Les derniers avis (39909 avis)

Par Jeïrhk
Note: 4/5
Couverture de la série Jusqu'au dernier
Jusqu'au dernier

Excellent mais trop court ! C’est dommage de voir des intrigues de cette qualité condensées en un seul tome, ce qui oblige à avancer trop rapidement dans l'histoire. Cela dit, c’est tout de même très bon. J’aime beaucoup être surpris et voir des choses qui sortent du schéma classique où tout est presque parfait pour nous satisfaire dans nos émotions. Ici, l’originalité est au rendez-vous. Le dessin est superbe, on passe un bon moment de lecture, mais, comme beaucoup je suis un peu frustré par le manque de développement de certains personnages et de l’intrigue, qui auraient pu être plus approfondis. M'enfin bon, la BD mérite tout de même sa bonne note.

06/08/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Enfants de Sitting Bull
Les Enfants de Sitting Bull

Mais désigner une victime, n’est-ce pas aussi grave que de la tuer ? - Ce tome contient une histoire complète indépendante de toute autre, une biographie parcellaire du grand-père paternel de l’auteur. Sa première publication date de 2013. Cette bande dessinée est l’œuvre d’Edmond Baudoin, pour le scénario et les dessins, les couleurs. Elle est en noir & blanc et compte quatre-vingt-sept pages. Sur la photo : l’arrière-grand-père d’Edmond Baudoin. Il ne sait pas qui est la femme, pas la sienne. Son arrière-grand-père est morte jeune. C’est peut-être Son arrière-arrière-grand-mère ? Son grand-père Félix est né sous le règne de Napoléon III, en 1863. À la Trinité-Victor, près de Nice. Félix se souvenait d’avoir assisté à un passage de prisonniers de guerre allemands. La guerre de 1870. Il est mort à 96 ans, il avait 17 ans. Son père, veuf très tôt, avec une fille et deux garçons, savait bien mieux distribuer les coups que les caresses. Félix est allé à l’école, celle du curé, c’était la seule. Il a appris un peu de latin et la certitude que Dieu n’existe pas. Le reste du temps, il courait dans les collines avec des collets pour piéger les lapins. Et, pressé de quitter la maison familiale, il s’est engagé à Nice comme mitron chez un boulanger de la rue Pairolière. De temps en temps, tout en livrant, il faisait un détour par le port et ne se lassait pas de regarder les bateaux partir. Il avait 12 ans. À force de regarder les bateaux, il a fini par embarquer sur un voilier en qualité de mousse. Le père Jean Baudoin raconte la suite à ses deux enfants Piero et Edmond qui dorment dans le même lit : les mers, les océans, c’est immense. Les bateaux ont emmené leur grand-père sur la mer de Chine, la mer Rouge. Il a fait deux fois naufrage sur les côtes d’Amérique. Il sait qu’une fois c’était à Valparaiso, une ville du Chili. Ils ont peut-être remarqué la peau du visage de pépé, toute martelée de petits trous. C’est à cause de la variole. Félix l’avait attrapé à la Havane, à Cuba. Il a été attaché à un mât du navire pour qu’il ne se gratte pas. On lui donnait la soupe au bout d’un bâton pour ne pas être contaminé. Il a guéri tout seul. Avec son frère, Edmond écoutait Jean, leur papa qui leur racontait la vie de son papa Félix. Ils ne savaient pas si tout était vrai, ils n’osaient pas demander au grand-père, sa barbe blanche et ses yeux transparents les impressionnaient beaucoup trop. Mais, bien plus tard, ils ont fait des recherches, ils ont questionné des oncles et des tantes. Et la saga de Félix s’est confirmée, avec des compléments d’aventures encore plus extraordinaires. Leur grand-père s’est alors engagé sur un baleinier. Félix était jeune, léger et fort, il travailla donc dans les voiles. Et sur le baleinier on lui donna le poste de vigie. Il ne tua donc pas de baleines avec ses mains. Mais désigner une victime, n’est-ce pas aussi grave que de la tuer ? Les conditions de vie étaient infernales à bord et pour éviter les désertions, le baleinier n’accostait que dans les îles. Heureusement une grave avarie contraignit le navire à entrer dans un vrai port. Et presque tout l’équipage, dont Félix, se libéra. Pour ceux qui en ont déjà lu, ouvrir une bande dessinée de cet auteur contient toujours l’assurance de retrouver ses idiosyncrasies narratives, et de découvrir un récit totalement original et différent de toutes ses autres œuvres. Dès la première page (numérotée trois), il constate que ce bédéiste impose son approche de la narration mêlant texte et image, sans contrainte de devoir s’astreindre aux usages ou aux habitudes d’une bande dessinée. Cette page comporte une seule case de la taille de la planche, composée d’une photographie retouchée, celle de l’arrière-grand-père avec peut-être l’arrière-arrière-grand-mère, un pavé de texte en haut à gauche, six mots au milieu à droite pour situer la ville, et un dessin en bas à droite de La Trinité-Victor, apparaissant comme si cette partie se trouvait en-dessous de la photographie dont le coin aurait été déchiré. Chacune des deux pages suivantes se compose uniquement de deux cases de la largeur de la page avec du texte apposé en-dessous. Puis vient une peinture en pleine page, suivie par deux cases en noir & blanc réalisée à l’encre. Tout du long du récit, le lecteur découvre des mises en forme attestant de la liberté de narration de l’auteur. D’autres photographies : une prise devant la maison de Nice avec le grand-père Félix, le père Jean et les frères Piero et Edmond, une de Félix en tenue militaire de la marine des États-Unis en 1887, le bâtiment le Lancaster de la marine militaire, les documents américains du service de Félix dans la marine, une photographie de famille avec quinze membres de la famille Baudoin. De très belles peintures, en particulier des marines avec le navire sur lequel se trouve le grand-père à ce moment-là de sa vie et de très belles représentations vivantes de l’océan, une magnifique plage non loin de San Francisco lors du deuxième naufrage, un portrait de plein pied avec Sitting Bull et Buffalo Bill côte à côte, une vue à couper le souffle de Félix sur un hauban du pont de Brooklyn en cours de construction, une cérémonie indienne animée par Sitting Bull, etc. Régulièrement le lecteur éprouve le plaisir de découvrir une autre mise en forme pour mettre en valeur le moment correspondant : les dessins en noir & blanc à l’encre pour rendre compte de la représentation un peu vague du moment dans l’esprit des enfants, des représentations de type rupestre de bisons pourchassés par un cow-boy sur une grande plaine verte, un indien sur son cheval avec une parure représenté dans une veine expressionniste pour faire ressortir sa dimension sacrificielle, un fac-similé d’affiche pour annoncer l’arrivée du cirque de Buffalo Bill (Wild West and Congress of rough riders of the World), une case reprise d’une autre bande dessinée de l’auteur (Couma acò, 1991), des interprétations d’art des Premières Nations (La mue du hibou de Pitaloosie Saita, Ève et le serpent de Pitseolak Ashoona, À portée d’arc-en-ciel de Napachie Pootoogook, Oiseau aux ailes déployées de Lucy Qinnuayuak), une aventure de sept page de l’Inuit Rouge Gorge dessinée comme des pages franco-belge traditionnel. Avec le recul, le lecteur se rend compte l’artiste évoque ainsi comment l’art des Inuits a nourri ses propres représentations. Il a également utilisé une page de texte sans aucun dessin. Sous réserve qu’il accepte de tenter l’aventure de lire une telle bande dessinée oscillant entre texte illustré et narration d’une action en plusieurs cases, le lecteur découvre donc la biographie de Félix Baudoin, factuelle chaque fois que l’auteur a pu en vérifier la réalité historique, teintée de ses souvenirs de temps à autre. La vie de cet homme l’a amené à bourlinguer à partir de douze ans, à rencontrer Sitting Bull (1831-1890, Taureau assis ou Bison qui s’assoit), William Frederick Cody (1846- 1917, Buffalo Bill), et même à fonder une famille. Baudoin évoque rapidement sa vieillesse, la rencontre entre ce grand-père et John Carney (dont il a évoqué la vie dans Couma acò , 1991). Puis la bande dessinée continue sous la forme d’une page de texte dans laquelle l’auteur fait le constat que cette collection de faits ne peut pas rendre compte de l’expérience de la vie de Félix Baudoin : la réalité de son quotidien (par exemple les douleurs corporelles accompagnant de longues chevauchées, ou le froid et la solitude de nuits à la belle étoile), ni de ses actes. Cette histoire est trop didactique à ses yeux. Son grand-père n’a pas tué de baleines, mais il remplissait le rôle de vigie : désigner une victime, n’est-ce pas aussi grave que de la tuer ? Il a peut-être participé à des atrocités, contre les Indiens, violé des Indiennes ? Suit alors une deuxième partie de seize pages dans laquelle Edmond évoque une facette de son séjour au Canada : la découverte des arts des Premières Nations, sa rencontre avec Doreen Stevens, artiste algonquine de Kitiganzibi, la découverte de la région de l’Outaouais au Canada, du canton de La Vérendrye, d’une longue marche dans une zone naturelle, également évoquée dans Les essuie-glaces (2006). Puis il parle des pensionnats pour autochtones et des décisions de Duncan Campbell Scott, surintendant général des affaires indiennes du gouvernement, pour se débarrasser du problème indien. Enfin le lecteur découvre une aventure de Rouge Gorge, Inuit, défendant sa tribu contre les colonisateurs, à la manière d’une aventure de Jerry Spring, une forme de juste retour des choses, mais aussi une aventure en miroir pour montrer comment les vainqueurs accaparent le récit culturel. Comme à son habitude, Edmond Baudoin se lance dans une aventure narrative : cette fois-ci une biographie d’un membre de sa famille. Il fait preuve de rigueur en précisant ce qui relève des faits vérifiables, ce qui relève de la tradition orale de sa famille, ce qui relève de son ressenti. Il raconte visuellement cette histoire avec sa personnalité entière, c’est-à-dire qu’il ne s’agit pas d’une bande dessinée traditionnelle, que parfois le lecteur pense plus à un texte illustré, mais la narration visuelle ne peut pas non plus être réduite à ça. Qu’il s’agisse de tableaux en peinture directe ou de cases qui semblent avoir été griffonnées à l’encre, les images disent beaucoup de chose, toujours porteuses du point de vue de l’auteur. Après s’être contraint à rester dans le domaine de la biographie pure, Edmond Baudoin fait le constat que le récit qui en découle est trompeur par omission, ou plutôt s’avère frustrant par ce qu’il ne dit pas. Il relate alors sa propre découverte du Canada et de l’histoire des Premières Nations dans laquelle son grand-père a joué un petit rôle, celui d’un aventurier comme tant d’autres. Le tome se clôt avec une bande dessinée d’aventure de sept pages, très premier degré, une inversion des rôles entre cow-boys et Indiens qui ne fait pas office de revanche basique, car il s’agit d’une inversion culturelle plus que de domination conquérante.

06/08/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 4/5
Couverture de la série Namor - Voyage au fond des mers
Namor - Voyage au fond des mers

L'irrationalité des profondeurs. - En 1939, un aventurier du nom de Marlowe monte une expédition à bord d'un sous-marin pour retrouver la cité d'Atlantis. Toute l'expédition est perdue corps et âme. Quelques années plus tard, une nouvelle expédition est financée pour retrouver la précédente. Quelques industriels ou une agence gouvernementale chargent Randolph Stein de partir sur ses traces. Stein est un sceptique professionnel ; il parcourt le monde pour exposer la réalité derrière les mythes. Son dernier exploit est d'avoir capturer un spécimen de singe qui avait donné naissance à la légende de l'abominable homme des neiges. le lecteur est amené à suivre Randolph Stein à bord du submersible Plato. L'histoire est narrée essentiellement du point de vue de Stein avec quelques extraits de son journal intime. Toutes les figures imposées du genre sont au rendez-vous : scientifique en but aux croyances des marins, mutinerie, étrange créature évoluant autour du sous-marin sans laisser de trace matérielle, ténèbres des abysses, huis clos étouffant, angoisses, accès de démence, etc. L'histoire d'un équipage de sous-marin en plongée prolongée est un genre en soi. Peter Milligan et Esad Ribic nous livrent leur version, et le résultat est plutôt réussi. Il faut dire que les illustrations tirent à elle seule ce récit dans un monde à part. Ribic avait déjà illustré deux récits particuliers : Loki & Requiem : Kyrie, Sanctus, Benedictus, Agnus Dei. Il utilise la peinture pour mettre en images le récit de Milligan. Il affectionne des teintes pastel douces et presque fades. Ces couleurs délavées contrastent fortement avec la noirceur des abîmes des profondeurs. Il a également recours à des formes simplifiées (aucun encrage) qui donnent une impression de dessins parfois enfantins. Mais il maîtrise parfaitement la composition et les détails choisis qu'il met en valeur par une simple touche de couleur. Ce mélange d'objets familiers aisément reconnaissables et d'individus aux contours simplifiés provoquent une forte empathie chez le lecteur. Il ose également une interprétation de Namor très personnelle qui met en valeur son étrangeté et son appartenance au monde des poissons. Peter Milligan a choisi de faire de Namor un élément secondaire de l'intrigue. Il est une présence invisible aux abords de du sous-marin. Il rôde sans se montrer et au final il n'aura que deux interactions avec l'équipage du Plato. Le cœur du récit est donc un mélange de Stein poursuivant Namor pour mieux démontrer son inexistence (tel Achab obnubilé par Moby Dick pour d'autres raisons) et de raison pourfendant les superstitions. Il fait de Randolph Stein un homme obsédé par sa mission, prêt à tout sacrifier. Cette histoire a été éditée sous le label Marvel Knights qui est destiné à une tranche d'âge de lecteurs compris entre la ligne Marvel de base et ceux visé par la ligne MAX. Cette variation sur l'ivresse des profondeurs dans un monde exclusivement masculin m'a bien plu. Milligan sait rendre intéressant son personnage principal sans qu'il soit simpliste ou fanatique au premier degré. Les illustrations d'Esad Ribic sont originales et plongent le lecteur dans une atmosphère suffocante. Et ils disposent l'un comme l'autre d'assez d'originalité pour que l'on n'ait pas l'impression de lire une plongée qu'on a déjà vue en film : la claustrophobie n'est pas le seul ressort de l'intrigue.

05/08/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 4/5
Couverture de la série The Last Days of American Crime
The Last Days of American Crime

Une mise en scène époustouflante pour un récit malin - La première page présente le personnage principal par terre, le visage en sang, un pistolet contre la tempe et un index s'apprête à en actionner la détente. le récit repart tout de suite deux semaines en arrière alors que Graham Brick rentre chez lui avec un jerrycan à la main. Il revient s'occuper d'une petite frappe qu'il a ligotée et flanquée dans la baignoire. Il lui explique en long en large et en travers pourquoi il a pris la peine d'aller chercher du gasoil pour l'immoler plutôt que de l'essence. Une fois cette tâche effectuée, Brick se rend dans un bar pour attendre son rendez-vous. La télé diffuse des émissions évoquant la mise en œuvre de diffusion d'ondes rendant impossible tout acte criminel. La date a été fixée à dans deux semaines. Alors qu'il sirote tranquillement un whisky, il se fait lever par une poulette très chaude avec une étoile tatouée sur le bras droit et une autre sur le sein droit. Ils concluent leurs petites affaires dans les toilettes pour dames. Son rendez-vous arrive enfin : Kevin Cash qui doit l'aider dans le casse qu'il a conçu et Shelby Dupree, sa copine (mais aussi la dame qu'il vient de s'envoyer dans les toilettes). Ce casse ne s'annonce pas sous les auspices les plus favorables. Cette histoire a bénéficié d'un grand buzz au moment de sa sortie en 2010, dans la mesure où Rick Remender est un scénariste qui monte, Radical Publishing est une nouvelle maison d'édition (en 2010) qui met toute son énergie à sortir des comics qui sortent de l'ordinaire (et qui peuvent être adaptés au cinéma) et Greg Tocchini a un style qui sort de l'ordinaire. Il est vrai que dès les premières pages le lecteur est plongé dans un monde peu reluisant au milieu d'une histoire bien noire, avec des personnages bien dérangés. En fait au-delà de l'horreur qui consiste à faire brûler un individu, le lecteur commence par être très étonné du comportement des personnes dans la rue. La population semble prise de folie et se livrer à des actes de violence gratuits, des actes de barbarie horrifiants, tout cela au milieu de personnes ayant préféré se donner la mort. Il faut attendre quelques pages pour comprendre qu'il s'agit d'un effet de la pacification à venir. Cette accumulation de ratonnade, de piquouzes, de prostitution agressive met tout de suite mal à l'aise. Il règne une atmosphère de fin du monde débilitante. C'est dans cette ambiance viciée que Brick prépare son casse qui le mettra à l'abri du besoin jusqu'à la fin de ses jours (et ce n'est pas une simple figure de style). Petit à petit, le lecteur découvre ses motivations, ainsi que celle de Shelby et de Kevin. Chacun d'eux se conduit de manière dégradante et amorale avec une capacité à encaisser les coups impressionnante. Chaque personnage porte le poids de son passé qui façonne sa conduite présente. Greg Tocchini réalise l'intégralité des illustrations qui ressemblent au final à des esquisses plus ou moins précises complétées par une mise en couleurs très sophistiquée dont il est difficile de dire si elle a été réalisée à la main ou à l'infographie (plus vraisemblablement la deuxième hypothèse). de la même manière que les personnages se conduisent comme des adultes bien frappés, les illustrations sont destinées à des adultes à l'esprit ouvert. Tocchini met en place un équilibre impressionnant entre des détails très réalistes (les modèles de voitures, les différentes armes à feu, le jerrycan, etc.), quelques textures qui titillent le sens du toucher, des ambiances établies par le jeu des couleurs et des sensations brutales transmises par le mouvement. Lorsque Shelby aguiche Graham la première fois, le lecteur peut sentir le velouté de sa peau sur le haut de sa poitrine laiteuse. Lorsqu'ils se démènent dans les toilettes, les teintes rouges exacerbent l'animalité de l'étreinte, mais elles mettent également en avant la rouille des tuyauteries et la saleté repoussante du lieu. Lorsque Graham vient au secours de Shelby et qu'il se fait tabasser, les chairs deviennent tuméfiées et leur fragilité répand un vrai malaise. Tocchini trouve à chaque fois le juste équilibre entre ce qu'il montre et ce qu'il suggère pour un impact maximal sur le lecteur. Chaque séquence est pensée pour enrichir le récit, tout en offrant un spectacle intense et terrifiant. Ce tome se lit d'une traite. Tocchini réalise une symphonie visuelle aussi riche que séduisante. le récit de Remender est très malin, il utilise les codes classiques du roman noir avec de vrais personnages, autour d'un casse ingénieux. Malgré tout la fin est tellement classique qu'elle laisse un peu le lecteur sur sa faim.

05/08/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Sur un air de Fado
Sur un air de Fado

J'ai entendu parler très tard de Salazar et son gouvernement fasciste qui régna sur le Portugal pendant un si long moment, jusqu'à la révolution des œillets. Il faut dire qu'éclipsé par les autres gouvernements fascistes de la période, Salazar est souvent oublié, coincé dans son pays au bout du monde sans contact avec le reste du monde, renfermé sur lui-même. Depuis cette découverte, j'aime aller voir ce que fut cette dictature qui poussa tant de portugais à s'exiler loin de chez eux. Et cette BD est une bonne entrée vers cette histoire un peu oubliée. Prenant comme point de départ la chute dans le coma du fameux dictateur, l'histoire suit simplement une vie ordinaire de médecin portugais. Les petites violences quotidiennes, la peur, la disparition de certaines personnes, la répression silencieuse. Finalement, le pire n'est pas de craindre pour soi mais de se censurer chaque jour. La vie devient cloisonnée, surveillée, insupportable. La BD est longue et oscille entre les souvenirs d'une jeunesse dans les années 1950, tandis que le présent de 1968 est résigné, presque trop. Le médecin est un personnage bien construit : simple produit de son époque, pas militant ni investi, il s'est approché de tout ça un jour, par amour. Plus dragueur que révolté, il est désormais soumis, comme tant d'autres. Et progressivement, les relations sociales vont se redessiner, se remettre en branle. Ce qui arrivera, c'est que sous l'apparente façade sereine, ce personnage est finalement travaillé par le régime et sa violence sourde. Sous un air de fado, c'est le jeu de la mort et de l'oppression. La BD a un dessin qui fonctionne et fait ressortir les espaces de cette Lisboa, capitale d'un Portugal cloisonné. L'image du médecin franchissant enfin le fleuve pour se rendre de l'autre côté est symbolique, et je suis sur qu'une personne connaissant Lisbonne sera à même de reconnaitre les bâtiments, architectures et places. On sent l'atmosphère des cafés et des ruelles le soir. Une BD sur une dictature qui présente encore une fois l'intérieur. Sans horreur permanente, la BD rappelle qu'une dictature est insidieuse, larvée. Elle se glisse dans nos vies pour les étouffer, elle finit par contrôler nos façons de parler. Une piqure de rappel que je trouve très intéressant en ce moment !

05/08/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série L'Enfant ébranlé
L'Enfant ébranlé

J'ai fait confiance à fuuhuu sur cette BD, et bien m'en a pris ! C'est une plongée lente et douce dans un quotidien d'enfant de huit ans dans la Chine des années 90. Réminiscence de l'auteur ou pas, je n'en sais rien, mais le récit touche très juste dans son rapport entre personnes, à la famille et au monde autour. C'est une histoire qui se construit lentement, avec des non-dits, des silences et des regards. Un enfant qui voit son père rentrer mais la joie de son retour laisse vite place aux soucis familiaux. Les copains à l'école, et les mauvaises fréquentations qui semblent pourtant plus sincère et honnête. Le jeu vidéo qui s'immisce petit à petit dans la vie, la famille traditionnelle qui prend un coup dans une société où le divorce arrive. C'est plein de petits sujets qui composent une sorte de tranche de vie pour laquelle un fil rouge se dégage nettement tout de même : le rapport au mensonge et à la sincérité. Et sous un aspect banal, il y a une vraie réflexion intéressante : la famille parentale présentée comme idéale reste pourtant loin de son enfant, s'en soucie peu et se déchire autour de soucis réels. Les mauvaises fréquentations sont des gens paumés, souvent seuls, qui prennent soin des leurs au détriment d'autres personnes, les faisant passer pour des voyous. Dans ce mélange, les actes sincères transparaissent de façon fugitives, presque comme une erreur dans l'ensemble des comportements qui ne sont pas agréables. Le manga est rehaussé par un dessin très contemplatif mais aussi agréable. Ce n'est jamais long et chiant, il y a toujours un petit détail qui attire l'attention, l'ensemble se lit sans temps mort et je dirais que les quelques effets qui parsèment l'ouvrage ne font pas trop. L'ensemble est vraiment sobre, mais d'une sobriété qui n'est jamais ennuyante. C'est bien mené, tout simplement. Une lecture séduisante, pour ceux qui n'ont pas peur des romans graphiques avec un quotidien marqué, dans lequel vient s'ajouter tout les petits tracas de la vie qui n'en sont finalement pas. C'est une BD sur le quotidien tragique et la société chinoise qui masque derrière une façade de respectabilité et de tradition des comportements qui ne sont plus admis aujourd'hui. Et c'est triste, mais sincère. Une lecture plus prenante que je n'aurais pensé.

05/08/2024 (modifier)
Couverture de la série Névé
Névé

J'ai beaucoup apprécié cette série de cinq épisodes qui se focalise sur le développement affectif du jeune Névé. Dans un cadre de haute montagne vraiment crédible j'ai trouvé les aventures/rencontres du jeune orphelin très bien mises en scène avec de nombreuses trouvailles intéressantes. L'ambiance qui nous fait voyager de l'Aconcagua jusqu'à l’Annapurna en passant par une Réunion backstage rappelle les meilleurs ouvrages de Cosey. Chaque épisode représente une histoire complète mais il faut lire les opus dans l'ordre pour apprécier la cohérence du suivi de la narration. Du jeune ado qui affronte la mort au trentenaire qui affronte sa sexualité le parcours de Névé emprunte un parcours plus escarpé que les pentes qu'il maîtrise. Chaque épisode se renouvelle avec des thématiques difficiles traitées de façons non-manichéennes : la mort, la culpabilité du fratricide réel ou supposé, la sorcellerie, la pédophilie, l'endoctrinement possible des êtres vulnérables ou l'acceptation de sa nature véritable. Dieter a su créer un parcours du combattant très convaincant sur le sentier de Névé et de ceux qui l'accompagnent. Personnellement j'ai lu les cinq épisodes de l'intégrale avec la même avidité. Les dialogues sont d'un bon niveau évitant la mièvrerie ou les leçons de morale. Les fins d'épisodes sont toujours ouvertes laissant le lecteur actif dans sa lecture. Seule la conclusion en happy end m'a laissé circonspect par son improbabilité mais elle conclut de façon romanesque une série très attachante. Le graphisme de Lepage, un peu vintage mais agréable, réussit à merveille à nous immerger dans les cordées périlleuses que vivent Névé et sa famille. La narration visuelle rappelle vraiment les romans de Frison-Roche de mon adolescence. Je ne suis pas alpiniste mais je connais un peu la montagne de randonnée ayant eu une épouse Chamoniarde. Ainsi je me suis retrouvé pleinement dans les propositions graphiques et techniques de l'auteur. C'est beau c'est intelligent et cela procure un vrai bol d'air frais qui vient en contraste avec les ambiances parfois malsaines évoquées. Une très belle lecture.

05/08/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Brancusi contre États-Unis
Brancusi contre États-Unis

Ils craignent la vérité que tu leur imposes. - Ce tome contient une histoire complète indépendante de toute autre. La première publication date de 2023. Il a entièrement été réalisé par Arnaud Nebbache, scénario, dessins, couleurs. Elle comprend cent-vingt pages de bandes dessinées. Fin 1906 ou début 1907, Constantin Brâncu?i travaille dans l’atelier d’Auguste Rodin à Meudon : il y étudie et il participe à la réalisation de moulage pour ses sculptures. Un jour, il est appelé par le maître dans le statuaire. Le sculpteur lui explique l’enjeu. Il lui demande de regarder ces statues de danseurs, d’observer, car il faut saisir le geste vrai. Saisir le geste au plus près de la vérité du mouvement. C’est la transition d’une attitude à une autre qu’il faut voir. Brâncu?i doit transmettre ce mouvement. C’est la relation du corps à l’espace qui l’environne. Il faut sentir l’air qui les entoure, inspirer. Il faut jouer avec la résistance de l’air, il faut le déplacer. C’est dans cet espace que la figure doit se déployer. Il faut sentir cet espace. Dans l’espace, la figure doit se révéler, s’élever, se brandir, s’envoler. C’est dans le ciel qu’il faut regarder. On ne peut pas faire de la sculpture en regardant la Terre. Il faut voir plus loin ! L’instant d’après, la figure est dans l’air. Alors, c’est l’air autour de soi qu’on sculpte. C’est l’air autour qui est la matière. C’est l’espace qui doit être sculpté. Après cette leçon à laquelle se sont joints les autres apprentis de l’atelier, Brâncu?i sort dans le grand jardin, avec un bras de statue sous le sien. Il y retrouve Edward Steichen en train de s’exercer à la photographie. Ils discutent ensemble. Le sculpteur se demande comment il peut s’accomplir dans son métier, caché derrière ce vieux chêne de Rodin. Son ami lui conseille d’être patient et moins arrogant. Rodin a sûrement encore beaucoup de choses à lui apprendre. Son interlocuteur lui répond qu’il est bien décidé à partir : dès qu’il trouve un atelier, c’est terminé. Vingt ans plus tard, en 1926, Constantin Brâncu?i se trouve dans son atelier : il se tient dans différents endroits pour se rendre compte de l’effet visuel de ses œuvres sous différents angles de vue. Il prend en photo son œuvre l’Oiseau dans l’espace. Marthe Lebherz, surnommée Tonton, entre dans l’atelier et lui demande ce qu’il cherche, à mitrailler le même oiseau depuis des heures : s’attend-il à ce qu’il s’envole ? Il répond qu’effectivement, il cherche l’envol, il cherche l’espace autour de l’oiseau. Cet espace autour qui lui permettra de prendre son envol. Il lui demande de se rapprocher et de danser pour lui, de danser autour de l’oiseau, pour lui montrer l’espace autour, pour lui montrer l’envol. Il lui explique que le vieux Rodin l’a bien fait lui. C’est l’espace qu’il sculptait avec ses danseuses. Il se souvient du nom qu’il donnait à ses dessins : Vol, L’envolée, Aviation, Aéroplane, Ardeur du ciel. C’est donc bien d’envol qu’il s’agit. Marthe lui répond que ça fait longtemps qu’elle ne danse plus assez, qu’elle n’a plus le talent. Elle lui suggère de demander à Lizica : elle est très douée, avec elle son oiseau s’envolera. Elle sort, Constantin s’assoit et considère ses œuvres. À New York, Marcel Duchamp contemple les gratte-ciels, en fumant une cigarette, pendant que les passants circulent autour de lui, et que le flux d’automobiles s’écoule. Il se rend à la galerie Brummer où doit se tenir une exposition des œuvres de Brâncu?i l’hiver prochain. Dans un premier temps, le lecteur peut être déstabilisé. L’auteur a fait le choix d’une structure narrative dans laquelle les passages consacrés à Constantin Brâncu?i en France tiennent plus d’importance que le procès aux États-Unis, auquel il n’est donc pas présent. Il vaut donc mieux que le lecteur soit familier de l’enjeu du célèbre procès Brâncu?i contre États-Unis pour pouvoir apprécier pleinement l’intention de l’auteur dans les passages qui précèdent l’ouverture des auditions, le procès ne commençant qu’en page quarante. L’enjeu porte sur une œuvre d’art intitulé l’Oiseau dans l’espace, une sculpture de plus d’un mètre de haut, mince, fuselée et polie comme un miroir. En apparence un objet manufacturé, mais présentée par son créateur comme une œuvre d’art. Ainsi chaque scène, relatant le procès ou relatant la vie de Brâncu?i, participe à éclairer une facette des questions soulevées par ce procès. Quels sont les critères pour juger de la notion d'œuvre d'art ? Qui peut être qualifié d'artiste ? Qui est juge en la matière ? Avec cet enjeu en tête, le lecteur se trouve plus à même de comprendre l’intérêt de certaines scènes. Par exemple, la séquence d’ouverture dans l’atelier d’Auguste Rodin (1840-1917) peut sembler ne servir qu’à établir la volonté d’indépendance de Brâncu?i, l’origine de son questionnement et de son travail sur la représentation du mouvement. Puis survient l’ellipse de vingt ans pour arriver directement aux prémices du procès. Cependant, cette scène montre également un travail de fabrication et de reproduction de parties de sculptures, par moulage, déjà une forme d’industrialisation et de reprographie d’une œuvre d’art qui perd ainsi son unicité. Dès la couverture, le lecteur peut avoir un aperçu des caractéristiques des dessins : pas de traits de contour systématiques, des contours qui peuvent comporter une part de flou dans la façon d’apposer les couleurs, un visage avec seulement un point pour les yeux, une bouche invisible derrière la barbe, mais des rides pour attester de l’âge de Constantin Brâncu?i (1876-1957), cinquante ans au moment du procès. La deuxième de couverture et la page en vis-à-vis accueillent une unique illustration monochrome, toute en ombre chinoise. Puis vient un dessin qui montre le sculpteur mettre le couvercle sur la caisse contenant l’Oiseau dans l’espace, pour son voyage transatlantique, vu en légère élévation : le sculpteur tenant le couvercle, la caisse avec la sculpture à l’intérieur, deux caisses fermées sur la gauche, une sculpture enveloppée dans du tissu avec une corde sur la droite, une longue scie, un marteau, une boîte de clous et deux planches, le tout sur un fond vierge tout blanc. En page sept, une grille de neuf cases de taille identique, disposées en groupe de trois sur trois bandes : des formes de statues de Rodin, une danseuse, avec un contour un peu imprécis et des couleurs qui ajoute à la difficulté de lire les formes. En page treize, les cases sont réalisées en couleur directe, sans trait de contour, avec une simplification des formes qui évoque par certains côtés des collages de papier découpé. Lors de la scène dans l’atelier entre Tantan et Tonton, le dessinateur passe en trichromie pour des contrastes très prononcés. Tout du long de l’ouvrage, le lecteur remarque ces effets esthétiques variés en fonction de la nature de la séquence : silhouettes caricaturées lors de la visite à la Galerie Brummer, cases sans bordure avec uniquement la robe de Lizica Codreanu en train de danser, page sans texte (vingt-six au total) ou avec un unique phylactère pour une dizaine d’autres, quelques dessins en pleine page, le sculpteur en noir & blanc avec un trait de contour plus gras au milieu de personnages en couleur pour faire ressortir sa solitude et sa déconnexion par rapport à son environnement, experts en train de déposer au tribunal sous forme de buste avec du texte rattaché uniquement par un trait sans contour de bulle et le tout sur fond blanc, Brâncu?i perché au sommet de son œuvre la Colonne sans fin ou Colonne de l'infini (inaugurée à Târgu Jiu en Roumanie), dessins en noir & blanc en page cent-deux pour la dernière lettre de Marcel Duchamp, bichromie pour la dernière séquence avec Brâncu?i assis sur une plage du Nord, etc. L’artiste sait jouer avec les formes de mise en scène, de découpage, de rendus, tout en maintenant une unité cohérente du début à la fin, remarquable. Le titre annonce donc l’objet : le procès qui a opposé le sculpteur au gouvernement des États-Unis pour la qualification de ses œuvres. Art ou produit industriel ? Le lecteur assiste donc aux dépositions et aux interrogatoires d’Edward Steichen (photographe et peintre) interrogé par maître Higginbotham, de Jacob Epstein (1880–1959, sculpteur américain), de Forbes Watson (rédacteur en chef de la revue The Arts), de Brâncu?i accompagné de Fernand Léger (1881-1955) à Paris, de Robert Ingersoll Aitken (1878-1949, sculpteur américain), de Thomas Hudson Jones (1892-1969, sculpteur), puis des secondes auditions de Steichen, d’Epstein, de Jones, et enfin du verdict du juge J. Waite. L’enjeu apparaît clairement : officialiser réglementairement le fait que l’art n’est plus figuratif mais qu’il a déjà commencé à explorer bien des territoires conceptuels très éloignés de l’Homme de Vitruve (1490) de Léonard de Vinci (1452-1519). Au cours des pages consacrées au procès, le lecteur sourit en voyant comment les avocats ont toutes les peines du monde à établir la légitimité des intervenants, à justifier que leur avis fait autorité dans le monde de l’art, et qu’ils puissent donc être considérés comme une référence incontestable permettant de statuer sur la nature de l’Oiseau dans l’espace. Cela peut lui faire penser à la manière dont certains artistes contemporains sont qualifiés de tels par des experts dont les intérêts peuvent parfois être plus pécuniaires qu’esthétiques. Par la force des choses, un lecteur du vingt-et-unième siècle connaît déjà le verdict et a pu contempler des œuvres d’art bien plus conceptuelles que la sculpture objet du débat : il sourit donc devant des propos réactionnaires sur l’art car ça fait bien longtemps que l’art s’est libéré des préoccupations représentatives et de l’imitation de la nature. Il relève également le nombre d’artistes fréquentés par Brâncusi lui-même : Auguste Rodin (1840-1917), Marcel Duchamp (1887-1968), Erik Satie (1866-1925), Fernand Léger (1881-1955), Alexander Calder (1898-1957, sculpteur et peintre), Emmanuel Radnitsky (1890-1976, dit Man Ray, photographe). L’originalité et la force de cette bande dessinée est de mettre en scène le sculpteur tout du long, de montrer d’où lui vient ce projet de montrer le mouvement, de le regarder s’interroger sur son art, de le voir considérer des objets fabriqués dans une usine et de les rapprocher de ses propres productions sondant ainsi la porosité de la frontière entre l’art et la production de masse, ou plutôt ce qui sera plus tard qualifié de design. Constantin Brâncusi est considéré comme ayant poussé l'abstraction sculpturale jusqu'à un stade jamais atteint ayant ouvert la voie à la sculpture surréaliste, ainsi qu'au courant minimaliste. Arnaud Nebbache raconte le procès qui a opposé le sculpteur au gouvernement des États-Unis, mais pas seulement. Il met aussi en scène l’artiste dans son quotidien, avec tout ce qu’il a d’extraordinaire, dans sa recherche artistique avec tout ce qu’elle a de pragmatique. La narration visuelle possède une forte personnalité, adaptée pour les dépositions presque dépersonnalisées, ainsi que pour les moments de la vie quotidienne et ceux de réflexion de l’artiste, avec une cohérence esthétique épatante du début à la fin, tout en faisant preuve de variété.

05/08/2024 (modifier)
Par Jeïrhk
Note: 4/5
Couverture de la série Lucky Luke vu par Mathieu Bonhomme
Lucky Luke vu par Mathieu Bonhomme

Parmi les 6 histoires de "Lucky Luke vu par", je place ces deux tomes en 1ere position. Le dessin est très appréciable, sérieux, tout comme le ton des deux albums. La colorisation est vraiment originale, ça apporte une ambiance particulière au récit que j'ai adoré. Je suis immédiatement entré dans l'histoire, faut dire que l'image de Lucky Luke allongé mort au sol ne laisse pas indifférent. Mais ce qui m'a vraiment tout de suite séduit, c'est l'ambiance pesante qui nous plonge directement dans un mood spécial. J'ai adoré cette sensation. Mon principal reproche est que tout est bien trop prévisible, ce qui est vraiment dommage, car j'aurais pu lui attribuer la note maximale avec un meilleur scénario. Car tout le reste etait parfait. [SPOILER, ce paragraphe peut contenir des indices, donc évitez de lire si vous n'avez pas encore lu la BD] J'avais déjà ma petite idée sur la mort de Lucky, et je ne pense pas être le seul. Mais c'était juste une intuition qui ne gêne en rien la découverte de l'intrigue, et je me suis tout de même laissé porter par l'histoire avec plaisir. En revanche, concernant l'enquête et l'indien, c'était évident. Beaucoup trop prévisible très rapidement ne laissant aucune surprise. [FIN DU SPOILER] Alors pourquoi cette belle note malgré ça ? Un scénario trop prévisible ça gâche normalement un peu le plaisir, mais ici j'ai trouvé que c'était tout de même rondement bien mené. Certes, un peu rapide, mais pour tout caser dans un seul tome il faut avouer que c'était très bien. De plus, le père a apporté son lot de surprises, réussissant à me surprendre, et j'ai beaucoup aimé la tournure que prend le final. Quant au deuxième tome, sans m'étendre dessus, il m'a également conquis et j'ai eu le plaisir de le trouver bien moins prévisible que le premier, bien que légèrement en dessous en termes d'enthousiasme pendant la lecture, sans pour autant me déplaire, bien au contraire. En bref, j'ai passé un très bon moment avec ces 2 lectures. J'ai beaucoup aimé le dessin et la colorisation, et les quelques moments forts ont réussi à me toucher.

05/08/2024 (modifier)
Par Jeïrhk
Note: 4/5
Couverture de la série Lucky Luke - Les Indomptés
Lucky Luke - Les Indomptés

Parmi les 6 histoires de "Lucky Luke vu par", je place celle-ci en 2eme position. J'ai apprécié le style de dessin plus réaliste, mais surtout, l'histoire m'a plu. J'ai beaucoup aimé les différents personnages, trouvé l'humour très réussi, et je ne me suis pas ennuyé une seule seconde. Lucky Luke en baby-sitter m'a fait rire, tout comme cette famille complètement déjantée, des plus jeunes aux plus âgés. Les shérifs et les méchants m'ont également beaucoup amusé. Bref, j'ai passé un très bon moment sans prise de tête. 3.5 que j'arrondis à 4 pour le démarquer des autres grâce à son humour qui m'a conquis.

05/08/2024 (modifier)