Alix est très inégal, dur à noter, donc… J'ai commencé par Les légions perdues, savoir la scène où un homme fuit sur un toit, une nuit d'orage, avec ce qui s'avère l'épée de Brennus. L'architecture était là, mais le mouvement, l'ombre et la lumière, aussi, pour une fois.. Le pitoyable Enac, non, ce boulet gaffeur et ingrat. Quel bon souvenir !
Quelle facilité du scénario, cet Enac, il est là comme dans certaines histoires la femme pour attirer des ennuis faisant les aventures du héros ! Arbacès est un méchant intéressant, et méchant, méchant, il ne gouverne pas si mal que ça, quand d'aventure il a le pouvoir usurpé au descendant d'Oribal. Est-il vraiment pire que César, avec qui Alix a des relations intéressantes ? Et Vercingétorix était-il un bon ou un mauvais chef ? En tout cas, l'auteur lui donne une fin plus belle que celle de finir sacrifié à la fin du triomphe de César !
Alix est étrangement proche des esclaves pour l'époque, ce qui est dur à croire, même pour un ancien esclave, vu que les affranchis, les esclaves mêmes pouvaient avoir des esclaves… et n'étaient pas connus pour leur faire de cadeaux.
Iorix était-il un bon ou un mauvais dirigeant ? J'ai l'impression que l'auteur se pose souvent ce genre de questions. Mais malgré une tonne de documentation, je trouve la série bien irréaliste avec son héros sans peur et sans reproche chevaleresque, sauf quand il enterre des ennemis ou parle à la foule : le respect des dépouilles mortelles et l'art oratoire très important à l'époque.
Murena est bien plus réaliste… Mais des enfants pourraient-ils le lire ?
Une bd relativement brute de décoffrage.
Un ouvrage sincère et qui cible précisément son sujet : son enfance et le début de sa sexualité (chaotique) ainsi que toute son éducation (chrétienne et haute bourgeoisie) qui l'a construite... et tordue.
Je trouve qu'il y a une colère de fond et une vitalité qui donne un punch à cette bd.
Qualité plutôt rare aussi, l'autrice réussie à mettre des mots, à expliquer des ressentis, parfois subtils, de ce que l'on ressent et qu'on ne comprend qu'à moitié et pourtant complètement, lors que l'on est enfant. Il y a également un regard à la fois de l'enfant qu'elle était et d'aujourd'hui sur ses parents.
Au fond, malgré une éducation chrétienne mortifère, il y a beaucoup de vie qui ne demande qu'à se libérer, et rien ne l'arrête !
J'ai lu les 2 tomes à la suite sans les lâcher.
Comme quasiment l'ensemble de l'humanité (l'ensemble des espèces sentientes et douées de langage je serais même tentée de dire) je suis fascinée par la mort. Qu'on la craigne ou qu'on l'ignore elle reste un part importante de la vie, sa finalité, ce qui lui donne un sens nous dirait même beaucoup de philosophes. Alors les récits portés sur ce sujet, moi comme d'autres, ça fascine.
Comme beaucoup de gens et d'artistes avant lui, Bablet décide dans cet album de se pencher sur la question de la mortalité et du sens qu'elle donne à notre vie, qu'on lui donne aussi, en suivant l'histoire d'un individu qui ne peut tout simplement pas mourir.
Envié par les gens avides de pouvoir, jalousé, haï même par certaines personnes le considérant comme responsable des nombreuses guerres voyant le jour en son nom (mais sans son consentement), notre protagoniste est accablé. Nous ne connaissons pas son nom, nous n'en avons pas besoin et, de toute façon, lui-même l'a oublié. Il a oublié de nombreuses choses, c'est le problème d'avoir vécu déjà mille an. Il erre a travers le monde en quête de quelque chose, d'une réponse à ses questions, d'une raison à son existence, oubliant parfois en route mais continuant d'avancer car désespéré.
Qu'il s'agisse de la postérité artistique, des histoires et légendes, de l'enfantement, des contacts et liens humains, des souvenirs, … tout ce qui a trait de près ou de loin au concept de vie et de mort, de souvenir et d'éternité sera traité ici. L'aventure de notre protagoniste est décousue, il avance, il rencontre des gens qui le font se questionner ou lui rappelle des souvenirs, puis il repart et oublie malgré lui.
Je me garde de trop vous en dire parce que l'œuvre m'a parue portée sur la réflexion et aurait donc tout le mérite d'être découverte.
C'est du Bablet classique, on retrouve son goût pour les questionnements philosophiques, les récits sur les liens humains, ses personnages anguleux caractéristiques (que je trouve personnellement très beaux) ou encore son amour pour les machines (il n'yen a techniquement pas, mis à part Talos, mais les armures et certains décors ont presque des allures de SF mêlée à des décors de Grèce Antique).
Une de ses première œuvres si je ne dis pas de bêtise, je l'ai trouvée très intéressante - même si pas autant aboutie qu'on pu être certaines de ses œuvres postérieures. Sans doute la narration est ici un peu trop flottante, un peu trop décousue pour être encensée, même moi qui l'ai pas mal appréciée ne me montrerait pas excessivement dithyrambique ici, pourtant je me montrerais tout de même un tantinet généreuse dans ma note. Parce que j'aime les tragédies grecques, les réflexions sur la condition humaine et les récits fantastique doux-amers.
(Note réelle 3,5)
Il y a des choses intéressantes dans cet album, tout n’est clairement pas à jeter. Mais je me suis assez rapidement ennuyé en le lisant.
En effet, ce pavé de près de 500 pages s’étale trop, les longueurs se succèdent, au point que j’ai eu beaucoup de mal à me captiver pour les personnages, et pour l’histoire.
Un groupe de personnes appartenant à diverses catégories sociales, se trouve bousculé par le retour à la surface d’une affaire vieille d’une vingtaine d’années. Le côté polar (genre affaire terroriste « cold case ») est peu palpitant.
L’auteure développe aussi certains aspects sociaux pas inintéressants, avec des catégories définies par leur couleur de cheveux, les « bleus » représentant semble-t-il les catégories défavorisées et stigmatisées (étrangers, jeunes de cités, etc. ?). Mais même cet aspect peine à être exploiter à fond, et il n’apporte finalement pas grand-chose à l’intrigue.
Ce qui m’a aussi empêché de bien entrer dans ma lecture – et ensuite de l’apprécier – c’est aussi un dessin que je n’ai pas trop aimé. Inégal et pas exempt de défauts, il est lisible, mais, à l’instar de l’intrigue, il ne m’a pas emballé.
Je serai un poil plus mitigé au sujet de cette série dont je n'ai lu pour l'heure que l'épisode intitulé Le renard de Roman.
Ce qui m'a attiré dans cette série est une somme de micro-détails totalement subjectifs : la couverture d'une part, superbe. L'idée de la série qui consiste à s'intéresser à une tradition, sorte de rite initiatique qui voit chaque individu censé accomplir un voyage une fois parvenu à l'âge adulte (le Folklore donc), idée par ailleurs soutenue par le fait que chaque épisode soit réalisé par un(e) dessinateur-trice différent(e). Enfin, le jeu de mot du titre qui laissait entrevoir des traits d'esprit et des références tout azimut.
Cet épisode est très étrange graphiquement. Le dessin apparait un poil maladroit avec des perspectives un peu hésitantes.
Le scénario est dans l'ensemble un peu plat. Le moins que l'on puisse dire est qu'il ne se passe pas grand chose. Quelques passages demeurent un peu trop elliptiques à mon sens, la rendant peut-être difficile d'accès pour les plus jeunes. En effet, le thème (grandir/s'affranchir de la sphère parentale) est délicat, d'autant plus que tout aujourd'hui concoure à casser les liens entre les générations le plus tôt possible ; à titre d'exemple, on pourra évoquer le cas des gros patrons de la tech, dont ce %&£$@# de Zuckerberg, qui financent des études sur le développement neuronal du cerveau chez les plus jeunes et envisagent à créer un réseau social pour les plus de 3 ans, et ce n'est pas une blague ! M'enfin bref ! J'ai passé une bonne partie de ma lecture à me demander à qui s'adressait réellement cette BD, même si la fin est plus claire.
Au final, j'ai trouvé ça pas mal, sans plus, avec un soupçon de déception dans la bouche. J'attend la lecture de l'autre épisode disponible pour éventuellement rectifié mon avis. Je reste pour l'heure circonspect.
Le deuxième tome intitulé La mécanique des rêves, qui n'est pas une suite d'ailleurs mais une autre histoire suivant le même principe de folklore, est nettement plus convaincante, tant par le dessin que par le sens qui apparait de manière bien plus saisissable.
Une des premières publications d’Amazing Ameziane sans doute. Il s’offrait là un petit exercice de style.
C’est un récit qui plaira sans doute aux amateurs de polars testostéronnés, avec moult entourloupes et empilement de cadavres. En effet, tout est misé sur le rythme les rebondissements, dans une violence assumée.
Pour accentuer ce rythme, Ameziane multiplie les flash-backs, et ce découpage – qui finalement ne hache pas trop inutilement le récit – distille au compte-gouttes les révélations.
Il y a certes quelques facilités, mais globalement, si on fait abstraction de la psychologie des personnages, et de l’attente d’une intrigue profonde, cette histoire de succession brutale au sein de la mafia de Las Vegas se laisse lire agréablement. Même si, faute d’originalité et de profondeur, elle ne restera pas non plus dans les mémoires. Mais dans ce genre simple et codifié, c’est plutôt bien fait.
Le dessin fait lui aussi le boulot, sans fioriture, avec une colorisation volontairement très sombre.
Une lecture détente/défouloir pour amateurs du genre ne cherchant pas forcément à sortir de leur zone de confort.
Formidable ! La suite est dispensable. Le trait ? Délicieusement vif, tendre et juste ce qu'il faut dans les couleurs pour faire un peu désuet, d'époque. Je m'étonne encore qu'on ait pu concilier l'humour de Spirou avec l'enfance et l'arrivée de la guerre. Les autres personnages ne sont pas mal non plus ! Et comme la narration avance, entre tendresse, drame, amour naissante et gag ! D'ailleurs, parfois, le gag et le drame ne font qu'un. Je vise Fantasio, une catastrophe, et encore plus l'écureuil… L'hôtel est un milieu bien décrit, les gamins, dans la rue, ne sont pas idéalisés, le grand amour de Spirou n'est pas de tout repos. Du grand art !
Une série jeunesse très sympathique !
Des dessins stylisés, avec un petit parti pris graphique tout en restant très accessible. Les dessins (et donc les albums) gagneraient même à être édités sur un format un peu plus grand. Ça fait plaisir.
Chaque tome à son ambiance, notamment sur les couleurs.
Les personnages sont attachants et les histoires bien rythmées.
En tant qu'adulte je trouve ça très agréable à lire !
Une vraie réussite.
Excellente série.
Des scénarios intéressants, bien découpés, rythmés. Des dessins (et une colorisation ! ) très beaux.
Ce personnage hautement sympathique dans la série de Spirou, débonnaire, tête en l'air et débrayé, est à contrario dans sa jeunesse plus posé et sérieux. C'est un parti pris bien trouvé à mon sens, inattendu et bienvenu.
Il a été choisi par les auteurs de l'ancrer dans l'histoire, où il côtoie des personnages historiques célèbres. Cette période se situe durant la seconde guerre mondiale et donne une tonalité de fond sérieux, de grisaille, voire d'un certain pessimisme. Ce qui détone également avec ce personnage truculent et joyeux que le Comte de Champignac est dans la série Spirou.
Après la lecture des 4 premiers tomes, je trouve cette série pour le moment très réussie !
Dans le 4ième tome l'idée d'inclure son amoureuse dans l'histoire est une excellente idée. Je n'en dis pas plus pour ne pas divulgâcher !
Ouh, pas vraiment bonne cette biographie ! Je me suis forcé à la finir pour l'entrer sur le site mais j'avais pas envie de la finir, c'est dire.
J'aime beaucoup Angela Davis, une femme noire militante des droits humains, communiste et lesbienne dans les années 70. Disons que c'est pas un personnage ordinaire, professeure de philosophie et parlant très bien français de plus, une femme toujours sûre de nos jours dont les interviews en français sont consultables facilement en ligne. Bref une figure inspirante que j'avais envie de plus découvrir !
Et ben en sortant de cette BD, je ne connais rien de plus sur elle. Et c'est décevant. La BD est construite de façon à parler surtout des années 60 jusqu'à son emprisonnement début 70, son procès et sa libération. Sauf que la BD est un enchainement de réunion des clubs (notamment affiliés au Black Panthers), de coups de téléphone et d'échanges. Rien ne semble naturel, et je n'ai jamais compris où on était, ce qu'on faisait là. L'engagement d'Angela est définie avant la BD, jamais présenté, jamais détaillé, jamais contextualisé. Il manque toute la valeur du documentaire : les informations autour, le contexte (jamais détaillé), la pensée de Angela dans son ensemble, sa vie d'après, l'importance de son procès qui est construit comme un climax alors qu'il est présenté en deux pages. J'étais vite lassé des dialogues dont je ne comprenais ni le sens ni l'intérêt, jusqu'à un final qui semble vouloir montrer l'importance de tout ça sauf que rien n'est correctement introduit avant et permettrait de comprendre l'ensemble de sa vie.
Une biographie que je ne peux pas recommander, donc, d'autant que le dessin est franchement pas fameux. Les personnages sont assez raides et pas très détaillés, le graphisme est simple et pas toujours très clair, d'autant que l'enchainement ne fait pas toujours fluide. On dirait une biographie de commande mais l'autrice semble réellement avoir de l'intérêt pour la vie d'Angela Davis, et je trouve ça dommage qu'elle rate à ce point. C'est lisible mais franchement pas compréhensible. La fiche wikipédia m'a permis de comprendre pas mal d'éléments de la BD, et ça n'est pas normal que j'ai du faire des recherches extérieurs pour mieux comprendre.
De fait, je pense que pour comprendre cette femme admirable, je vais aller me pencher sur ses bouquins traduits en français.
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Alix
Alix est très inégal, dur à noter, donc… J'ai commencé par Les légions perdues, savoir la scène où un homme fuit sur un toit, une nuit d'orage, avec ce qui s'avère l'épée de Brennus. L'architecture était là, mais le mouvement, l'ombre et la lumière, aussi, pour une fois.. Le pitoyable Enac, non, ce boulet gaffeur et ingrat. Quel bon souvenir ! Quelle facilité du scénario, cet Enac, il est là comme dans certaines histoires la femme pour attirer des ennuis faisant les aventures du héros ! Arbacès est un méchant intéressant, et méchant, méchant, il ne gouverne pas si mal que ça, quand d'aventure il a le pouvoir usurpé au descendant d'Oribal. Est-il vraiment pire que César, avec qui Alix a des relations intéressantes ? Et Vercingétorix était-il un bon ou un mauvais chef ? En tout cas, l'auteur lui donne une fin plus belle que celle de finir sacrifié à la fin du triomphe de César ! Alix est étrangement proche des esclaves pour l'époque, ce qui est dur à croire, même pour un ancien esclave, vu que les affranchis, les esclaves mêmes pouvaient avoir des esclaves… et n'étaient pas connus pour leur faire de cadeaux. Iorix était-il un bon ou un mauvais dirigeant ? J'ai l'impression que l'auteur se pose souvent ce genre de questions. Mais malgré une tonne de documentation, je trouve la série bien irréaliste avec son héros sans peur et sans reproche chevaleresque, sauf quand il enterre des ennemis ou parle à la foule : le respect des dépouilles mortelles et l'art oratoire très important à l'époque. Murena est bien plus réaliste… Mais des enfants pourraient-ils le lire ?
Pucelle
Une bd relativement brute de décoffrage. Un ouvrage sincère et qui cible précisément son sujet : son enfance et le début de sa sexualité (chaotique) ainsi que toute son éducation (chrétienne et haute bourgeoisie) qui l'a construite... et tordue. Je trouve qu'il y a une colère de fond et une vitalité qui donne un punch à cette bd. Qualité plutôt rare aussi, l'autrice réussie à mettre des mots, à expliquer des ressentis, parfois subtils, de ce que l'on ressent et qu'on ne comprend qu'à moitié et pourtant complètement, lors que l'on est enfant. Il y a également un regard à la fois de l'enfant qu'elle était et d'aujourd'hui sur ses parents. Au fond, malgré une éducation chrétienne mortifère, il y a beaucoup de vie qui ne demande qu'à se libérer, et rien ne l'arrête ! J'ai lu les 2 tomes à la suite sans les lâcher.
Adrastée
Comme quasiment l'ensemble de l'humanité (l'ensemble des espèces sentientes et douées de langage je serais même tentée de dire) je suis fascinée par la mort. Qu'on la craigne ou qu'on l'ignore elle reste un part importante de la vie, sa finalité, ce qui lui donne un sens nous dirait même beaucoup de philosophes. Alors les récits portés sur ce sujet, moi comme d'autres, ça fascine. Comme beaucoup de gens et d'artistes avant lui, Bablet décide dans cet album de se pencher sur la question de la mortalité et du sens qu'elle donne à notre vie, qu'on lui donne aussi, en suivant l'histoire d'un individu qui ne peut tout simplement pas mourir. Envié par les gens avides de pouvoir, jalousé, haï même par certaines personnes le considérant comme responsable des nombreuses guerres voyant le jour en son nom (mais sans son consentement), notre protagoniste est accablé. Nous ne connaissons pas son nom, nous n'en avons pas besoin et, de toute façon, lui-même l'a oublié. Il a oublié de nombreuses choses, c'est le problème d'avoir vécu déjà mille an. Il erre a travers le monde en quête de quelque chose, d'une réponse à ses questions, d'une raison à son existence, oubliant parfois en route mais continuant d'avancer car désespéré. Qu'il s'agisse de la postérité artistique, des histoires et légendes, de l'enfantement, des contacts et liens humains, des souvenirs, … tout ce qui a trait de près ou de loin au concept de vie et de mort, de souvenir et d'éternité sera traité ici. L'aventure de notre protagoniste est décousue, il avance, il rencontre des gens qui le font se questionner ou lui rappelle des souvenirs, puis il repart et oublie malgré lui. Je me garde de trop vous en dire parce que l'œuvre m'a parue portée sur la réflexion et aurait donc tout le mérite d'être découverte. C'est du Bablet classique, on retrouve son goût pour les questionnements philosophiques, les récits sur les liens humains, ses personnages anguleux caractéristiques (que je trouve personnellement très beaux) ou encore son amour pour les machines (il n'yen a techniquement pas, mis à part Talos, mais les armures et certains décors ont presque des allures de SF mêlée à des décors de Grèce Antique). Une de ses première œuvres si je ne dis pas de bêtise, je l'ai trouvée très intéressante - même si pas autant aboutie qu'on pu être certaines de ses œuvres postérieures. Sans doute la narration est ici un peu trop flottante, un peu trop décousue pour être encensée, même moi qui l'ai pas mal appréciée ne me montrerait pas excessivement dithyrambique ici, pourtant je me montrerais tout de même un tantinet généreuse dans ma note. Parce que j'aime les tragédies grecques, les réflexions sur la condition humaine et les récits fantastique doux-amers. (Note réelle 3,5)
Cyan
Il y a des choses intéressantes dans cet album, tout n’est clairement pas à jeter. Mais je me suis assez rapidement ennuyé en le lisant. En effet, ce pavé de près de 500 pages s’étale trop, les longueurs se succèdent, au point que j’ai eu beaucoup de mal à me captiver pour les personnages, et pour l’histoire. Un groupe de personnes appartenant à diverses catégories sociales, se trouve bousculé par le retour à la surface d’une affaire vieille d’une vingtaine d’années. Le côté polar (genre affaire terroriste « cold case ») est peu palpitant. L’auteure développe aussi certains aspects sociaux pas inintéressants, avec des catégories définies par leur couleur de cheveux, les « bleus » représentant semble-t-il les catégories défavorisées et stigmatisées (étrangers, jeunes de cités, etc. ?). Mais même cet aspect peine à être exploiter à fond, et il n’apporte finalement pas grand-chose à l’intrigue. Ce qui m’a aussi empêché de bien entrer dans ma lecture – et ensuite de l’apprécier – c’est aussi un dessin que je n’ai pas trop aimé. Inégal et pas exempt de défauts, il est lisible, mais, à l’instar de l’intrigue, il ne m’a pas emballé.
FolkLore
Je serai un poil plus mitigé au sujet de cette série dont je n'ai lu pour l'heure que l'épisode intitulé Le renard de Roman. Ce qui m'a attiré dans cette série est une somme de micro-détails totalement subjectifs : la couverture d'une part, superbe. L'idée de la série qui consiste à s'intéresser à une tradition, sorte de rite initiatique qui voit chaque individu censé accomplir un voyage une fois parvenu à l'âge adulte (le Folklore donc), idée par ailleurs soutenue par le fait que chaque épisode soit réalisé par un(e) dessinateur-trice différent(e). Enfin, le jeu de mot du titre qui laissait entrevoir des traits d'esprit et des références tout azimut. Cet épisode est très étrange graphiquement. Le dessin apparait un poil maladroit avec des perspectives un peu hésitantes. Le scénario est dans l'ensemble un peu plat. Le moins que l'on puisse dire est qu'il ne se passe pas grand chose. Quelques passages demeurent un peu trop elliptiques à mon sens, la rendant peut-être difficile d'accès pour les plus jeunes. En effet, le thème (grandir/s'affranchir de la sphère parentale) est délicat, d'autant plus que tout aujourd'hui concoure à casser les liens entre les générations le plus tôt possible ; à titre d'exemple, on pourra évoquer le cas des gros patrons de la tech, dont ce %&£$@# de Zuckerberg, qui financent des études sur le développement neuronal du cerveau chez les plus jeunes et envisagent à créer un réseau social pour les plus de 3 ans, et ce n'est pas une blague ! M'enfin bref ! J'ai passé une bonne partie de ma lecture à me demander à qui s'adressait réellement cette BD, même si la fin est plus claire. Au final, j'ai trouvé ça pas mal, sans plus, avec un soupçon de déception dans la bouche. J'attend la lecture de l'autre épisode disponible pour éventuellement rectifié mon avis. Je reste pour l'heure circonspect. Le deuxième tome intitulé La mécanique des rêves, qui n'est pas une suite d'ailleurs mais une autre histoire suivant le même principe de folklore, est nettement plus convaincante, tant par le dessin que par le sens qui apparait de manière bien plus saisissable.
Bag Men
Une des premières publications d’Amazing Ameziane sans doute. Il s’offrait là un petit exercice de style. C’est un récit qui plaira sans doute aux amateurs de polars testostéronnés, avec moult entourloupes et empilement de cadavres. En effet, tout est misé sur le rythme les rebondissements, dans une violence assumée. Pour accentuer ce rythme, Ameziane multiplie les flash-backs, et ce découpage – qui finalement ne hache pas trop inutilement le récit – distille au compte-gouttes les révélations. Il y a certes quelques facilités, mais globalement, si on fait abstraction de la psychologie des personnages, et de l’attente d’une intrigue profonde, cette histoire de succession brutale au sein de la mafia de Las Vegas se laisse lire agréablement. Même si, faute d’originalité et de profondeur, elle ne restera pas non plus dans les mémoires. Mais dans ce genre simple et codifié, c’est plutôt bien fait. Le dessin fait lui aussi le boulot, sans fioriture, avec une colorisation volontairement très sombre. Une lecture détente/défouloir pour amateurs du genre ne cherchant pas forcément à sortir de leur zone de confort.
Le Spirou d'Emile Bravo - Le journal d'un ingénu
Formidable ! La suite est dispensable. Le trait ? Délicieusement vif, tendre et juste ce qu'il faut dans les couleurs pour faire un peu désuet, d'époque. Je m'étonne encore qu'on ait pu concilier l'humour de Spirou avec l'enfance et l'arrivée de la guerre. Les autres personnages ne sont pas mal non plus ! Et comme la narration avance, entre tendresse, drame, amour naissante et gag ! D'ailleurs, parfois, le gag et le drame ne font qu'un. Je vise Fantasio, une catastrophe, et encore plus l'écureuil… L'hôtel est un milieu bien décrit, les gamins, dans la rue, ne sont pas idéalisés, le grand amour de Spirou n'est pas de tout repos. Du grand art !
Astrid Bromure
Une série jeunesse très sympathique ! Des dessins stylisés, avec un petit parti pris graphique tout en restant très accessible. Les dessins (et donc les albums) gagneraient même à être édités sur un format un peu plus grand. Ça fait plaisir. Chaque tome à son ambiance, notamment sur les couleurs. Les personnages sont attachants et les histoires bien rythmées. En tant qu'adulte je trouve ça très agréable à lire ! Une vraie réussite.
Champignac
Excellente série. Des scénarios intéressants, bien découpés, rythmés. Des dessins (et une colorisation ! ) très beaux. Ce personnage hautement sympathique dans la série de Spirou, débonnaire, tête en l'air et débrayé, est à contrario dans sa jeunesse plus posé et sérieux. C'est un parti pris bien trouvé à mon sens, inattendu et bienvenu. Il a été choisi par les auteurs de l'ancrer dans l'histoire, où il côtoie des personnages historiques célèbres. Cette période se situe durant la seconde guerre mondiale et donne une tonalité de fond sérieux, de grisaille, voire d'un certain pessimisme. Ce qui détone également avec ce personnage truculent et joyeux que le Comte de Champignac est dans la série Spirou. Après la lecture des 4 premiers tomes, je trouve cette série pour le moment très réussie ! Dans le 4ième tome l'idée d'inclure son amoureuse dans l'histoire est une excellente idée. Je n'en dis pas plus pour ne pas divulgâcher !
Angela Davis
Ouh, pas vraiment bonne cette biographie ! Je me suis forcé à la finir pour l'entrer sur le site mais j'avais pas envie de la finir, c'est dire. J'aime beaucoup Angela Davis, une femme noire militante des droits humains, communiste et lesbienne dans les années 70. Disons que c'est pas un personnage ordinaire, professeure de philosophie et parlant très bien français de plus, une femme toujours sûre de nos jours dont les interviews en français sont consultables facilement en ligne. Bref une figure inspirante que j'avais envie de plus découvrir ! Et ben en sortant de cette BD, je ne connais rien de plus sur elle. Et c'est décevant. La BD est construite de façon à parler surtout des années 60 jusqu'à son emprisonnement début 70, son procès et sa libération. Sauf que la BD est un enchainement de réunion des clubs (notamment affiliés au Black Panthers), de coups de téléphone et d'échanges. Rien ne semble naturel, et je n'ai jamais compris où on était, ce qu'on faisait là. L'engagement d'Angela est définie avant la BD, jamais présenté, jamais détaillé, jamais contextualisé. Il manque toute la valeur du documentaire : les informations autour, le contexte (jamais détaillé), la pensée de Angela dans son ensemble, sa vie d'après, l'importance de son procès qui est construit comme un climax alors qu'il est présenté en deux pages. J'étais vite lassé des dialogues dont je ne comprenais ni le sens ni l'intérêt, jusqu'à un final qui semble vouloir montrer l'importance de tout ça sauf que rien n'est correctement introduit avant et permettrait de comprendre l'ensemble de sa vie. Une biographie que je ne peux pas recommander, donc, d'autant que le dessin est franchement pas fameux. Les personnages sont assez raides et pas très détaillés, le graphisme est simple et pas toujours très clair, d'autant que l'enchainement ne fait pas toujours fluide. On dirait une biographie de commande mais l'autrice semble réellement avoir de l'intérêt pour la vie d'Angela Davis, et je trouve ça dommage qu'elle rate à ce point. C'est lisible mais franchement pas compréhensible. La fiche wikipédia m'a permis de comprendre pas mal d'éléments de la BD, et ça n'est pas normal que j'ai du faire des recherches extérieurs pour mieux comprendre. De fait, je pense que pour comprendre cette femme admirable, je vais aller me pencher sur ses bouquins traduits en français.