Quand Moebius s'attaque à une série comics, ça donne un résultat excellent au niveau visuel. Le dessin correspond parfaitement au personnage du Surfer d'Argent et à son univers.
En ce qui concerne l'histoire, elle fait dans le grandiose : oui, l'arrivée de Galactus sur Terre, ça se remarque. Et le tout est très bien mené par le couple Stan Lee/Moebius.
Le premier point négatif tient dans le personnage même du Surfer d'Argent : je ne l'apprécie guère, et même si cet album là relève le niveau par rapport à la série de base du Surfer, je continue à ne pas vraiment apprécier l'histoire en elle-même qui est écrite ici.
Une curiosité néanmoins pour ceux qui veulent voir ce que donne un maître comme Moebius quand il travaille avec un maître du comics américain.
Voilà un scénario de Jodorowsky que j'aime bien. Bon, ok, Jodo ne peut s'y empêcher de mettre sa clique habituelle de rites initiatiques, de personnages mutilés et auto-mutilés, et sa touche métaphysique particulière, autant de choses que je n'aime pas dans ses scénarios, mais là, bon, j'aime bien la quasi totalité de l'histoire. Et ce surtout parce que ce scénario est bougrement original, du début jusqu'à la fin de ce que je considère comme le "premier cycle".
Ensuite, après le tome 6, je trouve que l'histoire continue sans grande saveur ni interêt. Mais du tome 1 au tome 6, je conseille la lecture.
J'aime beaucoup l'humour absurde, donc j'aime beaucoup ce que fait Ferri en général. D'autant plus qu'ici l'idée est originale et le personnage d'Aimé Lacapelle bien construit et bien marrant. Et le dessin de Ferri, qu'il dessine des visages humains ou bien des animaux (rah, les poules de Ferri ! :) ) colle excellemment bien à l'ambiance et à l'humour.
Maintenant, je dois admettre que la narration de ces histoires n'est pas totalement excellente. Et surtout que, comme souvent avec les séries d'humour de Fluide Glacial, c'est sympa d'en lire une ou deux à la suite, mais tout un album, voire trois albums ici, c'est assez vite ennuyeux.
Bref, série sympa à consommer avec modération (d'où ma non-recommandation d'achat).
Pour le moment, je n'ai lu que le tome 1 et vais supposer que la suite est au moins à la hauteur de celui-ci. D'où le fait que je donne une note de Franchement Bien à la série.
En effet, j'ai été charmé par le premier tome. Tout d'abord par sa densité : c'est un vrai plaisir d'avoir une BD aussi densément remplie qui ne se lit pas en 5 minutes. C'est le sentiment d'en avoir pour son argent.
D'autant que l'histoire est vraiment très originale, de même que les personnages. Rien à redire de ce côté là : l'auteur a fait preuve d'une grande imagination et, une fois de plus, c'est un vrai plaisir de découvrir ces mondes qu'il a créés ainsi.
Côté dessin, j'avoue que j'aime un peu moins. Je trouve le trait un peu trop... indécis. Ce n'est pas moche du tout, mais ça me parait manquer un peu de détails et de rigueur. Mais c'est sans doute un style et qui sait, peut-être l'aimerais-je au long de la série.
Après lecture du tome2, j'ai été un peu déçu. L'histoire devient encore plus fouillis et l'intrigue et l'ambiance sont un peu moins prenantes à mon goût. Cependant, l'univers décrit s'approfondit encore et j'attends de voir la suite pour juger pour de bon.
Etrange album : images étranges et textes étranges, qui créent des ambiances mystérieuses, souvent assez noires, mais presque sans réellement raconter d’histoires… Certains se laisseront sans doute complètement séduire par les rêveries de McKean, empreintes de poésie et de mélancolie.
J’avoue que moi-même, j’ai pas mal accroché à certains moments ; malheureusement, il y a aussi pas mal de trucs qui m’ont déplu, voire gavé, dans cet album. Les textes sont bien loin d’être tous réussis ; les histoires muettes que contient l’album sont trop abstraites pour mon esprit terre-à-terre ; quant au graphisme, il y a du bon et du moins bon… Je n’aime pas, par exemple, certaines planches dont le côté léché/chic/banché rappelle trop une certaine imagerie à la mode dans les pubs de luxe (pas étonnant puisque, parallèlement à son travail artistique, McKean vend son savoir-faire au monde de la publicité). Et puis bon, les BD à base de photos retouchées sur Macintosh, pourquoi pas, mais ce n’est pas ce que je préfère.
Bref, cet ouvrage chicos et coûteux est, à mon sens, plutôt réservé aux gros fans de McKean ; ceux qui ne le connaissent pas préféreront commencer par les œuvres qu’il a réalisées avec d’autres scénaristes, et même ceux qui l’apprécient n’ont pas forcément 30 euros à mettre dans cet album.
Quand j'ai acheté ce livre, je ne savais pas à quoi m’attendre. J'aime beaucoup l'écriture de Neil Gaiman et le dessin de P. Craig Russell, et une fois de plus je n’ai pas été déçu - j’ai été immédiatement captivé par l'histoire.
L'histoire principale de meurtre est pleine de rebondissements, comme d’habitude quand Gaiman raconte une histoire de la mythologie dans son style unique. Ceci est encadré par l'histoire du voyage d’un jeune homme à Los Angeles. Au début, ce voyage semble servir uniquement d’introduction pour l'histoire principale, mais plus tard il s’est révélé être également significatif - je ne l’ai pas vu venir, mais je trouve que c’est toujours le cas quand on est perdu dans une bonne histoire. Après j'ai voulu immédiatement relire l'histoire depuis le début, et c'était bien plus agréable la deuxième fois.
P. Craig Russell fait un travail excellent avec l'adaptation. A chaque fois que son dessin accompagne l'écriture de Gaiman, le résultat est exceptionnel (notamment l'histoire « Ramadan » dans Sandman et l'histoire de « Death » dans Nuits
Eternelles). Ce tome n'est pas une exception à la règle. Certains des concepts de l'histoire défieraient l'imagination du dessinateur, par exemple le prototype de l'univers, pourtant Russell les dépeint bien.
Une addition essentielle dans la collection de ceux qui apprécient le travail de ces créateurs doués.
Commençons par le dessin. Je le trouve très bon. Souple, dynamique, le trait de Domingues est très agréable tout en étant tout en simplicité et en rondeurs. Cependant, je trouve la colorisation très moyenne : les couleurs sont ternes, verdâtres et à mes yeux ne servent franchement à rien ni pour l'ambiance de la BD ni pour sa beauté. J'ai le sentiment que la BD aurait eu bien plus de saveur en restant simplement en noir et blanc.
Puis concernant le scénario, il est très original. Aux premières pages, je croyais à une nouvelle histoire d'Heroïc-Fantasy, mais en réalité, elle va aller beaucoup plus loin, mêlant conte, légende et réalité du 20e siècle. Tout va très vite, l'histoire part à 100 à l'heure. C'est un conte et l'auteur ne s'encombre pas de réalisme et de détails.
Et c'est un peu là que le bât blesse. Je trouve l'histoire un peu simpliste dans son déroulement, un peu... immature en réalité. Le tout est bourré de bonnes idées, mais la fin tourne aux très classiques scènes d'actions romanesques où le gentil héros sauve sa douce et j'ai trouvé cette partie de l'histoire (la deuxième moitié du tome 2) relativement sans saveur comparé au reste.
Néanmoins, voilà une vraie curiosité à lire (je ne sais par contre si je l'achèterais personnellement...).
J'avoue que j'ai pas mal rigolé en lisant cette BD. Notamment face aux caricatures évidentes des super-héros les plus connus et à leurs réactions face au comportement et parole de la Pro.
Le dessin ne m'a pas marqué du tout, c'est-à-dire qu'il n'a pas vraiment de style propre mais qu'il convenait très bien à cette BD mi-comics de super-héros, mi-humoristique. Rien à dire de ce côté-là.
Et donc sinon, côté scénario, comme je le dis plus haut, j'ai trouvé pas mal de passages bien fendards. L'ennui, c'est que je trouve aussi le portrait gras et crade de la Pro franchement exagéré la plupart du temps. Disons que le scénariste en fait un peu trop, et que ça gâche le côté humoristique à mon goût.
De même, comme le fait remarquer Cassidy ci-dessous, j'ai un peu tiqué sur le discours de la Pro quand, alors que ce qu'elle dit juste avant aux "vrais" héros est totalement juste et véridique, elle déclare entre autres choses assez vraies que le vrai courage c'est de bombarder un hôpital plein d'innocents... Mais bon, j'ai passé outre.
Dans l'ensemble, voilà une BD assez sympa et où on rigole facilement.
Cet album m'a bien plu dans l'ensemble, plus au niveau de l'histoire que du dessin d'ailleurs même si ce dernier correspond au sujet par sa simplicité et son humour.
Chaque case est un gag à elle seule et pleine de cynisme ou empreinte de bonheur, malaise ou tristesse. On s'attache à tous les personnages, de Marco au vieux monsieur en passant par Adolf, le p'tit diable de chat. Ils sont si justes, si vrais, qu'on ne peut que prendre plaisir à les découvrir et à pardonner leurs faiblesses ou erreurs. Le psy est criant de vérité mais pas dénué d'utilité pour autant. Quant à la mère de Marco, elle est délicieusement exaspérante! :)
Cette histoire c'est simplement une tranche de vie, plus ou moins intime (à ces moments, le style graphique change) à savourer et à s'identifier...:)
Les attentats du 11 septembre 2001 et leurs conséquences plus ou moins directes ont fait couler presque autant d’encre que de sang. Journalistes, analystes politiques, humoristes, chanteurs, écrivains, nombreux sont ceux qui y sont allé de leur petit commentaire sur le terrorisme islamiste et l’anti-terrorisme dabeulioubouchiste. Dans le lot, beaucoup d’opportunistes simplement désireux de récupérer un sujet vendeur pour faire un peu de pognon et de prestige facile. Pas besoin de pondre quelque chose de qualité : parlez du 11 septembre 2001 dans votre truc, ça suffira pour que les médias parlent de vous.
David Rees est-il de ces opportunistes ? Je serais tenté de dire oui. Voilà un gars qui a réussi à publier un recueil de strips d’humour qui ne fait jamais rire et dont il n’a pas dessiné une seule case (il a simplement récupéré des cliparts). Bon, sur ce 2ème point, je ne dirai trop rien, l’idée est pas plus bête qu’une autre et les amateurs d’OuBaPo trouveront peut-être même ça génial ; par contre, le manque de drôlerie de la chose, lui, me contrarie nettement plus. L'humour noir, je suis plutôt bon client en général, mais à condition que ce soit de l'humour drôle quand même. Rees reste constamment dans le "15ème degré branchouillé", dans la provoc’ en toc, dans le « soyons cynique, mais pour de faux, faisons semblant qu’on peut en rire alors qu’on ne devrait pas ». Si son message était « finalement, face à toute cette horreur absurde, j’ai pas vraiment envie de rire », il aurait pu faire mille autres trucs que du strip humoristique pour parler des guerres actuelles et des magouilles du fils Bush et de ses sbires. Même quand il tient une vanne qui pourrait faire mouche, il la flingue lui-même : alors qu’il devrait en faire la chute de sa blague, dans la dernière case du strip, il préfère la placer dans l’avant-dernière, puis tout casser en concluant son strip sur une réplique complètement conne, pitoyable, foireuse, pas drôle, lourdingue, histoire d’en remettre une bonne grosse couche, comme s’il tenait à réexpliquer chaque fois à ses lecteurs à quel point il était ironique, caustique, critique…
Parfois, on dit « Les strips, en lire 1 ou 2 de temps en temps ça va, mais tout un album, c’est lassant ». Ici, on est déjà lassé au bout d’1 ou 2 ; 111 à la suite, c’est carrément très, très pénible.
Bref, traiter l’actualité sur un mode comique et caustique et s’en prendre au gouvernement Bush, c’est très bien, il y a des gens qui le font avec talent et drôlerie comme Michael Moore ou même Les Guignols de l’Info, mais Rees, lui n’apporte pas grand’chose à cette cause.
Les droits d’auteur générés par le bouquin sont reversés à une association qui désamorce des mines anti-personnel en Afghanistan. A vous de voir s’il n’y a pas meilleur moyen d’aider cette cause que de payer 10 euros pour ce petit bouquin sans intérêt (et très bêtement traduit, en plus).
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Silver Surfer - Parabole (Moebius)
Quand Moebius s'attaque à une série comics, ça donne un résultat excellent au niveau visuel. Le dessin correspond parfaitement au personnage du Surfer d'Argent et à son univers. En ce qui concerne l'histoire, elle fait dans le grandiose : oui, l'arrivée de Galactus sur Terre, ça se remarque. Et le tout est très bien mené par le couple Stan Lee/Moebius. Le premier point négatif tient dans le personnage même du Surfer d'Argent : je ne l'apprécie guère, et même si cet album là relève le niveau par rapport à la série de base du Surfer, je continue à ne pas vraiment apprécier l'histoire en elle-même qui est écrite ici. Une curiosité néanmoins pour ceux qui veulent voir ce que donne un maître comme Moebius quand il travaille avec un maître du comics américain.
Alef-Thau
Voilà un scénario de Jodorowsky que j'aime bien. Bon, ok, Jodo ne peut s'y empêcher de mettre sa clique habituelle de rites initiatiques, de personnages mutilés et auto-mutilés, et sa touche métaphysique particulière, autant de choses que je n'aime pas dans ses scénarios, mais là, bon, j'aime bien la quasi totalité de l'histoire. Et ce surtout parce que ce scénario est bougrement original, du début jusqu'à la fin de ce que je considère comme le "premier cycle". Ensuite, après le tome 6, je trouve que l'histoire continue sans grande saveur ni interêt. Mais du tome 1 au tome 6, je conseille la lecture.
Aimé Lacapelle
J'aime beaucoup l'humour absurde, donc j'aime beaucoup ce que fait Ferri en général. D'autant plus qu'ici l'idée est originale et le personnage d'Aimé Lacapelle bien construit et bien marrant. Et le dessin de Ferri, qu'il dessine des visages humains ou bien des animaux (rah, les poules de Ferri ! :) ) colle excellemment bien à l'ambiance et à l'humour. Maintenant, je dois admettre que la narration de ces histoires n'est pas totalement excellente. Et surtout que, comme souvent avec les séries d'humour de Fluide Glacial, c'est sympa d'en lire une ou deux à la suite, mais tout un album, voire trois albums ici, c'est assez vite ennuyeux. Bref, série sympa à consommer avec modération (d'où ma non-recommandation d'achat).
Angus Powderhill
Pour le moment, je n'ai lu que le tome 1 et vais supposer que la suite est au moins à la hauteur de celui-ci. D'où le fait que je donne une note de Franchement Bien à la série. En effet, j'ai été charmé par le premier tome. Tout d'abord par sa densité : c'est un vrai plaisir d'avoir une BD aussi densément remplie qui ne se lit pas en 5 minutes. C'est le sentiment d'en avoir pour son argent. D'autant que l'histoire est vraiment très originale, de même que les personnages. Rien à redire de ce côté là : l'auteur a fait preuve d'une grande imagination et, une fois de plus, c'est un vrai plaisir de découvrir ces mondes qu'il a créés ainsi. Côté dessin, j'avoue que j'aime un peu moins. Je trouve le trait un peu trop... indécis. Ce n'est pas moche du tout, mais ça me parait manquer un peu de détails et de rigueur. Mais c'est sans doute un style et qui sait, peut-être l'aimerais-je au long de la série. Après lecture du tome2, j'ai été un peu déçu. L'histoire devient encore plus fouillis et l'intrigue et l'ambiance sont un peu moins prenantes à mon goût. Cependant, l'univers décrit s'approfondit encore et j'attends de voir la suite pour juger pour de bon.
echos graphiques
Etrange album : images étranges et textes étranges, qui créent des ambiances mystérieuses, souvent assez noires, mais presque sans réellement raconter d’histoires… Certains se laisseront sans doute complètement séduire par les rêveries de McKean, empreintes de poésie et de mélancolie. J’avoue que moi-même, j’ai pas mal accroché à certains moments ; malheureusement, il y a aussi pas mal de trucs qui m’ont déplu, voire gavé, dans cet album. Les textes sont bien loin d’être tous réussis ; les histoires muettes que contient l’album sont trop abstraites pour mon esprit terre-à-terre ; quant au graphisme, il y a du bon et du moins bon… Je n’aime pas, par exemple, certaines planches dont le côté léché/chic/banché rappelle trop une certaine imagerie à la mode dans les pubs de luxe (pas étonnant puisque, parallèlement à son travail artistique, McKean vend son savoir-faire au monde de la publicité). Et puis bon, les BD à base de photos retouchées sur Macintosh, pourquoi pas, mais ce n’est pas ce que je préfère. Bref, cet ouvrage chicos et coûteux est, à mon sens, plutôt réservé aux gros fans de McKean ; ceux qui ne le connaissent pas préféreront commencer par les œuvres qu’il a réalisées avec d’autres scénaristes, et même ceux qui l’apprécient n’ont pas forcément 30 euros à mettre dans cet album.
Le Premier Meurtre (Les Mysteres du Meurtre)
Quand j'ai acheté ce livre, je ne savais pas à quoi m’attendre. J'aime beaucoup l'écriture de Neil Gaiman et le dessin de P. Craig Russell, et une fois de plus je n’ai pas été déçu - j’ai été immédiatement captivé par l'histoire. L'histoire principale de meurtre est pleine de rebondissements, comme d’habitude quand Gaiman raconte une histoire de la mythologie dans son style unique. Ceci est encadré par l'histoire du voyage d’un jeune homme à Los Angeles. Au début, ce voyage semble servir uniquement d’introduction pour l'histoire principale, mais plus tard il s’est révélé être également significatif - je ne l’ai pas vu venir, mais je trouve que c’est toujours le cas quand on est perdu dans une bonne histoire. Après j'ai voulu immédiatement relire l'histoire depuis le début, et c'était bien plus agréable la deuxième fois. P. Craig Russell fait un travail excellent avec l'adaptation. A chaque fois que son dessin accompagne l'écriture de Gaiman, le résultat est exceptionnel (notamment l'histoire « Ramadan » dans Sandman et l'histoire de « Death » dans Nuits Eternelles). Ce tome n'est pas une exception à la règle. Certains des concepts de l'histoire défieraient l'imagination du dessinateur, par exemple le prototype de l'univers, pourtant Russell les dépeint bien. Une addition essentielle dans la collection de ceux qui apprécient le travail de ces créateurs doués.
Le Monde des Nombreux Noms
Commençons par le dessin. Je le trouve très bon. Souple, dynamique, le trait de Domingues est très agréable tout en étant tout en simplicité et en rondeurs. Cependant, je trouve la colorisation très moyenne : les couleurs sont ternes, verdâtres et à mes yeux ne servent franchement à rien ni pour l'ambiance de la BD ni pour sa beauté. J'ai le sentiment que la BD aurait eu bien plus de saveur en restant simplement en noir et blanc. Puis concernant le scénario, il est très original. Aux premières pages, je croyais à une nouvelle histoire d'Heroïc-Fantasy, mais en réalité, elle va aller beaucoup plus loin, mêlant conte, légende et réalité du 20e siècle. Tout va très vite, l'histoire part à 100 à l'heure. C'est un conte et l'auteur ne s'encombre pas de réalisme et de détails. Et c'est un peu là que le bât blesse. Je trouve l'histoire un peu simpliste dans son déroulement, un peu... immature en réalité. Le tout est bourré de bonnes idées, mais la fin tourne aux très classiques scènes d'actions romanesques où le gentil héros sauve sa douce et j'ai trouvé cette partie de l'histoire (la deuxième moitié du tome 2) relativement sans saveur comparé au reste. Néanmoins, voilà une vraie curiosité à lire (je ne sais par contre si je l'achèterais personnellement...).
The Pro (La Pro)
J'avoue que j'ai pas mal rigolé en lisant cette BD. Notamment face aux caricatures évidentes des super-héros les plus connus et à leurs réactions face au comportement et parole de la Pro. Le dessin ne m'a pas marqué du tout, c'est-à-dire qu'il n'a pas vraiment de style propre mais qu'il convenait très bien à cette BD mi-comics de super-héros, mi-humoristique. Rien à dire de ce côté-là. Et donc sinon, côté scénario, comme je le dis plus haut, j'ai trouvé pas mal de passages bien fendards. L'ennui, c'est que je trouve aussi le portrait gras et crade de la Pro franchement exagéré la plupart du temps. Disons que le scénariste en fait un peu trop, et que ça gâche le côté humoristique à mon goût. De même, comme le fait remarquer Cassidy ci-dessous, j'ai un peu tiqué sur le discours de la Pro quand, alors que ce qu'elle dit juste avant aux "vrais" héros est totalement juste et véridique, elle déclare entre autres choses assez vraies que le vrai courage c'est de bombarder un hôpital plein d'innocents... Mais bon, j'ai passé outre. Dans l'ensemble, voilà une BD assez sympa et où on rigole facilement.
Le combat ordinaire
Cet album m'a bien plu dans l'ensemble, plus au niveau de l'histoire que du dessin d'ailleurs même si ce dernier correspond au sujet par sa simplicité et son humour. Chaque case est un gag à elle seule et pleine de cynisme ou empreinte de bonheur, malaise ou tristesse. On s'attache à tous les personnages, de Marco au vieux monsieur en passant par Adolf, le p'tit diable de chat. Ils sont si justes, si vrais, qu'on ne peut que prendre plaisir à les découvrir et à pardonner leurs faiblesses ou erreurs. Le psy est criant de vérité mais pas dénué d'utilité pour autant. Quant à la mère de Marco, elle est délicieusement exaspérante! :) Cette histoire c'est simplement une tranche de vie, plus ou moins intime (à ces moments, le style graphique change) à savourer et à s'identifier...:)
Putain, c'est la guerre !
Les attentats du 11 septembre 2001 et leurs conséquences plus ou moins directes ont fait couler presque autant d’encre que de sang. Journalistes, analystes politiques, humoristes, chanteurs, écrivains, nombreux sont ceux qui y sont allé de leur petit commentaire sur le terrorisme islamiste et l’anti-terrorisme dabeulioubouchiste. Dans le lot, beaucoup d’opportunistes simplement désireux de récupérer un sujet vendeur pour faire un peu de pognon et de prestige facile. Pas besoin de pondre quelque chose de qualité : parlez du 11 septembre 2001 dans votre truc, ça suffira pour que les médias parlent de vous. David Rees est-il de ces opportunistes ? Je serais tenté de dire oui. Voilà un gars qui a réussi à publier un recueil de strips d’humour qui ne fait jamais rire et dont il n’a pas dessiné une seule case (il a simplement récupéré des cliparts). Bon, sur ce 2ème point, je ne dirai trop rien, l’idée est pas plus bête qu’une autre et les amateurs d’OuBaPo trouveront peut-être même ça génial ; par contre, le manque de drôlerie de la chose, lui, me contrarie nettement plus. L'humour noir, je suis plutôt bon client en général, mais à condition que ce soit de l'humour drôle quand même. Rees reste constamment dans le "15ème degré branchouillé", dans la provoc’ en toc, dans le « soyons cynique, mais pour de faux, faisons semblant qu’on peut en rire alors qu’on ne devrait pas ». Si son message était « finalement, face à toute cette horreur absurde, j’ai pas vraiment envie de rire », il aurait pu faire mille autres trucs que du strip humoristique pour parler des guerres actuelles et des magouilles du fils Bush et de ses sbires. Même quand il tient une vanne qui pourrait faire mouche, il la flingue lui-même : alors qu’il devrait en faire la chute de sa blague, dans la dernière case du strip, il préfère la placer dans l’avant-dernière, puis tout casser en concluant son strip sur une réplique complètement conne, pitoyable, foireuse, pas drôle, lourdingue, histoire d’en remettre une bonne grosse couche, comme s’il tenait à réexpliquer chaque fois à ses lecteurs à quel point il était ironique, caustique, critique… Parfois, on dit « Les strips, en lire 1 ou 2 de temps en temps ça va, mais tout un album, c’est lassant ». Ici, on est déjà lassé au bout d’1 ou 2 ; 111 à la suite, c’est carrément très, très pénible. Bref, traiter l’actualité sur un mode comique et caustique et s’en prendre au gouvernement Bush, c’est très bien, il y a des gens qui le font avec talent et drôlerie comme Michael Moore ou même Les Guignols de l’Info, mais Rees, lui n’apporte pas grand’chose à cette cause. Les droits d’auteur générés par le bouquin sont reversés à une association qui désamorce des mines anti-personnel en Afghanistan. A vous de voir s’il n’y a pas meilleur moyen d’aider cette cause que de payer 10 euros pour ce petit bouquin sans intérêt (et très bêtement traduit, en plus).