Quel titre, mes amis, quel titre... Rien qu'à son annonce, sans voir la couverture ni connaître le scénario, j'aurais acheté la bd les yeux fermés (c'est peut-être un peu exagéré, mais c'est réellement un des facteurs de mon achat).
Après la lecture, on se rend compte que le titre n'a pas vraiment grand-chose à voir avec l'oeuvre (enfin c'est mon avis), mais à ce moment là il n'a plus d'importance parce qu'on a été happé par cette envoutante bd. Une baie italienne paradisiaquee souillée par la rancune et la jalousie, et envahie par une sorte de climat fantastique qui prend peu à peu beaucoup d'importance. Je dois avouer que les pages noires qui parcourent l'album m'ont fortement intrigué, et des explications plus folles les unes que les autres me traversent encore la tête. Bref, un mystère qui reste entier dans ce premier tome...
Malgré cela, je trouve finalement l'album de facture relativement classique malgré son apparente originalité (même le dessin m'a fait cet effet là), et c'est pour cela que je ne monte pas à 5, note qui pourrait être atteinte au tome 2 (la fin ?) si le scénario confirme mes espérances.
J'aime bien le côté politiquement incorrect de Yann, notamment dans les Innommables, série que je trouve excellente tant au niveau de l'histoire que de l'humour acide. Et ici aussi, je devrais apprécier puisque c'est souvent de l'humour du même acabit que l'on trouve dans Nicotine Goudron. Pourtant ça me fait franchement moins rire.
Car l'aspect gag en une page, où la chute doit forcément être drôle, ça ne fonctionne pas pour moi avec le style de narration de Yann. Je le trouve meilleur à glisser son humour au fil des cases et des planches d'une longue BD pleine de détails cyniques, de situations pleines d'humour noir, etc. Tandis que là, ben, ça me laisse plutôt froid.
Par contre, il faut avouer que Yann est allé loin dans le politiquement incorrect avec cette BD. Une héroïne qui attrape le sida, qui s'en fout, qui se drogue, qui couche avec n'importe qui souvent pour du pognon, un pote noir qui se fait buter et qui revient sous la forme d'un fantome désabusé, un autre pote qui se découvre homo et se fait prendre dans les terrains vagues... Ca y va, et ça pourrait même choquer... choquer qui, je ne sais, mais ça pourrait choquer.
Côté dessins, Bodart n'a pas pour moi dans cette BD la classe du dessin de Conrad ou la rigueur qu'il aura ensuite dans Green Manor, mais son trait dynamique et vif n'est pas désagréable et colle bien à la BD. Par contre, la colorisation laisse à désirer.
Quoi, encore de l'heroïc fantasy ? Oui, mais de l'heroïc fantasy qui s'éloigne particulièrement de ce que l'on trouve dans le genre, notamment chez Soleil.
Brunschwig est un grand narrateur, qui sait aller à l'essentiel tout en développant petit à petit son univers hors du commun. Il nous propose un monde très original, détaillé, complet, poétique, et qui ne fait pas que reprendre ce que l'on a maintes fois lu (nain, troll, elfes, monstre-porte-trésor...), pour nous offrir une vision assez différente, plus personnelle, de ce type d'univers.
Les différents personnages, assez nombreux, ont une personnalité propre qui s'éloigne de tout stéréotype (grand barbare musclé et bête, etc.), et qui joue beaucoup sur les traits psychologiques des différents protagonistes de l'histoire.
Le dessin de Bailly, assez haché, ne plaira pas à tout le monde. Pour ma part, je le trouve assez sympa, sans réels défauts, mais pas accessible au plus grand nombre, c'est certain. Une fois encore, on quitte la prod' made in Soleil, pour découvrir un graphisme plus personnel, plus original.
La couleur... je ne suis pas convaincu. Pas que ce soit mal fait, mais le meilleur côtoie le pire, à mon sens. Certaines planches sont un régal pour les yeux, d'autres nous jettent au visage des mélanges de rouge et vert pétants, pas toujours du meilleur effet. :/
En tout cas, très intéressante série, qui promet vraiment pour la suite... :)
J'aime beaucoup !
Cette ambiance si particulière qui émane de cette série, cet univers que l'on n'a pas l'habitude de croiser dans le monde de la bande dessinée, le dessin de Ryser, les différents protagonistes de l'histoire... j'aime. :)
Le scénario, très sympa, nous plonge au coeur de l'Afrique noire pour notre plus grand plaisir. L'ensemble est très bien construit, bien ficelé, bien conçu, et ne souffre d'aucun problème de rythme. On accroche très vite aux différents personnages de cette fresque qui tient plus du conte que de l'aventure, dans un monde de sorcellerie, de malédiction, d'occultisme...
Ryser réalise de superbes planches, vraiment. Les regards de ses personnages, en particulier, sont vraiment géniaux. La couleur directe est appliquée avec brio, l'ensemble est vraiment magnifique. Peut-être quelques petits pains de proportions (très rares), mais qui seront corrigés lors du second tome. Du tout bon !
Moi, j'aime beaucoup... mais je l'ai déjà dit, je crois. :)
Je ne m'étais pas encore lancé dans la lecture de cette série, par manque de temps sûrement (tellement de choses à lire !), mais voilà qui est réparé.
C'est avec un grand enthousiasme que j'ai découvert "le Marquis d'Anaon" : en effet, j'aime beaucoup les différentes productions de Vehlmann, ses scénarii millimetrés, propres, sans véritable faille.
Bingo ! L'ambiance instaurée est assez géniale. Personnellement, elle me rappelle un peu "Sleepy Hollow" pour l'époque, le cadre, mais aussi "Hellboy" (si si, je vous assure) pour le côté "enquête paranormale", même si la comparaison s'arrête là.
Au résultat, le rythme est impeccable, et le dessin complètement adéquat, précis, aux couleurs qui jouent beaucoup sur l'ambiance constante de ces albums. Le principe du few shots (une aventure par album) marche très bien ici car Vehlmann, malgré le peu de pages (les 46 planches typiques), prend le temps de mettre en place un univers, une intrigue forte, des personnages intrigants...
Vraiment, une très bonne surprise.
Superbe, magnifique, envoutante, touchante... C'est la BD de l'année, à mon sens (oui, je sais, nous ne sommes qu'en février).
Il y avait un certain temps déjà qu'un album ne m'avait pas fait cet effet... le type de livres que l'on referme, lentement, et qui nous font réfléchir longuement... nous trouble...
Cette BD est un rêve de papier. Chagnaud maîtrise parfaitement sa couleur qui s'adapte au travail de Pont, qui a radicalement changé son trait depuis ses précédentes réalisations, pour nous faire voyager dans le sud de l'Italie du début du XXeme siècle. C'est beau, on entend presque les cigales de ces contrées semi-désertiques, terres de pêcheurs.
Les auteurs ont travaillé durant six années pour réaliser les deux tomes uniques de cette très belle série qui se terminera en août 2004, et y ont mis leurs tripes - ça se sent ! Storyboardée à merveille, cette histoire particulière, loin des productions habituelles du monde de la BD, possède un rythme régulier, des personnages très attachants... et surtout implique grandement le lecteur qui quitte son petit appart' le temps de 96 pages de voyage.
J'ai énormément de choses à dire... mais pas vraiment les mots qui vont avec. :) J'ai vibré comme rarement, et cette BD a une signification toute particulière pour moi... Messieurs les auteurs, merci.
Oui, c'est pas mal, "Soupe froide", en effet. Charles Masson qui, une fois n'est pas coutume, endosse le costume d'auteur BD pour mettre de côté celui de médecin ORL, nous propose une vision très personnelle, fiction basée sur des faits réels, de l'exclusion des SDF et de leur perception de la vie.
C'est assez touchant de découvrir la logique propre au "héros" (le terme n'est pas très bien choisi... disons "personnage principal de l'histoire") que celui-ci nous expose lors d'un long monologue de 120 pages. On comprend petit à petit sa vie passée, la raison de sa fugue...
Toutefois, je ne trouve pas que Charles Masson prenne réellement position. L'album sonne plus comme un constat. Ce n'est nullement une critique négative ! Mais ne vous attendez pas à des prises de positions, souvent faciles d'ailleurs... Ici, un SDF pense, se remémore sa vie... et on l'écoute, pour une fois.
Le dessin, s'il manque de finesse, m'a pourtant étonné sur certaines planches... L'ensemble n'est pas fait à la va-vite, on sent l'implication de l'auteur dans son ouvrage. Au final, le tout se tient plutôt bien, et mérite d'être lu.
Après avoir lu les deux tomes, je reste dans un drôle d'état d'esprit. J'ai une impression de manque.
A la lecture du premier tome, on ne sait pas trop où on en est. L'album pose plein de questions et nous laisse sans réponse. On est perdu! Ce qui me plaît, c'est qu'on rejoint ici le personnage, qui lui non plus ne comprend rien.
Le deuxième tome apporte certaines réponses (heureusement!), mais je suis restée sur ma faim. Le rythme de l'histoire me paraît bon (on ne s'ennuie pas), et les décors sont vraiment très bien faits, mais le scénario n'est pas des plus originaux. Et surtout on ne commence à s'attacher un peu aux personnages qu'à la toute fin, c'est-à-dire beaucoup trop tard. Globalement, j'ai l'impression d'avoir assisté à divers événements importants, mais d'un oeil tout à fait extérieur. On n'entre pas vraiment dans l'histoire.
Cette série a ainsi été difficile à noter, car malgré tout ce que je viens de dire, j'ai aimé. Un troisième tome m'aidera peut-être à me décider ?
Je ne sais pas si le roman de Fenimore Cooper a beaucoup vieilli, mais les enlèvements, les poursuites, les personnages manichéens, les histoires d'amour à l'eau de rose... il suffit de lire "Rodéo" ou "Akim" pour en avoir son compte, et pour moins cher.
D'ailleurs, le dessin de Ramaïoli est du même tonneau. Non pas que Twing n'ai pas sa place chez mon marchand de journaux, mais dans une édition un peu plus prestigieuse, il me semble qu'on est en droit d'attendre un peu mieux que ces dessins réalisés, c'est évident, à la va vite.
Bref, un beau gachis, pour une histoire qui, à mon avis, méritait mieux.
On peut facilement s'arrêter au tome 3, les autres ne présentant aucun intérêt.
Plutôt agréablement surpris, le Piehr. Faut dire aussi qu'il n'était pas grand fan de "Sillage", un peu blasé par l'inégalité qualitative des tomes de la série mère de Morvan et Buchet. Alors, dans cette optique, rien à perdre, d'autant plus qu'il est assez accro du dessin de Munuera, qui s'améliore d'album en album.
Le noir et blanc de Munuera est sympa, mais tout sauf lisible sur certaines cases. Normal ! prévu pour la mise en couleur, il ne contient que très peu de zones noires qui rendraient vraiment plus intelligibles la plupart des planches. En tout cas, son trait est toujours aussi vif, pointu, cartoon, et surtout dynamique ! On retrouve la qualité des derniers "Merlin", des mêmes auteurs, et on se plaît à (re)découvrir le passé de Nävis, auquel plusieurs passages de "Sillage" font référence.
Le scénario, quant à lui, est résolument axé jeunesse, à mon sens. On quitte les habituels scénarii de Morvan porteurs de messages (plus ou moins réfléchis... constatation très subjective) pour se retrouver dans un petit monde trognon, et qui préparera les plus jeunes à leur future lecture du best seller de Morvan. (L'endoctrinement n'est pas loin ;)). Par contre, objectivement, ce n'est pas particulièrement drôle. Autant le trait de Munuera fait sourire, autant le scénario de Morvan bien "Return of the Lion King - Cyber edition", sent quelque peu le déjà vu.
Qu'importe ! au final, on passe un agréable moment, et je suis sûr que les plus jeunes d'entre nous (comme Kael) sauront apprécier cette nouvelle série à sa juste valeur.
14/02/03 : petite mise à jour.
A priori, les plus jeunes d'entre nous n'apprécient pas plus que ça. (Cf avis de Kael ci-dessus)
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Où le regard ne porte pas...
Quel titre, mes amis, quel titre... Rien qu'à son annonce, sans voir la couverture ni connaître le scénario, j'aurais acheté la bd les yeux fermés (c'est peut-être un peu exagéré, mais c'est réellement un des facteurs de mon achat). Après la lecture, on se rend compte que le titre n'a pas vraiment grand-chose à voir avec l'oeuvre (enfin c'est mon avis), mais à ce moment là il n'a plus d'importance parce qu'on a été happé par cette envoutante bd. Une baie italienne paradisiaquee souillée par la rancune et la jalousie, et envahie par une sorte de climat fantastique qui prend peu à peu beaucoup d'importance. Je dois avouer que les pages noires qui parcourent l'album m'ont fortement intrigué, et des explications plus folles les unes que les autres me traversent encore la tête. Bref, un mystère qui reste entier dans ce premier tome... Malgré cela, je trouve finalement l'album de facture relativement classique malgré son apparente originalité (même le dessin m'a fait cet effet là), et c'est pour cela que je ne monte pas à 5, note qui pourrait être atteinte au tome 2 (la fin ?) si le scénario confirme mes espérances.
Nicotine Goudron
J'aime bien le côté politiquement incorrect de Yann, notamment dans les Innommables, série que je trouve excellente tant au niveau de l'histoire que de l'humour acide. Et ici aussi, je devrais apprécier puisque c'est souvent de l'humour du même acabit que l'on trouve dans Nicotine Goudron. Pourtant ça me fait franchement moins rire. Car l'aspect gag en une page, où la chute doit forcément être drôle, ça ne fonctionne pas pour moi avec le style de narration de Yann. Je le trouve meilleur à glisser son humour au fil des cases et des planches d'une longue BD pleine de détails cyniques, de situations pleines d'humour noir, etc. Tandis que là, ben, ça me laisse plutôt froid. Par contre, il faut avouer que Yann est allé loin dans le politiquement incorrect avec cette BD. Une héroïne qui attrape le sida, qui s'en fout, qui se drogue, qui couche avec n'importe qui souvent pour du pognon, un pote noir qui se fait buter et qui revient sous la forme d'un fantome désabusé, un autre pote qui se découvre homo et se fait prendre dans les terrains vagues... Ca y va, et ça pourrait même choquer... choquer qui, je ne sais, mais ça pourrait choquer. Côté dessins, Bodart n'a pas pour moi dans cette BD la classe du dessin de Conrad ou la rigueur qu'il aura ensuite dans Green Manor, mais son trait dynamique et vif n'est pas désagréable et colle bien à la BD. Par contre, la colorisation laisse à désirer.
Angus Powderhill
Quoi, encore de l'heroïc fantasy ? Oui, mais de l'heroïc fantasy qui s'éloigne particulièrement de ce que l'on trouve dans le genre, notamment chez Soleil. Brunschwig est un grand narrateur, qui sait aller à l'essentiel tout en développant petit à petit son univers hors du commun. Il nous propose un monde très original, détaillé, complet, poétique, et qui ne fait pas que reprendre ce que l'on a maintes fois lu (nain, troll, elfes, monstre-porte-trésor...), pour nous offrir une vision assez différente, plus personnelle, de ce type d'univers. Les différents personnages, assez nombreux, ont une personnalité propre qui s'éloigne de tout stéréotype (grand barbare musclé et bête, etc.), et qui joue beaucoup sur les traits psychologiques des différents protagonistes de l'histoire. Le dessin de Bailly, assez haché, ne plaira pas à tout le monde. Pour ma part, je le trouve assez sympa, sans réels défauts, mais pas accessible au plus grand nombre, c'est certain. Une fois encore, on quitte la prod' made in Soleil, pour découvrir un graphisme plus personnel, plus original. La couleur... je ne suis pas convaincu. Pas que ce soit mal fait, mais le meilleur côtoie le pire, à mon sens. Certaines planches sont un régal pour les yeux, d'autres nous jettent au visage des mélanges de rouge et vert pétants, pas toujours du meilleur effet. :/ En tout cas, très intéressante série, qui promet vraiment pour la suite... :)
Hariti
J'aime beaucoup ! Cette ambiance si particulière qui émane de cette série, cet univers que l'on n'a pas l'habitude de croiser dans le monde de la bande dessinée, le dessin de Ryser, les différents protagonistes de l'histoire... j'aime. :) Le scénario, très sympa, nous plonge au coeur de l'Afrique noire pour notre plus grand plaisir. L'ensemble est très bien construit, bien ficelé, bien conçu, et ne souffre d'aucun problème de rythme. On accroche très vite aux différents personnages de cette fresque qui tient plus du conte que de l'aventure, dans un monde de sorcellerie, de malédiction, d'occultisme... Ryser réalise de superbes planches, vraiment. Les regards de ses personnages, en particulier, sont vraiment géniaux. La couleur directe est appliquée avec brio, l'ensemble est vraiment magnifique. Peut-être quelques petits pains de proportions (très rares), mais qui seront corrigés lors du second tome. Du tout bon ! Moi, j'aime beaucoup... mais je l'ai déjà dit, je crois. :)
Le Marquis d'Anaon
Je ne m'étais pas encore lancé dans la lecture de cette série, par manque de temps sûrement (tellement de choses à lire !), mais voilà qui est réparé. C'est avec un grand enthousiasme que j'ai découvert "le Marquis d'Anaon" : en effet, j'aime beaucoup les différentes productions de Vehlmann, ses scénarii millimetrés, propres, sans véritable faille. Bingo ! L'ambiance instaurée est assez géniale. Personnellement, elle me rappelle un peu "Sleepy Hollow" pour l'époque, le cadre, mais aussi "Hellboy" (si si, je vous assure) pour le côté "enquête paranormale", même si la comparaison s'arrête là. Au résultat, le rythme est impeccable, et le dessin complètement adéquat, précis, aux couleurs qui jouent beaucoup sur l'ambiance constante de ces albums. Le principe du few shots (une aventure par album) marche très bien ici car Vehlmann, malgré le peu de pages (les 46 planches typiques), prend le temps de mettre en place un univers, une intrigue forte, des personnages intrigants... Vraiment, une très bonne surprise.
Où le regard ne porte pas...
Superbe, magnifique, envoutante, touchante... C'est la BD de l'année, à mon sens (oui, je sais, nous ne sommes qu'en février). Il y avait un certain temps déjà qu'un album ne m'avait pas fait cet effet... le type de livres que l'on referme, lentement, et qui nous font réfléchir longuement... nous trouble... Cette BD est un rêve de papier. Chagnaud maîtrise parfaitement sa couleur qui s'adapte au travail de Pont, qui a radicalement changé son trait depuis ses précédentes réalisations, pour nous faire voyager dans le sud de l'Italie du début du XXeme siècle. C'est beau, on entend presque les cigales de ces contrées semi-désertiques, terres de pêcheurs. Les auteurs ont travaillé durant six années pour réaliser les deux tomes uniques de cette très belle série qui se terminera en août 2004, et y ont mis leurs tripes - ça se sent ! Storyboardée à merveille, cette histoire particulière, loin des productions habituelles du monde de la BD, possède un rythme régulier, des personnages très attachants... et surtout implique grandement le lecteur qui quitte son petit appart' le temps de 96 pages de voyage. J'ai énormément de choses à dire... mais pas vraiment les mots qui vont avec. :) J'ai vibré comme rarement, et cette BD a une signification toute particulière pour moi... Messieurs les auteurs, merci.
Soupe Froide
Oui, c'est pas mal, "Soupe froide", en effet. Charles Masson qui, une fois n'est pas coutume, endosse le costume d'auteur BD pour mettre de côté celui de médecin ORL, nous propose une vision très personnelle, fiction basée sur des faits réels, de l'exclusion des SDF et de leur perception de la vie. C'est assez touchant de découvrir la logique propre au "héros" (le terme n'est pas très bien choisi... disons "personnage principal de l'histoire") que celui-ci nous expose lors d'un long monologue de 120 pages. On comprend petit à petit sa vie passée, la raison de sa fugue... Toutefois, je ne trouve pas que Charles Masson prenne réellement position. L'album sonne plus comme un constat. Ce n'est nullement une critique négative ! Mais ne vous attendez pas à des prises de positions, souvent faciles d'ailleurs... Ici, un SDF pense, se remémore sa vie... et on l'écoute, pour une fois. Le dessin, s'il manque de finesse, m'a pourtant étonné sur certaines planches... L'ensemble n'est pas fait à la va-vite, on sent l'implication de l'auteur dans son ouvrage. Au final, le tout se tient plutôt bien, et mérite d'être lu.
Prophet
Après avoir lu les deux tomes, je reste dans un drôle d'état d'esprit. J'ai une impression de manque. A la lecture du premier tome, on ne sait pas trop où on en est. L'album pose plein de questions et nous laisse sans réponse. On est perdu! Ce qui me plaît, c'est qu'on rejoint ici le personnage, qui lui non plus ne comprend rien. Le deuxième tome apporte certaines réponses (heureusement!), mais je suis restée sur ma faim. Le rythme de l'histoire me paraît bon (on ne s'ennuie pas), et les décors sont vraiment très bien faits, mais le scénario n'est pas des plus originaux. Et surtout on ne commence à s'attacher un peu aux personnages qu'à la toute fin, c'est-à-dire beaucoup trop tard. Globalement, j'ai l'impression d'avoir assisté à divers événements importants, mais d'un oeil tout à fait extérieur. On n'entre pas vraiment dans l'histoire. Cette série a ainsi été difficile à noter, car malgré tout ce que je viens de dire, j'ai aimé. Un troisième tome m'aidera peut-être à me décider ?
La Saga de Bas de cuir
Je ne sais pas si le roman de Fenimore Cooper a beaucoup vieilli, mais les enlèvements, les poursuites, les personnages manichéens, les histoires d'amour à l'eau de rose... il suffit de lire "Rodéo" ou "Akim" pour en avoir son compte, et pour moins cher. D'ailleurs, le dessin de Ramaïoli est du même tonneau. Non pas que Twing n'ai pas sa place chez mon marchand de journaux, mais dans une édition un peu plus prestigieuse, il me semble qu'on est en droit d'attendre un peu mieux que ces dessins réalisés, c'est évident, à la va vite. Bref, un beau gachis, pour une histoire qui, à mon avis, méritait mieux. On peut facilement s'arrêter au tome 3, les autres ne présentant aucun intérêt.
Nävis
Plutôt agréablement surpris, le Piehr. Faut dire aussi qu'il n'était pas grand fan de "Sillage", un peu blasé par l'inégalité qualitative des tomes de la série mère de Morvan et Buchet. Alors, dans cette optique, rien à perdre, d'autant plus qu'il est assez accro du dessin de Munuera, qui s'améliore d'album en album. Le noir et blanc de Munuera est sympa, mais tout sauf lisible sur certaines cases. Normal ! prévu pour la mise en couleur, il ne contient que très peu de zones noires qui rendraient vraiment plus intelligibles la plupart des planches. En tout cas, son trait est toujours aussi vif, pointu, cartoon, et surtout dynamique ! On retrouve la qualité des derniers "Merlin", des mêmes auteurs, et on se plaît à (re)découvrir le passé de Nävis, auquel plusieurs passages de "Sillage" font référence. Le scénario, quant à lui, est résolument axé jeunesse, à mon sens. On quitte les habituels scénarii de Morvan porteurs de messages (plus ou moins réfléchis... constatation très subjective) pour se retrouver dans un petit monde trognon, et qui préparera les plus jeunes à leur future lecture du best seller de Morvan. (L'endoctrinement n'est pas loin ;)). Par contre, objectivement, ce n'est pas particulièrement drôle. Autant le trait de Munuera fait sourire, autant le scénario de Morvan bien "Return of the Lion King - Cyber edition", sent quelque peu le déjà vu. Qu'importe ! au final, on passe un agréable moment, et je suis sûr que les plus jeunes d'entre nous (comme Kael) sauront apprécier cette nouvelle série à sa juste valeur. 14/02/03 : petite mise à jour. A priori, les plus jeunes d'entre nous n'apprécient pas plus que ça. (Cf avis de Kael ci-dessus)