Une des dernières sinon la dernière série que Jack Kirby a créé pour Marvel et c'est vraiment une sortie par la petite porte.
C'est une série qui na pas l'ambition d'autres séries de Kirby, c'est juste une série de pur divertissement et je trouve que ça ne fonctionne pas, du moins sur moi. Je peux imaginer des jeunes enfants des années 70 fans de dinosaures lire cette série avec excitation, mais le style est trop daté. Kirby était à un point de sa carrière où ses meilleurs créations étaient derrières lui et il devenait une caricature de lui-même tant au niveau du dessin que du scénario. Les histoires m'ennuient, mais je dois dire que je ne suis pas un gros d'histoires de dinosaures. Quant au dessin. si les dinosaures sont beaux et sont le point fort de la série, je n'aime pas trop comment sont dessinés les singes humanoïdes ou du moins leurs visages.
En gros, c'est une série qui s'adresse uniquement aux nostalgiques qui ont lu cette série durant leur jeunesse et/ou aux grands fans de Kirby qui veulent tout lire de lui. En tout cas, ils vont être en terrain connu parce que c'est encore une série de Kirby où les extraterrestres débarquent !
J'ai souvent de la difficulté avec les scénarios de Roy Thomas. J'aime bien ses scénarios pour Conan et les Avengers et son run avec Neal Adams sur X-Men était très bon, mais le reste de ce que j'ai lu de lui me laisse au mieux indifférent.
C'est le cas ici avec cette série qui se passe durant la seconde guerre mondiale et mets en vedette les trois grosses vedettes du Marvel des années 40: Captain America, Namor et la première Torche Humaine. Roy Thomas est un gros fan des comics books des années 40 alors il va avoir pleins de références et d'hommages à d'autres séries que je ne connais pas et dont je me fous un peu. La caractérisation des personnages est vraiment simpliste. Namor, par exemple, perds le coté ambiguë et même méchant qu'il avait dans ses propres aventures au cours de la décennie des années 40. Ce sont des bêtes aventures bourrés d'actions et même pas divertissant. Comme c'est toujours le cas avec Thomas, il y a beaucoup de dialogues et vers la fin de l'album j'en avais marre de les lire et je les ai juste survolés.
La plupart des épisodes sont dessinés par Frank Robbins, un dessinateur qui a débuté dans les années 30-40 alors il était le dessinateur idéal pour une série qui rends hommage à cette période, mais son dessin est trop daté et pas du tout excitant. En fait, je ne suis pas un grand fan des comics books de cette période, mais il y a certaines séries qui surnagent du lot et qui possèdent un certain charme. Ici, il n'y a pas ce charme. Vous avez déjà lu une série BD qui rends hommage aux bds des années 50-60 ou à un auteur en particulier (comme c'est le cas avec Maurice Tillieux) et vous avez eu l'impression que c'était plus daté et niais que ce qu'on faisait à l'époque ? Ben ici c'est la même chose, mais pour les comics !
Alors moi j'aime bien que le héros ne soit à l'origine qu'un tronc et une tête : pour se construire, il se construit. Mais l'univers est tellement moins riche que l'Incal si au moins il est plus original que ses dérivés ! Le dessin ? S'il ne vaut pas celui de l'Incal et quelques autres, il vaut mieux que celui du Monde d'Edena, alors… Je dois dire que j'ai apprécié un dessin nouveau, original avec des couleurs convenant à un univers de fantasy. J'avais oublié cette série mais Stripsforever2000! m'y a fait repenser, et ce n'est pas désagréable… Le héros construit sa force, son opposante, Diamante, construit sa fragilité, et tous deux deviennent meilleurs l'un par l'autre.
Tout cela me plait beaucoup, mais avec un côté foutraque, il faut bien dire que les autres éléments de l'histoire m'ont paru pauvres et sans trop d'intérêt. Comme un certain nombre d'œuvres, on peut rêver de ce qu'elles auraient été si abouties, de même que Dream - ou plutôt Sandman ! - dans la série éponyme collectionne les livres écris en rêve par les auteurs.
J’ai découvert Alef-Thau et Jodorowski grâce à un de mes auteurs préférées , Mobius- Giraud et la Bande Dessinée Culte, L’incal.
L’Incal ma tellement plu que j’ai pris la chance aveugle , mi les années 80 , pour acheter les deux premiers tomes d’Alef-Thau.
Étant installé à l’étranger et durant mes visites infréquentés en Belgique le long des ans , j’étais intéressé à obtenir les autres numero’s Et.. je ne trouvai pas ! ( Ca doit ce collectionner ! )
C’est en 2024 que j’ai obtenu le dernier. Le numéro 8 et dessinée par Alexandre Covial. C’est tout aussi bien dessinée et joli. et Anti Climatique question scénario !
Âpre lire ce dernier , je ne comprenais plus rien de cette Histoire !
Depuis, Lors de la dernière Bourse à Lys-Lez-Lannoy j’ai finalement pu finir cette quête en trouvant toute l’histoire en Intégrale sur deux Volumes !
D’un Coup , j’ai pu lire toute ce Fantasme et même Temps !
Au début, j’aimais l’histoire…
Depuis, j’ai suivant commentaire à faire.
Jodorwski est un personnage d’une fore créatrice hors du commun.
J’avais compris avec l’Incal , qui’ prenait sur des Thèmes New Âge et sur la religion Hindu, beaucoup d’éléments, pour faire une très bonne histoire .
Depuis… et de Lire « Bouncer « . Ce Dernier qui demontre l’envergure des Thèmes que jodo aborde. Ca va du Sacrée au Profane !
Et la, avec Alef-Thau, je suis guerre surpris qu’il abordait de Nouveau des thèmes pseudo religieux.
L’histoire se lis bien. Arno fesait des beaux dessins et certains tableaux sont magnifiques. Les Engins spatiaux sont très beaux, les monstres et paysages aussi, mais l’histoire même reste presque tout le temps Coincée sur « le plan Astral » pseudo Theosophiste .
Même le titre , Alef-Thai cachée cette idée en Pleine Vue.
Alef etant la première lettre de l’alphabet Hébreu ( Alpha ) et signifie la présence de Dieu . Thau est la dernière lettre de ce même alphabet et signifie la protection divine ou Oméga, la fin de tout.
OK , ça marche, sur des Béquilles .
Tout comté fait c’est très joli mais si on réfléchit de ce qu’on Vient de lire, il n’y a pas quand chose qui reste gravée dans la Mémoire .
Avec sa , je termine mes lectures Jodoroski tout en étant appréciatif de ce grand Artiste très polyvalent qui doit avoir 96 ans en 2026 !
Dans tout les génres BD, Alef Thau prend une place speciale.
Ca lis bien en Intégrale, mieux qu’en tomes individuelles . Tant Mieux. comme ça , ça permet de finir l’Histoire en une fois ( 400 pages ) et de m’être de cotée une fois pour tout, et décider si on veut retenir dans sa collection.
C’est Jodorowski !
Dans ce roman graphique délicat, la question du deuil rejoint celle du temps qui passe et active les souvenirs d’un âge où les oripeaux de l’enfance se désagrègent lentement face aux problématiques des adultes.
Si le sujet a été abondement traité, c’est toujours son approche qui distinguera l'œuvre du tout-venant. A ce titre, « Un été loin des hommes » est une réussite. L’ouvrage respire l’authenticité dans cette évocation des vacances, à partir de la mort d’un proche, en l’occurrence la mère de Frédérique qui repense à cet été 1985 en Corse, où ses parents avaient été à deux doigts de se séparer. La pré-adolescente qu’elle était alors est en proie à des questionnements liés à cet âge, mais pas seulement, car on la sent en quête d’elle-même, étrangement attirée par les filles, mal à l’aise dans un monde où elle peine à se construire, un sentiment aggravé par les fissures qui se creusent entre son père et sa mère, et la menace d’un divorce imminent… Comme si des nuages noirs étaient venus assombrir le soleil corse pourtant réputé inaltérable…
Dans ce contexte peu serein, la vie continue pourtant à s’écouler comme si de rien n’était au milieu de ce décor de rêve qu’est l’île de beauté, où les apparences de l’insouciance parviennent à masquer, et peut-être alléger aussi les tourments intérieurs des êtres. Et c’est en parsemant leur récit d’anecdotes anodines que Fabienne Blanchut et Catherine Locandro parviennent à y injecter l’authenticité en question. Des anecdotes qui font résonner en chacun de nous les flashs marquants d’une jeunesse qui s’éloigne…
Tout cela, Thomas Campi va le mettre en images de façon magistrale, tant sur le plan du dessin que de la couleur. Sa palette variée aux tonalités chatoyantes vient enrober son trait délicat d’une aura enchanteresse, conférant à cette Corse des années 80 un côté idyllique, où le réalisme s’accorde parfaitement avec une nostalgie bien dosée. Les références visuelles nous immergent dans cette époque qui avait tout de même meilleure mine sous les cieux estivaux de l’île de beauté, parce que quand on y pense, la crise économique avait déjà commencé à produire ses effets néfastes.
Malgré la gravité du sujet, on ressort apaisé d’une lecture jamais plombante, comme si par une sorte de magie, l’environnement lumineux de l’histoire avait exercé son influence sur les êtres en évitant les drames potentiels. Voilà pourquoi « Un été loin des hommes », dans sa simplicité, constitue une lecture éblouissante qui imprime sur nos rétines une couleur splendide.
Je l'ai déjà dit par le passé mais j'adore les contes, leur simplicité de forme, leur puissance évocatrice et leur capacité à se mouvoir et évoluer au fil des ans et des cultures. Qu'ici l'autrice assume complètement son travail de réécriture et de réinterprétation d'un vieux conte (déjà plusieurs fois réécris par le passé) et cherche à nous présenter ouvertement sa version du récit a ajouté à ma lecture un véritable plaisir de connivence (un point positif non négligeable, donc).
L'histoire est celle d'une jeune fille trimant toute la semaine qui décide un beau jour de partir récupérer le dimanche que l'on dit avoir été volé par une méchante sorcière. L'histoire est simple, archétypale même dans sa construction narrative (avec ses épreuves à la morale évidente), mais le conte fait mouche, la lecture est charmante (surtout avec le trait et les couleurs chaleureuses d'Ileana Surducan), les représentations métaphoriques des jours de la semaine en loups affamés mais "domesticables" est joliment trouvée, la morale sur la nécessité de se reposer sans pour autant tirer au flanc est ma foi louable à partager, … Bref, pour une lecture jeunesse visant à inculquer une morale et éveiller l'imaginaire, je dirais que l'album réussi son objectif.
Une lecture rapide mais que je ne regrette pas.
Allez, sans être chamboulée je ressors charmée et je vais même arrondir ma note au supérieur !
(Note réelle 3,5)
Pour commencer, le parti pris éditorial est plutôt bien vu, avec cette sur-couverture en plastique semi-transparent représentant un masque vénitien, qui, une fois retirée, laisse apparaître le visage de la jeune femme que l’on verra dans une bonne partie du livre : c’est elle qui souffre du fameux « syndrome de l’imposteur ».
Mi-documentaire, mi-fiction, l’ouvrage traite donc de ce phénomène (c’était le terme utilisé lorsqu’il fut identifié à la fin des années 70 par deux universitaires états-uniennes, qui le considéraient comme une expérience psychologique plutôt que comme une pathologie, contrairement à « syndrome » qui fut en quelque sorte imposé par les médias quand ceux-ci commencèrent à l’évoquer, comme le précisent les auteurs) qui trouve un écho de plus en plus fort dans le milieu du travail et semble toucher plus particulièrement la gent féminine, même si les études réalisées doivent être prises avec des pincettes. Dans un monde où règne souvent l’esprit de compétition, les hommes ont peut-être plus de réticence à avouer leurs failles et leurs souffrances au travail.
Et pourtant, les conséquences sont souvent dramatiques pour les victimes. Des études ont souligné que les personnes les plus exposées étaient avant tout les femmes (d’où le E majuscule du titre), mais également issues d’un milieu social défavorisé, des minorités « non-blanches » ou des régions éloignées des grands centres urbains. Celles qui étaient parvenues à gravir les échelons dans le cadre de leur profession avaient conservé une forme de culpabilité et manquaient de la confiance dont bénéficient leurs congénères plus favorisés. Pour lutter contre ce sentiment, elles mouillent plus leur chemise et sont prêtes à se démener par peur de redescendre là d’où elles viennent… la contrepartie, c’est le risque de faire une dépression ou un burn-out… qui n’équivalent donc pas au fameux syndrome mais en constituent plutôt les effets…
Si l’objet, tout en mettant en lumière ce fameux « syndrome » encore relativement méconnu mais avec plus d’implications qu’on pourrait le penser, il peut aussi par certains aspects se rapprocher du guide de développement personnel (avec même un test à la fin), mais dans le bon sens du terme et loin des ouvrages lucratifs de ce type. L’ouvrage, très didactique, est basé sur des études sérieuses et des points de vue de philosophes, mais aussi des interviews de figures publiques (Michelle Obama, la journaliste Nora Hamadi, l’ex-championne d’athlétisme Dado, la professeure de lettres Karine Dijoud…) ou de citoyens ordinaires, qui en apparence paraissent tout à fait bien dans leurs baskets mais à moment donné ont tous expérimenté ce « syndrome » à un degré plus ou moins fort, et ils sont beaucoup plus nombreux qu’on ne pourrait le croire, l’important étant de ne pas « enlever le masque en public ». Moi-même, je n’y ai pas échappé étant plus jeune. Et vous qui lisez ces lignes, vous êtes-vous déjà posé la question ?
Attention, il n’est pas question de prendre la question à la légère en permettant à chacun de se dédouaner pour ses manquements, car le sujet est complexe : si « 83 % des Français présentent des signes modérés ou forts du syndrome (…), il est intense pour près d’un tiers de la population ! » Toute la nuance est dans ces chiffres. L’étude a été réalisée avec le concours du psychologue Kevin Chassandre, qui fournit une analyse éclairante du syndrome avec la diversité de ses symptômes (du simple doute à la détresse émotionnelle), tout en glissant quelques pistes pour mieux le combattre.
Graphiquement, on appréciera la simplicité du trait de Fanny Briant et la fraîcheur des couleurs, assortis à une mise en page libre et variée, qui contribuent à procurer un bon moment de lecture, tout en abordant un sujet sociétal important.
« Le Syndrome de l’imposteurE » est une lecture appréciable qui prend soin d’éviter les raccourcis et tente d’intégrer tous les points de vue, y compris celui de certaines féministes considérant ce syndrome comme une élucubration, quand bien même il fut identifié par des femmes… Aucune conclusion hâtive ici, ce qui laisse la place à d’autres questionnements, mais le livre reste suffisamment enrichissant pour tenter d’adopter une opinion équilibrée.
J'avais bien aimé Erased, de Kei Sanbe, auteur qui s'est fait remarquer pour ses mangas empreints de mystère, ses manipulations mentales et ses personnages ordinaires qui se retrouvent dans des situations complètement folles. C'est toujours le cas ici, avec cette famille de bonnes personnes, qui aident les autres même si elles-mêmes ne sont pas forcément dans une situation très favorable.
Le mystère est don très présent dès ce premier tome, surtout autour du père, qui reçoit des cartes postales le prévenant d'évènements heureux ou malheureux à venir. Ca m'a un peut fait penser à cette vieille série; Demain à la Une, dans laquelle le héros reçoit le journal du lendemain annonçant des catastrophes. Comme ce personnage, Toya, qui est un chic type, choisit d'intervenir pour empêcher une tragédie de survenir. Mais quel est le dessein derrière tout ça ? Et pourquoi ces chiffres décroissants sur les cartes postales ?
Sanbe distille donc ses énigmes de manière savamment dosée, comme toujours, et nous embarque dans cette histoire qui présage des faux-semblants, des masques, ces chaussses-trapes...
A suivre, donc.
Encore une nouvelle série de "Planet-Fantasy" d'Arleston me direz-vous... tout comme moi en attaquant cette lecture. Au bout de 4 pages je me suis dit que j'allais avoir droit à un triste mix piochant allègrement dans Lanfeust, Alim le tanneur et je ne sais quoi encore...
Heureusement, passé une introduction des plus classiques et l'installation de l'univers où va évoluer notre jeune héroïne, l'intrigue a commencé à prendre corps et à titiller ma curiosité. En effet, après le massacre de sa famille, la jeune Sangre va découvrir en intégrant une école réservée aux classes supérieures de la société qu'elle est la dépositaire d'un pouvoir lui permettant de stopper le temps pendant quelques secondes. Malheureusement cette vie de château ne va pas durer. C'est à l'école de la rue qu'elle va grandir, accompagnée de son chien, de son pouvoir et de son désir de vengeance qu'elle entretient savamment...
Le dessin d'Adrien Floch est agréable et efficace mais manque un peu d'originalité à mon goût (Les amateurs de Tarquin et de ses séries hybrides autour de Lanfeust s'y retrouveront pleinement). Partir sur une nouvelle série aurait pu être l'occasion de donner un petit coup de frais et de lifting à ce genre.
Alors, au final, je sors de cette lecture plutôt agréablement surpris par ce que laissent entrevoir les tomes à venir. Rien de révolutionnaire, mais un agréable moment de lecture. Alors, ne boudons pas notre plaisir, et j'attendrai la suite avec curiosité pour affiner ma note.
*** Tome 2 ***
Et bien voilà ! Ce second tome m'a vraiment plu et c'est plutôt conquis que je sort de cette lecture. Car si on retrouve notre Sangre toujours aussi bien affutée et en pleine possession de ses facultés pour mener à bien sa vengeance, l'imagination qui va construire son environnement n'est pas en rade, loin de là.
Imaginez un monde où pour survivre la population DOIT être à proximité d’œuvres d'art de qualité (peinture, architecture, musique,etc...), sinon de terribles créatures fantomatiques vous dévorent. L'art comme rempart absolu contre le mal, moi ça me parle ! :)
Car l'un des assassins de ses parents qu'elle recherche n'est autre que l'un des peintres les plus en vogue de ce monde. Sauf que quand elle arrive sur Tarasque, ledit peintre est tombé en déchéance et tente même de se suicider... C'est ballot pour une vengeance !
C'est là que le machiavélisme de Sangre s'en mêle et nous propose une vengeance aux p'tits oignons !
Côté dessin, Adrien Floch continue d'assurer le taff parfaitement pour ce genre d'album.
Du coup je monte ma note à 4. Vivement la suite !
*** Tome 3 ***
Voilà donc le troisième opus de cette série qui avait su me réconcilier avec Arleston. Je l'attendais avec une certaine curiosité, surtout après l'excellent tome 2.
Cette fois-ci notre jeune Sangre s'embarque pour la planète Mi-Ho-Dwygg afin d'y traquer le troisième assassin de ses parents, Hovanne l'irrésolue. Elle débarque donc sur une planète où le froid règne en maître et où la condition sociale de chacun est déterminée par son prestige et ses interactions avec des personnes en possédant beaucoup. Arleston nous propose de découvrir une aristocratie déliquescente qui assoie son autorité par son insensibilité au froid. C'est parmi l'une de ces familles que Sangre croit pouvoir retrouver et se venger d'Hovanne l'irrésolue...
Une nouvelle fois, Arleston nous propose une société très originale qui évolue dans un monde qui l'est tout autant et qui permet à Adrien Floch de se lâcher avec des décors glaciaires magnifiques et des costumes somptueux. Pour autant, je n'ai pas retrouvé le même élan et le même engouement qu'avait su me procurer le tome précédant. L'album reste quand même de très bonne facture, mais il lui manque ce je-ne-sais-quoi qui fait parfois toute la différence.
Une suite toujours aussi efficace, mais un cran en dessous du très très bon second tome.
*** Tome 4 ***
Et là, c'est le drame...
D'une on change de dessinateur, exit Adrien Floch et de deux, toute la trame sociétale propre à chaque monde qui faisait le sel de la série est ici diluée voire inexistante. Si le nouveau dessinateur Stefano Vergani (découvert dans Lost Shelter) a du talent, sa patte graphique est complètement différente, et franchement, si y'a bien un truc qui m'énerve, c'est le changement de dessinateur en cours de série !
Bref, on a déjà l'impression que Sangre a pris 10 ans quand commence cette nouvelle chasse à l'assassin ; c'est cette fois-ci sur le monde de Douce-eaux qu'elle se rend pour débusquer l'écumeur Donnadion le béat. Ce dernier serait aujourd'hui un ermite non-violent caché dans un archipel sauvage où se réfugient les esclaves en fuite... Sangre va devoir réussir à faire tomber le masque de celui qui participa au massacre de sa famille pour mener à bien la nouvelle étape de sa vengeance.
Pour le coup, fini les univers aux constructions sociales originales ! Dommage, car c'était pour moi un des points forts de cette série. Alors ok, on a un tome qui nous permet de retrouver un personnage auquel on commençait à s'attacher, mais sans les éléments qui faisaient la différence. L'histoire tourne pour le coup a une classique quête de vengeance sans véritable originalité.
Pour le coup je redescend ma note à 3
*** Tome 5 ***
Bon bon bon.. Et bien ce n'est pas ce 5e tome qui va me réconcilier avec la série. On est clairement passé de la "bonne surprise" des débuts à du réchauffé et du sans saveur. Tout ce qui faisait le sel des 3 premiers tomes ne subsiste qu'à l'état de traces.
Dans cet opus, Sangre se rend sur Monde Rouge pour traquer l'ogre Rugleïs, l'un des assassins de sa famille. Ce monde est devenu un casino à ciel ouvert tenu d'une main de fer par l'Ecumeur Rugleïs et son épouse.
Si le concept d'un monde nouveau à chaque tome suivant la traque des Ecumeurs qui ont décimé la famille de Sangre est bien là, fi de l'originalité sociétale liée à chaque planète. Monde Rouge (rien que le nom m'interroge sur le manque d'inspiration d'Arleston...) est une planète régie par le jeu... et pis c'est tout ! Pas d'organisation sociétale liée à ce mode de vie, rien qui ne la distingue d'une autre planète dans son organisation ou ses interactions sociales lié à cette particularité. Bref, c'est pauvre...
Et le reste du scénario est à l'avenant (ah, on a quand même UNE grosse surprise, mais je vais pas spoiler), empli de facilités dans la résolutions des difficultés, tout comme le dessin de Stefano Vergani que je trouve de plus en plus pauvre. Les décors sont de plus en plus vides, les personnages ont perdu en détails, et la colorisation informatisée n'arrange pas les choses.
Bref, une série qui avait su me surprendre jusqu'au tome 3, mais depuis le changement de dessinateur, la série a perdu toute sa saveur.
Je baisse ma note à 2.5/5
Comme sur les très bon Quartier lointain et Le Journal de mon père, Taniguchi prend le temps de nous conter son histoire.
Toutefois, contrairement au deux albums précédents, il n'aura jamais réussi à m'embarquer avec lui dans ce voyage au Louvre.
La seule partie qui aura réussi à retenir mon attention fut celle ou il nous explique comment les oeuvres d'art exposées au Louvre furent protégée de l'invasion nazie de 1940.
Pour le reste ses rencontres avec différents peintres, n'auront pas su capter mon attention même si je ne doute pas que pour certains elles se révèleront d'un intérêt particulier.
Reste son coup de crayon qui comme bien souvent est relativement identifiable mais surtout agréable.
Au final c'est le premier ouvrage de Taniguchi qui me déçoit, il ne figurait pas dans ma PAL et je suis tombé dessus par hasard en bibliothèque. Heureusement ...
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Devil Dinosaur - L'intégrale
Une des dernières sinon la dernière série que Jack Kirby a créé pour Marvel et c'est vraiment une sortie par la petite porte. C'est une série qui na pas l'ambition d'autres séries de Kirby, c'est juste une série de pur divertissement et je trouve que ça ne fonctionne pas, du moins sur moi. Je peux imaginer des jeunes enfants des années 70 fans de dinosaures lire cette série avec excitation, mais le style est trop daté. Kirby était à un point de sa carrière où ses meilleurs créations étaient derrières lui et il devenait une caricature de lui-même tant au niveau du dessin que du scénario. Les histoires m'ennuient, mais je dois dire que je ne suis pas un gros d'histoires de dinosaures. Quant au dessin. si les dinosaures sont beaux et sont le point fort de la série, je n'aime pas trop comment sont dessinés les singes humanoïdes ou du moins leurs visages. En gros, c'est une série qui s'adresse uniquement aux nostalgiques qui ont lu cette série durant leur jeunesse et/ou aux grands fans de Kirby qui veulent tout lire de lui. En tout cas, ils vont être en terrain connu parce que c'est encore une série de Kirby où les extraterrestres débarquent !
Invaders - L'intégrale
J'ai souvent de la difficulté avec les scénarios de Roy Thomas. J'aime bien ses scénarios pour Conan et les Avengers et son run avec Neal Adams sur X-Men était très bon, mais le reste de ce que j'ai lu de lui me laisse au mieux indifférent. C'est le cas ici avec cette série qui se passe durant la seconde guerre mondiale et mets en vedette les trois grosses vedettes du Marvel des années 40: Captain America, Namor et la première Torche Humaine. Roy Thomas est un gros fan des comics books des années 40 alors il va avoir pleins de références et d'hommages à d'autres séries que je ne connais pas et dont je me fous un peu. La caractérisation des personnages est vraiment simpliste. Namor, par exemple, perds le coté ambiguë et même méchant qu'il avait dans ses propres aventures au cours de la décennie des années 40. Ce sont des bêtes aventures bourrés d'actions et même pas divertissant. Comme c'est toujours le cas avec Thomas, il y a beaucoup de dialogues et vers la fin de l'album j'en avais marre de les lire et je les ai juste survolés. La plupart des épisodes sont dessinés par Frank Robbins, un dessinateur qui a débuté dans les années 30-40 alors il était le dessinateur idéal pour une série qui rends hommage à cette période, mais son dessin est trop daté et pas du tout excitant. En fait, je ne suis pas un grand fan des comics books de cette période, mais il y a certaines séries qui surnagent du lot et qui possèdent un certain charme. Ici, il n'y a pas ce charme. Vous avez déjà lu une série BD qui rends hommage aux bds des années 50-60 ou à un auteur en particulier (comme c'est le cas avec Maurice Tillieux) et vous avez eu l'impression que c'était plus daté et niais que ce qu'on faisait à l'époque ? Ben ici c'est la même chose, mais pour les comics !
Alef-Thau
Alors moi j'aime bien que le héros ne soit à l'origine qu'un tronc et une tête : pour se construire, il se construit. Mais l'univers est tellement moins riche que l'Incal si au moins il est plus original que ses dérivés ! Le dessin ? S'il ne vaut pas celui de l'Incal et quelques autres, il vaut mieux que celui du Monde d'Edena, alors… Je dois dire que j'ai apprécié un dessin nouveau, original avec des couleurs convenant à un univers de fantasy. J'avais oublié cette série mais Stripsforever2000! m'y a fait repenser, et ce n'est pas désagréable… Le héros construit sa force, son opposante, Diamante, construit sa fragilité, et tous deux deviennent meilleurs l'un par l'autre. Tout cela me plait beaucoup, mais avec un côté foutraque, il faut bien dire que les autres éléments de l'histoire m'ont paru pauvres et sans trop d'intérêt. Comme un certain nombre d'œuvres, on peut rêver de ce qu'elles auraient été si abouties, de même que Dream - ou plutôt Sandman ! - dans la série éponyme collectionne les livres écris en rêve par les auteurs.
Alef-Thau
J’ai découvert Alef-Thau et Jodorowski grâce à un de mes auteurs préférées , Mobius- Giraud et la Bande Dessinée Culte, L’incal. L’Incal ma tellement plu que j’ai pris la chance aveugle , mi les années 80 , pour acheter les deux premiers tomes d’Alef-Thau. Étant installé à l’étranger et durant mes visites infréquentés en Belgique le long des ans , j’étais intéressé à obtenir les autres numero’s Et.. je ne trouvai pas ! ( Ca doit ce collectionner ! ) C’est en 2024 que j’ai obtenu le dernier. Le numéro 8 et dessinée par Alexandre Covial. C’est tout aussi bien dessinée et joli. et Anti Climatique question scénario ! Âpre lire ce dernier , je ne comprenais plus rien de cette Histoire ! Depuis, Lors de la dernière Bourse à Lys-Lez-Lannoy j’ai finalement pu finir cette quête en trouvant toute l’histoire en Intégrale sur deux Volumes ! D’un Coup , j’ai pu lire toute ce Fantasme et même Temps ! Au début, j’aimais l’histoire… Depuis, j’ai suivant commentaire à faire. Jodorwski est un personnage d’une fore créatrice hors du commun. J’avais compris avec l’Incal , qui’ prenait sur des Thèmes New Âge et sur la religion Hindu, beaucoup d’éléments, pour faire une très bonne histoire . Depuis… et de Lire « Bouncer « . Ce Dernier qui demontre l’envergure des Thèmes que jodo aborde. Ca va du Sacrée au Profane ! Et la, avec Alef-Thau, je suis guerre surpris qu’il abordait de Nouveau des thèmes pseudo religieux. L’histoire se lis bien. Arno fesait des beaux dessins et certains tableaux sont magnifiques. Les Engins spatiaux sont très beaux, les monstres et paysages aussi, mais l’histoire même reste presque tout le temps Coincée sur « le plan Astral » pseudo Theosophiste . Même le titre , Alef-Thai cachée cette idée en Pleine Vue. Alef etant la première lettre de l’alphabet Hébreu ( Alpha ) et signifie la présence de Dieu . Thau est la dernière lettre de ce même alphabet et signifie la protection divine ou Oméga, la fin de tout. OK , ça marche, sur des Béquilles . Tout comté fait c’est très joli mais si on réfléchit de ce qu’on Vient de lire, il n’y a pas quand chose qui reste gravée dans la Mémoire . Avec sa , je termine mes lectures Jodoroski tout en étant appréciatif de ce grand Artiste très polyvalent qui doit avoir 96 ans en 2026 ! Dans tout les génres BD, Alef Thau prend une place speciale. Ca lis bien en Intégrale, mieux qu’en tomes individuelles . Tant Mieux. comme ça , ça permet de finir l’Histoire en une fois ( 400 pages ) et de m’être de cotée une fois pour tout, et décider si on veut retenir dans sa collection. C’est Jodorowski !
Un été loin des hommes
Dans ce roman graphique délicat, la question du deuil rejoint celle du temps qui passe et active les souvenirs d’un âge où les oripeaux de l’enfance se désagrègent lentement face aux problématiques des adultes. Si le sujet a été abondement traité, c’est toujours son approche qui distinguera l'œuvre du tout-venant. A ce titre, « Un été loin des hommes » est une réussite. L’ouvrage respire l’authenticité dans cette évocation des vacances, à partir de la mort d’un proche, en l’occurrence la mère de Frédérique qui repense à cet été 1985 en Corse, où ses parents avaient été à deux doigts de se séparer. La pré-adolescente qu’elle était alors est en proie à des questionnements liés à cet âge, mais pas seulement, car on la sent en quête d’elle-même, étrangement attirée par les filles, mal à l’aise dans un monde où elle peine à se construire, un sentiment aggravé par les fissures qui se creusent entre son père et sa mère, et la menace d’un divorce imminent… Comme si des nuages noirs étaient venus assombrir le soleil corse pourtant réputé inaltérable… Dans ce contexte peu serein, la vie continue pourtant à s’écouler comme si de rien n’était au milieu de ce décor de rêve qu’est l’île de beauté, où les apparences de l’insouciance parviennent à masquer, et peut-être alléger aussi les tourments intérieurs des êtres. Et c’est en parsemant leur récit d’anecdotes anodines que Fabienne Blanchut et Catherine Locandro parviennent à y injecter l’authenticité en question. Des anecdotes qui font résonner en chacun de nous les flashs marquants d’une jeunesse qui s’éloigne… Tout cela, Thomas Campi va le mettre en images de façon magistrale, tant sur le plan du dessin que de la couleur. Sa palette variée aux tonalités chatoyantes vient enrober son trait délicat d’une aura enchanteresse, conférant à cette Corse des années 80 un côté idyllique, où le réalisme s’accorde parfaitement avec une nostalgie bien dosée. Les références visuelles nous immergent dans cette époque qui avait tout de même meilleure mine sous les cieux estivaux de l’île de beauté, parce que quand on y pense, la crise économique avait déjà commencé à produire ses effets néfastes. Malgré la gravité du sujet, on ressort apaisé d’une lecture jamais plombante, comme si par une sorte de magie, l’environnement lumineux de l’histoire avait exercé son influence sur les êtres en évitant les drames potentiels. Voilà pourquoi « Un été loin des hommes », dans sa simplicité, constitue une lecture éblouissante qui imprime sur nos rétines une couleur splendide.
Le Dimanche perdu (À la recherche du dimanche perdu)
Je l'ai déjà dit par le passé mais j'adore les contes, leur simplicité de forme, leur puissance évocatrice et leur capacité à se mouvoir et évoluer au fil des ans et des cultures. Qu'ici l'autrice assume complètement son travail de réécriture et de réinterprétation d'un vieux conte (déjà plusieurs fois réécris par le passé) et cherche à nous présenter ouvertement sa version du récit a ajouté à ma lecture un véritable plaisir de connivence (un point positif non négligeable, donc). L'histoire est celle d'une jeune fille trimant toute la semaine qui décide un beau jour de partir récupérer le dimanche que l'on dit avoir été volé par une méchante sorcière. L'histoire est simple, archétypale même dans sa construction narrative (avec ses épreuves à la morale évidente), mais le conte fait mouche, la lecture est charmante (surtout avec le trait et les couleurs chaleureuses d'Ileana Surducan), les représentations métaphoriques des jours de la semaine en loups affamés mais "domesticables" est joliment trouvée, la morale sur la nécessité de se reposer sans pour autant tirer au flanc est ma foi louable à partager, … Bref, pour une lecture jeunesse visant à inculquer une morale et éveiller l'imaginaire, je dirais que l'album réussi son objectif. Une lecture rapide mais que je ne regrette pas. Allez, sans être chamboulée je ressors charmée et je vais même arrondir ma note au supérieur ! (Note réelle 3,5)
Le Syndrome de l'imposteurE
Pour commencer, le parti pris éditorial est plutôt bien vu, avec cette sur-couverture en plastique semi-transparent représentant un masque vénitien, qui, une fois retirée, laisse apparaître le visage de la jeune femme que l’on verra dans une bonne partie du livre : c’est elle qui souffre du fameux « syndrome de l’imposteur ». Mi-documentaire, mi-fiction, l’ouvrage traite donc de ce phénomène (c’était le terme utilisé lorsqu’il fut identifié à la fin des années 70 par deux universitaires états-uniennes, qui le considéraient comme une expérience psychologique plutôt que comme une pathologie, contrairement à « syndrome » qui fut en quelque sorte imposé par les médias quand ceux-ci commencèrent à l’évoquer, comme le précisent les auteurs) qui trouve un écho de plus en plus fort dans le milieu du travail et semble toucher plus particulièrement la gent féminine, même si les études réalisées doivent être prises avec des pincettes. Dans un monde où règne souvent l’esprit de compétition, les hommes ont peut-être plus de réticence à avouer leurs failles et leurs souffrances au travail. Et pourtant, les conséquences sont souvent dramatiques pour les victimes. Des études ont souligné que les personnes les plus exposées étaient avant tout les femmes (d’où le E majuscule du titre), mais également issues d’un milieu social défavorisé, des minorités « non-blanches » ou des régions éloignées des grands centres urbains. Celles qui étaient parvenues à gravir les échelons dans le cadre de leur profession avaient conservé une forme de culpabilité et manquaient de la confiance dont bénéficient leurs congénères plus favorisés. Pour lutter contre ce sentiment, elles mouillent plus leur chemise et sont prêtes à se démener par peur de redescendre là d’où elles viennent… la contrepartie, c’est le risque de faire une dépression ou un burn-out… qui n’équivalent donc pas au fameux syndrome mais en constituent plutôt les effets… Si l’objet, tout en mettant en lumière ce fameux « syndrome » encore relativement méconnu mais avec plus d’implications qu’on pourrait le penser, il peut aussi par certains aspects se rapprocher du guide de développement personnel (avec même un test à la fin), mais dans le bon sens du terme et loin des ouvrages lucratifs de ce type. L’ouvrage, très didactique, est basé sur des études sérieuses et des points de vue de philosophes, mais aussi des interviews de figures publiques (Michelle Obama, la journaliste Nora Hamadi, l’ex-championne d’athlétisme Dado, la professeure de lettres Karine Dijoud…) ou de citoyens ordinaires, qui en apparence paraissent tout à fait bien dans leurs baskets mais à moment donné ont tous expérimenté ce « syndrome » à un degré plus ou moins fort, et ils sont beaucoup plus nombreux qu’on ne pourrait le croire, l’important étant de ne pas « enlever le masque en public ». Moi-même, je n’y ai pas échappé étant plus jeune. Et vous qui lisez ces lignes, vous êtes-vous déjà posé la question ? Attention, il n’est pas question de prendre la question à la légère en permettant à chacun de se dédouaner pour ses manquements, car le sujet est complexe : si « 83 % des Français présentent des signes modérés ou forts du syndrome (…), il est intense pour près d’un tiers de la population ! » Toute la nuance est dans ces chiffres. L’étude a été réalisée avec le concours du psychologue Kevin Chassandre, qui fournit une analyse éclairante du syndrome avec la diversité de ses symptômes (du simple doute à la détresse émotionnelle), tout en glissant quelques pistes pour mieux le combattre. Graphiquement, on appréciera la simplicité du trait de Fanny Briant et la fraîcheur des couleurs, assortis à une mise en page libre et variée, qui contribuent à procurer un bon moment de lecture, tout en abordant un sujet sociétal important. « Le Syndrome de l’imposteurE » est une lecture appréciable qui prend soin d’éviter les raccourcis et tente d’intégrer tous les points de vue, y compris celui de certaines féministes considérant ce syndrome comme une élucubration, quand bien même il fut identifié par des femmes… Aucune conclusion hâtive ici, ce qui laisse la place à d’autres questionnements, mais le livre reste suffisamment enrichissant pour tenter d’adopter une opinion équilibrée.
La 13e piste
J'avais bien aimé Erased, de Kei Sanbe, auteur qui s'est fait remarquer pour ses mangas empreints de mystère, ses manipulations mentales et ses personnages ordinaires qui se retrouvent dans des situations complètement folles. C'est toujours le cas ici, avec cette famille de bonnes personnes, qui aident les autres même si elles-mêmes ne sont pas forcément dans une situation très favorable. Le mystère est don très présent dès ce premier tome, surtout autour du père, qui reçoit des cartes postales le prévenant d'évènements heureux ou malheureux à venir. Ca m'a un peut fait penser à cette vieille série; Demain à la Une, dans laquelle le héros reçoit le journal du lendemain annonçant des catastrophes. Comme ce personnage, Toya, qui est un chic type, choisit d'intervenir pour empêcher une tragédie de survenir. Mais quel est le dessein derrière tout ça ? Et pourquoi ces chiffres décroissants sur les cartes postales ? Sanbe distille donc ses énigmes de manière savamment dosée, comme toujours, et nous embarque dans cette histoire qui présage des faux-semblants, des masques, ces chaussses-trapes... A suivre, donc.
Sangre
Encore une nouvelle série de "Planet-Fantasy" d'Arleston me direz-vous... tout comme moi en attaquant cette lecture. Au bout de 4 pages je me suis dit que j'allais avoir droit à un triste mix piochant allègrement dans Lanfeust, Alim le tanneur et je ne sais quoi encore... Heureusement, passé une introduction des plus classiques et l'installation de l'univers où va évoluer notre jeune héroïne, l'intrigue a commencé à prendre corps et à titiller ma curiosité. En effet, après le massacre de sa famille, la jeune Sangre va découvrir en intégrant une école réservée aux classes supérieures de la société qu'elle est la dépositaire d'un pouvoir lui permettant de stopper le temps pendant quelques secondes. Malheureusement cette vie de château ne va pas durer. C'est à l'école de la rue qu'elle va grandir, accompagnée de son chien, de son pouvoir et de son désir de vengeance qu'elle entretient savamment... Le dessin d'Adrien Floch est agréable et efficace mais manque un peu d'originalité à mon goût (Les amateurs de Tarquin et de ses séries hybrides autour de Lanfeust s'y retrouveront pleinement). Partir sur une nouvelle série aurait pu être l'occasion de donner un petit coup de frais et de lifting à ce genre. Alors, au final, je sors de cette lecture plutôt agréablement surpris par ce que laissent entrevoir les tomes à venir. Rien de révolutionnaire, mais un agréable moment de lecture. Alors, ne boudons pas notre plaisir, et j'attendrai la suite avec curiosité pour affiner ma note. *** Tome 2 *** Et bien voilà ! Ce second tome m'a vraiment plu et c'est plutôt conquis que je sort de cette lecture. Car si on retrouve notre Sangre toujours aussi bien affutée et en pleine possession de ses facultés pour mener à bien sa vengeance, l'imagination qui va construire son environnement n'est pas en rade, loin de là. Imaginez un monde où pour survivre la population DOIT être à proximité d’œuvres d'art de qualité (peinture, architecture, musique,etc...), sinon de terribles créatures fantomatiques vous dévorent. L'art comme rempart absolu contre le mal, moi ça me parle ! :) Car l'un des assassins de ses parents qu'elle recherche n'est autre que l'un des peintres les plus en vogue de ce monde. Sauf que quand elle arrive sur Tarasque, ledit peintre est tombé en déchéance et tente même de se suicider... C'est ballot pour une vengeance ! C'est là que le machiavélisme de Sangre s'en mêle et nous propose une vengeance aux p'tits oignons ! Côté dessin, Adrien Floch continue d'assurer le taff parfaitement pour ce genre d'album. Du coup je monte ma note à 4. Vivement la suite ! *** Tome 3 *** Voilà donc le troisième opus de cette série qui avait su me réconcilier avec Arleston. Je l'attendais avec une certaine curiosité, surtout après l'excellent tome 2. Cette fois-ci notre jeune Sangre s'embarque pour la planète Mi-Ho-Dwygg afin d'y traquer le troisième assassin de ses parents, Hovanne l'irrésolue. Elle débarque donc sur une planète où le froid règne en maître et où la condition sociale de chacun est déterminée par son prestige et ses interactions avec des personnes en possédant beaucoup. Arleston nous propose de découvrir une aristocratie déliquescente qui assoie son autorité par son insensibilité au froid. C'est parmi l'une de ces familles que Sangre croit pouvoir retrouver et se venger d'Hovanne l'irrésolue... Une nouvelle fois, Arleston nous propose une société très originale qui évolue dans un monde qui l'est tout autant et qui permet à Adrien Floch de se lâcher avec des décors glaciaires magnifiques et des costumes somptueux. Pour autant, je n'ai pas retrouvé le même élan et le même engouement qu'avait su me procurer le tome précédant. L'album reste quand même de très bonne facture, mais il lui manque ce je-ne-sais-quoi qui fait parfois toute la différence. Une suite toujours aussi efficace, mais un cran en dessous du très très bon second tome. *** Tome 4 *** Et là, c'est le drame... D'une on change de dessinateur, exit Adrien Floch et de deux, toute la trame sociétale propre à chaque monde qui faisait le sel de la série est ici diluée voire inexistante. Si le nouveau dessinateur Stefano Vergani (découvert dans Lost Shelter) a du talent, sa patte graphique est complètement différente, et franchement, si y'a bien un truc qui m'énerve, c'est le changement de dessinateur en cours de série ! Bref, on a déjà l'impression que Sangre a pris 10 ans quand commence cette nouvelle chasse à l'assassin ; c'est cette fois-ci sur le monde de Douce-eaux qu'elle se rend pour débusquer l'écumeur Donnadion le béat. Ce dernier serait aujourd'hui un ermite non-violent caché dans un archipel sauvage où se réfugient les esclaves en fuite... Sangre va devoir réussir à faire tomber le masque de celui qui participa au massacre de sa famille pour mener à bien la nouvelle étape de sa vengeance. Pour le coup, fini les univers aux constructions sociales originales ! Dommage, car c'était pour moi un des points forts de cette série. Alors ok, on a un tome qui nous permet de retrouver un personnage auquel on commençait à s'attacher, mais sans les éléments qui faisaient la différence. L'histoire tourne pour le coup a une classique quête de vengeance sans véritable originalité. Pour le coup je redescend ma note à 3 *** Tome 5 *** Bon bon bon.. Et bien ce n'est pas ce 5e tome qui va me réconcilier avec la série. On est clairement passé de la "bonne surprise" des débuts à du réchauffé et du sans saveur. Tout ce qui faisait le sel des 3 premiers tomes ne subsiste qu'à l'état de traces. Dans cet opus, Sangre se rend sur Monde Rouge pour traquer l'ogre Rugleïs, l'un des assassins de sa famille. Ce monde est devenu un casino à ciel ouvert tenu d'une main de fer par l'Ecumeur Rugleïs et son épouse. Si le concept d'un monde nouveau à chaque tome suivant la traque des Ecumeurs qui ont décimé la famille de Sangre est bien là, fi de l'originalité sociétale liée à chaque planète. Monde Rouge (rien que le nom m'interroge sur le manque d'inspiration d'Arleston...) est une planète régie par le jeu... et pis c'est tout ! Pas d'organisation sociétale liée à ce mode de vie, rien qui ne la distingue d'une autre planète dans son organisation ou ses interactions sociales lié à cette particularité. Bref, c'est pauvre... Et le reste du scénario est à l'avenant (ah, on a quand même UNE grosse surprise, mais je vais pas spoiler), empli de facilités dans la résolutions des difficultés, tout comme le dessin de Stefano Vergani que je trouve de plus en plus pauvre. Les décors sont de plus en plus vides, les personnages ont perdu en détails, et la colorisation informatisée n'arrange pas les choses. Bref, une série qui avait su me surprendre jusqu'au tome 3, mais depuis le changement de dessinateur, la série a perdu toute sa saveur. Je baisse ma note à 2.5/5
Les Gardiens du Louvre
Comme sur les très bon Quartier lointain et Le Journal de mon père, Taniguchi prend le temps de nous conter son histoire. Toutefois, contrairement au deux albums précédents, il n'aura jamais réussi à m'embarquer avec lui dans ce voyage au Louvre. La seule partie qui aura réussi à retenir mon attention fut celle ou il nous explique comment les oeuvres d'art exposées au Louvre furent protégée de l'invasion nazie de 1940. Pour le reste ses rencontres avec différents peintres, n'auront pas su capter mon attention même si je ne doute pas que pour certains elles se révèleront d'un intérêt particulier. Reste son coup de crayon qui comme bien souvent est relativement identifiable mais surtout agréable. Au final c'est le premier ouvrage de Taniguchi qui me déçoit, il ne figurait pas dans ma PAL et je suis tombé dessus par hasard en bibliothèque. Heureusement ...