Ambiance western, mais pas trop.
C'est ce qu'on pourrait dire de cet album, le premier d'un jeune auteur bordelais, Jolan Thomas. Nous avons donc trois laissés-pour-compte, qui refusent de céder aux sirènes de la modernité galopante en devenant des mineurs ou des ouvriers, nostalgiques de l'ancien temps, lorsque les bisons dévalaient sur les plaines. Ce temps est bel et bien révolu, les bisons ne sont plus qu'un souvenir dans leur tête, et pour survivre, ils choisissent d'attaquer un train. Mais bien sûr ils vont se faire prendre. Pour écrire son histoire, Jolan Thomas s'est beaucoup documenté sur cette période tourmentée, et si on est dans la fiction, ce Procès des affamés a des accents d'authenticité.
C'et un premier album, qui n'est bien sûr pas exempts de défauts. j'ai par exemple décelé des petits défauts de rythme, des passages elliptiques qui auraient mérité d'être un peu développés, etc. Thomas a quand même essayé de bien présenter ses personnages, au travers notamment de flashes-backs, et c'est un bon point. Il y a des scènes bien construites, comme celle où de des apprentis malfrats se disputent, ou la scène d'effroi des Tuniques bleues découvrant l'horreur dans le train. La toute dernière case possède une forte charge émotionnelle et symbolique, par ailleurs.
Graphiquement Jolan Thomas se situe, et c'est assumé, dans la lignée de Julie Rocheleau, une belle référence. Il possède déjà de bons repères en termes de découpage et de dynamisme, cela promet pour ses futurs projets.
Sans être la BD du siècle, c'est un bon divertissement, qui propose en outre une réfexeion sur la modernité et ses conséquences sur le Far West.
Nous sommes dans une société post-apocalyptique, où humains, robots et démons se côtoient, se combattent parfois. Où des androïdes arborent des masques humains pour rassurer ceux qu'il reste. Où certains peuvent éprouver des sentiments, à long terme.
C'est un monde un peu étrange qu'a construit Takuji Kato. Sur le classique duo/homme/machine se superpose, à la fi de ce long premier volume d'exposition, la figure du démon, pas encore bien défini, mais assez intrigant. Il présente un rapport inversé entre humains et androïdes, les premiers pouvant servi de gardes du corps aux seconds, une "mère" droïde, une gamine dont tombe amoureuse une tourelle commandée par une IA... Je l'ai dit, ce premier volume, qui compte plus de 300 pages, ne sert qu'à installer l'univers, les personnages, le décor. J'avoue que c'est un peu lassant de découvrir les tranches de vie de certains personnages sur 80 pages, alors que d'autres sont expédiés en une vingtaine de planches. Cela reste cependant suffisamment divertissant pour qu'on aie envie de savoir ce qu'il va se passer avec tous ces droîdes, humains et démons.
Le decorum SF se résume essentiellement à une ambiance post-apo vite expédiée, à des combats de mechas, et... c'est tout. Classique, mais rapide. Le design de ceux-ci est sympa, sans plus, et le dessin plutôt agréable, bien aidé par une mise ne scène nerveuse.
A suivre, donc.
J'ai été plutôt séduit par cette BD. J'ignorais tout de sa paire d'auteur, mais elle fonctionne bien. Elle contient une somme de qualités essentielles, et j'ai pris du plaisir à la lire.
D'abord, le dessin, comme toujours, car c'est lui qui force ma décision au moment de passer à la caisse. Par la seule force d'un joli trait, je peux repartir avec. Alors oui, bien sur, il y a quand même d'autres facteurs, comme le thème qui peut être rédhibitoire, mais en règle générale, je le redis : c'est le dessin qui a le premier et le dernier mot. Dans Malanotte, Laura La Came déploie un univers tout à fait personnel en mêlant la force du charbon pour l’ambiance fantastique (dans tous les sens du terme) à l’élégance d’un trait fin et précis, plus fouillé, plus minutieux, histoire d’ancrer cette histoire dans une réalité que nous, lecteurs-trices sommes susceptible de connaitre. Je trouve que tout cela fonctionne à merveille et nous gratifie de plusieurs très belles planches sur lesquelles on s’arrête longuement.
Le scénario n’est pas en reste. Il prend le temps de s’installer, laissant progressivement monter un malaise de plus en en plus lourd. L’histoire n’est pas située géographiquement et pourrait se dérouler n’importe où, mais il y a un petit parfum d’Italie qui flotte, ne serait-ce qu’à travers les noms des personnages. Mais l’Italie des petits villages, avant l’avènement du portable, l’Italie des croyances et superstitions populaires. Le final laisse un petit goût d’inachèvement, certes, et on referme Malanotte avec la sensation d’émerger d’un mauvaise rêve poisseux, mais l’effet est volontaire, et très bien vu à mon sens. La fin propose plus qu’elle ne résout, ce qui colle parfaitement à cette atmosphère cauchemardesque.
Sur ce coup-là, je ne vais pas bouder mon plaisir. Et j’espère bien croiser à nouveau la route de Laura La Came…
2.5
Un spin-off de la série Billy Brouillard, une série qui ne m'a pas trop marqué, mais j'ai tout de même lu les deux albums parce que j'aime bien le dessin de Bianco.
De ce que je me souviens de la série original, le ton de ce spin-off me semble plus enfantin. Le fait qu'on a en prime une loupe qui montre ce que cache les dessins me rappellent les livres-jeux que j'avais étant jeune. C'est amusant si on est jeune et j'imagine que ce l'est encore pour certains adultes, mais personnellement le coté jeu m'a laissé indifférent. Coté scénario, j'ai trouvé les deux tomes inégales. Le premier tome est au final trop banal pour être divertissant. Le deuxième est mieux et a des bons moments, mais pas au point où je trouvais cela marquant.
Je pense que je suis juste trop vieux pour ce genre de série qui va plus divertir les moins de 10 ans. Ce que je retiens surtout est le dessin de Bianco qui est bon comme toujours.
Un bon documentaire sur la nécessité de la nature et particulièrement des arbres. Si je ne mets que 3 étoiles s'est parce que le sujet en lui-même ne me passionne pas plus que ça, mais je le recommande à n'importe qui qui veut en apprendre plus sur la nature et aussi aux passionnés de sciences nature parce que c'est vraiment un très bon documentaire.
Déjà, il y a le dessin de Nicoby qui est toujours agréable. C'est le type de dessin qui me donne immédiatement envie de lire une bande dessinée. Quant au scénario, il est bien fait. On fait dialoguer le botaniste Francis Hallé avec le philosophe Aristote qui avait déclaré que l'humain est au sommet de tout et Hallé va lui montrer qu'il a tort et que la végétation est très importante. Il y a donc des moments plus légers entre deux explications scientifiques détaillés. Cela permet une lecture aéré, on ne tombe pas dans le piège du documentaire en BD qui balance tellement d'informations pendant des dizaines et des dizaines pages qu'à la fin le lecteur ne retient rien et s'ennui ferme. Le texte est bien vulgarisé et on comprends facilement les explications de Hallé.
J’ai découvert Océan d’amour un peu par hasard, et je ne m’attendais pas du tout à ce genre de lecture. Dès les premières pages, j’ai été surpris par l’absence totale de texte. Tout passe uniquement par le dessin, les expressions et les situations, et pourtant je n’ai jamais eu l’impression qu’il manquait quelque chose. Au contraire, j’ai trouvé que cette BD prouvait qu’on peut raconter une histoire très forte sans un seul mot.
Ce que j’ai le plus aimé, c’est le mélange entre humour et émotion. Certaines scènes sont vraiment drôles, presque burlesques, mais d’autres sont beaucoup plus touchantes. J’ai ressenti à la fois la détresse, l’espoir et l’amour entre les deux personnages. Leur relation est simple, mais elle paraît très sincère, ce qui m’a beaucoup ému.
J’ai aussi beaucoup remarqué le message écologique de l’histoire. À travers le voyage du marin et les obstacles qu’il rencontre, la BD montre la pollution des océans, la surpêche et les dangers causés par l’homme. Sans discours moralisateur, on comprend à quel point la mer est fragilisée et à quel point nos actions ont des conséquences sur la nature.
La culture bretonne est également très présente et donne une identité forte à l’album. Les paysages marins, les ports, les bateaux de pêche, les vêtements tels que les bigoudènes, les galettes / crêpes rappellent clairement la Bretagne. J’ai trouvé que cela apportait une authenticité et une chaleur particulière à l’histoire, comme si elle rendait hommage aux gens de la mer et à leur mode de vie.
Les dessins sont très expressifs et riches en détails. J’ai pris le temps d’observer chaque case. La mer, les tempêtes, les déchets, les animaux et les décors donnent une vraie impression de mouvement et de vie. On sent que tout a été pensé pour raconter l’histoire uniquement par l’image.
Au final, Océan d’amour est une BD originale, touchante et engagée que je recommande vivement. J’ai trouvé cette lecture à la fois légère et profonde, capable de faire sourire comme de faire réfléchir. C’est une œuvre qui montre que parfois, les plus belles histoires sont celles qu’on comprend sans qu’on ait besoin de mots.
Après 2 derniers tomes qui ne m’avaient pas fait forte impression, j’avoue que je ne me presse plus pour découvrir la suite de cette collection.
Cette version Ozanam/Aouamri s’en tire pourtant avec les honneurs, rien de foncièrement innovant dans cette aventure mais un rythme plutôt agréable et des ingrédients qui savent bien jouer avec notre nostalgie.
Il y a juste quelques détails qui m’ont un peu trop chagriné pour m’emporter plus sur ma note.
Niveau dessin, malgré une représentation de Thorgal qui m’a parfois interpellé, c’est très bon, un style clair et détaillé. L’univers et la mythologie vont comme un gant à l’auteur, pas pressé de le voir dessiner des voitures.
Et si le plaisir des yeux fut agréable, il en va de même pour le récit. Le scénariste place son intrigue entre Louve et L’épée Soleil, où Thorgal a quitté femme et enfants pour se faire oublier des Dieux.
Cette aventure ne démériterait pas dans la série mère, l’idée autour de cette cité mouvante est fort sympathique, son exécution respecte bien (trop?) les carcans de la série. J’ai trouvé que ça lorgnait bien vers Brek Zarith (malheureusement le méchant sera ici moins réussi), à ça on ajoute quelques retrouvailles de persos « oubliés » qui font leur petit effet.
La structure du récit m’a semblé cohérente, on alterne entre Thorgal et Aaricia, je n’ai pas ressenti de passages inutiles pour le nombre de pages (bon point par rapport à ses prédécesseurs).
Bref de la bonne came pour les amateurs de ce héros, je reproche juste une fin vraiment loupé pour le méchant, un certain manque d’empathie pour notre héros (bon après c’est pas sa meilleur période, on rappelle qu’il s’est barré du domicile conjugale ;) et une absence de prise de risque dans le fond.
Sinon sympa à lire et bien réalisé.
Le meilleur album de BD de tous les temps est un recueil de gags signés Mo/CDM, pur produit de l'école Fluide Glacial. A base d'humour absurde et volontiers corrosif, ils brocardent aussi bien la science, l'argent, la politique, l'armée que la bêtise humaine en général. L'album assume pleinement son titre excessif, qui relève évidemment du second degré, et propose une succession de gags sans lien entre eux si ce n'est d'être présentés par intermittence comme étant les planches qu'un auteur plein d'espoir présente à un nouvel éditeur.
J'aime le dessin de Mo/CDM et l'ambiance déconne qui en découle. Il est expressif, immédiatement reconnaissable, et rappelle sans peine ses autres séries comme notamment Forbidden Zone puisque le professeur de cette dernière apparait dans certaines de ces planches. Sur le plan graphique, rien à redire : l'album est solide et efficace.
En revanche, comme trop souvent avec Mo/CDM, l'humour est bien moins convaincant à mes yeux. Certaines planches fonctionnent bien et provoquent de petits rires, en particulier l'histoire cadre de cet auteur et son éditeur. Mais beaucoup trop m'ont paru poussives, avec des chutes prévisibles et des gags déjà vus, notamment du côté de la SF et de ses clichés. L'humour est parfois volontairement lourd, voire vulgaire, ce qui me rebute facilement.
Même en tant qu'ancien amateur d'humour Fluide Glacial et de second degré appuyé, et malgré un dessin que j'aime beaucoup, je n'ai pas ri à la lecture de cet album.
Un ensemble très hétéroclite, et tout autant inégal, pour cet auteur italien pour lequel j'ai un petit faible.
On a ici un recueil d'histoires courtes, qui touchent à beaucoup de genres (SF, polar, parodie de comics trashouille, fantastique, etc.). On sent que l'auteur voulait s'essayer - généralement avec une approche parodique ou tout le moins décalée - à tous les genres classiques. Le dessin est lui aussi très divers, du réalisme (pas très beau et qui ne m'attire pas trop) au minimalisme géométrique - et flashy -, en passant par une sorte de parodie de dessin animé avec personnages rondouillards agités.
C'est ce dernier genre qui m'a le plus convaincu. au niveau graphique tout d'abord. Mais aussi au niveau de l'histoire et du rythme. On y retrouve un peu du délirant Awop Bop Aloobop Alop Bam Boom, mais surtout du plus trash et réussi Squeak the mouse. D'autres petits clins d'oeil sont amusants, comme celui fait à Alfred Hitchcock et à son émission Alfred Hitchcock présente (une parodie de son ombre qui apparaissait dans le générique).
Pour le reste, c'est inégal, parfois longuet, ou abscons.
A réserver aux amateurs de l'auteur je pense.
C'est avec la très bonne série sur la 2e Guerre Mondiale Quand la nuit tombe, que j'avais découvert le talent de dessinateur de Toni Galmés. Delcourt lui ouvre cette fois ses portes pour un album jeunesse où il gère cette fois le dessin et le scénario.
C'est déjà un plaisir de retrouver toute la rondeur et la douceur de son dessin aquarellé ; je trouve qu'il se prête à merveille à la BD jeunesse. Avec cet album, nous suivons l'arrivée (en France ?) d'une maman et de sa jeune fille au coeur d'un rude hiver ; on les suppose réfugiées, sans trop savoir d'où elles viennent ni pour quelles raisons, mais il semble clair que la neige et l'hiver ne font pas parti de leurs habitudes. C'est lors d'une de ses balades que la jeune fille va tomber sur une troupe de démons qui traversent la campagne. Un des jeunes démon va finir par suivre la jeune fille et devenir son ami ; c'est le début d'une relation d'amitié singulière qui commence...
Voilà un album qui vaut le détour ne serait-ce que pour le graphisme de Toni Galmés. L'album se lit vite (surtout pour un adulte), mais sait imposer une ambiance particulière en abordant par la bande des sujets sensibles qui devraient résonner aux oreilles des jeunes lecteurs.
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Le Procès des affamés
Ambiance western, mais pas trop. C'est ce qu'on pourrait dire de cet album, le premier d'un jeune auteur bordelais, Jolan Thomas. Nous avons donc trois laissés-pour-compte, qui refusent de céder aux sirènes de la modernité galopante en devenant des mineurs ou des ouvriers, nostalgiques de l'ancien temps, lorsque les bisons dévalaient sur les plaines. Ce temps est bel et bien révolu, les bisons ne sont plus qu'un souvenir dans leur tête, et pour survivre, ils choisissent d'attaquer un train. Mais bien sûr ils vont se faire prendre. Pour écrire son histoire, Jolan Thomas s'est beaucoup documenté sur cette période tourmentée, et si on est dans la fiction, ce Procès des affamés a des accents d'authenticité. C'et un premier album, qui n'est bien sûr pas exempts de défauts. j'ai par exemple décelé des petits défauts de rythme, des passages elliptiques qui auraient mérité d'être un peu développés, etc. Thomas a quand même essayé de bien présenter ses personnages, au travers notamment de flashes-backs, et c'est un bon point. Il y a des scènes bien construites, comme celle où de des apprentis malfrats se disputent, ou la scène d'effroi des Tuniques bleues découvrant l'horreur dans le train. La toute dernière case possède une forte charge émotionnelle et symbolique, par ailleurs. Graphiquement Jolan Thomas se situe, et c'est assumé, dans la lignée de Julie Rocheleau, une belle référence. Il possède déjà de bons repères en termes de découpage et de dynamisme, cela promet pour ses futurs projets. Sans être la BD du siècle, c'est un bon divertissement, qui propose en outre une réfexeion sur la modernité et ses conséquences sur le Far West.
Mechanical Buddy Universe
Nous sommes dans une société post-apocalyptique, où humains, robots et démons se côtoient, se combattent parfois. Où des androïdes arborent des masques humains pour rassurer ceux qu'il reste. Où certains peuvent éprouver des sentiments, à long terme. C'est un monde un peu étrange qu'a construit Takuji Kato. Sur le classique duo/homme/machine se superpose, à la fi de ce long premier volume d'exposition, la figure du démon, pas encore bien défini, mais assez intrigant. Il présente un rapport inversé entre humains et androïdes, les premiers pouvant servi de gardes du corps aux seconds, une "mère" droïde, une gamine dont tombe amoureuse une tourelle commandée par une IA... Je l'ai dit, ce premier volume, qui compte plus de 300 pages, ne sert qu'à installer l'univers, les personnages, le décor. J'avoue que c'est un peu lassant de découvrir les tranches de vie de certains personnages sur 80 pages, alors que d'autres sont expédiés en une vingtaine de planches. Cela reste cependant suffisamment divertissant pour qu'on aie envie de savoir ce qu'il va se passer avec tous ces droîdes, humains et démons. Le decorum SF se résume essentiellement à une ambiance post-apo vite expédiée, à des combats de mechas, et... c'est tout. Classique, mais rapide. Le design de ceux-ci est sympa, sans plus, et le dessin plutôt agréable, bien aidé par une mise ne scène nerveuse. A suivre, donc.
Malanotte - La Malédiction de la Pantafa
J'ai été plutôt séduit par cette BD. J'ignorais tout de sa paire d'auteur, mais elle fonctionne bien. Elle contient une somme de qualités essentielles, et j'ai pris du plaisir à la lire. D'abord, le dessin, comme toujours, car c'est lui qui force ma décision au moment de passer à la caisse. Par la seule force d'un joli trait, je peux repartir avec. Alors oui, bien sur, il y a quand même d'autres facteurs, comme le thème qui peut être rédhibitoire, mais en règle générale, je le redis : c'est le dessin qui a le premier et le dernier mot. Dans Malanotte, Laura La Came déploie un univers tout à fait personnel en mêlant la force du charbon pour l’ambiance fantastique (dans tous les sens du terme) à l’élégance d’un trait fin et précis, plus fouillé, plus minutieux, histoire d’ancrer cette histoire dans une réalité que nous, lecteurs-trices sommes susceptible de connaitre. Je trouve que tout cela fonctionne à merveille et nous gratifie de plusieurs très belles planches sur lesquelles on s’arrête longuement. Le scénario n’est pas en reste. Il prend le temps de s’installer, laissant progressivement monter un malaise de plus en en plus lourd. L’histoire n’est pas située géographiquement et pourrait se dérouler n’importe où, mais il y a un petit parfum d’Italie qui flotte, ne serait-ce qu’à travers les noms des personnages. Mais l’Italie des petits villages, avant l’avènement du portable, l’Italie des croyances et superstitions populaires. Le final laisse un petit goût d’inachèvement, certes, et on referme Malanotte avec la sensation d’émerger d’un mauvaise rêve poisseux, mais l’effet est volontaire, et très bien vu à mon sens. La fin propose plus qu’elle ne résout, ce qui colle parfaitement à cette atmosphère cauchemardesque. Sur ce coup-là, je ne vais pas bouder mon plaisir. Et j’espère bien croiser à nouveau la route de Laura La Came…
Le Détective du Bizarre
2.5 Un spin-off de la série Billy Brouillard, une série qui ne m'a pas trop marqué, mais j'ai tout de même lu les deux albums parce que j'aime bien le dessin de Bianco. De ce que je me souviens de la série original, le ton de ce spin-off me semble plus enfantin. Le fait qu'on a en prime une loupe qui montre ce que cache les dessins me rappellent les livres-jeux que j'avais étant jeune. C'est amusant si on est jeune et j'imagine que ce l'est encore pour certains adultes, mais personnellement le coté jeu m'a laissé indifférent. Coté scénario, j'ai trouvé les deux tomes inégales. Le premier tome est au final trop banal pour être divertissant. Le deuxième est mieux et a des bons moments, mais pas au point où je trouvais cela marquant. Je pense que je suis juste trop vieux pour ce genre de série qui va plus divertir les moins de 10 ans. Ce que je retiens surtout est le dessin de Bianco qui est bon comme toujours.
Le Génie de la forêt
Un bon documentaire sur la nécessité de la nature et particulièrement des arbres. Si je ne mets que 3 étoiles s'est parce que le sujet en lui-même ne me passionne pas plus que ça, mais je le recommande à n'importe qui qui veut en apprendre plus sur la nature et aussi aux passionnés de sciences nature parce que c'est vraiment un très bon documentaire. Déjà, il y a le dessin de Nicoby qui est toujours agréable. C'est le type de dessin qui me donne immédiatement envie de lire une bande dessinée. Quant au scénario, il est bien fait. On fait dialoguer le botaniste Francis Hallé avec le philosophe Aristote qui avait déclaré que l'humain est au sommet de tout et Hallé va lui montrer qu'il a tort et que la végétation est très importante. Il y a donc des moments plus légers entre deux explications scientifiques détaillés. Cela permet une lecture aéré, on ne tombe pas dans le piège du documentaire en BD qui balance tellement d'informations pendant des dizaines et des dizaines pages qu'à la fin le lecteur ne retient rien et s'ennui ferme. Le texte est bien vulgarisé et on comprends facilement les explications de Hallé.
Un océan d'amour
J’ai découvert Océan d’amour un peu par hasard, et je ne m’attendais pas du tout à ce genre de lecture. Dès les premières pages, j’ai été surpris par l’absence totale de texte. Tout passe uniquement par le dessin, les expressions et les situations, et pourtant je n’ai jamais eu l’impression qu’il manquait quelque chose. Au contraire, j’ai trouvé que cette BD prouvait qu’on peut raconter une histoire très forte sans un seul mot. Ce que j’ai le plus aimé, c’est le mélange entre humour et émotion. Certaines scènes sont vraiment drôles, presque burlesques, mais d’autres sont beaucoup plus touchantes. J’ai ressenti à la fois la détresse, l’espoir et l’amour entre les deux personnages. Leur relation est simple, mais elle paraît très sincère, ce qui m’a beaucoup ému. J’ai aussi beaucoup remarqué le message écologique de l’histoire. À travers le voyage du marin et les obstacles qu’il rencontre, la BD montre la pollution des océans, la surpêche et les dangers causés par l’homme. Sans discours moralisateur, on comprend à quel point la mer est fragilisée et à quel point nos actions ont des conséquences sur la nature. La culture bretonne est également très présente et donne une identité forte à l’album. Les paysages marins, les ports, les bateaux de pêche, les vêtements tels que les bigoudènes, les galettes / crêpes rappellent clairement la Bretagne. J’ai trouvé que cela apportait une authenticité et une chaleur particulière à l’histoire, comme si elle rendait hommage aux gens de la mer et à leur mode de vie. Les dessins sont très expressifs et riches en détails. J’ai pris le temps d’observer chaque case. La mer, les tempêtes, les déchets, les animaux et les décors donnent une vraie impression de mouvement et de vie. On sent que tout a été pensé pour raconter l’histoire uniquement par l’image. Au final, Océan d’amour est une BD originale, touchante et engagée que je recommande vivement. J’ai trouvé cette lecture à la fois légère et profonde, capable de faire sourire comme de faire réfléchir. C’est une œuvre qui montre que parfois, les plus belles histoires sont celles qu’on comprend sans qu’on ait besoin de mots.
Thorgal Saga - La Cité mouvante
Après 2 derniers tomes qui ne m’avaient pas fait forte impression, j’avoue que je ne me presse plus pour découvrir la suite de cette collection. Cette version Ozanam/Aouamri s’en tire pourtant avec les honneurs, rien de foncièrement innovant dans cette aventure mais un rythme plutôt agréable et des ingrédients qui savent bien jouer avec notre nostalgie. Il y a juste quelques détails qui m’ont un peu trop chagriné pour m’emporter plus sur ma note. Niveau dessin, malgré une représentation de Thorgal qui m’a parfois interpellé, c’est très bon, un style clair et détaillé. L’univers et la mythologie vont comme un gant à l’auteur, pas pressé de le voir dessiner des voitures. Et si le plaisir des yeux fut agréable, il en va de même pour le récit. Le scénariste place son intrigue entre Louve et L’épée Soleil, où Thorgal a quitté femme et enfants pour se faire oublier des Dieux. Cette aventure ne démériterait pas dans la série mère, l’idée autour de cette cité mouvante est fort sympathique, son exécution respecte bien (trop?) les carcans de la série. J’ai trouvé que ça lorgnait bien vers Brek Zarith (malheureusement le méchant sera ici moins réussi), à ça on ajoute quelques retrouvailles de persos « oubliés » qui font leur petit effet. La structure du récit m’a semblé cohérente, on alterne entre Thorgal et Aaricia, je n’ai pas ressenti de passages inutiles pour le nombre de pages (bon point par rapport à ses prédécesseurs). Bref de la bonne came pour les amateurs de ce héros, je reproche juste une fin vraiment loupé pour le méchant, un certain manque d’empathie pour notre héros (bon après c’est pas sa meilleur période, on rappelle qu’il s’est barré du domicile conjugale ;) et une absence de prise de risque dans le fond. Sinon sympa à lire et bien réalisé.
Le Meilleur Album de BD de tous les temps
Le meilleur album de BD de tous les temps est un recueil de gags signés Mo/CDM, pur produit de l'école Fluide Glacial. A base d'humour absurde et volontiers corrosif, ils brocardent aussi bien la science, l'argent, la politique, l'armée que la bêtise humaine en général. L'album assume pleinement son titre excessif, qui relève évidemment du second degré, et propose une succession de gags sans lien entre eux si ce n'est d'être présentés par intermittence comme étant les planches qu'un auteur plein d'espoir présente à un nouvel éditeur. J'aime le dessin de Mo/CDM et l'ambiance déconne qui en découle. Il est expressif, immédiatement reconnaissable, et rappelle sans peine ses autres séries comme notamment Forbidden Zone puisque le professeur de cette dernière apparait dans certaines de ces planches. Sur le plan graphique, rien à redire : l'album est solide et efficace. En revanche, comme trop souvent avec Mo/CDM, l'humour est bien moins convaincant à mes yeux. Certaines planches fonctionnent bien et provoquent de petits rires, en particulier l'histoire cadre de cet auteur et son éditeur. Mais beaucoup trop m'ont paru poussives, avec des chutes prévisibles et des gags déjà vus, notamment du côté de la SF et de ses clichés. L'humour est parfois volontairement lourd, voire vulgaire, ce qui me rebute facilement. Même en tant qu'ancien amateur d'humour Fluide Glacial et de second degré appuyé, et malgré un dessin que j'aime beaucoup, je n'ai pas ri à la lecture de cet album.
B Stories
Un ensemble très hétéroclite, et tout autant inégal, pour cet auteur italien pour lequel j'ai un petit faible. On a ici un recueil d'histoires courtes, qui touchent à beaucoup de genres (SF, polar, parodie de comics trashouille, fantastique, etc.). On sent que l'auteur voulait s'essayer - généralement avec une approche parodique ou tout le moins décalée - à tous les genres classiques. Le dessin est lui aussi très divers, du réalisme (pas très beau et qui ne m'attire pas trop) au minimalisme géométrique - et flashy -, en passant par une sorte de parodie de dessin animé avec personnages rondouillards agités. C'est ce dernier genre qui m'a le plus convaincu. au niveau graphique tout d'abord. Mais aussi au niveau de l'histoire et du rythme. On y retrouve un peu du délirant Awop Bop Aloobop Alop Bam Boom, mais surtout du plus trash et réussi Squeak the mouse. D'autres petits clins d'oeil sont amusants, comme celui fait à Alfred Hitchcock et à son émission Alfred Hitchcock présente (une parodie de son ombre qui apparaissait dans le générique). Pour le reste, c'est inégal, parfois longuet, ou abscons. A réserver aux amateurs de l'auteur je pense.
Le Démon de l'hiver
C'est avec la très bonne série sur la 2e Guerre Mondiale Quand la nuit tombe, que j'avais découvert le talent de dessinateur de Toni Galmés. Delcourt lui ouvre cette fois ses portes pour un album jeunesse où il gère cette fois le dessin et le scénario. C'est déjà un plaisir de retrouver toute la rondeur et la douceur de son dessin aquarellé ; je trouve qu'il se prête à merveille à la BD jeunesse. Avec cet album, nous suivons l'arrivée (en France ?) d'une maman et de sa jeune fille au coeur d'un rude hiver ; on les suppose réfugiées, sans trop savoir d'où elles viennent ni pour quelles raisons, mais il semble clair que la neige et l'hiver ne font pas parti de leurs habitudes. C'est lors d'une de ses balades que la jeune fille va tomber sur une troupe de démons qui traversent la campagne. Un des jeunes démon va finir par suivre la jeune fille et devenir son ami ; c'est le début d'une relation d'amitié singulière qui commence... Voilà un album qui vaut le détour ne serait-ce que pour le graphisme de Toni Galmés. L'album se lit vite (surtout pour un adulte), mais sait imposer une ambiance particulière en abordant par la bande des sujets sensibles qui devraient résonner aux oreilles des jeunes lecteurs.