14/20
Angel Fire, c’est d’abord une intrigue qui, même si elle ne sort pas des sentiers battus et rebattus, ne se perd jamais dans des digressions inutiles. Une intrigue où la psychologie du personnage principal est maîtresse, mais sans aucunes lourdeurs, sans ralentir le rythme des évènements, sans s’embarrasser de scènes inutiles. Hormis les flash-back concernant l’histoire de la nonne emmurée vivante, très clichée et qui, à mon sens, n’apporte absolument rien à l’intrigue principale, tout, dans cet album, rythme avec efficacité narrative. L’intérêt du lecteur est constamment relancé avec équilibre et intelligence. Pourtant, il faut l’avouer, c’est une histoire de fantôme assez banale, même le finale, pourtant surprenant, est aussi à sa manière, du déjà-vu ou lu.
L’originalité c’est une chose, la maîtrise de l’intrigue et le plaisir de lecture en est une autre. Côté dessin, c’est ni beau ni laid… ça fonctionne bien. Les couleurs sont assez fades et froides… On pourrait tout de même reprocher à l’éditeur d’avoir agrandi ce comics inutilement… un grand format pour une œuvre originellement prévue pour un format comics, ça nous fait des cases énormes pas spécialement belles…
Lorsque le premier tome d’une nouvelle série signée Loisel paraît, je sais pertinemment que je vais bien finir par l’acheter, le souci est toujours de savoir dans combien de temps je vais pouvoir découvrir la suite ?. Alors, je me suis demandé si il ne valait pas mieux attendre quelques années et pouvoir profiter de la série complète. J’ai bien tenu un mois et…j’ai craqué, ce que je ne regrette pas une seconde après la première lecture.
L’histoire au quotidien de cette petite bourgade est touchante, parfois drôle et remarquablement imaginée tant il est difficile d’arriver à titiller la curiosité du lecteur tout le long de ces 80 pages à partir d’un sujet aussi difficile.
Le dessin est lui très beau et la participation de Tripp le rend plus soigné et plus détaillé par rapport à ce que Loisel produit d’habitude (style que j’aime beaucoup par ailleurs). Ceci ne gâche rien et donne une valeur ajoutée appréciable au plaisir que l’on prend en lisant cet album.
Tome 2
Déjà je suis super surpris de la rapidité avec laquelle le 2ème tome est paru ! et je suis loin de m'en plaindre.
Après lecture, je reste un peu réservé car même si j'aime toujours autant l'ambiance un peu particulière de l'histoire, il ne s'y passe encore vraiment pas grand chose et j'en ai été un peu déçu. Espérons pour le tome 3....
Hermann comme dessinateur réaliste, c’est ce qui se fait de mieux ; et en couleur directe, c’est magistral. Même si comme l’a fait remarquer Gros Robert, plus il vieilli, plus ses personnages ont tous la même tête.
Hermann comme scénariste, c’est pas mal non plus, et il semble que ses meilleures réalisations sont celles où il et seul aux commandes d’un album. Il nous montre qu’il n’est pas besoin de héros aux super-pouvoirs, de fille d’Alerte à Malibu, d’effets spéciaux à la Matrix pour raconter une bonne histoire.
Ici, c’est une aventure simple, mais de ce fait plus crédible, d’hommes (paysans/bandits/révolutionnaires), dans les années 30, dans un Brésil écrasé de soleil, pleine de nuances, tout bêtement une histoire « vraie ». Et ça fonctionne bien. Un bel album.
Bah oui c'est culte.
Tout le monde le dit. Pour moi, fan de Cyrano et autre comte de Monte-Christo, ce roman de capes et d'épées en bd est un perpétuel émerveillement.
Même si pour moi, le 4ème tome aurait pu clôturer le cycle, les péripéties sur la Lune n'en sont pas moins excellentes.
La dernière page du tome 7 me laisse rêveur.
Et puis quel plaisir de voir un dialogue si beau, si "Français", dans la rime, dans la musicalité.
"Ne sachant m'avouer vaincu,
Ni plier sous la déférence,
Si je me courbe en révérence,
C'est pour mieux montrer mon..." Cultissime :)
A consommer sans modération.
Je ne suis pas un grand fan de Rabaté mais je dois admettre que cette BD est vraiment pas mal, plaisante et réussie.
Au niveau du dessin, je reconnais la touche du dessinateur, un petit air d'Ibicus en moins pictural. Un dessin noir et blanc semi-réaliste de belle qualité, agréable à lire même si pas toujours très gai.
Quant au scénario, ce sont querelles de clocher et querelles de familles à la campagne. Un récit plaisant à suivre, une narration agréable et juste suffisamment prenante pour bien plonger le lecteur dans ce décor villageois et authentique, des personnages réussis dont bien sûr le héros, ce jeune prêtre, est le plus attachant. Une histoire assez dramatique mais teintée par-ci par-là de touches de bonne humeur, d'un peu d'humour même.
Agréable moment de lecture.
Attention, mon avis sur cette BD prend en compte le fait qu'elle date de la fin des années 70 - début 80. Dans ce contexte, elle touche presque au génie par moments ! Et indubitablement, elle a beaucoup inspiré Alan Moore (et surement beaucoup d'autres dont Garth Ennis, Grant Morrison, Steve Bissette, Neil Gaiman, Michael Zulli et Rick Veitch) car j'ai retrouvé dans cette BD nombre d'éléments et de décors chers à Moore.
Comment décrire cet OVNI dont je n'avais jamais entendu parler avant, ignare que je suis ? Un condensé de science-fiction, fantastique, espionnage et aventure. Une narration innovante. Un dessin qui s'intègre dans le procédé narratif et varie au fil des scènes. Des idées de pure SF très actuelles de nos jours et très innovantes pour l'époque. Une intrigue complexe et très fouillée. Un décor particulièrement original. Un mélange de vieux pulps d'action-SF et de nouvelles de SF débridées des années 70. Et surtout énormément de qualités, d'innovations, d'imagination.
Le dessin n'est pas vraiment le point fort de cette BD à mes yeux même s'il a lui aussi pas mal d'originalité dans son utilisation. Il faut d'abord savoir que cette BD est en noir et blanc. Un dessin parfois vieillot d'aspect mais travaillé même si pas toujours excellent.
Certaines cases sont superbes, construites et dessinées de manière très moderne. D'autres cases sont à l'inverse très teintées années 70, un style que je n'apprécie guère. Et certains dessins, suffisamment rares heureusement, pêchent par manque de maîtrise et sont hélas assez moches.
Mais ce dessin changeant suivant les circonstances est utilisé de manière assez innovante pour l'époque, avec des angles de vues, des effets et des constructions narratives parfois excellents.
Il a en outre une touche assez désuette qui donne un esthétisme antique très appréciable à cette BD, comme un vieil album de gravures.
Quant au scénario, c'est l'exhubérance, la joie d'un amateur de SF. Un multivers, des terres parrallèles variées et étonnantes (on retrouve d'ailleurs en début de récit un univers à mes yeux proche de celui de La Ligue des Gentlemen Extraordinaires avec une Angleterre Victorienne régnant glorieusement), des situations géopolitiques complexes et intelligentes, de l'action souvent très élégante, des clins d'oeil aux pulps SF (notamment avec Octobriana, pulpeuse Barbarella anti-communiste), des pouvoirs psychiques, des manipulations temporelles et entre mondes parrallèles... C'est assez énorme ! Et le mieux est que le tout est raconté avec talent, sans plonger dans la SF bon marché qui cherche à en mettre plein la vue avec juste du creux derrière. Ici, on sent le monde vraiment travaillé et l'intrigue qui vaut le coup. En début de lecture, je me suis dit que cet auteur avait dû digérer bien des lectures de livres SF et aussi pas mal de l'oeuvre d'Alan Moore, sauf que c'est l'inverse : Bryan Talbot a écrit tout ça avant même que Moore n'entame les Watchmen. Très fort au niveau de l'imagination et de la construction du récit !
Maintenant vient le défaut principal de cette BD à mes yeux, défaut qui rebutera sûrement pas mal de lecteurs : la narration est parfois très ardue à suivre. Plusieurs fils narratifs se suivent sur les mêmes planches par moment, les sauts de lieux, de personnages, sauts chronologiques, d'univers et autres flashbacks se succèdent parfois si vite que le lecteur est très vite dérouté, d'autant plus que le pire a lieu durant le premier chapitre de l'histoire, quand on n'y comprend encore quasiment rien. Dur dur de rentrer dedans. Et encore ensuite, régulièrement au bout d'une période de récit bien linéaire et facile à comprendre, l'auteur nous ressert de nouveau sa narration multiple qui a vraiment de quoi faire décrocher avant de revenir heureusement à quelque chose de plus aisé à suivre.
En outre, les dialogues, même si très bien écrits et souvent beaux, sont fréquemment complexes, ardus à comprendre. Plongeant dans des univers parrallèles très différents mais très fouillés, on se perd facilement dans les noms historiques et divers dont ne voit pas toujours bien le rapport avec l'intrigue.
Cette oeuvre de grande qualité comporte un grand nombre d'éclats de génie mais hélas rebutera par son aspect parfois un peu désuet et par sa narration souvent complexe voire décourageante. Mais cette oeuvre me semble indispensable à lire pour tous les grands amateurs de Alan Moore, Neil Gaiman et autres grands auteurs à l'imagination débordante car elle a été pour eux une vraie source d'inspiration.
Voilà une série qui mérite vraiment d'être connue. Après un premier opus qui présentait les deux familles en présence, le deuxième volume est tout à fait passionnant. Cet album se recentre sur une trame financière et juridique contemporaine, que renierait pas un certain Van Hamme. Malka utilise à bon escient son métier d'avocat dans le scénario (même les notes de bas de pages renvoient scrupuleusement à la procédure pénale). En outre, ce polar judiciaire n'est pas avare en rebondissements. Une formidable saga servie par un dessin très agréable de Gillon, qui, à 80 ans, nous offre une formidable leçon de graphisme (j'ajoute que Glénat a soigné, à mon goût, les couvertures de cette série). Cela se lit bien, avec enthousiasme. Dans la lignée des Largo Winch, mais dans le cadre des institutions françaises, cet album plaira donc aux amateurs du genre.
Certes, je ne suis pas un grand admirateur du dessin de Pierre Wachs (qui illustra Poème Rouge ou encore Sous la peau, le serpent, toujours chez Glénat) mais là, l'intrigue bien ficelée l'emporte vraiment sur le dessin. Malgré les sempiternels défauts (notamment au niveau des visages de femmes), j'ai été littéralement subjugué par cette histoire de copains et de blanchiment d'argent, sur un fond de mafia venu des pays de l'Est. Pris dans un engrenage infernal, Jacques Colpin, le héros, nous touche par sa naïveté et sa franchise. Ce premier tome de cette nouvelle série est prenant et bien maîtrisé. Je le conseille.
Au début, j'ai bien aimé l'album "Slaloms", puis j'ai été un peu dérouté par certains albums, notamment "Blacktown" et "Walter", certainement à cause du changement inopiné de lieu et d'époque. Mais bon, quand on entre dans le concept, voilà une série très sympathique, qui ne prend pas la tête, mais un peu quand même. Chaque album fournit son lot d'humour, de réflexion et de détente (avec une mention spéciale au tome 8, "la vie comme elle vient", le plus réussi, d'après moi). Une réussite, d'autant que le dessin, simple à déchiffrer, ne vient pas surcharger la lecture.
En résumé, une petite série décalée, à posséder dans sa bibliothèque pour le bonheur des petits et des grands.
D'abord, chaque album d'Hermann souffre des mêmes problèmes, et je ne me lasserai pas de le répéter : depuis le passage à la couleur directe, les visages sont bizarrement informes et semblables.
Cela dit, je ne rejoins pas la majorité des critiques précédentes; il faut juger un album pour ce qu'il vise, et ici c'est la retranscription de la vie de ces Cangaceiros, luttant contre les propriétaires terriens, sorte de western décalé avec en fond la violence et l'âpreté propre au contexte. Point n'est besoin d'avoir un héros pour s'attacher au récit, il me semble que Hermann sait où il va, il demande juste un petit effort au lecteur pour qu'il mette son mode de lecture documentaire sur "ON".
A cela s'ajoute des aquarelles éclatantes, avec des ambiances ensoleillées d'anthologie, qui en font pour moi un des albums majeur du "Sanglier".
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Angel fire
14/20 Angel Fire, c’est d’abord une intrigue qui, même si elle ne sort pas des sentiers battus et rebattus, ne se perd jamais dans des digressions inutiles. Une intrigue où la psychologie du personnage principal est maîtresse, mais sans aucunes lourdeurs, sans ralentir le rythme des évènements, sans s’embarrasser de scènes inutiles. Hormis les flash-back concernant l’histoire de la nonne emmurée vivante, très clichée et qui, à mon sens, n’apporte absolument rien à l’intrigue principale, tout, dans cet album, rythme avec efficacité narrative. L’intérêt du lecteur est constamment relancé avec équilibre et intelligence. Pourtant, il faut l’avouer, c’est une histoire de fantôme assez banale, même le finale, pourtant surprenant, est aussi à sa manière, du déjà-vu ou lu. L’originalité c’est une chose, la maîtrise de l’intrigue et le plaisir de lecture en est une autre. Côté dessin, c’est ni beau ni laid… ça fonctionne bien. Les couleurs sont assez fades et froides… On pourrait tout de même reprocher à l’éditeur d’avoir agrandi ce comics inutilement… un grand format pour une œuvre originellement prévue pour un format comics, ça nous fait des cases énormes pas spécialement belles…
Magasin général
Lorsque le premier tome d’une nouvelle série signée Loisel paraît, je sais pertinemment que je vais bien finir par l’acheter, le souci est toujours de savoir dans combien de temps je vais pouvoir découvrir la suite ?. Alors, je me suis demandé si il ne valait pas mieux attendre quelques années et pouvoir profiter de la série complète. J’ai bien tenu un mois et…j’ai craqué, ce que je ne regrette pas une seconde après la première lecture. L’histoire au quotidien de cette petite bourgade est touchante, parfois drôle et remarquablement imaginée tant il est difficile d’arriver à titiller la curiosité du lecteur tout le long de ces 80 pages à partir d’un sujet aussi difficile. Le dessin est lui très beau et la participation de Tripp le rend plus soigné et plus détaillé par rapport à ce que Loisel produit d’habitude (style que j’aime beaucoup par ailleurs). Ceci ne gâche rien et donne une valeur ajoutée appréciable au plaisir que l’on prend en lisant cet album. Tome 2 Déjà je suis super surpris de la rapidité avec laquelle le 2ème tome est paru ! et je suis loin de m'en plaindre. Après lecture, je reste un peu réservé car même si j'aime toujours autant l'ambiance un peu particulière de l'histoire, il ne s'y passe encore vraiment pas grand chose et j'en ai été un peu déçu. Espérons pour le tome 3....
Caatinga
Hermann comme dessinateur réaliste, c’est ce qui se fait de mieux ; et en couleur directe, c’est magistral. Même si comme l’a fait remarquer Gros Robert, plus il vieilli, plus ses personnages ont tous la même tête. Hermann comme scénariste, c’est pas mal non plus, et il semble que ses meilleures réalisations sont celles où il et seul aux commandes d’un album. Il nous montre qu’il n’est pas besoin de héros aux super-pouvoirs, de fille d’Alerte à Malibu, d’effets spéciaux à la Matrix pour raconter une bonne histoire. Ici, c’est une aventure simple, mais de ce fait plus crédible, d’hommes (paysans/bandits/révolutionnaires), dans les années 30, dans un Brésil écrasé de soleil, pleine de nuances, tout bêtement une histoire « vraie ». Et ça fonctionne bien. Un bel album.
De Cape et de Crocs
Bah oui c'est culte. Tout le monde le dit. Pour moi, fan de Cyrano et autre comte de Monte-Christo, ce roman de capes et d'épées en bd est un perpétuel émerveillement. Même si pour moi, le 4ème tome aurait pu clôturer le cycle, les péripéties sur la Lune n'en sont pas moins excellentes. La dernière page du tome 7 me laisse rêveur. Et puis quel plaisir de voir un dialogue si beau, si "Français", dans la rime, dans la musicalité. "Ne sachant m'avouer vaincu, Ni plier sous la déférence, Si je me courbe en révérence, C'est pour mieux montrer mon..." Cultissime :) A consommer sans modération.
Un Ver dans le Fruit
Je ne suis pas un grand fan de Rabaté mais je dois admettre que cette BD est vraiment pas mal, plaisante et réussie. Au niveau du dessin, je reconnais la touche du dessinateur, un petit air d'Ibicus en moins pictural. Un dessin noir et blanc semi-réaliste de belle qualité, agréable à lire même si pas toujours très gai. Quant au scénario, ce sont querelles de clocher et querelles de familles à la campagne. Un récit plaisant à suivre, une narration agréable et juste suffisamment prenante pour bien plonger le lecteur dans ce décor villageois et authentique, des personnages réussis dont bien sûr le héros, ce jeune prêtre, est le plus attachant. Une histoire assez dramatique mais teintée par-ci par-là de touches de bonne humeur, d'un peu d'humour même. Agréable moment de lecture.
Les Aventures de Luther Arkwright
Attention, mon avis sur cette BD prend en compte le fait qu'elle date de la fin des années 70 - début 80. Dans ce contexte, elle touche presque au génie par moments ! Et indubitablement, elle a beaucoup inspiré Alan Moore (et surement beaucoup d'autres dont Garth Ennis, Grant Morrison, Steve Bissette, Neil Gaiman, Michael Zulli et Rick Veitch) car j'ai retrouvé dans cette BD nombre d'éléments et de décors chers à Moore. Comment décrire cet OVNI dont je n'avais jamais entendu parler avant, ignare que je suis ? Un condensé de science-fiction, fantastique, espionnage et aventure. Une narration innovante. Un dessin qui s'intègre dans le procédé narratif et varie au fil des scènes. Des idées de pure SF très actuelles de nos jours et très innovantes pour l'époque. Une intrigue complexe et très fouillée. Un décor particulièrement original. Un mélange de vieux pulps d'action-SF et de nouvelles de SF débridées des années 70. Et surtout énormément de qualités, d'innovations, d'imagination. Le dessin n'est pas vraiment le point fort de cette BD à mes yeux même s'il a lui aussi pas mal d'originalité dans son utilisation. Il faut d'abord savoir que cette BD est en noir et blanc. Un dessin parfois vieillot d'aspect mais travaillé même si pas toujours excellent. Certaines cases sont superbes, construites et dessinées de manière très moderne. D'autres cases sont à l'inverse très teintées années 70, un style que je n'apprécie guère. Et certains dessins, suffisamment rares heureusement, pêchent par manque de maîtrise et sont hélas assez moches. Mais ce dessin changeant suivant les circonstances est utilisé de manière assez innovante pour l'époque, avec des angles de vues, des effets et des constructions narratives parfois excellents. Il a en outre une touche assez désuette qui donne un esthétisme antique très appréciable à cette BD, comme un vieil album de gravures. Quant au scénario, c'est l'exhubérance, la joie d'un amateur de SF. Un multivers, des terres parrallèles variées et étonnantes (on retrouve d'ailleurs en début de récit un univers à mes yeux proche de celui de La Ligue des Gentlemen Extraordinaires avec une Angleterre Victorienne régnant glorieusement), des situations géopolitiques complexes et intelligentes, de l'action souvent très élégante, des clins d'oeil aux pulps SF (notamment avec Octobriana, pulpeuse Barbarella anti-communiste), des pouvoirs psychiques, des manipulations temporelles et entre mondes parrallèles... C'est assez énorme ! Et le mieux est que le tout est raconté avec talent, sans plonger dans la SF bon marché qui cherche à en mettre plein la vue avec juste du creux derrière. Ici, on sent le monde vraiment travaillé et l'intrigue qui vaut le coup. En début de lecture, je me suis dit que cet auteur avait dû digérer bien des lectures de livres SF et aussi pas mal de l'oeuvre d'Alan Moore, sauf que c'est l'inverse : Bryan Talbot a écrit tout ça avant même que Moore n'entame les Watchmen. Très fort au niveau de l'imagination et de la construction du récit ! Maintenant vient le défaut principal de cette BD à mes yeux, défaut qui rebutera sûrement pas mal de lecteurs : la narration est parfois très ardue à suivre. Plusieurs fils narratifs se suivent sur les mêmes planches par moment, les sauts de lieux, de personnages, sauts chronologiques, d'univers et autres flashbacks se succèdent parfois si vite que le lecteur est très vite dérouté, d'autant plus que le pire a lieu durant le premier chapitre de l'histoire, quand on n'y comprend encore quasiment rien. Dur dur de rentrer dedans. Et encore ensuite, régulièrement au bout d'une période de récit bien linéaire et facile à comprendre, l'auteur nous ressert de nouveau sa narration multiple qui a vraiment de quoi faire décrocher avant de revenir heureusement à quelque chose de plus aisé à suivre. En outre, les dialogues, même si très bien écrits et souvent beaux, sont fréquemment complexes, ardus à comprendre. Plongeant dans des univers parrallèles très différents mais très fouillés, on se perd facilement dans les noms historiques et divers dont ne voit pas toujours bien le rapport avec l'intrigue. Cette oeuvre de grande qualité comporte un grand nombre d'éclats de génie mais hélas rebutera par son aspect parfois un peu désuet et par sa narration souvent complexe voire décourageante. Mais cette oeuvre me semble indispensable à lire pour tous les grands amateurs de Alan Moore, Neil Gaiman et autres grands auteurs à l'imagination débordante car elle a été pour eux une vraie source d'inspiration.
L'Ordre de Cicéron
Voilà une série qui mérite vraiment d'être connue. Après un premier opus qui présentait les deux familles en présence, le deuxième volume est tout à fait passionnant. Cet album se recentre sur une trame financière et juridique contemporaine, que renierait pas un certain Van Hamme. Malka utilise à bon escient son métier d'avocat dans le scénario (même les notes de bas de pages renvoient scrupuleusement à la procédure pénale). En outre, ce polar judiciaire n'est pas avare en rebondissements. Une formidable saga servie par un dessin très agréable de Gillon, qui, à 80 ans, nous offre une formidable leçon de graphisme (j'ajoute que Glénat a soigné, à mon goût, les couvertures de cette série). Cela se lit bien, avec enthousiasme. Dans la lignée des Largo Winch, mais dans le cadre des institutions françaises, cet album plaira donc aux amateurs du genre.
Secrets bancaires
Certes, je ne suis pas un grand admirateur du dessin de Pierre Wachs (qui illustra Poème Rouge ou encore Sous la peau, le serpent, toujours chez Glénat) mais là, l'intrigue bien ficelée l'emporte vraiment sur le dessin. Malgré les sempiternels défauts (notamment au niveau des visages de femmes), j'ai été littéralement subjugué par cette histoire de copains et de blanchiment d'argent, sur un fond de mafia venu des pays de l'Est. Pris dans un engrenage infernal, Jacques Colpin, le héros, nous touche par sa naïveté et sa franchise. Ce premier tome de cette nouvelle série est prenant et bien maîtrisé. Je le conseille.
Les Formidables Aventures de Lapinot
Au début, j'ai bien aimé l'album "Slaloms", puis j'ai été un peu dérouté par certains albums, notamment "Blacktown" et "Walter", certainement à cause du changement inopiné de lieu et d'époque. Mais bon, quand on entre dans le concept, voilà une série très sympathique, qui ne prend pas la tête, mais un peu quand même. Chaque album fournit son lot d'humour, de réflexion et de détente (avec une mention spéciale au tome 8, "la vie comme elle vient", le plus réussi, d'après moi). Une réussite, d'autant que le dessin, simple à déchiffrer, ne vient pas surcharger la lecture. En résumé, une petite série décalée, à posséder dans sa bibliothèque pour le bonheur des petits et des grands.
Caatinga
D'abord, chaque album d'Hermann souffre des mêmes problèmes, et je ne me lasserai pas de le répéter : depuis le passage à la couleur directe, les visages sont bizarrement informes et semblables. Cela dit, je ne rejoins pas la majorité des critiques précédentes; il faut juger un album pour ce qu'il vise, et ici c'est la retranscription de la vie de ces Cangaceiros, luttant contre les propriétaires terriens, sorte de western décalé avec en fond la violence et l'âpreté propre au contexte. Point n'est besoin d'avoir un héros pour s'attacher au récit, il me semble que Hermann sait où il va, il demande juste un petit effort au lecteur pour qu'il mette son mode de lecture documentaire sur "ON". A cela s'ajoute des aquarelles éclatantes, avec des ambiances ensoleillées d'anthologie, qui en font pour moi un des albums majeur du "Sanglier".