La Promesse de la Tortue est une bonne bande dessinée de pirates, solide et agréable à lire, qui se distingue surtout par son choix de placer des héroïnes féminines au centre du récit. Le contexte historique et pirate est crédible et restitue un univers rude sans complaisance excessive.
Le scénario repose sur une construction efficace : trois trajectoires féminines qui avancent tour à tour ensemble puis séparément pour se retrouver. Cette alternance donne un rythme maîtrisé et permet de suivre l’évolution personnelle de chacune des héroïnes, dont la progression est l’un des vrais points forts de la série.
Les romances apportent une respiration bienvenue et participent à l’humanisation des personnages, même si elles restent parfois un peu faibles ou convenues. L’ensemble fonctionne néanmoins bien : une aventure prenante, portée par des personnages attachants, dans un univers dur mais jamais gratuit.
Ça n’est pas forcément le récit le plus original, et il y a quelques facilités scénaristiques auxquelles il faut s’habituer. Mais, globalement, ces trois albums procurent une lecture plaisante, rythmée, intéressante.
On est dans un classique huis-clos dans l’espace (ici dans un vaisseau spatial endommagé/abandonné), dans lequel Kuroi (auteur que je découvre avec cette série) fait monter la tension (il y a un peu de « Sa majesté des mouches » dans cette lutte à mort entre gamins).
Deux niveaux de narration s’entrecroisent – ce qui permet de varier les plaisirs, et de multiplier les sources d’angoisse/tension : quelques dizaines d’enfants/ados seuls survivants dans un vaisseau spatial où l’oxygène va commencer à manquer, et alors qu’une information (une capsule existe permettant à une seule personne de s’enfuir et d’être sauvée) entraine un déchaînement de violence pour être le/la survivant(e) (ceci est narré par l’un des gamins, qui tient un journal, et des pilleurs d’épaves, découvrant longtemps après ce drame le vaisseau abandonné – et le journal – et progressant de plus en plus difficilement dans celui-ci.
Le huis-clos est bien utilisé, le côté survival désespéré des gamins, l’exploration dangereuse des visiteurs tiennent le lecteur en haleine. Le dessin de Kuroi est bon – même si les scènes de combats/massacres ne sont pas toujours très claires. Chaque début d’album voit quelques pages traitées différemment, avec une sorte de colorisation métallique donnant un rendu hyper réaliste pas désagréable, avant qu’on ne retourne au Noir et Blanc classique.
Le troisième tome joue sur un autre registre que les précédents. Les derniers survivants éliminés, quelques révélations, rebondissements maintiennent le lecteur en haleine, même si le rythme baisse clairement. L’auteur a fait le choix d’un atterrissage en douceur, avec une fin plus lumineuse et optimiste que ne le laissait entrevoir les sanglants épisodes précédents.
Quelques remarques bémols (les facilités évoquées plus haut). D’abord on peut être étonné en tant que lecteur que le jeune tenant à jour les événements dramatiques dans son journal le fasse de façon dépassionnée (alors que la priorité est de sauver sa peau, tout le monde s’entre tuant sauvagement). Ensuite le fait qu’il relate tous les événements se déroulant partout – y compris forcément ceux auxquels il n’a ni participé ni eu de témoignage direct.
Ensuite, comme dans certaines séries télé se déroulant dans un lieu circonscrit, et dans lesquelles à chaque épisode apparaissent des protagonistes surgis d’on ne sait où – et qui vont évidemment être les victimes de l’épisode, Kuroi use parfois de personnages (ados/gamins) qu’on n’avait jamais vus auparavant, pour un court moment, avant qu’ils ne soient éliminés (je pense à ces deux adolescentes dans le deuxième tome).
Enfin, je n’ai pas été convaincu par le cynisme absolu – et un peu trop caricatural de ceux qui étaient aux baguettes de cette struggle for life.
Mais bon, malgré ces remarques, ça reste quand même une série prenante et qui, sans sortir des sentiers battus, n’ennuie jamais le lecteur, maintient toujours suffisamment de tension pour le captiver. Un bon divertissement, donc, noir et sanglant.
Note réelle 3,5/5.
Dans un petit village où il ne se passe strictement rien, une entreprise de pompes funèbres végète faute de clients. Personne ne meurt, les journées s’étirent dans une torpeur absurde, jusqu’au jour où un décès relance enfin la machine et embarque les deux employés dans un convoi funéraire qui va peu à peu tourner à la farce noire.
La lecture n’est pas désagréable, loin de là. Il y a une ambiance sympathique de petit village breton, un humour noir discret, un côté décalé assez sympathique dans cette galerie de personnages un peu paumés et ces lieux figés hors du temps. Le dessin fonctionne bien, lisible, propre, au service de ce ton un peu mélancolique et absurde.
Mais pendant toute ma lecture, je me suis quand même demandé où l’auteur voulait en venir. Ça enchaîne les situations étranges, les petites bizarreries, les péripéties plus ou moins loufoques, sans que je perçoive vraiment une direction claire ou un vrai enjeu. On avance, mais un peu à tâtons. Et la fin, qui prend une tournure surprenante mais s'achève de manière assez rapide, ne vient pas vraiment éclairer tout ça ni donner un vrai sentiment d’aboutissement. Du coup, je suis resté un peu sur ma faim, légèrement perplexe.
Je n'ai pas passé un mauvais moment pour autant, ça se lit facilement, mais une impression d’ensemble un peu floue qui m’empêche d’être réellement convaincu.
Cet album est un recueil d’histoires courtes et de gags très variés, sans véritable fil conducteur, qui enchaînent les situations absurdes, les décalages historiques, les chutes cruelles ou idiotes, bref tout ce qui faisait le charme de l’humour Fluide Glacial, même si certaines d'entre elles ont été publiées dans le Psikopat et Aaarg !.
Pendant toute ma lecture de cet album, j’étais persuadé d’avoir affaire à un album caché de Larcenet. Même trait, même énergie graphique, même façon de passer d’un style à l’autre sans prévenir, et surtout le même sens du gag absurde et couillon très marqué Fluide Glacial des années 90. Ayant déjà vu Larcenet se dissimuler derrière de faux noms sur Minimal notamment, j'étais persuadé que c'était lui qui se cachait ici sous le pseudonyme de L'Abbé.
On retrouve la souplesse de son trait, capable d’être caricatural, nerveux ou semi-réaliste selon le gag, avec une expressivité constante. Et les interventions de Maester dans les marges, sous forme de petits dessins-commentaires, prolongent parfaitement l’esprit maison, comme un clin d’œil complice à toute une époque du magazine. Mais non, je constate que L'Abbé est bien une autre personne, un auteur bien plus jeune qui relève avec brio le défi de succéder à ses influences : j'apprécie.
Le rythme est percutant, souvent très efficace, avec un vrai sens du timing comique. Ça fait mouche régulièrement, j'ai ri de bon coeur à plusieurs passages ce qui ne m'arrive pas souvent. Et cela inclut les commentaires de Maëster dans les marges qui sont souvent très drôles.
Cependant, tout n’est pas au même niveau et et certaines histoires tombent un peu plus à plat, ce qui m’empêche d’avoir un vrai coup de cœur.
Même si l’album est inégal, j’ai ressenti un vrai plaisir nostalgique : celui de retrouver un type d’humour que j’aimais beaucoup plus jeune. Et ça fait du bien de voir qu’un auteur comme L’Abbé peut encore faire revivre cette veine-là avec autant d’aisance.
Note : 3,5/5
Une belle Bd sur les thématiques du changement climatique et de l'effondrement biologique par le prisme de la paternité. La Bd est lente, contemplative et tente de rester positive sur un sujet pourtant grave, traité ici avec une oscillation entre la légèreté de l'enfance et la gravité de l'adulte conscient.
La BD est une composition originale, avec un mélange de cases découpées, d'images en pleines pages voir sur deux pages, de lecture qui fait parfois des serpents sur la page, et de dessins muets qui parsèment l'ensemble avec des représentations naturalistes, abstraites ou oniriques. La BD est une après-midi entre le père et sa fille, qu'il ne voit que quelques heures par semaines, mais étire son temps et son espace. C'est une simple promenade dans la ville et dans un parc, mais chacun devenant aussi autre chose. Que ce soit l'imagination de l'enfant, les questions qui prennent forme visuelle, les représentations des sujets qui sont fait ... La BD part en tout sens, mais reste cohérente. Ce sont les angoisses d'un père qui est face aux drames de notre époque et s'interroge sur sa jeune fille. Celle-ci lui pose plein de questions sur le monde, comme le ferait tout enfant, tout en essayant d'avoir les clés de compréhension de ce qu'il se passe. Plusieurs citations sont faites, d'auteurs sur le rapport à la terre et au vivant, sur les perceptions que notre monde à de lui-même et de la vie. Le tout dans un visuel qui tente de rendre les questions tangibles mais aussi d'être impactante, et je trouve personnellement que ça marche.
La BD oscille donc entre la noirceur du constat et l'insouciance d'une nouvelle génération, qui prépare un autre avenir plus désirable. C'est une BD lente, posée, qui tente de remettre de l'ordre dans toutes ces pensées. Je ne pense pas qu'elle sera appréciée de tout le monde mais personnellement elle m'a parlée. Elle a ce je-ne-sais-quoi de touchant, sans être moralisatrice. Elle m'a entrainée dans son récit et j'en ressors très satisfait. Je recommande, mais avec une certaine prudence. Essayez avant d'acheter, en somme.
J'étais plutôt client des Inconnus quand j'étais jeune, et j'ai donc abordé cette BD avec une certaine bienveillance mais aussi un peu de méfiance vu la médiocre qualité de sa couverture. Et encore plus de méfiance quand j'ai constaté que l'auteur était le même que Les Aventures de Bigard. Et en effet, la déception était au rendez-vous.
Dès les premières pages, le dessin pique les yeux. On dirait le travail d'un caricaturiste amateur : trait fin et uniforme, sans pleins ni déliés, visages figés comme des masques, très peu d'expressions, et surtout des personnages à peine reconnaissables. Didier Bourdon, notamment, est complètement raté. Pour un album théoriquement officiel concernant des comiques dont une bonne partie de l'humour repose sur les mimiques et le jeu facial, c'est franchement handicapant.
Et côté humour, c'est encore pire. Ce n'est tout simplement pas drôle. Les gags sont plats, bas de plafond, sans rythme ni surprise. Souvent la chute arrive sans qu'on s'en rende compte, tant elle est molle. On enchaîne les pages sans jamais rire, à peine sourire. On sent le produit commercial qui tente d'imiter l'esprit des Inconnus sans jamais retrouver leur timing ni leur énergie.
C'est très mauvais.
3.5
Un documentaire qui pose une question intéressante: avec toutes les galaxies et les planètes qui existent dans l'univers, pourquoi il n'y pas eu une race extraterrestre qui a prit contact avec la terre ? Est-ce que la terre est la seule planète habitable dans l'univers ?
Personnellement, si je ne crois pas à toutes les histoires d'extraterrestres débarqué sur terre, j'aime bien l'idée qu'il y a une autre planète habitable quelques part dans l'univers et on le sait pas tout simplement parce que les galaxies sont très loin l'une de l'autre et les aliens ont juste pas la technologie pour venir nous parler ou peut-être qu'ils ont encore à un stade plus primitif que nous. En tout cas, les auteurs proposent diverses théories et j'ai bien aimé que le ton est scientifique. On ne tombe pas dans le farfelu ou le conspirationniste comme c'est trop souvent le cas lorsqu'on touche au paranormal.
La narration est dynamique et les deux personnages principaux, un scientifique un peu farfelu et sa petite-fille qui est curieuse de tout, sont attachants. Le dessin est très bon. Un bon documentaire que je recommande.
Un chercheur un peu – beaucoup – zarbi, sorte de mixe entre les Frankenstein et le docteur Moreau, bricole des êtres improbables à partir de bestioles que lui ramène son pote, le héros de l’histoire (au passage, le bestiaire est assez barré). Le héros donc, qui cherche à éviter une bande mafieuse à qui il doit des sous, à se rabibocher avec son ex et son gamin. Mais surtout qui cherche une rédemption, en libérant une créature de son pote chercheur fou, ce qui va entrainer leur brouille et quelques violences.
C’est rythmé, parfois un peu trashouille. Mais c’est aussi vite lu, un peu creux, l’univers étrange est finalement eu développé. J’en suis en tout cas sorti avec un ressenti mitigé.
Le dessin est original, étrange. Avec des corps aux proportions surprenantes, comme les décors d’ailleurs, où proportions, perspectives, ne sont pas toujours « habituelles ».
Un univers relativement original, mais au final le sentiment de n’avoir lu qu’une ébauche, quelques idées foutraques jetées sur le papier.
Note réelle 2,5/5.
Dans le métro, Thibault, garçon timide et sans histoire, échange un regard avec une inconnue. À partir de là, une succession d'accidents, de rencontres et de malentendus l'entraîne, le temps d'une nuit, dans une spirale de situations de plus en plus improbables, du simple sac de litière éventré à des péripéties franchement rocambolesques, sans qu'il ne maîtrise jamais vraiment ce qui lui arrive.
Graphiquement, c'est clairement le gros point fort. Olivier Pont est aussi connu pour Où le regard ne porte pas... et Un putain de salopard et son talent de dessinateur ne fait aucun doute. Son trait est souple, vivant, très agréable à l'œil, avec un côté semi-réaliste chaleureux qui donne beaucoup de charme aux personnages comme aux décors. Paris a une vraie présence, les expressions sont pleines d'énergie, et certaines séquences nocturnes ont quelque chose de très poétique. À plusieurs reprises, des éléments tant visuels que scénaristiques m'ont rappelé l'ambiance de La nuit du chat, très bon album de la série Broussaille qui me semble bien avoir inspiré en partie l'auteur : ce même mélange de douceur urbaine, de balade un peu onirique et de tendresse mélancolique. Visuellement, c'est beau, généreux et franchement plaisant à parcourir.
Là où je suis beaucoup plus réservé, c'est sur la construction du scénario. Toute la mécanique repose sur une accumulation de coïncidences et de quiproquos qui enfoncent toujours davantage le héros dans une situation plus compliquée que la précédente. Sauf que ce procédé est ultra vu et revu, et je ne l'ai jamais trouvé enthousiasmant. Cette fuite en avant permanente, censée être drôle ou virevoltante, m'a surtout donné une impression de facilité, comme si les péripéties s'enchaînaient un peu au hasard. On avance, mais sans véritable tension ni surprise, juste par empilement d'événements.
Ce n'est que quand j'ai compris le lien avec la comptine Trois p'tits chats et sa logique d'associations en cascade que j'ai pu mieux accepter le principe, et que ça a atténué mon agacement. L'idée donne au chaos une petite cohérence ludique. Mais ça ne compense pas totalement le manque de structure. Et le fait d'apprendre en postface que le scénario a été largement improvisé explique sans doute ce ressenti : j'ai souvent eu l'impression d'une suite de passages convenus plutôt que d'un récit vraiment construit.
J'ai apprécié le dessin très joli et l'ambiance attachante, mais côté histoire je suis resté sur quelque chose de trop déjà-vu et trop léger, une balade sympathique sur le moment, mais pas vraiment mémorable.
Note : 2,5/5
C'est le gros pavé dont tout le monde parle. Elle dormait sur mes tablettes depuis son acquisition, quelques jours après sa sortie. J'ai mis du temps à la lire, parce qu'il faut du temps pour la lire. Peu de texte certes, mais un univers graphique riche, une ambiance dont on se plait à s’imprégner... J'ai beaucoup aimé lire cette grosse BD, au moins autant qu'elle m'a frustré.
D'abord, c'est un très bon travail d'édition. Rien à dire là-dessus. Graphiquement, j'aime beaucoup l'univers très fouillé. Les couleurs sont particulièrement bien choisies. Certaines pages, rares et plutôt situées sur les dernières pages, sont le théâtre de scènes psychédéliques qui tranchent complètement avec le reste. L’effet est très réussi, d’autant plus que je ne peux m’empêcher d’y voir un clin d’œil à L’Incal, ce qui ne serait d’ailleurs guère étonnant. Bon, comme à chaque fois avec Bablet, j’ai vraiment un problème avec ses visages, particulièrement avec les nez. Ça donne à ses personnages des allures étranges. Ils ont tous l’air défoncés (au sens propre), comme s’ils étaient d’hargneux petits boxeurs. Cela dit, j’ai fini par m’y faire car par ailleurs, son trait, comme la force des couleurs, parvient largement à faire oublier tout ça. Et puis ça colle bien avec son univers apocalyptique peuplés d’âmes errantes.
Le scénario est bien ramassé, très cohérent, tout en laissant une large place à l’inexpliqué, ce que j’apprécie beaucoup. Le lecteur n’a pas tous les éléments et participe de fait à la construction de ce monde, et comme dans le film Sirat, on établit rapidement le parallèle avec la situation écologique/politique/sociale actuelle. J’aime bien le principe des monades, villes alternatives autant que communautés nomades. C’est une idée très anar…
Ce qui m’a frustré, c’est un ensemble de petites choses qui mises bout à bout, prive Silent Jenny d’un coup de cœur que j’aurais franchement aimé éprouver. D’abord, comme Roedlingen, je m’attendais à un développement plus spirituel, ce qui aurait prolongé l’action de Jenny de belle manière. En l’état, rien ne vient ébranler le chaos ambiant. Au lieu de ça, elle se contente de parcourir le monde à la recherche des abeilles, comme un robot programmé, et le lecteur ne sent rien de ses motivations. Rien non plus de son ressenti vis-à-vis de Pyrrhocorp, même si on peut s’en douter. Ensuite, quelques scènes me paraissent relativement absconses. Je pense à ces passages où l’on suit un personnage sous terre (j’ai oublié leur nom) : qui est-il/elle ?... Et pourtant, j’aime que tout ne soit pas expliqué ! Mais là, je trouve que ça apporte pas mal de confusion et gâche un peu la fin de parcours. Beaucoup d’idée sont par ailleurs esquissées mais tuées dans l’œuf, comme le personnage de La Goutte dont l’apparition constitue une bulle, sorte de petite pause poétique, alors qu’il y avait matière à développer quelque chose autour de l’Histoire, du récit du monde, du souvenir, de la transmission…
J’aime la toute fin et sa dernière image en double page, (ATTENTION SPOIL) où l’on voit la monade sur le point d’être capturée par les mange-cailloux. Les nuages se trouent pour laisser filtrer quelques pièces de ciel bleu, la lumière du soleil revient sur des plaines qui verdissent. Une nouvelle génération a pris le contrôle du Cherche-Midi. Tout semble en équilibre instable… J’aime cette fin, même si le tout manque un peu de background spirituel. Oui, c’est vrai : tout cela est un peu sec. Mais après-tout, nous sommes bel et bien dans un monde aride où l’eau est devenue une rareté précieuse…
Malgré tout ça, j’ai eu beaucoup de plaisir à lire Silent Jenny. Un 3/5 aurait donc été un peu trop sévère.
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La Promesse de la Tortue
La Promesse de la Tortue est une bonne bande dessinée de pirates, solide et agréable à lire, qui se distingue surtout par son choix de placer des héroïnes féminines au centre du récit. Le contexte historique et pirate est crédible et restitue un univers rude sans complaisance excessive. Le scénario repose sur une construction efficace : trois trajectoires féminines qui avancent tour à tour ensemble puis séparément pour se retrouver. Cette alternance donne un rythme maîtrisé et permet de suivre l’évolution personnelle de chacune des héroïnes, dont la progression est l’un des vrais points forts de la série. Les romances apportent une respiration bienvenue et participent à l’humanisation des personnages, même si elles restent parfois un peu faibles ou convenues. L’ensemble fonctionne néanmoins bien : une aventure prenante, portée par des personnages attachants, dans un univers dur mais jamais gratuit.
Léviathan (Ki-oon)
Ça n’est pas forcément le récit le plus original, et il y a quelques facilités scénaristiques auxquelles il faut s’habituer. Mais, globalement, ces trois albums procurent une lecture plaisante, rythmée, intéressante. On est dans un classique huis-clos dans l’espace (ici dans un vaisseau spatial endommagé/abandonné), dans lequel Kuroi (auteur que je découvre avec cette série) fait monter la tension (il y a un peu de « Sa majesté des mouches » dans cette lutte à mort entre gamins). Deux niveaux de narration s’entrecroisent – ce qui permet de varier les plaisirs, et de multiplier les sources d’angoisse/tension : quelques dizaines d’enfants/ados seuls survivants dans un vaisseau spatial où l’oxygène va commencer à manquer, et alors qu’une information (une capsule existe permettant à une seule personne de s’enfuir et d’être sauvée) entraine un déchaînement de violence pour être le/la survivant(e) (ceci est narré par l’un des gamins, qui tient un journal, et des pilleurs d’épaves, découvrant longtemps après ce drame le vaisseau abandonné – et le journal – et progressant de plus en plus difficilement dans celui-ci. Le huis-clos est bien utilisé, le côté survival désespéré des gamins, l’exploration dangereuse des visiteurs tiennent le lecteur en haleine. Le dessin de Kuroi est bon – même si les scènes de combats/massacres ne sont pas toujours très claires. Chaque début d’album voit quelques pages traitées différemment, avec une sorte de colorisation métallique donnant un rendu hyper réaliste pas désagréable, avant qu’on ne retourne au Noir et Blanc classique. Le troisième tome joue sur un autre registre que les précédents. Les derniers survivants éliminés, quelques révélations, rebondissements maintiennent le lecteur en haleine, même si le rythme baisse clairement. L’auteur a fait le choix d’un atterrissage en douceur, avec une fin plus lumineuse et optimiste que ne le laissait entrevoir les sanglants épisodes précédents. Quelques remarques bémols (les facilités évoquées plus haut). D’abord on peut être étonné en tant que lecteur que le jeune tenant à jour les événements dramatiques dans son journal le fasse de façon dépassionnée (alors que la priorité est de sauver sa peau, tout le monde s’entre tuant sauvagement). Ensuite le fait qu’il relate tous les événements se déroulant partout – y compris forcément ceux auxquels il n’a ni participé ni eu de témoignage direct. Ensuite, comme dans certaines séries télé se déroulant dans un lieu circonscrit, et dans lesquelles à chaque épisode apparaissent des protagonistes surgis d’on ne sait où – et qui vont évidemment être les victimes de l’épisode, Kuroi use parfois de personnages (ados/gamins) qu’on n’avait jamais vus auparavant, pour un court moment, avant qu’ils ne soient éliminés (je pense à ces deux adolescentes dans le deuxième tome). Enfin, je n’ai pas été convaincu par le cynisme absolu – et un peu trop caricatural de ceux qui étaient aux baguettes de cette struggle for life. Mais bon, malgré ces remarques, ça reste quand même une série prenante et qui, sans sortir des sentiers battus, n’ennuie jamais le lecteur, maintient toujours suffisamment de tension pour le captiver. Un bon divertissement, donc, noir et sanglant. Note réelle 3,5/5.
Ganglion & fils
Dans un petit village où il ne se passe strictement rien, une entreprise de pompes funèbres végète faute de clients. Personne ne meurt, les journées s’étirent dans une torpeur absurde, jusqu’au jour où un décès relance enfin la machine et embarque les deux employés dans un convoi funéraire qui va peu à peu tourner à la farce noire. La lecture n’est pas désagréable, loin de là. Il y a une ambiance sympathique de petit village breton, un humour noir discret, un côté décalé assez sympathique dans cette galerie de personnages un peu paumés et ces lieux figés hors du temps. Le dessin fonctionne bien, lisible, propre, au service de ce ton un peu mélancolique et absurde. Mais pendant toute ma lecture, je me suis quand même demandé où l’auteur voulait en venir. Ça enchaîne les situations étranges, les petites bizarreries, les péripéties plus ou moins loufoques, sans que je perçoive vraiment une direction claire ou un vrai enjeu. On avance, mais un peu à tâtons. Et la fin, qui prend une tournure surprenante mais s'achève de manière assez rapide, ne vient pas vraiment éclairer tout ça ni donner un vrai sentiment d’aboutissement. Du coup, je suis resté un peu sur ma faim, légèrement perplexe. Je n'ai pas passé un mauvais moment pour autant, ça se lit facilement, mais une impression d’ensemble un peu floue qui m’empêche d’être réellement convaincu.
L'Abbé
Cet album est un recueil d’histoires courtes et de gags très variés, sans véritable fil conducteur, qui enchaînent les situations absurdes, les décalages historiques, les chutes cruelles ou idiotes, bref tout ce qui faisait le charme de l’humour Fluide Glacial, même si certaines d'entre elles ont été publiées dans le Psikopat et Aaarg !. Pendant toute ma lecture de cet album, j’étais persuadé d’avoir affaire à un album caché de Larcenet. Même trait, même énergie graphique, même façon de passer d’un style à l’autre sans prévenir, et surtout le même sens du gag absurde et couillon très marqué Fluide Glacial des années 90. Ayant déjà vu Larcenet se dissimuler derrière de faux noms sur Minimal notamment, j'étais persuadé que c'était lui qui se cachait ici sous le pseudonyme de L'Abbé. On retrouve la souplesse de son trait, capable d’être caricatural, nerveux ou semi-réaliste selon le gag, avec une expressivité constante. Et les interventions de Maester dans les marges, sous forme de petits dessins-commentaires, prolongent parfaitement l’esprit maison, comme un clin d’œil complice à toute une époque du magazine. Mais non, je constate que L'Abbé est bien une autre personne, un auteur bien plus jeune qui relève avec brio le défi de succéder à ses influences : j'apprécie. Le rythme est percutant, souvent très efficace, avec un vrai sens du timing comique. Ça fait mouche régulièrement, j'ai ri de bon coeur à plusieurs passages ce qui ne m'arrive pas souvent. Et cela inclut les commentaires de Maëster dans les marges qui sont souvent très drôles. Cependant, tout n’est pas au même niveau et et certaines histoires tombent un peu plus à plat, ce qui m’empêche d’avoir un vrai coup de cœur. Même si l’album est inégal, j’ai ressenti un vrai plaisir nostalgique : celui de retrouver un type d’humour que j’aimais beaucoup plus jeune. Et ça fait du bien de voir qu’un auteur comme L’Abbé peut encore faire revivre cette veine-là avec autant d’aisance. Note : 3,5/5
Ecolila
Une belle Bd sur les thématiques du changement climatique et de l'effondrement biologique par le prisme de la paternité. La Bd est lente, contemplative et tente de rester positive sur un sujet pourtant grave, traité ici avec une oscillation entre la légèreté de l'enfance et la gravité de l'adulte conscient. La BD est une composition originale, avec un mélange de cases découpées, d'images en pleines pages voir sur deux pages, de lecture qui fait parfois des serpents sur la page, et de dessins muets qui parsèment l'ensemble avec des représentations naturalistes, abstraites ou oniriques. La BD est une après-midi entre le père et sa fille, qu'il ne voit que quelques heures par semaines, mais étire son temps et son espace. C'est une simple promenade dans la ville et dans un parc, mais chacun devenant aussi autre chose. Que ce soit l'imagination de l'enfant, les questions qui prennent forme visuelle, les représentations des sujets qui sont fait ... La BD part en tout sens, mais reste cohérente. Ce sont les angoisses d'un père qui est face aux drames de notre époque et s'interroge sur sa jeune fille. Celle-ci lui pose plein de questions sur le monde, comme le ferait tout enfant, tout en essayant d'avoir les clés de compréhension de ce qu'il se passe. Plusieurs citations sont faites, d'auteurs sur le rapport à la terre et au vivant, sur les perceptions que notre monde à de lui-même et de la vie. Le tout dans un visuel qui tente de rendre les questions tangibles mais aussi d'être impactante, et je trouve personnellement que ça marche. La BD oscille donc entre la noirceur du constat et l'insouciance d'une nouvelle génération, qui prépare un autre avenir plus désirable. C'est une BD lente, posée, qui tente de remettre de l'ordre dans toutes ces pensées. Je ne pense pas qu'elle sera appréciée de tout le monde mais personnellement elle m'a parlée. Elle a ce je-ne-sais-quoi de touchant, sans être moralisatrice. Elle m'a entrainée dans son récit et j'en ressors très satisfait. Je recommande, mais avec une certaine prudence. Essayez avant d'acheter, en somme.
Les Inconnus - Les Zinédits
J'étais plutôt client des Inconnus quand j'étais jeune, et j'ai donc abordé cette BD avec une certaine bienveillance mais aussi un peu de méfiance vu la médiocre qualité de sa couverture. Et encore plus de méfiance quand j'ai constaté que l'auteur était le même que Les Aventures de Bigard. Et en effet, la déception était au rendez-vous. Dès les premières pages, le dessin pique les yeux. On dirait le travail d'un caricaturiste amateur : trait fin et uniforme, sans pleins ni déliés, visages figés comme des masques, très peu d'expressions, et surtout des personnages à peine reconnaissables. Didier Bourdon, notamment, est complètement raté. Pour un album théoriquement officiel concernant des comiques dont une bonne partie de l'humour repose sur les mimiques et le jeu facial, c'est franchement handicapant. Et côté humour, c'est encore pire. Ce n'est tout simplement pas drôle. Les gags sont plats, bas de plafond, sans rythme ni surprise. Souvent la chute arrive sans qu'on s'en rende compte, tant elle est molle. On enchaîne les pages sans jamais rire, à peine sourire. On sent le produit commercial qui tente d'imiter l'esprit des Inconnus sans jamais retrouver leur timing ni leur énergie. C'est très mauvais.
Le Grand Silence - Mais où sont les extraterrestres ?
3.5 Un documentaire qui pose une question intéressante: avec toutes les galaxies et les planètes qui existent dans l'univers, pourquoi il n'y pas eu une race extraterrestre qui a prit contact avec la terre ? Est-ce que la terre est la seule planète habitable dans l'univers ? Personnellement, si je ne crois pas à toutes les histoires d'extraterrestres débarqué sur terre, j'aime bien l'idée qu'il y a une autre planète habitable quelques part dans l'univers et on le sait pas tout simplement parce que les galaxies sont très loin l'une de l'autre et les aliens ont juste pas la technologie pour venir nous parler ou peut-être qu'ils ont encore à un stade plus primitif que nous. En tout cas, les auteurs proposent diverses théories et j'ai bien aimé que le ton est scientifique. On ne tombe pas dans le farfelu ou le conspirationniste comme c'est trop souvent le cas lorsqu'on touche au paranormal. La narration est dynamique et les deux personnages principaux, un scientifique un peu farfelu et sa petite-fille qui est curieuse de tout, sont attachants. Le dessin est très bon. Un bon documentaire que je recommande.
Static
Un chercheur un peu – beaucoup – zarbi, sorte de mixe entre les Frankenstein et le docteur Moreau, bricole des êtres improbables à partir de bestioles que lui ramène son pote, le héros de l’histoire (au passage, le bestiaire est assez barré). Le héros donc, qui cherche à éviter une bande mafieuse à qui il doit des sous, à se rabibocher avec son ex et son gamin. Mais surtout qui cherche une rédemption, en libérant une créature de son pote chercheur fou, ce qui va entrainer leur brouille et quelques violences. C’est rythmé, parfois un peu trashouille. Mais c’est aussi vite lu, un peu creux, l’univers étrange est finalement eu développé. J’en suis en tout cas sorti avec un ressenti mitigé. Le dessin est original, étrange. Avec des corps aux proportions surprenantes, comme les décors d’ailleurs, où proportions, perspectives, ne sont pas toujours « habituelles ». Un univers relativement original, mais au final le sentiment de n’avoir lu qu’une ébauche, quelques idées foutraques jetées sur le papier. Note réelle 2,5/5.
Bouts d'ficelles
Dans le métro, Thibault, garçon timide et sans histoire, échange un regard avec une inconnue. À partir de là, une succession d'accidents, de rencontres et de malentendus l'entraîne, le temps d'une nuit, dans une spirale de situations de plus en plus improbables, du simple sac de litière éventré à des péripéties franchement rocambolesques, sans qu'il ne maîtrise jamais vraiment ce qui lui arrive. Graphiquement, c'est clairement le gros point fort. Olivier Pont est aussi connu pour Où le regard ne porte pas... et Un putain de salopard et son talent de dessinateur ne fait aucun doute. Son trait est souple, vivant, très agréable à l'œil, avec un côté semi-réaliste chaleureux qui donne beaucoup de charme aux personnages comme aux décors. Paris a une vraie présence, les expressions sont pleines d'énergie, et certaines séquences nocturnes ont quelque chose de très poétique. À plusieurs reprises, des éléments tant visuels que scénaristiques m'ont rappelé l'ambiance de La nuit du chat, très bon album de la série Broussaille qui me semble bien avoir inspiré en partie l'auteur : ce même mélange de douceur urbaine, de balade un peu onirique et de tendresse mélancolique. Visuellement, c'est beau, généreux et franchement plaisant à parcourir. Là où je suis beaucoup plus réservé, c'est sur la construction du scénario. Toute la mécanique repose sur une accumulation de coïncidences et de quiproquos qui enfoncent toujours davantage le héros dans une situation plus compliquée que la précédente. Sauf que ce procédé est ultra vu et revu, et je ne l'ai jamais trouvé enthousiasmant. Cette fuite en avant permanente, censée être drôle ou virevoltante, m'a surtout donné une impression de facilité, comme si les péripéties s'enchaînaient un peu au hasard. On avance, mais sans véritable tension ni surprise, juste par empilement d'événements. Ce n'est que quand j'ai compris le lien avec la comptine Trois p'tits chats et sa logique d'associations en cascade que j'ai pu mieux accepter le principe, et que ça a atténué mon agacement. L'idée donne au chaos une petite cohérence ludique. Mais ça ne compense pas totalement le manque de structure. Et le fait d'apprendre en postface que le scénario a été largement improvisé explique sans doute ce ressenti : j'ai souvent eu l'impression d'une suite de passages convenus plutôt que d'un récit vraiment construit. J'ai apprécié le dessin très joli et l'ambiance attachante, mais côté histoire je suis resté sur quelque chose de trop déjà-vu et trop léger, une balade sympathique sur le moment, mais pas vraiment mémorable. Note : 2,5/5
Silent Jenny
C'est le gros pavé dont tout le monde parle. Elle dormait sur mes tablettes depuis son acquisition, quelques jours après sa sortie. J'ai mis du temps à la lire, parce qu'il faut du temps pour la lire. Peu de texte certes, mais un univers graphique riche, une ambiance dont on se plait à s’imprégner... J'ai beaucoup aimé lire cette grosse BD, au moins autant qu'elle m'a frustré. D'abord, c'est un très bon travail d'édition. Rien à dire là-dessus. Graphiquement, j'aime beaucoup l'univers très fouillé. Les couleurs sont particulièrement bien choisies. Certaines pages, rares et plutôt situées sur les dernières pages, sont le théâtre de scènes psychédéliques qui tranchent complètement avec le reste. L’effet est très réussi, d’autant plus que je ne peux m’empêcher d’y voir un clin d’œil à L’Incal, ce qui ne serait d’ailleurs guère étonnant. Bon, comme à chaque fois avec Bablet, j’ai vraiment un problème avec ses visages, particulièrement avec les nez. Ça donne à ses personnages des allures étranges. Ils ont tous l’air défoncés (au sens propre), comme s’ils étaient d’hargneux petits boxeurs. Cela dit, j’ai fini par m’y faire car par ailleurs, son trait, comme la force des couleurs, parvient largement à faire oublier tout ça. Et puis ça colle bien avec son univers apocalyptique peuplés d’âmes errantes. Le scénario est bien ramassé, très cohérent, tout en laissant une large place à l’inexpliqué, ce que j’apprécie beaucoup. Le lecteur n’a pas tous les éléments et participe de fait à la construction de ce monde, et comme dans le film Sirat, on établit rapidement le parallèle avec la situation écologique/politique/sociale actuelle. J’aime bien le principe des monades, villes alternatives autant que communautés nomades. C’est une idée très anar… Ce qui m’a frustré, c’est un ensemble de petites choses qui mises bout à bout, prive Silent Jenny d’un coup de cœur que j’aurais franchement aimé éprouver. D’abord, comme Roedlingen, je m’attendais à un développement plus spirituel, ce qui aurait prolongé l’action de Jenny de belle manière. En l’état, rien ne vient ébranler le chaos ambiant. Au lieu de ça, elle se contente de parcourir le monde à la recherche des abeilles, comme un robot programmé, et le lecteur ne sent rien de ses motivations. Rien non plus de son ressenti vis-à-vis de Pyrrhocorp, même si on peut s’en douter. Ensuite, quelques scènes me paraissent relativement absconses. Je pense à ces passages où l’on suit un personnage sous terre (j’ai oublié leur nom) : qui est-il/elle ?... Et pourtant, j’aime que tout ne soit pas expliqué ! Mais là, je trouve que ça apporte pas mal de confusion et gâche un peu la fin de parcours. Beaucoup d’idée sont par ailleurs esquissées mais tuées dans l’œuf, comme le personnage de La Goutte dont l’apparition constitue une bulle, sorte de petite pause poétique, alors qu’il y avait matière à développer quelque chose autour de l’Histoire, du récit du monde, du souvenir, de la transmission… J’aime la toute fin et sa dernière image en double page, (ATTENTION SPOIL) où l’on voit la monade sur le point d’être capturée par les mange-cailloux. Les nuages se trouent pour laisser filtrer quelques pièces de ciel bleu, la lumière du soleil revient sur des plaines qui verdissent. Une nouvelle génération a pris le contrôle du Cherche-Midi. Tout semble en équilibre instable… J’aime cette fin, même si le tout manque un peu de background spirituel. Oui, c’est vrai : tout cela est un peu sec. Mais après-tout, nous sommes bel et bien dans un monde aride où l’eau est devenue une rareté précieuse… Malgré tout ça, j’ai eu beaucoup de plaisir à lire Silent Jenny. Un 3/5 aurait donc été un peu trop sévère.