Je n'avais jamais vraiment lu de roman-photo, si ce n'est quelques créations courtes et indépendantes en ligne, et j'avais souvent voulu en essayer une, voir de quoi il retournait. J'ai vu cet album lors d'une séance de flânage en librairie, je ne connaissais aucun des noms à la réalisation, n'avait entendu aucun écho, aucune recommandation, mais je me suis dit "allez, let's go, pourquoi pas tenter une découverte à l'aveugle ?".
Peut-être aurait-il mieux valu pour moi essayer avec l'un des romans photos m'ayant attiré l'œil depuis longtemps plutôt que de me reposer sur ma bonne étoile, cela m'aurait au moins assuré une meilleure "entrée" dans l'univers, mais l'initiation a tout de même marché : j'ai pu constater des forces et, malheureusement, des faiblesses du médium.
L'histoire qui nous est présentée est absurde, comme bien souvent, à base d'une prémisse décalée, des personnages cons comme des chaises et des dialogues enchaînant les répliques bien débiles (points doublés lorsque les remarques absurdes proviennent de didascalies).
Formule classique mais qui marche tout de même, et si la majorité des blagues me semble trop grasses, trop évidentes, je reconnais qu'un petit sentiment de connivence s'installe (je souligne bien le mot "con" dans "connivence", ici), certaines blagues font tout de même sourire, alors oui, même si ce n'est pas révolutionnaire je ne passe pas pour autant un mauvais moment. Ce n'est pas un chef d'œuvre, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, l'album a échappé de peu à un bon gros deux étoiles des familles.
En vient alors la dimension "photographique" de l'œuvre, le sel du format, le truc qui m'a véritablement fait acheter l'album pour m'essayer aux fameux "romans photos". Verdict ? Le format est plein de potentiel, particulièrement en comédie puisqu'un décalage peut facilement se former entre la forme "concrète/réelle" de la photo et la narration absurde construite autour, mais malheureusement cet album m'a bien fait comprendre que n'importe qui ne peut pas pour autant jouer les personnages. Les acteur-ice-s en font des caisses, c'est du burlesque d'une manière, en soi pas de problème, c'est même bien souvent charmant dans l'album, mais malheureusement tous-tes les acteur-ice-s ne se valent pas et les moues et gestuelles de certain-e-s m'ont faite sortir du délire bien trop souvent, à commencer par notre protagoniste, le fougueux, fantasque et raciste comptable au doux nom de Vincent Moltenne. Je ne vois plus un personnage délirant lors de ces moments-là mais bien un gars qui fait le mariole. Pas le personnage, mais un gars qui fait le con. Sans doute un petit rien, peut-être suis-je trop dure, trop hermétique au final à cette forme, mais du peu que j'avais pu voir d'autres créations similaires, ce qui m'avait attiré aussi, c'est qu'avec une bonne mise en scène, un bon "jeu d'acteur-ice", il y a vraiment moyen de faire des trucs bons, même en visant le burlesque et l'absurde.
Allez, encore une fois, ce n'est pas affligeant, je n'ai pas passé un mauvais moment et ai même pu sourire à plusieurs reprises. En tant que divertissement con-con (et je dis ça sans nécessairement de dénigrement) c'est acceptable et je suis sûre que je ne fais simplement pas partie du public ciblé.
Dommage quand-même.
(Note réelle 2,5)
Geoffroy Delorme a décidé, un beau jour, de quitter la société des hommes et de vivre en forât, auprès des chevreuils. Pendant sept ans, il a découvert un monde secret, ses codes, ses peurs, ses joies, et n'a jamais oublié cela. il en a parlé dans un livre, L'Homme-chevreuil, plébiscité par plus de 100 000 lectrices et lecteurs.
C'est l'adaptation de cet ouvrage, autobiographique, que nous propose Vincent Zabus, sous forme de chapitres (reprenant ceux du livre ?) avec Geoffroy qui apprivoise des chevreuils, se fait apprivoiser par eux, apprend leur langage, leurs postures, et leur enseigne à son tour comment éviter la présence humaine souvent synonyme de danger mortel. C'est assez étonnant, et on a même droit à des moments incroyables, comme lorsqu'une chevrette vient lui lécher le visage ou qu'un jeune chevreuil vient dormir à ses côtés, en parfaite confiance.
Ces beaux moments de communion avec la nature sont mis en images et en couleurs par Jean-Denis Pendanx, l'un des meilleurs dessinateurs naturalistes de la franco-belge, qui nous propose de superbes pages, pleines de poésie et de sensibilité.
Un bel ouvrage, en tous points, et qui permet en outre de nous délivrer un beau message de respect de la nature.
Jolie BD jeunesse osant affronter de face les sujets féministes du moment, rejoignant en cela le contingent des titres de 2025 (adultes pour l'essentiel : Notre affaire, Les Yeux d'Alex, Des filles normales, Rouge signal, etc.) dressant le paysage forcément torturé de l'actuelle condition des femmes en France et dans le monde.
Les thématiques sensibles sont nombreuses ici (deuil de la sœur jumelle, handicap, adolescence et quête de soi, difficulté à assumer les espoirs et projections des parents sur leurs enfants, harcèlement scolaire, enfermement genré des corps dans des représentations stéréotypées, etc.) et, malheureusement pour le moment, il semble que la scénariste Véro Cazot ne parvienne à assembler tout cela subtilement. A titre personnel, je regrette notamment le recours, façon Ernest & Rebecca, au dialogue avec l'amie imaginaire (ici, l'ombre de l'héroïne, assimilable à son inconscient) : une fausse bonne idée focalisant l'attention et structurant l'évolution du récit. Les prochains tomes parviendront peut-être à repositionner sur le devant les importantes thématiques en l'état davantage évoquées que traitées.
Côté illustrations par contre, c'est du tout bon ! J'aime beaucoup le style de Carole Maurel : ses couleurs contrastées susceptibles par un jeu d'ombre d'exclure un pan de visage, son trait dynamique et appuyé créant un mouvement incroyable évoquant sur ce point l'immense Franquin (si si !), ses cadrages et décadrages à la Vanyda rendant expressif le moindre regard ou dessin de bouche. Style encore perfectible mais déjà remarquable, moderne, sympathique de rondeur ! En espérant par contre, que les éditeurs ne la poussent pas vers l'épure (des décors de plus en plus fréquemment effacés, des plans de plus en plus rapprochés), qui la rendrait "seinen-compatible" mais dépersonnaliserait indiscutablement son style.
*************
La lecture du second tome n'incite pas véritablement à revoir mon impression initiale. Si l'ombre inconsciente se voit mieux gérée (tel un écho ironique aux sentiments de l'héroïne), le traitement des belles thématiques est lui plus grossier. Pour le moment, cette jolie série pour ados ne concrétise pas ses belles promesses, se contentant d'être une appréciable réussite quand il eut été possible d'être merveilleuse.
Dans un palais aux confins d'un désert d'Afrique du Nord, une jeune fille handicapée et mutique, marquée par une enfance traumatique, évolue dans un univers étrange où se croisent des personnages ambigus dans une intrigue qui oscille entre enquête policière et drame intime.
Cette BD marque avant tout par son identité graphique, clairement son principal atout. Le dessin est très esthétique, avec une forte influence tantôt art nouveau, tantôt art déco, qui se marie particulièrement bien avec les décors d'Afrique du Nord. Les palais aux architectures travaillées, les escaliers vertigineux, les dunes désertiques baignées de couleurs chaudes : tout cela crée une atmosphère visuelle vraiment réussie, presque envoûtante par moments. On sent une vraie recherche plastique, une envie de composer de belles images.
En revanche, j'ai été nettement moins convaincu par les visages des personnages, qui m'ont souvent paru ternes, figés comme des masques. Dès qu'ils ne sont plus intégrés dans ces compositions très esthétisées, ils perdent beaucoup de leur force et contrastent avec la richesse des décors.
Mais surtout, là où j'ai vraiment décroché, c'est sur la narration. Le scénario et la mise en scène sont loin d'égaler la beauté du dessin. La mise en page est assez éclatée, le découpage haché, les cadrages trop serrés, ce qui empêche d'avoir une vue d'ensemble des scènes et nuit à la lisibilité. J'ai eu l'impression que l'album privilégiait constamment l'esthétique au détriment de la clarté, un peu comme certains films d'auteur qui enchaînent de belles images sans réellement raconter leur histoire de façon fluide.
Les dialogues n'aident pas non plus : ils m'ont semblé lourds, parfois poseurs, avec beaucoup de non-dits qui finissent par desservir le propos au lieu de l'enrichir. L'ambiance générale, qui se veut tragique et mystérieuse, m'a paru un peu artificielle, comme forcée. Même la fin, clairement pensée comme un moment fort et dramatique, m'a laissé assez froid, avec un côté presque adolescent romantique dans sa manière d'appuyer la dimension tragique.
Je suis partagé dans le sens où j'ai réellement pris plaisir à regarder cette BD, à me laisser porter par ses ambiances visuelles et son esthétique très travaillée. Mais comme j'ai besoin d'une histoire solide pour être pleinement embarqué, cela n'a pas suffi. Je reconnais ses qualités graphiques évidentes, mais je n'ai pas vraiment apprécié la lecture dans son ensemble.
Dans une petite ville du Kansas, une bande de gamins jouent au sheriff et aux bandits mais un drame terrible les force à s'engager dans un lourd secret qui va avoir des conséquences tragiques pour leur ville, puis sur toute leur vie.
Cette saga western a pour elle une vraie originalité de départ : suivre un groupe de personnages, amis d'enfance, dont les trajectoires vont se croiser, se briser et se recomposer au fil des années. Tout part d'un drame initial particulièrement marquant, une erreur d'enfants aux conséquences irréversibles, qui va servir de point de bascule et conditionner toute leur existence. À partir de là, le récit déploie une fresque assez ambitieuse, violente et sombre, où les anciens amis deviennent tour à tour ennemis, alliés de circonstance ou simples fantômes du passé, chacun évoluant dans un Far West sans concession.
Sur le principe, c'est séduisant. Il y a une vraie volonté de raconter le poids des choix, de la culpabilité et des circonstances, avec des destins qui se répondent et s'entrechoquent. Certains rebondissements surprennent, et l'ensemble garde un côté imprévisible assez appréciable.
Mais dans les faits, tout ne fonctionne pas complètement pour moi. Le principal problème vient du rythme narratif, assez particulier, avec de grandes ellipses de plusieurs années. Les personnages changent parfois brutalement entre deux périodes, au point que j'ai eu du mal à suivre leur évolution émotionnelle. Certains basculent dans la violence (vol, meurtre, trahison) presque sans transition, allant jusqu'à éliminer d'anciens amis sans véritable état d'âme, tandis que d'autres changent de camp ou d'attitude comme si le passé n'avait plus de poids. À cela s'ajoute un recours un peu trop fréquent aux coïncidences, comme si ce monde ne comptait finalement que ces quelques personnages qui finissent toujours par se recroiser et être les seuls véritables acteurs de leur propre histoire. Du coup, je n'ai jamais vraiment réussi à m'attacher à eux, ni à croire pleinement à leurs trajectoires.
Le dessin est correct dans l'ensemble, avec des personnages bien identifiables, mais il m'a semblé un peu en retrait sur les décors. Les arrière-plans sont parfois assez vides, les perspectives plates ou un peu approximatives, ce qui nuit à l'immersion et empêche de ressentir pleinement l'ampleur ou l'atmosphère du Far West. Cela renforce une impression d'ensemble un peu artificielle.
Au final, je reste partagé. Il y a de bonnes idées, une vraie ambition et des choix narratifs parfois audacieux, qui rendent la lecture intéressante et parfois surprenante. Mais entre le manque d'attachement aux personnages, leurs évolutions trop abruptes et un univers visuel qui peine à convaincre pleinement, je suis resté à distance du récit, sans jamais être vraiment embarqué.
L'album démarre sur deux postulats qui m'ont paru un peu artificiels. D'un côté, l'héroïne annonce fièrement à tout le monde qu'elle pratique le kung-fu shaolin, mais se braque immédiatement dès qu'un élève pourtant sympathique cherche à en discuter avec elle. De l'autre, son grand-père est une sorte de pur Monsieur Miyagi version Karaté Kid, figure de maître sage et quasi caricaturale, même si ça reste attachant.
Malgré ça, toute la première moitié de l'album fonctionne plutôt bien. On est sur quelque chose d'assez simple mais relativement réaliste, avec des thématiques intéressantes comme la retenue dans l'usage de la violence, la patience nécessaire à l'apprentissage, ou encore un petit regard sur les réseaux sociaux et le harcèlement. L'ensemble est sympathique, agréable à lire, et trouve un certain équilibre.
En revanche, la seconde moitié m'a nettement moins convaincu. Dès qu'on bascule dans le tournoi d'arts martiaux, tout le réalisme disparaît. On se retrouve avec des combattants bigarrés sortis de nulle part, et surtout avec deux amis de l'héroïne qui deviennent soudainement de très bons combattants après une sorte de passage façon chanson Disney, ce qui casse complètement la crédibilité installée jusque-là.
À cela s'ajoute une impression de déjà-vu assez forte, avec une trame qui copie largement celle de Karaté Kid sans vraiment réussir à s'en détacher.
Cette deuxième partie plus fantaisiste et expédiée laisse une impression décevante et prend le dessus sur mon souvenir de lecture. Ça reste un album qui avait des qualités au départ, mais qui se dilue en route, au point de me laisser penser qu'il n'aura probablement pas de suite.
Je ne mets « que » trois étoiles, car la lecture est forcément frustrante pour un adulte. Car très très rapide, et avec une narration linéaire qui manque sans doute d’aspérité.
Mais on ne peut décemment pas aller en dessous, tant Matthias Picard nous propose quelque chose d’original, et surtout de réellement beau.
Certes, ça s’adresse surtout à de jeunes, voire très jeunes lecteurs. Mais pour ce qui est du plaisir des yeux, l’adulte que je suis y a trouvé son compte.
En effet, le dessin – une sorte de carte à gratter – en Noir et Blanc est magnifié par les effets de reliefs (ici les lunettes, fournies avec chaque album, sont nécessaires), ce qui donne des planches de toute beauté. Dans les fonds sous-marins dans le premier album, dans la jungle – et au-delà – dans le second. J’ai d’ailleurs trouvé le dessin encore plus captivant dans ce second album. Car à l’air libre, plus clair, avec aussi plus de variété dans les décors et la faune et la flore.
Deux beaux voyages donc. Rapides, mais plaisants.
J’ai joué à des jeux vidéo (j’en ai connu les débuts), mais je n’ai jamais été un « gamer », et j’ai juste suivi « par-dessus leur épaule », ce que faisaient mes enfants sur leurs petites consoles (ou quelques jeux en ligne). Mon peu d’appétence pour ce loisir ne m’a pas poussé à aller plus loin. Mais le sujet est de plus en plus d’actualité.
J’avais lu il y a quelques temps Les Réseaux sociaux et nos ados du même auteur, que j’avais trouvé intéressant, bien fichu. J’ai retrouvé les mêmes qualités dans cet album.
En effet, c’est à la fois didactique et fluide (l’auteur adopte un ton enjoué, dynamique et ludique pour ses démonstrations ou lorsqu’il veut faire passer une information).
Il apporte des réponses aux questions qu’on peut se poser, mais alimente aussi la réflexion, nous amenant à nous poser des questions (adultes autant qu’enfants !). Même si personnellement je préfère passer du temps à lire (sur papier), à jouer à des jeux de société « en vrai » plutôt qu’à jouer virtuellement, cet album remplit agréablement son rôle et parents et CDI peuvent envisager d’investir dans son achat.
Excellent, j’ai vraiment apprécié.
Même si on connaît tous plus ou moins l’histoire de Guevara, j’ai quand même pu compléter ma culture générale concernant ce personnage, et ce de la plus agréable des façons.
La narration est drôlement bien foutue, les explications sont fluides, les points importants bien mis en avant pour suivre l’évolution de son engagement. Ses constatations de médecin sur le régime argentin, le fil de ses rencontres,
Oui, on voit ses combats, sa personnalité et son aspiration sans faille pour les révolutions par le peuple. Et oui, ce n’est pas Gandhi et ses révolutions sont violentes, mais comme sont violents les régimes qu’il a combattus. Portrait sans concession certes, il abandonne femme et enfant certes, mais les révolutions n’attendent pas et c’est cet engagement qui a dirigé sa vie et qui lui a coûté la vie. En refusant de se contenter de participer au nouveau pouvoir cubain.
Comme le dit Yann les auteurs se sont essentiellement basés sur une documentation solide pour retranscrire ces années de combat, et ses rencontres avec tous ces personnages historiques, passionnant, je partage son enthousiasme.
Quant au dessin, du grand art, il sert admirablement bien cette bio magnifique.
Là, je suis d'accord pour les cinq étoiles.
J'ai globalement bien accroché à cet album, notamment grâce au dessin d'Axel que j'apprécie beaucoup. Son style réaliste, aussi bien dans les corps que dans les visages, avec des personnages crédibles, pas forcément beaux ni idéalisés, fonctionne vraiment bien. Ce réalisme se retrouve aussi dans l'histoire, et c'est clairement ce qui fait tout le côté émoustillant de la BD : on est dans quelque chose de plausible, proche de la réalité, et du coup beaucoup plus impliquant que des fantasmes trop artificiels.
D'ailleurs, ça a très bien marché sur moi pendant toute la première moitié de l'album. Le jeu de séduction, la redécouverte du désir dans un couple installé, le basculement progressif vers l'échangisme... tout ça est bien amené, crédible, et plutôt prenant.
En revanche, la seconde partie m'a nettement moins embarqué. À partir du moment où on bascule d'un partage à une séparation, le ton change, et le récit s'oriente davantage vers une réflexion sur le couple, le divorce, et notamment sur ces hommes plus âgés qui se mettent avec des femmes plus jeunes. C'est un thème qui me rebute assez personnellement, et qui m'a fait prendre de la distance avec l'histoire.
Les scènes de sexe restent tout aussi crues et présentes, mais elles n'ont plus du tout le même effet dans ce contexte. Là où il y avait une forme d'excitation au début, j'ai plutôt ressenti un détachement, voire un certain malaise.
Je reconnais malgré tout que l'ensemble est raconté avec justesse, et que l'évolution des personnages reste cohérente et réaliste. Mais ce basculement dans les thématiques m'a clairement sorti de la lecture sur le plan émotionnel.
Il reste toutefois un album solide et crédible, entre pornographie et réalisme social, mais dont la seconde moitié m'a beaucoup moins parlé.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Qui a volé mes jambes ?
Je n'avais jamais vraiment lu de roman-photo, si ce n'est quelques créations courtes et indépendantes en ligne, et j'avais souvent voulu en essayer une, voir de quoi il retournait. J'ai vu cet album lors d'une séance de flânage en librairie, je ne connaissais aucun des noms à la réalisation, n'avait entendu aucun écho, aucune recommandation, mais je me suis dit "allez, let's go, pourquoi pas tenter une découverte à l'aveugle ?". Peut-être aurait-il mieux valu pour moi essayer avec l'un des romans photos m'ayant attiré l'œil depuis longtemps plutôt que de me reposer sur ma bonne étoile, cela m'aurait au moins assuré une meilleure "entrée" dans l'univers, mais l'initiation a tout de même marché : j'ai pu constater des forces et, malheureusement, des faiblesses du médium. L'histoire qui nous est présentée est absurde, comme bien souvent, à base d'une prémisse décalée, des personnages cons comme des chaises et des dialogues enchaînant les répliques bien débiles (points doublés lorsque les remarques absurdes proviennent de didascalies). Formule classique mais qui marche tout de même, et si la majorité des blagues me semble trop grasses, trop évidentes, je reconnais qu'un petit sentiment de connivence s'installe (je souligne bien le mot "con" dans "connivence", ici), certaines blagues font tout de même sourire, alors oui, même si ce n'est pas révolutionnaire je ne passe pas pour autant un mauvais moment. Ce n'est pas un chef d'œuvre, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, l'album a échappé de peu à un bon gros deux étoiles des familles. En vient alors la dimension "photographique" de l'œuvre, le sel du format, le truc qui m'a véritablement fait acheter l'album pour m'essayer aux fameux "romans photos". Verdict ? Le format est plein de potentiel, particulièrement en comédie puisqu'un décalage peut facilement se former entre la forme "concrète/réelle" de la photo et la narration absurde construite autour, mais malheureusement cet album m'a bien fait comprendre que n'importe qui ne peut pas pour autant jouer les personnages. Les acteur-ice-s en font des caisses, c'est du burlesque d'une manière, en soi pas de problème, c'est même bien souvent charmant dans l'album, mais malheureusement tous-tes les acteur-ice-s ne se valent pas et les moues et gestuelles de certain-e-s m'ont faite sortir du délire bien trop souvent, à commencer par notre protagoniste, le fougueux, fantasque et raciste comptable au doux nom de Vincent Moltenne. Je ne vois plus un personnage délirant lors de ces moments-là mais bien un gars qui fait le mariole. Pas le personnage, mais un gars qui fait le con. Sans doute un petit rien, peut-être suis-je trop dure, trop hermétique au final à cette forme, mais du peu que j'avais pu voir d'autres créations similaires, ce qui m'avait attiré aussi, c'est qu'avec une bonne mise en scène, un bon "jeu d'acteur-ice", il y a vraiment moyen de faire des trucs bons, même en visant le burlesque et l'absurde. Allez, encore une fois, ce n'est pas affligeant, je n'ai pas passé un mauvais moment et ai même pu sourire à plusieurs reprises. En tant que divertissement con-con (et je dis ça sans nécessairement de dénigrement) c'est acceptable et je suis sûre que je ne fais simplement pas partie du public ciblé. Dommage quand-même. (Note réelle 2,5)
L'Homme-chevreuil - Sept ans de vie sauvage
Geoffroy Delorme a décidé, un beau jour, de quitter la société des hommes et de vivre en forât, auprès des chevreuils. Pendant sept ans, il a découvert un monde secret, ses codes, ses peurs, ses joies, et n'a jamais oublié cela. il en a parlé dans un livre, L'Homme-chevreuil, plébiscité par plus de 100 000 lectrices et lecteurs. C'est l'adaptation de cet ouvrage, autobiographique, que nous propose Vincent Zabus, sous forme de chapitres (reprenant ceux du livre ?) avec Geoffroy qui apprivoise des chevreuils, se fait apprivoiser par eux, apprend leur langage, leurs postures, et leur enseigne à son tour comment éviter la présence humaine souvent synonyme de danger mortel. C'est assez étonnant, et on a même droit à des moments incroyables, comme lorsqu'une chevrette vient lui lécher le visage ou qu'un jeune chevreuil vient dormir à ses côtés, en parfaite confiance. Ces beaux moments de communion avec la nature sont mis en images et en couleurs par Jean-Denis Pendanx, l'un des meilleurs dessinateurs naturalistes de la franco-belge, qui nous propose de superbes pages, pleines de poésie et de sensibilité. Un bel ouvrage, en tous points, et qui permet en outre de nous délivrer un beau message de respect de la nature.
Mi-Mouche
Jolie BD jeunesse osant affronter de face les sujets féministes du moment, rejoignant en cela le contingent des titres de 2025 (adultes pour l'essentiel : Notre affaire, Les Yeux d'Alex, Des filles normales, Rouge signal, etc.) dressant le paysage forcément torturé de l'actuelle condition des femmes en France et dans le monde. Les thématiques sensibles sont nombreuses ici (deuil de la sœur jumelle, handicap, adolescence et quête de soi, difficulté à assumer les espoirs et projections des parents sur leurs enfants, harcèlement scolaire, enfermement genré des corps dans des représentations stéréotypées, etc.) et, malheureusement pour le moment, il semble que la scénariste Véro Cazot ne parvienne à assembler tout cela subtilement. A titre personnel, je regrette notamment le recours, façon Ernest & Rebecca, au dialogue avec l'amie imaginaire (ici, l'ombre de l'héroïne, assimilable à son inconscient) : une fausse bonne idée focalisant l'attention et structurant l'évolution du récit. Les prochains tomes parviendront peut-être à repositionner sur le devant les importantes thématiques en l'état davantage évoquées que traitées. Côté illustrations par contre, c'est du tout bon ! J'aime beaucoup le style de Carole Maurel : ses couleurs contrastées susceptibles par un jeu d'ombre d'exclure un pan de visage, son trait dynamique et appuyé créant un mouvement incroyable évoquant sur ce point l'immense Franquin (si si !), ses cadrages et décadrages à la Vanyda rendant expressif le moindre regard ou dessin de bouche. Style encore perfectible mais déjà remarquable, moderne, sympathique de rondeur ! En espérant par contre, que les éditeurs ne la poussent pas vers l'épure (des décors de plus en plus fréquemment effacés, des plans de plus en plus rapprochés), qui la rendrait "seinen-compatible" mais dépersonnaliserait indiscutablement son style. ************* La lecture du second tome n'incite pas véritablement à revoir mon impression initiale. Si l'ombre inconsciente se voit mieux gérée (tel un écho ironique aux sentiments de l'héroïne), le traitement des belles thématiques est lui plus grossier. Pour le moment, cette jolie série pour ados ne concrétise pas ses belles promesses, se contentant d'être une appréciable réussite quand il eut été possible d'être merveilleuse.
Fenêtre sur dunes
Dans un palais aux confins d'un désert d'Afrique du Nord, une jeune fille handicapée et mutique, marquée par une enfance traumatique, évolue dans un univers étrange où se croisent des personnages ambigus dans une intrigue qui oscille entre enquête policière et drame intime. Cette BD marque avant tout par son identité graphique, clairement son principal atout. Le dessin est très esthétique, avec une forte influence tantôt art nouveau, tantôt art déco, qui se marie particulièrement bien avec les décors d'Afrique du Nord. Les palais aux architectures travaillées, les escaliers vertigineux, les dunes désertiques baignées de couleurs chaudes : tout cela crée une atmosphère visuelle vraiment réussie, presque envoûtante par moments. On sent une vraie recherche plastique, une envie de composer de belles images. En revanche, j'ai été nettement moins convaincu par les visages des personnages, qui m'ont souvent paru ternes, figés comme des masques. Dès qu'ils ne sont plus intégrés dans ces compositions très esthétisées, ils perdent beaucoup de leur force et contrastent avec la richesse des décors. Mais surtout, là où j'ai vraiment décroché, c'est sur la narration. Le scénario et la mise en scène sont loin d'égaler la beauté du dessin. La mise en page est assez éclatée, le découpage haché, les cadrages trop serrés, ce qui empêche d'avoir une vue d'ensemble des scènes et nuit à la lisibilité. J'ai eu l'impression que l'album privilégiait constamment l'esthétique au détriment de la clarté, un peu comme certains films d'auteur qui enchaînent de belles images sans réellement raconter leur histoire de façon fluide. Les dialogues n'aident pas non plus : ils m'ont semblé lourds, parfois poseurs, avec beaucoup de non-dits qui finissent par desservir le propos au lieu de l'enrichir. L'ambiance générale, qui se veut tragique et mystérieuse, m'a paru un peu artificielle, comme forcée. Même la fin, clairement pensée comme un moment fort et dramatique, m'a laissé assez froid, avec un côté presque adolescent romantique dans sa manière d'appuyer la dimension tragique. Je suis partagé dans le sens où j'ai réellement pris plaisir à regarder cette BD, à me laisser porter par ses ambiances visuelles et son esthétique très travaillée. Mais comme j'ai besoin d'une histoire solide pour être pleinement embarqué, cela n'a pas suffi. Je reconnais ses qualités graphiques évidentes, mais je n'ai pas vraiment apprécié la lecture dans son ensemble.
Graine de vaurien
Dans une petite ville du Kansas, une bande de gamins jouent au sheriff et aux bandits mais un drame terrible les force à s'engager dans un lourd secret qui va avoir des conséquences tragiques pour leur ville, puis sur toute leur vie. Cette saga western a pour elle une vraie originalité de départ : suivre un groupe de personnages, amis d'enfance, dont les trajectoires vont se croiser, se briser et se recomposer au fil des années. Tout part d'un drame initial particulièrement marquant, une erreur d'enfants aux conséquences irréversibles, qui va servir de point de bascule et conditionner toute leur existence. À partir de là, le récit déploie une fresque assez ambitieuse, violente et sombre, où les anciens amis deviennent tour à tour ennemis, alliés de circonstance ou simples fantômes du passé, chacun évoluant dans un Far West sans concession. Sur le principe, c'est séduisant. Il y a une vraie volonté de raconter le poids des choix, de la culpabilité et des circonstances, avec des destins qui se répondent et s'entrechoquent. Certains rebondissements surprennent, et l'ensemble garde un côté imprévisible assez appréciable. Mais dans les faits, tout ne fonctionne pas complètement pour moi. Le principal problème vient du rythme narratif, assez particulier, avec de grandes ellipses de plusieurs années. Les personnages changent parfois brutalement entre deux périodes, au point que j'ai eu du mal à suivre leur évolution émotionnelle. Certains basculent dans la violence (vol, meurtre, trahison) presque sans transition, allant jusqu'à éliminer d'anciens amis sans véritable état d'âme, tandis que d'autres changent de camp ou d'attitude comme si le passé n'avait plus de poids. À cela s'ajoute un recours un peu trop fréquent aux coïncidences, comme si ce monde ne comptait finalement que ces quelques personnages qui finissent toujours par se recroiser et être les seuls véritables acteurs de leur propre histoire. Du coup, je n'ai jamais vraiment réussi à m'attacher à eux, ni à croire pleinement à leurs trajectoires. Le dessin est correct dans l'ensemble, avec des personnages bien identifiables, mais il m'a semblé un peu en retrait sur les décors. Les arrière-plans sont parfois assez vides, les perspectives plates ou un peu approximatives, ce qui nuit à l'immersion et empêche de ressentir pleinement l'ampleur ou l'atmosphère du Far West. Cela renforce une impression d'ensemble un peu artificielle. Au final, je reste partagé. Il y a de bonnes idées, une vraie ambition et des choix narratifs parfois audacieux, qui rendent la lecture intéressante et parfois surprenante. Mais entre le manque d'attachement aux personnages, leurs évolutions trop abruptes et un univers visuel qui peine à convaincre pleinement, je suis resté à distance du récit, sans jamais être vraiment embarqué.
Miss Shaolin
L'album démarre sur deux postulats qui m'ont paru un peu artificiels. D'un côté, l'héroïne annonce fièrement à tout le monde qu'elle pratique le kung-fu shaolin, mais se braque immédiatement dès qu'un élève pourtant sympathique cherche à en discuter avec elle. De l'autre, son grand-père est une sorte de pur Monsieur Miyagi version Karaté Kid, figure de maître sage et quasi caricaturale, même si ça reste attachant. Malgré ça, toute la première moitié de l'album fonctionne plutôt bien. On est sur quelque chose d'assez simple mais relativement réaliste, avec des thématiques intéressantes comme la retenue dans l'usage de la violence, la patience nécessaire à l'apprentissage, ou encore un petit regard sur les réseaux sociaux et le harcèlement. L'ensemble est sympathique, agréable à lire, et trouve un certain équilibre. En revanche, la seconde moitié m'a nettement moins convaincu. Dès qu'on bascule dans le tournoi d'arts martiaux, tout le réalisme disparaît. On se retrouve avec des combattants bigarrés sortis de nulle part, et surtout avec deux amis de l'héroïne qui deviennent soudainement de très bons combattants après une sorte de passage façon chanson Disney, ce qui casse complètement la crédibilité installée jusque-là. À cela s'ajoute une impression de déjà-vu assez forte, avec une trame qui copie largement celle de Karaté Kid sans vraiment réussir à s'en détacher. Cette deuxième partie plus fantaisiste et expédiée laisse une impression décevante et prend le dessus sur mon souvenir de lecture. Ça reste un album qui avait des qualités au départ, mais qui se dilue en route, au point de me laisser penser qu'il n'aura probablement pas de suite.
Jim Curious
Je ne mets « que » trois étoiles, car la lecture est forcément frustrante pour un adulte. Car très très rapide, et avec une narration linéaire qui manque sans doute d’aspérité. Mais on ne peut décemment pas aller en dessous, tant Matthias Picard nous propose quelque chose d’original, et surtout de réellement beau. Certes, ça s’adresse surtout à de jeunes, voire très jeunes lecteurs. Mais pour ce qui est du plaisir des yeux, l’adulte que je suis y a trouvé son compte. En effet, le dessin – une sorte de carte à gratter – en Noir et Blanc est magnifié par les effets de reliefs (ici les lunettes, fournies avec chaque album, sont nécessaires), ce qui donne des planches de toute beauté. Dans les fonds sous-marins dans le premier album, dans la jungle – et au-delà – dans le second. J’ai d’ailleurs trouvé le dessin encore plus captivant dans ce second album. Car à l’air libre, plus clair, avec aussi plus de variété dans les décors et la faune et la flore. Deux beaux voyages donc. Rapides, mais plaisants.
Les Jeux vidéo et nos enfants
J’ai joué à des jeux vidéo (j’en ai connu les débuts), mais je n’ai jamais été un « gamer », et j’ai juste suivi « par-dessus leur épaule », ce que faisaient mes enfants sur leurs petites consoles (ou quelques jeux en ligne). Mon peu d’appétence pour ce loisir ne m’a pas poussé à aller plus loin. Mais le sujet est de plus en plus d’actualité. J’avais lu il y a quelques temps Les Réseaux sociaux et nos ados du même auteur, que j’avais trouvé intéressant, bien fichu. J’ai retrouvé les mêmes qualités dans cet album. En effet, c’est à la fois didactique et fluide (l’auteur adopte un ton enjoué, dynamique et ludique pour ses démonstrations ou lorsqu’il veut faire passer une information). Il apporte des réponses aux questions qu’on peut se poser, mais alimente aussi la réflexion, nous amenant à nous poser des questions (adultes autant qu’enfants !). Même si personnellement je préfère passer du temps à lire (sur papier), à jouer à des jeux de société « en vrai » plutôt qu’à jouer virtuellement, cet album remplit agréablement son rôle et parents et CDI peuvent envisager d’investir dans son achat.
Che - Une vie révolutionnaire
Excellent, j’ai vraiment apprécié. Même si on connaît tous plus ou moins l’histoire de Guevara, j’ai quand même pu compléter ma culture générale concernant ce personnage, et ce de la plus agréable des façons. La narration est drôlement bien foutue, les explications sont fluides, les points importants bien mis en avant pour suivre l’évolution de son engagement. Ses constatations de médecin sur le régime argentin, le fil de ses rencontres, Oui, on voit ses combats, sa personnalité et son aspiration sans faille pour les révolutions par le peuple. Et oui, ce n’est pas Gandhi et ses révolutions sont violentes, mais comme sont violents les régimes qu’il a combattus. Portrait sans concession certes, il abandonne femme et enfant certes, mais les révolutions n’attendent pas et c’est cet engagement qui a dirigé sa vie et qui lui a coûté la vie. En refusant de se contenter de participer au nouveau pouvoir cubain. Comme le dit Yann les auteurs se sont essentiellement basés sur une documentation solide pour retranscrire ces années de combat, et ses rencontres avec tous ces personnages historiques, passionnant, je partage son enthousiasme. Quant au dessin, du grand art, il sert admirablement bien cette bio magnifique. Là, je suis d'accord pour les cinq étoiles.
La Tentation (Dynamite)
J'ai globalement bien accroché à cet album, notamment grâce au dessin d'Axel que j'apprécie beaucoup. Son style réaliste, aussi bien dans les corps que dans les visages, avec des personnages crédibles, pas forcément beaux ni idéalisés, fonctionne vraiment bien. Ce réalisme se retrouve aussi dans l'histoire, et c'est clairement ce qui fait tout le côté émoustillant de la BD : on est dans quelque chose de plausible, proche de la réalité, et du coup beaucoup plus impliquant que des fantasmes trop artificiels. D'ailleurs, ça a très bien marché sur moi pendant toute la première moitié de l'album. Le jeu de séduction, la redécouverte du désir dans un couple installé, le basculement progressif vers l'échangisme... tout ça est bien amené, crédible, et plutôt prenant. En revanche, la seconde partie m'a nettement moins embarqué. À partir du moment où on bascule d'un partage à une séparation, le ton change, et le récit s'oriente davantage vers une réflexion sur le couple, le divorce, et notamment sur ces hommes plus âgés qui se mettent avec des femmes plus jeunes. C'est un thème qui me rebute assez personnellement, et qui m'a fait prendre de la distance avec l'histoire. Les scènes de sexe restent tout aussi crues et présentes, mais elles n'ont plus du tout le même effet dans ce contexte. Là où il y avait une forme d'excitation au début, j'ai plutôt ressenti un détachement, voire un certain malaise. Je reconnais malgré tout que l'ensemble est raconté avec justesse, et que l'évolution des personnages reste cohérente et réaliste. Mais ce basculement dans les thématiques m'a clairement sorti de la lecture sur le plan émotionnel. Il reste toutefois un album solide et crédible, entre pornographie et réalisme social, mais dont la seconde moitié m'a beaucoup moins parlé.