Note approximative : 3.5/5
A voir la couverture, je m'attendais à un recueil de petites histoires de SF de série B, le genre qui sortait en grand nombre dans le magazine Métal Hurlant mais aussi ailleurs dans les années 70-80. Mais j'ai été surpris de constater la qualité de ces histoires et surtout leur originalité. En amateur de SF depuis près de 20 ans, j'ai lu pas mal de romans, nouvelles et autres histoires en bande-dessinées, de même que beaucoup de films ou séries. D'ordinaire, je retrouve toujours dans les histoires courtes de SF en BD une thématique très proche d'une ou plusieurs autres histoires déjà existantes, ce qui fait que je les trouve toujours trop prévisibles. Mais là, je dois admettre trouver ces histoires vraiment originales. Sans être exceptionnelles, elles m'ont captivé et plu.
Elles sont bien racontées, bien écrites. En outre, elles forment un ensemble cohérent gravitant autour d'un conflit de civilisation entre les andrinos qui ont abandonné toute humanité et les humains bio qui conservent leur esprit rebelle et imprévisible.
Le dessin, dans un style à la Moebius en noir et blanc, est tout à fait correct. Seule la couverture est moche, surtout au niveau de la colorisation.
Bref, c'est un bon recueil d'histoires SF, une bien bonne surprise pour les amateurs du genre tels que moi.
NB : J'apprends maintenant seulement qu'Alias est l'un des pseudos de Claude Lacroix. Je reconnais maintenant ce dessin qui m'avait déjà plu dans Yann le Migrateur du même auteur. Et je réalise également que c'est le co-créateur génial du Cycle de Cyann qui a eu également les idées originales de ces nouvelles de SF.
Encore une oeuvre de Adachi. L'une de ses plus longues (34 volumes).
Encore les mêmes personnages dessinés.
Encore une histoire romantique entre adolescents centrée sur le sport. Et ce sport, c'est encore le Base Ball.
Et malgré tout, c'est encore avec un immense plaisir qu'on lit son histoire, pleine de non dits, de sensibilité, de romantisme, d'humour rafraîchissant, et de passages sombres aussi parfois. C'est le début d'une histoire simple, mais qui nous touche encore et toujours là où on est le plus sensible. On a tous un coeur, et l'auteur sait nous le rappeler de manière très subtile.
Ce dessinateur/scénariste est un Dieu. Quand on le lit, on oublie tout, et il est dur de quitter ce petit sourire béat que l'on a sur le visage et revenir à notre petit train-train quotidien.
S'il y a un auteur de BD qui m'a marqué ces deux dernières années, c'est bien Mitsuru Adachi. Et chacune de ses oeuvres est un enchantement.
Le vampire, tueur de vierges, d’enfants, de pureté et d’innocence, cristallise toutes les peurs et tous les fantasmes de la société. Sous la plume de Maruo, les enfants souillés se transforment à leur tour en bourreaux et vampirisent leur entourage. Mais lorsque deux adolescents acquièrent l’immortalité des vrais vampires et un continuel besoin de sang frais, ils tournent leur violence contre celle des faux vampires sociaux et les éliminent les uns après les autres.
Comme dans les précédents albums de Maruo, toute l’histoire tourne autour de la transgression des conventions sociales et traite de l’innocence et de sa corruption, l’innocence étant rarement là où on l’attend (chez les enfants). Un mélange d’horreur, de violence, de perversité et de transgression où rien n’est gratuit (à part la violence de certains) et où tout sent le soufre, servi par des dessins de cauchemars difficilement oubliables.
Pour public averti, comme ils disent sur la couverture.
Poètes ratés, adolescents pseudo-intellos déchirés par les divorces, angoissés par la médiocrité de leurs parents et dérangés par leurs premiers émois ou expériences sexuelles, voisins tellement normaux et bizarres à la fois, Daniel Clowes dresse un portrait mordant et sans concession d'une petite ville de province Américaine.
On retrouve le même regard décalé et auto-critique (critiquant l'artiste qui se prend au sérieux) que dans Caricature, mais avec un style et une intrigue très différents.
Un petit album à l'Italienne qui ne paye pas de mine mais qui confirme l'immense talent de l'auteur.
La liberté de pensée et d'expression d'"Alim le tanneur "et de sa fille les oblige à fuir une société de fondamentalistes religieux entièrement dévoués au culte de Jesameth (acronyme de Jésus et de Mohammeth?). Mais ils ont entre leurs mains des reliques qui semblent avoir appartenu à Jesameth et qui pourraient remettre en questions les dogmes religieux existant, chose que les prêtres ne sont pas prêts de tolérer.
Une série où on peut lire en filigrane une réflexion sur les religions du Livre, mais qui est pourtant racontée de manière légère, fraîche, drôle, sympathique.
Dessins craquants (faisant penser à Plessix), scénario intéressant, personnages attachants, narration bien maîtrisée, cette série a toutes les qualités pour devenir culte.
"Le Marquis d'Anaon" est une des rares séries à s'améliorer au fil des différents volumes. Les auteurs semblent gagner en assurance et maturité, en même temps que leur héros.
Pour l'exemple, le quatrième tome est raconté de manière très économe et très efficace. Tout est bien calibré, à sa place, menant crescendo à un affrontement avec une bête sanguinaire en même temps qu'avec de vieux démons.
Mention spéciale pour les couleurs qui donnent aux Alpes une présence fantastique.
Ca faisait longtemps que je n'avais pas lu un tome 1 de cette envergure.
Tout y est pour en faire un hit en puissance :
- le dessin est vraiment très bon, avec nombre de détails
- des couleurs "ton sépia" qui rehaussent le dessin
- un scénario agréable, dense mais pas trop, bref juste ce qu'il faut.
Bref, un pur moment de plaisir !
Vasco fait son apparition dans le "Nouveau Tintin" n° 257 du 8 Août 1980.
Vasco ?... Il est né à Sienne, en Italie, et va évoluer dans l'Europe du 14ème siècle. Tolomei, son oncle, un puissant banquier lombard, le prend sous sa protection, l'éduque, et va lui confier diverses missions diplomatiques.
Vasco va s'appliquer à les réussir, même si chacune d'elle ne sera jamais de tout repos. Ses missions vont l'emmener tout autant dans les régions asiatiques qu'au fin fond de l'empire germanique. Sur sa route, il rencontrera Sophie, la belle byzantine, dont il va tomber grandement amoureux.
Vasco ?... C'est une admirable fresque d'une époque où, déjà, les grands argentiers, dans l'ombre, tirent les ficelles du pouvoir.
Chaillet va nous restituer toute l'authenticité de ce temps. Pointilleux, il nous livre des décors et des histoires vraiment dignes d'éloges.
Les premiers albums, il est vrai, sont un peu hésitants. Ses personnages manquent encore d'une certaine fluidité. On lui trouve -ce qui est vrai- un graphisme académique proche de celui de Jacques Martin (Alix).
Mais il va vite s'en démarquer et nous offrir une des très belles séries actuelles de la bd franco-belge.
Vasco ?... On n'aime ou on n'aime pas. C'est vrai que chaque histoire ne se lit pas en quinze minutes, comme c'est de plus en plus le cas actuellement. Il faut prendre son temps, essayer de se replonger dans l'atmosphère du récit, de l'époque, admirer le détail de certaines cases et AUSSI faire un léger effort intellectuel pour comprendre les embrouilles politiques, monétaires et religieuses dans lesquelles est régulièrement mêlé Vasco.
Une excellente série dont j'attends impatiemment chaque nouvelle sortie d'album.
L'auteur :
Gilles CHAILLET, dessinateur-scénariste de nationalité française, est né à Paris le 3 Juin 1946.
Un excellent auteur de réalisme historique.
C'est avec grand plaisir que je retrouve Renaud Dillies, que j'avais rencontré il y a deux ans lors d'une séance de dédicaces pour Sumato.
"L'amour (est) trompé, fugitif ou coupable" (Chateaubriand) semble être le point de départ de l'aventure de Scipion, qui va trouver refuge dans la musique pour noyer son chagrin.
Comme dans sa première bande dessinée, Betty Blues, le jazz est salutaire aux héros de Renaud Dillies.
Car c'est un hommage indirect à Django Reinhardt que nous propose Dillies ; mais d'autres allusions se glissent subrepticement dans cette bande dessinée, notamment à Lewis Carroll ("Alice aux pays des merveilles"), avec, comble d'ironie, un lapin chef de service des bureaux du retard, et une page entière se déroulant sur les cheminées faisant étrangement songer à "Mary Poppins" de Pamela London Travers. (ces deux livres ayant comme point commun d'avoir été adaptés par les studios Disney).
Bref, le rêve est le dénominateur commun à tout ceci.
J'ai commencé par Chateaubriand mais c'est plutôt Baudelaire qu'il fallait citer ; en effet cette bande dessinée est une véritable "invitation au voyage", voyage intérieur d'un Scipion désemparé, d'un Scipion écrasé par le poids de sa propre Administration, ne rêvant que d'une seule chose, retrouver son ami musicien tsigane.
Certes, Renaud Dillies garde un style bien particulier que l'on retrouve aussi bien dans Betty Blues que dans Sumato, livres publiés dans la très élégante collection "Blandice" des éditions Paquet.
Mais comme d'autres, j'ai trouvé la fin un peu bancale.
Reste la beauté des dessins et un scénario fort original.
A découvrir, à lire et à relire.
Un album de très belle facture qui nous conte un pan -un peu- oublié de l'Histoire : "La Guerre de Trente Ans"...
D'un trait juste, Lebersorg nous décrit une grande partie de la vie de Wallenstein, commandant des troupes impériales, qui fera trembler nombre de "grands" de ce monde.
Mais il va gêner. Faussement accusé de trahison et de parjure, destitué de tout commandement, il sera assassiné au cours de la nuit du 18 Février 1634.
Entrez donc dans cette très belle chronique de la vie d'un des personnages les plus énigmatiques de l'Histoire...
Lebersorg, qui a réalisé très jeune des "Histoires de l'Oncle Paul" dans Spirou est un dessinateur malheureusement pas trop connu.
Pourtant il fait montre d'une grande maîtrise graphique. Son trait est fin, beau, enveloppant personnages et architectures.
Couturier nous offre un scénario imaginatif, bien ciselé, où l'on sent son goût pour la recherche historique, son pointillisme pour la narration.
Très bon découpage des planches, recherche des plans lors des reconstitutions de combats, de batailles, de sièges... et il y en a !
Une très belle combinaison de deux auteurs qui nous offrent ici un album fort plaisant, très agréable à lire, où le didactisme est tenu à l'essentiel : retenir le lecteur. Et ils y réussissent.
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Fariboles sidérales
Note approximative : 3.5/5 A voir la couverture, je m'attendais à un recueil de petites histoires de SF de série B, le genre qui sortait en grand nombre dans le magazine Métal Hurlant mais aussi ailleurs dans les années 70-80. Mais j'ai été surpris de constater la qualité de ces histoires et surtout leur originalité. En amateur de SF depuis près de 20 ans, j'ai lu pas mal de romans, nouvelles et autres histoires en bande-dessinées, de même que beaucoup de films ou séries. D'ordinaire, je retrouve toujours dans les histoires courtes de SF en BD une thématique très proche d'une ou plusieurs autres histoires déjà existantes, ce qui fait que je les trouve toujours trop prévisibles. Mais là, je dois admettre trouver ces histoires vraiment originales. Sans être exceptionnelles, elles m'ont captivé et plu. Elles sont bien racontées, bien écrites. En outre, elles forment un ensemble cohérent gravitant autour d'un conflit de civilisation entre les andrinos qui ont abandonné toute humanité et les humains bio qui conservent leur esprit rebelle et imprévisible. Le dessin, dans un style à la Moebius en noir et blanc, est tout à fait correct. Seule la couverture est moche, surtout au niveau de la colorisation. Bref, c'est un bon recueil d'histoires SF, une bien bonne surprise pour les amateurs du genre tels que moi. NB : J'apprends maintenant seulement qu'Alias est l'un des pseudos de Claude Lacroix. Je reconnais maintenant ce dessin qui m'avait déjà plu dans Yann le Migrateur du même auteur. Et je réalise également que c'est le co-créateur génial du Cycle de Cyann qui a eu également les idées originales de ces nouvelles de SF.
H2
Encore une oeuvre de Adachi. L'une de ses plus longues (34 volumes). Encore les mêmes personnages dessinés. Encore une histoire romantique entre adolescents centrée sur le sport. Et ce sport, c'est encore le Base Ball. Et malgré tout, c'est encore avec un immense plaisir qu'on lit son histoire, pleine de non dits, de sensibilité, de romantisme, d'humour rafraîchissant, et de passages sombres aussi parfois. C'est le début d'une histoire simple, mais qui nous touche encore et toujours là où on est le plus sensible. On a tous un coeur, et l'auteur sait nous le rappeler de manière très subtile. Ce dessinateur/scénariste est un Dieu. Quand on le lit, on oublie tout, et il est dur de quitter ce petit sourire béat que l'on a sur le visage et revenir à notre petit train-train quotidien. S'il y a un auteur de BD qui m'a marqué ces deux dernières années, c'est bien Mitsuru Adachi. Et chacune de ses oeuvres est un enchantement.
Vampyre
Le vampire, tueur de vierges, d’enfants, de pureté et d’innocence, cristallise toutes les peurs et tous les fantasmes de la société. Sous la plume de Maruo, les enfants souillés se transforment à leur tour en bourreaux et vampirisent leur entourage. Mais lorsque deux adolescents acquièrent l’immortalité des vrais vampires et un continuel besoin de sang frais, ils tournent leur violence contre celle des faux vampires sociaux et les éliminent les uns après les autres. Comme dans les précédents albums de Maruo, toute l’histoire tourne autour de la transgression des conventions sociales et traite de l’innocence et de sa corruption, l’innocence étant rarement là où on l’attend (chez les enfants). Un mélange d’horreur, de violence, de perversité et de transgression où rien n’est gratuit (à part la violence de certains) et où tout sent le soufre, servi par des dessins de cauchemars difficilement oubliables. Pour public averti, comme ils disent sur la couverture.
Ice Haven
Poètes ratés, adolescents pseudo-intellos déchirés par les divorces, angoissés par la médiocrité de leurs parents et dérangés par leurs premiers émois ou expériences sexuelles, voisins tellement normaux et bizarres à la fois, Daniel Clowes dresse un portrait mordant et sans concession d'une petite ville de province Américaine. On retrouve le même regard décalé et auto-critique (critiquant l'artiste qui se prend au sérieux) que dans Caricature, mais avec un style et une intrigue très différents. Un petit album à l'Italienne qui ne paye pas de mine mais qui confirme l'immense talent de l'auteur.
Alim le tanneur
La liberté de pensée et d'expression d'"Alim le tanneur "et de sa fille les oblige à fuir une société de fondamentalistes religieux entièrement dévoués au culte de Jesameth (acronyme de Jésus et de Mohammeth?). Mais ils ont entre leurs mains des reliques qui semblent avoir appartenu à Jesameth et qui pourraient remettre en questions les dogmes religieux existant, chose que les prêtres ne sont pas prêts de tolérer. Une série où on peut lire en filigrane une réflexion sur les religions du Livre, mais qui est pourtant racontée de manière légère, fraîche, drôle, sympathique. Dessins craquants (faisant penser à Plessix), scénario intéressant, personnages attachants, narration bien maîtrisée, cette série a toutes les qualités pour devenir culte.
Le Marquis d'Anaon
"Le Marquis d'Anaon" est une des rares séries à s'améliorer au fil des différents volumes. Les auteurs semblent gagner en assurance et maturité, en même temps que leur héros. Pour l'exemple, le quatrième tome est raconté de manière très économe et très efficace. Tout est bien calibré, à sa place, menant crescendo à un affrontement avec une bête sanguinaire en même temps qu'avec de vieux démons. Mention spéciale pour les couleurs qui donnent aux Alpes une présence fantastique.
Servitude
Ca faisait longtemps que je n'avais pas lu un tome 1 de cette envergure. Tout y est pour en faire un hit en puissance : - le dessin est vraiment très bon, avec nombre de détails - des couleurs "ton sépia" qui rehaussent le dessin - un scénario agréable, dense mais pas trop, bref juste ce qu'il faut. Bref, un pur moment de plaisir !
Vasco
Vasco fait son apparition dans le "Nouveau Tintin" n° 257 du 8 Août 1980. Vasco ?... Il est né à Sienne, en Italie, et va évoluer dans l'Europe du 14ème siècle. Tolomei, son oncle, un puissant banquier lombard, le prend sous sa protection, l'éduque, et va lui confier diverses missions diplomatiques. Vasco va s'appliquer à les réussir, même si chacune d'elle ne sera jamais de tout repos. Ses missions vont l'emmener tout autant dans les régions asiatiques qu'au fin fond de l'empire germanique. Sur sa route, il rencontrera Sophie, la belle byzantine, dont il va tomber grandement amoureux. Vasco ?... C'est une admirable fresque d'une époque où, déjà, les grands argentiers, dans l'ombre, tirent les ficelles du pouvoir. Chaillet va nous restituer toute l'authenticité de ce temps. Pointilleux, il nous livre des décors et des histoires vraiment dignes d'éloges. Les premiers albums, il est vrai, sont un peu hésitants. Ses personnages manquent encore d'une certaine fluidité. On lui trouve -ce qui est vrai- un graphisme académique proche de celui de Jacques Martin (Alix). Mais il va vite s'en démarquer et nous offrir une des très belles séries actuelles de la bd franco-belge. Vasco ?... On n'aime ou on n'aime pas. C'est vrai que chaque histoire ne se lit pas en quinze minutes, comme c'est de plus en plus le cas actuellement. Il faut prendre son temps, essayer de se replonger dans l'atmosphère du récit, de l'époque, admirer le détail de certaines cases et AUSSI faire un léger effort intellectuel pour comprendre les embrouilles politiques, monétaires et religieuses dans lesquelles est régulièrement mêlé Vasco. Une excellente série dont j'attends impatiemment chaque nouvelle sortie d'album. L'auteur : Gilles CHAILLET, dessinateur-scénariste de nationalité française, est né à Paris le 3 Juin 1946. Un excellent auteur de réalisme historique.
Mélodie au crépuscule
C'est avec grand plaisir que je retrouve Renaud Dillies, que j'avais rencontré il y a deux ans lors d'une séance de dédicaces pour Sumato. "L'amour (est) trompé, fugitif ou coupable" (Chateaubriand) semble être le point de départ de l'aventure de Scipion, qui va trouver refuge dans la musique pour noyer son chagrin. Comme dans sa première bande dessinée, Betty Blues, le jazz est salutaire aux héros de Renaud Dillies. Car c'est un hommage indirect à Django Reinhardt que nous propose Dillies ; mais d'autres allusions se glissent subrepticement dans cette bande dessinée, notamment à Lewis Carroll ("Alice aux pays des merveilles"), avec, comble d'ironie, un lapin chef de service des bureaux du retard, et une page entière se déroulant sur les cheminées faisant étrangement songer à "Mary Poppins" de Pamela London Travers. (ces deux livres ayant comme point commun d'avoir été adaptés par les studios Disney). Bref, le rêve est le dénominateur commun à tout ceci. J'ai commencé par Chateaubriand mais c'est plutôt Baudelaire qu'il fallait citer ; en effet cette bande dessinée est une véritable "invitation au voyage", voyage intérieur d'un Scipion désemparé, d'un Scipion écrasé par le poids de sa propre Administration, ne rêvant que d'une seule chose, retrouver son ami musicien tsigane. Certes, Renaud Dillies garde un style bien particulier que l'on retrouve aussi bien dans Betty Blues que dans Sumato, livres publiés dans la très élégante collection "Blandice" des éditions Paquet. Mais comme d'autres, j'ai trouvé la fin un peu bancale. Reste la beauté des dessins et un scénario fort original. A découvrir, à lire et à relire.
Wallenstein
Un album de très belle facture qui nous conte un pan -un peu- oublié de l'Histoire : "La Guerre de Trente Ans"... D'un trait juste, Lebersorg nous décrit une grande partie de la vie de Wallenstein, commandant des troupes impériales, qui fera trembler nombre de "grands" de ce monde. Mais il va gêner. Faussement accusé de trahison et de parjure, destitué de tout commandement, il sera assassiné au cours de la nuit du 18 Février 1634. Entrez donc dans cette très belle chronique de la vie d'un des personnages les plus énigmatiques de l'Histoire... Lebersorg, qui a réalisé très jeune des "Histoires de l'Oncle Paul" dans Spirou est un dessinateur malheureusement pas trop connu. Pourtant il fait montre d'une grande maîtrise graphique. Son trait est fin, beau, enveloppant personnages et architectures. Couturier nous offre un scénario imaginatif, bien ciselé, où l'on sent son goût pour la recherche historique, son pointillisme pour la narration. Très bon découpage des planches, recherche des plans lors des reconstitutions de combats, de batailles, de sièges... et il y en a ! Une très belle combinaison de deux auteurs qui nous offrent ici un album fort plaisant, très agréable à lire, où le didactisme est tenu à l'essentiel : retenir le lecteur. Et ils y réussissent.