éblouir, nous décroche la lune.
L'univers sélénite, qui nous est proposé,
est pour moi d'une beauté à nulle autre commune.
Ayroles nous gratifie de ces précieux clins d'oeil
d'érudit plein d'humour, dont nous sommes si friands,
c'est avec facétie, qu'il évite l'écueil
de la répétition ou des atermoiements.
Voyager en ces pages est des plus enchanteur
tant, à manier leur art, les auteurs sont habiles.
La finesse des dialogues, la hardiesse des couleurs,
d'ingénieuses trouvailles, comme cette ville mobile,
des détails cocasses, tout est de même valeur
et me fait m'exclamer : "Mais jusqu'où iront-ils ?"
Devant toi cher lecteur, qui surfes et consultes
mon avis sur ce tome, je le proclame culte.
tome 7 : Chasseurs de chimères
C'est avec émotion, que dis-je, avec ferveur
que j'ai ouvert ce tome, si longtemps désiré ;
sa couverture, déjà, promettant le bonheur
que ses pages, sans nul doute, allaient me prodiguer.
Hé bien, je reste sous le charme de ma lecture.
La ville nocturne est belle, les chimères, elles, fascinent,
et l'intrigue, enfin, prend une savoureuse tournure,
piquant rebondissement, foi de Doña Hermine !
Masbou - je me répète, je le sais mais qu'importe !-
Est un génie dans l'art de la mise en couleur,
chaque planche est un choc, et l'impression est forte !
Ayroles, quant à lui, promène ses personnages
et cisèle ses dialogues, avec la gourmandise
de celui qui maîtrise, quand les autres surnagent.
Votre bibliothèque prendrait pour une insulte
que sur ses étagères, ne trône cet album culte.
Une dernière chose : c'est la SEULE série que je qualifie de culte (vous pouvez vérifier mes stats ! ;) )
Déjà le premier cycle ne m'a que très moyennement plu... Alors forcément, le tome 4, avec sa fin en accéléré, à la fois prévisible et peu crédible... :(
Les dessins de cette série sont étranges, mais bon pourquoi pas... Si l'on passe sur les cous immenses et les yeux de bulldog, reste encore le problème de distinguer les visages les uns des autres... Dès que l'éclairage ou l'angle de vue empêche de bien voir la coupe de cheveux, j'étais complètement perdue.
Ensuite les couleurs sont tristes et glauques. Bon, c'est sûrement voulu, pour créer l'ambiance (après tout, vu le titre de la série, je ne peux pas dire que je n'étais pas prévenue), mais j'ai trouvé ça assez pesant à force, et trop monotone.
Reste le scénar, pour expliquer votre engouement. Et effectivement, c'est pas trop mal ficelé. Après ces deux premiers cycles, on peut s'attendre à tout, une explication démoniaque ou une solution rationnelle, et ça c'est très bien trouvé !
Mais en dehors de l'aspect "résolution d'une énigme", j'accroche pas plus que ça. L'enquête, même si elle est pleine d'innatendus, n'a pas vraiment un rythme très réaliste ni très soutenu*, et surtout les personnages ne sont pas vraiment sympathiques, ils pourraient se faire tuer au détour d'une ruelle remplie de brouillard que cela ne me dérangerait pas. J'espère ne pas faire de spoiler en disant que j'ai trouvé certains "méchants" bien plus attachants que les "gentils". Et quand on ne tient pas plus que ça à voir les héros triompher, et ben c'est dur de rester scotché par le suspense...
Bon, ceci dit, ça reste une série agréable à lire; si je suis aussi négative c'est que j'ai été déçue par rapport aux avis enthousiastes que vous pouvez lire ci-dessous.
*Il faut dire que j'ai lu Fog juste après un Nestor Burma de Tardi, donc forcément c'est dur d'être à la hauteur ;)
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Alix
Je ressens un certain malaise à détester aujourd'hui Alix, dans la mesure où j'aimais bien certains albums quand j'étais petit, et que Jacques Martin a des dons graphiques incontestables. Mais avec mes yeux d'adultes, je ne peux plus supporter l'esprit de cette BD. La personnalité d'Alix m'a toujours parue hermétique, c'est un héros fadasse dans la lignée de Tintin: courageux, probe, intègre, sobre, chaste, etc. Mais Tintin au moins est sauvé par Haddock et d'autres personnages secondaires, tandis qu'Alix est "secondé" par un personnage encore plus insignifiant que lui: Enak. Aucun humour, aucune chaleur humaine dans les personnages. C'est d'autant plus étrange que Jacques Martin revendique une bonne part de l'humour des derniers Tintin ("Bijoux de la Castafiore"...) lorsqu'il était aux studios Hergé. Etrange quand même.... Ensuite, il y a un fil conducteur politique qui m'agace prodigieusement: dans bon nombre d'histoires, la "Pax Romana" est menacée par des ambitieux et/ou des fanatiques. Alix, gallo-romain collabo des Romains, réussit toujours à déjouer les plans des méchants. On voit donc Alix dans des positions morales vraiment cuculs, par exemple donner à boire à un pauvre prisonnier dans un casque de soldat. Ce qui ne l'empêche pas d'être un fidèle de Jules César, général sanguinaire et cruel, et plus généralement d'être toujours du côté du manche impérialiste romain, esprit de droite jésuitique typique qui consiste à faire preuve de bon sentiments sans jamais remettre en cause les injustices fondamentales. Enfin, l'Antiquité à la Jacques Martin est quelque peu idyllique: Alix ne vit guère que dans des palaces somptueux, le moindre préfet de province romaine a de plus beaux appartements que Jean-Paul II lui-même. Les postures des personnages sont visiblement inspirées des statues grecques. Les visages ont tendance à tous se ressembler. Les premiers albums sont certainement les meilleurs, ça se tient bien sur le plan du récit. Mais à partir du "Dernier des Spartiates" à peu près, les scénarios dégénèrent dans l'insignifiance la plus profonde. Dire qu'Alix est nul serait injuste. Disons plutôt qu'Alix est malfaisant.
Corps à corps (Aire Libre)
On n'attendait pas spécialement Mardon dans ce registre. Il dresse ici une galerie de personnages dont les destins se croisent au fil du hasard (façon "Magnolia", le côté baroque en moins, la simplicité en plus). Un récit multiple constitué par autant d'historiettes que de personnages. Parfois un peu attendus, par moments beaucoup plus pertinents, les caractères dressés par Mardon sont attachants et crédibles, l’auteur semble disposer d’un vrai talent pour mettre en scène avec finesse les attitudes, les expressions. Une belle réussite.
L'outremangeur
Une très bonne BD, sur un thème curieusement rarement traité par la BD, mais à peu près aussi bonne à mon sens que "la Boîte noire" des mêmes auteurs: je comprends davantage que je ressens la psychologie du personnage principal. Dessins, découpage, dialogues sont toujours à la hauteur.
La Boîte noire
Un chef-d'oeuvre ! Il n'y a pas ici l'exotisme de bon nombre des albums de Ferrandez, mais l'histoire est superbement menée. Rarement une fin d'album aura été aussi réussie. Et l'aspect psychologique est boulversant: au départ, un homme à la vie très ordinaire, et puis le voilà qui commence à perdre pied petit à petit jusqu'à presque se noyer, jusqu'au dénouement final. A lire et à relire.
Nestor Burma
Je n'aime pas la personnalité de Burma, il me paraît froid et antipathique. Je trouve par ailleurs que le dessin de Tardi est franchement surcôté. Dessiner Paris flatte peut-être les parisiens, mais est-ce vraiment suffisant? Quand Burma se rend à Lyon, c'est pour dire qu'il déteste cette ville, je ne vois pas bien l'intérêt. Pourtant j'adore la BD historique, les bonnes intrigues policières et les atmosphères un peu troubles, mais je ne ressens pas beaucoup d'émotion quand je parcours les pages de Nestor Burma, c'est lent, c'est un peu plat. Pas pour moi, en tous cas...
S.O.S. Bonheur
C'est une BD remarquable, qui était peut-être "d'anticipation" quand elle a été réalisée il y a une petite vingtaine d'années, mais dont les thèmes sont malheureusement très actuels: les citoyens de seconde zone en situation irrégulière; les employés de bureau faisant un travail complêtement débile et inutile, mais qui s'en foutent du moment qu'ils sont payés; la carte-qui-fait-tout: carte bleue, carte vitale, carte d'identité, etc, au détriment de la confidentialité; les vacances obligées si vous ne voulez pas passer pour un demeuré... On peut juste reprocher qu'avec la densité de chacun de ces thèmes, il n'y ait que des histoires un peu courtes.
Les Prophéties Elween
Avis mitigé; le scénario est bon mais le graphisme n'est pas assez flamboyant à mon goût. Cette serie n'est pas très facile à trouver; il semble qu'il y ait des ruptures de stock et je cherche le Tome 2 désespérément (même si j'ai pu tout de même l'emprunter). J'attends avec empressement la sortie du n°4 (et la ré-édition du n°2).
L'Ascension du Haut Mal
J'entends dire du bien de cette série depuis des années mais, à cause des couvertures et du titre un brin impressionnant (on est bête, parfois!) je ne l'ai lue que récemment. Par contre, là je me suis envoyé les 5 tomes en quelques jours !! David B. a de toute évidence un imaginaire exubérant, beaucoup de courage et d'honnêteté lorsqu'il décrit sa relation avec son frère. Et cette façon d'exprimer tout ce qui est abstrait, et notamment le trop plein de ses émotions, en employant des métaphores visuelles qui m'évoque l'univers aztèque (impression très perso), en nourrissant ces planches de sortes de frises ou d'animaux fantastiques, de guerriers de toutes sortes,... Tout concourt à faire de "L'Ascension du Haut-mal" une BD à part, au symbolisme très riche (l'image de son frère qui arrive à l'hôpital avec sa maladie et, dans sa chambre, la range dans un placard comme un fardeau monstrueux qui ne le quitte jamais, c'est simple, mais génial !), et un témoignage poignant autant que sans concession sur l'épilepsie vécue au quotidien. Mais, c'est aussi plus que cela, comment un enfant confronté à cette situation va développer un système de défense par la création d'un monde imaginaire et un moyen d'expression : le dessin et comment celui-ci va transformer sa vie. C'est très fort !
De Cape et de Crocs
S'il y a bien une BD pour laquelle je me devais de poster un avis, c'est "De Cape et de crocs"!! Tome 1 : Le Secret du janissaire Au détour des rayons d'une bibliothèque une couverture bleutée, aussitôt m'a conquise ; j'ai plongé dans la nuit étoilée de Venise puis largué les amarres d'une superbe chébèque. Des dialogues plein de verve, de nombreuses références à d'illustres aînés, brillamment égalés ; un dessin somptueux, les couleurs raffinées d'une riche palette ; on côtoie l'excellence. Don Lope l'Andalou, sombre et fier hidalgo Armand de Maupertuis, baronnet d'Arudy Hermine et Sélêné, l'adorable Eusebio, Kader le janissaire, Cénile et Andreo, ce sont les personnages de cette comédie qu'eussent approuvée en choeur, Molière et Cyrano. En un mot comme en cent, vous seriez bien incultes si d'aventure vous négligiez cet album culte. Tome 2 : Pavillon noir ! Je m'en vais vous conter la puissante impression que produisit sur moi, le récit palpitant des fort divertissantes pérégrinations de nos compères capés et du vil capitan. Après une folle poursuite en guise de hors-d'oeuvre, je me suis délectée d'un fabuleux festin composé de pirates, de vestiges sous-marins et d'un vaisseau fantôme, guidé par une pieuvre. Si, comme moi, vous aimez, les histoires d'aventure de trésors, de mystères, et d'amours contrariées cet album vous sera d'une plaisante lecture. Moi qui goûte aussi l'art du verbe et de l'épée et qui aime l'humour, subtil et malicieux à vous je puis l'avouer : j'ai été transportée. Et c'est ainsi, que sous vos yeux, je catapulte ce volume exceptionnel, au rang d'album culte. Tome 3 : L'Archipel du danger L'humour atteint ici, toute sa quintessence le dessin les couleurs, sont toujours prodigieux, décidément, Ayroles et Masbou sont des dieux pour avoir su créer une telle magnificence. Leur génie saute aux yeux, dans les moindres détails, que ce soit du dessin ou bien du scénario, nul autre artiste ne leur arrive à la taille, là tout n'est que finesse, élégance et brio. Paysages de mer, nocturnes et tourmentés, monstres marins, chasse au trésor et savant fou tout cela enchaîné, afin de nous combler, l'archipel du danger, recèle bien des surprises, offre sa luxuriance et porte bien son nom ; ainsi une fois encore, cette histoire m'a conquise. Alors mes yeux pétillent, et mon coeur, même, exulte puisque sur BDthèque, j'évoque cet album culte. Tome 4 : Le Mystère de l'île étrange Nous voici à présent, sur une île mystérieuse et les coups de théâtre, au sens propre du mot confèrent à cette histoire, ô combien merveilleuse l'atmosphère incongrue d'un lever de rideau. Comme toujours, avec nos deux auteurs bien-aimés, l'humour va se nicher dans les moindres recoins ainsi chaque vignette est à bien observer car elle est dessinée avec le plus grand soin. Les premiers d'entre nous qui ont acquis ce tome ont eu le privilège d'y lire un impromptu qui retrace la rencontre de nos deux gentilshommes. Merci monsieur Ayroles, pour ce petit bonus qui lève un peu le voile sur Armand et Lope et prouve que vous n'êtes jamais à cours d'astuce. Il faut que ce soit dit, que personne n'occulte la rumeur qui affirme que cet album est culte. tome 5 : Jean Sans Lune L'aventure, maintenant, prend un tour scientifique et c'est par le pouvoir d'un simple aérolithe, objet tant convoité par Jean, le Sélénite, que les auteurs nous offrent une histoire fantastique. Mais avant d'entreprendre cet insensé voyage qui promet à son tour d'être fort pittoresque, nous faisons connaissance avec des personnages dont le raffinement le dispute au grotesque. Sur le raïs Kader, on en sait davantage d'autres questions surgissent ; tout cela distillé avec parcimonie, en un savant dosage. Vous parlerai-je encore du dessin flamboyant dont l'égale qualité, au fil des épisodes est la source d'un immuable émerveillement. Cet album est un souffle au milieu du tumulte, des Lanfeust et consorts ; il n'en est pas moins culte. tome 6 : Luna incognita Cette histoire, encore une fois, nous fait naviguer, et pour nous éblouir, nous décroche la lune. L'univers sélénite, qui nous est proposé, est pour moi d'une beauté à nulle autre commune. Ayroles nous gratifie de ces précieux clins d'oeil d'érudit plein d'humour, dont nous sommes si friands, c'est avec facétie, qu'il évite l'écueil de la répétition ou des atermoiements. Voyager en ces pages est des plus enchanteur tant, à manier leur art, les auteurs sont habiles. La finesse des dialogues, la hardiesse des couleurs, d'ingénieuses trouvailles, comme cette ville mobile, des détails cocasses, tout est de même valeur et me fait m'exclamer : "Mais jusqu'où iront-ils ?" Devant toi cher lecteur, qui surfes et consultes mon avis sur ce tome, je le proclame culte. tome 7 : Chasseurs de chimères C'est avec émotion, que dis-je, avec ferveur que j'ai ouvert ce tome, si longtemps désiré ; sa couverture, déjà, promettant le bonheur que ses pages, sans nul doute, allaient me prodiguer. Hé bien, je reste sous le charme de ma lecture. La ville nocturne est belle, les chimères, elles, fascinent, et l'intrigue, enfin, prend une savoureuse tournure, piquant rebondissement, foi de Doña Hermine ! Masbou - je me répète, je le sais mais qu'importe !- Est un génie dans l'art de la mise en couleur, chaque planche est un choc, et l'impression est forte ! Ayroles, quant à lui, promène ses personnages et cisèle ses dialogues, avec la gourmandise de celui qui maîtrise, quand les autres surnagent. Votre bibliothèque prendrait pour une insulte que sur ses étagères, ne trône cet album culte. Une dernière chose : c'est la SEULE série que je qualifie de culte (vous pouvez vérifier mes stats ! ;) )
Fog
Déjà le premier cycle ne m'a que très moyennement plu... Alors forcément, le tome 4, avec sa fin en accéléré, à la fois prévisible et peu crédible... :( Les dessins de cette série sont étranges, mais bon pourquoi pas... Si l'on passe sur les cous immenses et les yeux de bulldog, reste encore le problème de distinguer les visages les uns des autres... Dès que l'éclairage ou l'angle de vue empêche de bien voir la coupe de cheveux, j'étais complètement perdue. Ensuite les couleurs sont tristes et glauques. Bon, c'est sûrement voulu, pour créer l'ambiance (après tout, vu le titre de la série, je ne peux pas dire que je n'étais pas prévenue), mais j'ai trouvé ça assez pesant à force, et trop monotone. Reste le scénar, pour expliquer votre engouement. Et effectivement, c'est pas trop mal ficelé. Après ces deux premiers cycles, on peut s'attendre à tout, une explication démoniaque ou une solution rationnelle, et ça c'est très bien trouvé ! Mais en dehors de l'aspect "résolution d'une énigme", j'accroche pas plus que ça. L'enquête, même si elle est pleine d'innatendus, n'a pas vraiment un rythme très réaliste ni très soutenu*, et surtout les personnages ne sont pas vraiment sympathiques, ils pourraient se faire tuer au détour d'une ruelle remplie de brouillard que cela ne me dérangerait pas. J'espère ne pas faire de spoiler en disant que j'ai trouvé certains "méchants" bien plus attachants que les "gentils". Et quand on ne tient pas plus que ça à voir les héros triompher, et ben c'est dur de rester scotché par le suspense... Bon, ceci dit, ça reste une série agréable à lire; si je suis aussi négative c'est que j'ai été déçue par rapport aux avis enthousiastes que vous pouvez lire ci-dessous. *Il faut dire que j'ai lu Fog juste après un Nestor Burma de Tardi, donc forcément c'est dur d'être à la hauteur ;)