Les derniers avis (114323 avis)

Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Là où tu vas - Voyage au pays de la mémoire qui flanche
Là où tu vas - Voyage au pays de la mémoire qui flanche

Davodeau fait un document sur le métier de sa femme qui accompagne les personnages atteints de la maladie d'Alzheimer ainsi que leurs proches. Ayant eu une tante qui a été atteinte de cette maladie, ce sujet me touche beaucoup et j'ai vu qu'effectivement c'est une maladie qui affecte tous les membres de la famille parce que c'est dur de voir quelqu'un qu'on aime perdre petit à petit la mémoire. L'auteur traite le sujet avec pudeur et je trouve qu'il s'est bien amélioré depuis ses premiers documentaires. Il faut dire que Françoise Roy est une personne fascinant qui ne se décourage pas et qui essai toujours d'aider les gens le plus possible. Elle a des réflexions sur comment traités les gens victimes de l'Alzheimer qui semblent évidents, mais que je n'aurais sans doute jamais pensé moi-même. Il y a des anecdotes intéressantes tout le long de l'album. En plus, on fait un détour dans ma province du Québec pour présenter une maison bien particulière que je ne connaissais pas du tout ! C'est un album remplit d'émotions qui ne ne tombe jamais dans le sentimentalisme facile. Davodeau ne fait que croquer la vie en général tout simplement.

02/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Blatta
Blatta

Je ne m’attendais pas à une œuvre aussi radicale. Blatta n’est pas une simple BD de science-fiction : c’est une dystopie sociale froide, clinique, presque expérimentale. Le point de départ est vertigineux : l’humanité a vaincu la mort grâce au clonage. Les corps sont remplaçables, la reproduction naturelle est interdite, et chaque individu vit isolé dans une cellule. Leur unique mission : travailler. Produire. Contribuer à un système qui se perpétue indéfiniment. Ce qui m’a frappé, c’est que l’immortalité, fantasme absolu de l’humanité, devient ici une malédiction. Sans fin, sans transmission naturelle, sans relations véritables, la vie perd son sens. Le travail n’est plus un moyen d’émancipation : il devient une mécanique d’aliénation totale. J’y ai clairement vu une métaphore du monde ultra-productiviste actuel, poussée à son extrême logique. La BD parle donc du monde du travail, oui, mais de manière symbolique. Elle questionne : • la perte d’identité dans un système, • l’isolement social, • la valeur de l’individu réduite à sa fonction productive, • et le prix de la survie quand elle écrase toute humanité. La morale que j’en retire est sombre mais puissante : si l’on sacrifie la liberté, les relations humaines et la finitude au nom de l’efficacité et de la performance, on finit par construire une prison plus que sauver l’humanité. Graphiquement, j’ai trouvé le dessin oppressant, presque organique. L’univers est froid, répétitif, étouffant, exactement à l’image du système qu’il dénonce. On ne lit pas Blatta pour se divertir : on le lit pour être dérangé. Ce n’est pas une œuvre confortable. Elle est exigeante, parfois glaciale, mais terriblement cohérente. Personnellement, j’aime quand une BD me laisse un malaise persistant après lecture et Blatta y parvient sans forcer. Une dystopie intelligente et dérangeante, qui utilise la science-fiction pour livrer une critique radicale de l’aliénation moderne.

02/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Salammbô
Salammbô

Salammbô est l’une des premières bandes dessinées que j’ai abandonnées en cours de route. Pourtant, d’habitude, même quand je m’ennuie, je me force à aller jusqu’au bout, en me disant que la suite pourrait me surprendre. Pour être clair : je n’ai pas découvert cette BD dans ma jeunesse, donc l’argument de la nostalgie ne fonctionne pas sur moi. Et je n'ai pas lu le roman de Gustave Flaubert à l'origine de cette adaptation. Comme certains aviseurs avant moi, j’ai trouvé la lecture particulièrement laborieuse. D’abord à cause d’un texte très dense et d’une police de caractères peu lisible, mais surtout en raison d’une narration lourde et maladroite. À certains moments, avec la voix off omniprésente qui raconte l’histoire, j’ai eu l’impression de lire un roman illustré plutôt qu’une véritable bande dessinée. Du point de vue du scénario, dès le début, j’ai eu du mal à saisir pourquoi Sloane tombe éperdument amoureux de Salammbô, et les événements s’enchaînent ensuite sans que je n'aie réussi à vraiment comprendre la logique de leur déroulement. Peut-être fallait-il que je me plonge dans l’œuvre originale de Flaubert pour en saisir toute la portée ? Côté dessin, je reconnais le caractère novateur du trait de Druillet pour l’époque (1980), qui tranche avec les productions habituelles. Cependant, la colorisation a vieilli et les décors, bien que très détaillés, sont parfois difficiles à déchiffrer. Certains portraits de soldats, sans lien apparent avec l’intrigue, donnent l’impression que l’auteur s’est surtout fait plaisir en dessinant, sans que cela ne serve vraiment la narration. En résumé : une BD qui, clairement, n’était pas faite pour moi. SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 1/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 5/10 NOTE GLOBALE : 6/20

02/03/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 2/5
Couverture de la série Suicide commando
Suicide commando

Après le catastrophique Duel du binôme Imbert/Gauckler, je persiste aujourd'hui avec Suicide commando, paru en 1983 aux humanoides associés. J'ai bon espoir puisque l'éditeur a choisi de publier cette fois-ci l'histoire dans la mythique collection Pied jaloux. Espoir vite mis à mal puisque Charles Imbert trouve pertinent de nous honorer d'une préface. Résultat : quarante lignes de charabia digne d'un mec avec un entonnoir sur la tête. Heureusement la voix off utilisée pour raconter ces péripéties sera ensuite à peu près compréhensible, on progresse. Le scénario est assez sommaire : dans un univers post apo, des milices représentant chacun un élément (air, eau, terre...) luttent pour s'approprier les ressources. Bon après dans les faits, on suit toujours un mec en jet pack avec des postures ridicules qui fait piou piou avec son pistolet laser. Le dessin pop art est superbe mais comme dans Blue ou Duel, il n'y a aucun effet de mouvement, ce qui confère un air très rétro et kitsch à l'ensemble. Pour les amateurs de curiosités ou les amoureux de l'aérographe.

02/03/2026 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Des Ronds de serviette pour l'Antarctique
Des Ronds de serviette pour l'Antarctique

Voici donc le premier album de Daphné, alias Padhen, jeune diplômée de l'Ecole Boulle, qui réalise son rêve, partir en Antarctique, tout en achevant son travail de fin d'études, les fameux ronds de serviette du titre. Oui, c'est incongru, mais cela prend tout son sens quand on lit l'album et qu'on lit le récit de Padhen. Et franchement, j'ai passé un bon moment de lecture, à la fois intéressant et divertissant. Padhen fait une belle entrée avec ce style numérique sans contours, ces doubles pages d'une grande puissance, les moments suspendus sur la banquise avec les manchots (et une surprise assez fun), les pastilles avec les différents intervenants scientifiques sur la base de Dumont d'Urville, sans oublier les deux traversées de l'océan austral sur le bateau l'Astrolabe. On a pas mal d'infos, notamment sur les effets du réchauffement climatique sur ce sixième continent et les épreuves quotidiennes dans un environnement extrême. C'est très intéressant, et on ne voit pas passer le temps de la lecture de ces quelques 250 pages... Il y a déjà beaucoup de bonnes choses dans ce premier album : du rythme, de la passion, des bons mots, des infos... Bref, je recommande.

02/03/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 2/5
Couverture de la série Et l'homme créa les dieux
Et l'homme créa les dieux

La pensée et les idées de Pascal Boyer ne sont pas simples. J'ai lu certains de ses textes et, malgré quelques désaccords et son éclectisme excessif, je sympathise même avec l'auteur. J'ai acheté et lu la BD il y a déjà quelque temps. Béhé a voulu faire un travail très complet (peut-être trop ?). Le dessin est agréable et compétent, mais le texte aurait dû être résumé, rendu plus accessible pour le lecteur non spécialisé. Oui, la religion a beaucoup de motivations et de raisons d'exister, mais ici nous nous perdons un peu... et, surtout, est-ce qu’on peut appliquer le même concept à tant de choses et croyances si différentes ? À force de vouloir être exhaustif , le livre devient une lecture lourde, indigeste et presque insupportable ! Parfois, moins c'est plus, oui. Et il y a de bons exemples de cela en adaptations d'autres œuvres théoriques en bande dessinée.

02/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Sisco
Sisco

J’ai lu les deux premiers diptyques, « pour voir », mais je ne fais pas une priorité d’en emprunter d’autres. C’est une série dans la moyenne du genre, relativement efficace et dynamique, donc les amateurs y trouveront leur compte. A condition de ne pas attendre trop d’originalité, et d’avaler les couleuvres et clichés habituels. En effet, un jeune héros, beau gosse, infaillible, avec des femmes toutes plus bombasses les unes que les autres, on reste dans du déjà-vu. La surprise vient du fait que notre héros, tueur implacable, travaille pour une officine directement liée au président. On doit donc accepter qu’un service de ce type zigouille à tour de bras politiciens, journaliste, témoins de hasard mais gênants, sans état d’âme. On doit aussi accepter que notre héros, Sisco, s’en sorte à chaque fois, contrôlant tout et tous. Scandales politiques à couvrir, fille cachée du président (là on surfe sur du connu), tout est prétexte à mettre Sisco en première ligne. Beau gosse, au sex-appeal affirmé, super tireur, doué en close-combat, avec un passage à chaque aventure pour récupérer du matos dernier cri auprès d’un « Q » nonchalant, on a là une sorte de James Bond franchouillard. C’est donc une lecture pop-corn, sans prétention. Dessin et colorisation sont aussi dynamiques, très lisibles, et passe-partout. Une série commerciale calibrée pour les amateurs de polar/thriller de cette collection du Lombard.

02/03/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Le Cœur des zobs
Le Cœur des zobs

L'auteur déroule son expérience personnelle et un solide travail documentaire sur l'histoire, les enjeux politiques, économiques et culturels de la contraception masculine, en se focalisant finalement plus particulièrement sur la remontée testiculaire à l'aide de slips ou d'anneaux contraceptifs. Sur le fond, c'est instructif et plutôt bien fait. J'ai appris des choses, notamment sur les pistes laissées de côté, les recherches abandonnées, et les alternatives existantes. Le livre a le mérite de rappeler que la charge contraceptive repose massivement sur les femmes et qu'il n'y a aucune raison que cela soit immuable. L'humour et l'autodérision de l'auteur rendent la lecture agréable, même si le propos reste très didactique. Cela dit, je suis aussi bien content de ne plus être concerné par cette question (simple affaire d'âge dans mon couple), et surtout que ma femme ait, en son temps, décidé d'elle-même de la solution du stérilet. Honnêtement, je suis heureux de ne pas avoir eu à en passer par cette fameuse solution des slips contraceptifs, aussi convaincu que soit l'auteur, et je croise les doigts pour que des pistes d'avenir puissent remédier à ce sujet, comme le RISUG ou l'immunocontraception évoqués en fin d'ouvrage. Sur la forme, la BD fonctionne (dessin efficace, ton accessible, humour présent), mais je la trouve peut-être un peu trop bavarde. Le côté pédagogique et militant est assumé, et cela peut donner l'impression d'un documentaire engagé plus que d'un véritable récit. Dans ce cas précis, je ne suis pas certain que la forme ou la narration suffisent à convaincre quelqu'un qui ne serait pas déjà favorable au sujet, et qui pourrait y voir un plaidoyer un peu insistant, voire pénible pour sa propre vie. Reste que l'album a le mérite d'ouvrir le débat et de se montrer clair et didactique sur les solutions possibles. Mais vivement que des solutions simples, fiables et peu contraignantes voient enfin le jour.

02/03/2026 (modifier)
Par Ubrald
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Je reviens dans six mois
Je reviens dans six mois

Merci à l’auteur pour m’avoir fait découvrir un jeune explorateur français d’après-guerre dont je n’avais jamais entendu parler, Raymond Maufrais. Son désir était de découvrir les fameux monts « Tumuc-Humac » supposés situés à l’époque entre la Guyane, le Suriname et le Brésil. Cette chaîne de montagnes s’avèrera en fait être imaginaire et n’est constituée que de quelques collines ne dépassant pas 600 mètres d’altitude. J’ai vraiment apprécié cette bd, son histoire, ses tons pastel sépia, violets, verts, ocres, etc., la luxuriance de la jungle excellemment bien rendue, l’ambiance guyanaise de l’époque, le traitement bichromatique : un pour traiter l’aventure guyanaise et un autre pour traiter les réminiscences du passé résistant de Raymond Maufrais sous l’occupation allemande. La façon dont notre jeune aventurier est interprété le rend très attachant par son côté naïf, sa candeur, ses idéaux, son désir d’aventure, son courage et son extrême détermination. Le passage que j’ai préféré est le moment dans la jungle où il rencontre puis fait route avec trois jeunes piroguiers. Il était de surcroît très bon écrivain et ce sont ses carnets de voyage retrouvés dans la jungle qui ont manifestement grandement inspiré d’autres aventuriers après lui.

02/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Human Target
Human Target

Mouais. J’ai lu le premier tome, et clairement ça n’est pas ma came. Et même, indépendamment des goûts de chacun, je trouve que cette série n’est pas bonne. Seul le dessin passe. Pas très original, mais dans le genre comics moderne, il est plutôt bon, et lisible. Une clarté qui manque franchement à l’histoire. En effet, à force de se mettre dans la peau d’un autre (avec en plus un « adjoint » qui fait la même chose), notre héros – qui se « métamorphose » en son client pour devenir à sa place une « cible » (et neutraliser le danger), on perd rapidement le fil de l’intrigue, ne sachant as forcément qui est qui. Ça m’a rapidement soulé. D’autant plus que tout manque de crédibilité : la façon dont notre « cible » échappe aux balles (voir la fusillade dans l’église par exemple), mais surtout le fait même de pouvoir se faire passer – y compris auprès de proche – pour n’importe qui (masque, corpulence, voix, etc.), je n’y ai pas cru un instant. Idem pour la tueuse qui se comporte et se rêve comme une mère de famille irréprochable (dans le genre, je préfère nettement Lady Killer !). Enfin, l’histoire en elle-même n’est franchement pas emballante.

02/03/2026 (modifier)