Les derniers avis (115007 avis)

Couverture de la série Off
Off

Franchement bien me parait un peu excessif mais « pas mal » me semble a contrario très réducteur… Off est en fait un bon récit sans doute trop prévisible. Je suis plutôt amateur du genre (thriller d’anticipation) et je ne vais donc pas bouder mon plaisir car j’ai retrouvé les éléments attendus : des références scientifiques, des clins d’œil politiques, une vision assez sombre du futur, un dessin efficace, un rythme soutenu, un bon casting avec des personnages plus complexes qu’il n’y parait au premier abord… Et, pour le Belge que je suis, un ancrage national bien marqué avec pas mal de références faites à la situation actuelle de la Belgique. Tout est bon… mais rien n’est vraiment exceptionnel. Il manque LA super idée ou LE personnage envoûtant. Ici, le récit ronronne. Ça sent le téléfilm grand public, que l’on suit avec un plaisir coupable, en appréciant les références et le soin apporté mais durant lequel on sait pouvoir fermer les yeux cinq minutes sans perdre le fil d’un récit à la trajectoire annoncée. C’est le genre de lecture que je conseille vivement aux lecteurs ‘classiques’ (Yann135, tu devrais bien accrocher) mais je crains qu’il ne laisse sur leur faim les plus aventureux. Pas mal du tout… mais il manque un petit quelque chose pour atteindre le cran supérieur.

04/05/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Mina Loween
Mina Loween

Une adolescente en deuil se retrouve entraînée, le soir d'Halloween, dans le monde des morts, où elle tente de retrouver sa mère tout en affrontant des forces qui la dépassent. J'ai été assez surpris, et même un peu peiné, de découvrir que Mina Loween s'était arrêtée dès son premier tome, parce que ce début n'avait rien de honteux, loin de là. On sent clairement une œuvre encore en construction, avec des défauts de jeunesse, mais aussi un vrai potentiel qui donnait envie de lire la suite. Le dessin, notamment, démarre de manière un peu hésitante, avec des proportions parfois approximatives et un manque de volume sur certaines planches. Mais assez vite, le trait gagne en assurance, affirme une jolie personnalité et s'accompagne de couleurs travaillées qui apportent beaucoup à l'ambiance. Il y a quelque chose de sincère et de déjà assez singulier dans ce style, qui ne demandait qu'à mûrir. Même impression côté scénario. Le début peut donner l'impression d'un récit un peu adolescent, avec un cadre et des codes assez familiers autour de cette jeune héroïne plongée dans le monde des morts. Mais plus on avance, plus l'univers se révèle intéressant, avec des idées qui sortent un peu des sentiers battus, des personnages qui sonnent juste dans leurs réactions et leurs dialogues, et surtout plusieurs éléments de mystère (les crâmés, les nécromanciens, le fonctionnement de ce monde des morts) qui donnent envie d'en apprendre davantage. Ce n'est pas parfait, il y a parfois un peu trop d'informations qui s'accumulent et une narration encore un peu maladroite, mais l'ensemble est agréable à suivre. On sent qu'il y avait matière à développer quelque chose de plus ambitieux sur la durée. Du coup, difficile de ne pas regretter l'arrêt prématuré de la série. Savoir que cela tient en partie aux conditions compliquées chez Les Humanoïdes Associés à l'époque, avec des auteurs mal rémunérés, rend la chose d'autant plus amère, d'autant que cela semble s'être répété pour d'autres auteurs ces derniers temps. Quand on voit ce que ce premier tome laissait entrevoir, on se dit qu'il y avait les éléments pour construire une sympathique série.

04/05/2026 (modifier)
Par Ju
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Les Yeux d'Alex
Les Yeux d'Alex

En voilà une super bd ! Claire Fauvel nous dépeint l'histoire d'Alex, jeune photographe, qui cherche un sujet pour le festival de la photographie d'Arles. Elle lie cette recherche et ce projet a sa construction en tant que jeune adulte, et décide de travailler sur une série de nu masculin vu par le prisme du regard féminin, et plus précisément du désir féminin. On suit la progression de son travail pour Arles en même temps que sa prise de conscience progressive de la surreprésentation du regard masculin dans la société, dans l'art et dans la représentation des désirs. L'héroïne, en même temps, lutte avec ses sentiments, ses angoisses. C'est du très bon roman graphique qui explore un sujet hyper intéressant, tout en prenant le soin de développer le personnage principal qui est bien écrit et complexe ce qu'il faut. On alterne entre les angoisses / problèmes plus "personnels" et les réflexions plus globales sur la société. Plus précisement, la question du "female gaze", ou regard féminin par opposition au mâle gaze est le sujet principal du livre : la plupart des médias sont fait par des mecs pour les mecs, et le désir montré est le désir par le prisme du regard masculin. C'est un sujet que je connais, mais je l'ai trouvé bien traité et intéressant. Parfois ça a un peu un côté didactique, explicatif qui peut être un peu lourd. Mais ça passe et peut être que ça plaira à certains lecteurs ou lectrices qui en apprendront. Le récit est bien mené et j'ai beaucoup aimé le personnage principal. Alex réfléchit, doute mais est déterminée, bienveillante, curieuse. Bref une super héroïne, qui vampirise un peu les autres personnages. Je n'ai pas adoré en particulier les copines d'Alex que j'ai trouvé assez condescendantes, du genre a lui faire remarquer que tout ce qu'elle pensait, découvrait, était déjà théorisé, et bien connu. Je trouve que cette attitude peut être un peu décourageante. Bon, a la limite ça sert bien le récit et montre le cheminement d'Alex. La toute toute fin m'a aussi un peu laissé sur ma faim, mais bon ça c'est un peu récurrent chez moi, j'aime bien que toutes les situations qu'on voit dans une histoire soient résolues. Mais c'est pas comme ça dans la vraie vie, et pour un roman graphique, normal que tout ne se résolve pas d'un coup de baguette magique. Et puis pour le coup, même si c'est un peu cliché, ça répond bien aux enjeux de la bd, professionnels et personnels avec l'acceptation de soi même notamment (j'essaie de pas spoiler). J'ai vraiment beaucoup aimé le dessin, que j'ai trouvé chaleureux. Ça colle bien a l'atmosphère sudiste. Et les personnages sont vraiment hyper beaux, surtout Alex et Medhi. C'est peut être pas hyper réaliste mais j'avoue que j'aime bien quand les personnages sont beaux et belles gosses. Je ne peux que recommander, et de mon côté, je vais me pencher sur les autres bds de Claire Fauvel.

03/05/2026 (modifier)
Par Ubrald
Note: 4/5
Couverture de la série Le Secret du Roi
Le Secret du Roi

Une bd effectivement sortie dans l’anonymat, dommage, car c’est une chouette bd d’aventure, de complots, d’espionnage, de cape et d’épée sous Louis XV pendant la Guerre de Sept Ans. Un bon moment de détente. Les personnages sont attachants et les « méchants » réussis. Le graphisme est joyeux, dynamique, similaire à celui du Le Paris des merveilles. > Mise à jour pour le tome 2 J’ai eu un plaisir de lecture égal au premier tome. C’est un retour rafraîchissant à de la bonne bd d’aventures pleine de rebondissements et bien écrite. Le dessin est toujours aussi agréable et dynamique. L’ambiance, c’est un peu un mix OSS 117 / James Bond au temps de la Guerre de Sept Ans. Une touche d’exotisme en plus, l’action se situant en partie aux Indes notamment au comptoir de Pondichéry. Ce tome 2 clôt une première intrigue. Je serai au rendez-vous pour le tome 3 prévu en Nouvelle-France.

20/02/2026 (MAJ le 03/05/2026) (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Les Folles Anecdotes de l'Histoire
Les Folles Anecdotes de l'Histoire

J'ai globalement apprécié ces deux tomes, déjà parce que le niveau graphique est vraiment solide du début à la fin. Le fait de faire appel à plusieurs dessinateurs aurait pu donner quelque chose d'inégal, mais ce n'est pas le cas : les styles varient, bien sûr, mais l'ensemble reste de bon, voire très bon niveau, avec même plusieurs signatures particulièrement marquantes. Le premier tome, consacré au sport, est celui que j'ai le plus apprécié. N'étant pas particulièrement amateur du sujet, j'y ai découvert pas mal d'anecdotes que j'ignorais complètement, parfois étonnantes, parfois franchement édifiantes, et toujours racontées avec ce mélange d'humour et de pédagogie qui fonctionne bien. Il y a un vrai plaisir à apprendre des choses sans avoir l'impression de lire quelque chose de scolaire. Le second tome m'a aussi plutôt plu, mais pour des raisons un peu différentes. Le thème des mystères et des arnaques est intéressant, mais comme je connaissais déjà une bonne partie des histoires abordées, l'effet de découverte est forcément moins présent. Et surtout, beaucoup de récits aboutissent assez rapidement à la même conclusion : les gens peuvent être étonnamment crédules, voire franchement stupides, face à certaines supercheries. Cela finit par créer une forme de répétition dans le propos, même si ça reste souvent amusant. À ce titre, l'anecdote des harengs 'pêteurs', que je ne connaissais pas du tout, est clairement celle qui m'a le plus amusé. Dans les deux cas, le format en histoires courtes fonctionne bien, même si tout est forcément un peu survolé. On picore plus qu'on ne creuse, mais l'ensemble reste divertissant, bien dessiné, bien rythmé et suffisamment instructif pour donner envie, parfois, d'aller voir plus loin.

03/05/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série La Horde
La Horde

J'ai découvert cette BD via un best-of abandonné dans une boîte à livres, et dès les premières pages j'ai eu l'impression de lire une compilation de strips issus d'un blog, typique de ce qu'on pouvait consulter vite fait au boulot dans les années 2000 quand on s'ennuyait. Un personnage central, quelques seconds rôles, et une poignée de concepts déclinés à l'infini pour alimenter des gags courts sur fond de préhistoire. Le problème, c'est que ça tourne très vite en rond. Le personnage de Lucyen est un bourrin bas de plafond, sale, obsédé par la bouffe, qui comprend tout de travers et ne pense qu'à manier sa massue, au grand désespoir de sa compagne Lucy. Et globalement, tous les strips reposent sur cette mécanique. Autant dire qu'au bout de quelques pages, on a déjà fait le tour. Côté dessin, on sent une évolution : les strips les plus anciens ont un côté amateur correct, un peu brut, puis le trait s'affine avec un encrage plus propre par la suite. Mais même dans ses meilleures pages, ça reste en dessous de ce qu'on attend d'une BD éditée chez un gros éditeur, avec des décors quasi inexistants et un rendu global basique. Je n'ai pas trouvé ça drôle, loin de là. J'ai lu l'ensemble avec un certain détachement, voire un petit côté dépité. Mais en même temps, il y a une forme de sincérité qui se dégage : on sent que l'auteur prend plaisir à faire vivre ses personnages et à enchaîner les gags, un peu comme un dessinateur amateur qui amuse ses amis avec ses planches. Ça m'a plus évoqué les dessins d'un pote que l'on feuillette avec bienveillance que d'une BD que j'aurais envie d'acheter ou de recommander.

03/05/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Les Blagues de comptable
Les Blagues de comptable

Cette BD s'inscrit très clairement dans la lignée de ces albums de supermarché qui ont fleuri entre la fin des années 90 et la fin des années 2000, chacun décliné autour d'un métier, et pensés avant tout comme des cadeaux faciles à offrir à quelqu'un qui exerce justement cette profession. On est en plein dans cet humour de circonstance, calibré, sans réelle ambition autre que de tenter vainement de faire sourire. Côté dessin, c'est du classique Guide de... : un style franco-belge humoristique propre, lisible, mais sans charme ni identité marquante. Ça fait le travail, sans jamais se démarquer. Mention spéciale pour la couverture, mais pas dans le bon sens : elle est franchement immonde. Entre la colorisation grossière, le décor vide et monochrome et le lettrage informatique mal intégré à l'image, l'ensemble donne une première impression repoussante. Comme souvent avec ce type de projet, on sent le côté ouvrage de commande. Le scénariste n'a manifestement pas grand-chose de personnel à raconter sur le sujet et s'appuie presque exclusivement sur les clichés les plus attendus. On retrouve donc le comptable obsessionnel qui compte tout, en permanence, et qui endort son entourage avec des explications interminables sur son métier, le collègue cossard incapable d'aligner deux chiffres sans se tromper, et toute une galerie de personnages secondaires assez fades, uniquement là pour servir de support à des gags souvent interchangeables. Les blagues, justement, donnent l'impression de tourner rapidement en rond. Certaines fonctionnent vaguement, mais la plupart reposent sur des ressorts très basiques, souvent répétitifs, sans réelle surprise. On est plus dans l'accumulation de situations convenues que dans une véritable écriture comique.

03/05/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Si je t'écris...
Si je t'écris...

Un homme retourne avec sa famille dans la maison de vacances de son enfance, où il replonge dans les souvenirs d'une semaine d'été déterminante, marquée par un mystère autour d'une demeure isolée surplombant la falaise. J'ai envie de pousser cette BD, ne serait-ce que pour son dessin, que j'ai trouvé absolument magnifique. Le trait de Denis Bodart est d'une liberté et d'une assurance impressionnantes, avec ce côté légèrement crayonné qui apporte beaucoup de douceur et de vie aux planches. Même si je trouve que les cadrages sont parfois un peu trop serrés pour un album de grand format comme celui-ci, il y a une vraie richesse visuelle et une capacité à faire ressentir les ambiances qui m'ont clairement marqué. J'ai aussi beaucoup aimé toute la dimension nostalgique du récit. Nostalgie de l'enfance, des vacances en famille en bord de mer, mais aussi des années 70-80. Le décor, qui m'évoque clairement Étretat, avec en plus cette maison perchée sur la falaise (un fantasme personnel, j'avoue), renforce encore ce charme. Il y a quelque chose de très évocateur dans ces paysages, dans cette lumière, dans ces petits moments du quotidien qui me parlent immédiatement. Cela dit, malgré toutes ces qualités, je ne peux pas m'empêcher de rester un peu en retrait sur le fond. Toute la construction autour de ce souvenir d'enfance et du mystère lié à cette maison laisse espérer quelque chose de plus marquant. Et quand la révélation arrive, elle est certes touchante, traitée avec pudeur, mais elle m'a semblé finalement assez limitée, vite expédiée et presque trop simple par rapport à l'attente installée. Il y a bien un petit supplément en toute fin qui vient légèrement enrichir l'ensemble, mais ça ne suffit pas totalement à donner au récit l'envergure que j'espérais. J'ai parfois eu l'impression que tout cela restait un peu trop contenu, un peu trop rapide aussi dans sa manière de dérouler les événements. J'ai passé un très beau moment, porté par l'excellent dessin et cette atmosphère nostalgique particulièrement réussie, mais sans être complètement emporté par l'histoire. Ça reste une lecture qui m'aura laissé un joli souvenir.

03/05/2026 (modifier)
Couverture de la série Sage
Sage

J’ai déjà lu plusieurs albums de Quentin Zuttion. Tous évoquaient largement l’homosexualité. Mais dans cet album autobiographique il le fait de façon beaucoup plus forte, prenante (même si dans son adaptation de Salon de beauté il y avait déjà une certaine noirceur – liée au développement du Sida dans la « communauté » gay. Ici Zuttion se met à vif, et propose à ses lecteurs une sorte d’analyse, de psychanalyse ouverte, ne cachant pas grand-chose de ses douleurs (l’homophobie « ordinaire » de sa famille, les violences subies durant sa jeunesse avant son coming out), et c’est un homme tiraillé par toutes sortes d’angoisses – qui le rendent presque allergique aux relations sociales, dépendant comme d’une drogue de certains réseaux sociaux. Ces angoisses sont matérialisées par des « zombies » aux yeux brillants qui le poursuivent un peu partout. L’album est vite lu, il y a peu de texte, Zuttion usant d’une narration préférant les silences et les murmures aux longues tirades. C’est une lecture intéressante, qui nous fait entrer profondément dans la psyché de l’auteur.

03/05/2026 (modifier)
Couverture de la série Jours de chasse
Jours de chasse

Un Serbe – expatrié quelques temps en Finlande – revient temporairement voir ses amis d’enfance. Nous sommes aux débuts des années 1990, et la guerre civile et les nettoyages ethniques battent leur plein. Notre jeune homme va se trouver confronté à une réalité difficile à accepter. Dans une postface, Dabitch explique en quoi son histoire familiale (il est issu d’une famille serbe, et a voyagé plusieurs fois dans la région peu après les « événements ») a pu le pousser à écrire cette histoire. Une histoire qui se laisse lire. Qui traite d’un sujet douloureux, et déjà pas mal traité. Dabitch le fait de façon dépassionnée, le calme du récit tranchant avec les massacres perpétrés à l’époque (même lorsque des gens sont tués, ça reste très « calme »). Par contre j’ai trouvé que le dessin de Gonzalez – assez clivant, mais que j’avais plutôt apprécié sur d’autres séries – accentuait trop cet aspect « dépassionné ». Le style/rendu ne convient peut-être pas à ce type de récit, je ne sais pas. Une lecture intéressante, mais pas autant que je ne l’avais espéré au départ.

03/05/2026 (modifier)