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Couverture de la série Gaston Lagaffe (Delaf d'après Franquin)
Gaston Lagaffe (Delaf d'après Franquin)

Voilà une bonne idée du site que de séparer la série mère de Franquin de cette reprise de Delaf car il est toujours difficile d'attribuer une note globale à des séries cultes qui se sont depuis étirées dans le temps avec d'autres scénaristes et dessinateurs (Astérix, Blake et Mortimer,etc.) En tant que fan du Gaston de Franquin et après les débats que cela a engendrés quand les éditions Dupuis ont souhaité relancer la série contre l'avis de la famille du créateur de Gaston, je dois dire que j'étais assez sceptique... Et comme beaucoup ici avant moi, je dois dire que suis ressorti de ma lecture plutôt agréablement surpris. Surpris tout d'abord par la qualité du dessin de Delaf, très proche de l’œuvre initiale. C'est vraiment un travail de copiste graphique de très grande qualité! On voit qu'il n'a pas pris ce travail à la légère et qu'il a bossé. Ensuite, le respect pour Franquin transpire dans chaque page de cette BD, autant dans le déroulé des gags que dans les nombreux clins d’œil envers l'auteur. Delaf s'en donne à cœur joie en reprenant un grand nombre d'objets loufoques de Gaston et des personnages mythiques de la série. Les gags sonnent pour la plupart justes et restent dans l'esprit de la série d'origine. En espérant que les tomes suivants conserveront la même qualité... SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 8/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 9/10 NOTE GLOBALE : 17/20

07/02/2026 (modifier)
Couverture de la série Gaston Lagaffe
Gaston Lagaffe

Pour mon 200ème avis, je tenais à rendre hommage à l'une des séries qui a bercé et marqué mon enfance, j'ai nommé Gaston Lagaffe ! Je ne serai pas très long au vu des 111 avis précédents... Pour moi, le genre du strip-gag est l'un des plus difficiles et casse-gueule en BD et Gaston Lagaffe constitue l'une des séries les plus réussies du genre . Et il est important de noter, qu'au contraire de beaucoup d'autres BD de la même période (Boule & Bill, Achille Talon, etc.), elle semble traverser les époques sans trop vieillir. Reconnaissable entre 1000, le trait de Franquin, tout en souplesse et en rondeur y est pour beaucoup. L'humour, la créativité et un panel de personnages tous plus truculents les uns que les autres aussi, bien sûr (Prunelle, l'agent Longtarin, M. De Mesmaeker, Mademoiselle Jeanne, Jules de chez Smith d'en face, etc.). Ce qui est incroyable d'ailleurs c'est que cette BD parle aussi bien au gamin que j'étais qu'à l'adulte que je suis devenu et arrive encore à m'arracher quelques rires. Franquin a ainsi toujours trouvé le juste milieu pour rendre notre Gaston feignant mais attachant et profondément humain malgré son côté en marge du système. La définition même de la BD culte.

07/02/2026 (modifier)
Par Canarde
Note: 3/5
Couverture de la série Rebis
Rebis

Je résumerais un peu abruptement : Conte médiéval à la sauce queer. Agréable à parcourir, il met en scène la façon dont une société, dominée par les hommes, choisit des boucs émissaires à tyraniser ( sorcières, albinos, etc...) pour que le reste de la population puisse trouver une raison à ses tracas quotidiens. L'ambiguïté de genre de Rebis n'est pas un ressors du scénario et c'est très bien ( A l'époque médiévale où la science n'avait pas encore mis chacun dans sa cas sexuelle, la fluidité de genre devait être plus facile) c'est plutôt l'albinisme qui est perçu comme une déviance grave. La construction du scénario n'est pas très robuste, avec une fin un peu rapide et inexpliquée, mais les personnages sont plutôt attachants. Le dessin ne m'a pas enthousiasmé. Un peu inégal suivant les pages, avec un essai pas très concluant de rougir les traits à l'intérieur des personnages dont le contour est noir. Mais j'avoue que la colorisation numérique ménageant des flous en arrière plan est bien utilisée. En fin de compte, j'attendais peut-être trop de cet album, je pense qu'il ferait un très beau cadeau pour un enfant de 12 ans, avec plein de mystères à élucider ... mais pour les adultes, je suis moins emballée.

07/02/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Hitman
Hitman

3.5 Une bonne série de Garth Ennis datant de l'époque où il avait encore quelque chose à dire et ne faisait pas qu'aligner des séries sur la guerre d'un intérêt limité. Hitman est donc un tueur à gages qui obtient des superpouvoirs et qui en plus vit dans l'univers de DC Comics alors il peut rencontrer des super-héros bien connus du public. Malheureusement, la série est un peu décevante de ce côté là. L'univers de DC Comics est bien présent dans les récits présents dans le premier tome, le personnage principal vivant à Gotham après tout, cela devient secondaire dans les deux tomes suivants. Dommage j'aurais bien aimé voir plus de personnages de DC passés sous l'humour trash d'Ennis. On retrouve chez Hitman les meilleures qualités de l'écriture d'Ennis: bons dialogues, bonne galerie de personnages, personnage principal avec une moralité complexe qui évolue au fil des épisodes et de l'humour noir qui fonctionne bien (même si certains gags ont mal vieilli). Si certains récits sont moins bons, la plupart du temps c'est captivant et les fans du scénariste vont retrouver plusieurs des thèmes chers à l'auteur. Le dessinateur principal a un très bon coup de crayon, c'est le style des années 90 que j'aime bien et qui a bien vieilli. À noter que Hitman a commencé sa carrière dans la série du Démon et on va avoir droit comme bonus aux épisodes de cette série où il apparait. Dommage que le quatrième et dernier tome se fasse attendre.

07/02/2026 (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5
Couverture de la série Là où tu vas - Voyage au pays de la mémoire qui flanche
Là où tu vas - Voyage au pays de la mémoire qui flanche

Les premiers Davodeau que j'ai lus étaient Rural ! et Les Mauvaises Gens, et c'était aussi mes premiers documentaires BD. Tout de suite son système où on voit les tractations entre les interviewés et l'interviewer pour choisir le point de vue donnent une proximité avec l'enjeu personnel et parfois politique qui est plus grande que dans tout autre média. Ici Davodeau s'attaque à un sujet auquel on n'a pas envie de penser : la perte de nos compétences cognitives, les nôtres, celles de nos proches, dans tous les cas, ça fait peur. Françoise, sa compagne, nous raconte son métier : accompagner les aidants et les personnes elles-même dans ces moments où le sol s'effondre sous des familles entière, ou le plus souvent de vieux couples. Mais cela n'a rien de plombant, parce qu'elle donne des pistes, elle fait ressortir le point de vue des personnes aidées et cela éclaire leurs réactions. Bref c'est plutôt réconfortant de mieux comprendre les mécanismes de nos cerveaux qui s'abîment. Finalement cela sort du simple témoignage. L'album terminé, je me sens plus outillée, j'ai l'impression que je pourrai mieux réagir devant une personne atteinte de troubles de la mémoire. A mettre entre toutes les mains !

07/02/2026 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Karl
Karl

A l’heure où l’intelligence artificielle s’impose de plus en plus dans nos vies, alors même que les débats sur les enjeux éthiques et les risques inhérents à cette technologie n’ont aucunement pesé dans son développement tous azimuts, Cyril Bonin nous livre avec « Karl » une fiction où il questionne ce qui fait notre humanité à travers cet androïde qui semble échapper à ses créateurs et fait montre d’une sensibilité plus grande que bien des représentants de notre espèce. Bien sûr, la thématique n’est pas nouvelle, elle a déjà été exploitée maintes et maintes fois dans la pop-culture, l’une des œuvres fondatrices étant sans doute le « Frankenstein » de Mary Shelley, ainsi que, plus tardivement, le cycle des Robots d’Isaac Asimov. Au cinéma, nous avons eu « Metropolis » de Fritz Lang, et plus récemment « 2001, Odyssée de l’espace », de Stanley Kubrick, une adaptation du livre d’Arthur C. Clarke. D’ailleurs, Karl, n’évoque-t-il pas, ne serait-ce que par son nom, « Hal », l’IA contrôlant le vaisseau spatial de « 2001 » ? La différence réside dans le mode de traitement par son auteur, et Cyril Bonin l’a fait dans son style bien à lui. Si l’histoire est très fluide, ce dernier intègre des sujets très pertinents, avec un laïus scientifique loin d’être plombant mais surtout une bonne part d’interrogations philosophiques, le tout étant amené de manière très subtile et passionnante. La question centrale étant : qu’est-ce que la conscience, à partir de quel moment une IA accède-t-elle à la conscience, où commence le libre arbitre, et toute cette sorte de choses ? A noter ce propos de Karl — émerveillé à la vue de cette biche, cause indirecte de l’accident —, qui donnera au lecteur ample matière à méditation : « Certains disent que la conscience est un moyen pour la vie de se répandre. Mais je pense qu’au contraire, c’est la vie qui est un moyen pour la conscience de se développer. » Une fois encore, l’auteur solitaire et complet qu’est Cyril Bonin (même s’il lui arrive d’adapter des œuvres littéraires) nous fait don (oui !) de son univers graphique unique et intemporel. Il m’est personnellement très difficile de résister au charme visuel, un rien poétique, de son dessin. Optant ici pour un contexte décalé, on ne peut pas vraiment parler de cyberpunk. Disons que l’action semble se situer dans la première moitié du XXe siècle, si l’on s’en tient au mobilier et aux vêtements, mais avec quelques éléments futuristes tels que la cybernétique ou la présence de drones dans le ciel urbain, ce qui évoquerait le monde des « Cités obscures » de Schuiten et Peeters. Le trait délicat et élégant du bédéaste est tout simplement sublime, avec toujours cette belle maîtrise de la couleur. Paru dans les premiers jours de février, « Karl » s’inscrit d’ores et déjà en bonne place dans les œuvres qui se distingueront en 2026. Cyril Bonin est parvenu ici à établir des correspondances entre la haute technologie et la poésie, tout en abordant de manière raisonnée voire bienveillante la question de l’intelligence artificielle, sans l’inquiétude habituelle inhérente aux débats sur l’intrusion massive de cette technologie dans nos vies. Certains diront un peu légère et superficielle, car le sujet est complexe mais qu’importe, « Karl » apparaît véritablement comme une parenthèse enchantée.

07/02/2026 (modifier)
Par Cleck
Note: 4/5
Couverture de la série L'Ombre des Lumières
L'Ombre des Lumières

L'intrigue rend dans un premier temps un hommage appuyé aux "Liaisons dangereuses", ce qui est loin de me déplaire tant j'estime ce roman. C'est très élégant, prenant, gentiment prévisible et malheureusement pas assez irrévérencieux. Le portrait façon Grandeur et décadence bifurque ensuite fort (et trop) rapidement pour aborder la déchéance puis l'exil forcé du machiavélique Chevalier de Saint Sauveur. L'ensemble ne se tient pas encore véritablement, la faute je pense à un mauvais positionnement narratif : le récit épistolaire s'embourbe dans une mise en avant trop prononcé de personnages dont le statut évolue trop fortement. Au risque de nous perdre ou décevoir un peu quand Eunice de Clairefont disparaît à mi-album tandis que le marquis de Maurepas débarque. Mais il s'agissait d'une nécessité liée au souhait brillant d'évoquer d'abord indirectement le personnage de Saint-Sauveur, afin d'en façonner le mythe et non seulement le portrait. Un grand potentiel, de la belle ouvrage, qui une fois considéré dans son ensemble prendra peut-être tout son sens pour s'épanouir et sortir de l'ombre des "Liaisons dangereuses". En l'état, le lecteur intrigué par sa plaisante lecture demeure sur sa faim. ****************************** Avec le tome 2, le récit gagne en cohérence, mais perd peut-être un peu en finesse. Mon avis demeure en suspens, l'ensemble semble toujours aussi prometteur, mais je crains désormais que l'envolée espérée n'ait jamais lieu, qu'il faille se contenter d'un récit propre, à bien des égards habile, mais avec une perfidie contenue, un machiavélisme attendu. ****************************** L'intrigue se clôt et se relance tout à la fois avec ce tome 3. Il semblerait désormais qu'un tome 4 soit envisageable. La tendance prise par le tome 2 est amplifiée avec ce tome 3 : l'intrigue se recentre sur sa résolution globale, recherchant plus encore une cohérence générale en effet bien présente. Au détriment des dialogues, moins habiles car embourbés dans un puzzle délicat à reconstituer. La lecture réitérée du tome 1 à chaque nouvelle sortie d'un album, me permet de modifier mon impression générale. Les dialogues sont meilleurs qu'il n'y paraît : la finesse, l'ironie et la fourberie véritablement présentes. Mais cette série réclame de son lecteur un supplément d'attention ; son sel élégant s'offre subrepticement, s'apprécie davantage quand le lecteur est devenu plus familier des personnages, des prénoms, intentions... Ce qui laisse transparaître un petit manque de fluidité découlant notamment du style épistolaire.

05/12/2023 (MAJ le 07/02/2026) (modifier)
Par Cleck
Note: 3/5
Couverture de la série Le Chemisier
Le Chemisier

Compliqué de lire Vivès aujourd'hui tant l'auteur est devenu sulfureux. C'est un auteur qui met mal à l'aise et cette BD ne fait pas exception. Dans sa thématique d'abord (un chemisier qui gratifierait d'une aura érotique la femme qui le porte), dans son traitement surtout. Vivès, comme à son habitude, décrit une situation possiblement gênante en recherchant l'effacement : pas de position, pas d'intention, libre au lecteur d'interpréter les situations, de juger en fonction de son propre point de vue. Est-ce acerbe et critique, ou étrangement complaisant ? Le style de Vivès est au diapason : une ligne épurée, des textes rares, une froideur indéniable. Et l'envie de choquer et émoustiller salement avec une sexualisation du récit volontiers crûe, à l'occasion inattendue. C'est parfois fort pertinent, impertinent aussi, à même de satisfaire des personnes éloignées des opinions de l'auteur, et discutable dans certains de ses implicites. Déstabilisant, évidemment intéressant, regrettablement ambigu.

07/02/2026 (modifier)
Couverture de la série Deux sœurs
Deux sœurs

Bon, j’ai un temps voulu arrondir aux trois étoiles, parce que ça se laisse lire, et que le dessin est mignon. Mais voilà un album qui m’a quand même laissé sur ma faim. Ça se laisse lire donc, d’ailleurs très rapidement. Car l’intrigue est des plus minces. Il y a certes quelques petits traits d’humour, dans les dialogues acerbes entre frangines, dans l’opposition – extrême – entre leurs amis, leurs goûts, etc. Mais passé les quelques premières cases, je me suis vite lassé d’une histoire où tout est trop caricatural, prévisible – jusqu’à la fin – pour ma captiver. En fait, les dialogues monocordes m’ont anesthésié, et j’ai rapidement trouvé répétitives les oppositions, les disputes. Ajoutons une petite touche de guimauve, et on aura un rendu dont je ne suis visiblement pas le cœur de cible. Bof bof donc. Note réelle 2,5/5.

07/02/2026 (modifier)
Par Cleck
Note: 4/5
Couverture de la série Le Bleu est une couleur chaude
Le Bleu est une couleur chaude

BD à l'origine du film palmé de Kechiche "La Vie d'Adèle". Une BD qui tente (et parvient), à la manière de Vanyda avec sa trilogie Celle que..., à rendre compte de la fugacité des sentiments, du trouble lié à l'émergence du sentiment amoureux. La thématique de l'homosexualité et celle de son acceptation sociale d'alors (contexte du milieu des années 90) permet d'amplifier les interrogations individuelles et d'ajouter des développements liés au refoulement et à la honte, à des jugements basés sur diverses stéréotypies (vestimentaires, morphologiques, de coiffure...). Si les dialogues peuvent parfois se présenter comme assez didactiques, car soucieux de restituer des situations généralement rencontrées par les homosexuels (le refoulement susceptible d'engendrer une rupture avec l'être aimé, la dispute avec les amis, la crise lors de la découverte par les parents de la situation selon eux scandaleuse, etc.), rien ne sonne néanmoins faux : les situations présentées sont celles alors majoritaires, surtout, les illustrations parviennent via l'expressivité des regards, sourires, joues et pommettes... à rendre visible et lisible la beauté du sentiment amoureux. Les larmes et cris sont nombreux, les drames poussés à l'extrême et sur-signifiés via la construction en flashbacks, le tout au service d'une exacerbation de la passion amoureuse, d'une fougue qui n'a nul besoin de se complaire (contrairement au film de Kechiche, néanmoins fort réussi) dans des scènes de sexe exagérément émoustillantes. Un beau drame, susceptible d'emporter son lecteur dans un tourbillon d'émotions plus militantes qu'artificielles. Et une autrice, qui malgré la notoriété ici trouvée, a quelque peu disparu de la circulation.

07/02/2026 (modifier)