Certaines oeuvres de Manara sont loin de m'avoir convaincu, mais j'adore les 2 premiers Giuseppe Bergman ; il y a un charme qui transcende l'histoire. C'est complètement décousu, les scènes sont parfois réalistes avec des petits bouts d'histoires "d'aventure", pour d'autres l'onirisme prend le dessus. C'est que le héros aspire à l'aventure, l'évasion, mais se retrouve en général confronté à la médiocrité des situations ordinaires. Thème ambitieux, mais Manara devait aussi pas mal fumer à l'époque, ça en désorientera plus d'un. Mais personnellement, j'adore, le dessin est superbe, j'ai l'impression parfois de le lire en couleurs alors qu'il ne l'est pas. Excellent.
En fait un bon 3, qui frise même le 4...
Forcément les tomes sont inégaux : j'ai trouvé les 1, 4, 9 particulièrement réussis. Aucun n'est franchement mauvais. En revanche, le dessin de certains tomes est à la limite du rebutant (le 5 par exemple).
L'idée générale est très séduidante : des histoires indépendantes, dans différentes époques, qui nous apprennent à chaque fois un peu plus sur un mystérieux manuscrit...
C'est dans l'ensemble bien traité. La série garde son souffle jusqu'au bout.
Bref, pas renversant, mais une valeur sûre.
Après lecture du 6ème tome, je vais aussi mettre mon grain de sel...
Quand j'ai acheté les premiers tomes de cette BD, j'avais peur d'être déçu, vu les critiques enthousiastes des autres lecteurs. En plus, a priori, j'ai un peu de mal avec les BD mettant en scène des animaux donc c'était pas gagné. Le premier tome m'a séduit mais sans plus. J'ai trouvé le deuxième carrément bon. A partir du troisième, je suis tombé sous le charme. Cette BD, aux dialogues d'une rare finesse, est un régal pour les yeux et l'esprit. C'est poétique, c'est drôle, c'est intelligent, c'est beau.
Seule inquiétude : j'espère que les auteurs sauront éviter la série-sans-fin (type XIII) et qu'on s'achemine vers un format raisonnable (genre 7 ou 8 tomes, comme Lanfeust).
Chefs-d'oeuvre absolus: le Secret de l'Espadon, le Mystère de la Pyramide, SOS Météores (qui est mon préféré). Et à peine en dessous, la Marque Jaune.
Evidemment, c'est un style d'une autre époque, ça manque (un peu) de femmes et attention à l'overdose de textes. Mais c'est incontournable ! L'idée d'avoir reformaté les albums plus grands est excellente.
Les derniers albums, réalisés par d'autres sont efficaces et de qualité, mais retombent dans du plus conventionnel. Jacobs, c'était un genre à lui tout seul, et en réalité il est inimitable.
Benoît Brisefer: une série superbe pour l'enfant que j'étais. Peyo est un fabuleux narrateur et le fantasme du garçon super fort est très bien exploité.
Comme souvent, ça se dégrade au bout de quelques albums, quand le créateur n'y est plus vraiment ou plus du tout: à partir de "Lady Dolphine" inclus, évitez. Mais les premiers sont vraiment bien.
Les 4 premiers albums sont bien ficelés, surtout "Le mystère Borg" et "Le repaire du loup". Hélas, à partir des "Portes de l'enfer", les scénarios sombrent dans l'ennui et l'incohérence.
Jacques Martin stéréotype tellement ses personnages qu'il a créé Lefranc en en faisant un Alix de l'époque contemporaine, avec cette confusion classique entre héros parfait et héros sans personnalité qui-ne-boit-pas, qui-ne-fume-pas, chaste, etc, le type même du chevalier inexistant, blindé dehors mais vide dedans et auquel je comprends difficilement que le lecteur puisse s'identifier.
Par contre, le méchant Axel Borg est très réussi, et on s'affranchit ici des inepties historiques existant dans Alix. Lefranc est donc une bonne série...jusqu'au 4ème tome.
Je ressens un certain malaise à détester aujourd'hui Alix, dans la mesure où j'aimais bien certains albums quand j'étais petit, et que Jacques Martin a des dons graphiques incontestables. Mais avec mes yeux d'adultes, je ne peux plus supporter l'esprit de cette BD.
La personnalité d'Alix m'a toujours parue hermétique, c'est un héros fadasse dans la lignée de Tintin: courageux, probe, intègre, sobre, chaste, etc. Mais Tintin au moins est sauvé par Haddock et d'autres personnages secondaires, tandis qu'Alix est "secondé" par un personnage encore plus insignifiant que lui: Enak. Aucun humour, aucune chaleur humaine dans les personnages. C'est d'autant plus étrange que Jacques Martin revendique une bonne part de l'humour des derniers Tintin ("Bijoux de la Castafiore"...) lorsqu'il était aux studios Hergé. Etrange quand même....
Ensuite, il y a un fil conducteur politique qui m'agace prodigieusement: dans bon nombre d'histoires, la "Pax Romana" est menacée par des ambitieux et/ou des fanatiques. Alix, gallo-romain collabo des Romains, réussit toujours à déjouer les plans des méchants. On voit donc Alix dans des positions morales vraiment cuculs, par exemple donner à boire à un pauvre prisonnier dans un casque de soldat. Ce qui ne l'empêche pas d'être un fidèle de Jules César, général sanguinaire et cruel, et plus généralement d'être toujours du côté du manche impérialiste romain, esprit de droite jésuitique typique qui consiste à faire preuve de bon sentiments sans jamais remettre en cause les injustices fondamentales.
Enfin, l'Antiquité à la Jacques Martin est quelque peu idyllique: Alix ne vit guère que dans des palaces somptueux, le moindre préfet de province romaine a de plus beaux appartements que Jean-Paul II lui-même. Les postures des personnages sont visiblement inspirées des statues grecques. Les visages ont tendance à tous se ressembler.
Les premiers albums sont certainement les meilleurs, ça se tient bien sur le plan du récit. Mais à partir du "Dernier des Spartiates" à peu près, les scénarios dégénèrent dans l'insignifiance la plus profonde.
Dire qu'Alix est nul serait injuste. Disons plutôt qu'Alix est malfaisant.
On n'attendait pas spécialement Mardon dans ce registre. Il dresse ici une galerie de personnages dont les destins se croisent au fil du hasard (façon "Magnolia", le côté baroque en moins, la simplicité en plus). Un récit multiple constitué par autant d'historiettes que de personnages. Parfois un peu attendus, par moments beaucoup plus pertinents, les caractères dressés par Mardon sont attachants et crédibles, l’auteur semble disposer d’un vrai talent pour mettre en scène avec finesse les attitudes, les expressions. Une belle réussite.
Une très bonne BD, sur un thème curieusement rarement traité par la BD, mais à peu près aussi bonne à mon sens que "la Boîte noire" des mêmes auteurs: je comprends davantage que je ressens la psychologie du personnage principal.
Dessins, découpage, dialogues sont toujours à la hauteur.
Un chef-d'oeuvre !
Il n'y a pas ici l'exotisme de bon nombre des albums de Ferrandez, mais l'histoire est superbement menée. Rarement une fin d'album aura été aussi réussie. Et l'aspect psychologique est boulversant: au départ, un homme à la vie très ordinaire, et puis le voilà qui commence à perdre pied petit à petit jusqu'à presque se noyer, jusqu'au dénouement final. A lire et à relire.
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Giuseppe Bergman
Certaines oeuvres de Manara sont loin de m'avoir convaincu, mais j'adore les 2 premiers Giuseppe Bergman ; il y a un charme qui transcende l'histoire. C'est complètement décousu, les scènes sont parfois réalistes avec des petits bouts d'histoires "d'aventure", pour d'autres l'onirisme prend le dessus. C'est que le héros aspire à l'aventure, l'évasion, mais se retrouve en général confronté à la médiocrité des situations ordinaires. Thème ambitieux, mais Manara devait aussi pas mal fumer à l'époque, ça en désorientera plus d'un. Mais personnellement, j'adore, le dessin est superbe, j'ai l'impression parfois de le lire en couleurs alors qu'il ne l'est pas. Excellent.
Le Décalogue
En fait un bon 3, qui frise même le 4... Forcément les tomes sont inégaux : j'ai trouvé les 1, 4, 9 particulièrement réussis. Aucun n'est franchement mauvais. En revanche, le dessin de certains tomes est à la limite du rebutant (le 5 par exemple). L'idée générale est très séduidante : des histoires indépendantes, dans différentes époques, qui nous apprennent à chaque fois un peu plus sur un mystérieux manuscrit... C'est dans l'ensemble bien traité. La série garde son souffle jusqu'au bout. Bref, pas renversant, mais une valeur sûre.
De Cape et de Crocs
Après lecture du 6ème tome, je vais aussi mettre mon grain de sel... Quand j'ai acheté les premiers tomes de cette BD, j'avais peur d'être déçu, vu les critiques enthousiastes des autres lecteurs. En plus, a priori, j'ai un peu de mal avec les BD mettant en scène des animaux donc c'était pas gagné. Le premier tome m'a séduit mais sans plus. J'ai trouvé le deuxième carrément bon. A partir du troisième, je suis tombé sous le charme. Cette BD, aux dialogues d'une rare finesse, est un régal pour les yeux et l'esprit. C'est poétique, c'est drôle, c'est intelligent, c'est beau. Seule inquiétude : j'espère que les auteurs sauront éviter la série-sans-fin (type XIII) et qu'on s'achemine vers un format raisonnable (genre 7 ou 8 tomes, comme Lanfeust).
Blake et Mortimer
Chefs-d'oeuvre absolus: le Secret de l'Espadon, le Mystère de la Pyramide, SOS Météores (qui est mon préféré). Et à peine en dessous, la Marque Jaune. Evidemment, c'est un style d'une autre époque, ça manque (un peu) de femmes et attention à l'overdose de textes. Mais c'est incontournable ! L'idée d'avoir reformaté les albums plus grands est excellente. Les derniers albums, réalisés par d'autres sont efficaces et de qualité, mais retombent dans du plus conventionnel. Jacobs, c'était un genre à lui tout seul, et en réalité il est inimitable.
Benoit Brisefer
Benoît Brisefer: une série superbe pour l'enfant que j'étais. Peyo est un fabuleux narrateur et le fantasme du garçon super fort est très bien exploité. Comme souvent, ça se dégrade au bout de quelques albums, quand le créateur n'y est plus vraiment ou plus du tout: à partir de "Lady Dolphine" inclus, évitez. Mais les premiers sont vraiment bien.
Lefranc
Les 4 premiers albums sont bien ficelés, surtout "Le mystère Borg" et "Le repaire du loup". Hélas, à partir des "Portes de l'enfer", les scénarios sombrent dans l'ennui et l'incohérence. Jacques Martin stéréotype tellement ses personnages qu'il a créé Lefranc en en faisant un Alix de l'époque contemporaine, avec cette confusion classique entre héros parfait et héros sans personnalité qui-ne-boit-pas, qui-ne-fume-pas, chaste, etc, le type même du chevalier inexistant, blindé dehors mais vide dedans et auquel je comprends difficilement que le lecteur puisse s'identifier. Par contre, le méchant Axel Borg est très réussi, et on s'affranchit ici des inepties historiques existant dans Alix. Lefranc est donc une bonne série...jusqu'au 4ème tome.
Alix
Je ressens un certain malaise à détester aujourd'hui Alix, dans la mesure où j'aimais bien certains albums quand j'étais petit, et que Jacques Martin a des dons graphiques incontestables. Mais avec mes yeux d'adultes, je ne peux plus supporter l'esprit de cette BD. La personnalité d'Alix m'a toujours parue hermétique, c'est un héros fadasse dans la lignée de Tintin: courageux, probe, intègre, sobre, chaste, etc. Mais Tintin au moins est sauvé par Haddock et d'autres personnages secondaires, tandis qu'Alix est "secondé" par un personnage encore plus insignifiant que lui: Enak. Aucun humour, aucune chaleur humaine dans les personnages. C'est d'autant plus étrange que Jacques Martin revendique une bonne part de l'humour des derniers Tintin ("Bijoux de la Castafiore"...) lorsqu'il était aux studios Hergé. Etrange quand même.... Ensuite, il y a un fil conducteur politique qui m'agace prodigieusement: dans bon nombre d'histoires, la "Pax Romana" est menacée par des ambitieux et/ou des fanatiques. Alix, gallo-romain collabo des Romains, réussit toujours à déjouer les plans des méchants. On voit donc Alix dans des positions morales vraiment cuculs, par exemple donner à boire à un pauvre prisonnier dans un casque de soldat. Ce qui ne l'empêche pas d'être un fidèle de Jules César, général sanguinaire et cruel, et plus généralement d'être toujours du côté du manche impérialiste romain, esprit de droite jésuitique typique qui consiste à faire preuve de bon sentiments sans jamais remettre en cause les injustices fondamentales. Enfin, l'Antiquité à la Jacques Martin est quelque peu idyllique: Alix ne vit guère que dans des palaces somptueux, le moindre préfet de province romaine a de plus beaux appartements que Jean-Paul II lui-même. Les postures des personnages sont visiblement inspirées des statues grecques. Les visages ont tendance à tous se ressembler. Les premiers albums sont certainement les meilleurs, ça se tient bien sur le plan du récit. Mais à partir du "Dernier des Spartiates" à peu près, les scénarios dégénèrent dans l'insignifiance la plus profonde. Dire qu'Alix est nul serait injuste. Disons plutôt qu'Alix est malfaisant.
Corps à corps (Aire Libre)
On n'attendait pas spécialement Mardon dans ce registre. Il dresse ici une galerie de personnages dont les destins se croisent au fil du hasard (façon "Magnolia", le côté baroque en moins, la simplicité en plus). Un récit multiple constitué par autant d'historiettes que de personnages. Parfois un peu attendus, par moments beaucoup plus pertinents, les caractères dressés par Mardon sont attachants et crédibles, l’auteur semble disposer d’un vrai talent pour mettre en scène avec finesse les attitudes, les expressions. Une belle réussite.
L'outremangeur
Une très bonne BD, sur un thème curieusement rarement traité par la BD, mais à peu près aussi bonne à mon sens que "la Boîte noire" des mêmes auteurs: je comprends davantage que je ressens la psychologie du personnage principal. Dessins, découpage, dialogues sont toujours à la hauteur.
La Boîte noire
Un chef-d'oeuvre ! Il n'y a pas ici l'exotisme de bon nombre des albums de Ferrandez, mais l'histoire est superbement menée. Rarement une fin d'album aura été aussi réussie. Et l'aspect psychologique est boulversant: au départ, un homme à la vie très ordinaire, et puis le voilà qui commence à perdre pied petit à petit jusqu'à presque se noyer, jusqu'au dénouement final. A lire et à relire.