Excellent ! L'album mélange allègrement les genres : pas mal de SF, un peu de thriller, une dose de roman graphique, et beaucoup de délire et d'humour (souvent discret, mais bien présent). Le sujet, qui peut apparaître au début comme vaguement ennuyeux, est en fait traité sur un mode vraiment jouissif, avec pas mal de petits détails pétillants. Comme ces terribles lagomorphes (vous savez, les créatures du démon, dévoreuses de carottes, dont on ne doit pas prononcer le nom sur un navire) qui à défaut d'envahir le vaisseau envahissent le scénario, de manière joliment exploitée. Le voyage a beau durer 18 ans on ne s'ennuie pas, Witko réussissant fort bien à faire bifurquer l'histoire et à garder l'intérêt du lecteur tout éveillé.
Et lorsqu'on sent le point mort arriver, la "surprise" est totale, et le délire se poursuit avec un bonheur pour ma part complet dans les dernières pages, que j'ai vraiment adorées.
Bref, très jolie surprise, je vais le relire avec plaisir. Seul le prix me fait un peu tiquer, mais bon, l'album fait 64 pages.
Ma vraie appréciation est 3,5 mais on ne va pas chicaner sur une virgule...
Surtout que Kosmo, c'est de la sf bien délirante. Quatre couples se retrouvent embarqués dans un voyage de plusieurs dizaines d'années en dehors du système solaire à la recherche d'escargots extra-terrestres. On s'en doute, l'ambiance va très vite merder... Les personnages n'étant pas des modèles de probité. Imaginez l'île de la tentation dessiné par Blain!
Blain, oui, j'ai lâché le mot... Le dessin de Witko ressemble beaucoup à celui de Blain et une ressemblance un peu trop poussée. Remarquez, il est pas le seul à le copier... Chaque mois, y'a deux trois albums qui sortent avec pile poil le style de l'auteur d'Isaac le pirate. A chaque génération, y'a deux trois auteurs que tout le monde copie. Y'a cinquante ans, c'était Franquin ou Jacobs... Aujourd'hui c'est Blain.
Cela dit, la chose est navrante quand le scénario ne suit pas. Ce qui n'est pas du tout le cas ici. J'ai trouvé la fin tordante. On pardonne donc facilement...
Le dessin de Fretet est tout simplement sublime, même s'il paraît un peu brouillon sur certaines pages. Il réussit à donner un côté presque réel à son dessin, c'est de toute beauté !
Pour un fois dans une BD porno, il y a un vrai scénario et pas juste une trame servant de prétexte à une succession de scènes de cul. On a là un vrai scénario, un vrai polar, et une vraie recherche dans le traitement. Aucune bulle, juste une monologue, sachant que le narrateur change à chaque chapitre. Le résultat est tout à fait satisfaisant.
Bon, c'est pas non plus le scénario du siècle hein, mais c'est sûrement un des plus aboutis dans ce que j'ai pu lire en BD pour adultes.
Les scènes de cul sont assez banales, mais le dessin et le scénario général rendent cette BD très nettement au dessin de la moyenne.
A noter que les deux histoires courtes en fin d'album sont elles aussi bien faites, mais elles auraient put-être gagnées à être plus longues.
Première particularité de cette bande dessinée : elle est découpée en deux actes et chacun d’un est dessiné par un auteur différent ; le premier est l’œuvre de Raimondo, le second est réalisé par Balance et Fattori.
Deuxième particularité : les deux parties sont somptueuses et qualitativement presque identiques. J’ai tendance à préféré les dessin du premier acte même s’ils ne sont pas exempts de quelques fautes de perspective mais c’est vraiment pour chipoter, l’ensemble est absolument superbe.
Troisième particularité : le semblant de scénario est plutôt original, à défaut d’être captivant (comme d’habitude les femmes sont maltraitées et aiment ça); Fildor exploite le mythe de Don Giovanni en le croisant avec celui de Faust, pour en faire un séducteur dénué de scrupule et de morale qui aurait vendu son âme au diable afin de pouvoir séduire et profiter éternellement.
Au final on tient là, à mon avis, une des toutes meilleures bande dessinée érotique, clairement à ne pas rater si vous voulez ne lire que le meilleur dans cette catégorie souvent banale.
BD des plus classiques dans le genre, aussi bien à cause du dessin que du scénario, « Education anglaise » reste très plaisant et agréable. Pas de faux scénars ni d’ambition démesurée mais une succession de scènes plutôt émoustillantes dans une sorte de pension pour jeunes filles en devenir, cadre parfait pour ce genre d’histoires. Le dessin est plutôt bon sans être décoiffant. 3,5 serait la note la plus appropriée mais je me sens l’âme généreuse.
"Gomorrhe" semble être un des premiers albums de Riverstone. Si son coup de crayon laisse déjà rêveur, la mise en couleur par contre, a très nettement évolué depuis. On remarquera d'ailleurs qu'elle change très souvent dans cet album. Mauvaise, façon feutres pour gosses au début, on aura aussi droit a des passages avec de superbes aplats roses, violets, jaunes ou verts très années 70/80, et les dix dernières pages, sans relever de la peinture comme "Thamara & Juda" par exemple, sont déjà superbes.
Une chose à noter (rigoureusement immanquable quand vous lisez l'album), c'est le ridicule absolu des poses des filles. Elles peuvent être assises, en train de tomber, de parler, de se remettre d'un choc, elles auront TOUJOURS une pose d'une lascivité aussi fascinante qu'improbable. Impressionnant ! :)
L'histoire n'est bien sûr qu'un prétexte à voir se tortiller les nanas dans tous les sens, et ce qu'on en devine est quand même assez ridicule (à l'image de cette fille vue de derrière et qui urine au-dessus de champignons suggestivement phalliques. Jean-Michel Lemaire a donc de la concurrence ! ;)). Le vocabulaire choisi n'est pas vraiment là pour faire sérieux non plus : "les explorateurs s'enfoncent dans le sol inhospitalier", "Pendant ce temps, tout en déculant le pal de sa victime...", "Je ne puis rien vous dire de tout cela! C'est trop dur !", et autres cruels mandrins et codes morses in vagina.
Et pourtant les dialogues sont longs ! Très longs ! Trop longs ! Un lecteur moyen a bien du mal à se les enfourner, et -- criant grâce ! -- finira sans doute par effeuiller rapidement l'album.
Bref, tout ça ressemble à un gros délire visuellement superbe, gentiment émoustillant et plus ou moins complètement barré. Les scènes de torture du début (qui disparaissent vite) sont d'ailleurs à la fois rigolotes et dégoûtantes... On n'aura par contre sans doute jamais la fin, puisque l'album s'achève très brusquement par une chute (ah ah) avec cette pensée du héros : Aaaarg, Morgane ! C'est elle ! Quel bonheur ! Nous allons mourir ensemble ! ... Ouch !, suivie du commentaire scénaristiquement magistral : Rod est comblé d'avoir retrouvé Morgane ! Le destin de la révolte lui importe peu.
Ah ah ah ! J'adore ce truc, c'est complètement barje ! :D
Très beau ! Tenir l’angoisse à distance grâce au sexe, c’est un peu comme le bavard qui meuble le silence par peur de la mort. Superbe sujet auquel on veut vraiment croire. Avec très peu de choses, une petite mise en scène de pas grand chose, Manara créé une histoire d’une grande force. Et bien sûr son trait est comme d’habitude d’une beauté, d’une élégance qui laisse rêveur.
Attention, c’est de l’érotisme très léger mêlé à du mal-être, rien de hard ici.
Mais dites moi, Eric Liberge nous avait caché ça ?!
Pourtant, cet album est un très bon album dans ce genre si particulier (et finalement si difficile) qu’est le porno. Oui, parce qu’il s’agit ici d’une vraie BD Hard, il se lâche complètement en dessinant des orgies à faire pâlir Marc Dorcel lui même.
L’idée de base est forcément un peu légère, mais finalement c’est bien traité et on se laisse prendre au jeu, alors qu’habituellement je n’aime pas trop les incartades fantastiques dans les Bds X.
Album à faire dédicacer en urgence !
Ah ah ah ! Ce truc est génial ! C’est barré, complètement et volontairement con, un vrai feu d’artifice de délires basés sur le cul. Les histoires sont parsemées d’explications pseudo scientifiques/médicales largement détournées (rappelez-vous que le docteur est censé soigner les problèmes sexuel d’ordre mentaux), et confinent parfois à la parodie, comme avec celle où la femme est possédée par l’esprit de l’énorme sexe de son défunt mari (qui rappelle un peu Urotsukidoji). D’une manière générale je reste assez admiratif devant l’inspiration de l’auteur. Le dessin est aussi pour beaucoup dans cet humour. Il sait en effet se faire absolument adorable et délirant. Un vrai petit bonheur.
Bref, j’adore. Ce truc me fait vraiment rire. ^__^
(et le 5/5 c’est parce que c’est -- de loin ! -- le truc érotique qui m’a le plus plu. Objectivement ça serait plutôt un 4,5)
Deuxième manga d'Ego Comme X (après L'homme sans talent), et deuxième choix remarquable.
Exposant le quotidien au sens strict du terme de l'auteur durant son séjour de trois années en prison, cette oeuvre se révèle assez fascinante de part le souci poussé du détail (parfois assez incongru quoique pertinent dans le sujet, comme l'utilisation des toilettes) et le ton très particulier qu'elle véhicule. On a en effet plutôt l'habitude des prisons à l'américaine, avec des clans, une violence latente prête à exploser à tout instant, des haines fortes, un climat malsain, des gardiens souvent gratuitement méchants. Rien de tout ça ici. Le quotidien de cette prison japonaise semble fait d'un calme cotonneux rendant lointain et irréel le monde extérieur. Comme le laisse souvent entendre l'auteur, il s'agit là presque d'un cocon où l'on finit par se trouver bien, à l'abri des tracasseries... pour autant qu'on respecte les règles extrêmement strictes du lieu. Rangement des objets, manière de s'adresser aux gardiens, façon de marcher dans le couloir, tenue vestimentaire, tout, jusqu'au moindre détail, est réglementé ! C'en devient quasi obsessionnel pour les détenus qui en viennent logiquement à intégrer ces règles strictes. Dans ce quotidien quasi intemporel, ce sont les repas qui rythment le temps qui passe. Très variés, abondants et de bonne qualité, l'auteur les décrit souvent en grand détail... Ca donne l'eau à la bouche mais on les passe volontiers.
Le ton de cet album est vraiment particulier. Tout y semble paisible, dépassionné au sens éthymologique [*] du terme. Pourtant l'auteur y glisse de nombreuses connotations [*] : humour, ironie, critique. La peine de prison semble pleinement assumée, les détenus s'entendent plutôt bien ensemble, tous semblent collaborer pour que tout se déroule le mieux possible... Tout cela a un côté un peu enfantin, comme des gosses qui essaieraient de bien se tenir, craintifs de se faire gronder.
Le dessin de Hanawa est assez excellent. Assez "veille école", peu de trames, beaucoup de hachures, décors souvent fouillés, réaliste et précis et légèrement caricatural pour les personnages et les visages, on y touve aussi des intégrations de figures de styles ilustrant très bien le propos (fermeture éclair à la place de la bouche, personnage prenant la forme d'une pyramide, etc.).
Témoignage très intéressant et résolument original quant à sa forme et sa nature, "Dans la prison" pose une foule de questions non seulement sur cette vie carcérale, mais également à travers elle sur notre société et son fonctionement. D'une lecture très riche derrière sa sobriété apparente, cette oeuvre me semble mériter amplement un culte, quoique particulier, l'album étant très atypique. La seule chose qui me fait hurler, c'est son prix. 25€, même pour un livre de grande qualité au niveau du contenu et de la fabrication, ça fait mal.
Notes sur l'objet : papier épais de très bonne qualité, blanc cassé. Couverture superbe, agréable au toucher. Dos résistant à l'ouverture de l'album à condition de ne pas insister (sinon il peut se casser). Notes très abondantes, essentiellement culinaires. Adaptation graphique (traduction des idéogrammes intégrés au dessin) bonne (sous-titrage sous les cases la plupart du temps) quoique pas toujours commode ; parfois intégrée au dessin par manque de place (double page 146-147, particulièrement chargée, assez pénible à lire). Quelques coquilles et fautes.
[*] J'm'escuze de parler riche, m'sieurs dames...
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Kosmo
Excellent ! L'album mélange allègrement les genres : pas mal de SF, un peu de thriller, une dose de roman graphique, et beaucoup de délire et d'humour (souvent discret, mais bien présent). Le sujet, qui peut apparaître au début comme vaguement ennuyeux, est en fait traité sur un mode vraiment jouissif, avec pas mal de petits détails pétillants. Comme ces terribles lagomorphes (vous savez, les créatures du démon, dévoreuses de carottes, dont on ne doit pas prononcer le nom sur un navire) qui à défaut d'envahir le vaisseau envahissent le scénario, de manière joliment exploitée. Le voyage a beau durer 18 ans on ne s'ennuie pas, Witko réussissant fort bien à faire bifurquer l'histoire et à garder l'intérêt du lecteur tout éveillé. Et lorsqu'on sent le point mort arriver, la "surprise" est totale, et le délire se poursuit avec un bonheur pour ma part complet dans les dernières pages, que j'ai vraiment adorées. Bref, très jolie surprise, je vais le relire avec plaisir. Seul le prix me fait un peu tiquer, mais bon, l'album fait 64 pages.
Kosmo
Ma vraie appréciation est 3,5 mais on ne va pas chicaner sur une virgule... Surtout que Kosmo, c'est de la sf bien délirante. Quatre couples se retrouvent embarqués dans un voyage de plusieurs dizaines d'années en dehors du système solaire à la recherche d'escargots extra-terrestres. On s'en doute, l'ambiance va très vite merder... Les personnages n'étant pas des modèles de probité. Imaginez l'île de la tentation dessiné par Blain! Blain, oui, j'ai lâché le mot... Le dessin de Witko ressemble beaucoup à celui de Blain et une ressemblance un peu trop poussée. Remarquez, il est pas le seul à le copier... Chaque mois, y'a deux trois albums qui sortent avec pile poil le style de l'auteur d'Isaac le pirate. A chaque génération, y'a deux trois auteurs que tout le monde copie. Y'a cinquante ans, c'était Franquin ou Jacobs... Aujourd'hui c'est Blain. Cela dit, la chose est navrante quand le scénario ne suit pas. Ce qui n'est pas du tout le cas ici. J'ai trouvé la fin tordante. On pardonne donc facilement...
Sex Addict Story
Le dessin de Fretet est tout simplement sublime, même s'il paraît un peu brouillon sur certaines pages. Il réussit à donner un côté presque réel à son dessin, c'est de toute beauté ! Pour un fois dans une BD porno, il y a un vrai scénario et pas juste une trame servant de prétexte à une succession de scènes de cul. On a là un vrai scénario, un vrai polar, et une vraie recherche dans le traitement. Aucune bulle, juste une monologue, sachant que le narrateur change à chaque chapitre. Le résultat est tout à fait satisfaisant. Bon, c'est pas non plus le scénario du siècle hein, mais c'est sûrement un des plus aboutis dans ce que j'ai pu lire en BD pour adultes. Les scènes de cul sont assez banales, mais le dessin et le scénario général rendent cette BD très nettement au dessin de la moyenne. A noter que les deux histoires courtes en fin d'album sont elles aussi bien faites, mais elles auraient put-être gagnées à être plus longues.
Don Juan
Première particularité de cette bande dessinée : elle est découpée en deux actes et chacun d’un est dessiné par un auteur différent ; le premier est l’œuvre de Raimondo, le second est réalisé par Balance et Fattori. Deuxième particularité : les deux parties sont somptueuses et qualitativement presque identiques. J’ai tendance à préféré les dessin du premier acte même s’ils ne sont pas exempts de quelques fautes de perspective mais c’est vraiment pour chipoter, l’ensemble est absolument superbe. Troisième particularité : le semblant de scénario est plutôt original, à défaut d’être captivant (comme d’habitude les femmes sont maltraitées et aiment ça); Fildor exploite le mythe de Don Giovanni en le croisant avec celui de Faust, pour en faire un séducteur dénué de scrupule et de morale qui aurait vendu son âme au diable afin de pouvoir séduire et profiter éternellement. Au final on tient là, à mon avis, une des toutes meilleures bande dessinée érotique, clairement à ne pas rater si vous voulez ne lire que le meilleur dans cette catégorie souvent banale.
Education anglaise
BD des plus classiques dans le genre, aussi bien à cause du dessin que du scénario, « Education anglaise » reste très plaisant et agréable. Pas de faux scénars ni d’ambition démesurée mais une succession de scènes plutôt émoustillantes dans une sorte de pension pour jeunes filles en devenir, cadre parfait pour ce genre d’histoires. Le dessin est plutôt bon sans être décoiffant. 3,5 serait la note la plus appropriée mais je me sens l’âme généreuse.
Gomorrhe
"Gomorrhe" semble être un des premiers albums de Riverstone. Si son coup de crayon laisse déjà rêveur, la mise en couleur par contre, a très nettement évolué depuis. On remarquera d'ailleurs qu'elle change très souvent dans cet album. Mauvaise, façon feutres pour gosses au début, on aura aussi droit a des passages avec de superbes aplats roses, violets, jaunes ou verts très années 70/80, et les dix dernières pages, sans relever de la peinture comme "Thamara & Juda" par exemple, sont déjà superbes. Une chose à noter (rigoureusement immanquable quand vous lisez l'album), c'est le ridicule absolu des poses des filles. Elles peuvent être assises, en train de tomber, de parler, de se remettre d'un choc, elles auront TOUJOURS une pose d'une lascivité aussi fascinante qu'improbable. Impressionnant ! :) L'histoire n'est bien sûr qu'un prétexte à voir se tortiller les nanas dans tous les sens, et ce qu'on en devine est quand même assez ridicule (à l'image de cette fille vue de derrière et qui urine au-dessus de champignons suggestivement phalliques. Jean-Michel Lemaire a donc de la concurrence ! ;)). Le vocabulaire choisi n'est pas vraiment là pour faire sérieux non plus : "les explorateurs s'enfoncent dans le sol inhospitalier", "Pendant ce temps, tout en déculant le pal de sa victime...", "Je ne puis rien vous dire de tout cela! C'est trop dur !", et autres cruels mandrins et codes morses in vagina. Et pourtant les dialogues sont longs ! Très longs ! Trop longs ! Un lecteur moyen a bien du mal à se les enfourner, et -- criant grâce ! -- finira sans doute par effeuiller rapidement l'album. Bref, tout ça ressemble à un gros délire visuellement superbe, gentiment émoustillant et plus ou moins complètement barré. Les scènes de torture du début (qui disparaissent vite) sont d'ailleurs à la fois rigolotes et dégoûtantes... On n'aura par contre sans doute jamais la fin, puisque l'album s'achève très brusquement par une chute (ah ah) avec cette pensée du héros : Aaaarg, Morgane ! C'est elle ! Quel bonheur ! Nous allons mourir ensemble ! ... Ouch !, suivie du commentaire scénaristiquement magistral : Rod est comblé d'avoir retrouvé Morgane ! Le destin de la révolte lui importe peu. Ah ah ah ! J'adore ce truc, c'est complètement barje ! :D
Nouvelles Coquines
Très beau ! Tenir l’angoisse à distance grâce au sexe, c’est un peu comme le bavard qui meuble le silence par peur de la mort. Superbe sujet auquel on veut vraiment croire. Avec très peu de choses, une petite mise en scène de pas grand chose, Manara créé une histoire d’une grande force. Et bien sûr son trait est comme d’habitude d’une beauté, d’une élégance qui laisse rêveur. Attention, c’est de l’érotisme très léger mêlé à du mal-être, rien de hard ici.
Fornikandias
Mais dites moi, Eric Liberge nous avait caché ça ?! Pourtant, cet album est un très bon album dans ce genre si particulier (et finalement si difficile) qu’est le porno. Oui, parce qu’il s’agit ici d’une vraie BD Hard, il se lâche complètement en dessinant des orgies à faire pâlir Marc Dorcel lui même. L’idée de base est forcément un peu légère, mais finalement c’est bien traité et on se laisse prendre au jeu, alors qu’habituellement je n’aime pas trop les incartades fantastiques dans les Bds X. Album à faire dédicacer en urgence !
Ogenki Clinic
Ah ah ah ! Ce truc est génial ! C’est barré, complètement et volontairement con, un vrai feu d’artifice de délires basés sur le cul. Les histoires sont parsemées d’explications pseudo scientifiques/médicales largement détournées (rappelez-vous que le docteur est censé soigner les problèmes sexuel d’ordre mentaux), et confinent parfois à la parodie, comme avec celle où la femme est possédée par l’esprit de l’énorme sexe de son défunt mari (qui rappelle un peu Urotsukidoji). D’une manière générale je reste assez admiratif devant l’inspiration de l’auteur. Le dessin est aussi pour beaucoup dans cet humour. Il sait en effet se faire absolument adorable et délirant. Un vrai petit bonheur. Bref, j’adore. Ce truc me fait vraiment rire. ^__^ (et le 5/5 c’est parce que c’est -- de loin ! -- le truc érotique qui m’a le plus plu. Objectivement ça serait plutôt un 4,5)
Dans la prison
Deuxième manga d'Ego Comme X (après L'homme sans talent), et deuxième choix remarquable. Exposant le quotidien au sens strict du terme de l'auteur durant son séjour de trois années en prison, cette oeuvre se révèle assez fascinante de part le souci poussé du détail (parfois assez incongru quoique pertinent dans le sujet, comme l'utilisation des toilettes) et le ton très particulier qu'elle véhicule. On a en effet plutôt l'habitude des prisons à l'américaine, avec des clans, une violence latente prête à exploser à tout instant, des haines fortes, un climat malsain, des gardiens souvent gratuitement méchants. Rien de tout ça ici. Le quotidien de cette prison japonaise semble fait d'un calme cotonneux rendant lointain et irréel le monde extérieur. Comme le laisse souvent entendre l'auteur, il s'agit là presque d'un cocon où l'on finit par se trouver bien, à l'abri des tracasseries... pour autant qu'on respecte les règles extrêmement strictes du lieu. Rangement des objets, manière de s'adresser aux gardiens, façon de marcher dans le couloir, tenue vestimentaire, tout, jusqu'au moindre détail, est réglementé ! C'en devient quasi obsessionnel pour les détenus qui en viennent logiquement à intégrer ces règles strictes. Dans ce quotidien quasi intemporel, ce sont les repas qui rythment le temps qui passe. Très variés, abondants et de bonne qualité, l'auteur les décrit souvent en grand détail... Ca donne l'eau à la bouche mais on les passe volontiers. Le ton de cet album est vraiment particulier. Tout y semble paisible, dépassionné au sens éthymologique [*] du terme. Pourtant l'auteur y glisse de nombreuses connotations [*] : humour, ironie, critique. La peine de prison semble pleinement assumée, les détenus s'entendent plutôt bien ensemble, tous semblent collaborer pour que tout se déroule le mieux possible... Tout cela a un côté un peu enfantin, comme des gosses qui essaieraient de bien se tenir, craintifs de se faire gronder. Le dessin de Hanawa est assez excellent. Assez "veille école", peu de trames, beaucoup de hachures, décors souvent fouillés, réaliste et précis et légèrement caricatural pour les personnages et les visages, on y touve aussi des intégrations de figures de styles ilustrant très bien le propos (fermeture éclair à la place de la bouche, personnage prenant la forme d'une pyramide, etc.). Témoignage très intéressant et résolument original quant à sa forme et sa nature, "Dans la prison" pose une foule de questions non seulement sur cette vie carcérale, mais également à travers elle sur notre société et son fonctionement. D'une lecture très riche derrière sa sobriété apparente, cette oeuvre me semble mériter amplement un culte, quoique particulier, l'album étant très atypique. La seule chose qui me fait hurler, c'est son prix. 25€, même pour un livre de grande qualité au niveau du contenu et de la fabrication, ça fait mal. Notes sur l'objet : papier épais de très bonne qualité, blanc cassé. Couverture superbe, agréable au toucher. Dos résistant à l'ouverture de l'album à condition de ne pas insister (sinon il peut se casser). Notes très abondantes, essentiellement culinaires. Adaptation graphique (traduction des idéogrammes intégrés au dessin) bonne (sous-titrage sous les cases la plupart du temps) quoique pas toujours commode ; parfois intégrée au dessin par manque de place (double page 146-147, particulièrement chargée, assez pénible à lire). Quelques coquilles et fautes. [*] J'm'escuze de parler riche, m'sieurs dames...