Je ne mets « que » trois étoiles, car la lecture est forcément frustrante pour un adulte. Car très très rapide, et avec une narration linéaire qui manque sans doute d’aspérité.
Mais on ne peut décemment pas aller en dessous, tant Matthias Picard nous propose quelque chose d’original, et surtout de réellement beau.
Certes, ça s’adresse surtout à de jeunes, voire très jeunes lecteurs. Mais pour ce qui est du plaisir des yeux, l’adulte que je suis y a trouvé son compte.
En effet, le dessin – une sorte de carte à gratter – en Noir et Blanc est magnifié par les effets de reliefs (ici les lunettes, fournies avec chaque album, sont nécessaires), ce qui donne des planches de toute beauté. Dans les fonds sous-marins dans le premier album, dans la jungle – et au-delà – dans le second. J’ai d’ailleurs trouvé le dessin encore plus captivant dans ce second album. Car à l’air libre, plus clair, avec aussi plus de variété dans les décors et la faune et la flore.
Deux beaux voyages donc. Rapides, mais plaisants.
J’ai joué à des jeux vidéo (j’en ai connu les débuts), mais je n’ai jamais été un « gamer », et j’ai juste suivi « par-dessus leur épaule », ce que faisaient mes enfants sur leurs petites consoles (ou quelques jeux en ligne). Mon peu d’appétence pour ce loisir ne m’a pas poussé à aller plus loin. Mais le sujet est de plus en plus d’actualité.
J’avais lu il y a quelques temps Les Réseaux sociaux et nos ados du même auteur, que j’avais trouvé intéressant, bien fichu. J’ai retrouvé les mêmes qualités dans cet album.
En effet, c’est à la fois didactique et fluide (l’auteur adopte un ton enjoué, dynamique et ludique pour ses démonstrations ou lorsqu’il veut faire passer une information).
Il apporte des réponses aux questions qu’on peut se poser, mais alimente aussi la réflexion, nous amenant à nous poser des questions (adultes autant qu’enfants !). Même si personnellement je préfère passer du temps à lire (sur papier), à jouer à des jeux de société « en vrai » plutôt qu’à jouer virtuellement, cet album remplit agréablement son rôle et parents et CDI peuvent envisager d’investir dans son achat.
Excellent, j’ai vraiment apprécié.
Même si on connaît tous plus ou moins l’histoire de Guevara, j’ai quand même pu compléter ma culture générale concernant ce personnage, et ce de la plus agréable des façons.
La narration est drôlement bien foutue, les explications sont fluides, les points importants bien mis en avant pour suivre l’évolution de son engagement. Ses constatations de médecin sur le régime argentin, le fil de ses rencontres,
Oui, on voit ses combats, sa personnalité et son aspiration sans faille pour les révolutions par le peuple. Et oui, ce n’est pas Gandhi et ses révolutions sont violentes, mais comme sont violents les régimes qu’il a combattus. Portrait sans concession certes, il abandonne femme et enfant certes, mais les révolutions n’attendent pas et c’est cet engagement qui a dirigé sa vie et qui lui a coûté la vie. En refusant de se contenter de participer au nouveau pouvoir cubain.
Comme le dit Yann les auteurs se sont essentiellement basés sur une documentation solide pour retranscrire ces années de combat, et ses rencontres avec tous ces personnages historiques, passionnant, je partage son enthousiasme.
Quant au dessin, du grand art, il sert admirablement bien cette bio magnifique.
Là, je suis d'accord pour les cinq étoiles.
J'ai globalement bien accroché à cet album, notamment grâce au dessin d'Axel que j'apprécie beaucoup. Son style réaliste, aussi bien dans les corps que dans les visages, avec des personnages crédibles, pas forcément beaux ni idéalisés, fonctionne vraiment bien. Ce réalisme se retrouve aussi dans l'histoire, et c'est clairement ce qui fait tout le côté émoustillant de la BD : on est dans quelque chose de plausible, proche de la réalité, et du coup beaucoup plus impliquant que des fantasmes trop artificiels.
D'ailleurs, ça a très bien marché sur moi pendant toute la première moitié de l'album. Le jeu de séduction, la redécouverte du désir dans un couple installé, le basculement progressif vers l'échangisme... tout ça est bien amené, crédible, et plutôt prenant.
En revanche, la seconde partie m'a nettement moins embarqué. À partir du moment où on bascule d'un partage à une séparation, le ton change, et le récit s'oriente davantage vers une réflexion sur le couple, le divorce, et notamment sur ces hommes plus âgés qui se mettent avec des femmes plus jeunes. C'est un thème qui me rebute assez personnellement, et qui m'a fait prendre de la distance avec l'histoire.
Les scènes de sexe restent tout aussi crues et présentes, mais elles n'ont plus du tout le même effet dans ce contexte. Là où il y avait une forme d'excitation au début, j'ai plutôt ressenti un détachement, voire un certain malaise.
Je reconnais malgré tout que l'ensemble est raconté avec justesse, et que l'évolution des personnages reste cohérente et réaliste. Mais ce basculement dans les thématiques m'a clairement sorti de la lecture sur le plan émotionnel.
Il reste toutefois un album solide et crédible, entre pornographie et réalisme social, mais dont la seconde moitié m'a beaucoup moins parlé.
Dix histoires de sexe présentées comme étant tirées d'anecdotes réelles.
J'ai plutôt apprécié l'album dans son ensemble, à commencer par le dessin que je trouve simple et efficace, avec un vrai sens de la lisibilité et une certaine justesse dans les corps et les expressions. Il sert bien le propos sans chercher à en faire trop.
J'aime aussi le principe de base : les histoires théoriquement inspirées de faits réels, ça change pas mal de choses. C'est à la fois assez instructif sur la sexualité des autres, sur la diversité des pratiques et des situations, et en même temps, ce côté crédible rend forcément le tout plus émoustillant que des fantasmes totalement irréalistes. Cela dit, pour être honnête, je n'ai pas été particulièrement excité à la lecture, peut-être parce que je n'étais pas dans le bon état d'esprit à ce moment-là.
Il y a aussi certaines histoires qui m'ont plutôt refroidi. Celles autour de l'adultère, par exemple, ne fonctionnent pas du tout sur moi car c'est l'inverse d'un fantasme en ce qui me concerne. Celle avec les deux mecs sur le canapé m'a laissé totalement extérieur, étant beaucoup trop hétéro pour y trouver un quelconque intérêt. Et celle dans le métro m'a surtout fait tiquer par son côté assez dérangeant en termes de double standard : difficile de ne pas penser que si les rôles étaient inversés, on parlerait de comportements de frotteurs punis par la loi, alors que là, parce que c'est une femme, elle obtient forcément les consentements adéquats.
Quoiqu'il en soit, les histoires sont globalement variées, parfois amusantes, parfois un peu dérangeantes, et l'ensemble se lit bien. Mais je suis resté à distance, avec un intérêt plus intellectuel que réellement impliqué ou excité. Une lecture intéressante, sans être totalement convaincante pour moi.
Recueil de gags sur le sujet du sexe, et plus largement de la séduction. L'album propose surtout des gags en une seule image (pleine page), mais aussi quelques bandes dessinées un peu plus développées sur une page, et plus rarement sur deux ou trois cases. Le format est donc varié, même si l'ensemble reste globalement construit sur des idées rapides, souvent muettes.
J'aime bien le dessin de Pichon, notamment sa façon de représenter les femmes, que je trouve charmantes, à la fois sensuelles, naturelles et plutôt élégantes dans leur simplicité. Ses personnages masculins ont aussi des trognes assez amusantes, ce qui colle bien à l'esprit des gags.
Côté humour, ça tourne assez souvent autour des prostituées ou des poupées gonflables, ce qui peut donner une impression de répétition. Malgré ça, les idées arrivent à rester relativement variées, et il y a une vraie volonté de renouveler les situations.
Tout n'est pas toujours drôle : certains gags tombent à plat, et j'avoue que j'ai même eu du mal à comprendre où était la blague dans quelques cas. Mais à l'inverse, d'autres fonctionnent bien, et j'ai ri plusieurs fois de bon cœur.
C'est un ensemble inégal mais plutôt sympathique, qui se feuillette facilement et offre quelques bons moments malgré ses limites.
Cet album est un peu un ovni dans l'œuvre de François Craenhals. Il s'agit d'un seul et unique album, on dirait aujourd'hui un One shot à une époque où développer une série était le principe. Le récit limite à 30 pages est très condensé et a été logiquement publié dans la collection " jeune Europe" destinée aux histoires publiées dans le journal Tintin. Certaines ont connu une postérité avec des séries assez longues, et d'autres ont connu une postérité plus brève. Cette collection est un peu le pendants de la collection " pêche de jeunesse" pour les éditons Dupuis. L'histoire en elle même est assez étonnante puisque elle met en scène une sorte d'Agent secret dont on ne connaît rien dénommé Delta. Il apparaît caché sur le haut d'une armoire dans la résidence d'un diplomate français en Bosnie et disparaît tout aussi mystérieusement à la fin du récit. Tout tourne autour d'un brevet cédé aux autorités locales qu'une équipe de malfrats tente de subtiliser. Tout les ingrédients du roman d'aventure sont présents, et l'histoire fait bien entendu penser à une aventure de James Bond. Parue en 1962, j'imagine que ce récit a permis à Craenhals de se lancer dans le monde de la BD. Une belle manière de se replonger dans la bd francophone des années 60, que cette histoire sans génie mais assez solide tant au plan du scénario qu'au niveau du dessin. Une seconde version en noir et blanc sera publié au début des années 80 aux éditions Bedescope et cents celle ci que j'ai eu entre les mains.
Je suis désolé, je vais en remettre une couche, mais bon sang, que c’est rébarbatif.
J’avais lu les avis avant, je savais donc à quoi m’attendre, surtout que je n’avais pas particulièrement aimé Fun Home - Une tragicomédie familiale de la même autrice. Alison Bechdel est clairement une femme intelligente, elle maitrise l’écriture, la réflexion… mais je ne comprends tout simplement pas qui pourrait trouver un quelconque intérêt à ce monologue familial, nombriliste au possible, et à la narration super lourde.
Je suis pourtant amateur du genre « memoir » comme on dit en anglais, dans mes lectures récentes j’avais beaucoup aimé Come Home Indio.
Comme Noirdésir, je me suis forcé à lire une cinquantaine de pages, dans la douleur, et je n’en retiens absolument rien. Peut-être la pire BD que j’ai lue.
Le ton de cet album est assez original, dans le sens où on suit ici un vrai gros loser, minable, obsédé et souvent pathétique, qui se retrouve malgré tout embarqué dans de nombreuses scènes de cul. Mais là encore, l'érotisme passe largement au second plan, au profit d'un humour grinçant, parfois absurde, qui désamorce constamment toute tentative de sensualité. Et même lorsqu'il arrive à ses fins, le récit revient presque systématiquement à quelque chose de trivial ou de déceptif, comme pour rappeler la médiocrité du personnage.
L'ensemble repose sur une succession d'histoires courtes assez inégales, avec un humour qui oscille entre le trash et le dérisoire. Certaines situations fonctionnent, d'autres beaucoup moins, et pour ma part j'ai assez peu ri au final.
Le dessin m'a par moments surpris, avec un style qui m'a plusieurs fois fait penser à Wasterlain (Docteur Poche), ce qui crée un décalage assez étrange avec le contenu. Il reste globalement adapté à l'ambiance, sans être particulièrement marquant.
Même si je reconnais une certaine originalité dans la proposition, je ne me suis pas attaché au personnage. Son état d'esprit ne me parle pas, et l'humour ne m'a pas suffisamment embarqué pour compenser. Une curiosité, mais pas une lecture qui m'a convaincu.
Agathe et son ami Tit' boite vivent le quotidien de jeunes enfants pleins d'envie et prêts à se lancer dans l'aventure du jardinage ou encore du camping.
Rien ne viendra vraiment expliquer pourquoi cette petite fille a pour amie une boîte en carton qui parle, et il faut simplement accepter ce point de départ un peu absurde comme allant de soi. Cela dit, ce genre de détail passera sans problème auprès du jeune public auquel s'adresse clairement la série.
Car on est face à des histoires très simples, destinées aux lecteurs de 6 à 10 ans, aussi bien par leur dessin que par les personnages ou le ton. Le trait est lisible, expressif, les situations sont claires, et l'ensemble se suit sans difficulté, avec un humour léger qui fonctionne plutôt bien.
L'intérêt principal de la série tient surtout à sa dimension éducative, intégrée de manière assez discrète. Derrière l'histoire du premier tome, on trouve en effet une initiation au jardinage, qui passe par les étapes classiques (planter, arroser, attendre), avec même un peu d'essais-erreurs, de recherche et d'apprentissage. Le tout est accessible et jamais pesant, ce qui est plutôt réussi. Le récit ne cherche jamais la complexité ni les rebondissements, mais accompagne tranquillement son lecteur, en mettant en avant avec le sourire la patience et le temps long nécessaires pour faire pousser quelque chose. C'est simple, mais cohérent avec l'objectif.
Et finalement, après lecture, je dois reconnaître que ça fonctionne assez bien : ça donne envie de tenter l'expérience soi-même, de planter quelques fraises pour voir ce que ça donne. Ou, à défaut, de suivre les personnages dans la suite annoncée, qui devrait cette fois les emmener faire du camping.
Une série modeste, un peu étrange dans le postulat de ses personnages, mais efficace et plutôt sympathique dans ce qu'il propose, à savoir un mélange d'humour, d'aventures du quotidien et de pédagogie.
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Jim Curious
Je ne mets « que » trois étoiles, car la lecture est forcément frustrante pour un adulte. Car très très rapide, et avec une narration linéaire qui manque sans doute d’aspérité. Mais on ne peut décemment pas aller en dessous, tant Matthias Picard nous propose quelque chose d’original, et surtout de réellement beau. Certes, ça s’adresse surtout à de jeunes, voire très jeunes lecteurs. Mais pour ce qui est du plaisir des yeux, l’adulte que je suis y a trouvé son compte. En effet, le dessin – une sorte de carte à gratter – en Noir et Blanc est magnifié par les effets de reliefs (ici les lunettes, fournies avec chaque album, sont nécessaires), ce qui donne des planches de toute beauté. Dans les fonds sous-marins dans le premier album, dans la jungle – et au-delà – dans le second. J’ai d’ailleurs trouvé le dessin encore plus captivant dans ce second album. Car à l’air libre, plus clair, avec aussi plus de variété dans les décors et la faune et la flore. Deux beaux voyages donc. Rapides, mais plaisants.
Les Jeux vidéo et nos enfants
J’ai joué à des jeux vidéo (j’en ai connu les débuts), mais je n’ai jamais été un « gamer », et j’ai juste suivi « par-dessus leur épaule », ce que faisaient mes enfants sur leurs petites consoles (ou quelques jeux en ligne). Mon peu d’appétence pour ce loisir ne m’a pas poussé à aller plus loin. Mais le sujet est de plus en plus d’actualité. J’avais lu il y a quelques temps Les Réseaux sociaux et nos ados du même auteur, que j’avais trouvé intéressant, bien fichu. J’ai retrouvé les mêmes qualités dans cet album. En effet, c’est à la fois didactique et fluide (l’auteur adopte un ton enjoué, dynamique et ludique pour ses démonstrations ou lorsqu’il veut faire passer une information). Il apporte des réponses aux questions qu’on peut se poser, mais alimente aussi la réflexion, nous amenant à nous poser des questions (adultes autant qu’enfants !). Même si personnellement je préfère passer du temps à lire (sur papier), à jouer à des jeux de société « en vrai » plutôt qu’à jouer virtuellement, cet album remplit agréablement son rôle et parents et CDI peuvent envisager d’investir dans son achat.
Che - Une vie révolutionnaire
Excellent, j’ai vraiment apprécié. Même si on connaît tous plus ou moins l’histoire de Guevara, j’ai quand même pu compléter ma culture générale concernant ce personnage, et ce de la plus agréable des façons. La narration est drôlement bien foutue, les explications sont fluides, les points importants bien mis en avant pour suivre l’évolution de son engagement. Ses constatations de médecin sur le régime argentin, le fil de ses rencontres, Oui, on voit ses combats, sa personnalité et son aspiration sans faille pour les révolutions par le peuple. Et oui, ce n’est pas Gandhi et ses révolutions sont violentes, mais comme sont violents les régimes qu’il a combattus. Portrait sans concession certes, il abandonne femme et enfant certes, mais les révolutions n’attendent pas et c’est cet engagement qui a dirigé sa vie et qui lui a coûté la vie. En refusant de se contenter de participer au nouveau pouvoir cubain. Comme le dit Yann les auteurs se sont essentiellement basés sur une documentation solide pour retranscrire ces années de combat, et ses rencontres avec tous ces personnages historiques, passionnant, je partage son enthousiasme. Quant au dessin, du grand art, il sert admirablement bien cette bio magnifique. Là, je suis d'accord pour les cinq étoiles.
La Tentation (Dynamite)
J'ai globalement bien accroché à cet album, notamment grâce au dessin d'Axel que j'apprécie beaucoup. Son style réaliste, aussi bien dans les corps que dans les visages, avec des personnages crédibles, pas forcément beaux ni idéalisés, fonctionne vraiment bien. Ce réalisme se retrouve aussi dans l'histoire, et c'est clairement ce qui fait tout le côté émoustillant de la BD : on est dans quelque chose de plausible, proche de la réalité, et du coup beaucoup plus impliquant que des fantasmes trop artificiels. D'ailleurs, ça a très bien marché sur moi pendant toute la première moitié de l'album. Le jeu de séduction, la redécouverte du désir dans un couple installé, le basculement progressif vers l'échangisme... tout ça est bien amené, crédible, et plutôt prenant. En revanche, la seconde partie m'a nettement moins embarqué. À partir du moment où on bascule d'un partage à une séparation, le ton change, et le récit s'oriente davantage vers une réflexion sur le couple, le divorce, et notamment sur ces hommes plus âgés qui se mettent avec des femmes plus jeunes. C'est un thème qui me rebute assez personnellement, et qui m'a fait prendre de la distance avec l'histoire. Les scènes de sexe restent tout aussi crues et présentes, mais elles n'ont plus du tout le même effet dans ce contexte. Là où il y avait une forme d'excitation au début, j'ai plutôt ressenti un détachement, voire un certain malaise. Je reconnais malgré tout que l'ensemble est raconté avec justesse, et que l'évolution des personnages reste cohérente et réaliste. Mais ce basculement dans les thématiques m'a clairement sorti de la lecture sur le plan émotionnel. Il reste toutefois un album solide et crédible, entre pornographie et réalisme social, mais dont la seconde moitié m'a beaucoup moins parlé.
Histoires inavouables
Dix histoires de sexe présentées comme étant tirées d'anecdotes réelles. J'ai plutôt apprécié l'album dans son ensemble, à commencer par le dessin que je trouve simple et efficace, avec un vrai sens de la lisibilité et une certaine justesse dans les corps et les expressions. Il sert bien le propos sans chercher à en faire trop. J'aime aussi le principe de base : les histoires théoriquement inspirées de faits réels, ça change pas mal de choses. C'est à la fois assez instructif sur la sexualité des autres, sur la diversité des pratiques et des situations, et en même temps, ce côté crédible rend forcément le tout plus émoustillant que des fantasmes totalement irréalistes. Cela dit, pour être honnête, je n'ai pas été particulièrement excité à la lecture, peut-être parce que je n'étais pas dans le bon état d'esprit à ce moment-là. Il y a aussi certaines histoires qui m'ont plutôt refroidi. Celles autour de l'adultère, par exemple, ne fonctionnent pas du tout sur moi car c'est l'inverse d'un fantasme en ce qui me concerne. Celle avec les deux mecs sur le canapé m'a laissé totalement extérieur, étant beaucoup trop hétéro pour y trouver un quelconque intérêt. Et celle dans le métro m'a surtout fait tiquer par son côté assez dérangeant en termes de double standard : difficile de ne pas penser que si les rôles étaient inversés, on parlerait de comportements de frotteurs punis par la loi, alors que là, parce que c'est une femme, elle obtient forcément les consentements adéquats. Quoiqu'il en soit, les histoires sont globalement variées, parfois amusantes, parfois un peu dérangeantes, et l'ensemble se lit bien. Mais je suis resté à distance, avec un intérêt plus intellectuel que réellement impliqué ou excité. Une lecture intéressante, sans être totalement convaincante pour moi.
Pour 2 sous de violettes
Recueil de gags sur le sujet du sexe, et plus largement de la séduction. L'album propose surtout des gags en une seule image (pleine page), mais aussi quelques bandes dessinées un peu plus développées sur une page, et plus rarement sur deux ou trois cases. Le format est donc varié, même si l'ensemble reste globalement construit sur des idées rapides, souvent muettes. J'aime bien le dessin de Pichon, notamment sa façon de représenter les femmes, que je trouve charmantes, à la fois sensuelles, naturelles et plutôt élégantes dans leur simplicité. Ses personnages masculins ont aussi des trognes assez amusantes, ce qui colle bien à l'esprit des gags. Côté humour, ça tourne assez souvent autour des prostituées ou des poupées gonflables, ce qui peut donner une impression de répétition. Malgré ça, les idées arrivent à rester relativement variées, et il y a une vraie volonté de renouveler les situations. Tout n'est pas toujours drôle : certains gags tombent à plat, et j'avoue que j'ai même eu du mal à comprendre où était la blague dans quelques cas. Mais à l'inverse, d'autres fonctionnent bien, et j'ai ri plusieurs fois de bon cœur. C'est un ensemble inégal mais plutôt sympathique, qui se feuillette facilement et offre quelques bons moments malgré ses limites.
Aventure à Sarajevo
Cet album est un peu un ovni dans l'œuvre de François Craenhals. Il s'agit d'un seul et unique album, on dirait aujourd'hui un One shot à une époque où développer une série était le principe. Le récit limite à 30 pages est très condensé et a été logiquement publié dans la collection " jeune Europe" destinée aux histoires publiées dans le journal Tintin. Certaines ont connu une postérité avec des séries assez longues, et d'autres ont connu une postérité plus brève. Cette collection est un peu le pendants de la collection " pêche de jeunesse" pour les éditons Dupuis. L'histoire en elle même est assez étonnante puisque elle met en scène une sorte d'Agent secret dont on ne connaît rien dénommé Delta. Il apparaît caché sur le haut d'une armoire dans la résidence d'un diplomate français en Bosnie et disparaît tout aussi mystérieusement à la fin du récit. Tout tourne autour d'un brevet cédé aux autorités locales qu'une équipe de malfrats tente de subtiliser. Tout les ingrédients du roman d'aventure sont présents, et l'histoire fait bien entendu penser à une aventure de James Bond. Parue en 1962, j'imagine que ce récit a permis à Craenhals de se lancer dans le monde de la BD. Une belle manière de se replonger dans la bd francophone des années 60, que cette histoire sans génie mais assez solide tant au plan du scénario qu'au niveau du dessin. Une seconde version en noir et blanc sera publié au début des années 80 aux éditions Bedescope et cents celle ci que j'ai eu entre les mains.
C'est toi ma maman ?
Je suis désolé, je vais en remettre une couche, mais bon sang, que c’est rébarbatif. J’avais lu les avis avant, je savais donc à quoi m’attendre, surtout que je n’avais pas particulièrement aimé Fun Home - Une tragicomédie familiale de la même autrice. Alison Bechdel est clairement une femme intelligente, elle maitrise l’écriture, la réflexion… mais je ne comprends tout simplement pas qui pourrait trouver un quelconque intérêt à ce monologue familial, nombriliste au possible, et à la narration super lourde. Je suis pourtant amateur du genre « memoir » comme on dit en anglais, dans mes lectures récentes j’avais beaucoup aimé Come Home Indio. Comme Noirdésir, je me suis forcé à lire une cinquantaine de pages, dans la douleur, et je n’en retiens absolument rien. Peut-être la pire BD que j’ai lue.
Jean-Pierre Leureux
Le ton de cet album est assez original, dans le sens où on suit ici un vrai gros loser, minable, obsédé et souvent pathétique, qui se retrouve malgré tout embarqué dans de nombreuses scènes de cul. Mais là encore, l'érotisme passe largement au second plan, au profit d'un humour grinçant, parfois absurde, qui désamorce constamment toute tentative de sensualité. Et même lorsqu'il arrive à ses fins, le récit revient presque systématiquement à quelque chose de trivial ou de déceptif, comme pour rappeler la médiocrité du personnage. L'ensemble repose sur une succession d'histoires courtes assez inégales, avec un humour qui oscille entre le trash et le dérisoire. Certaines situations fonctionnent, d'autres beaucoup moins, et pour ma part j'ai assez peu ri au final. Le dessin m'a par moments surpris, avec un style qui m'a plusieurs fois fait penser à Wasterlain (Docteur Poche), ce qui crée un décalage assez étrange avec le contenu. Il reste globalement adapté à l'ambiance, sans être particulièrement marquant. Même si je reconnais une certaine originalité dans la proposition, je ne me suis pas attaché au personnage. Son état d'esprit ne me parle pas, et l'humour ne m'a pas suffisamment embarqué pour compenser. Une curiosité, mais pas une lecture qui m'a convaincu.
Agathe et Tit' Boîte
Agathe et son ami Tit' boite vivent le quotidien de jeunes enfants pleins d'envie et prêts à se lancer dans l'aventure du jardinage ou encore du camping. Rien ne viendra vraiment expliquer pourquoi cette petite fille a pour amie une boîte en carton qui parle, et il faut simplement accepter ce point de départ un peu absurde comme allant de soi. Cela dit, ce genre de détail passera sans problème auprès du jeune public auquel s'adresse clairement la série. Car on est face à des histoires très simples, destinées aux lecteurs de 6 à 10 ans, aussi bien par leur dessin que par les personnages ou le ton. Le trait est lisible, expressif, les situations sont claires, et l'ensemble se suit sans difficulté, avec un humour léger qui fonctionne plutôt bien. L'intérêt principal de la série tient surtout à sa dimension éducative, intégrée de manière assez discrète. Derrière l'histoire du premier tome, on trouve en effet une initiation au jardinage, qui passe par les étapes classiques (planter, arroser, attendre), avec même un peu d'essais-erreurs, de recherche et d'apprentissage. Le tout est accessible et jamais pesant, ce qui est plutôt réussi. Le récit ne cherche jamais la complexité ni les rebondissements, mais accompagne tranquillement son lecteur, en mettant en avant avec le sourire la patience et le temps long nécessaires pour faire pousser quelque chose. C'est simple, mais cohérent avec l'objectif. Et finalement, après lecture, je dois reconnaître que ça fonctionne assez bien : ça donne envie de tenter l'expérience soi-même, de planter quelques fraises pour voir ce que ça donne. Ou, à défaut, de suivre les personnages dans la suite annoncée, qui devrait cette fois les emmener faire du camping. Une série modeste, un peu étrange dans le postulat de ses personnages, mais efficace et plutôt sympathique dans ce qu'il propose, à savoir un mélange d'humour, d'aventures du quotidien et de pédagogie.