Rhââââ !!!! Que c’est beau ! Que c’est beau !
David B. est au sommet de son art, et sa coloriste, Brigitte Findakly (tendre moitié de Lewis Trondheim) n’est pas en reste : ces harmonies de couleurs, ces ambiances chromatiques, qui collent si merveilleusement bien à l’univers oriental et mystique développé par David B..
Je suis en extase devant chaque planche, je tourne la page, je contemple, et après seulement, je lis.
Le scénario, donc. Bon, autant le dire tout de suite, ce n’est pas le point fort de cette série, et s’il n’était soutenu par un dessin aussi génial (oui, David B. est un génie, sa façon de dessiner est unique, lisez-donc son chef-d'oeuvre L'Ascension du Haut Mal) je ne l’aurais sans doute pas achetée. Cette histoire de voleurs d’ombre et de prophète voilé est intéressante mais pas captivante, je veux dire par là, qu’on suit le déroulement de l’histoire sans bailler mais, on ne tourne pas les pages fébrilement.
De plus, les personnages, proches du conte, sont assez loin de nous, il est difficile de s’identifier à leur quête, il faut donc accepter d’entrer dans un univers déroutant (comme toujours avec David B.) mais dépaysant et très esthétique.
Si comme moi, vous succombez à la magie du dessin, ces albums sont pour vous, sinon, passez votre chemin.
« Cyclopes » est donc la nouvelle série conçue par le tandem Jacamon/Matz. Inutile de préciser qu'après le très réussi Tueur, ces deux auteurs étaient attendus au tournant par leurs nombreux fans. Disons le immédiatement, « La Recrue » constitue un excellent premier opus de cette histoire prometteuse.
Une fois n'est pas coutume, je commencerai ma chronique par le dessin de cette album. Luc Jacamon nous démontre une nouvelle fois toute sa maîtrise : le découpage efficace des premières planches donne le ton de cet ouvrage de science fiction politique. Globalement, le trait est toujours aussi intéressant, dans un style fort et caractéristique. Une réussite. La colorisation informatique me semble plus sombre que celle du Tueur, vraisemblablement à l'image de ce futur guère engageant dépeint par le scénariste.
Concernant l'histoire, je n'ai pu m'empêcher de songer à Reality Show (Morvan/Porcel) en cours de lecture : une société privée chargée de maintenir l'ordre public, une diffusion télévisée des plus lucrative, un héros courageux mais encore un peu lisse... Néanmoins, Matz paraît traiter son sujet avec plus d'ambition car ce sont ici les dérives supposées de l'ONU en matière de sécurité mondiale qui sont montrées du doigt. Malgré quelques facilités scénaristiques, l'ensemble est de belle facture et laisse augurer une suite des plus réjouissante.
Cette BD, c'est un Tarantino en BD, avec l'avantage qu'a la BD : celle de donner à son lecteur l'intimité de la lecture.
L’histoire se tient de bout en bout.
Les dessins et les couleurs sont excellents et nous posent, dés la première page dans l’ambiance malsaine dans laquelle évolue le héros.
Spirou et Fantasio avec tintin et les p’tits mickey, c’est ce par quoi j’ai commencé la bd…
Ce sont mes premières émotions de lecteur de bandes dessinés et j’ai beau avoir lu 30 fois « la mauvaise tete », « QRN sur Bretzelburg » ou n’importe lequel, le bonheur reste intact. Je suis un grand fan.
Les grandes époques de la série s’articulent autour des auteurs, Franquin a été le plus grand, suivi de très près par Tome et Janry, qui ont su donner un regain de profondeur et de dynamisme après les reprises successives et un peu poussives de Fournier et Nic et Cauvin. Mais la tache n’était pas facile derrière Franquin, d’autant plus qu’ils se voyaient privé d’un protagoniste de premier plan, le Marsupilami. Leurs histoires étaient riches d’imagination et d’audace mais, je ne sais pas, il manquait un petit quelque chose, une âme aux personnages, un souffle, qui faisait que la pilule ne passait pas après Franquin.
Franquin, malgré le fait que lui-même reprenait les personnages, a su les recréer à sa façon et leurs donner une dimension et un univers dans lequel évoluer.
Tome et Janry ont à mon sens su faire la même chose, en s’appropriant Spirou et Fantasio, en leurs donnant un univers, qui bien que dans la continuité de l’esprit de celui de Franquin, leurs étaient propre. Le point d’orgue de cette adaptation étant « machine qui rêve », un des meilleurs de la série, à la hauteur de « la frousse au trousse » et de « la vallée des bannis » (eux même d’un niveau très proche de celui des meilleurs albums du maître Franquin).
Munuera et Morvan reprennent aujourd’hui la suite, avec deux albums déjà parus. Mais il est un peu tôt encore pour se prononcer sur la qualité de la reprise. A suivre donc…
Spirou et Fantasio est pour moi un des monuments de la bd, un incontournable, avec certes ses hauts et ses bas, mais à posséder absolument.
Malgré un scénario très classique et sans surprise, Matthieu Bonhomme a littéralement réussi à me scotcher à son histoire ! J’ai été pris par l’ambiance maritime de ce récit servie par une mise en couleurs qui m’a beaucoup rappelé la série Le coeur en Islande de Makyo. J’ai été aussi entraîné par la narration terriblement efficace de cet auteur, il a un sens du découpage et de l’enchaînement des cases qui me fait penser à celui d’Hergé.
Le dessin de Matthieu est de toute beauté, à mi-chemin entre le crayonné et l’encrage, il retranscrit bien le monde des marins.
L’histoire est celle de Esteban. C’est un orphelin indien qui s’embarque dans un des derniers cap-horniers en bois. Il rêve de devenir un harponneur mais se heurte à l’hostilité du capitaine à cause de son jeune âge qui l’enrôlera comme mousse. Esteban va ensuite découvrir l’équipage du « Léviathan » avec les histoires mythiques racontées entre eux lors des pauses, les corvées… j’ai retrouvé dans ces séquences l’ambiance magique, féerique des films de ce genre dont le fameux « Moby Dick ». Bref, « Les baleiniers » est un petit bijou que je vous invite à découvrir d’urgence en espérant que les tomes suivants seront du même acabit !
Mais c'est quoi tous ces gens qui n'assistent à aucun concert? :)
Alors que je ne suis pas très grand fan de Titeuf, j'ai trouvé cet album tout à fait savoureux. L'humour ne tombe jamais à plat et l'ensemble est plus que crédible: on sent le vrai aficionado en lisant ses planches, qui rappellent fréquemment des aventures assez similaires que l'on a pu vivre, même si je suis quand même loin des 50 concerts par an de Zep. Un album frais, où chaque planche fait mouche.
Dessins magnifiques, scenario intéressant, mélange de médiéval, de fantastique et de gore. Quelques pointes d'humour et de sexe, une BD indispensable à lire au moins jusqu'au tome 6.
Le dessin change ensuite pour devenir moins clair mais n'enlève rien à l'intérêt de cette quête.
A lire absolument !
Davodeau est un auteur qui m'étonnera toujours. Chacun de ces albums est un réel bonheur et comme de juste, les Mauvaises Gens est une bd à ne pas négliger.
Etant fan de cet auteur, j'ai, d'abord, pensé que j'aurais du mal à rester objectif en donnant mon avis. Et puis avec un peu de réflexion, je me suis dit qu'on ne pouvait nier l'évidence : cet album est bon, y a pas à discuter !
Des années 40 à nos jours, l'auteur nous parle, ici, du parcours de ces parents, militants socialistes et ouvriers dans l'âme. Je vous avoue qu'à la base, l'histoire du socialisme vu à travers les yeux d'habitants de la France profonde n'est pas vraiment ma tasse de thé. Pourtant, je dois reconnaître que j'ai été captivé par le récit.
De plus, dans une certaine mesure, je pense que l'on peut dire que nous avons beaucoup de chance de vivre à notre époque. Il suffit de voir dans quelles conditions travaillait la maman de l'auteur, ça fait réfléchir. On comprend alors qu'un combat pour une vie meilleure était vraiment nécessaire.
Le dessin de Davodeau reste fidèle à lui-même. Son graphisme est idéal pour ce genre de récit.
Les Mauvaises Gens est un one-shot de qualité. Il ne faudrait pas s'étonner qu'il soit nominer à Angoulême, ce qui serait totalement mérité.
A suivre sans hésitation !
Trait de Craie est un album qui possède beaucoup de qualités. De plus, l'histoire baigne dans une ambiance très détendue, du moins en apparence.
Le scénario de Prado est construit avec beaucoup d'intelligence. Les traits de caractères des personnages principaux sont très bien développés également, ce qui nous plonge au sein du récit avec beaucoup d'efficacité. L'histoire débute en douceur mais on est vite interpellé par son aspect fantastique qui, bien évidement, intensifie notre curiosité.
Le dessin de Prado est très réussi. Celui-ci met très bien en valeur l'histoire en elle-même. Les couleurs sont, quant à elles, de toute beauté.
Trait de craie est un récit à suivre impérativement !
"Kookaburra Universe" est une série de one shot gravitant autour des personnages de Crisse de la série Kookaburra.
• TOME #1 - "Le secret du sniper" :
Pour ce premier tome, en bon père, c’est Crisse qui lance la machine avec une histoire qui traite de l’enfance de Dragan, le héros de la série mère. Et très paradoxalement, c’est l’histoire à laquelle j’ai le moins accroché.
Au dessins, Mitric se débrouille bien même si ce n’est pas mon dessinateur préféré sur cette série. Et petit détail, je n’aime pas les nez de ses personnages : trop gros.
Les couleurs de Noël, ça va, mais je les trouve tout de même un peu trop pâlottes.
• TOME #2 et #3 - "Taman Kha" + "Mano Kha" :
Cette histoire d’Ange, se déroule sur deux tomes. Elle nous dévoile la période de l’enfance jusqu’à l’age adulte de Taman Kha, la sublime amazone de Kookaburra, et son amour haine envers son frère Mano Kha qui après avoir été mal traité (comme tous les males des amazones), se venge et s’enfuit. Ce scénar est essentiellement basé sur les sentiments et la psychologie des personnages.
Les dessins de Paty sont très jolis et ses amazones sont magnifiques.
Les couleurs de Noël collent parfaitement aux dessins.
• TOME #4 - "SkullFace" :
Cette histoire de Gaudin est ma préférée jusqu’à présent. J’aime beaucoup le renversement de situation du dernier tiers du tome concernant les révélations faite sur SkullFace. Je ne m’y attendais pas du tout.
Au dessin Briones s’en sort très bien. J’aime bien. A noter un style très différent à ce qu’il a déjà fait précédemment beaucoup plus "clair et simplifier" qui pourrait déranger certains lecteurs. Je préfère son SullFace à celui de Crisse.
A la couleur, c’est Lamirand et c’est très chouette, même si par moment, je trouve que c’est un peu trop vif et brillant.
• TOME #5 - "Les larmes de Gosharad" :
L’histoire de ce tome relate les faits d’une mission de Dragan Preko, qui à cette époque n’était encore qu’un jeune Sniper des forces armées de l’alliance terrestre. Le scénario de Tackian et Miquel, se déroule très bien jusqu’à la moitié de le l’album, après je suis un peu déçu par la tournure des évènements SPOILERS avec cette histoire de réalité virtuelle FIN SPOILERS qui m’a un peu embrouillés.
Le dessin de Ludolullabi est très beau. Le visage de ses personnages est très largement inspiré du style manga. L’environnement, le cadrage et la mise page des planches ont un aspect très comics. Cependant, je trouve que certaines scènes de combats sont difficiles à suivre mais ça vient sûrement de l’apparence fantomatique et insaisissable de l’ennemi auquel doivent faire face les Snipers.
Les couleurs de Lamirand sont exceptionnelles, à couper le souffle. J’adore ses tons tantôt verdâtre, tantôt orangé, bleuté… sans vouloir rouvrir le débat « coloriste auteur ou pas », moi, je dis que sur cet album là, il n’y a pas photo, les couleurs ne sont pas qu’un petit faire valoir...
• TOME #6 - "Le serment Darkoïd" :
C’est Mitric, devenu directeur de collection pour la série, qui scénarise ce tome. L’histoire met à l’honneur les Dakoïds, les plus féroces guerriers de l'univers. Les Amazones semblent avoir trouvées une faille qui pourrait mettre fin l’hégémonie de cette race: un secret gardé depuis l'aube de la civilisation Dakoïd. Cet album est assez intéressant car on en apprend plus sur les terrifiants méchants de la série mère. Ils apparaissent nettement plus humain et sensible. Ils ont une histoire, des coutumes et un secret.
Les dessins et les couleurs des frères Olivier et Stéphane Péru sont très jolis, ils rentrent parfaitement dans le moule Kookaburra sans pour autant jouer les photocopieurs. Les femmes Dakoïdes sont belles pour des monstres, les guerriers en imposent vraiment (mais il ne faut pas forcément se fier aux apparences, je n’en dirais pas plus ;)) Les effets spéciaux (si on peut utiliser ce terme en BD) rendent très bien.
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Les Chercheurs de trésor
Rhââââ !!!! Que c’est beau ! Que c’est beau ! David B. est au sommet de son art, et sa coloriste, Brigitte Findakly (tendre moitié de Lewis Trondheim) n’est pas en reste : ces harmonies de couleurs, ces ambiances chromatiques, qui collent si merveilleusement bien à l’univers oriental et mystique développé par David B.. Je suis en extase devant chaque planche, je tourne la page, je contemple, et après seulement, je lis. Le scénario, donc. Bon, autant le dire tout de suite, ce n’est pas le point fort de cette série, et s’il n’était soutenu par un dessin aussi génial (oui, David B. est un génie, sa façon de dessiner est unique, lisez-donc son chef-d'oeuvre L'Ascension du Haut Mal) je ne l’aurais sans doute pas achetée. Cette histoire de voleurs d’ombre et de prophète voilé est intéressante mais pas captivante, je veux dire par là, qu’on suit le déroulement de l’histoire sans bailler mais, on ne tourne pas les pages fébrilement. De plus, les personnages, proches du conte, sont assez loin de nous, il est difficile de s’identifier à leur quête, il faut donc accepter d’entrer dans un univers déroutant (comme toujours avec David B.) mais dépaysant et très esthétique. Si comme moi, vous succombez à la magie du dessin, ces albums sont pour vous, sinon, passez votre chemin.
Cyclopes
« Cyclopes » est donc la nouvelle série conçue par le tandem Jacamon/Matz. Inutile de préciser qu'après le très réussi Tueur, ces deux auteurs étaient attendus au tournant par leurs nombreux fans. Disons le immédiatement, « La Recrue » constitue un excellent premier opus de cette histoire prometteuse. Une fois n'est pas coutume, je commencerai ma chronique par le dessin de cette album. Luc Jacamon nous démontre une nouvelle fois toute sa maîtrise : le découpage efficace des premières planches donne le ton de cet ouvrage de science fiction politique. Globalement, le trait est toujours aussi intéressant, dans un style fort et caractéristique. Une réussite. La colorisation informatique me semble plus sombre que celle du Tueur, vraisemblablement à l'image de ce futur guère engageant dépeint par le scénariste. Concernant l'histoire, je n'ai pu m'empêcher de songer à Reality Show (Morvan/Porcel) en cours de lecture : une société privée chargée de maintenir l'ordre public, une diffusion télévisée des plus lucrative, un héros courageux mais encore un peu lisse... Néanmoins, Matz paraît traiter son sujet avec plus d'ambition car ce sont ici les dérives supposées de l'ONU en matière de sécurité mondiale qui sont montrées du doigt. Malgré quelques facilités scénaristiques, l'ensemble est de belle facture et laisse augurer une suite des plus réjouissante.
Berceuse assassine
Cette BD, c'est un Tarantino en BD, avec l'avantage qu'a la BD : celle de donner à son lecteur l'intimité de la lecture. L’histoire se tient de bout en bout. Les dessins et les couleurs sont excellents et nous posent, dés la première page dans l’ambiance malsaine dans laquelle évolue le héros.
Spirou et Fantasio
Spirou et Fantasio avec tintin et les p’tits mickey, c’est ce par quoi j’ai commencé la bd… Ce sont mes premières émotions de lecteur de bandes dessinés et j’ai beau avoir lu 30 fois « la mauvaise tete », « QRN sur Bretzelburg » ou n’importe lequel, le bonheur reste intact. Je suis un grand fan. Les grandes époques de la série s’articulent autour des auteurs, Franquin a été le plus grand, suivi de très près par Tome et Janry, qui ont su donner un regain de profondeur et de dynamisme après les reprises successives et un peu poussives de Fournier et Nic et Cauvin. Mais la tache n’était pas facile derrière Franquin, d’autant plus qu’ils se voyaient privé d’un protagoniste de premier plan, le Marsupilami. Leurs histoires étaient riches d’imagination et d’audace mais, je ne sais pas, il manquait un petit quelque chose, une âme aux personnages, un souffle, qui faisait que la pilule ne passait pas après Franquin. Franquin, malgré le fait que lui-même reprenait les personnages, a su les recréer à sa façon et leurs donner une dimension et un univers dans lequel évoluer. Tome et Janry ont à mon sens su faire la même chose, en s’appropriant Spirou et Fantasio, en leurs donnant un univers, qui bien que dans la continuité de l’esprit de celui de Franquin, leurs étaient propre. Le point d’orgue de cette adaptation étant « machine qui rêve », un des meilleurs de la série, à la hauteur de « la frousse au trousse » et de « la vallée des bannis » (eux même d’un niveau très proche de celui des meilleurs albums du maître Franquin). Munuera et Morvan reprennent aujourd’hui la suite, avec deux albums déjà parus. Mais il est un peu tôt encore pour se prononcer sur la qualité de la reprise. A suivre donc… Spirou et Fantasio est pour moi un des monuments de la bd, un incontournable, avec certes ses hauts et ses bas, mais à posséder absolument.
Esteban (Le Voyage d'Esteban)
Malgré un scénario très classique et sans surprise, Matthieu Bonhomme a littéralement réussi à me scotcher à son histoire ! J’ai été pris par l’ambiance maritime de ce récit servie par une mise en couleurs qui m’a beaucoup rappelé la série Le coeur en Islande de Makyo. J’ai été aussi entraîné par la narration terriblement efficace de cet auteur, il a un sens du découpage et de l’enchaînement des cases qui me fait penser à celui d’Hergé. Le dessin de Matthieu est de toute beauté, à mi-chemin entre le crayonné et l’encrage, il retranscrit bien le monde des marins. L’histoire est celle de Esteban. C’est un orphelin indien qui s’embarque dans un des derniers cap-horniers en bois. Il rêve de devenir un harponneur mais se heurte à l’hostilité du capitaine à cause de son jeune âge qui l’enrôlera comme mousse. Esteban va ensuite découvrir l’équipage du « Léviathan » avec les histoires mythiques racontées entre eux lors des pauses, les corvées… j’ai retrouvé dans ces séquences l’ambiance magique, féerique des films de ce genre dont le fameux « Moby Dick ». Bref, « Les baleiniers » est un petit bijou que je vous invite à découvrir d’urgence en espérant que les tomes suivants seront du même acabit !
Happy Rock (L'enfer des concerts)
Mais c'est quoi tous ces gens qui n'assistent à aucun concert? :) Alors que je ne suis pas très grand fan de Titeuf, j'ai trouvé cet album tout à fait savoureux. L'humour ne tombe jamais à plat et l'ensemble est plus que crédible: on sent le vrai aficionado en lisant ses planches, qui rappellent fréquemment des aventures assez similaires que l'on a pu vivre, même si je suis quand même loin des 50 concerts par an de Zep. Un album frais, où chaque planche fait mouche.
Chroniques de la lune noire
Dessins magnifiques, scenario intéressant, mélange de médiéval, de fantastique et de gore. Quelques pointes d'humour et de sexe, une BD indispensable à lire au moins jusqu'au tome 6. Le dessin change ensuite pour devenir moins clair mais n'enlève rien à l'intérêt de cette quête. A lire absolument !
Les Mauvaises Gens
Davodeau est un auteur qui m'étonnera toujours. Chacun de ces albums est un réel bonheur et comme de juste, les Mauvaises Gens est une bd à ne pas négliger. Etant fan de cet auteur, j'ai, d'abord, pensé que j'aurais du mal à rester objectif en donnant mon avis. Et puis avec un peu de réflexion, je me suis dit qu'on ne pouvait nier l'évidence : cet album est bon, y a pas à discuter ! Des années 40 à nos jours, l'auteur nous parle, ici, du parcours de ces parents, militants socialistes et ouvriers dans l'âme. Je vous avoue qu'à la base, l'histoire du socialisme vu à travers les yeux d'habitants de la France profonde n'est pas vraiment ma tasse de thé. Pourtant, je dois reconnaître que j'ai été captivé par le récit. De plus, dans une certaine mesure, je pense que l'on peut dire que nous avons beaucoup de chance de vivre à notre époque. Il suffit de voir dans quelles conditions travaillait la maman de l'auteur, ça fait réfléchir. On comprend alors qu'un combat pour une vie meilleure était vraiment nécessaire. Le dessin de Davodeau reste fidèle à lui-même. Son graphisme est idéal pour ce genre de récit. Les Mauvaises Gens est un one-shot de qualité. Il ne faudrait pas s'étonner qu'il soit nominer à Angoulême, ce qui serait totalement mérité. A suivre sans hésitation !
Trait de craie
Trait de Craie est un album qui possède beaucoup de qualités. De plus, l'histoire baigne dans une ambiance très détendue, du moins en apparence. Le scénario de Prado est construit avec beaucoup d'intelligence. Les traits de caractères des personnages principaux sont très bien développés également, ce qui nous plonge au sein du récit avec beaucoup d'efficacité. L'histoire débute en douceur mais on est vite interpellé par son aspect fantastique qui, bien évidement, intensifie notre curiosité. Le dessin de Prado est très réussi. Celui-ci met très bien en valeur l'histoire en elle-même. Les couleurs sont, quant à elles, de toute beauté. Trait de craie est un récit à suivre impérativement !
Kookaburra Universe
"Kookaburra Universe" est une série de one shot gravitant autour des personnages de Crisse de la série Kookaburra. • TOME #1 - "Le secret du sniper" : Pour ce premier tome, en bon père, c’est Crisse qui lance la machine avec une histoire qui traite de l’enfance de Dragan, le héros de la série mère. Et très paradoxalement, c’est l’histoire à laquelle j’ai le moins accroché. Au dessins, Mitric se débrouille bien même si ce n’est pas mon dessinateur préféré sur cette série. Et petit détail, je n’aime pas les nez de ses personnages : trop gros. Les couleurs de Noël, ça va, mais je les trouve tout de même un peu trop pâlottes. • TOME #2 et #3 - "Taman Kha" + "Mano Kha" : Cette histoire d’Ange, se déroule sur deux tomes. Elle nous dévoile la période de l’enfance jusqu’à l’age adulte de Taman Kha, la sublime amazone de Kookaburra, et son amour haine envers son frère Mano Kha qui après avoir été mal traité (comme tous les males des amazones), se venge et s’enfuit. Ce scénar est essentiellement basé sur les sentiments et la psychologie des personnages. Les dessins de Paty sont très jolis et ses amazones sont magnifiques. Les couleurs de Noël collent parfaitement aux dessins. • TOME #4 - "SkullFace" : Cette histoire de Gaudin est ma préférée jusqu’à présent. J’aime beaucoup le renversement de situation du dernier tiers du tome concernant les révélations faite sur SkullFace. Je ne m’y attendais pas du tout. Au dessin Briones s’en sort très bien. J’aime bien. A noter un style très différent à ce qu’il a déjà fait précédemment beaucoup plus "clair et simplifier" qui pourrait déranger certains lecteurs. Je préfère son SullFace à celui de Crisse. A la couleur, c’est Lamirand et c’est très chouette, même si par moment, je trouve que c’est un peu trop vif et brillant. • TOME #5 - "Les larmes de Gosharad" : L’histoire de ce tome relate les faits d’une mission de Dragan Preko, qui à cette époque n’était encore qu’un jeune Sniper des forces armées de l’alliance terrestre. Le scénario de Tackian et Miquel, se déroule très bien jusqu’à la moitié de le l’album, après je suis un peu déçu par la tournure des évènements SPOILERS avec cette histoire de réalité virtuelle FIN SPOILERS qui m’a un peu embrouillés. Le dessin de Ludolullabi est très beau. Le visage de ses personnages est très largement inspiré du style manga. L’environnement, le cadrage et la mise page des planches ont un aspect très comics. Cependant, je trouve que certaines scènes de combats sont difficiles à suivre mais ça vient sûrement de l’apparence fantomatique et insaisissable de l’ennemi auquel doivent faire face les Snipers. Les couleurs de Lamirand sont exceptionnelles, à couper le souffle. J’adore ses tons tantôt verdâtre, tantôt orangé, bleuté… sans vouloir rouvrir le débat « coloriste auteur ou pas », moi, je dis que sur cet album là, il n’y a pas photo, les couleurs ne sont pas qu’un petit faire valoir... • TOME #6 - "Le serment Darkoïd" : C’est Mitric, devenu directeur de collection pour la série, qui scénarise ce tome. L’histoire met à l’honneur les Dakoïds, les plus féroces guerriers de l'univers. Les Amazones semblent avoir trouvées une faille qui pourrait mettre fin l’hégémonie de cette race: un secret gardé depuis l'aube de la civilisation Dakoïd. Cet album est assez intéressant car on en apprend plus sur les terrifiants méchants de la série mère. Ils apparaissent nettement plus humain et sensible. Ils ont une histoire, des coutumes et un secret. Les dessins et les couleurs des frères Olivier et Stéphane Péru sont très jolis, ils rentrent parfaitement dans le moule Kookaburra sans pour autant jouer les photocopieurs. Les femmes Dakoïdes sont belles pour des monstres, les guerriers en imposent vraiment (mais il ne faut pas forcément se fier aux apparences, je n’en dirais pas plus ;)) Les effets spéciaux (si on peut utiliser ce terme en BD) rendent très bien.