Au vu des avis précédents, je m’attendais à un semi-navet à la fois trop ambitieux et compliqué, obscur et chiant. Oui, tout ça. Il faut dire que dans le genre, "Promethea" était pas mal...
Eh bien non.
"Tom Strong", ça déborde d’ironie, ça suinte de parodie, et ça n'affiche guère de grandes prétentions. C’est au départ tellement outré, la première histoire donne si bien le ton que j’en étais mort de rire.
Un petit garçon tout mignon et tout naïf reçoit son pack d’admission aux strongmen of America, avec sa bd de Tom Strong, et est si complètement plongé dedans qu’il ne remarque même pas qu’il croise son héros "en vrai". Le ton est le graphisme sont d’une naïveté parfaite, adorable et vraiment rafraîchissante.
Ca n’a l’air de rien, et pourtant c’est très bien réalisé : l’histoire de ce petit garçon encadre deux épisodes des aventures de la vie Tom Strong, et dans un style graphique différent, s’il vous plaît ! Le ton est bon enfant, et pétille de malice. Les deux récits en question sont très ironiques : même si cela se voit moins de prime abord, ils utilisent avantageusement nombre de clichés, et sont bien savoureux. Rien que l’histoire de la genèse du héros, l’arrivée de ses parents sur cette île pseudo-déserte, sa croissance dans une chambre à gravité augmentée (tiens, ça ne vous rappelle pas "Dragon Ball", ça ?), son serviteur robot à vapeur (Pneuman, tiré de von Neuman, sûrement ?), rien que ça c’est tellement gros qu’on en rit. Et ça donne bien le ton pour la suite.
"Tom Strong" n’est pas composé d’une histoire plus ou moins monolithique. Au contraire, la narration est nettement éclatée : une histoire prétexte sert de fil directeur, et encadre des fashbacks, des "dossiers secrets", ou des aventures plus indépendantes et loufoques comme ce passage de western-fiction. J’ai particulièrement apprécié ces différents petits épisodes, vraiment savoureux dans leur genre. La grande histoire avec Ingrid Weiss (la nazie super puissante avec un costume en cuir) un peu moins. Mais l’humour, l’ironie, la parodie, la dérision sont tout le temps présents, plus ou moins apparents. Ca devient parfois du grand n’importe quoi (Ingrid, ah ah ah !), et c’est vraiment jouissif.
Toujours concernant la narration, Tom Strong bénéficie de l’effet de la racine de Goloka, qui lui assure une longévité exceptionnelle (quelques siècles). Et donc ses différentes aventures se déroulent tout au long de cette période, ce qui fait qu’on passe parfois de 1950 à 2100, avec bien sûr un changement de ton adéquat. Cette façon de faire rappelle assez les "Donjon Monsters", sauf que là le fil directeur est bien plus ténu et qu’on n’est pas obligé d’essayer de tout remettre dans l’ordre.
Ah oui, il faut quand même dire que les différents épisodes empruntent leur styles à différentes sortes de vieux comics, avec une adaptation et un graphisme personnalisés à chaque fois. Les différents dessinateurs qui ont participés aux petits épisodes du tome 2 renforcent cette impression, d’autant plus que leur style est bon et n’enlève rien à celui -- vraiment beau -- de Chris Spouse.
Bref, moi j’adore. Rien à voir avec "Watchmen", évidemment, mais c’est léger, ironique, décalé, frais, et en plus c’est beau. Et quand on voit ce qui n’a pas encore été traduit et qui a l’air très varié, je bave d’avance ! Entre autres "Tom Strong’s Terrific Tales", qui poursuit la série et traite également de la jeunesse de Tom Strong, avec des graphismes vraiment excellents et d’une variété impressionnante.
Et bien, surpris le dut par "Fleau.World" ! C'est une série qui ne m'attirait pas vraiment mais un gentil pote me l'offre, donc je lis ce 1er tome, et boum : j'aime. :)
Il y a plein de bonnes choses dans cette nouvelle production de JD Morvan, ca a bien la pèche, ca parle de nouvelles technologie, de réalité virtuelle, de piratage informatique, de pleins de trucs qui m'intéressent, quoi (à y reflechir de plus près, je ne sais même pas pourquoi elle ne me branchait pas :)).
Les persos et leurs psychologie sont bien developpés, ça part à 200 à l'heure pour un premier tome, on n'a pas le temps de s'ennuyer et j'ai plutôt hâte de voir comment l'histoire va évoluer dans le 2ème tome...
Sinon côté dessins, c'est pas mauvais, 'zarb mais pas mauvais, y a un petit côté manga, un petit côté comics... Ca passe mais je suis pas ultra fan. Les couleurs, elles, sont quand même bien flashies, Lerolle s'est bien lâché quand même !
Enfin bref, une bonne surprise tout de même, j'attends la suite !
C'est bien marrant même si je ne me reconnais pas vraiment dans les héros d'enfance chéris par le petit Christian. Ce bouquin est une suite de petites histoires de 4 ou 5 pages (certaines sont parues dans Fluide Glacial à une lointaine époque). C'est assez marrant et même si je ne considère pas le dessin de Blutch comme sublime, il est bien agréable.
J'ai néanmoins hésité entre 3 et 4 pour la note, mais dans tous les cas ça vaut le coup d'oeil.
Comme l'ont dit d'autres avant moi, Peeters expose la même histoire sous 3 points de vue. On a le droit à 3 interprétations d'une scène, et je trouve l'exercice de style bien réussi et adapté à ce genre de format un peu expérimental. C'est intéressant de rentrer tour à tour dans les pensées de chaque personnage, même si on peut dire que ce genre de choses n'est pas nouveau.
Par contre je trouve que la fin tombe un peu à plat, c'est dommage.
Les dessins sont agréables avec un trait assez gras et réaliste.
Acheté et lu la réédition du journal de mon père en un tome unique. Casterman respecte ainsi le format de l'oeuvre d'origine qu'ils avaient d'abord publié en 3 tomes pour d'obscures raisons. Bon le sens de lecture est toujours à l'occidentale mais je n'ai pas été trop gêné par l'inversion des bulles. C'est vrai qu'il faut lire les cases des fois de gauche à droite et des fois de droite à gauche.
Concernant l'histoire en elle-même, elle est sensible et on voit un peu la différence de culture par rapport à chez nous, le grand respect qui existe pour les membres de sa famille à commencer par le vouvoiement. Le récit est une suite de flashbacks, le fils, revenu voir son père qu'il n'avait pas visité depuis des années sous des prétextes futiles, se souvient des bons moments et d'autres moins bons passés avec son père, et plus généralement sa mère et sa soeur.
Ca retrace aussi les douleurs et l'évolution du père et de son fils, ceux-ci n'étant pas si proches dans leur relation finalement. Enfin le tout est très réussi.
Quand en plus le dessin de Taniguchi, très fin et tout simplement superbe vient par dessus, on ne peut qu'apprécier.
Le voilà.
Je l’attendais depuis longtemps et c’est lui : le manga qui s’impose à moi comme l’une des plus belles bandes dessinées que j’aie pu lire. Ce n’est pas le premier manga que je lis mais presque, mais c’est le premier à me faire un tel effet. Il entre par la grande porte au sein des œuvres cultes, des bouquins qui ont su me marquer de façon indélébile.
Le postulat de départ est très excitant … ne vous êtes vous jamais posé la question de ce que vous feriez si vous pouviez revenir en arrière ? Ce que vous changeriez dans votre vie si vous aviez l’occasion de revivre des périodes-clés, ces moments où certains choix déterminent l’itinéraire d’une vie et où s’estompent comme des rêves les réalités qui auraient pu être, les chemins différents qui resteront à jamais de l’ordre du conditionnel passé ?
Taniguchi nous prouve ici à quel point la réponse classique « moi je ne changerais rien » n’est pas si évidente que ça.
Voilà très exactement le genre de sujet qui me fascine. Parce que tout en lisant l’histoire de Hiroshi, son retour à l’adolescence alors qu’il a gardé tous ses souvenirs d’homme mûr, on se pose des questions sur soi-même. Sur sa vie, sur ce qu’on regrette d’avoir fait. Sur ce qu’on regrette de n’avoir pas fait.
Taniguchi nous entraîne avec lui dans l’histoire intimiste d’un homme ordinaire. Ça peut paraître un brin rébarbatif dit comme ça… et pourtant c’est tout le contraire.
Le récit est passionnant, parsemé de ces détails qui font d’une histoire une bonne histoire. Et, bien que situé dans le Japon des années 60 la majorité du temps, le récit a quelque chose d’universel, ce quelque chose qui fait qu’il touche tout le monde.
L’auteur prend le temps de poser son décor, ses personnages, il évite de se précipiter dans le déroulement de son intrigue et c’est tant mieux. Car au fil des pages on évolue en même temps que Hiroshi.
D’abord l’étonnement, le refus d’y croire.
Ensuite vient l’expérimentation, on est heureux de voir le personnage profiter de son expérience d’adulte pour améliorer sa vie d’adolescent. On se prend à espérer le voir réaliser telle ou telle chose, on se dit « moi à sa place je ferais ça ! », on vit l’expérience pleinement.
Et enfin on se pose les questions de fond avec lui. A-t-il le droit d’influencer son passé, de prendre des chemins qu’il n’avait pas pris la première fois qu’il avait 14 ans ? Le peut-il seulement ?
Le suspense monte tandis que Hiroshi cherche à résoudre le mystère de son père…
Bref, ce manga est captivant du début à la fin.
Côté dessin, Taniguchi sait faire jouer ses deux principales qualités : la simplicité et le réalisme de son trait tiennent un grand rôle dans le fait qu’on se plonge sans la moindre retenue dans son histoire.
« Quartier lointain » est un de mes plus gros coups de cœur de ces dernières années, et je le range sans hésiter parmi les chefs d’œuvre du 9ème art.
Bendis est certainement l’un des types les plus prolifiques en ce moment outre-atlantique.
Il a prouvé récemment ses talents d’artiste complet en signant des albums comme "Goldfish" ou "Torso", il a sa série « Powers » en creator-owner éditée chez Image, et il fournit à Marvel plusieurs scénarios par mois : Ultimate X-Men, Ultimate Spider-Man, Ultimate FF, Ultimate Six, Daredevil et Alias pour la ligne MAX, réservée à un lectorat averti. De toute la ligne MAX, "Alias" est d’ailleurs la seule série qui vaille franchement le coup.
D’abord oubliez complètement la série télévisée du même nom, ça n’a aucun rapport. Bendis développe ici les enquêtes d’une ancienne super-héroïne reconvertie en détective privée. Jessica Jones a fait partie des Vengeurs, et a gardé quelques relations privilégiées dans le monde des héros en collants. C’est d’ailleurs dans les coulisses de cet univers qu’elle évolue, ses enquêtes l’amenant à dévoiler la face cachée des super-héros de la Marvel. On a une autre approche de ces mythes, un peu à la manière des thèmes abordés dans "Powers", à ceci près que ces super-héros sont des personnages parfois vieux de plusieurs dizaines d’années, entrés dans l’imaginaire collectif.
Vus par l’œil de Bendis, ils prennent une autre dimension grâce à Jessica Jones. L’univers Marvel est soudain moins coloré, moins lumineux que d’habitude. Les paillettes laissent la place à quelque chose de plus terre-à-terre, et le dessin témoigne du parti pris de la narration qu’adopte Bendis.
Faut-il le redire, Bendis est un spécialiste des polars, il sait et aime mettre en scène des flics, des détectives, des petits malfrats et des gens ordinaires. Et c’est par leur intermédiaire qu’il aborde le thème des super-héros, ce qui à défaut d’être incroyablement innovant, change malgré tout du comics mainstream habituel. La recette n’est pas nouvelle, mais elle fonctionne, parce que Bendis sait raconter une histoire, sait captiver le lecteur.
Sa science de l’intrigue, la façon qu’il a de ciseler ses dialogues, le rythme qu’il donne à son récit et l’humanité pleine de réalisme de ses personnages sont indéniables dans "Alias". Et ça marche plutôt bien, on se prend à la lecture et on ne lâche la BD qu’une fois l’histoire terminée.
"Alias" est une des plus belles réussites de Bendis selon moi. Le dessin de Michael Gaydos et les participations graphiques (les couvertures entre autres) de David Mack (qui a été associé à Bendis sur "Daredevil" aussi) ajoutent à la qualité de la série, qui est certainement l’une des plus intéressantes séries de la Maison des Idées.
À lire si l’on recherche un bon compromis entre super-héros et polar.
Bien...
Bonjour. :)
J'ai acheté cette BD pour son dessin, en effet celui-ci est très particulier et réellement différent des traits habituels... un beau style, quoi!
Puis lors de la lecture, j'ai été complètement subjugué par le choix des couleurs... Regardez les images dans la galerie... c'est parfaitement en adéquation avec le dessin et le thème !
Et enfin, je ne regrette pas cet achat, car même le scénario et l'histoire m'ont accroché (alors que je suis plutôt du genre "Hard Boiled", "Megalex" ou "Alef-Thau")... C'est un superbe mélange de poésie et d'aventure !
Cette série est directement entrée au top 5 de ma collection.
Vivement le tome 4 (si notre ami M.Pedrosa veut bien oublier temporairement la mousaka :)).
Si le scénario puise allègrement dans les fondements même du polar de littérature et de cinéma (ce qui ne lui donne pas un caractère exceptionnel), la grande force de "Blacksad" est sans conteste les fabuleux dessins de Guarnido.
Attention, ça ne veut pas dire que le scénario n’a pas d’intérêt, juste qu’il entre dans la moyenne de ce qui se fait de bien dans le genre, et qu’on entendrait moins parler de cette BD si elle n’était pas sublimée par son graphisme. Des histoires honnêtes donc, et un trait époustouflant de justesse, de finesse et d’efficacité.
C’est d’ailleurs ce qui m’empêche de mettre 5 étoiles à cette série. Louer ses qualités d’accord, parce qu’il y a largement de quoi, en faire le symbole de ce qui se fait de mieux, non, je trouve que ce serait exagérer.
Quoiqu’il en soit, le succès de cette BD suffit pour comprendre qu’elle possède un petit truc en plus qui en fait une très bonne série. Ça a été suffisamment dit et répété pour que je ne m’étale pas plus dessus, les enquêtes du chat noir dans son univers d’animaux antropomorphiques sont un régal à suivre pour les yeux, et on ne se lasse pas de relire ces somptueuses planches.
Inutile donc de perdre plus de temps à lire cet énième avis, achetez "Blacksad" et lisez-le !
Oh oh que c'est bon !
Effectivement, à lire comme la suite de spaguetti brothers, ça reste donc tout aussi bon, pas de doute.
Je pense que personne ne pourra lire ça au 1er degré (sinon, merci l'image des femmes, argh) et qu'on ne garde finalement que le coté dejanté de cette famille (certes un peu caricaturale)
Chaque histoire est un petit plaisir que j'ai savouré sans modération, tout comme j'ai savouré "spaguetti brothers"
J'ai été un peu derouté par le début du 2e tome, ça sentait un peu le rechauffé, mais finalement il est très bon aussi ce tome, et la chute, bien que prévisible, est à la mesure de ces 2 tomes.
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Tom Strong
Au vu des avis précédents, je m’attendais à un semi-navet à la fois trop ambitieux et compliqué, obscur et chiant. Oui, tout ça. Il faut dire que dans le genre, "Promethea" était pas mal... Eh bien non. "Tom Strong", ça déborde d’ironie, ça suinte de parodie, et ça n'affiche guère de grandes prétentions. C’est au départ tellement outré, la première histoire donne si bien le ton que j’en étais mort de rire. Un petit garçon tout mignon et tout naïf reçoit son pack d’admission aux strongmen of America, avec sa bd de Tom Strong, et est si complètement plongé dedans qu’il ne remarque même pas qu’il croise son héros "en vrai". Le ton est le graphisme sont d’une naïveté parfaite, adorable et vraiment rafraîchissante. Ca n’a l’air de rien, et pourtant c’est très bien réalisé : l’histoire de ce petit garçon encadre deux épisodes des aventures de la vie Tom Strong, et dans un style graphique différent, s’il vous plaît ! Le ton est bon enfant, et pétille de malice. Les deux récits en question sont très ironiques : même si cela se voit moins de prime abord, ils utilisent avantageusement nombre de clichés, et sont bien savoureux. Rien que l’histoire de la genèse du héros, l’arrivée de ses parents sur cette île pseudo-déserte, sa croissance dans une chambre à gravité augmentée (tiens, ça ne vous rappelle pas "Dragon Ball", ça ?), son serviteur robot à vapeur (Pneuman, tiré de von Neuman, sûrement ?), rien que ça c’est tellement gros qu’on en rit. Et ça donne bien le ton pour la suite. "Tom Strong" n’est pas composé d’une histoire plus ou moins monolithique. Au contraire, la narration est nettement éclatée : une histoire prétexte sert de fil directeur, et encadre des fashbacks, des "dossiers secrets", ou des aventures plus indépendantes et loufoques comme ce passage de western-fiction. J’ai particulièrement apprécié ces différents petits épisodes, vraiment savoureux dans leur genre. La grande histoire avec Ingrid Weiss (la nazie super puissante avec un costume en cuir) un peu moins. Mais l’humour, l’ironie, la parodie, la dérision sont tout le temps présents, plus ou moins apparents. Ca devient parfois du grand n’importe quoi (Ingrid, ah ah ah !), et c’est vraiment jouissif. Toujours concernant la narration, Tom Strong bénéficie de l’effet de la racine de Goloka, qui lui assure une longévité exceptionnelle (quelques siècles). Et donc ses différentes aventures se déroulent tout au long de cette période, ce qui fait qu’on passe parfois de 1950 à 2100, avec bien sûr un changement de ton adéquat. Cette façon de faire rappelle assez les "Donjon Monsters", sauf que là le fil directeur est bien plus ténu et qu’on n’est pas obligé d’essayer de tout remettre dans l’ordre. Ah oui, il faut quand même dire que les différents épisodes empruntent leur styles à différentes sortes de vieux comics, avec une adaptation et un graphisme personnalisés à chaque fois. Les différents dessinateurs qui ont participés aux petits épisodes du tome 2 renforcent cette impression, d’autant plus que leur style est bon et n’enlève rien à celui -- vraiment beau -- de Chris Spouse. Bref, moi j’adore. Rien à voir avec "Watchmen", évidemment, mais c’est léger, ironique, décalé, frais, et en plus c’est beau. Et quand on voit ce qui n’a pas encore été traduit et qui a l’air très varié, je bave d’avance ! Entre autres "Tom Strong’s Terrific Tales", qui poursuit la série et traite également de la jeunesse de Tom Strong, avec des graphismes vraiment excellents et d’une variété impressionnante.
Fléau.world
Et bien, surpris le dut par "Fleau.World" ! C'est une série qui ne m'attirait pas vraiment mais un gentil pote me l'offre, donc je lis ce 1er tome, et boum : j'aime. :) Il y a plein de bonnes choses dans cette nouvelle production de JD Morvan, ca a bien la pèche, ca parle de nouvelles technologie, de réalité virtuelle, de piratage informatique, de pleins de trucs qui m'intéressent, quoi (à y reflechir de plus près, je ne sais même pas pourquoi elle ne me branchait pas :)). Les persos et leurs psychologie sont bien developpés, ça part à 200 à l'heure pour un premier tome, on n'a pas le temps de s'ennuyer et j'ai plutôt hâte de voir comment l'histoire va évoluer dans le 2ème tome... Sinon côté dessins, c'est pas mauvais, 'zarb mais pas mauvais, y a un petit côté manga, un petit côté comics... Ca passe mais je suis pas ultra fan. Les couleurs, elles, sont quand même bien flashies, Lerolle s'est bien lâché quand même ! Enfin bref, une bonne surprise tout de même, j'attends la suite !
Le Petit Christian
C'est bien marrant même si je ne me reconnais pas vraiment dans les héros d'enfance chéris par le petit Christian. Ce bouquin est une suite de petites histoires de 4 ou 5 pages (certaines sont parues dans Fluide Glacial à une lointaine époque). C'est assez marrant et même si je ne considère pas le dessin de Blutch comme sublime, il est bien agréable. J'ai néanmoins hésité entre 3 et 4 pour la note, mais dans tous les cas ça vaut le coup d'oeil.
Constellation
Comme l'ont dit d'autres avant moi, Peeters expose la même histoire sous 3 points de vue. On a le droit à 3 interprétations d'une scène, et je trouve l'exercice de style bien réussi et adapté à ce genre de format un peu expérimental. C'est intéressant de rentrer tour à tour dans les pensées de chaque personnage, même si on peut dire que ce genre de choses n'est pas nouveau. Par contre je trouve que la fin tombe un peu à plat, c'est dommage. Les dessins sont agréables avec un trait assez gras et réaliste.
Le Journal de mon père
Acheté et lu la réédition du journal de mon père en un tome unique. Casterman respecte ainsi le format de l'oeuvre d'origine qu'ils avaient d'abord publié en 3 tomes pour d'obscures raisons. Bon le sens de lecture est toujours à l'occidentale mais je n'ai pas été trop gêné par l'inversion des bulles. C'est vrai qu'il faut lire les cases des fois de gauche à droite et des fois de droite à gauche. Concernant l'histoire en elle-même, elle est sensible et on voit un peu la différence de culture par rapport à chez nous, le grand respect qui existe pour les membres de sa famille à commencer par le vouvoiement. Le récit est une suite de flashbacks, le fils, revenu voir son père qu'il n'avait pas visité depuis des années sous des prétextes futiles, se souvient des bons moments et d'autres moins bons passés avec son père, et plus généralement sa mère et sa soeur. Ca retrace aussi les douleurs et l'évolution du père et de son fils, ceux-ci n'étant pas si proches dans leur relation finalement. Enfin le tout est très réussi. Quand en plus le dessin de Taniguchi, très fin et tout simplement superbe vient par dessus, on ne peut qu'apprécier.
Quartier lointain
Le voilà. Je l’attendais depuis longtemps et c’est lui : le manga qui s’impose à moi comme l’une des plus belles bandes dessinées que j’aie pu lire. Ce n’est pas le premier manga que je lis mais presque, mais c’est le premier à me faire un tel effet. Il entre par la grande porte au sein des œuvres cultes, des bouquins qui ont su me marquer de façon indélébile. Le postulat de départ est très excitant … ne vous êtes vous jamais posé la question de ce que vous feriez si vous pouviez revenir en arrière ? Ce que vous changeriez dans votre vie si vous aviez l’occasion de revivre des périodes-clés, ces moments où certains choix déterminent l’itinéraire d’une vie et où s’estompent comme des rêves les réalités qui auraient pu être, les chemins différents qui resteront à jamais de l’ordre du conditionnel passé ? Taniguchi nous prouve ici à quel point la réponse classique « moi je ne changerais rien » n’est pas si évidente que ça. Voilà très exactement le genre de sujet qui me fascine. Parce que tout en lisant l’histoire de Hiroshi, son retour à l’adolescence alors qu’il a gardé tous ses souvenirs d’homme mûr, on se pose des questions sur soi-même. Sur sa vie, sur ce qu’on regrette d’avoir fait. Sur ce qu’on regrette de n’avoir pas fait. Taniguchi nous entraîne avec lui dans l’histoire intimiste d’un homme ordinaire. Ça peut paraître un brin rébarbatif dit comme ça… et pourtant c’est tout le contraire. Le récit est passionnant, parsemé de ces détails qui font d’une histoire une bonne histoire. Et, bien que situé dans le Japon des années 60 la majorité du temps, le récit a quelque chose d’universel, ce quelque chose qui fait qu’il touche tout le monde. L’auteur prend le temps de poser son décor, ses personnages, il évite de se précipiter dans le déroulement de son intrigue et c’est tant mieux. Car au fil des pages on évolue en même temps que Hiroshi. D’abord l’étonnement, le refus d’y croire. Ensuite vient l’expérimentation, on est heureux de voir le personnage profiter de son expérience d’adulte pour améliorer sa vie d’adolescent. On se prend à espérer le voir réaliser telle ou telle chose, on se dit « moi à sa place je ferais ça ! », on vit l’expérience pleinement. Et enfin on se pose les questions de fond avec lui. A-t-il le droit d’influencer son passé, de prendre des chemins qu’il n’avait pas pris la première fois qu’il avait 14 ans ? Le peut-il seulement ? Le suspense monte tandis que Hiroshi cherche à résoudre le mystère de son père… Bref, ce manga est captivant du début à la fin. Côté dessin, Taniguchi sait faire jouer ses deux principales qualités : la simplicité et le réalisme de son trait tiennent un grand rôle dans le fait qu’on se plonge sans la moindre retenue dans son histoire. « Quartier lointain » est un de mes plus gros coups de cœur de ces dernières années, et je le range sans hésiter parmi les chefs d’œuvre du 9ème art.
Jessica Jones : Alias (Alias)
Bendis est certainement l’un des types les plus prolifiques en ce moment outre-atlantique. Il a prouvé récemment ses talents d’artiste complet en signant des albums comme "Goldfish" ou "Torso", il a sa série « Powers » en creator-owner éditée chez Image, et il fournit à Marvel plusieurs scénarios par mois : Ultimate X-Men, Ultimate Spider-Man, Ultimate FF, Ultimate Six, Daredevil et Alias pour la ligne MAX, réservée à un lectorat averti. De toute la ligne MAX, "Alias" est d’ailleurs la seule série qui vaille franchement le coup. D’abord oubliez complètement la série télévisée du même nom, ça n’a aucun rapport. Bendis développe ici les enquêtes d’une ancienne super-héroïne reconvertie en détective privée. Jessica Jones a fait partie des Vengeurs, et a gardé quelques relations privilégiées dans le monde des héros en collants. C’est d’ailleurs dans les coulisses de cet univers qu’elle évolue, ses enquêtes l’amenant à dévoiler la face cachée des super-héros de la Marvel. On a une autre approche de ces mythes, un peu à la manière des thèmes abordés dans "Powers", à ceci près que ces super-héros sont des personnages parfois vieux de plusieurs dizaines d’années, entrés dans l’imaginaire collectif. Vus par l’œil de Bendis, ils prennent une autre dimension grâce à Jessica Jones. L’univers Marvel est soudain moins coloré, moins lumineux que d’habitude. Les paillettes laissent la place à quelque chose de plus terre-à-terre, et le dessin témoigne du parti pris de la narration qu’adopte Bendis. Faut-il le redire, Bendis est un spécialiste des polars, il sait et aime mettre en scène des flics, des détectives, des petits malfrats et des gens ordinaires. Et c’est par leur intermédiaire qu’il aborde le thème des super-héros, ce qui à défaut d’être incroyablement innovant, change malgré tout du comics mainstream habituel. La recette n’est pas nouvelle, mais elle fonctionne, parce que Bendis sait raconter une histoire, sait captiver le lecteur. Sa science de l’intrigue, la façon qu’il a de ciseler ses dialogues, le rythme qu’il donne à son récit et l’humanité pleine de réalisme de ses personnages sont indéniables dans "Alias". Et ça marche plutôt bien, on se prend à la lecture et on ne lâche la BD qu’une fois l’histoire terminée. "Alias" est une des plus belles réussites de Bendis selon moi. Le dessin de Michael Gaydos et les participations graphiques (les couvertures entre autres) de David Mack (qui a été associé à Bendis sur "Daredevil" aussi) ajoutent à la qualité de la série, qui est certainement l’une des plus intéressantes séries de la Maison des Idées. À lire si l’on recherche un bon compromis entre super-héros et polar.
Ring Circus
Bien... Bonjour. :) J'ai acheté cette BD pour son dessin, en effet celui-ci est très particulier et réellement différent des traits habituels... un beau style, quoi! Puis lors de la lecture, j'ai été complètement subjugué par le choix des couleurs... Regardez les images dans la galerie... c'est parfaitement en adéquation avec le dessin et le thème ! Et enfin, je ne regrette pas cet achat, car même le scénario et l'histoire m'ont accroché (alors que je suis plutôt du genre "Hard Boiled", "Megalex" ou "Alef-Thau")... C'est un superbe mélange de poésie et d'aventure ! Cette série est directement entrée au top 5 de ma collection. Vivement le tome 4 (si notre ami M.Pedrosa veut bien oublier temporairement la mousaka :)).
Blacksad
Si le scénario puise allègrement dans les fondements même du polar de littérature et de cinéma (ce qui ne lui donne pas un caractère exceptionnel), la grande force de "Blacksad" est sans conteste les fabuleux dessins de Guarnido. Attention, ça ne veut pas dire que le scénario n’a pas d’intérêt, juste qu’il entre dans la moyenne de ce qui se fait de bien dans le genre, et qu’on entendrait moins parler de cette BD si elle n’était pas sublimée par son graphisme. Des histoires honnêtes donc, et un trait époustouflant de justesse, de finesse et d’efficacité. C’est d’ailleurs ce qui m’empêche de mettre 5 étoiles à cette série. Louer ses qualités d’accord, parce qu’il y a largement de quoi, en faire le symbole de ce qui se fait de mieux, non, je trouve que ce serait exagérer. Quoiqu’il en soit, le succès de cette BD suffit pour comprendre qu’elle possède un petit truc en plus qui en fait une très bonne série. Ça a été suffisamment dit et répété pour que je ne m’étale pas plus dessus, les enquêtes du chat noir dans son univers d’animaux antropomorphiques sont un régal à suivre pour les yeux, et on ne se lasse pas de relire ces somptueuses planches. Inutile donc de perdre plus de temps à lire cet énième avis, achetez "Blacksad" et lisez-le !
Vieilles Canailles
Oh oh que c'est bon ! Effectivement, à lire comme la suite de spaguetti brothers, ça reste donc tout aussi bon, pas de doute. Je pense que personne ne pourra lire ça au 1er degré (sinon, merci l'image des femmes, argh) et qu'on ne garde finalement que le coté dejanté de cette famille (certes un peu caricaturale) Chaque histoire est un petit plaisir que j'ai savouré sans modération, tout comme j'ai savouré "spaguetti brothers" J'ai été un peu derouté par le début du 2e tome, ça sentait un peu le rechauffé, mais finalement il est très bon aussi ce tome, et la chute, bien que prévisible, est à la mesure de ces 2 tomes.