Une anthologie soignée de Chantal Montellier comprenant 1996, Shelter Market, Wonder City et pas mal de petits bonus (hommages, histoires courtes....)
Ce ne sont pas de simples rééditions, mais plutôt des nouvelles versions avec un dessin revisité.
1996 est une suite d'histoires courtes assez pénibles à lire. Ca date de 1978 et c'est intello à mort.
Puis Wonder City publié originalement en 1984, qui est un récit dystopique assez visionnaire mais pas évident à aborder (il y a un enrobage politique et intellectuel constant chez Montellier).
Souvent je me suis dis à la lecture que si Montellier avait su rendre ses bandes légèrement plus accessibles, elle serait aujourd'hui connu mondialement.
Parce que ses thématiques et son dessin étaient tellement précurseurs.
Parlons en du dessin. Un mélange de street art à slogans et de constructivisme russe. Une sorte de version No Hope du style Shepard Fairey mais dessinée 40 ans plus tôt.
Petit bémol : je préfère nettement le graphisme de l'édition originale avec une trichromie qui utilise du bleu, du jaune et du rouge. Dans la version récente on n'a plus que du rouge...
Enfin on termine par Shelter market, version augmentée de 37 pages comparé à l'édition originale de 1980.
Des détails sont remis au goût du jour : on aperçoit Trump, des drones...
Le style général est différent du trait habituel de Montellier, celui déjà vu dans Wonder City ou Rupture.
Ici la technique du collage est utilisée avec plus ou moins de réussite. Les visages ressemblent à des photos retouchées.
C'est la plus facile à suivre même si ça peut paraître très déroutant visuellement pour un non initié.
Un bel objet pour les fans et les curieux.
2.5
C'est le nom de Jacques Lamontagne qui a attiré mon attention lorsque je cherchais de nouvelles séries à lire dans une des bibliothèques de ma ville. C'est un auteur que j'apprécie même si sa production est inégale.
J'ai été un peu déçu de voir qu'il ne signe que le scénario parce que j'adore son dessin, mais le dessinateur s'en tire bien et au final le problème vient du scénario de Lamontagne. Les personnages sont des archétypes et les thèmes abordés dans les deux tomes sont du déjà vu. Tout est trop classique et léger pour que ça soit mémorable. Je ne dirais pas que tout est prévisible, mais lorsqu'on avait une révélation je n'étais pas surpris. Si le premier tome est pas trop mal, le rythme du deuxième tome est trop rapide et tout ce conclus d'une manière trop facilement.
Ça se laisse lire si on a rien à faire.
Je rejoins l'avis des autres sur cet one-shot.
J'ai lu cet album parce que j'ai vu que c'était de Binet et je ne connaissais pas du tout l'histoire de Marion. Cette pauvre femme a été victime d'un ACV à l'âge de 18 ans et qui durant longue réhabilitions a correspondue avec Binet, un des ses auteurs de bandes dessinées préférés. Binet a donc produit ce témoignage sur ce qui lui est arrivé.
Le résultat est correct. On retrouve le dessin de Binet que j'aime bien et son humour permet de passer au travers les choses horribles qui sont arrivés à Marion après avoir eu son ACV. On retrouve l'humour jaune qu'il y avait dans l'autobiographie de Binet ``L'institution''. La lecture est cependant trop légère pour être mémorable, J'aurais aimé que la partie où on découvre qu'une pilule contraceptive serait la cause de l'ACV et le procès qui s'en est suivie soit plus approfondie. Ça va tellement vite qu'en refermant l'album je n'étais pas convaincu de la culpabilité de la compagnie pharmaceutique. La fin est trop abrupte même si je comprends que le fait que la procédure judiciaire soit toujours en cours fait en sorte que l'histoire personnelle de Marion n'avait pas de conclusion durant la production de cet album.
J’ai découvert Silver Surfer: Requiem dans l’édition Marvel Prestige, et pour moi c’est un 5/5 sans hésitation.
Ce comics m’a marqué par son approche totalement différente du genre super-héroïque. Ici, pas de combats ni d’action démesurée : tout repose sur une ambiance mélancolique et une réflexion profonde sur la mort. Voir le Surfer d’Argent, habituellement presque divin, confronté à sa fin le rend incroyablement humain.
L’histoire est simple, mais puissante. Chaque moment ressemble à un adieu, chaque dialogue sonne juste. Il y a une vraie dignité dans sa manière d’accepter l’inévitable, et ça donne une portée émotionnelle assez rare chez Marvel.
Visuellement, c’est sublime : des planches lumineuses, presque irréelles, qui contrastent parfaitement avec la tristesse du récit. Ça renforce ce côté poétique et intemporel.
Au final, Requiem est une œuvre courte mais marquante, presque une méditation sur la vie et la mort. Une vraie claque, et clairement l’un des récits les plus touchants que j’ai lus chez Marvel.
Étrange sentiment à la lecture de ce diptyque. En refermant le deuxième album, j’ai eu l’impression de n’avoir quasiment rien lu.
Alors, certes, cette lecture est très rapide ! Mais, sur une période fortement anxiogène (Paris sous l’occupation), la traque des juifs, les profiteurs de guerre, et avec deux femmes paumées et persécutées pour traverser ces nuits glauques, il y avait quand même matière à proposer quelque chose de plus intense.
Au lieu de quoi, bien au contraire, c’est une histoire relativement creuse, avec un manque de rythme flagrant, qui m’a laissé de côté. Et tous les commentaires en off, parfois redondants ou inutiles, n’ont fait qu’accentuer cette impression de vide.
Les rares moments dramatiques sont édulcorés. Ceux qui aident Anna pour ses papiers sont arrêtés /violentés, mais la façon de représenter ces actions (bruits et images d’étoiles) est un peu ridicule. Le sort d’Anna et d’Arlette, un temps très inquiétant, est rapidement rassurant, avec un happy end un peu forcé, avec une transition brutale.
On a du mal à s’attacher à Arlette et Anna, les deux héroïnes, là aussi tout n’est qu’effleuré.
Une lecture décevante me concernant.
Incroyable et perturbant à la fois, c'est une pépite sur laquelle on ne tombe pas assez à mon goût ! Tout est pensé pour nous plonger dans un désir malsain de continuer à lire et c'est formidable ! Tout est si bien pensé, si bien fait, un tel respect de la communauté LGBTQIA+ ! C'est un manga qui mériterait une adaptation cinématographique !!
Hey, vous avez remarqué que le discours public et politique prenait un tournant dramatique dernièrement ?
Ça vous dirait une série de gags où l'on caricaturerait la situation à fond pour en rire (et un peu pointer du doigt aussi) ?
L'album est une succession de gags cons et sarcastiques, teintés d'un léger humour noir, parodiant la glissée dernière de notre société vers des tendances fascistes.
Un nouveau ministre vient d'arriver au pouvoir, on privatise tout, on tente de ramener la méritocratie, on musèle et punit toute forme de contre-pouvoir, on met en place des termes valises que personne ne comprend vraiment pour manipuler l'opinion publique, on entretient un culte de la personnalité des leaders et une division militarisée de la société, … Bref, on pointe du doigt le caractère froid et inhumain de l'administratif à outrance joint aux dérives sectaires et fascistes qui ont de nouveau le vent en poupe dernièrement.
Le dessin est minimaliste (bonhommes bâtons), la situation est caricaturale au possible, la formule est aujourd'hui bien connue mais le résultat reste bon. Pas révolutionnaire mais tout de même bon, avec quelques gags qui ont fait mouche.
J'aurais sans doute préféré des dénonciations plus affirmées et des gags plus mordants (reproche que je fais mine de rien régulièrement face aux créations humoristiques se revendiquant également dénonciatrices), mais bon pour cela je n'aurais qu'à lire ou écouter des essais sur le sujet, en tant qu'album humoristique (mais tout de même un peu critique) le résultat est bon.
Je regrette tout de même qu'avec toutes ces conneries de féministes hystériques et de wokistes radicalo-gauchistes on en oublie finalement de synergiser des solutions holistiques en garantissant un upscale des bulletpoints dans un cadre de libération économique !
La dernière œuvre de Pichard publiée de son vivant.
Je ne suis pas en mesure de vérifier la fidélité de l'adaptation n'ayant pas lu le roman original de Diderot.
Néanmoins la transposition par Pichard de ce classique en bd semblait une évidence.
L'histoire d'une religieuse, enfermée en couvent et tourmentée par les sœurs car elle souhaitait renoncer à ses voeux et recouvrer la liberté, constitue un terreau parfait pour accueillir les obsessions de l'auteur : luxure, vanité, servitude...
Je ne met que 3 car arrivé à la fin, on comprends que l'histoire n'est pas terminée (Suzanne prévoit de retrouver son bienfaiteur). Cela est certainement dû aux problèmes de santé de Pichard qui l'obligeront à arrêter de dessiner à la fin des années 90.
Au niveau du dessin, on retrouve le trait de sa dernière période c'est à dire très hachuré mais toujours aussi talentueux.
Une lecture recommandée (à condition de se confesser après).
Cet album recueille l'adaptation de trois nouvelles de Lovecraft liées au Monde du Rêve, comme des préquels ou des spin-offs des aventures de Randolph Carter, sans que celui-ci apparaisse dans aucune d'entre elles.
La première, Celephais, reprend presque la même trame que La Quête onirique de Kadath l'inconnue, avec un rêveur qui cherche à retrouver la belle cité dont il rêvait jadis. Les aventures de Kuranes sont néanmoins plus concises et plus évaporées, centrées sur un artiste paumé qui fuit la réalité pour vivre dans un monde rêvé idéal, parfois par le biais de drogues, avec une fin volontairement en demi-teinte qui diffère du ton plus classique de Lovecraft. Cela manque de structure et, pour qui a lu Kadath, cela ressemble trop à un brouillon imprécis et inabouti.
La seconde raconte l'origine de la loi interdisant de tuer les chats de la ville d'Ulthar, éléments essentiels eux aussi de La Quête onirique de Kadath l'inconnue. L'histoire est basique et sans surprise pour qui connaît les aventures de Randolph Carter. Je n'ai pas aimé non plus Ulthar représentée comme une cité européenne trop contemporaine, loin de l'imaginaire fantasy que je me faisais du Monde du Rêve. Les faiblesses du dessin de Gou Tanabe m'ont aussi sauté aux yeux, notamment la laideur des chats, essentiels au récit mais mal rendus.
La troisième commence elle aussi à Ulthar et suit deux personnages partant observer les dieux de la Terre danser sur leur ancienne montagne. Là encore, le sujet est déjà abordé dans La Quête onirique de Kadath l'inconnue, mais Lovecraft revient sur le thème pour montrer concrètement ce qui arrive à ceux qui commettent ce sacrilège d'orgueil. Pas de surprise ici non plus, pas de représentation graphique marquante. J'ai été de nouveau agacé de voir à Ulthar une église si chrétienne et une croix qui n'ont, à mon sens, pas leur place dans le Monde du Rêve.
Il s'agit donc de l'adaptation de trois nouvelles dispensables car toutes largement supplantées par La Quête onirique de Kadath l'inconnue, pour lesquelles le dessin ainsi que les choix graphiques de Gou Tanabe contribuent peu à restituer la magie et l'étrangeté du Monde du Rêve. Cela manque de souffle et de cohérence avec l'univers original.
Alors que le film d'animation vient de sortir ce 4 mars, voici la version BD qui débarque. Ces deux adaptations du roman à succès d’Ahmadou Kourouma « Allah n'est pas obligé » (prix Renaudot 2000) sont réalisés par Zaven Najjar aidé de Karine Winczura au scénario.
C'est l'histoire d'un garçon, Birahima 8 ans, qui doit partir chez sa tante après le décès de sa mère. Un voyage avec pour point de départ Togobala en Guinée et direction le Libéria où vit sa tutrice, il sera accompagné par Yacouba un grigriman. Nous sommes en 1990 et à cette période la situation géopolotique n'est pas simple dans cette partie de l'Afrique de l'Ouest.
Un récit âpre, violent et parfois drôle qui mélange fiction et la terrible réalité historique. En effet, Birahima et son compagnon de voyage seront enrôlés de force par des factions armées qui vont lui mettre une Kalachnikov dans les mains et en faire un enfant soldat. Des milices qui se battent pour le pouvoir, celui de commercer avec les occidentaux à un prix défiant toutes concurrences les richesses du sous-sol (or et diamant) et pour cela elles commetteront les pires exactions : meurtres et viols sont les instruments de la terreur. Mais aussi, pour éviter une élection, une pratique barbare « manches longues ou manches courtes ? » et lorsqu'on voit arriver la machette...
Une narration dominée par la voix off de Birahima avec son langage fait d'un français local (on s'y habitue rapidement). Un petit garçon qui ne quitte jamais ses dictionnaires et qui nous donnera régulièrement la signification de certains mots (pour appuyer là où ça fait mal).
Une BD très instructive sur cette période de l'Histoire quelque peu oubliée, elle ne fait pas dans le sensationnel, les scènes cruelles ne sont que suggérées. Femmes, enfants et vieillards en sont les premières victimes. Mais voilà, il m'a manqué l'essentiel : l'émotion !
Graphiquement, j'ai aimé ce rendu très réaliste, on est véritablement en immersion dans cette Afrique de l'ouest.
Je ne sais pas si Zaven Najjar a pioché dans les images de son film pour réaliser l'album. Par contre, ce que je sais c'est que cette BD est plus fidèle au roman et qu'il y a introduit des passages ne figurant pas dans son film.
Du bon boulot.
Lecture conseillée pour ce travail de mémoire.
Note réelle : 3,5.
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Social fiction
Une anthologie soignée de Chantal Montellier comprenant 1996, Shelter Market, Wonder City et pas mal de petits bonus (hommages, histoires courtes....) Ce ne sont pas de simples rééditions, mais plutôt des nouvelles versions avec un dessin revisité. 1996 est une suite d'histoires courtes assez pénibles à lire. Ca date de 1978 et c'est intello à mort. Puis Wonder City publié originalement en 1984, qui est un récit dystopique assez visionnaire mais pas évident à aborder (il y a un enrobage politique et intellectuel constant chez Montellier). Souvent je me suis dis à la lecture que si Montellier avait su rendre ses bandes légèrement plus accessibles, elle serait aujourd'hui connu mondialement. Parce que ses thématiques et son dessin étaient tellement précurseurs. Parlons en du dessin. Un mélange de street art à slogans et de constructivisme russe. Une sorte de version No Hope du style Shepard Fairey mais dessinée 40 ans plus tôt. Petit bémol : je préfère nettement le graphisme de l'édition originale avec une trichromie qui utilise du bleu, du jaune et du rouge. Dans la version récente on n'a plus que du rouge... Enfin on termine par Shelter market, version augmentée de 37 pages comparé à l'édition originale de 1980. Des détails sont remis au goût du jour : on aperçoit Trump, des drones... Le style général est différent du trait habituel de Montellier, celui déjà vu dans Wonder City ou Rupture. Ici la technique du collage est utilisée avec plus ou moins de réussite. Les visages ressemblent à des photos retouchées. C'est la plus facile à suivre même si ça peut paraître très déroutant visuellement pour un non initié. Un bel objet pour les fans et les curieux.
Le Manoir Sheridan
2.5 C'est le nom de Jacques Lamontagne qui a attiré mon attention lorsque je cherchais de nouvelles séries à lire dans une des bibliothèques de ma ville. C'est un auteur que j'apprécie même si sa production est inégale. J'ai été un peu déçu de voir qu'il ne signe que le scénario parce que j'adore son dessin, mais le dessinateur s'en tire bien et au final le problème vient du scénario de Lamontagne. Les personnages sont des archétypes et les thèmes abordés dans les deux tomes sont du déjà vu. Tout est trop classique et léger pour que ça soit mémorable. Je ne dirais pas que tout est prévisible, mais lorsqu'on avait une révélation je n'étais pas surpris. Si le premier tome est pas trop mal, le rythme du deuxième tome est trop rapide et tout ce conclus d'une manière trop facilement. Ça se laisse lire si on a rien à faire.
Marion
Je rejoins l'avis des autres sur cet one-shot. J'ai lu cet album parce que j'ai vu que c'était de Binet et je ne connaissais pas du tout l'histoire de Marion. Cette pauvre femme a été victime d'un ACV à l'âge de 18 ans et qui durant longue réhabilitions a correspondue avec Binet, un des ses auteurs de bandes dessinées préférés. Binet a donc produit ce témoignage sur ce qui lui est arrivé. Le résultat est correct. On retrouve le dessin de Binet que j'aime bien et son humour permet de passer au travers les choses horribles qui sont arrivés à Marion après avoir eu son ACV. On retrouve l'humour jaune qu'il y avait dans l'autobiographie de Binet ``L'institution''. La lecture est cependant trop légère pour être mémorable, J'aurais aimé que la partie où on découvre qu'une pilule contraceptive serait la cause de l'ACV et le procès qui s'en est suivie soit plus approfondie. Ça va tellement vite qu'en refermant l'album je n'étais pas convaincu de la culpabilité de la compagnie pharmaceutique. La fin est trop abrupte même si je comprends que le fait que la procédure judiciaire soit toujours en cours fait en sorte que l'histoire personnelle de Marion n'avait pas de conclusion durant la production de cet album.
Silver Surfer - Requiem
J’ai découvert Silver Surfer: Requiem dans l’édition Marvel Prestige, et pour moi c’est un 5/5 sans hésitation. Ce comics m’a marqué par son approche totalement différente du genre super-héroïque. Ici, pas de combats ni d’action démesurée : tout repose sur une ambiance mélancolique et une réflexion profonde sur la mort. Voir le Surfer d’Argent, habituellement presque divin, confronté à sa fin le rend incroyablement humain. L’histoire est simple, mais puissante. Chaque moment ressemble à un adieu, chaque dialogue sonne juste. Il y a une vraie dignité dans sa manière d’accepter l’inévitable, et ça donne une portée émotionnelle assez rare chez Marvel. Visuellement, c’est sublime : des planches lumineuses, presque irréelles, qui contrastent parfaitement avec la tristesse du récit. Ça renforce ce côté poétique et intemporel. Au final, Requiem est une œuvre courte mais marquante, presque une méditation sur la vie et la mort. Une vraie claque, et clairement l’un des récits les plus touchants que j’ai lus chez Marvel.
Deux passantes dans la nuit
Étrange sentiment à la lecture de ce diptyque. En refermant le deuxième album, j’ai eu l’impression de n’avoir quasiment rien lu. Alors, certes, cette lecture est très rapide ! Mais, sur une période fortement anxiogène (Paris sous l’occupation), la traque des juifs, les profiteurs de guerre, et avec deux femmes paumées et persécutées pour traverser ces nuits glauques, il y avait quand même matière à proposer quelque chose de plus intense. Au lieu de quoi, bien au contraire, c’est une histoire relativement creuse, avec un manque de rythme flagrant, qui m’a laissé de côté. Et tous les commentaires en off, parfois redondants ou inutiles, n’ont fait qu’accentuer cette impression de vide. Les rares moments dramatiques sont édulcorés. Ceux qui aident Anna pour ses papiers sont arrêtés /violentés, mais la façon de représenter ces actions (bruits et images d’étoiles) est un peu ridicule. Le sort d’Anna et d’Arlette, un temps très inquiétant, est rapidement rassurant, avec un happy end un peu forcé, avec une transition brutale. On a du mal à s’attacher à Arlette et Anna, les deux héroïnes, là aussi tout n’est qu’effleuré. Une lecture décevante me concernant.
Monstrophobie
Incroyable et perturbant à la fois, c'est une pépite sur laquelle on ne tombe pas assez à mon goût ! Tout est pensé pour nous plonger dans un désir malsain de continuer à lire et c'est formidable ! Tout est si bien pensé, si bien fait, un tel respect de la communauté LGBTQIA+ ! C'est un manga qui mériterait une adaptation cinématographique !!
Amour, Fascisme et CDD
Hey, vous avez remarqué que le discours public et politique prenait un tournant dramatique dernièrement ? Ça vous dirait une série de gags où l'on caricaturerait la situation à fond pour en rire (et un peu pointer du doigt aussi) ? L'album est une succession de gags cons et sarcastiques, teintés d'un léger humour noir, parodiant la glissée dernière de notre société vers des tendances fascistes. Un nouveau ministre vient d'arriver au pouvoir, on privatise tout, on tente de ramener la méritocratie, on musèle et punit toute forme de contre-pouvoir, on met en place des termes valises que personne ne comprend vraiment pour manipuler l'opinion publique, on entretient un culte de la personnalité des leaders et une division militarisée de la société, … Bref, on pointe du doigt le caractère froid et inhumain de l'administratif à outrance joint aux dérives sectaires et fascistes qui ont de nouveau le vent en poupe dernièrement. Le dessin est minimaliste (bonhommes bâtons), la situation est caricaturale au possible, la formule est aujourd'hui bien connue mais le résultat reste bon. Pas révolutionnaire mais tout de même bon, avec quelques gags qui ont fait mouche. J'aurais sans doute préféré des dénonciations plus affirmées et des gags plus mordants (reproche que je fais mine de rien régulièrement face aux créations humoristiques se revendiquant également dénonciatrices), mais bon pour cela je n'aurais qu'à lire ou écouter des essais sur le sujet, en tant qu'album humoristique (mais tout de même un peu critique) le résultat est bon. Je regrette tout de même qu'avec toutes ces conneries de féministes hystériques et de wokistes radicalo-gauchistes on en oublie finalement de synergiser des solutions holistiques en garantissant un upscale des bulletpoints dans un cadre de libération économique !
La Religieuse
La dernière œuvre de Pichard publiée de son vivant. Je ne suis pas en mesure de vérifier la fidélité de l'adaptation n'ayant pas lu le roman original de Diderot. Néanmoins la transposition par Pichard de ce classique en bd semblait une évidence. L'histoire d'une religieuse, enfermée en couvent et tourmentée par les sœurs car elle souhaitait renoncer à ses voeux et recouvrer la liberté, constitue un terreau parfait pour accueillir les obsessions de l'auteur : luxure, vanité, servitude... Je ne met que 3 car arrivé à la fin, on comprends que l'histoire n'est pas terminée (Suzanne prévoit de retrouver son bienfaiteur). Cela est certainement dû aux problèmes de santé de Pichard qui l'obligeront à arrêter de dessiner à la fin des années 90. Au niveau du dessin, on retrouve le trait de sa dernière période c'est à dire très hachuré mais toujours aussi talentueux. Une lecture recommandée (à condition de se confesser après).
Les Chats d'Ulthar
Cet album recueille l'adaptation de trois nouvelles de Lovecraft liées au Monde du Rêve, comme des préquels ou des spin-offs des aventures de Randolph Carter, sans que celui-ci apparaisse dans aucune d'entre elles. La première, Celephais, reprend presque la même trame que La Quête onirique de Kadath l'inconnue, avec un rêveur qui cherche à retrouver la belle cité dont il rêvait jadis. Les aventures de Kuranes sont néanmoins plus concises et plus évaporées, centrées sur un artiste paumé qui fuit la réalité pour vivre dans un monde rêvé idéal, parfois par le biais de drogues, avec une fin volontairement en demi-teinte qui diffère du ton plus classique de Lovecraft. Cela manque de structure et, pour qui a lu Kadath, cela ressemble trop à un brouillon imprécis et inabouti. La seconde raconte l'origine de la loi interdisant de tuer les chats de la ville d'Ulthar, éléments essentiels eux aussi de La Quête onirique de Kadath l'inconnue. L'histoire est basique et sans surprise pour qui connaît les aventures de Randolph Carter. Je n'ai pas aimé non plus Ulthar représentée comme une cité européenne trop contemporaine, loin de l'imaginaire fantasy que je me faisais du Monde du Rêve. Les faiblesses du dessin de Gou Tanabe m'ont aussi sauté aux yeux, notamment la laideur des chats, essentiels au récit mais mal rendus. La troisième commence elle aussi à Ulthar et suit deux personnages partant observer les dieux de la Terre danser sur leur ancienne montagne. Là encore, le sujet est déjà abordé dans La Quête onirique de Kadath l'inconnue, mais Lovecraft revient sur le thème pour montrer concrètement ce qui arrive à ceux qui commettent ce sacrilège d'orgueil. Pas de surprise ici non plus, pas de représentation graphique marquante. J'ai été de nouveau agacé de voir à Ulthar une église si chrétienne et une croix qui n'ont, à mon sens, pas leur place dans le Monde du Rêve. Il s'agit donc de l'adaptation de trois nouvelles dispensables car toutes largement supplantées par La Quête onirique de Kadath l'inconnue, pour lesquelles le dessin ainsi que les choix graphiques de Gou Tanabe contribuent peu à restituer la magie et l'étrangeté du Monde du Rêve. Cela manque de souffle et de cohérence avec l'univers original.
Allah n'est pas obligé
Alors que le film d'animation vient de sortir ce 4 mars, voici la version BD qui débarque. Ces deux adaptations du roman à succès d’Ahmadou Kourouma « Allah n'est pas obligé » (prix Renaudot 2000) sont réalisés par Zaven Najjar aidé de Karine Winczura au scénario. C'est l'histoire d'un garçon, Birahima 8 ans, qui doit partir chez sa tante après le décès de sa mère. Un voyage avec pour point de départ Togobala en Guinée et direction le Libéria où vit sa tutrice, il sera accompagné par Yacouba un grigriman. Nous sommes en 1990 et à cette période la situation géopolotique n'est pas simple dans cette partie de l'Afrique de l'Ouest. Un récit âpre, violent et parfois drôle qui mélange fiction et la terrible réalité historique. En effet, Birahima et son compagnon de voyage seront enrôlés de force par des factions armées qui vont lui mettre une Kalachnikov dans les mains et en faire un enfant soldat. Des milices qui se battent pour le pouvoir, celui de commercer avec les occidentaux à un prix défiant toutes concurrences les richesses du sous-sol (or et diamant) et pour cela elles commetteront les pires exactions : meurtres et viols sont les instruments de la terreur. Mais aussi, pour éviter une élection, une pratique barbare « manches longues ou manches courtes ? » et lorsqu'on voit arriver la machette... Une narration dominée par la voix off de Birahima avec son langage fait d'un français local (on s'y habitue rapidement). Un petit garçon qui ne quitte jamais ses dictionnaires et qui nous donnera régulièrement la signification de certains mots (pour appuyer là où ça fait mal). Une BD très instructive sur cette période de l'Histoire quelque peu oubliée, elle ne fait pas dans le sensationnel, les scènes cruelles ne sont que suggérées. Femmes, enfants et vieillards en sont les premières victimes. Mais voilà, il m'a manqué l'essentiel : l'émotion ! Graphiquement, j'ai aimé ce rendu très réaliste, on est véritablement en immersion dans cette Afrique de l'ouest. Je ne sais pas si Zaven Najjar a pioché dans les images de son film pour réaliser l'album. Par contre, ce que je sais c'est que cette BD est plus fidèle au roman et qu'il y a introduit des passages ne figurant pas dans son film. Du bon boulot. Lecture conseillée pour ce travail de mémoire. Note réelle : 3,5.