Il faut produire, produire sans cesse, c’est ça la clé du succès.
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Ce tome contient une histoire complète, indépendante de toute autre. Son édition originale date de 2001. Il a été réalisé par Fabien Vehlmann pour le scénario, par Ralph Meyer et Bruno Gazzotti pour les dessins, avec une mise en couleurs de Bernard Devillers. Il comprend cinquante-quatre pages de bande dessinée. Il a été réédité en 2009 dans la collection Signé, de l’éditeur Le Lombard.
La manière dont F.G. Wilson a asservi le monde a été des plus insidieuses. Il ne s’est pas imposé par un coup d’état. Il n’a pas non plus été élu, à vrai dire. Wilson n’est même pas un homme politique. C’est un marchand. Et c’est librement que les citoyens ont choisi d’adhérer au confort technologique qu’il proposait : prothèses biomécaniques, organes synthétiques… Wilson a lui-même déjà 115 ans et pas une ride. Qui refuserait cette forme d’immortalité ? Quand Technolab a lancé l’implant cérébral, une organi-puce optimisant les capacités physiques et mentales, nul n’aurait songé à s’en priver. On les pose maintenant dès la naissance, dans le monde entier. Et quoi de plus naturel que cet implant comporte une clause neuronale interdisant à son porteur de nuire à F.G. Wilson ? Voilà comment il est devenu impossible de contredire ses décisions. Voilà comment les citoyens ont créé un tyran à leur mesure : immortel et omnipotent. Nolan Ska va pourtant tenter de changer le cours de l’histoire. Il est ingénieur. Ses recherches clandestines vont lui permettre d’être le premier homme à remonter le temps.
Nolan Ska se retrouve dans le passé : il doit retrouver Wilson, pas pour le tuer, son implant cérébral le lui interdit. Mais il a soigneusement étudié les archives de Technolab et il a appris que Wilson n’avait pas toujours rêvé d’être marchand. Sa première passion était l’écriture. Il était doué et il aurait pu devenir un écrivain célèbre si un incident imprévisible n’en avait décidé autrement. Le 12 mai, au café Paris, Wilson se fait voler l’unique manuscrit de son premier roman. Sans le sou, découragé par ce vol, il abandonnera l’écriture et sera engagé comme comptable chez Technolab, jeune firme dont il gravira tous les échelons. Nolan Ska est arrivé devant le café en question, juste au bon moment, et il stoppe le voleur, récupérant ainsi le manuscrit, et faisant la connaissance du jeune Wilson. Il l’aide à ramasser les pages éparpillées par terre, et il découvre des phrases bourrées de fautes et sans imagination.
Dès le départ, le récit s’inscrit à mi-chemin dans deux genres littéraires, majoritairement la science-fiction, avec une touche d’anticipation par moment. En surface, il s’agit d’une histoire de voyage dans le temps. Cet aspect est réglé en trois coups de cuillère à pot : en trois cases littéralement. Les dessins montrent un personnage en train de bricoler dans son atelier, vraisemblablement en sous-sol de son pavillon et c’est parti, aucune tentative de techno-charabia, direct dans le cœur du récit. Le lecteur remarque ensuite que Wilson a écrit son premier roman avec un stylo sur des feuilles de papier, et par la suite Ska utilise un ordinateur portable. Visiblement Internet n’est pas encore omniprésent, ni même les téléphones portables dans ce passé du récit, ce qui est cohérent avec le fait que cette bande dessinée date de 2001. Ensuite, les auteurs vont raconter la relation entre l’aspirant écrivain et celui qui devient son mentor et son prête-plume, ainsi que plusieurs histoires que ce dernier écrit pour son protégé. Ainsi le lecteur découvre six nouvelles de science-fiction, écrites par quelqu’un qui vient du futur : La méthode 100% décrivant une prison parfaite, Le big flush racontant une intervention dans les égouts peu de temps avant la mi-temps du Super Bowl, Le jour des morts avec l’unique employé gérant une station spatiale, Un homme pressé mettant en scène un individu au métabolisme augmenté par les médicaments, Le jugement de Salomon sur un enfant génétiquement modifié, Space Conquest II pour une partie décisive de jeux vidéo en ligne.
Le lecteur comprend qu’il plonge dans une bande dessinée à sketchs, sur une trame générale, la transition entre chaque nouvelle se faisant par une courte scène mettant en scène l’évolution de la relation entre F.G. Wilson et son prête-plume, avec l’attente de savoir si l’avenir totalitaire sous le joug de la technologie de Technolab sera évité. Les crédits de l’album ne précisent pas si les deux dessinateurs ont travaillé à quatre mains sur chaque planche, ou s’il y a eu répartition des planches, l’un réalisant celles consacrées à Wilson et Ska, l’autre les histoires dans l’histoire. Quoi qu’il en soit, les planches de ces deux fils narratifs distincts présentent de fortes similarités graphiques, les auteurs ayant choisi de les montrer sur un plan quasi identique. Cette sensation est renforcée par la palette de couleurs utilisée, sans solution de continuité entre les différentes réalités, sans usage de couleurs plus claires ou brillantes pour la fiction dans la fiction par exemple. Cela induit une forme de même niveau d’existence pour les deux, rappelant au lecteur qu’il s’agit de fictions à part égale, sans hiérarchisation entre l’une et l’autre.
La couverture constitue une belle illustration, laissant à penser qu’un jeune homme admire le talent d’écrivain d’un homme plus âgé, imaginant des récits de science-fiction, entre voyage spatial et conquête par une flotte imposante, une sorte d’hommage à l’écriture et à la science-fiction expansionniste des années 1950 et 1960. Les dessins s’inscrivent dans un registre descriptif avec un bon niveau de détail, et une approche réaliste. Les artistes jouent discrètement sur les ombres portées et le délié des traits de contour pour apporter de la souplesse et de la vie dans les dessins. Dans la première scène, le lecteur peut voir une architecture futuriste dans les formes étonnantes des immeubles, un urbanisme faisant la part belle aux larges avenues, et une technologie de science-fiction proche du bricolage pour la machine à remonter le temps. Par la suite, les artistes créent d’autres décors et accessoires typiques de ce genre littéraire avec des touches originales qui les élèvent au-dessus de décors en carton-pâte génériques : la vue d’ensemble de la prison au beau milieu d’une zone désertique, l’aéroglisseur pour se déplacer dans les émissaires des égouts, un navire spatial et une base spatiale, la flotte de conquête dans la dernière histoire, etc.
Au temps présent du récit (enfin dans le passé… C’est-à-dire probablement au tout début des années 2000), les dessinateurs représentent un quotidien banal, pas encore envahi par la technologie d’Internet, sans téléphones portables. Le lecteur peut reconnaître un café parisien. Wilson et Ska sont reçus dans un bureau à l’ancienne chez l’éditeur Metropolis. Au départ et pendant un certain temps, l’écrivain en herbe habite dans un appartement mansardé de type chambre de bonne avec un vieux plancher. Alors qu’il commence à gagner de l’argent, ses finances lui permettent de s’offrir un séjour dans un relais château. La dernière séquence montre une magnifique villa avec piscine le temps d’une page. Il se dégage de ces passages une forme de dénuement matériel associé à l’artiste sans le sou, une sorte de banalité évoquant la mythologie de l’artiste fauché de la fin du dix-neuvième siècle, alors que les écrits (livres et scénarios) de Wilson rencontrent un succès grandissant. Cela peut évoquer un autre postulat : Que se serait-il passé si Adolf Hitler avait poursuivi ses velléités de devenir un artiste peintre ?
D’un côté, l’évolution de l’intrigue en toile de fonds peut sembler très linéaire et prévisible, c’est-à-dire les répercussions du succès grandissant des œuvres du prête-plume. De l’autre côté, chaque nouvelle de science-fiction est divertissante pour elle-même, avec une chute de type justice poétique bien trouvée. Et à chaque fois une scène d’une ou deux pages revient sur la relation entre Wilson et Ska montrant la montée du succès et le sacrifice du prête-plume. En y repensant avec un peu de recul, le lecteur se dit que la notion de prison dont on ne peut s’échapper décrite dans La méthode 100% se transpose directement à la situation de Nolan Ska : il est devenu celui qui écrit à la place de Wilson, une fonction dont il ne peut s’échapper. Il est possible d’établir un parallèle de même nature avec la deuxième nouvelle, Wilson se conduisant comme un enfant gâté vis-à-vis de Ska. Pareil avec la troisième où Ska se trouve condamné à produire toujours plus de récits, jusqu’à ce que la mort vienne le délivrer de ce calvaire, sans que lui-même n’ait conscience de ce processus. Il en va de même avec les nouvelles suivantes qui relèvent autant d’une transposition fictive de ce dont Nolan Ska a pu être témoin ou qu’il a lu dans des livres d’histoire et qui deviennent des récits de science-fiction maintenant qu’il vit dans le passé, que d’histoires avec une chute qui s’applique à sa propre situation. Cela produit un deuxième effet de mise en abîme. Les auteurs mettent en scène un écrivain (Nolan Ska) parlant ainsi de leur propre art, et les histoires dans l’histoire (les nouvelles de science-fiction) constituent une réflexion partielle de la propre situation de cet écrivain fictif, agissant comme un miroir partiel.
De prime abord, une bande dessinée bien faite : une narration visuelle solide qui assume ses références, et une suite d’histoires courtes de science-fiction avec un entracte suivant la vie de l’écrivain qui agit comme prête-plume pour un jeune homme. Le lecteur apprécie pour elles-mêmes les histoires courtes et s’attache à cet étrange duo, espérant que Nolan Ska pourra atteindre son objectif altruiste. Il se rend progressivement compte du jeu de miroir entre le thème de chaque nouvelle et la situation dans laquelle se trouve Ska, et il prend la mesure de la conclusion de ce fil narratif directeur qui se conclut par : L’humanité n’aura que ce qu’elle mérite…
Il y a deux manières de lire cette bande, aucune n'étant vraiment satisfaisante.
Les EO : de meilleur qualité mais sans la fin de l'histoire.
Ou bien l'intégrale, avec son ignoble couverture, avec un dessin qui a perdu tout son contraste, mais aussi avec un 4eme tome inclus à l'intérieur.
Je rajoute que les originaux du premier tome ont dû disparaitre, puisqu'on a droit à des scans de piètre qualité, avec 5 centimètres de marge à la fin de chaque page.
Donc une entrée en matière compliquée !
Et pourtant le recit proposé ici se révèle assez prenant.
Dufaux rajoute une couche de fantastique religieux mais l'intrigue de base fait furieusement penser au film Scanners de Cronenberg, avec des télépathes apprenant à maîtriser leurs pouvoirs, qui sont pourchassés et qui cherchent à en apprendre plus sur leur identité.
Le volume inédit se révèle au final assez décevant et n'apporte pas grand chose, d'autant qu'il est truffé de facilités scénaristiques.
Le dessin de Renaud correspond à ce qu'il fait déjà sur Jessica Blandy à l'époque. C'est un style unique.
Cependant le cadre fantastique ne lui convient pas tellement, les effets spéciaux font peine à voir.
Pour les fans de lézards mais pas que.
Je n'ai pas lu l'histoire dont la bd est tirée, mais quoiqu'il en soit, le récit et les images sont fortes. On fait d'Atar Gull une figure de la vengeance due aux esclaves noirs d'autant plus intéressante qu'il ne laisse rien paraître. Mieux vaut en effet sembler un esclave modèle pour détruire méthodiquement son maître ! Le but, on l'oublie parfois, n'est pas de prendre des poses ou de finir en martyr, face à l'ennemi, mais de le dépouiller, le frapper et le détruire sans qu'il puisse jamais répliquer, et d'autant plus qu'on a le sort des siens et son propre esclavage à venger. Bravo, parcours sans faute ! Comme il agit seul et qu'on ne se perd pas dans les détails de la psychologie, il peut devenir une figure emblématique ainsi que l'illustre la couverture.
On retrouve ici tout ce qui fait habituellement la force de Marion Montaigne : une vulgarisation scientifique très solide, un vrai travail de documentation et surtout un humour qui fonctionne souvent très bien. Elle a régulièrement le sens de la formule ou du gag absurde qui tombe juste, et certains passages sont vraiment très drôles tout en restant instructifs. Sur l'histoire de la paléontologie, l'album est d'ailleurs souvent passionnant et permet de découvrir plein d'anecdotes étonnantes sur la manière dont cette discipline s'est construite au fil du temps.
Le problème est plutôt du côté de la forme. L'album est extrêmement dense, très bavard, et entre dans énormément de détails. Résultat : la lecture devient longue et parfois touffue. C'est un gros volume qui demande de l'attention, et l'ayant lu en deux fois, je me suis rendu compte que j'avais presque oublié où j'en étais quand j'ai repris le lendemain.
À cela s'ajoutent les nombreuses digressions autobiographiques où l'autrice parle de son enfance, de son rapport au dessin ou de sa fascination pour les dinosaures. Ce n'est pas inintéressant en soi, mais ces passages rajoutent à la confusion de l'ensemble et cassent le fil du récit.
Cela reste un album amusant et instructif, avec de vrais moments d'humour et une vulgarisation toujours efficace, mais l'ensemble m'a paru trop dense et chargé. Une lecture intéressante, mais longue et parfois un peu laborieuse.
À travers une équipe fictive, très largement inspirée des Dick Kerr's Ladies, l'une des premières équipes anglaises, cette BD évoque à la fois l'émancipation féminine par le sport et le développement du football féminin. Organisé durant la Première Guerre mondiale, il est d'abord toléré puis brutalement interdit avant de réapparaître de longues années plus tard sous une forme officielle avec les premières compétitions internationales.
Le choix de suivre une équipe inventée mais très proche de la réalité est plutôt bien vu : cela permet d'aborder de nombreux aspects de cette histoire (les matchs populaires, les tournées à l'étranger, l'interdiction par la fédération, la lente reconnaissance du football féminin) sans avoir à coller trop rigidement aux faits historiques.
Le dessin est également agréable, dynamique et expressif, ce qui rend les scènes de match assez vivantes.
Vivantes, les différentes protagonistes de cet album le sont aussi : même si l'on sait finalement assez peu de choses d'elles, j'ai apprécié leur énergie et la vivacité de leurs interactions. J'aurais aimé en apprendre davantage sur l'organisation concrète de l'équipe et de ses déplacements, notamment durant la période d'interdiction où l'on se demande d'où venaient les fonds leur permettant de voyager ici et là. Dommage que ce point ne soit pas un peu mieux expliqué, mais ce n'est pas très grave.
J'ai en revanche été un peu gêné par la brusquerie du rythme chronologique. Les années se succèdent rapidement, avec quelques ellipses conséquentes, et cela donne parfois une impression un peu hachée, avec même ce qui ressemble à une inversion de dates à un moment donné (un événement daté un an après un autre alors qu'il semble pourtant se dérouler avant).
Surtout, le fameux "match du siècle" qui donne son titre à l'album et qui est suivi par petites touches tout au long du récit, n'est finalement jamais vraiment expliqué dans la BD elle-même. Ce n'est qu'en lisant le résumé ou le texte documentaire en fin d'album que l'on comprend qu'il s'agissait en réalité d'un match assez ordinaire, simplement marqué par une affluence exceptionnelle. Le choix d'en faire le centre du récit, et même le titre de l'album, paraît du coup un peu étrange.
C'est donc une BD intéressante par ses thématiques et par la page d'histoire qu'elle met en lumière, mais dont le rythme narratif aurait sans doute gagné à être un peu plus abouti.
C'est une BD bien curieuse qui nous vient d'Allemagne aujourd'hui. Une BD qui montre l'Effet Papillon, mais de manière inversée. Comment une catastrophe majeure au Japon peut influer sur le destin de huit personnes qui ne se connaissent pas, ou plus, à... Berlin.
Le récit oscille donc entre ces deux cadres, avec une nette préférence pour la capitale allemande, et le destin croisé de ces personnages, mutiques, rêveurs, sous les eaux ou dans la rue... J'avoue avoir eu un peu de mal à comprendre comment le puzzle construit par Bea Davies allait finalement se dévoiler, et ce n'est qu'à la fin que j'ai compris, dans les deux dernières séquences de l'album.
J'ai plutôt apprécié le trait de Béa Davies, à la fois fin et puissant, en encre de chine, mêlant physionomies et architectures, ombres et lumière, réalité et apparence... Un patchwork plaisant à voir, dans lequel transparaît l'amour le ville où réside l'autrice.
C'est assez sympa, je recommande.
3.5
Encore un nouveau récit qui se passe durant les débuts de Batman et/ou Robin.
Ici, le scénariste est Mark Waid qui a un style classique du coup on a droit à des trucs que j'aime bien comme Batman et Robin qui sont capable d'interagir entre eux sans être des sociopathes incapables d'avoir des émotions. Le jeune Dick Grayson est indiscipliné et Bruce a un peu de la difficulté à le gérer, mais ils agissent comme des humains et j'aime mieux que ce que l'on peut voir dans pleins de comics modernes. Il y a un bon mélange de drame et d'action et on n'est pas dans une suite de scènes spectaculaires comme c'est le cas avec les moins bons scénarios de Waid. Les moments plus humoristiques marchent bien.
Comme c'est souvent le cas avec les histoires se passant dans les premières années de la carrière de la chauve-souris, il affronte principalement des gangsters ordinaires, mais on retrouve quelques super-vilains et principalement Double-Face qui est bien utilisé. Le scénario est prenant et efficace et il est servit par un dessin élégant. C'est du bon comics de divertissement que je conseil à tous les fans de Batman.
2.5
Le moins que l'on puisse dire est que les séries de Fabien Nury se suivent et ne se ressemblent pas !
En tout cas, celle-ci est assez particulier... J'avoue que durant toute ma lecture du premier tome je ne savais pas trop où les auteurs voulaient en venir avec cet écrivain bien étrange qui semble fou. J'ai cru au début que c'était censé être un personnage inspiré de Lovecraft vu qu'il prétendait avoir écrit un livre maudit qui pousse les gens au suicide (une référence au nécronomicon ?) et c'est en lisant d'autres avis que je me rends compte qu'en fait l'écrivain c'est L. Ron Hubbard et qu'il commence à former sa secte.
Le premier tome sert surtout d'introduction. On voit donc le quotidien d'un écrivain has-been qui a des idées folles et comment il est en train de changer la vie d'un agent littéraire ainsi que celle de sa femme. Ça se laisse lire, mais je ne suis jamais vraiment rentré dans un récit qui m'a semblé obscur la première fois que je l'ai lu... Je l'ai relu un petit peu et je me suis arrêté lorsque je me suis aperçu que mon opinion ne changeait pas. Ça se laisse lire, mais je ne m'intéresse pas au personnage principal et ses discours sur ses croyances m'ont un peu ennuyé. Je ne pense pas lire la suite.
A la suite d'une confusion médicale, un homme est persuadé qu'il ne lui reste que quelques mois à vivre et décide de partir réaliser un vieux rêve, aller voir les baleines au Canada avec sa femme.
Pendant toute ma lecture, j'ai eu l'impression de voir le scénario d'une comédie française des années 1980, le genre de film avec Jean Rochefort en héros un peu dépassé par les événements, balloté par la vie et accumulant les petites misères tout en gardant le moral comme il peut. On suit ainsi une succession de mésaventures et de hasards plus ou moins malheureux qui viennent perturber ce voyage.
Le récit reste agréable, notamment grâce à des personnages assez justes et crédibles (à l'exception de l'assureur envahissant, volontairement très caricatural). Ce double du célèbre Séraphin Lampion est un ajout un peu trop stéréotypé et légèrement pénible : un importun bavard dont les apparitions récurrentes se voient malheureusement venir d'un peu trop loin au fil du récit.
L'ensemble est assez mollasson. Le scénario aligne des situations plutôt attendues et ne crée jamais vraiment de tension ou d'émotion forte. Cela reste néanmoins plaisant à lire, notamment parce que l'histoire ne repose pas trop sur des quiproquos artificiels (hormis celui de départ, mais qui est ici justifié de manière assez crédible).
Il en découle une lecture sympathique mais assez mineure : une petite comédie douce-amère, agréable sur le moment, mais qui manque un peu de relief pour vraiment marquer.
Genèse et Prozac est une succession de gags en une page qui revisitent la Bible et ses grands épisodes sous un angle parodique. Les auteurs imaginent notamment un Dieu anxieux, dépressif et peu sûr de lui, qui doute en permanence de ses propres créations.
L'idée fonctionne plutôt bien sur le principe, et ce Dieu gaffeur, dépassé par ce qu'il a lui-même créé, est globalement assez sympathique. Les auteurs s'amusent à détourner des passages connus de l'Ancien et du Nouveau Testament avec une bonne dose d'irrévérence, parfois sarcastique ou absurde.
Les gags sont cependant assez inégaux. Certains tombent à plat ou paraissent convenus, mais d'autres fonctionnent bien et m'ont fait rire pour de bon. L'ensemble se lit donc de façon agréable, même si l'inspiration varie beaucoup d'une page à l'autre.
Graphiquement, le dessin n'est pas particulièrement réussi : il est raide et pas vraiment très professionnel. En revanche, j'apprécie la lisibilité de la ligne et une certaine élégance minimaliste qui se dégage malgré tout de l'ensemble, ce qui rend la lecture claire et fluide.
C'est un album d'humour inégal mais sympathique, porté par ce portrait assez amusant d'un Dieu dépressif et maladroit qui semble aussi perdu que ses propres créatures.
Note : 2,5/5
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Il faut produire, produire sans cesse, c’est ça la clé du succès. - Ce tome contient une histoire complète, indépendante de toute autre. Son édition originale date de 2001. Il a été réalisé par Fabien Vehlmann pour le scénario, par Ralph Meyer et Bruno Gazzotti pour les dessins, avec une mise en couleurs de Bernard Devillers. Il comprend cinquante-quatre pages de bande dessinée. Il a été réédité en 2009 dans la collection Signé, de l’éditeur Le Lombard. La manière dont F.G. Wilson a asservi le monde a été des plus insidieuses. Il ne s’est pas imposé par un coup d’état. Il n’a pas non plus été élu, à vrai dire. Wilson n’est même pas un homme politique. C’est un marchand. Et c’est librement que les citoyens ont choisi d’adhérer au confort technologique qu’il proposait : prothèses biomécaniques, organes synthétiques… Wilson a lui-même déjà 115 ans et pas une ride. Qui refuserait cette forme d’immortalité ? Quand Technolab a lancé l’implant cérébral, une organi-puce optimisant les capacités physiques et mentales, nul n’aurait songé à s’en priver. On les pose maintenant dès la naissance, dans le monde entier. Et quoi de plus naturel que cet implant comporte une clause neuronale interdisant à son porteur de nuire à F.G. Wilson ? Voilà comment il est devenu impossible de contredire ses décisions. Voilà comment les citoyens ont créé un tyran à leur mesure : immortel et omnipotent. Nolan Ska va pourtant tenter de changer le cours de l’histoire. Il est ingénieur. Ses recherches clandestines vont lui permettre d’être le premier homme à remonter le temps. Nolan Ska se retrouve dans le passé : il doit retrouver Wilson, pas pour le tuer, son implant cérébral le lui interdit. Mais il a soigneusement étudié les archives de Technolab et il a appris que Wilson n’avait pas toujours rêvé d’être marchand. Sa première passion était l’écriture. Il était doué et il aurait pu devenir un écrivain célèbre si un incident imprévisible n’en avait décidé autrement. Le 12 mai, au café Paris, Wilson se fait voler l’unique manuscrit de son premier roman. Sans le sou, découragé par ce vol, il abandonnera l’écriture et sera engagé comme comptable chez Technolab, jeune firme dont il gravira tous les échelons. Nolan Ska est arrivé devant le café en question, juste au bon moment, et il stoppe le voleur, récupérant ainsi le manuscrit, et faisant la connaissance du jeune Wilson. Il l’aide à ramasser les pages éparpillées par terre, et il découvre des phrases bourrées de fautes et sans imagination. Dès le départ, le récit s’inscrit à mi-chemin dans deux genres littéraires, majoritairement la science-fiction, avec une touche d’anticipation par moment. En surface, il s’agit d’une histoire de voyage dans le temps. Cet aspect est réglé en trois coups de cuillère à pot : en trois cases littéralement. Les dessins montrent un personnage en train de bricoler dans son atelier, vraisemblablement en sous-sol de son pavillon et c’est parti, aucune tentative de techno-charabia, direct dans le cœur du récit. Le lecteur remarque ensuite que Wilson a écrit son premier roman avec un stylo sur des feuilles de papier, et par la suite Ska utilise un ordinateur portable. Visiblement Internet n’est pas encore omniprésent, ni même les téléphones portables dans ce passé du récit, ce qui est cohérent avec le fait que cette bande dessinée date de 2001. Ensuite, les auteurs vont raconter la relation entre l’aspirant écrivain et celui qui devient son mentor et son prête-plume, ainsi que plusieurs histoires que ce dernier écrit pour son protégé. Ainsi le lecteur découvre six nouvelles de science-fiction, écrites par quelqu’un qui vient du futur : La méthode 100% décrivant une prison parfaite, Le big flush racontant une intervention dans les égouts peu de temps avant la mi-temps du Super Bowl, Le jour des morts avec l’unique employé gérant une station spatiale, Un homme pressé mettant en scène un individu au métabolisme augmenté par les médicaments, Le jugement de Salomon sur un enfant génétiquement modifié, Space Conquest II pour une partie décisive de jeux vidéo en ligne. Le lecteur comprend qu’il plonge dans une bande dessinée à sketchs, sur une trame générale, la transition entre chaque nouvelle se faisant par une courte scène mettant en scène l’évolution de la relation entre F.G. Wilson et son prête-plume, avec l’attente de savoir si l’avenir totalitaire sous le joug de la technologie de Technolab sera évité. Les crédits de l’album ne précisent pas si les deux dessinateurs ont travaillé à quatre mains sur chaque planche, ou s’il y a eu répartition des planches, l’un réalisant celles consacrées à Wilson et Ska, l’autre les histoires dans l’histoire. Quoi qu’il en soit, les planches de ces deux fils narratifs distincts présentent de fortes similarités graphiques, les auteurs ayant choisi de les montrer sur un plan quasi identique. Cette sensation est renforcée par la palette de couleurs utilisée, sans solution de continuité entre les différentes réalités, sans usage de couleurs plus claires ou brillantes pour la fiction dans la fiction par exemple. Cela induit une forme de même niveau d’existence pour les deux, rappelant au lecteur qu’il s’agit de fictions à part égale, sans hiérarchisation entre l’une et l’autre. La couverture constitue une belle illustration, laissant à penser qu’un jeune homme admire le talent d’écrivain d’un homme plus âgé, imaginant des récits de science-fiction, entre voyage spatial et conquête par une flotte imposante, une sorte d’hommage à l’écriture et à la science-fiction expansionniste des années 1950 et 1960. Les dessins s’inscrivent dans un registre descriptif avec un bon niveau de détail, et une approche réaliste. Les artistes jouent discrètement sur les ombres portées et le délié des traits de contour pour apporter de la souplesse et de la vie dans les dessins. Dans la première scène, le lecteur peut voir une architecture futuriste dans les formes étonnantes des immeubles, un urbanisme faisant la part belle aux larges avenues, et une technologie de science-fiction proche du bricolage pour la machine à remonter le temps. Par la suite, les artistes créent d’autres décors et accessoires typiques de ce genre littéraire avec des touches originales qui les élèvent au-dessus de décors en carton-pâte génériques : la vue d’ensemble de la prison au beau milieu d’une zone désertique, l’aéroglisseur pour se déplacer dans les émissaires des égouts, un navire spatial et une base spatiale, la flotte de conquête dans la dernière histoire, etc. Au temps présent du récit (enfin dans le passé… C’est-à-dire probablement au tout début des années 2000), les dessinateurs représentent un quotidien banal, pas encore envahi par la technologie d’Internet, sans téléphones portables. Le lecteur peut reconnaître un café parisien. Wilson et Ska sont reçus dans un bureau à l’ancienne chez l’éditeur Metropolis. Au départ et pendant un certain temps, l’écrivain en herbe habite dans un appartement mansardé de type chambre de bonne avec un vieux plancher. Alors qu’il commence à gagner de l’argent, ses finances lui permettent de s’offrir un séjour dans un relais château. La dernière séquence montre une magnifique villa avec piscine le temps d’une page. Il se dégage de ces passages une forme de dénuement matériel associé à l’artiste sans le sou, une sorte de banalité évoquant la mythologie de l’artiste fauché de la fin du dix-neuvième siècle, alors que les écrits (livres et scénarios) de Wilson rencontrent un succès grandissant. Cela peut évoquer un autre postulat : Que se serait-il passé si Adolf Hitler avait poursuivi ses velléités de devenir un artiste peintre ? D’un côté, l’évolution de l’intrigue en toile de fonds peut sembler très linéaire et prévisible, c’est-à-dire les répercussions du succès grandissant des œuvres du prête-plume. De l’autre côté, chaque nouvelle de science-fiction est divertissante pour elle-même, avec une chute de type justice poétique bien trouvée. Et à chaque fois une scène d’une ou deux pages revient sur la relation entre Wilson et Ska montrant la montée du succès et le sacrifice du prête-plume. En y repensant avec un peu de recul, le lecteur se dit que la notion de prison dont on ne peut s’échapper décrite dans La méthode 100% se transpose directement à la situation de Nolan Ska : il est devenu celui qui écrit à la place de Wilson, une fonction dont il ne peut s’échapper. Il est possible d’établir un parallèle de même nature avec la deuxième nouvelle, Wilson se conduisant comme un enfant gâté vis-à-vis de Ska. Pareil avec la troisième où Ska se trouve condamné à produire toujours plus de récits, jusqu’à ce que la mort vienne le délivrer de ce calvaire, sans que lui-même n’ait conscience de ce processus. Il en va de même avec les nouvelles suivantes qui relèvent autant d’une transposition fictive de ce dont Nolan Ska a pu être témoin ou qu’il a lu dans des livres d’histoire et qui deviennent des récits de science-fiction maintenant qu’il vit dans le passé, que d’histoires avec une chute qui s’applique à sa propre situation. Cela produit un deuxième effet de mise en abîme. Les auteurs mettent en scène un écrivain (Nolan Ska) parlant ainsi de leur propre art, et les histoires dans l’histoire (les nouvelles de science-fiction) constituent une réflexion partielle de la propre situation de cet écrivain fictif, agissant comme un miroir partiel. De prime abord, une bande dessinée bien faite : une narration visuelle solide qui assume ses références, et une suite d’histoires courtes de science-fiction avec un entracte suivant la vie de l’écrivain qui agit comme prête-plume pour un jeune homme. Le lecteur apprécie pour elles-mêmes les histoires courtes et s’attache à cet étrange duo, espérant que Nolan Ska pourra atteindre son objectif altruiste. Il se rend progressivement compte du jeu de miroir entre le thème de chaque nouvelle et la situation dans laquelle se trouve Ska, et il prend la mesure de la conclusion de ce fil narratif directeur qui se conclut par : L’humanité n’aura que ce qu’elle mérite…
Les Enfants de la Salamandre
Il y a deux manières de lire cette bande, aucune n'étant vraiment satisfaisante. Les EO : de meilleur qualité mais sans la fin de l'histoire. Ou bien l'intégrale, avec son ignoble couverture, avec un dessin qui a perdu tout son contraste, mais aussi avec un 4eme tome inclus à l'intérieur. Je rajoute que les originaux du premier tome ont dû disparaitre, puisqu'on a droit à des scans de piètre qualité, avec 5 centimètres de marge à la fin de chaque page. Donc une entrée en matière compliquée ! Et pourtant le recit proposé ici se révèle assez prenant. Dufaux rajoute une couche de fantastique religieux mais l'intrigue de base fait furieusement penser au film Scanners de Cronenberg, avec des télépathes apprenant à maîtriser leurs pouvoirs, qui sont pourchassés et qui cherchent à en apprendre plus sur leur identité. Le volume inédit se révèle au final assez décevant et n'apporte pas grand chose, d'autant qu'il est truffé de facilités scénaristiques. Le dessin de Renaud correspond à ce qu'il fait déjà sur Jessica Blandy à l'époque. C'est un style unique. Cependant le cadre fantastique ne lui convient pas tellement, les effets spéciaux font peine à voir. Pour les fans de lézards mais pas que.
Atar Gull ou le destin d'un esclave modèle
Je n'ai pas lu l'histoire dont la bd est tirée, mais quoiqu'il en soit, le récit et les images sont fortes. On fait d'Atar Gull une figure de la vengeance due aux esclaves noirs d'autant plus intéressante qu'il ne laisse rien paraître. Mieux vaut en effet sembler un esclave modèle pour détruire méthodiquement son maître ! Le but, on l'oublie parfois, n'est pas de prendre des poses ou de finir en martyr, face à l'ennemi, mais de le dépouiller, le frapper et le détruire sans qu'il puisse jamais répliquer, et d'autant plus qu'on a le sort des siens et son propre esclavage à venger. Bravo, parcours sans faute ! Comme il agit seul et qu'on ne se perd pas dans les détails de la psychologie, il peut devenir une figure emblématique ainsi que l'illustre la couverture.
Nos Mondes perdus
On retrouve ici tout ce qui fait habituellement la force de Marion Montaigne : une vulgarisation scientifique très solide, un vrai travail de documentation et surtout un humour qui fonctionne souvent très bien. Elle a régulièrement le sens de la formule ou du gag absurde qui tombe juste, et certains passages sont vraiment très drôles tout en restant instructifs. Sur l'histoire de la paléontologie, l'album est d'ailleurs souvent passionnant et permet de découvrir plein d'anecdotes étonnantes sur la manière dont cette discipline s'est construite au fil du temps. Le problème est plutôt du côté de la forme. L'album est extrêmement dense, très bavard, et entre dans énormément de détails. Résultat : la lecture devient longue et parfois touffue. C'est un gros volume qui demande de l'attention, et l'ayant lu en deux fois, je me suis rendu compte que j'avais presque oublié où j'en étais quand j'ai repris le lendemain. À cela s'ajoutent les nombreuses digressions autobiographiques où l'autrice parle de son enfance, de son rapport au dessin ou de sa fascination pour les dinosaures. Ce n'est pas inintéressant en soi, mais ces passages rajoutent à la confusion de l'ensemble et cassent le fil du récit. Cela reste un album amusant et instructif, avec de vrais moments d'humour et une vulgarisation toujours efficace, mais l'ensemble m'a paru trop dense et chargé. Une lecture intéressante, mais longue et parfois un peu laborieuse.
Le Match du siècle
À travers une équipe fictive, très largement inspirée des Dick Kerr's Ladies, l'une des premières équipes anglaises, cette BD évoque à la fois l'émancipation féminine par le sport et le développement du football féminin. Organisé durant la Première Guerre mondiale, il est d'abord toléré puis brutalement interdit avant de réapparaître de longues années plus tard sous une forme officielle avec les premières compétitions internationales. Le choix de suivre une équipe inventée mais très proche de la réalité est plutôt bien vu : cela permet d'aborder de nombreux aspects de cette histoire (les matchs populaires, les tournées à l'étranger, l'interdiction par la fédération, la lente reconnaissance du football féminin) sans avoir à coller trop rigidement aux faits historiques. Le dessin est également agréable, dynamique et expressif, ce qui rend les scènes de match assez vivantes. Vivantes, les différentes protagonistes de cet album le sont aussi : même si l'on sait finalement assez peu de choses d'elles, j'ai apprécié leur énergie et la vivacité de leurs interactions. J'aurais aimé en apprendre davantage sur l'organisation concrète de l'équipe et de ses déplacements, notamment durant la période d'interdiction où l'on se demande d'où venaient les fonds leur permettant de voyager ici et là. Dommage que ce point ne soit pas un peu mieux expliqué, mais ce n'est pas très grave. J'ai en revanche été un peu gêné par la brusquerie du rythme chronologique. Les années se succèdent rapidement, avec quelques ellipses conséquentes, et cela donne parfois une impression un peu hachée, avec même ce qui ressemble à une inversion de dates à un moment donné (un événement daté un an après un autre alors qu'il semble pourtant se dérouler avant). Surtout, le fameux "match du siècle" qui donne son titre à l'album et qui est suivi par petites touches tout au long du récit, n'est finalement jamais vraiment expliqué dans la BD elle-même. Ce n'est qu'en lisant le résumé ou le texte documentaire en fin d'album que l'on comprend qu'il s'agissait en réalité d'un match assez ordinaire, simplement marqué par une affluence exceptionnelle. Le choix d'en faire le centre du récit, et même le titre de l'album, paraît du coup un peu étrange. C'est donc une BD intéressante par ses thématiques et par la page d'histoire qu'elle met en lumière, mais dont le rythme narratif aurait sans doute gagné à être un peu plus abouti.
Super Gau
C'est une BD bien curieuse qui nous vient d'Allemagne aujourd'hui. Une BD qui montre l'Effet Papillon, mais de manière inversée. Comment une catastrophe majeure au Japon peut influer sur le destin de huit personnes qui ne se connaissent pas, ou plus, à... Berlin. Le récit oscille donc entre ces deux cadres, avec une nette préférence pour la capitale allemande, et le destin croisé de ces personnages, mutiques, rêveurs, sous les eaux ou dans la rue... J'avoue avoir eu un peu de mal à comprendre comment le puzzle construit par Bea Davies allait finalement se dévoiler, et ce n'est qu'à la fin que j'ai compris, dans les deux dernières séquences de l'album. J'ai plutôt apprécié le trait de Béa Davies, à la fois fin et puissant, en encre de chine, mêlant physionomies et architectures, ombres et lumière, réalité et apparence... Un patchwork plaisant à voir, dans lequel transparaît l'amour le ville où réside l'autrice. C'est assez sympa, je recommande.
Batman & Robin - Année un
3.5 Encore un nouveau récit qui se passe durant les débuts de Batman et/ou Robin. Ici, le scénariste est Mark Waid qui a un style classique du coup on a droit à des trucs que j'aime bien comme Batman et Robin qui sont capable d'interagir entre eux sans être des sociopathes incapables d'avoir des émotions. Le jeune Dick Grayson est indiscipliné et Bruce a un peu de la difficulté à le gérer, mais ils agissent comme des humains et j'aime mieux que ce que l'on peut voir dans pleins de comics modernes. Il y a un bon mélange de drame et d'action et on n'est pas dans une suite de scènes spectaculaires comme c'est le cas avec les moins bons scénarios de Waid. Les moments plus humoristiques marchent bien. Comme c'est souvent le cas avec les histoires se passant dans les premières années de la carrière de la chauve-souris, il affronte principalement des gangsters ordinaires, mais on retrouve quelques super-vilains et principalement Double-Face qui est bien utilisé. Le scénario est prenant et efficace et il est servit par un dessin élégant. C'est du bon comics de divertissement que je conseil à tous les fans de Batman.
Electric Miles
2.5 Le moins que l'on puisse dire est que les séries de Fabien Nury se suivent et ne se ressemblent pas ! En tout cas, celle-ci est assez particulier... J'avoue que durant toute ma lecture du premier tome je ne savais pas trop où les auteurs voulaient en venir avec cet écrivain bien étrange qui semble fou. J'ai cru au début que c'était censé être un personnage inspiré de Lovecraft vu qu'il prétendait avoir écrit un livre maudit qui pousse les gens au suicide (une référence au nécronomicon ?) et c'est en lisant d'autres avis que je me rends compte qu'en fait l'écrivain c'est L. Ron Hubbard et qu'il commence à former sa secte. Le premier tome sert surtout d'introduction. On voit donc le quotidien d'un écrivain has-been qui a des idées folles et comment il est en train de changer la vie d'un agent littéraire ainsi que celle de sa femme. Ça se laisse lire, mais je ne suis jamais vraiment rentré dans un récit qui m'a semblé obscur la première fois que je l'ai lu... Je l'ai relu un petit peu et je me suis arrêté lorsque je me suis aperçu que mon opinion ne changeait pas. Ça se laisse lire, mais je ne m'intéresse pas au personnage principal et ses discours sur ses croyances m'ont un peu ennuyé. Je ne pense pas lire la suite.
La Loi des Probabilités
A la suite d'une confusion médicale, un homme est persuadé qu'il ne lui reste que quelques mois à vivre et décide de partir réaliser un vieux rêve, aller voir les baleines au Canada avec sa femme. Pendant toute ma lecture, j'ai eu l'impression de voir le scénario d'une comédie française des années 1980, le genre de film avec Jean Rochefort en héros un peu dépassé par les événements, balloté par la vie et accumulant les petites misères tout en gardant le moral comme il peut. On suit ainsi une succession de mésaventures et de hasards plus ou moins malheureux qui viennent perturber ce voyage. Le récit reste agréable, notamment grâce à des personnages assez justes et crédibles (à l'exception de l'assureur envahissant, volontairement très caricatural). Ce double du célèbre Séraphin Lampion est un ajout un peu trop stéréotypé et légèrement pénible : un importun bavard dont les apparitions récurrentes se voient malheureusement venir d'un peu trop loin au fil du récit. L'ensemble est assez mollasson. Le scénario aligne des situations plutôt attendues et ne crée jamais vraiment de tension ou d'émotion forte. Cela reste néanmoins plaisant à lire, notamment parce que l'histoire ne repose pas trop sur des quiproquos artificiels (hormis celui de départ, mais qui est ici justifié de manière assez crédible). Il en découle une lecture sympathique mais assez mineure : une petite comédie douce-amère, agréable sur le moment, mais qui manque un peu de relief pour vraiment marquer.
Genèse et Prozac
Genèse et Prozac est une succession de gags en une page qui revisitent la Bible et ses grands épisodes sous un angle parodique. Les auteurs imaginent notamment un Dieu anxieux, dépressif et peu sûr de lui, qui doute en permanence de ses propres créations. L'idée fonctionne plutôt bien sur le principe, et ce Dieu gaffeur, dépassé par ce qu'il a lui-même créé, est globalement assez sympathique. Les auteurs s'amusent à détourner des passages connus de l'Ancien et du Nouveau Testament avec une bonne dose d'irrévérence, parfois sarcastique ou absurde. Les gags sont cependant assez inégaux. Certains tombent à plat ou paraissent convenus, mais d'autres fonctionnent bien et m'ont fait rire pour de bon. L'ensemble se lit donc de façon agréable, même si l'inspiration varie beaucoup d'une page à l'autre. Graphiquement, le dessin n'est pas particulièrement réussi : il est raide et pas vraiment très professionnel. En revanche, j'apprécie la lisibilité de la ligne et une certaine élégance minimaliste qui se dégage malgré tout de l'ensemble, ce qui rend la lecture claire et fluide. C'est un album d'humour inégal mais sympathique, porté par ce portrait assez amusant d'un Dieu dépressif et maladroit qui semble aussi perdu que ses propres créatures. Note : 2,5/5