Encore une adaptation du mythique Moby Dick de Melville ?!
Mais ce diptyque de Chabouté, littéralement possédé par la furie vengeresse du Capitaine Achab, mérite amplement notre attention et, si le récit reste fidèle à l'original, la mise en planches confine à du grand cinéma.
On ne compte plus les adaptations graphiques du célèbre Moby Dick d'Herman Melville - j'en ai dénombré pas loin d'une dizaine, certaines s'éloignant plus ou moins du roman original, et même trouvé une version "galactique" ! - mais ce diptyque de Christophe Chabouté, paru en 2014 chez Glénat, vaut vraiment le détour car chacun sait que « si la vie sur mer l'emporte déjà sur la vie à terre, dans le domaine des fables et du fantastique, la pêche à la baleine, elle, surpasse en contes merveilleux, tragiques et effrayants tout autre mode de vie maritime. »
Faut-il résumer ici l'histoire iconique de la baleine Moby Dick et du Capitaine Achab ?
« Le capitaine Achab [...] a fréquenté des cannibales, connu des prodiges. Il voit plus profond que la plus profonde des vagues, son harpon est le plus fin et le plus sûr de toute l'île. Il est Achab, et l'Achab de l'histoire était un roi ...
Un roi impie ... Impie et maudit ! »
Le premier tome (le "livre premier") installe l'ambiance avec l'arrivée du narrateur à Nantucket sur la côte Est des US pour s'embarquer à bord d'un baleinier. À ses côtés, un harponneur aussi tatoué qu'effrayant, Queequeg.
Tous deux s'enrôlent à bord du fameux Pequod.
À bord, la folie revancharde du Capitaine Achab, cet « homme que ronge le désir insatisfait de la vengeance », va pousser l'équipage à pourchasser sur les mers le cachalot blanc, l'animal monstrueux qui avait emporté un morceau du capitaine, désormais unijambiste.
« Un cachalot à tête blanche, au front ridé et à la mâchoire de travers, un cachalot dont la nageoire est percée de trois trous à tribord. »
Le second album démarre sous les pires auspices : Queequeg préfère dormir dans un cercueil et la folie du Capitaine Achab grandit de jour en jour, tandis que le navire course le grand cachalot blanc.
Et Chabouté de citer Melville quasiment mot à mot : « C'est un mauvais voyage ! Mal commencé, mal poursuivi. »
Le récit est bien sûr un peu simplifié pour rentrer dans les deux albums, le texte est à peine modernisé pour rentrer dans les cases d'aujourd'hui : il faut bien faire quelques choix mais tout cela reste globalement très fidèle au texte original, parfois même mot pour mot.
L'auteur a conservé par exemple un découpage en chapitres (certains titres sont même repris tels quels) et assorti chacun d'eux d'un court incipit inspiré du texte de Melville.
Le noir et blanc très contrasté, emblématique de Chabouté, s'accorde ici parfaitement à l'atmosphère dure, violente, sauvage, qui règne sur le bateau. La mise en cases laisse une belle place aux gros plans sur les visages de marins (et quelles trognes !).
Quant aux scènes de pêche, quand la baleine sonde et que la ligne se tend, c'est presque du cinéma.
On se demande quelle magie utilise l'artiste pour rendre tout cela avec seulement deux dimensions pour le dessin et deux dimensions pour la couleur.
Et l'encrage profond du noir de Chabouté nous parait presque rouge sang quand : « le navire se métamorphose en une sorte d'abattoir, chaque marin en boucher ».
L'auteur a bien sûr centré son récit sur la folie vengeresse d'un Capitaine Achab aux yeux exorbités. Le second officier du navire, Monsieur Starbuck, incarne la raison et lui sert de contrepoint, le jeune Ismaël de témoin. Le lecteur a beau connaître cette histoire par cœur, il ne peut que se laisser happer par le rythme et l'intensité d'une chasse presque mystique, de cette course folle vers la mort.
Recueil de gags passant en revue toute une série de clichés du cinéma, de l’horreur au film de guerre en passant par la comédie romantique ou le western. Le méchant qui révèle son plan, les héros qui se séparent au pire moment, ou encore le hacker qui a 30 secondes pour s'introduire dans le serveur du Pentagone ; cette BD s'amuse de l'absurdité de ces poncifs et de leur logique.
Graphiquement, j'ai beaucoup apprécié. Le trait rond de Witko fonctionne très bien, mais il est surtout magnifié par les couleurs vraiment chouettes d'Isabelle Merlet, originales et variées, qui donnent une âme et de l'intensité à chaque planche. L’ensemble est très lisible, dynamique, et visuellement agréable à parcourir.
Côté humour, je n’ai pas trouvé ça hilarant de bout en bout, mais ça fait clairement sourire ici et là. Certaines chutes fonctionnent très bien, d’autres un peu moins. En réalité, le plaisir pour moi est peut-être davantage venu de la découverte de la liste de clichés rassemblés ici, voir jusqu’où les auteurs vont pousser le raisonnement, et se dire qu’on a déjà vu ces scènes des dizaines de fois sans toujours les questionner. On sent derrière tout ça une tendre affection pour le cinéma, et une bonne connaissance de ses tics les plus usés.
C'est un album ludique et malin, plus amusant par son concept et son inventaire bien trouvé que réellement désopilant, mais suffisamment réussi pour passer un bon moment.
Ah, une série jeunesse qui n'a connu qu'un album... C'est assez rare je crois, et un peu dommage.
Parce que l'idée de départ était sympathique : des enfants qui se retrouvent à endosser des costumes de hiboux, et qui se retrouvent obligés de lutter contre une méchante sorcière dans un château au fond des bois. Il y avait un potentiel intéressant, d'autant plus avec le cliffhanger présent en toute fin d'album. Mais hélas le récit est très verbeux, et même si l'action est omniprésente, on se lasse assez vite.
Le dessin de David De Thuin est sympathique, à la fois expressif et décomplexé, mais cela ne suffit pas à faire passer la pilule un peu lourde de l'histoire.
Dommage, donc.
Elles sont nombreuses les BD qui parlent de la Shoah, des actes de barbarie perpétrés par les Nazis avant et pendant la deuxième guerre mondiale. On parle beaucoup de camps de concentration et d'extermination tels qu'Auschwitz ou Dachau, mais on oublie qu'il y en a eu un sur le territoire français, en Alsace.
C'est ainsi que Yaël Hassan, autrice "spécialiste" de la Shoah et de la seconde guerre mondiale, a voulu mettre la lumière que ce site, au travers de l'histoire de Simon, un collégien de la région, et de sa grand-mère, elle-même fille d'une déportée, qui vont visiter ce camp. On est vraiment dans leurs pas, d'abord dans la préparation, avec notamment la transmission du témoignage familial. Et lorsque le groupe arrive au Struthof, on nous explique bien comment le camp était organisé, sur beaucoup de plans. La guide sur place ne manque pas de livrer plusieurs anecdotes, de donner des noms, car comme l'indique le prof de la classe, il faut penser aux personnes déportées, exécutées ou mortes des privations comme à une multitude d'individus, qui avaient une famille, des rêves, des émotions, et non comme une masse informe, anonyme. Le camp subsiste sous la forme d'un lieu de mémoire, d'exposition, avec des photos, des films, des textes, des œuvres d'art inspirées par cette immense tragédie. On est bien sûr horrifiés, comme ces enfants, de ce qu'il s'est passé sur ce camp installé sur le Mont Louise, un lieu choisi pour son gisement de granite rose. Un récit tétanisant, mais mené de main de maître par Yaël Hassan.
On peut s'tonner de prime abord du choix de Marc Lizano pour illustrer cette histoire. Il est en effet essentiellement connu pour ses albums destinés à la jeunesse, avec son trait faussement naïf, ses personnages aux grosses têtes rondes. Mais on peut comprendre ce choix par le prisme de certains de ses albums précédents, comme L'Enfant cachée ou encore Un Grand-père tombé du ciel. Son dessin expressif se prête en effet à merveille à traiter de sujets parmi les plus graves.
Au-delà de cette visite, fictive mais fortement inspirée de ce que les enfants du secteur ont pu vivre et voir, l'album est complété par un cahier didactique, destiné aux jeunes générations, comportant plusieurs lexiques sur la déportation, la Résistance ainsi que la biographie d'une dizaine de déportés cités dans la BD.
Essentiel.
Il me faut remonter à l’excellent « Burn the House Down » pour retrouver un premier tome aussi accrocheur dans cette catégorie des manga thriller. Le concept est original puisqu’il repose sur l’architecture étrange de certaines maisons. Celles-ci offrent des configurations étranges et le personnage principal de la série va vite se convaincre que cette configuration n’est pas accidentelle mais permet à ses occupants de perpétrer des meurtres sans risquer d’être vus par leurs voisins.
L’ambiance et la tension sont bien présentes et au bout de ce premier tome, ma curiosité est fameusement titillée. Je sais déjà que je me ruerai sur le tome 2.
Niveau dessin, rien d’exceptionnel mais un trait bien lisible, des personnages bien typés et une attention bien entendu toute particulière a été accordée à l’architecture des bâtiments.
Vraiment très accrocheur !
Petite mise à jour après lecture du deuxième tome : c'est toujours aussi bon !
2.5
Un peu déçu par cet album. J'avais bien aimé ''Nunavik'' du même auteur et je pensais retrouver une œuvre de qualité similaire, mais ce ne fut pas le cas.
Il faut dire aussi que dans Nunavik, l'auteur nous faisait découvrir une partie du monde au final peu connue étant donné que les moyens de transports pour s'y rendre sont limités alors qu'ici on est dans une grande ville comme il y en a partout dans le monde. Sérieux, on aurait pu juste changer un ou deux trucs comme l'accent des personnages et l'action aurait pu se passer dans n'importe quelle ville occidentale. Les anecdotes en sont pas totalement nuls, mais elles sont souvent des tranches de vies un peu banal du genre l'auteur rencontre un sans-abris qui a clairement un problème mental. C'est seulement dépaysant si on a passé toute sa vie dans un milieu rural. En plus, plus j'avançais dans ma lecture, plus je trouvais que les anecdotes perdaient de leur intérêt comme si l'auteur ne savait plus trop quoi raconter pour que son album atteint le minimum de page requis pour se faire publier.
C'est pas totalement, le dessin est pas mal et ça se lit bien (peut-être même que ça se lit trop vite), mais voilà elle ne sort pas du lot de toutes les bandes dessinées autobiographiques qui existent.
Oneira – L’Ere des Souverains est la suite directe d’Oneira. On peut même clairement parler de nouvel arc plutôt que d’une nouvelle série. L’éditeur a cependant choisi de recommencer la numérotation à 1 et d’ajouter un sous-titre à cet arc mais ne vous y trompez pas : si vous comptez vous lancer dans cet univers de dark fantasy, il vous faudra lire Oneira au préalable (même si un rapide résumé en début de récit permet d’en comprendre (ou de se remémorer) l’essentiel).
Nous retrouvons donc les principaux protagonistes d’Oneira (Arane, Venus, Bastione) alors qu’ils débarquent à Alba, la capitale du royaume. Et si le premier arc se concentrait d’abord sur l’univers, le concept de monstres-cauchemars et le passé des différents acteurs, ce nouvel arc nous entraine directement au cœur de l’intrigue. Une intrigue qui va se développer sur plusieurs axes (des luttes d’influence, les machinations d’une étrange secte et la nature même de Venus, dotée par ses origines de pouvoirs extraordinaires) et expose directement une grande richesse.
Peu de combats dans ce premier tome (par rapport à certains tomes du premier cycle) et ce n’est pas plus mal pour moi car ceux-ci, ainsi que l’apparence des créatures cauchemardesques me sont toujours aussi difficiles à lire. Cet aspect demeure le point faible de la série, à mes yeux, alors même que le dessin est de qualité (avec, entre autres, des décors très riches et soignés et des personnages bien typés).
L’histoire est prenante et le fait que diverses intriguent s’entremêlent relance sans cesse mon intérêt pour la série. De plus, le passé de divers acteurs et la découverte de nouvelles régions contribuent eux aussi à ma curiosité. J’ai donc lu ce premier tome du deuxième arc avec beaucoup de plaisir et l’envie de connaître la suite est bien réelle.
Reste ce problème de lisibilité sur certaines scènes mais, pour le reste, l’univers, l’originalité du concept ou le soin accordé par les auteurs (et l’éditeur qui croit très clairement au projet), je ne peux que recommander cette série (même s’il vous faudra certainement lire le premier arc pour pleinement profiter d’Oneira – L’Ere des Souverains.
Oneira est une série de dark fantasy qui a su rapidement s’imposer grâce à la richesse de son univers et au charisme de son héroïne, Arane.
La série s’articule autour de nombreux flash-backs qui nous permettent de découvrir à la fois cet univers singuliers (dans lequel des cauchemars se matérialisent en profitant des humains qui les engendrent en rêvant) et le passé des différents acteurs. Nous sommes ainsi plongés dans un univers très sombre dont les mystères, drames et enjeux nous sont dévoilés progressivement.
Si j’aime bien le concept, si le soin accordé à l’univers est impressionnant (outre les mangas, les auteurs offrent aussi pas mal de bonus via le net – courtes nouvelles romancées, liste de titres à écouter en lisant les albums, dessins bonus, etc… ), si je me suis attaché aux différents acteurs et si je suis curieux de découvrir leur destinée, il y a tout de même trois points qui me posent problème : la représentation graphique des combats et des monstres-cauchemars (pas toujours évidente à lire), les explications données au sujet des différents types de cauchemars et leur façon de fonctionner, et enfin le fait que les attaques lancées lors des combats soient annoncés avec des noms un peu trop sérieux à mon goût (à titre de comparaison, les noms des attaques dans Demon Slayer sont tellement décalés qu’ils créent un effet comique que j’apprécie. Ici, il n’en est rien).
La série, présentée comme terminée en quatre tomes, ne constitue en fait qu’un premier arc tant il reste de questions en suspens à la fin du tome 4. Celui-ci se conclut toutefois après les premières grandes révélations et alors que le premier grand combat se termine.
S’il n’y avait eu ce problème de lecture des scènes de combat, j’aurais vraiment beaucoup apprécié cette série. En l’état, je l’ai quand même suivie jusqu’à son terme, curieux d’en découvrir plus sur l’univers et attaché que j’étais à ses personnages principaux. J’ai même enchainé avec le nouvel arc, Oneira - L'Ere des Souverains.
Pas parfait mais suffisamment prenant pour que j’en conseille la lecture aux amateurs du genre.
In the land of leadale est un isekai, un de ces mangas de plus en plus nombreux où le héros se retrouve réincarné dans un monde parallèle où il va pouvoir commencer une nouvelle vie. Ici, l'héroïne était une grande joueuse d'un jeu vidéo MMORPG du type World of Warcraft mais en réalité virtuelle, clouée dans un lit d'hopital suite à un tragique accident. Jusqu'au jour où, peut-être suite à sa mort dans la vie réelle, elle se réveille pour de bon dans l'univers du jeu, mais 200 ans après l'époque où elle y jouait. Elle a néanmoins conservé son très haut niveau de puissance, ses inombrables artefacts et même la tour gigantesque qu'elle s'y était bâtie. Mais elle ne comprend pas ce qu'elle fait là, pourquoi 200 ans ont passé, et elle ne sait pas si d'autres joueurs sont présents dans le jeu, au-delà des habitants PNJ.
C'est un manga de bonne facture, avec un beau dessin certes classique dans le style mais très maîtrisé.
La trame de l'intrigue est également classique pour qui a lu plusieurs isekai auparavant, mais elle se distingue par quelques aspects.
Pour commencer le fait que l'héroïne connaisse très bien l'univers dans lequel elle débarque même s'il lui manque deux siècles d'historique sur les changements qui ont pu s'y dérouler. Son niveau de puissance et de magie est tel qu'elle survole les dangers et peut faire un peu ce qu'elle veut même si elle préfère rester discrète sur sa véritable nature et ses pouvoirs, notamment pour maintenir une bonne réputation auprès de la population.
Ensuite il y a ce double mystère. D'abord sur la raison qui l'a amenée à être ainsi réincarnée dans ce jeu et savoir si elle est réellement morte dans la vraie vie ou pas. Ensuite sur ce qu'il s'est passé dans ce monde virtuel en deux siècles, ce que sont devenus les PNJ dont elle était proche à l'époque, et surtout sur la présence ou non d'autres humains avec elle.
Et enfin, il s'agit pour l'héroïne de savoir ce qu'elle va bien faire de sa nouvelle vie. Car pour ce qui est de l'entame du récit, elle est déjà au sommet de sa puissance dès le départ donc elle se retrouve plutôt dans une sorte de grand bac à sable où elle pourrait faire ce qu'elle veut, comme par exemple se contenter de développer le petit village où elle a atterri mais où heureusement elle ne restera que le temps d'un seul album.
Aussi plaisante que soit la mise en place de cette série, elle présente tout de même le défaut de ne pas avoir de véritable intrigue globale. L'héroïne se contente d'évoluer dans ce monde qu'elle connaissait mais qui a tellement changé, et de découvrir la nouvelle situation, sans pour autant que d'éventuels antagonistes ou une vraie quête n'apparaissent. En fait d'Isekai, on se retrouve parfois davantage dans le genre Iyashikei, ce sous-genre de manga tranche de vie, représentant des personnages vivant des vies paisibles dans des environnements apaisants. Ce qui fait qu'au fil des tomes, la série... devient un peu ennuyeuse à mon goût.
En attendant c'est une lecture légère et divertissante, ce type d'histoire qu'on se raconte et où le héros est tout puissant mais garde cela discrètement pour lui en se contentant d'aider ceux qui l'entourent et d'évoluer dans un monde qui lui plait. A lire pour le plaisir, mais ça aurait été mieux si une véritable intrigue de fond avait fini par se mettre en place.
Après la déception Manara et son Rendez-vous fatal, voilà un bien bel ouvrage que ce "Sous le Paradis" de Gabriele Di Caro
12 petites histoires de 2-5 pages, aux scénarios différents mais ayant en commun de mettre en scène de belles jeunes femmes, permettent une approche "voyeuriste" assez intéressante.
Contrairement à l'oeuvre précédemment citée de Manara, ici la femme semble respectée et tout est fait pour son plaisir. Cela change et se révèle bien plus agréable à lire.
De même si on est bien dans un style pornographique, je n'ai pas ressenti la même "brutalité" que dans Chambre 121 d'Igor. Là encore je pense que le fait d'être confronté aux plaisirs, solitaires ou non, des dames y est pour beaucoup.
Graphiquement il n'y a rien à redire aux dessins très suggestifs, voire appétissants, si vous me permettez mesdames, de Di Caro. C'est simple et beau.
Au final Sous le Paradis aura parfaitement rempli son rôle et je tiens enfin mon ouvrage référence du genre.
Hâte de voir comment Di Caro s'en sort avec un scénario plus fourni dans Les Arcanes de la Maison Fleury.
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Moby Dick (Chabouté)
Encore une adaptation du mythique Moby Dick de Melville ?! Mais ce diptyque de Chabouté, littéralement possédé par la furie vengeresse du Capitaine Achab, mérite amplement notre attention et, si le récit reste fidèle à l'original, la mise en planches confine à du grand cinéma. On ne compte plus les adaptations graphiques du célèbre Moby Dick d'Herman Melville - j'en ai dénombré pas loin d'une dizaine, certaines s'éloignant plus ou moins du roman original, et même trouvé une version "galactique" ! - mais ce diptyque de Christophe Chabouté, paru en 2014 chez Glénat, vaut vraiment le détour car chacun sait que « si la vie sur mer l'emporte déjà sur la vie à terre, dans le domaine des fables et du fantastique, la pêche à la baleine, elle, surpasse en contes merveilleux, tragiques et effrayants tout autre mode de vie maritime. » Faut-il résumer ici l'histoire iconique de la baleine Moby Dick et du Capitaine Achab ? « Le capitaine Achab [...] a fréquenté des cannibales, connu des prodiges. Il voit plus profond que la plus profonde des vagues, son harpon est le plus fin et le plus sûr de toute l'île. Il est Achab, et l'Achab de l'histoire était un roi ... Un roi impie ... Impie et maudit ! » Le premier tome (le "livre premier") installe l'ambiance avec l'arrivée du narrateur à Nantucket sur la côte Est des US pour s'embarquer à bord d'un baleinier. À ses côtés, un harponneur aussi tatoué qu'effrayant, Queequeg. Tous deux s'enrôlent à bord du fameux Pequod. À bord, la folie revancharde du Capitaine Achab, cet « homme que ronge le désir insatisfait de la vengeance », va pousser l'équipage à pourchasser sur les mers le cachalot blanc, l'animal monstrueux qui avait emporté un morceau du capitaine, désormais unijambiste. « Un cachalot à tête blanche, au front ridé et à la mâchoire de travers, un cachalot dont la nageoire est percée de trois trous à tribord. » Le second album démarre sous les pires auspices : Queequeg préfère dormir dans un cercueil et la folie du Capitaine Achab grandit de jour en jour, tandis que le navire course le grand cachalot blanc. Et Chabouté de citer Melville quasiment mot à mot : « C'est un mauvais voyage ! Mal commencé, mal poursuivi. » Le récit est bien sûr un peu simplifié pour rentrer dans les deux albums, le texte est à peine modernisé pour rentrer dans les cases d'aujourd'hui : il faut bien faire quelques choix mais tout cela reste globalement très fidèle au texte original, parfois même mot pour mot. L'auteur a conservé par exemple un découpage en chapitres (certains titres sont même repris tels quels) et assorti chacun d'eux d'un court incipit inspiré du texte de Melville. Le noir et blanc très contrasté, emblématique de Chabouté, s'accorde ici parfaitement à l'atmosphère dure, violente, sauvage, qui règne sur le bateau. La mise en cases laisse une belle place aux gros plans sur les visages de marins (et quelles trognes !). Quant aux scènes de pêche, quand la baleine sonde et que la ligne se tend, c'est presque du cinéma. On se demande quelle magie utilise l'artiste pour rendre tout cela avec seulement deux dimensions pour le dessin et deux dimensions pour la couleur. Et l'encrage profond du noir de Chabouté nous parait presque rouge sang quand : « le navire se métamorphose en une sorte d'abattoir, chaque marin en boucher ». L'auteur a bien sûr centré son récit sur la folie vengeresse d'un Capitaine Achab aux yeux exorbités. Le second officier du navire, Monsieur Starbuck, incarne la raison et lui sert de contrepoint, le jeune Ismaël de témoin. Le lecteur a beau connaître cette histoire par cœur, il ne peut que se laisser happer par le rythme et l'intensité d'une chasse presque mystique, de cette course folle vers la mort.
Cinéramdam - Tous les clichés du cinéma
Recueil de gags passant en revue toute une série de clichés du cinéma, de l’horreur au film de guerre en passant par la comédie romantique ou le western. Le méchant qui révèle son plan, les héros qui se séparent au pire moment, ou encore le hacker qui a 30 secondes pour s'introduire dans le serveur du Pentagone ; cette BD s'amuse de l'absurdité de ces poncifs et de leur logique. Graphiquement, j'ai beaucoup apprécié. Le trait rond de Witko fonctionne très bien, mais il est surtout magnifié par les couleurs vraiment chouettes d'Isabelle Merlet, originales et variées, qui donnent une âme et de l'intensité à chaque planche. L’ensemble est très lisible, dynamique, et visuellement agréable à parcourir. Côté humour, je n’ai pas trouvé ça hilarant de bout en bout, mais ça fait clairement sourire ici et là. Certaines chutes fonctionnent très bien, d’autres un peu moins. En réalité, le plaisir pour moi est peut-être davantage venu de la découverte de la liste de clichés rassemblés ici, voir jusqu’où les auteurs vont pousser le raisonnement, et se dire qu’on a déjà vu ces scènes des dizaines de fois sans toujours les questionner. On sent derrière tout ça une tendre affection pour le cinéma, et une bonne connaissance de ses tics les plus usés. C'est un album ludique et malin, plus amusant par son concept et son inventaire bien trouvé que réellement désopilant, mais suffisamment réussi pour passer un bon moment.
Le Bois des Mysteres
Ah, une série jeunesse qui n'a connu qu'un album... C'est assez rare je crois, et un peu dommage. Parce que l'idée de départ était sympathique : des enfants qui se retrouvent à endosser des costumes de hiboux, et qui se retrouvent obligés de lutter contre une méchante sorcière dans un château au fond des bois. Il y avait un potentiel intéressant, d'autant plus avec le cliffhanger présent en toute fin d'album. Mais hélas le récit est très verbeux, et même si l'action est omniprésente, on se lasse assez vite. Le dessin de David De Thuin est sympathique, à la fois expressif et décomplexé, mais cela ne suffit pas à faire passer la pilule un peu lourde de l'histoire. Dommage, donc.
La Visite au Struthof, camp méconnu
Elles sont nombreuses les BD qui parlent de la Shoah, des actes de barbarie perpétrés par les Nazis avant et pendant la deuxième guerre mondiale. On parle beaucoup de camps de concentration et d'extermination tels qu'Auschwitz ou Dachau, mais on oublie qu'il y en a eu un sur le territoire français, en Alsace. C'est ainsi que Yaël Hassan, autrice "spécialiste" de la Shoah et de la seconde guerre mondiale, a voulu mettre la lumière que ce site, au travers de l'histoire de Simon, un collégien de la région, et de sa grand-mère, elle-même fille d'une déportée, qui vont visiter ce camp. On est vraiment dans leurs pas, d'abord dans la préparation, avec notamment la transmission du témoignage familial. Et lorsque le groupe arrive au Struthof, on nous explique bien comment le camp était organisé, sur beaucoup de plans. La guide sur place ne manque pas de livrer plusieurs anecdotes, de donner des noms, car comme l'indique le prof de la classe, il faut penser aux personnes déportées, exécutées ou mortes des privations comme à une multitude d'individus, qui avaient une famille, des rêves, des émotions, et non comme une masse informe, anonyme. Le camp subsiste sous la forme d'un lieu de mémoire, d'exposition, avec des photos, des films, des textes, des œuvres d'art inspirées par cette immense tragédie. On est bien sûr horrifiés, comme ces enfants, de ce qu'il s'est passé sur ce camp installé sur le Mont Louise, un lieu choisi pour son gisement de granite rose. Un récit tétanisant, mais mené de main de maître par Yaël Hassan. On peut s'tonner de prime abord du choix de Marc Lizano pour illustrer cette histoire. Il est en effet essentiellement connu pour ses albums destinés à la jeunesse, avec son trait faussement naïf, ses personnages aux grosses têtes rondes. Mais on peut comprendre ce choix par le prisme de certains de ses albums précédents, comme L'Enfant cachée ou encore Un Grand-père tombé du ciel. Son dessin expressif se prête en effet à merveille à traiter de sujets parmi les plus graves. Au-delà de cette visite, fictive mais fortement inspirée de ce que les enfants du secteur ont pu vivre et voir, l'album est complété par un cahier didactique, destiné aux jeunes générations, comportant plusieurs lexiques sur la déportation, la Résistance ainsi que la biographie d'une dizaine de déportés cités dans la BD. Essentiel.
The strange house
Il me faut remonter à l’excellent « Burn the House Down » pour retrouver un premier tome aussi accrocheur dans cette catégorie des manga thriller. Le concept est original puisqu’il repose sur l’architecture étrange de certaines maisons. Celles-ci offrent des configurations étranges et le personnage principal de la série va vite se convaincre que cette configuration n’est pas accidentelle mais permet à ses occupants de perpétrer des meurtres sans risquer d’être vus par leurs voisins. L’ambiance et la tension sont bien présentes et au bout de ce premier tome, ma curiosité est fameusement titillée. Je sais déjà que je me ruerai sur le tome 2. Niveau dessin, rien d’exceptionnel mais un trait bien lisible, des personnages bien typés et une attention bien entendu toute particulière a été accordée à l’architecture des bâtiments. Vraiment très accrocheur ! Petite mise à jour après lecture du deuxième tome : c'est toujours aussi bon !
Mile end
2.5 Un peu déçu par cet album. J'avais bien aimé ''Nunavik'' du même auteur et je pensais retrouver une œuvre de qualité similaire, mais ce ne fut pas le cas. Il faut dire aussi que dans Nunavik, l'auteur nous faisait découvrir une partie du monde au final peu connue étant donné que les moyens de transports pour s'y rendre sont limités alors qu'ici on est dans une grande ville comme il y en a partout dans le monde. Sérieux, on aurait pu juste changer un ou deux trucs comme l'accent des personnages et l'action aurait pu se passer dans n'importe quelle ville occidentale. Les anecdotes en sont pas totalement nuls, mais elles sont souvent des tranches de vies un peu banal du genre l'auteur rencontre un sans-abris qui a clairement un problème mental. C'est seulement dépaysant si on a passé toute sa vie dans un milieu rural. En plus, plus j'avançais dans ma lecture, plus je trouvais que les anecdotes perdaient de leur intérêt comme si l'auteur ne savait plus trop quoi raconter pour que son album atteint le minimum de page requis pour se faire publier. C'est pas totalement, le dessin est pas mal et ça se lit bien (peut-être même que ça se lit trop vite), mais voilà elle ne sort pas du lot de toutes les bandes dessinées autobiographiques qui existent.
Oneira - L'Ere des Souverains
Oneira – L’Ere des Souverains est la suite directe d’Oneira. On peut même clairement parler de nouvel arc plutôt que d’une nouvelle série. L’éditeur a cependant choisi de recommencer la numérotation à 1 et d’ajouter un sous-titre à cet arc mais ne vous y trompez pas : si vous comptez vous lancer dans cet univers de dark fantasy, il vous faudra lire Oneira au préalable (même si un rapide résumé en début de récit permet d’en comprendre (ou de se remémorer) l’essentiel). Nous retrouvons donc les principaux protagonistes d’Oneira (Arane, Venus, Bastione) alors qu’ils débarquent à Alba, la capitale du royaume. Et si le premier arc se concentrait d’abord sur l’univers, le concept de monstres-cauchemars et le passé des différents acteurs, ce nouvel arc nous entraine directement au cœur de l’intrigue. Une intrigue qui va se développer sur plusieurs axes (des luttes d’influence, les machinations d’une étrange secte et la nature même de Venus, dotée par ses origines de pouvoirs extraordinaires) et expose directement une grande richesse. Peu de combats dans ce premier tome (par rapport à certains tomes du premier cycle) et ce n’est pas plus mal pour moi car ceux-ci, ainsi que l’apparence des créatures cauchemardesques me sont toujours aussi difficiles à lire. Cet aspect demeure le point faible de la série, à mes yeux, alors même que le dessin est de qualité (avec, entre autres, des décors très riches et soignés et des personnages bien typés). L’histoire est prenante et le fait que diverses intriguent s’entremêlent relance sans cesse mon intérêt pour la série. De plus, le passé de divers acteurs et la découverte de nouvelles régions contribuent eux aussi à ma curiosité. J’ai donc lu ce premier tome du deuxième arc avec beaucoup de plaisir et l’envie de connaître la suite est bien réelle. Reste ce problème de lisibilité sur certaines scènes mais, pour le reste, l’univers, l’originalité du concept ou le soin accordé par les auteurs (et l’éditeur qui croit très clairement au projet), je ne peux que recommander cette série (même s’il vous faudra certainement lire le premier arc pour pleinement profiter d’Oneira – L’Ere des Souverains.
Oneira
Oneira est une série de dark fantasy qui a su rapidement s’imposer grâce à la richesse de son univers et au charisme de son héroïne, Arane. La série s’articule autour de nombreux flash-backs qui nous permettent de découvrir à la fois cet univers singuliers (dans lequel des cauchemars se matérialisent en profitant des humains qui les engendrent en rêvant) et le passé des différents acteurs. Nous sommes ainsi plongés dans un univers très sombre dont les mystères, drames et enjeux nous sont dévoilés progressivement. Si j’aime bien le concept, si le soin accordé à l’univers est impressionnant (outre les mangas, les auteurs offrent aussi pas mal de bonus via le net – courtes nouvelles romancées, liste de titres à écouter en lisant les albums, dessins bonus, etc… ), si je me suis attaché aux différents acteurs et si je suis curieux de découvrir leur destinée, il y a tout de même trois points qui me posent problème : la représentation graphique des combats et des monstres-cauchemars (pas toujours évidente à lire), les explications données au sujet des différents types de cauchemars et leur façon de fonctionner, et enfin le fait que les attaques lancées lors des combats soient annoncés avec des noms un peu trop sérieux à mon goût (à titre de comparaison, les noms des attaques dans Demon Slayer sont tellement décalés qu’ils créent un effet comique que j’apprécie. Ici, il n’en est rien). La série, présentée comme terminée en quatre tomes, ne constitue en fait qu’un premier arc tant il reste de questions en suspens à la fin du tome 4. Celui-ci se conclut toutefois après les premières grandes révélations et alors que le premier grand combat se termine. S’il n’y avait eu ce problème de lecture des scènes de combat, j’aurais vraiment beaucoup apprécié cette série. En l’état, je l’ai quand même suivie jusqu’à son terme, curieux d’en découvrir plus sur l’univers et attaché que j’étais à ses personnages principaux. J’ai même enchainé avec le nouvel arc, Oneira - L'Ere des Souverains. Pas parfait mais suffisamment prenant pour que j’en conseille la lecture aux amateurs du genre.
In the land of leadale
In the land of leadale est un isekai, un de ces mangas de plus en plus nombreux où le héros se retrouve réincarné dans un monde parallèle où il va pouvoir commencer une nouvelle vie. Ici, l'héroïne était une grande joueuse d'un jeu vidéo MMORPG du type World of Warcraft mais en réalité virtuelle, clouée dans un lit d'hopital suite à un tragique accident. Jusqu'au jour où, peut-être suite à sa mort dans la vie réelle, elle se réveille pour de bon dans l'univers du jeu, mais 200 ans après l'époque où elle y jouait. Elle a néanmoins conservé son très haut niveau de puissance, ses inombrables artefacts et même la tour gigantesque qu'elle s'y était bâtie. Mais elle ne comprend pas ce qu'elle fait là, pourquoi 200 ans ont passé, et elle ne sait pas si d'autres joueurs sont présents dans le jeu, au-delà des habitants PNJ. C'est un manga de bonne facture, avec un beau dessin certes classique dans le style mais très maîtrisé. La trame de l'intrigue est également classique pour qui a lu plusieurs isekai auparavant, mais elle se distingue par quelques aspects. Pour commencer le fait que l'héroïne connaisse très bien l'univers dans lequel elle débarque même s'il lui manque deux siècles d'historique sur les changements qui ont pu s'y dérouler. Son niveau de puissance et de magie est tel qu'elle survole les dangers et peut faire un peu ce qu'elle veut même si elle préfère rester discrète sur sa véritable nature et ses pouvoirs, notamment pour maintenir une bonne réputation auprès de la population. Ensuite il y a ce double mystère. D'abord sur la raison qui l'a amenée à être ainsi réincarnée dans ce jeu et savoir si elle est réellement morte dans la vraie vie ou pas. Ensuite sur ce qu'il s'est passé dans ce monde virtuel en deux siècles, ce que sont devenus les PNJ dont elle était proche à l'époque, et surtout sur la présence ou non d'autres humains avec elle. Et enfin, il s'agit pour l'héroïne de savoir ce qu'elle va bien faire de sa nouvelle vie. Car pour ce qui est de l'entame du récit, elle est déjà au sommet de sa puissance dès le départ donc elle se retrouve plutôt dans une sorte de grand bac à sable où elle pourrait faire ce qu'elle veut, comme par exemple se contenter de développer le petit village où elle a atterri mais où heureusement elle ne restera que le temps d'un seul album. Aussi plaisante que soit la mise en place de cette série, elle présente tout de même le défaut de ne pas avoir de véritable intrigue globale. L'héroïne se contente d'évoluer dans ce monde qu'elle connaissait mais qui a tellement changé, et de découvrir la nouvelle situation, sans pour autant que d'éventuels antagonistes ou une vraie quête n'apparaissent. En fait d'Isekai, on se retrouve parfois davantage dans le genre Iyashikei, ce sous-genre de manga tranche de vie, représentant des personnages vivant des vies paisibles dans des environnements apaisants. Ce qui fait qu'au fil des tomes, la série... devient un peu ennuyeuse à mon goût. En attendant c'est une lecture légère et divertissante, ce type d'histoire qu'on se raconte et où le héros est tout puissant mais garde cela discrètement pour lui en se contentant d'aider ceux qui l'entourent et d'évoluer dans un monde qui lui plait. A lire pour le plaisir, mais ça aurait été mieux si une véritable intrigue de fond avait fini par se mettre en place.
Sous le Paradis
Après la déception Manara et son Rendez-vous fatal, voilà un bien bel ouvrage que ce "Sous le Paradis" de Gabriele Di Caro 12 petites histoires de 2-5 pages, aux scénarios différents mais ayant en commun de mettre en scène de belles jeunes femmes, permettent une approche "voyeuriste" assez intéressante. Contrairement à l'oeuvre précédemment citée de Manara, ici la femme semble respectée et tout est fait pour son plaisir. Cela change et se révèle bien plus agréable à lire. De même si on est bien dans un style pornographique, je n'ai pas ressenti la même "brutalité" que dans Chambre 121 d'Igor. Là encore je pense que le fait d'être confronté aux plaisirs, solitaires ou non, des dames y est pour beaucoup. Graphiquement il n'y a rien à redire aux dessins très suggestifs, voire appétissants, si vous me permettez mesdames, de Di Caro. C'est simple et beau. Au final Sous le Paradis aura parfaitement rempli son rôle et je tiens enfin mon ouvrage référence du genre. Hâte de voir comment Di Caro s'en sort avec un scénario plus fourni dans Les Arcanes de la Maison Fleury.