Voici la série qui se situe entre cauchemar et réalité.
Le tome 1 fait très bonne impression tant par le graphisme noir que par l'intelligence du scénario angoissant à souhait.
Le tome 2 procure une ambiance encore plus lourde car tout se passe sous terre en une seule nuit.
Le tome 3 me procure par contre moins l'ambiance pesante des deux premiers. On retrouve les 2 flics du premier volume, ce qui nous est familier pour ceux qui connaissent la série. Le graphisme par contre est plus travaillé que ceux des premiers volumes. La fin est de toute manière bien glauque aussi. Un album moins prenant au début mais une fin très réussie.
J'adhère à la note pour faire comme tout le monde, mais nous avons peut-être là un culte du fantastique.
Si quelque chose pouvait faire de ce One-Shot un album culte, ce serait sans conteste son originalité.
Originalité dans le scénario d'une part, mais grande originalité surtout dans le traitement graphique.
Comme le dit ThePatrick ci-dessous, le graphisme n'est pas homogène. Le style change presque toutes les deux pages, restant dans une thématique proche à chaque fois, mais variant tant dans le trait (plus ou moins de détails, plus ou moins de réalisme) que dans la colorisation, dans le traitement informatique, dans... plein de choses. Parfois on a aussi du photoréalisme, ou alors des couvertures de magazines à mi-chemin entre l'image 3D et le poster à l'aérographe, ou alors des symboles, des... C'est vraiment surprenant quand on feuillette l'album de voir autant de genre différent, mais ça passe très bien à la lecture. La mise en page elle aussi est très variée et souvent innovante. Cette mise en page est le plus souvent franchement bonne, quoique d'autres fois elle a un petit peu moins bien marché pour moi (dans les cas où j'avais quelques hésitations pour savoir quelle bulle de texte lire dans quel ordre).
Passés les compliments que je peux faire à cette BD pour son traitement graphique, compliments que je fais donc à la fois sur les prouesses de l'auteur pour utiliser avec brio de styles différents mais aussi sur l'originalité et la fonctionnalité de son traitement visuel et de sa mise en page, je dois avouer qu'au niveau de mon ressenti personnel, je n'ai pas tout apprécié dans ce dessin. Un petit manque d'humanité dans ce dessin et ces couleurs (un peu trop d'informatique ?) et un petit manque de détails, notamment dans le personnage de Lola elle-même, m'ont un peu tenu à distance du personnage et empêcher de bien m'attacher à l'héroïne et à son histoire.
Venons-en maintenant au scénario. Délirant d'originalité, mélangeant une intrigue façon X-Files avec un personnage de prostituée je-m'en-foutiste et supra-intelligente (grâce aux nano-psules) entourée d'extra-terrestres obsédés sexuels. Une intrigue sérieuse associée à des personnages pleins d'humour et de délire, donc. Un peu déstabilisant au départ (j'ai mis quelques pages à bien entrer dans l'histoire), mais rapidement sympa. Il y a en outre dans cette BD plein d'idées SF vraiment sympas, notamment la méthode de calcul des évènements chaotiques qui donnent une technique de combat vraiment excellente !
Pourtant, je dois avouer que je commençais à trouver que le scénario s'essoufflait sur les dernières pages (je trouve par exemple la planche avec Chirac parfaitement dispensable). Mais la toute fin de l'album m'a carrément réconcilié avec le scénario car non seulement il permet d'expliquer une grosse partie du reste de l'histoire mais surtout il offre un final excellent (et drôle) à ce scénario.
Un véritable OVNI visuel dans le monde de la BD avec un scénario plein d'originalité et d'humour.
Excellent !
Voilà une BD de Moebius pas si connue et qui sort de sa production habituelle. Pas de science-fiction, rien de tout ça, mais une bonne tranche de folie et une histoire étrange à souhait. On explore les confins du fanatisme religieux avec le héros, le professeur Mangel, personnage très humain qui vit un véritable combat intérieur tout au long des albums. C'est une série très spéciale qui n'est pas faite pour plaire à tout le monde et de plus, de nombreuses lectures attentives sont utiles si l'on veut vraiment saisir les trois albums de cette saga si particulière.
Le dessin de Moebius, reconnaissable bien que différent, est pas mal du tout. Petit bémol cependant, j'ai acheté l'intégrale en noir et blanc de la collection Styx et les pages font un peu vides puisque il y a très peu d'ombrages (normal c’était prévu pour être publié en couleurs).
Une série à connaître, qui mérite d'être lue car elle apporte un éclairage différent sur le scénariste et montre que Jodo sait y faire dans tous les genres.
C'est dans ces histoires courtes où Alexis était aussi bien dessinateur que scénariste qu'on se rend compte à quel point le style d'Alexis est finalement proche de celui de Goossens (et vice-versa). Emprunts aux classiques du cinéma et de la littérature, humour décalé, absurde, parfois noir, souvent délirant et (presque) toujours fin. Dessin plein de classe, sérieux, pour accentuer sur le côté pince-sans-rire de l'humour.
D'ailleurs, toutes ces histoires courtes ne sont pas des gags ou des histoires "pour rire". Certaines sont juste décalées, surprenantes, représentatives de l'imagination d'Alexis qui touche aussi bien au fantastique qu'à l'humour "aussi épais que l'humour d'un belge à la fin d'un repas de noces" (comme le dit Alexis dans ce présent album, d'une manière qui ravira sans doute Goossens lui-même ;) ).
Le dessin d'Alexis est très maîtrisé, un peu trop réaliste peut-être. D'accord, ça colle bien au contraste voulu entre apparence sérieuse du dessin et absurdité et délire de l'humour, mais ce côté sérieux du dessin et de la narration m'empêche parfois un peu d'entrer dans l'histoire aussi rapidement que je le voudrais.
Comme un Goossens, ça se savoure en prenant son temps, quoi.
"Le Vent dans les Saules" c’est une merveille. Plessix (dessin, couleur et scénario), nous livre une série drôle, chaleureuse et pleine de simplicité.
Les dessins sont magnifiques, fins et riches en détails. Les couleurs sont superbes et nous font découvrir un monde idyllique. Les personnages sont très attachants : Tapes, Rat, Blaireaux et Crapaud sont vraiment tous très expressifs et mignons à croquer.
Le scénario, c’est une adaptation du roman de 1908 de Kenneth Grahame. Mais les dialogues de Plessix sont mitonnés aux petits oignons (très poétique à la manière de De Cape et de Crocs même si ça n'a rien à voir). La voix off est géniale.
En revanche l’histoire est "bidon" (surtout les tomes 1 et 2, ensuite les deux suivants sont un peu plus soutenue avec les péripéties de Crapaud) mais de toutes façons, on s’en fout, ce n’est pas ça qui compte. Avec cette série, il faut juste se laisser bercer par l’ambiance reposante et bon enfant.
Je viens de tout relire avant d’attaquer le nouveau cycle (Le Vent dans les Sables) et je ne m’en lasse pas.
Premier tome d’une série à suivre de près, « La loi du sang » fait partie de ses albums qu’on commence et qu’on ne relâche pas avant la fin... Et pour cause : le dessin et la mise en couleurs sont très agréables, l’intrigue et les personnages plein de relief. J’aime la manière dont on sent poindre, tout au long de l’album, les contradictions du personnage principal, il vit dans deux mondes, totalement opposé : celui du crime et de la violence, et celui des premiers émois amoureux et des sentiments humains... Espérons que les auteurs sauront tirer bon parti de la thématique qu’ils ont si bien posée dans ce premier tome.
Jolie petite surprise que cet album lu sans savoir à quoi m'attendre. L'histoire est assez courte (30 planches + un certain nombre d'illustrations), mais elle est très fraîche et son rythme très enlevé. Ce petit conte assez cocasse, à la fois tendre, adorable et cruel, est cependant loin d'être privé de substance, les thèmes sous-jacents étant assez nombreux et proposant donc une vraie richesse de fond. Outre cela, le parti pris graphique de Dupuy & Berberian est assumé jusqu'au bout, et résulte en un graphisme d'une grande cohérence, d'une grande unité, parfois superbement stylisé.
Pas un coup de coeur en ce qui me concerne, mais la réalisation - d'une grande excellence sur tous les plans - mérite largement quatre étoiles.
Century Club :
--------------
Ce tome 2 de W.E.S.T est une vrai réussite. Il clôt superbement le 1er cycle de la série.
Concernant l'histoire, le scénario est très fouillé et le récit mené sur des chapeaux de roue. Les deux scénaristes, Xavier Dorison et Fabien Nury, développent leur complot surnaturel politico-financier de mains de maître en distillant ça et là les éléments de suspens.
Coté graphisme, les dessins de Rossi sont excellents et bien mis en valeur par une remarquable colorisation jaune-orangée. La mise en scène des planches, dynamique à souhait, semble pensée telle un découpage cinématographique. Outre les décors, Rossi parvient aussi à rendre ses personnages très expressifs. Magnifique !
Pour finir, l'éditeur nous annonce déjà un deuxième cycle. Pour ma part, j'en serai... et vous ?
Par la malepeste [1], ça dépote ! Ô_o
Dans la vie c'est avec mon cul que je m'en sortais. Dans l'espace il n'y avait aucune raison que ça change. Ainsi commence l'histoire de Lola, prostituée qui se retrouve enlevée en plein trip par des sous-fifres extra-terrestres en mission pour leurs féroces maîtres. Grâce à Lola, les pauvres extra-terrestres vont découvrir le sexe et y devenir complètement accros. Et quand elle découvre l'infâââme plan de destruction de la Terre échafaudé par ces sombres intelligences, Lola s'enfuit, revient sur Terre et... personne ne la croit bien sûr.
L'histoire paraît simple, mais en fait non. Le récit est joliment intriqué : passé et présent sont mélangés d'une façon plus complexe que les bêtes flashbacks dont on peut avoir l'habitude et qui titille le lecteur de manière obstinée. Mais plus qu'une quelconque originalité de fond, les points (très très) forts de cet album sont incontestablement son graphisme, son ingrédient principal (à savoir le cul), et son héroïne.
Le graphisme n'est pas homogène. Oubliez cette idée ridicule. Il varie énormément au fil de l'album. On trouve bien sûr des dessins très "classiques" où l'on reconnaît complètement le style de Qwak. Mais aussi des scènes réalisées à partir de photos complètement retravaillées avec entre autres des filtres façon Photoshop... d'habitude pour moi c'est plutôt un gros mot et synonyme de pas beau, mais là, ouvrez l'album et regardez ! Vous serez forcés d'admirer le superbe résultat (enfin les résultats). Entre ces deux extrêmes, un style un peu intermédiaire avec un effet très peinture, également superbe. Et comme troisième extrême enfin, on trouve des éléments de design/conception graphique magnifiquement utilisés pour créer une esthétique et une dynamique impressionnantes (voir par exemple les pages 8 à 10, du bonheur !).
Rien que pour ça cet album vaut d'être lu et acheté. C'est vraiment une petite mine d'innovations et d'éléments utilisés à bon escient. Si nombreux et si bien utilisés, c'est vraiment une rareté !
Or donc, foutrecouilles ! Deuxième élément : l'ingrédient principal de l'album, à savoir le cul. Eh oui. Lola est une pute, et elle ne fait ni dans la dentelle ni dans la pudibonderie. Les scènes et textes sont en général bien explicites et laissent peu de place au doute (à défaut de l'imagination qui elle est sauve). Autant ce genre de chose peut très facilement tomber dans le mauvais goût, autant il est ici complètement intégré au récit, d'une excellente cohérence. Bien sûr si ce genre de choses vous choque, passez votre chemin. On notera quand même le ton de l'ensemble qui fait preuve d'un grand naturel, d'une grande franchise. Ce n'est ni gratuit ni vraiment provoquant. L'utilisation qui est faite de cet élément est vraiment... adéquate.
Et enfin, il y a l'héroïne. Comme le dit ArzaK, on sent Anita Bomba pas très loin derrière. Désabusée, sombre, trash, volontaire, sauvage, elle déborde vraiment de charisme et est le moteur de l'histoire. Et croyez-moi, je déteste les héroïnes à deux balles.
Scènes d'action qui réduisent Kill Bill au rang de petite production, humour complètement crétin et jouissif qui surgit parfois quand on l'attend le moins, thriller sur fond de SF qui utilise plein d'ingrédients de tous ces genres, Lola Cordova est un album réalisé avec un brio, non, une maestria que j'ai rarement vu. Une production d'une telle qualité pour un album sorti de nulle part et qui apparemment n'a aucune prétention, ça tient du miracle ! Seule la fin que j'ai malheureusement vue venir de loin (et qui en plus est un peu trop ouverte par rapport à ce que à quoi je m'attendais) a un peu refroidi mon feu au culte (que je mets quand même, parce que, si on se souvient bien, ça dépote. De partout. Et tout le temps sur ces 64 pages).
Alors, à lire ? Mais ami lecteur (ou amie lectrice), si tu te poses encore cette question c'est que tu as du caca dans les yeux !
[1] ou Foutrepute, Mortecouilles, Putentrailles et autres joyeusetés, pour employer un champ lexical plus adapté, nom d'un tentacule baveux !
Le "Peter Pan" de Loisel est pour moi, un monument de la BD, un grand classique incontournable. Régis Loisel est le scénariste, le dessinateur et le coloriste de cette superbe aventure se déroulant en six tomes.
Bien sûr, il s’est inspiré du Roman de James Matthew Barrie et du dessin animé de Disney. Mais en aucun cas, il ne s’agit d’un remake BD de ces deux magnifiques œuvres. L’histoire du Peter Pan de Loisel raconte les évènements précédents ceux du Peter Pan de Barrie et Disney ; c’est une prélogie.
Mais faîtes ATTENTION, Loisel apporte une dimension beaucoup plus dramatique et glauque, on est très loin de l’univers Disney et de ses Happy End où les méchants sont très méchants et les gentils très gentils, c’est beaucoup plus humain donc plus complexe (Innocence, amour, mensonge et jalousie sont de mise).
Le scénario nous fait découvrir comment Peter devient Peter Pan avec ses voyages entre Londres de Jack l’éventreur (famine et misère) et le pays imaginaire avec ses indiens et ses pirates.
Les illustrations et la couleur sont magnifiques, elles reflètent d’ailleurs extrêmement bien l’ambiance dramatique et obscure que Loisel a voulu donner à cette aventure.
Je note 5/5, cette série doit absolument appartenir à votre bibliothèque.
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Dans la nuit
Voici la série qui se situe entre cauchemar et réalité. Le tome 1 fait très bonne impression tant par le graphisme noir que par l'intelligence du scénario angoissant à souhait. Le tome 2 procure une ambiance encore plus lourde car tout se passe sous terre en une seule nuit. Le tome 3 me procure par contre moins l'ambiance pesante des deux premiers. On retrouve les 2 flics du premier volume, ce qui nous est familier pour ceux qui connaissent la série. Le graphisme par contre est plus travaillé que ceux des premiers volumes. La fin est de toute manière bien glauque aussi. Un album moins prenant au début mais une fin très réussie. J'adhère à la note pour faire comme tout le monde, mais nous avons peut-être là un culte du fantastique.
Apocalypse selon Lola (Lola Cordova)
Si quelque chose pouvait faire de ce One-Shot un album culte, ce serait sans conteste son originalité. Originalité dans le scénario d'une part, mais grande originalité surtout dans le traitement graphique. Comme le dit ThePatrick ci-dessous, le graphisme n'est pas homogène. Le style change presque toutes les deux pages, restant dans une thématique proche à chaque fois, mais variant tant dans le trait (plus ou moins de détails, plus ou moins de réalisme) que dans la colorisation, dans le traitement informatique, dans... plein de choses. Parfois on a aussi du photoréalisme, ou alors des couvertures de magazines à mi-chemin entre l'image 3D et le poster à l'aérographe, ou alors des symboles, des... C'est vraiment surprenant quand on feuillette l'album de voir autant de genre différent, mais ça passe très bien à la lecture. La mise en page elle aussi est très variée et souvent innovante. Cette mise en page est le plus souvent franchement bonne, quoique d'autres fois elle a un petit peu moins bien marché pour moi (dans les cas où j'avais quelques hésitations pour savoir quelle bulle de texte lire dans quel ordre). Passés les compliments que je peux faire à cette BD pour son traitement graphique, compliments que je fais donc à la fois sur les prouesses de l'auteur pour utiliser avec brio de styles différents mais aussi sur l'originalité et la fonctionnalité de son traitement visuel et de sa mise en page, je dois avouer qu'au niveau de mon ressenti personnel, je n'ai pas tout apprécié dans ce dessin. Un petit manque d'humanité dans ce dessin et ces couleurs (un peu trop d'informatique ?) et un petit manque de détails, notamment dans le personnage de Lola elle-même, m'ont un peu tenu à distance du personnage et empêcher de bien m'attacher à l'héroïne et à son histoire. Venons-en maintenant au scénario. Délirant d'originalité, mélangeant une intrigue façon X-Files avec un personnage de prostituée je-m'en-foutiste et supra-intelligente (grâce aux nano-psules) entourée d'extra-terrestres obsédés sexuels. Une intrigue sérieuse associée à des personnages pleins d'humour et de délire, donc. Un peu déstabilisant au départ (j'ai mis quelques pages à bien entrer dans l'histoire), mais rapidement sympa. Il y a en outre dans cette BD plein d'idées SF vraiment sympas, notamment la méthode de calcul des évènements chaotiques qui donnent une technique de combat vraiment excellente ! Pourtant, je dois avouer que je commençais à trouver que le scénario s'essoufflait sur les dernières pages (je trouve par exemple la planche avec Chirac parfaitement dispensable). Mais la toute fin de l'album m'a carrément réconcilié avec le scénario car non seulement il permet d'expliquer une grosse partie du reste de l'histoire mais surtout il offre un final excellent (et drôle) à ce scénario. Un véritable OVNI visuel dans le monde de la BD avec un scénario plein d'originalité et d'humour. Excellent !
La Folle du Sacré-Coeur (Le Coeur couronné)
Voilà une BD de Moebius pas si connue et qui sort de sa production habituelle. Pas de science-fiction, rien de tout ça, mais une bonne tranche de folie et une histoire étrange à souhait. On explore les confins du fanatisme religieux avec le héros, le professeur Mangel, personnage très humain qui vit un véritable combat intérieur tout au long des albums. C'est une série très spéciale qui n'est pas faite pour plaire à tout le monde et de plus, de nombreuses lectures attentives sont utiles si l'on veut vraiment saisir les trois albums de cette saga si particulière. Le dessin de Moebius, reconnaissable bien que différent, est pas mal du tout. Petit bémol cependant, j'ai acheté l'intégrale en noir et blanc de la collection Styx et les pages font un peu vides puisque il y a très peu d'ombrages (normal c’était prévu pour être publié en couleurs). Une série à connaître, qui mérite d'être lue car elle apporte un éclairage différent sur le scénariste et montre que Jodo sait y faire dans tous les genres.
Fantaisies Solitaires
C'est dans ces histoires courtes où Alexis était aussi bien dessinateur que scénariste qu'on se rend compte à quel point le style d'Alexis est finalement proche de celui de Goossens (et vice-versa). Emprunts aux classiques du cinéma et de la littérature, humour décalé, absurde, parfois noir, souvent délirant et (presque) toujours fin. Dessin plein de classe, sérieux, pour accentuer sur le côté pince-sans-rire de l'humour. D'ailleurs, toutes ces histoires courtes ne sont pas des gags ou des histoires "pour rire". Certaines sont juste décalées, surprenantes, représentatives de l'imagination d'Alexis qui touche aussi bien au fantastique qu'à l'humour "aussi épais que l'humour d'un belge à la fin d'un repas de noces" (comme le dit Alexis dans ce présent album, d'une manière qui ravira sans doute Goossens lui-même ;) ). Le dessin d'Alexis est très maîtrisé, un peu trop réaliste peut-être. D'accord, ça colle bien au contraste voulu entre apparence sérieuse du dessin et absurdité et délire de l'humour, mais ce côté sérieux du dessin et de la narration m'empêche parfois un peu d'entrer dans l'histoire aussi rapidement que je le voudrais. Comme un Goossens, ça se savoure en prenant son temps, quoi.
Le Vent dans les Saules
"Le Vent dans les Saules" c’est une merveille. Plessix (dessin, couleur et scénario), nous livre une série drôle, chaleureuse et pleine de simplicité. Les dessins sont magnifiques, fins et riches en détails. Les couleurs sont superbes et nous font découvrir un monde idyllique. Les personnages sont très attachants : Tapes, Rat, Blaireaux et Crapaud sont vraiment tous très expressifs et mignons à croquer. Le scénario, c’est une adaptation du roman de 1908 de Kenneth Grahame. Mais les dialogues de Plessix sont mitonnés aux petits oignons (très poétique à la manière de De Cape et de Crocs même si ça n'a rien à voir). La voix off est géniale. En revanche l’histoire est "bidon" (surtout les tomes 1 et 2, ensuite les deux suivants sont un peu plus soutenue avec les péripéties de Crapaud) mais de toutes façons, on s’en fout, ce n’est pas ça qui compte. Avec cette série, il faut juste se laisser bercer par l’ambiance reposante et bon enfant. Je viens de tout relire avant d’attaquer le nouveau cycle (Le Vent dans les Sables) et je ne m’en lasse pas.
Albanie - La Loi du Kanun
Premier tome d’une série à suivre de près, « La loi du sang » fait partie de ses albums qu’on commence et qu’on ne relâche pas avant la fin... Et pour cause : le dessin et la mise en couleurs sont très agréables, l’intrigue et les personnages plein de relief. J’aime la manière dont on sent poindre, tout au long de l’album, les contradictions du personnage principal, il vit dans deux mondes, totalement opposé : celui du crime et de la violence, et celui des premiers émois amoureux et des sentiments humains... Espérons que les auteurs sauront tirer bon parti de la thématique qu’ils ont si bien posée dans ce premier tome.
Petit peintre
Jolie petite surprise que cet album lu sans savoir à quoi m'attendre. L'histoire est assez courte (30 planches + un certain nombre d'illustrations), mais elle est très fraîche et son rythme très enlevé. Ce petit conte assez cocasse, à la fois tendre, adorable et cruel, est cependant loin d'être privé de substance, les thèmes sous-jacents étant assez nombreux et proposant donc une vraie richesse de fond. Outre cela, le parti pris graphique de Dupuy & Berberian est assumé jusqu'au bout, et résulte en un graphisme d'une grande cohérence, d'une grande unité, parfois superbement stylisé. Pas un coup de coeur en ce qui me concerne, mais la réalisation - d'une grande excellence sur tous les plans - mérite largement quatre étoiles.
W.E.S.T
Century Club : -------------- Ce tome 2 de W.E.S.T est une vrai réussite. Il clôt superbement le 1er cycle de la série. Concernant l'histoire, le scénario est très fouillé et le récit mené sur des chapeaux de roue. Les deux scénaristes, Xavier Dorison et Fabien Nury, développent leur complot surnaturel politico-financier de mains de maître en distillant ça et là les éléments de suspens. Coté graphisme, les dessins de Rossi sont excellents et bien mis en valeur par une remarquable colorisation jaune-orangée. La mise en scène des planches, dynamique à souhait, semble pensée telle un découpage cinématographique. Outre les décors, Rossi parvient aussi à rendre ses personnages très expressifs. Magnifique ! Pour finir, l'éditeur nous annonce déjà un deuxième cycle. Pour ma part, j'en serai... et vous ?
Apocalypse selon Lola (Lola Cordova)
Par la malepeste [1], ça dépote ! Ô_o Dans la vie c'est avec mon cul que je m'en sortais. Dans l'espace il n'y avait aucune raison que ça change. Ainsi commence l'histoire de Lola, prostituée qui se retrouve enlevée en plein trip par des sous-fifres extra-terrestres en mission pour leurs féroces maîtres. Grâce à Lola, les pauvres extra-terrestres vont découvrir le sexe et y devenir complètement accros. Et quand elle découvre l'infâââme plan de destruction de la Terre échafaudé par ces sombres intelligences, Lola s'enfuit, revient sur Terre et... personne ne la croit bien sûr. L'histoire paraît simple, mais en fait non. Le récit est joliment intriqué : passé et présent sont mélangés d'une façon plus complexe que les bêtes flashbacks dont on peut avoir l'habitude et qui titille le lecteur de manière obstinée. Mais plus qu'une quelconque originalité de fond, les points (très très) forts de cet album sont incontestablement son graphisme, son ingrédient principal (à savoir le cul), et son héroïne. Le graphisme n'est pas homogène. Oubliez cette idée ridicule. Il varie énormément au fil de l'album. On trouve bien sûr des dessins très "classiques" où l'on reconnaît complètement le style de Qwak. Mais aussi des scènes réalisées à partir de photos complètement retravaillées avec entre autres des filtres façon Photoshop... d'habitude pour moi c'est plutôt un gros mot et synonyme de pas beau, mais là, ouvrez l'album et regardez ! Vous serez forcés d'admirer le superbe résultat (enfin les résultats). Entre ces deux extrêmes, un style un peu intermédiaire avec un effet très peinture, également superbe. Et comme troisième extrême enfin, on trouve des éléments de design/conception graphique magnifiquement utilisés pour créer une esthétique et une dynamique impressionnantes (voir par exemple les pages 8 à 10, du bonheur !). Rien que pour ça cet album vaut d'être lu et acheté. C'est vraiment une petite mine d'innovations et d'éléments utilisés à bon escient. Si nombreux et si bien utilisés, c'est vraiment une rareté ! Or donc, foutrecouilles ! Deuxième élément : l'ingrédient principal de l'album, à savoir le cul. Eh oui. Lola est une pute, et elle ne fait ni dans la dentelle ni dans la pudibonderie. Les scènes et textes sont en général bien explicites et laissent peu de place au doute (à défaut de l'imagination qui elle est sauve). Autant ce genre de chose peut très facilement tomber dans le mauvais goût, autant il est ici complètement intégré au récit, d'une excellente cohérence. Bien sûr si ce genre de choses vous choque, passez votre chemin. On notera quand même le ton de l'ensemble qui fait preuve d'un grand naturel, d'une grande franchise. Ce n'est ni gratuit ni vraiment provoquant. L'utilisation qui est faite de cet élément est vraiment... adéquate. Et enfin, il y a l'héroïne. Comme le dit ArzaK, on sent Anita Bomba pas très loin derrière. Désabusée, sombre, trash, volontaire, sauvage, elle déborde vraiment de charisme et est le moteur de l'histoire. Et croyez-moi, je déteste les héroïnes à deux balles. Scènes d'action qui réduisent Kill Bill au rang de petite production, humour complètement crétin et jouissif qui surgit parfois quand on l'attend le moins, thriller sur fond de SF qui utilise plein d'ingrédients de tous ces genres, Lola Cordova est un album réalisé avec un brio, non, une maestria que j'ai rarement vu. Une production d'une telle qualité pour un album sorti de nulle part et qui apparemment n'a aucune prétention, ça tient du miracle ! Seule la fin que j'ai malheureusement vue venir de loin (et qui en plus est un peu trop ouverte par rapport à ce que à quoi je m'attendais) a un peu refroidi mon feu au culte (que je mets quand même, parce que, si on se souvient bien, ça dépote. De partout. Et tout le temps sur ces 64 pages). Alors, à lire ? Mais ami lecteur (ou amie lectrice), si tu te poses encore cette question c'est que tu as du caca dans les yeux ! [1] ou Foutrepute, Mortecouilles, Putentrailles et autres joyeusetés, pour employer un champ lexical plus adapté, nom d'un tentacule baveux !
Peter Pan
Le "Peter Pan" de Loisel est pour moi, un monument de la BD, un grand classique incontournable. Régis Loisel est le scénariste, le dessinateur et le coloriste de cette superbe aventure se déroulant en six tomes. Bien sûr, il s’est inspiré du Roman de James Matthew Barrie et du dessin animé de Disney. Mais en aucun cas, il ne s’agit d’un remake BD de ces deux magnifiques œuvres. L’histoire du Peter Pan de Loisel raconte les évènements précédents ceux du Peter Pan de Barrie et Disney ; c’est une prélogie. Mais faîtes ATTENTION, Loisel apporte une dimension beaucoup plus dramatique et glauque, on est très loin de l’univers Disney et de ses Happy End où les méchants sont très méchants et les gentils très gentils, c’est beaucoup plus humain donc plus complexe (Innocence, amour, mensonge et jalousie sont de mise). Le scénario nous fait découvrir comment Peter devient Peter Pan avec ses voyages entre Londres de Jack l’éventreur (famine et misère) et le pays imaginaire avec ses indiens et ses pirates. Les illustrations et la couleur sont magnifiques, elles reflètent d’ailleurs extrêmement bien l’ambiance dramatique et obscure que Loisel a voulu donner à cette aventure. Je note 5/5, cette série doit absolument appartenir à votre bibliothèque.