Surprenant.
Je n’ai pas lu beaucoup de mangas jusqu’à présent, et on m’a offert celui-ci. Celle qui me l'a offert me connaît bien… (trop bien !). Je crois que pour commencer à en lire, c’est le choix parfait pour moi. Pourquoi ? Parce qu’il va à l’encontre de tous les a priori qu’on peut avoir sur les mangas. C’est à lui seul un plaidoyer contre les généralisations à l’emporte pièce qu’on peut faire sur la BD nipponne.
"L’Homme qui marche", c’est un mélange de sérénité, de simplicité et de fraîcheur. Les petites choses qui font que la vie n’est pas si moche que ça. Les petits bonheurs qui finissent par passer inaperçus parce qu’on ne sait plus y prêter attention.
Alors oui, le reproche principal qu’on peut faire à ce bouquin, c’est son côté exagérément naïf. La naïveté, ou plutôt ce qu’on prend pour telle, est une caractéristique qu’on retrouve souvent dans les œuvres japonaises, ou asiatiques de manière plus générale. Au cinéma par exemple, c’est très marqué. Certains verront là un obstacle pour apprécier la BD, moi pas. Je préfère parler de simplicité et de sincérité dénuée de pudeur pour définir l’œuvre de Taniguchi. La mode étant à la sophistication, tout ceci peut sembler daté, décalé. Alors sachez dépasser ce stade et prendre ce manga pour ce qu’il est : un pur moment de douceur dans ce monde de brutes, histoire de citer une publicité connue.
Vraiment, ce bouquin est à lire comme on pose une trop lourde valise : pour se reposer un peu et reprendre son souffle. Il suffit de se laisser guider par l’homme qui marche, et tout semble, même si ce n’est qu’un fugitif instant, plus simple et plus sain.
Vraiment une très belle BD, je remercie la fée qui me l’a offerte…
Ah "Monsieur Jean"... dès le départ je l’ai aimé, dès le départ je l’ai trouvé sympathique. Et pourtant il n’a rien d’exceptionnel, rien de spectaculaire. C’est même un personnage un peu passif, qui subit souvent plus qu’il ne décide. Pas un fort en gueule, ni un démonstratif, encore moins un homme d’action. Il serait plus du genre doux rêveur placé face à la réalité de la vie.
Un peu intello, un peu BCBG, monsieur Jean ? Peut-être effectivement, mais pas de manière outrancière. Monsieur Jean, c’est juste quelqu’un qui a la chance de vivre de sa plume, et qui bénéficie du luxe de pouvoir laisser divaguer ses pensées pour essayer de comprendre et trouver sa place dans le monde qui l’entoure.
Monsieur Jean, c’est une belle intelligence mise en relief dans des situations de la vie d’un célibataire de 30 ans. Il n’est pas infaillible, il n’a pas toutes les réponses, mais il s’en sort pas si mal finalement. Jean essaie, même s’il n’y parvient pas toujours, d’être un homme bien, et c’est déjà beaucoup. Il compose avec ses envies, ses angoisses, ses réussites et ses échecs, sa personnalité et celles des gens qui gravitent dans sa vie.
Alors à l’arrivée, cela donne des histoires assez intimistes, saupoudrées d’humour, parfois d’ironie, mais qui poussent bien souvent le lecteur à se poser quelques interrogations sur lui-même au travers ce personnage de papier...
Dupuy et Berberian nous proposent des histoires simples, qu’ils traitent avec sensibilité et sens de l’humour. Je dois avouer que si je l’ai aimé d’entrée, c’est parce que Monsieur Jean me faisait penser à un de mes amis chers. Et puis j’ai fini par réaliser que je m’y retrouve aussi plus que je n’aurais cru au départ...
Je conseille la lecture de "Monsieur Jean" à toutes celles et ceux qui cherchent une BD qui allie réflexions et rires à la fois.
Il y a le dessin de Crisse, on aime ou on n'aime pas. Perso, je le trouve assez sympathique, même s'il est vrai qu'il y a très peu de variété dans les traits des personnages.
Et puis il y a l'histoire. Et là c'est franchement dommage qu'avec un tel support (la mythologie grecque, on peut difficilement trouver mieux en terme de background fantasy), il n'arrive pas à faire mieux que ça. Les principaux mythes sont balayés de façon approximative, les héros sont souvent caricaturaux et dénaturés, etc., etc.
Rien de bien intéressant donc...
Un en mot comme en cent, je ne peux exprimer les émotions qui ont été déclenchées par la lecture de "Maus".
Un chef d'oeuvre de témoignage humain tellement puissant.
J'ai lu pas mal d'ouvrages concernant cette période de l'histoire. Aucun n'est aussi criant de douleur que Maus.
Je suppose que le dessin, d'une part, y est pour beaucoup dans ce ressenti et d'autre part, le fait que l'auteur retranscrive dans cette souffrance celle de la communication père-fils.
La métamorphose des personnages humains en animaux adoucit la chronique racontée, mais n'enlève rien à l'effroi éprouvé.
Bref, beaucoup de sentiments troubles à la lecture de ce livre. Au-delà de me sentir directement concernée par cette époque peu glorieuse de l'humanité, je reprends conscience de l'horreur à chaque lecture.
"Maus" est une "oeuvre cicatrice" qui doit marquer les esprits au-delà du temps et des générations successives. Laisser cette empreinte indélébile dans notre âme pour que jamais ne se reproduise une telle tragédie, qui est loin d'être un détail, est le premier objectif à mon sens de ce livre.
Le second est de démontrer la difficulté de communication qui peut exister au sein d'une famille et tout le mal-être que cela engendre.
Le poids des maux, le choc des mots et des non-dits.
Mes fils ont lu et réellement apprécié "Maus". Ils y ont découvert une part de l'histoire, qu'ils abordent au collège, d'une manière atypique. Ils ont vécu à travers leur lecture une aventure fondée sur une réalité effrayante et en sont ressortis grandis avec l'esprit un peu plus ouvert au monde. Par ailleurs, leur professeur d'histoire-géo a recommandé à toute la classe de lire ce livre. Il faut quand même reconnaître qu'il est rare que la bande dessinée fasse une entrée aussi unanime dans le milieu scolaire. Et cela me réjouit pour l'éducation de nos enfants.
A lire et relire absolument.
Comme Davidovitch, je suis l'heureux détenteur du coffret Dark Horse, je n'ai donc pas le format présenté dans cette fiche.
Pour moi, l'intérêt et la qualité de cette BD reposent intégralement sur le travail fourni par Vatine (mais qu'est ce qu'il est bon!) et Blanchard (loin d'être un amateur également). Le travail qu'ils ont fourni pour mettre en images le roman (un truc que je ne lirai jamais, même sous la menace) est extraordinaire : dessin réaliste et fluide, design des vaisseaux, décors et bâtiments, et découpage des planches. Tout y est..
Tout, sauf le scénario qui est au niveau de l'ensemble de l'univers Star Wars (films, romans et BD) : d'une platitude désespérante.
Mais ça, Vatine et Blanchard n'y peuvent malheureusement rien...
"Zoulouland" fait partie de ces séries qui se focalisent sur une période historique précise, souvent peu connue du grand public et, s'appuyant sur une documentation solide, nous livre une intrigue qui surfe avec plus ou moins de finesse sur les évènements liés à son contexte.
Lorsque la sauce prend, c'est à la fois divertissant et très instructif.
Dans ce cas précis, le cocktail est plus ou moins réussi.
Je trouve la période choisie vraiment originale et passionnante, et le travail de recueil d'informations de l'auteur m'a réellement impressionné. Un bon côté documentaire, donc (si vous couplez ça avec des films comme "Zoulou!" et "La bataille d'Isandlwana", vous serez incollables sur les guerres zouloues).
En revanche, le dessin est franchement moyen et doit rebuter pas mal de monde.
Enfin, cette BD est un véritable marathon et le nombre de tomes à lire en découragera plus d'un (c'est pour cela que je ne le recommande clairement pas à l'achat).
Soyons clairs, comme beaucoup d'autres ici, ma note ne vaut que pour le premier cycle, surtout pour les albums réalisés par le génial tandem Cailleteau/Vatine.
Je me souviens avoir découvert cette série quand j'étais ado et qu'elle paraissait dans les pages de l'Argonaute. J'avais été complètement envoûté par le rythme et les trouvailles du scénario (du Space Opera de grande qualité... si, si, ça existe!), et l'énergie du trait de Vatine.
Bien sûr, tout cela a un peu vieilli mais reste très très loin au dessus du niveau de la production actuelle. Certains tomes sont de véritables chef d'oeuvre ("Le Megophias" et "Corail Noir", par exemple), et ont fait de moi un lecteur fidèle des éditions Delcourt.
Malheureusement, la conclusion du premier cycle m'a un peu déçu.
Et je ne parle même pas de la suite qui mérite à peine d'être feuilletée (exploitation commerciale, quand tu nous tiens...).
Quoi qu'il en soit, "Aquablue" demeure un de mes meilleurs souvenirs de bdphile et gardera toujours une place de choix dans ma bibliothèque.
J'ai toujours été fan de Conan le barbare, que ce soit en bd ou en film ("Conan le barbare", et "Conan le destructeur"). J'ai trouvé cette anthologie très bonne, bien entendu Buscema est le meilleur dessinateur de Conan...
Les scénarios restent certes basiques comparés aux bd hf du moment, mais c'est agréable à lire, et si vous aimez l'univers de Conan vous aimerez, aucun doute là-dessus!
Il s'agit d'ailleurs d'une très belle édition. Je la conseille à tous les fans. ;)
Regardons le bon côté des choses : le dessin n'est pas mauvais. Bon, la narration n'est pas toujours évidente à suivre, mais de manière générale, il n'y a pas à se plaindre au niveau graphisme. Un dessin de style comics assez classique mais bon.
Alors par contre, niveau scénario, c'est... Ca se résume vite, on va dire.
"Predator débarque, ça va chier ! Batman, viens-là qu'on se fighte !"
Après une enquête sans suspense aucun, la chauve-souris découvre vite l'existence de l'extra-terrestre qui est venu pour se mesurer à lui, et puis ensuite hop, ça se bastonne pendant les 3/4 de la BD. Alors on retrouve toutes les armes de Predator contre tous les gadgets de Batman, et puis y a des "supers" retournements de situation qui font qu'au moment où on croyait le combat terminé, eh bien non, ça continue, et voilà voilà voilà... Et je vais pas vous dévoiler un grand mystère en vous disant que ça termine comme le film Predator 2.
Et voilà...
Ah, j'oubliais ! Pour égayer le tout, Predator apprend en regardant la télé quelques phrases en anglais pour les ressortir à Batman lors des combats. Alors ça va des insultes "fils de", "botter le cul" à d'autres trucs plus intellectuels du genre "il est bon ton pot-au-feu"... Bon... Ca déconcentre un peu quand on essaie de suivre l'action et qu'on doit lire les longues plages de textes de Predator qui monologue...
Bref, du mauvais scénario pour un dessin potable.
PS : il y a en préface de cet album un dessin de Batman par Mignola qui me fait dire que j'aimerais bien lire une BD de Batman dessiné en totalité par Mignola.
Les bons côtés de cette BD, ce sont le dessin qui est assez sympa et l'originalité de certaines parodies trash de héros connus. Par exemple, la version réaliste de Donald m'a assez plu au départ et...
Heu...
C'est quasiment tout.
Car pour le reste, je n'ai franchement pas trouvé ça drôle. Quelques déjà-vus dans ce style de parodie, un peu de trash gratuit, du sexe racoleur, et donc de manière générale un humour qui n'a pas marché pour moi. En gros, quelque chose qui se lit assez bien par épisodes dans l'Echo des Savanes, mais qui mis bout à bout dans un album montre rapidement les limites de son scénario.
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L'Homme qui marche
Surprenant. Je n’ai pas lu beaucoup de mangas jusqu’à présent, et on m’a offert celui-ci. Celle qui me l'a offert me connaît bien… (trop bien !). Je crois que pour commencer à en lire, c’est le choix parfait pour moi. Pourquoi ? Parce qu’il va à l’encontre de tous les a priori qu’on peut avoir sur les mangas. C’est à lui seul un plaidoyer contre les généralisations à l’emporte pièce qu’on peut faire sur la BD nipponne. "L’Homme qui marche", c’est un mélange de sérénité, de simplicité et de fraîcheur. Les petites choses qui font que la vie n’est pas si moche que ça. Les petits bonheurs qui finissent par passer inaperçus parce qu’on ne sait plus y prêter attention. Alors oui, le reproche principal qu’on peut faire à ce bouquin, c’est son côté exagérément naïf. La naïveté, ou plutôt ce qu’on prend pour telle, est une caractéristique qu’on retrouve souvent dans les œuvres japonaises, ou asiatiques de manière plus générale. Au cinéma par exemple, c’est très marqué. Certains verront là un obstacle pour apprécier la BD, moi pas. Je préfère parler de simplicité et de sincérité dénuée de pudeur pour définir l’œuvre de Taniguchi. La mode étant à la sophistication, tout ceci peut sembler daté, décalé. Alors sachez dépasser ce stade et prendre ce manga pour ce qu’il est : un pur moment de douceur dans ce monde de brutes, histoire de citer une publicité connue. Vraiment, ce bouquin est à lire comme on pose une trop lourde valise : pour se reposer un peu et reprendre son souffle. Il suffit de se laisser guider par l’homme qui marche, et tout semble, même si ce n’est qu’un fugitif instant, plus simple et plus sain. Vraiment une très belle BD, je remercie la fée qui me l’a offerte…
Monsieur Jean
Ah "Monsieur Jean"... dès le départ je l’ai aimé, dès le départ je l’ai trouvé sympathique. Et pourtant il n’a rien d’exceptionnel, rien de spectaculaire. C’est même un personnage un peu passif, qui subit souvent plus qu’il ne décide. Pas un fort en gueule, ni un démonstratif, encore moins un homme d’action. Il serait plus du genre doux rêveur placé face à la réalité de la vie. Un peu intello, un peu BCBG, monsieur Jean ? Peut-être effectivement, mais pas de manière outrancière. Monsieur Jean, c’est juste quelqu’un qui a la chance de vivre de sa plume, et qui bénéficie du luxe de pouvoir laisser divaguer ses pensées pour essayer de comprendre et trouver sa place dans le monde qui l’entoure. Monsieur Jean, c’est une belle intelligence mise en relief dans des situations de la vie d’un célibataire de 30 ans. Il n’est pas infaillible, il n’a pas toutes les réponses, mais il s’en sort pas si mal finalement. Jean essaie, même s’il n’y parvient pas toujours, d’être un homme bien, et c’est déjà beaucoup. Il compose avec ses envies, ses angoisses, ses réussites et ses échecs, sa personnalité et celles des gens qui gravitent dans sa vie. Alors à l’arrivée, cela donne des histoires assez intimistes, saupoudrées d’humour, parfois d’ironie, mais qui poussent bien souvent le lecteur à se poser quelques interrogations sur lui-même au travers ce personnage de papier... Dupuy et Berberian nous proposent des histoires simples, qu’ils traitent avec sensibilité et sens de l’humour. Je dois avouer que si je l’ai aimé d’entrée, c’est parce que Monsieur Jean me faisait penser à un de mes amis chers. Et puis j’ai fini par réaliser que je m’y retrouve aussi plus que je n’aurais cru au départ... Je conseille la lecture de "Monsieur Jean" à toutes celles et ceux qui cherchent une BD qui allie réflexions et rires à la fois.
Atalante - La Légende
Il y a le dessin de Crisse, on aime ou on n'aime pas. Perso, je le trouve assez sympathique, même s'il est vrai qu'il y a très peu de variété dans les traits des personnages. Et puis il y a l'histoire. Et là c'est franchement dommage qu'avec un tel support (la mythologie grecque, on peut difficilement trouver mieux en terme de background fantasy), il n'arrive pas à faire mieux que ça. Les principaux mythes sont balayés de façon approximative, les héros sont souvent caricaturaux et dénaturés, etc., etc. Rien de bien intéressant donc...
Maus
Un en mot comme en cent, je ne peux exprimer les émotions qui ont été déclenchées par la lecture de "Maus". Un chef d'oeuvre de témoignage humain tellement puissant. J'ai lu pas mal d'ouvrages concernant cette période de l'histoire. Aucun n'est aussi criant de douleur que Maus. Je suppose que le dessin, d'une part, y est pour beaucoup dans ce ressenti et d'autre part, le fait que l'auteur retranscrive dans cette souffrance celle de la communication père-fils. La métamorphose des personnages humains en animaux adoucit la chronique racontée, mais n'enlève rien à l'effroi éprouvé. Bref, beaucoup de sentiments troubles à la lecture de ce livre. Au-delà de me sentir directement concernée par cette époque peu glorieuse de l'humanité, je reprends conscience de l'horreur à chaque lecture. "Maus" est une "oeuvre cicatrice" qui doit marquer les esprits au-delà du temps et des générations successives. Laisser cette empreinte indélébile dans notre âme pour que jamais ne se reproduise une telle tragédie, qui est loin d'être un détail, est le premier objectif à mon sens de ce livre. Le second est de démontrer la difficulté de communication qui peut exister au sein d'une famille et tout le mal-être que cela engendre. Le poids des maux, le choc des mots et des non-dits. Mes fils ont lu et réellement apprécié "Maus". Ils y ont découvert une part de l'histoire, qu'ils abordent au collège, d'une manière atypique. Ils ont vécu à travers leur lecture une aventure fondée sur une réalité effrayante et en sont ressortis grandis avec l'esprit un peu plus ouvert au monde. Par ailleurs, leur professeur d'histoire-géo a recommandé à toute la classe de lire ce livre. Il faut quand même reconnaître qu'il est rare que la bande dessinée fasse une entrée aussi unanime dans le milieu scolaire. Et cela me réjouit pour l'éducation de nos enfants. A lire et relire absolument.
Star Wars - Le Cycle de Thrawn
Comme Davidovitch, je suis l'heureux détenteur du coffret Dark Horse, je n'ai donc pas le format présenté dans cette fiche. Pour moi, l'intérêt et la qualité de cette BD reposent intégralement sur le travail fourni par Vatine (mais qu'est ce qu'il est bon!) et Blanchard (loin d'être un amateur également). Le travail qu'ils ont fourni pour mettre en images le roman (un truc que je ne lirai jamais, même sous la menace) est extraordinaire : dessin réaliste et fluide, design des vaisseaux, décors et bâtiments, et découpage des planches. Tout y est.. Tout, sauf le scénario qui est au niveau de l'ensemble de l'univers Star Wars (films, romans et BD) : d'une platitude désespérante. Mais ça, Vatine et Blanchard n'y peuvent malheureusement rien...
Zoulouland
"Zoulouland" fait partie de ces séries qui se focalisent sur une période historique précise, souvent peu connue du grand public et, s'appuyant sur une documentation solide, nous livre une intrigue qui surfe avec plus ou moins de finesse sur les évènements liés à son contexte. Lorsque la sauce prend, c'est à la fois divertissant et très instructif. Dans ce cas précis, le cocktail est plus ou moins réussi. Je trouve la période choisie vraiment originale et passionnante, et le travail de recueil d'informations de l'auteur m'a réellement impressionné. Un bon côté documentaire, donc (si vous couplez ça avec des films comme "Zoulou!" et "La bataille d'Isandlwana", vous serez incollables sur les guerres zouloues). En revanche, le dessin est franchement moyen et doit rebuter pas mal de monde. Enfin, cette BD est un véritable marathon et le nombre de tomes à lire en découragera plus d'un (c'est pour cela que je ne le recommande clairement pas à l'achat).
Aquablue
Soyons clairs, comme beaucoup d'autres ici, ma note ne vaut que pour le premier cycle, surtout pour les albums réalisés par le génial tandem Cailleteau/Vatine. Je me souviens avoir découvert cette série quand j'étais ado et qu'elle paraissait dans les pages de l'Argonaute. J'avais été complètement envoûté par le rythme et les trouvailles du scénario (du Space Opera de grande qualité... si, si, ça existe!), et l'énergie du trait de Vatine. Bien sûr, tout cela a un peu vieilli mais reste très très loin au dessus du niveau de la production actuelle. Certains tomes sont de véritables chef d'oeuvre ("Le Megophias" et "Corail Noir", par exemple), et ont fait de moi un lecteur fidèle des éditions Delcourt. Malheureusement, la conclusion du premier cycle m'a un peu déçu. Et je ne parle même pas de la suite qui mérite à peine d'être feuilletée (exploitation commerciale, quand tu nous tiens...). Quoi qu'il en soit, "Aquablue" demeure un de mes meilleurs souvenirs de bdphile et gardera toujours une place de choix dans ma bibliothèque.
Anthologie de Conan le barbare
J'ai toujours été fan de Conan le barbare, que ce soit en bd ou en film ("Conan le barbare", et "Conan le destructeur"). J'ai trouvé cette anthologie très bonne, bien entendu Buscema est le meilleur dessinateur de Conan... Les scénarios restent certes basiques comparés aux bd hf du moment, mais c'est agréable à lire, et si vous aimez l'univers de Conan vous aimerez, aucun doute là-dessus! Il s'agit d'ailleurs d'une très belle édition. Je la conseille à tous les fans. ;)
Batman versus Predator
Regardons le bon côté des choses : le dessin n'est pas mauvais. Bon, la narration n'est pas toujours évidente à suivre, mais de manière générale, il n'y a pas à se plaindre au niveau graphisme. Un dessin de style comics assez classique mais bon. Alors par contre, niveau scénario, c'est... Ca se résume vite, on va dire. "Predator débarque, ça va chier ! Batman, viens-là qu'on se fighte !" Après une enquête sans suspense aucun, la chauve-souris découvre vite l'existence de l'extra-terrestre qui est venu pour se mesurer à lui, et puis ensuite hop, ça se bastonne pendant les 3/4 de la BD. Alors on retrouve toutes les armes de Predator contre tous les gadgets de Batman, et puis y a des "supers" retournements de situation qui font qu'au moment où on croyait le combat terminé, eh bien non, ça continue, et voilà voilà voilà... Et je vais pas vous dévoiler un grand mystère en vous disant que ça termine comme le film Predator 2. Et voilà... Ah, j'oubliais ! Pour égayer le tout, Predator apprend en regardant la télé quelques phrases en anglais pour les ressortir à Batman lors des combats. Alors ça va des insultes "fils de", "botter le cul" à d'autres trucs plus intellectuels du genre "il est bon ton pot-au-feu"... Bon... Ca déconcentre un peu quand on essaie de suivre l'action et qu'on doit lire les longues plages de textes de Predator qui monologue... Bref, du mauvais scénario pour un dessin potable. PS : il y a en préface de cet album un dessin de Batman par Mignola qui me fait dire que j'aimerais bien lire une BD de Batman dessiné en totalité par Mignola.
Putain de Télé
Les bons côtés de cette BD, ce sont le dessin qui est assez sympa et l'originalité de certaines parodies trash de héros connus. Par exemple, la version réaliste de Donald m'a assez plu au départ et... Heu... C'est quasiment tout. Car pour le reste, je n'ai franchement pas trouvé ça drôle. Quelques déjà-vus dans ce style de parodie, un peu de trash gratuit, du sexe racoleur, et donc de manière générale un humour qui n'a pas marché pour moi. En gros, quelque chose qui se lit assez bien par épisodes dans l'Echo des Savanes, mais qui mis bout à bout dans un album montre rapidement les limites de son scénario.